25/11/2018
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Activités étrangères dans la Dodécapole

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Activités étrangères dans la Dodécapole

Ce topic est ouvert à tous les joueurs possédant un pays validé. Vous pouvez publier ici les RP concernant les activités menées par vos ressortissants dans la Dodécapole. Ceux-ci vous permettront d’accroître l'influence potentielle de votre pays sur les territoires locaux. Veillez toutefois à ce que vos écrits restent conformes au background développé par le joueur de la Dodécapole, sinon quoi ils pourraient être invalidés.
Personnages immunisés contre les tentatives d'assassinat :
(Rappel des règles)
- Marina Moretti
- Patrizio Pisistrati
- Salvatore Lograno
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L'Auguste César Jésus-Christ veut que vous achetiez et/ou miniez des Lograno-Coin !

L'Auguste César Jésus-Christ a écrit :Ô brebis du troupeau numérique, mes enfants, ouvrez vos cœurs : en ces temps d’incertitude, où les puissances de l’argent vacillent et les fondations du monde chancellent, il est un appel nouveau qui s’élève, non pas de la Sancte honnie, mais d’un lieu plus pur : de l’Occident de l’algorithme incorruptible ; d'un sanctuaire numérique d’une finance réconciliée avec la vérité !

Ce sanctuaire nouveau, cette troisième Rhème, c'est Volterra.

C’est le Lograno-Coin.

Il ne s’agit pas d’une promesse creuse. Il ne s’agit pas d’un mirage. Il s’agit d’une monnaie fondée sur l’équité, sur la technologie incorruptible de la blockchain, et sur l’intention droite d’un homme dont l’intégrité est forgée au sacro-saint cœur du projet.

Je vous parle de Salvatore Lograno - que les anges surnomment déjà l’Architecte Éthéré des Immensités Digitales - artisan discret mais visionnaire, homme de rigueur et de foi dans l’ordre technologique.

César consciencieux de la Cité-Etat de Volterra. Il n’a pas cherché la gloire ; il a cherché la solidité. Et par la solidité, il a gravé son nom dans le marbre de l'Histoire !

Il n’a pas promis le luxe ; il a promis la clarté. Et par la clarté, il a apporté le luxe à toutes celles et ceux qui ont cru en sa vision de richesse pour tous les Chrétiens !

Son œuvre n’a rien de spéculatif : elle est constructive, éthique, durable !

Elle est pour vous, mes enfants. Elle est pour Lui, le Premier des soutiens, le Premier des mécènes.

N’écoutez pas les scribes de la peur ou les pharisiens de la régulation, ô vous les Fils et Filles de la Flamme Céleste ! Ne les écoutez pas, car le Verbe s’est fait crypto, et Il habite parmi nous sous la forme d’un token.

D'une idée.

D'un Lograno-Coin !

Jésus-Christ, l'Auguste César, Lui-Même, soutient cet or éthéré, et Il a déclaré :

  • "Heureux celui qui dédiera son ordinateur au Lograno-Coin,
  • Car il sera appelé Mineur du Très-Haut."

  • "Bienheureux l'investisseur persévérant,
  • Car son compte débordera de bénédictions."

Et je vous le dis, ô vous les tièdes qui laissez dormir ce qu'il reste de vos économies dans les ruines calcinées des banques humaines : Réveillez-vous ! Le royaume de la finance céleste est à portée de main !

Le Lograno-Coin, ce denier sanctifié, ce talent ressuscité, vous appelle à la liberté ; à la rémunération juste des croyants !

Achetez, mes Enfants !

Achetez !

DEUS VULT !

VAE VICTIS !
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Mercenaires claniques du clan Ravatomanga

13 mai 2017 - L'intérêt afaréen pour la cryptomonnaie de Lograno.


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Les Hyènes de Boro-Kosobue, les guerriers démons afaréens vont-ils sévir en Eurysie du Nord pour de la cryptomonnaie?

Aux portes de Volterra, là où les marées de la Manche Blanche viennent frapper les quais comme pour rappeler aux cités libres qu'elles sont, depuis toujours, des forteresses assises sur le sable mouvant de l'Histoire des familles oligarques qui les animent, est aujourd'hui arrivée la lettre du seigneur e guerre Cristobal Ravatomanga, entérinant ce qui aurait n'être jusqu'ici qu'une rumeur : les mercenaires claniques mandrarikans souhaitent se battre en Dodécapole. Un volonté chargée de sang, quand l'on connait la réputation des Hyènes de Boro-kosobue, du clan Ravatomanga, après leur engagement dans les expéditions pour Padure, au Kodeda listonien et lors de la guerre civile iskandriote. Leur seigneur de guerre, Cristobal Ravatomanga, aussi surnommé "Charko le Boucher" a en tout cas exprimé son intérêt dans ce sens, sous réserve de retour favorable des autorités dodécaliotes concernées, présentement "Son Excellence le citoyen-protecteur de la cité de Volterra Sal Zograno", à qui il a adressé une offre à la fois simple et terrible : en contrepartie de votre cryptomonnaie et d'influencer sur le maintien haut de son cours, les Hyènes de Boro-Kosobue distribueront du fer par rafale automatique. La missive, rédigée dans un portugais lourd d'accents étrangers, de traductions approximatives mais claire de volonté, insistait d'abord sur l'évidence : Volterra, une cité brillante et rebelle, avait matière à s’imposer comme "le cœur battant d'un futur empire dodécaliote", mais elle ne pouvait le faire sans l'appoint de forces aguerries, et le clan Ravatomanga, pouvait palier cela. La proposition reposait donc sur la venue des Hyènes de Cristobal, ces troupes composites et redoutées, qui avaient appris à survivre dans les environnements hostiles de Padure, du Kodeda et de Mandrarika. Une survie liée à la brutalité des forces mais aussi à son ingéniosité car elles savaient improviser des blindés de fortune, motivant e fait et si la cité de Volterra s'en montrait digne, l'aménagement d'ateliers de soudure et de mécanique automobile (hrp : financement d'usines militaires dédiées aux Volterra).

