Posté le : 30 mars 2025 à 16:25:55
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Reportage du 10 mars 2016
LE NATIONALISME : TENDANCE DANGEREUSE ?
À moins de six mois des élections générales au Baïshan, une tendance, pourtant pas nouvelle, refait surface : le Nationalisme. Une politique qui prône l'individualisme, l'enrichissement personnel au détriment du Peuple, et une culture occidentale toujours plus indécente. Comment une idéologie qui a déjà détruit le pays par le passé peut-elle autant renaître en 2016 ? C'est ce que nous allons voir dans ce reportage.
Le reportage suit un homme. Il entre dans un vieil immeuble austère.
Qing Rao est nationaliste. Comme tous les samedis, il se rend à son association de quartier composée d'autres nationalistes. Au programme : temps de parole et critique du gouvernement.
Qing Rao : notre association a pour but de réunir ceux qui pensent comme nous, que le gouvernement ne fait pas de son mieux, que le communisme est trop généreux et aide trop la population. Ici, nous sommes tous d'accord pour dire que le nationalisme nous rendrait plus riche, car nous n'aurions pas besoin d'aider les plus pauvres.
Et pour cause, Qing Rao est le fils d'un chef d'entreprise. Son argent, ce n'est pas lui qui le gagne, il s'agit d'un versement que lui fait son père chaque mois.
Journaliste : mais que pensez-vous des plus pauvres qui n'ont pas un père pour les aider comme vous ?
Qing Rao : j'y pense pas. Moi, je suis riche, c'est le principal. Le but du nationalisme, c'est pas de rendre tout le monde riche, mais de rendre encore plus riche ce qui le sont déjà. Nous, le gouvernement nous empêche d'être encore plus riche, et c'est pour ça que nous sommes contre le communisme.
Journaliste : vous assumez le côté individualiste de votre parti ?
Qing Rao : bien sûr. Nous pensons que l'égoïsme, c'est le seul moyen de devenir riche. Et le nationalisme, c'est de l'égoïsme assumé.
Journaliste : que répondez-vous à ceux qui disent que le nationalisme est un courant dangereux ?
Qing Rao : ils disent cela parce qu'ils sont pauvres. Et ils ont raison de le penser, du coup. Car avec le nationalisme au pouvoir, ils seraient complètement écrasés par les personnes comme nous, qui gagnons beaucoup plus qu'eux. Mais le pouvoir doit appartenir à ceux qui ont les moyens de l'acheter.
Heureusement minoritaire, le parti nationaliste fait hélas de plus en plus parler de lui. Avec un député du parti à l'Assemblée Populaire et divers profils qui arrive à s'imposer dans les médias, les nationalistes pourraient bien entamer une percée lors des prochaines élections. Un danger pour cette historien.
Historien : le nationalisme prône un retour à l'ère ante-revolutionnaire. À cette époque, la société était sectionnée en deux classes : une classe prolétaire qui représentait 95% de la population, et une classe bourgeoise qui ne représentait que 5% de la population, mais qui s'accaparait tous les pouvoirs. Depuis 1980, depuis que le communisme dirige réellement notre pays, il n'y a jamais eu autant d'égalité entre nos classes sociétale. Le nationalisme, c'est militer pour un retour en arrière, une discrimination des prolétaire par les plus riches. C'est ce que montre cet homme dans votre reportage, qui préfère voir les autres individus mourir dans la pauvreté tant qu'il peut rester et profiter de sa richesse.
Journaliste : pourquoi un tel parti existe-t-il au Baishan ? Pourquoi une idéologie aussi nocive n'a-t-elle pas encore été interdite par notre Gouvernement ?
Historien : c'est une bonne question. Le parti nationaliste est un parti d'anciens bourgeois nostalgiques du luxe qu'ils ont connu avant la République. C'est pour cela que Yu Mu, petit-fils du roi Tang Mu, en est l'un des principaux personnages. Il rêve de redevenir le roi du Baïshan. Les autres nationalistes sont des personnes avides de pouvoir qui pensent pouvoir jouer un rôle dans la société baishanaise si elle était conçue comme Yu Mu le voudrait. Quant à l'interdiction du parti nationaliste, il est clair que notre Président Respecté fait preuve d'une trop grande empathie envers ses opposants politiques. Je me demande s'il réalise vraiment le danger que serait un tel parti au pouvoir. Mais je n'ai aucun doute sur l'intelligence des baïshanais qui voteront pour le parti communiste aux prochaines élections, le seul vrai parti qui œuvre dans leurs propres intérêts, pour la paix et la prospérité du Baïshan.
Aujourd'hui, seul quelques villes sont dirigées par des maires nationalistes. Des sondages montrent que le confort de vie dans ces villes a diminués de moitié. Nous avons rencontré Laïta Yun, mère au foyer à Fanjian, dirigé par le maire nationaliste Dao Tuiri. Elle nous explique comment son train de vie a été impacté par l'idéologie nationaliste.
Laïta Yun : depuis l'élection de Dao Tuiri, notre famille s'est appauvrie. Nous recevons moins d'aides de la part de la municipalité qui garde l'argent pour des projets qui n'ont aucun sens et qui servent aux plus riches de la ville. Aujourd'hui, je peine à nourrir correctement mon fils de trois ans, qui souffre de carences alimentaires. Mon mari est obligé d'avoir un deuxième travail, il fait plus de soixante heures par semaine pour espérer survenir à nos besoins.
Journaliste : pourquoi ne pas avoir déménagé ?
Laïta Yun : évidemment que nous y avons pensé. Mais nous n'avons pas trouvé les moyens de partir. Nous sommes coincés ici, comme de nombreux foyers. Ceux qui ont eu les moyens de partir l'ont fait, et sont très heureux ailleurs.
En conclusion, le nationalisme semble réellement incompatible avec la mentalité baïshanaise. Pourtant, les sondages montrent que 1.5% des gens sont susceptibles de voter pour un candidat nationaliste. Un nombre en augmentation, qui semble déjà bien trop élevé. Avec un député nationaliste à l'Assemblée Populaire, le danger est déjà présent dans notre démocratie, et cela pourrait bien basculer encore plus dramatiquement en septembre si la population vote massivement pour ce parti.