L’artillerie, celle que l’on surnomme la reine des batailles, certains la considèrent comme un simple composant des forces armées, mais d’autres en ont fait leur spécialité, Rasken est dans cette deuxième catégorie. Depuis son invention jusqu’à aujourd’hui, le peuple germanique l’a utilisée et l’a perfectionnée, que ce soit durant la guerre contre Caratrad de 1926 à 1931 ou durant la guerre civile de 1951 à 1976, l’artillerie Raskenoise s’est illustrée par son efficacité redoutable. Mais là où jusque dans les années 1990, l’artillerie Raskenoise restait classique, utilisant des calibres répandus, tout changea à partir de 1994 et du lancement du programme Alastor 220. Ce programme, en apparence banal, n’avait pour objectif ni plus ni moins que de troquer le calibre standard de 155 mm pour un calibre supérieur : le 220 mm. Pourquoi un tel calibre ? Les raisons étaient multiples, mais puissance de feu accrue et portée étendue en étaient les principales. Cependant, un problème fit rapidement son apparition, celui du manque de mobilité. En effet, l’Alastor, même lors du programme de développement, était relativement vieux dans sa conception, celui-ci utilisant un châssis chenillé, il mettait plus de temps que ses pairs à se mettre en batterie. Ce problème était connu des ingénieurs de l’époque, mais ceux-ci argumentaient que leur portée bien supérieure les rendait très difficiles à toucher. Malheureusement pour eux, l’amélioration rapide des missiles et de leur précision leur donna tort, même si aucun Alastor ne fut détruit au combat, certains passèrent non loin de la catastrophe au début de la guerre civile de 2009 à 2010. Ce problème fut pris très au sérieux car rapidement, en 2014, un programme de remplacement fut lancé, le M22-Varkol était né, même calibre mais plateforme différente, troquant les chenilles pour un châssis de camion militaire 10x10.

Étant un véhicule avant tout développé pour l’armée Raskenoise, on aurait tendance à penser qu’elle en serait la première à en bénéficier, cependant ce ne fut pas le cas en raison des changements dans la géopolitique régionale. Ces changements ayant provoqué un revirement des priorités avec une priorisation du secteur aérien au détriment du terrestre. Le M22-Varkol se retrouva donc sans acheteur, jusqu’au jour où une commande arriva, non pas de l’armée Raskenoise comme on aurait pu s’y attendre mais des Béret Rouge. Pourquoi un tel achat ? La réponse était simple : augmenter leur capacité et s’affranchir des limites des canons tractés en leur possession. Ainsi, une vingtaine de Canons Automoteurs Super Lourds à Haute Mobilité & Précision (CASL-HMP) M22-Varkol furent commandés par le groupe de mercenaires.
Après plusieurs mois de formations, les équipages d’artilleurs étaient prêts à être déployés pour test en conditions réelles, déployés, mais où ? La majorité des missions que les mercenaires avaient actuellement étaient de l’ordre de la protection d’infrastructures ou de villes, autant le dire, ce n’est pas le genre de mission nécessitant un tel armement. Mais tout changea avec la montée des tensions au sein de la Dodécapole, les Béret Rouge étant engagés dans le camp d’Apamée et les tensions qui dégénéreraient sûrement en conflit ouvert d’ici peu, faisant de ce conflit à venir le seul endroit apte au déploiement d’artillerie lourde. Au vu de la taille réduite du pays et surtout de la nécessité de passer par la mer, il n’était nullement question de déployer des centaines de pièces d’artillerie, cela aurait pesé trop lourdement sur la logistique de la faction apaméenne, ainsi, seulement cinq sur les vingt commandées furent sélectionnées pour être envoyées en Dodécapole.

Le 12 avril au matin, la base de Leonzing était en effervescence, des mécaniciens couraient de droite à gauche, des soldats patrouillaient, enfin bref, ce n’était pas l’activité qui manquait. La raison de cette effervescence était simple, c’était le jour où les M22-Varkol devaient partir pour Apamée, mais suite à de mauvaises conditions météorologiques, la préparation avait pris du retard, retard qu’il fallait maintenant rattraper. L’avion devait partir à 14 h et deux des cinq M22 n’étaient toujours pas chargés, alors tout le monde se dépêchait, qui plus est, une fois chargés, un certain nombre de vérifications étaient à faire. Au final, le travail fut achevé, les équipes ayant réussi à limiter la casse, l’avion ne décolla qu’avec un retard de 16 minutes.
Effet : En plus du matériel et des troupes déjà sur place, le contingent des Bérets Rouges se voit renforcé par cinq canons automoteurs M22-Varkol.