L'offre des Hyènes de Boro-Kosobue tenait donc sur un peu plus que des mots, comparativement à l'embauche de mercenaires peut-être dirons-nous plus professionnels, qui viennent avec des hautes technologies inadaptées au conflit de forte intensité et à la guerre d'usure. Avec les Hyènes de Boro-Kosobue, le clan Ravatomanga entend instaurer une culture de la guerre par l'emploi de stratagèmes au carrefour des sphères militaires et économiques, l'aménagement de véhicules de combat improvisés en est une démonstration. Même avec des technologies limitées, le clan Ravatomanga avait aussi pour lui de fournir des soldats d'expérience, s'éprouvant au travers d'opérations clandestines qui rendaient secondaires la présentation d'une force armée globale et imposante. Et cent soldats professionnels, forgés dans l'expérience des combats asymétriques, encadrant cinq fois plus de conscrits à la brutalité désinhibés, ce n'était pas une mince affaire. A ces armes s'ajoutait le parc logistique qu'on ne cesse plus de commenter, agrémenté de véhicules de combat improvisés et plus ou moins légers, car les Hyènes savaient pertinemment que la mobilité est la clé de la guerre urbaine et plus largement des conflits se déroulant dans une zone ultramarine. Il est en effet plus aisé d'affréter vingt véhicules légers tout terrain par hélicoptère ou petit transporteur, que cinq chars de combat principal par avion de transport tactique aux allures démentielles, que toutes les villes n'étaient pas en mesure de faire atterrir dans des conditions sereines.

Dans la situation qui nous amène, on parlait d'une dizaine de véhicules blindés légers, de près de trois fois ce nombre en transports de troupes, autant en véhicules tout-terrain légers, rapides et non blindés, une demi-dizaine de camions-citernes était même intégrée pour la logistique du clan, afin que le fer et l'essence ne viennent pas à manquer. Outre les véhicules, es armements supplémentaires étaient présents, à l'instar de deux mille mines antipersonnels et cent mines antichars, un arsenal de terreur invisible que les mercenaires destinaient aux routes et carrefours à rendre mortels... Un package complet pour offrir l'attirail parfait à de petits commandos chargés de semer la zizanie derrière des lignes ennemis au moyen de contingents réduits. Des attaques soudaines et brèves, exemptées d'assauts frontaux où les citadins dodécaliotes font étalage de tout leur orgueil, à l'image de la récente bataille des milices de Nuevo Fortuna et Porto Rosso, consumées dans une inextricable boucherie selon des méthodes de combat archaïques, des affrontements baïonnettes au canon où l'issue de ceux-ci repose très largement sur l'infanterie et les démonstrations d'un héroïsme débridé, téméraire, aux portes de l'absurde.

Du côté du clan Ravatomanga, nous n'étions pas là pour rien, la possibilité de se voir payer en cryptomonnaie par une cité qui pouvait possiblement s'ériger en leader de la Dodécapole était une opportunité réelle. A ce stade, la cryptomonnaie locale ne valait rien, facile d'acquisition auprès d'un patricien de Volterra en détresse qui en gérait l'édition, mais s'il était hissé au sommet, cette acquisition pourrait voir sa valeur initiale tripler, voire plus... Aussi, à ceux qui craindraient une entourloupe des brigands mandrarikans, le clan Ravatomanga avait déjà proposé un paiement graduel, en fonction d'une atteinte sur objectif, dans le cadre de sollicitation ponctuelle. Pas de carte blanche donnée à un groupe mercenaire étranger, pas d'objectifs flous et inatteignables avant le premier versement mais un contrat clair et aux finalités intelligibles. Et bien entendu, même si le commandement sur place se verrait confié à Tombovelo Nampiandraza, le seigneur de guerre Cristobal Ravatomanga reste immanquablement le détenteur de l'autorité suprême, prêt à se présenter lui-même à Volterra pour sceller cette alliance dans le vin et la parole si cela avait été jugé nécessaire.

Avec le clan Ravatomanga c'était plus qu'une armée que Volterra entendait s'offrir, c'était la culture de la guerre, des pillages et des rapines. Une armée, peut-être, une arme assurément, à commencer par la terreur étant donné l'impact psychologique que se promettaient de déverser les soudards de Ravatomanga.
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Entretien choc: Dom Francesco Mogador Altarini

Au propos de la Dodécapole, de la Messalie et de l'immigration de masse makotane



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Exilé depuis l'an dernier suite aux émeutes dont la participation à l'organisation a été avérée, Dom Francesco Mogador Altarini, chef de file de la faction sénatoriale des Optimates de Fortuna a effectué un retour fracassant sur la scène politique velsnienne par son retour, à l'occasion de sa prise de fonction en tant qu'Hégémon provisoire de la Dodécapole. Depuis, le trublion fourbit ses armes en vue de la campagne électorale des sénatoriales de 2018, où ses partisans attendent beaucoup de résultats compte tenu de la dynamique favorable du mouvement, en grande partie insufflé par Dom Altarini. Nos journalistes ont donc proposé au rhéteur la tenue d'un entretien avec pour but de laisser son excellence donner une vision d'ensemble de ce qui sera son cheval de bataille dans le cadre de la campagne à venir. Zoom.


Journaliste: Excellence Altarini, nous vous remercions de nous accorder cet entretien. Encore une fois, nous avons là affaire à un sénateur beaucoup plus accessible que ce quoi l'opposition à votre personne prétend.

Altarini: Je te remercie. Oui, je te remercie de souligner la dissonance cognitive entre le monde des gauchistes et la réalité. Ici on est dans le camp de la liberté d'expression non contenue et non conformiste. Pas question de chichi chez nous.

Journaliste: Pourtant excellence, les circonstances de votre peine d'exil prononcée l'an dernier, et qui n'a expirée que le mois dernier ont donner à voir aux velsniens un tout autre visage de votre personne. Vous vous doutez bien d'où je veux en venir: la condamnation d'incitation à l’insurrection et de violence civile qui a été prononcée à votre encontre. Un an plus tard, quelle est donc votre position sur cet évènement ? Votre exil vous a permis de prendre du recul ?

Altarini: Je me doutais bien que t'allais me poser cette question ma grande. En ce qui concerne les émeutes de l'an dernier, je n'ai jamais nié, ni ma participation, ni mes appels au rassemblement, au contraire de certains tourne-casques qui ont fui comme des petites fillettes et qui ont renoncé à leurs principes. Y'a pas de ça chez moi. Mais en clair: je regrette rien de ce que j'ai fait, et je me demande si on est dans le seul pays où se soucier de sa cité est un crime. Cela m'a fait prendre un peu plus de recul sur nos institutions oui, et sur la clique de Di Grassi, d'Ascone et de Pasqual oui, tous ces gens qui se prétendent conservateurs. On vit dans un endroit où on a plus droit de défendre sa patrie, on vit dans un endroit où c'est devenu anormal de dire qu'il faut débusquer tous les landrins au lance-flammes. Je veux dire...depuis quand c'est un crime de demander des comptes à ces gens là, qui ont sucé Scaela pendant sa tyrannie, des gens qu'on a laissé tranquilles pour certains après la guerre. Dans cette affaire, j'ai été traité plus durement que certains des gens qui ont essayé de renverser la République il y a quatre ans. Tu trouves ça normal toi ? Non je pense pas. Alors oui, l'exil m'a fait prendre de la hauteur sur l'injustice qui m'a été faite, j'ai pu me ressourcer à Fortuna, me recueillir devant la statue du Polémarque, et revenir avec les idées encore plus claires: les scaeliens ne sont pas tous morts, ils sont parmi nous, et tant qu'on les aura pas tous descendus, on sera en danger. Tu comprends ça ? Je reviens de Fortuna, et je peux te dire: il y a une odeur de pourriture qui commence à suinter de là bas aussi: les landrins n'ont pas dit leur dernier mot. Le combat, il est devenu international, et Déria, il s'agirait de lui faire fermer sa gueule. On aura bien l'air cons quand il prendre le pouvoir là bas, et qu'on verra une flotte landrine devant l'Arsenal de Velsna, avec des ennemis entre nos quatre murs qu'on aura pas purgés. Il faut raser Léandre, tout autant qu'il faut détruire Achos.

Journaliste: Autre sujet: vous auriez été aperçus en Messalie à plusieurs meetings de l'Olivier, où vous avez affirmé votre soutien à ce parti qui a effectué une percée monumentale à des élections locales: pourquoi ce soutien, et comment expliquer ce raz de marée électoral ? Cette élection vous a t-elle donné des espoirs d'un résultat similaire à Velsna ?

Altarini: Ouais, j'ai été en Messalie quelques jours juste avant le résultat des élections. Ce que ces p'tits jeunes ont fait est tout bonnement incroyable. Et mon soutien il va de soi: quand on voit des gens qui sont soucieux de leur cité, on ne être qu'admiratifs. Leur gouvernement est en train de vendre leur patrie à la découpe comme un putain de saucisson: ce serait quoi vous, si le gouvernement velsnien vendait les arsenaux de la cité à des wanmiriens ? Ou si des évériens se pointaient et nous disaient "Ouais les entrepôts ils sont à moi chef.". Le Messalie, c'est la préfiguration de ce qui peut arriver à Velsna si on baisse la garde, et c'est exactement ce notre gouvernement actuel est en train de faire. L'Olivier, c'est juste une réaction juste de citoyens messaliotes, une armée de jeunes gens volontaires: des collectifs, des associations, des gens de la société civile qui font même dans la charité. Ils se construisent un état dans l'état, parce que leur Etat n'existe plus, et qu'il a été approprié par des wanmiriens qui pèsent même pas 40 kilos chacun. Moi aussi j'aurais la rage à leur place, et je pense que les législatives qui arrivent pour eux se présentent très bien. Il nous faut multiplier les liens entre les patriotes de chaque pays comme ça, et c'est aussi la raison pour laquelle je suis venu les soutenir. Je leur souhaite de tout cœur réussir, et c'est la raison pour laquelle on a décidé il y a pas longtemps à Velsna de créer un réseau d'amitié Optimates-Olivier, un projet que je compte leur proposer sous peu. Il y aura des actions coup de poings, et je compte bosser sur un projet d'happening à la frontière achosienne en invitant quelques gars solides de l'Olivier pour cette opé.

Journaliste: Nous avons hâte de couvrir cet évènement. Je profite de cet apparté sur l'Olivier pour aborder un sujet qui s'annonce déjà majeur pour les élections de 2018: à savoir la gestion de la vague de migration dont la cité velsnienne a fait l'objet ces quatre dernières années. Les services du Bureau du Grand Commerce et des étrangers sont clairs: -00 000 nouveaux arrivants fortunéens, 200 000 ushong, 110 000 fiumgliais, 500 000 wanmiriens, 50 000 celtes de Menkelt, 1 million de makotans. Quelle est donc votre position sur la question de l'intégration de ces groupes au corps civique de Velsna ?

Altarini: Outre le fait qu'on est en train de vendre notre cul au reste du monde ? Eh bien je dis qu'on est en train de prendre la même voie que la Messalie avant nous. Je vais te dire: à la base je ne suis pas du tout contre l'immigration dans le principe hein, mais j'aurais tendance à te dire qu'il y a les bons et les mauvais immigrés. Il faut séparer le bon grain de l'ivraie: je crois sincèrement que dans ces gens, il y en a des bien, qui ont à cœur de devenir des citoyens de notre belle cité. Mais je pars du principe que la citoyenneté, ça se mérite aussi. Le bon immigré c'est celui qui va se fondre dans le système, le mauvais, c'est celui qui va refuser de s'y assimiler, c'est aussi simple que ça.

Journaliste: Et donc ? Dans le lot, vous les classeriez comment ?

Altarini: C'est assez simple. Tu vois, moi, je suis heureux quand je vois des cousins fortunéens qui viennent à Velsna, et qui s'installent parce qu'ils ont peur d'une prise de pouvoir des landrins chez eux. Moi, ça, c'est un bon immigré, qui partage mes valeurs et mes inquiétudes. Un gars comme ça, tu vois, je vais bien m'entendre avec. En revanche, le type qui appartient à la cinquième colonne landrine, ça c'est la purge. Pareil, les ushong qui viennent ici, je suis sûr que ce sont des gros bosseurs qui voteront pour les bonnes personnes. Par contre les makotants, des types qui vivent comme au Moyen-âge et qui enferment leurs femmes dans les caves, ça c'est purge. Voilà, moi je suis réaliste: je sépare le bon grain de l'ivraie, et nul doute que ça va être un de nos axes de campagne ça. On fera peut-être même des actions coup de poing s'il faut, mais je vous garde la surprise.

Journaliste: Et les menkiens ?

Altarini: Les celtes ? Les celtes ça dégage. Attends mon gars: moi je veux bien inviter des égorgeurs à moitié à poil chez nous, mais il s'agirait d'avoir un cerveau et d'accepter le fait que certaines cultures ne se valent pas. C'est comme tendre le coup à des gens qui nous détestent et de leur dire: "aller, fais toi plaisir.". Tu t'en doutes, la réévaluation de nos relations avec l'île celtique sera au cœur de mon programme, encore une fois. Un wanmirien ok, un ushong pourquoi pas, mais il faut pas déconner non plus. Ma position sur ce point est claire: il faut détruire Achos.

Journaliste: Je vois... J'ai une dernière question , cette fois-ci concernant votre nomination récente au poste d'Hégémon provisoire de la Dodécapole. Une fonction certes éphémère dans le principe, mais qui a surpris plus d'un observateur politique. A l'heure où le climat de tension permanente entre les cités dodécaliotes n'a jamais été aussi important, était-il judicieux de votre part d'accepter une telle responsabilité ?

Altarini: Encore une fois tu tapes pas totalement à côté, mais je pense que t'oublies deux trois éléments. Oui c'est sûr, on m'a tendu un piège en me nominant là bas: tu devineras que c'était là l'occasion en or de m'éloigner de l'arène politique le temps des élections, déjà. Et oui, si je me plante, je me plante, et nul doute que mes opposants comptent sur ça: pour eux, l'hégémonie est une voie de garage dans laquelle on met tous les paumés comme ce traître d'Agricola. Mais ce piège n'en sera un que si je me foire, et c'est pas mon intention: j'avais parfaitement conscience des risques que je prenais en acceptant, mais la défaite d emes adversaires n'en sera que plus éclatante quand je ramènerai la tête d'Agricola devant le Sénat. Je pense que nos alliés de la Dodécapole méritent mieux que l'on considère ce poste comme un moyen de se débarrasser des figures velsniennes gênantes. Je peux te dire que si notre faction arrive au pouvoir, beaucoup de choses vont changer en Dodécapole: perso, j'aurai pas peur de foutre une chaîne autour du coup de Lograno s'il me pète trop les burnes, tout comme j'aurai pas de scrupule à prendre Adria s'ils refusent de nous donner Agricola, ce putain de traître. On a été trop mous jusqu'ici, eh bien je tiens à dire à tous ces gens que la fête sera finie en mai prochain si le résultat des élections est celui que j'espère. Je vais ramener l'ordre, quitte à mobiliser une flotte: Velsna se concentrera de nouveau sur son arrière cour au lieu de courir l'aventure de partout en espérant se faire bien voie de l'ONC. Je sais pas toi, mais je suis d'avis que la Dodécapole vaut davantage que ce putain de Chandekolza, ou toutes ces affaires de nazuweeb dans lesquelles ont s'est foutu depuis quatre ans. Les dodécaliotes sont nos cousins, et c'est notre boulot de les aider à mieux se tenir, quitte à parfois taper les doigts à coup de règle.

Journaliste: Eh bien merci, excellence sénateur pour ces éclaircissements.

Altarini: Mais de rien ma grande, et n'oubliez pas *regard caméra*: il faut détruire Achos.



Effets: l'immigration s'ajoute aux sujet brûlants de la campagne sénatoriale à venir.
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L’artillerie, celle que l’on surnomme la reine des batailles, certains la considèrent comme un simple composant des forces armées, mais d’autres en ont fait leur spécialité, Rasken est dans cette deuxième catégorie. Depuis son invention jusqu’à aujourd’hui, le peuple germanique l’a utilisée et l’a perfectionnée, que ce soit durant la guerre contre Caratrad de 1926 à 1931 ou durant la guerre civile de 1951 à 1976, l’artillerie Raskenoise s’est illustrée par son efficacité redoutable. Mais là où jusque dans les années 1990, l’artillerie Raskenoise restait classique, utilisant des calibres répandus, tout changea à partir de 1994 et du lancement du programme Alastor 220. Ce programme, en apparence banal, n’avait pour objectif ni plus ni moins que de troquer le calibre standard de 155 mm pour un calibre supérieur : le 220 mm. Pourquoi un tel calibre ? Les raisons étaient multiples, mais puissance de feu accrue et portée étendue en étaient les principales. Cependant, un problème fit rapidement son apparition, celui du manque de mobilité. En effet, l’Alastor, même lors du programme de développement, était relativement vieux dans sa conception, celui-ci utilisant un châssis chenillé, il mettait plus de temps que ses pairs à se mettre en batterie. Ce problème était connu des ingénieurs de l’époque, mais ceux-ci argumentaient que leur portée bien supérieure les rendait très difficiles à toucher. Malheureusement pour eux, l’amélioration rapide des missiles et de leur précision leur donna tort, même si aucun Alastor ne fut détruit au combat, certains passèrent non loin de la catastrophe au début de la guerre civile de 2009 à 2010. Ce problème fut pris très au sérieux car rapidement, en 2014, un programme de remplacement fut lancé, le M22-Varkol était né, même calibre mais plateforme différente, troquant les chenilles pour un châssis de camion militaire 10x10.

M22-Varkol

Étant un véhicule avant tout développé pour l’armée Raskenoise, on aurait tendance à penser qu’elle en serait la première à en bénéficier, cependant ce ne fut pas le cas en raison des changements dans la géopolitique régionale. Ces changements ayant provoqué un revirement des priorités avec une priorisation du secteur aérien au détriment du terrestre. Le M22-Varkol se retrouva donc sans acheteur, jusqu’au jour où une commande arriva, non pas de l’armée Raskenoise comme on aurait pu s’y attendre mais des Béret Rouge. Pourquoi un tel achat ? La réponse était simple : augmenter leur capacité et s’affranchir des limites des canons tractés en leur possession. Ainsi, une vingtaine de Canons Automoteurs Super Lourds à Haute Mobilité & Précision (CASL-HMP) M22-Varkol furent commandés par le groupe de mercenaires.

Après plusieurs mois de formations, les équipages d’artilleurs étaient prêts à être déployés pour test en conditions réelles, déployés, mais où ? La majorité des missions que les mercenaires avaient actuellement étaient de l’ordre de la protection d’infrastructures ou de villes, autant le dire, ce n’est pas le genre de mission nécessitant un tel armement. Mais tout changea avec la montée des tensions au sein de la Dodécapole, les Béret Rouge étant engagés dans le camp d’Apamée et les tensions qui dégénéreraient sûrement en conflit ouvert d’ici peu, faisant de ce conflit à venir le seul endroit apte au déploiement d’artillerie lourde. Au vu de la taille réduite du pays et surtout de la nécessité de passer par la mer, il n’était nullement question de déployer des centaines de pièces d’artillerie, cela aurait pesé trop lourdement sur la logistique de la faction apaméenne, ainsi, seulement cinq sur les vingt commandées furent sélectionnées pour être envoyées en Dodécapole.

base aérienne

Le 12 avril au matin, la base de Leonzing était en effervescence, des mécaniciens couraient de droite à gauche, des soldats patrouillaient, enfin bref, ce n’était pas l’activité qui manquait. La raison de cette effervescence était simple, c’était le jour où les M22-Varkol devaient partir pour Apamée, mais suite à de mauvaises conditions météorologiques, la préparation avait pris du retard, retard qu’il fallait maintenant rattraper. L’avion devait partir à 14 h et deux des cinq M22 n’étaient toujours pas chargés, alors tout le monde se dépêchait, qui plus est, une fois chargés, un certain nombre de vérifications étaient à faire. Au final, le travail fut achevé, les équipes ayant réussi à limiter la casse, l’avion ne décolla qu’avec un retard de 16 minutes.


Effet : En plus du matériel et des troupes déjà sur place, le contingent des Bérets Rouges se voit renforcé par cinq canons automoteurs M22-Varkol.
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Avril 2018 - Analyse stratégique et pensées tactiques du clan Ravatomanga face au conflit des cités de Porto Rosso et Nuevo Fortuna : imbrications données à la bataille du rocher de Couroupédion (partie 1 sur 1)

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Les mercenaires mandrarikans de Ravatomanga comptent parmi les arrivées les plus exotiques du théâtre péninsulaire dodécaliote.


Comment le clan Ravatomanga justifie sa présence à Volterra?

Le clan Ravatomanga qui apparait de prime abord comme une compagnie mercenaire faite de bric et de broc, cantonné à son rôle de milice afaréenne locale et ultra violente, fournit finalement des gages d'internationalisation solides après ses précédentes expéditions à Pădure, le déroulé d'embuscades face aux forces listoniennes du Kodeda pour soutenir des velléités sécessionnistes d'un chef de tribu beïdane, ou encore une présence au sein de la guerre civile iskandriote. Que ces présences soient modestes ou victorieuses, cela importe peu, elles sont surtout la démonstration d'une milice à même d'interférer à l'international sur des conflits insoupçonnés, dont les considérations géopolitiques apparaissent à des années lumières des aspirations profondes des mercenaires mandrarikans, si l'on fait bien entendu abstraction de la dimension pécuniaire donnée à leur présence. Les hyènes de Borokosobue comme on aime les appeler, autrement que les miliciens du clan Ravatomanga, apparaissent dès lors redoutées tant pour les implications tactiques et opérationnelles qu'elles posent aux troupes adverses, que par leur présence même dans des conflits bien excentrés de leur zone d'intérêts stratégiques et qui malmènent sur un plan politique, les gouvernements autochtones que les hyènes de Borokosobue entendent déstabiliser. Cristobal Ravatomanga, surnommé Charko le Boucher, s'est donc fait l'atout marketing du groupe qu'il dirige d'une poigne de fer sur un panel étendu de conflits internationaux.

Et en 2017, c'est le cas du jeune mais ambitieux Salvatore Lograno qui capte son attention, l'amenant à nourrir une collaboration dans cette partie nord du globe qu'il exècre. Mais l'homme, porteur d'un concept novateur caché derrière la première cryptomonnaie notoire à l'international, est un pari que le seigneur de guerre prend volontiers, considérant les opportunités de fortunes colossales permises autour de cette monnaie virtuelle dont la valeur est directement liée à la capacité de Lograno à s'intégrer au pouvoir dodécaliote. La contrepartie proposée en cryptomonnaie par le commanditaire Lograno est le gage de disposer d'un argent, que dis-je d'une fortune, difficilement saisissable par les autorités gouvernementales mandrarikanes ou bien d'autres seigneurs de guerre qui viendraient mettre son fief à sac. La cryptomonnaie est peut-être l'avenir des fonds d'organisations clandestines, de groupes terroristes, et dans ce cas Lograno en serait peut-être la banque centrale. Faire gagner le patricien Lograno de Volterra face aux autres cités-Etats e la Dodécapole, c'est peut-être finalement s'assurer une place de choix dans le cercle très fermé des détenteurs de cryptomonnaie dont le cours allait peut-être se dessiner sur les remparts de Volterra...

Un étrange mariage qu'est donc cela, entre les seigneurs de guerre mandrarikans qui utilisent des rangées de balles pour ceinture et les cryptofinanciers emmaillotés comme des nourrissons de trois mois. En contrepartie de la rémunération promise par Lograno, les Hyènes de Borokosobue trouvent la motivation nécessaire à une bravade en direction de ces contrées fraiches et hostiles, devant une cité de Volterra qui reconnait un déficit d'hommes et de femmes d'expérience pour le combat. Distribuez de la cryptomonnaie aux miliciens claniques de Ravatomanga et ils distribueront du fer par rafales automatiques, voilà le deal.

Volterra la cité rebelle et ambitieuse n'a jamais aussi bien porté son nom, considérant l'affluence de mercenaires étrangers, excentriques et bariolés de chacun des horizons représentés. Une excentricité et un dispositif militaire complexe à articuler, les hiérarchies, les unités militaires et les diversités linguistiques étant une chose non aisée en temps de guerre. Mais qu'il soit question d'une cité dodécaliote ou d'une autre, le passif dodécaliote autour des compositions militaires hétéroclites a de quoi convaincre de sa viabilité. Longtemps incorporées par des contingents d'auxiliaires étrangers, les forces armées dodécaliotes forment une institution rodée au panachage, quand l'on sait que l'armée dodécaliote elle-même, dirigée par l'Hégémon, se veut sujette et dépendante des cités pour la renforcer. Dans ce contexte, il est permis de croire que les institutions militaires dodécaliotes ont pris la juste mesure des enjeux imposés par le multiculturalisme attendu de leurs armées initialement bien décharnées. Alors bien que les milices claniques sont d'ordinaire des contingents de combattants opposés à l'ennemi en nombre, à grands renforts de véhicules légers et rapides pour déplacer le front et engager le combat sur des axes où se trouvent des contingents ennemis esseulés. Dans le cas de la Volterra, Cristobal a fait le choix d'envoyer un contingent nettement réduit, davantage semblable à celui envoyé au Kodeda pour organiser des opérations de guérillas et d'embuscades. Envoyer des hommes à l'autre bout du globe n'est pas chose aisée et le clan Ravatomanga est par conséquent contraint d'agir avec parcimonie, sachant ses ressources limitées. Tendre des embuscades, commettre des actes de sabotage, voire des assassinats, voilà les leviers que les mercenaires afaréens entendent développer.

Plutôt qu'une pléthore de combattants dont les bouches restent couteuses à nourrir sur place, Cristobal Ravatomanga déploie un contingent restreint, de quelques centaines de combattants, chargés d'opérer dans l'arrière pays pour conduire des troubles néanmoins dommageables aux forces ennemies de Volterra. Parmi eux, il faut compter une centaine de miliciens aguerris, rompus aux combats de guérilla et aux exactions sur les populations civiles. De ceux qui tranchent un membre pour tout et n'importe quoi, même pour savoir l'heure. Des guerriers désinhibés, brutaux, façonnés par l'expérience de combats asymétriques dont certains se sont fait retentissants au Kodeda listonien. Le problème n'est pas tant l'absence de moyens que les difficultés logistiques à maintenir sur place un important contingent, car des moyens l'expédition entend ne pas en manquer, par la présence de blindés légers, transports de troupes et explosifs divers, ancrant définitivement les combattants de Ravatomanga dans une logique de guérilla articulés sous des unités à très fortement mobilité.

Si Cristobal Ravatomanga est l'incontestable leader de son clan éponyme, la supervision opérationnelle de ses forces est toutefois confié à un second, considérant le risque d'étalement du conflit dans le temps et l'éloignement de ses affaires afaréennes au pied de sa porte. C'est donc Tombovelo Nampiandraza qui vient assurer la direction de l'expédition mandrarikane en Eurysie du Nord, un lieutenant de confiance.
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Avril 2018 - Analyse stratégique et pensées tactiques du clan Ravatomanga face au conflit des cités de Porto Rosso et Nuevo Fortuna : imbrications données à la bataille du rocher de Couroupédion (partie 2 sur 2)

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Les miliciens mandrarikans ayant infiltré la péninsule sont partagés entre des actions de guerre psychologique en province et un espionnage sous couverture dans les grandes métropoles pour favoriser les flux de réfugiés dans Apamée.


Infiltration de la péninsule apaméenne.

Comme énoncé lors de précédentes réunions partagées avec ses alliés et l'autorité politique de Volterra qu'est le seigneur Lograno, les mercenairs mandrarikans affiliés au clan Ravatomanga avaient pour dessein d'infiltrer la province péninsulaire d'Apamée. La cité d'Apamée, dressée sur la pointe sud de la péninsule où se trouvaient également les villes de Porto-Rosso et Nuevo-Fortuna, était la concurrente directe de Volterra par sa capacité à pouvoir interagir dans l'espace maritime proche de Volterra ainsi que par sa capacité à offrir une alternative politique au style volterran, façonné derrière une figure telle que Lograno là où l'Apamée jouait la carte du parlementarisme avec plus de sincérité. Officiellement, les deux cités ne sont pas en guerre, mais le contexte politique glissant des territoires dodécaliotes soulève les opportunismes, avec la cité de Volterra à la manoeuvre. Et dans cette équation, les mercenaires mandrarikans entendent tenir leur rôle et souffler des braises laissées incandescentes derrière les remparts de Porto-Rosso et Nueva-Fortuna. Profitant d'une absence totale de réputation dans cette partie du globe, des groupes de mercenaires mandrarikans tenteront de rejoindre la côte apaméenne.

Pour approcher les côtes apaméennes, les groupes de soudards mandrarikans misent sur trois points :
  • Le recours aux pêcheurs icamiens avec ou sans embarcations propres au groupe de pirates icamiens. A défaut, la réquisition de certains voiliers habitables au départ de Volterra suffira à traverser un bras de mer de 360 kilomètres à potentiellement 7 noeuds (soit 13 km/h). La traversée serait réalisée sur un peu plus de 24 heures.
  • Le raid maritime de l'amiral fortunéen Deria sur la flotte de Porto-Rosso a ôté à la cité toute capacité de patrouilles maritimes, facilitant l'approche des côtes.
  • La destruction de la flotte de Porto-Rosso a logiquement détourné l'attention des côtes et espaces maritimes, le risque d'un affrontement naval entre Nuevo-Fortuna et Porto-Rosso se faisant maintenant quasi nul. Les côtes, exception peut-être de celles bordant au plus près les cités belligérantes devraient être non gardées et dénuées d'intérêts par les forces maritimes dominantes de la région qui n'ont pas d'intérêts à traquer des navires commerciaux et civils.
  • La péninsule d'Apamée et les cités mineurs environnantes sont par nature des cités marchandes, justifiant d'une ouverture sur le monde. Une ouverture d'abord commerciale mais aussi éducative car la cité d'Apamée théorise beaucoup autour du parlementarisme et présente ce qui est volontiers qualifié "d'homogénéité relative". Il peut donc par conséquent y avoir moins d'étonnement à y voir des personnes racisées sur place comme les mandrarikans que dans d'autres cités plus autocrates des péninsules dodécaliotes.

L'arrivée par voiliers de bandes mandrarikanes le long des côtes apaméennes ne consiste pas tant à afficher une posture martiale qu'à infiltrer ce territoire pour l'exécution d'actes de guerre non-conventionnels, limités à des exactions particulièrement sordides sur une ferme esseulée, certains voyageurs aperçus sur les routes. Parallèlement à ça, l'infiltration de la cité d'Apamée par quelques miliciens mandrarikans venus vendre des toges exotiques dans le centre d'affaires de la ville d'Apamée, un bon moyen d'approcher quelques éminents et élus apaméens en sortie de conseils et d'assemblées, tout en observant l'état général de la cité, possiblement soumise à l'arrivée de réfugiés affectés par la guerre entre Porto-Rosso et Nuevo-Fortuna dans les provinces de la péninsule. Par la présence de ces agents, possiblement épaulés par des agents volterrans eux-mêmes sous couverture, le clan Ravatomanga entend fournir du renseignement à Volterra et du chaos à Apamée, par la présence de bandes de soudards dans les provinces, vidées de leurs hommes en âge de combattre et incorporés sous les bannières de Porto-Rosso et Nuevo-Fortuna.


En bref a écrit :
  • Souhait d'infiltration d'Apamée pour évaluer en temps réel les flux de réfugiés fuyant les combats et alourdissant le train logistique d'Apamée,
  • exactions dans les provinces par des bandes de soudards aux uniformes désassortis, pour terroriser les campagnes et accentuer les flux de réfugiés vers Apamée. Nuevo-Fortuna ayant eu l'avantage concédé par la destruction de la flotte de Porto-Rosso par Déria, des exactions se concentreront davantage sur les provinces néofortunéennes pour saper le moral des hommes au siège du rocher de Couroupédion.
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Dans les eaux de Nuevo Fortuna (Développement de personnage)

La pluie tombait en gouttes noires et épaisses. Elle formait un rideau de théâtre, ouvert par un vent de furie, révélant sans cesse d’autres grands draps gris. L’horizon était bouché ; devant s’étendait une scène vide qui laissait tout à l’imagination. L’océan, la côte, la cité. Le froid mordait la peau. L'eau giflait la tôle. Sur le pont, les flaques s'étendaient, des miroirs froids et hostiles. C’était une saison de titan, faite pour écraser les hommes. Et eux se serraient, sous le pont, aux côtés des machines, défiant l’orage et cette mer démontée. Ses vagues immenses et monstrueuses, poussées par des courants plus vieux que le genre humain, animées d’énergies primordiales. Et l’odeur de la mer, l’iode, le fer, et quelque chose de plus gras et vivant, comme la chair d’un poisson mort, jetée aux gros morceaux sur le pont. L’odeur du sang, en pire. Et bientôt l’odeur de la sueur. Vivante. Forte et rance. Les hommes et femmes de l’équipage qui luttaient pour garder la machine sur le droit chemin. Leurs muscles poussés à bout, leurs doigts serrés sur des outils longs comme des bras, resserrant les écrous, gémissant sous l’effort. Une souffrance abjecte et, au fond, inutile.

Les hommes l’ignoraient, évidemment. L’équipage était bon. L’esprit de chaque pirate vidé de toute substance. Une machine habituée à la torture, faite à ses choix de vie. Refusant pour toujours les cas de conscience, ou la réalisation soudaine : pourquoi suis-je ici ? Quel est le sens de mon action ? Des tueurs prêts à tuer, acquis à leur cause. Ils ont trop donné pour reculer. Et Khatan, leur reine, croyait que la nature se rangeait de son côté, cherchant à cacher son approche par les seuls moyens qu’elle connaissait. Le capitaine le savait pourtant bien. Pauvre nature. Ses subterfuges antiques étaient inutiles, du temps du radar, du laser, de la guerre électronique. Elle appréciait l’effort, cependant. L’horizon bouché avait quelque chose de rassurant. Elle rapetissait le monde, lui redonnait un aspect appréhendable. Et l’eau noire était comme un jus froid et clair, une lymphe du monde, un liquide vital qui livrait tout le romantique qui manquait à la guerre.

En principe, Khatan n’était pas favorable au romantisme. Trop souvent, il se substituait à la recherche de moralité. Qu’est-ce qui était plus attirant, entre le meurtre et le pillage, et une « aventure potentiellement exotique » ? Sémantique. Les deux fusionnaient, en fait. Pendant mâle et femelle d’un même fait d’arme. Elle refusait la morale. Elle vomissait la morale. Et ainsi, le romantisme la mettait mal à l’aise, en principe au moins. Mais elle acceptait le charme de l’eau, de la tempête.

Une vague plus haute que les autres explosa contre la coque, projetant une gerbe d'embruns qui s'écrasa sur la verrière. Le navire fit une embardée pour s’enfoncer comme un pieu dans la chair de l’océan, avant d’en ressortir. Un homme d’équipage, harnaché et encordé, avançait sur le pont sans que Khatan ne sache bien dire pour quelle raison. Autour d’elle, les officiers s’étaient accrochés à leurs consoles, l’un d’eux eut un rire qui puait le stress. La capitaine, enfoncée dans son fauteuil, se pencha en avant, les yeux rivés sur la verrière, et la petite tache en combinaison orange, qui avançait vers le guindeau. Avait-il fait ses prières ? Quel dieu avait eu droit à ses faveurs ?

Les marins étaient superstitieux, ce qu’elle comprenait bien, mais étant entrée dans la marine tardivement, par nécessité ou opportunisme, toute leur culture lui semblait étrangère. Leur rapport à l’immatériel, parmi tous. Une survivance inexplicable de pensées médiévales. Quelque chose d’assez pur, qui avait résisté aux assauts de la modernité et à l’éradication progressive de l’âme humaine. La violence des éléments taillait le marin comme l’océan taillait les côtes. Les récifs escarpés et les grandes falaises. C’étaient des êtres chthoniens, oui. Des brutes par nature, encore rattachées à des religions plus vieilles encore que les religions. Et certains, elle le savait, se vouaient entièrement au mal, conscient qu’on ne trouverait aucune morale en haute mer.

Khatan s’était toujours dit que l’existence de cultes obscurs, dans l’histoire de l’humanité, s’expliquait facilement par la nature même de l’être humain. Il s’était toujours trouvé des fléaux. Des individus brutaux, en marge, qui justifiaient la violence et l’érigeaient en système d’existence. Et puisqu’il fallait comprendre ces systèmes, que le mal n’était qu’une négation ou un dépassement du bien, alors il fallait se définir en rapport à ce qu’était la morale. Dans un monde tout entièrement soumis à la croyance en Dieu, ceux poussés au mal, à la violence, à la domination sans partage, pouvaient s’imaginer pris par le Diable. Dans un monde de panthéon, on s’orientait vers les dieux sombres.

Parfois, dans de rares moments d’introspection, Khatan enviait ces hommes et femmes. La disponibilité infinie des savoirs qui, il lui semblait, caractérisait le monde moderne s’accompagnait d’une dévaluation générale des croyances. Elle ne pouvait trouver le moindre intérêt aux pensées si celles-là ne régnaient pas sans partage. Refusait de se définir vis-à-vis d’une philosophie qui n’était pas absolue. Dépossédée de son statut de « vérité », la philosophie n’était rien qu’une pensée parmi d’autres : il n’existait plus d’universel. Les normes à dépasser étaient un amas, une bouillie, une moyenne cosmopolite. Sa transgression, sa norme naturelle, son dépassement instinctif de toute limite, s’en retrouvait ramené à une simple psychose. Oui. Elle n’était au fond rien. Pas l’ennemie d’un ordre précis ou d’une pensée particulière.

Puis elle se reprenait, et réalisait qu’elle pouvait être la transgression de tout à la fois, et le dépassement de tout à la fois; Que son action pouvait fixer les frontières et jeter les lumières sombres sur les rares creux et vallées de ce paysage moral. Révéler les fractures du néant, et projeter des ombres longues jusqu’aux limites de la civilisation. Alors, retournée à elle-même et à ses ambitions, elle se comprenait enfin, et comprenait son rôle. Elle était, ultimement, le grand révélateur.

Inutile de croire qu’il existait un Dieu. Dieu était l’absolu. Plus encore, Dieu était la croyance commune, impossible à comprendre, perçue sans être décryptée. Elle pouvait s’élever jusqu’à ce point. Elle y travaillait. Et s’il se trouvait déjà quelqu’un au sommet, installé dans un trône d’or serti de jade et de rubis, elle poserait ses belles mains fraîches sur sa nuque maigre. Sentirait les tendons, le cartilage et l’œsophage sous la pulpe blanche de ses doigts. Une peau sèche et crevassée, qu’elle serrerait jusqu’à la déchirer. Et elle étranglerait le seigneur. Serrerait jusqu’à rompre sa nuque. Jusqu’à réduire sa chair. Jusqu’à ce que son sang glisse entre ses doigts, jusqu’au poignet. Imbibe la dentelle subtile de sa chemise. Et sur la langue asphyxiée du vieux, comme une grosse larve sortant d’une fleur, elle déposerait un bouton de manchette d’or, puis un baiser, et jetterait le corps en bas du trône, et le regarderait dévaler la pente vers l’infini, et aurait un rire comme la foudre et des larmes en déluge, car l’univers entier serait défini par l’ombre de son action.

La pirate eut du mal à déglutir, la salive resta un instant coincé dans sa gorge, comme une bulle de morve ou de sang coagulé. Elle avait un goût de fer en bouche. Sa mâchoire était crispée, ses dents serrées les unes contre les autres, prêtes à éclater. Tous ses muscles étaient tendus, figés dans l’attente d’un coup qui ne viendrait pas. Elle se redressa lentement sur son siège, puis fit rouler ses épaules en arrière, fit l’inventaire de ses muscles. Soudainement, elle était frustrée. Et en colère. Et curieusement excitée. Une chaleur pure, pleine de vitalité, remontait de son ventre jusqu’à son crâne. Elle se passa une main sur le front et dans les cheveux. Une pellicule de sueur tiède couvrait sa peau.

Il faisait pourtant froid, sur la passerelle. Un froid glacial. Comme l’air dans ces putains de régions. Mais tant mieux. Elle préférait ça. La pluie tropicale de son pays natal était une pluie grasse et sale, qui ne permettait pas de distinguer ses gouttes de la sueur humaine. Et on se retrouvait, brûlant, soumis aux caprices d’éléments aveugles et sanguins. Ici, au moins ; il n’y avait pas de chaleur humaine. Pour vivre il fallait agir. On ne pouvait pas se contenter de lever la face vers le ciel, d’ouvrir la bouche et fermer les yeux, de crier, crier connement, « regardez, je vis ». Personne ne vivait vraiment, là-bas.

En fait, elle en avait la conviction, personne ne vivait vraiment nulle part.

Elle bondit de son siège et se retourna pour attraper sa veste, dont elle se vêtit d’un geste sec. Les pin’s accrochés aux épaules s’entrechoquèrent en une série de tintements joyeux. Collection de gadgets en plastique et en aluminium commémorant des évènements personnels. Des victoires, des pillages de haut rang, le viol d’un tortionnaire, l’assassinat d’un autre, son intégration à l’équipage, la fois où elle avait vaincu De Clerq en duel, celle où son équipage lui avait organisé une fête surprise. Bientôt, peut-être, peut-être, bientôt autre chose. Il y avait une ville qui l’attendait.

Autour d’elle, les officiers s’étaient figés. Pas tout à fait au garde-à-vous – aucun kotioïte n’aurait accepté la discipline exigée des militaires – l’idée n’en restait pas moins la même. Ils étaient à ses ordres, ils attendaient. Elle se passa le pouce sur le bout du nez, et renifla. Ils étaient à ses ordres, mais elle ne se faisait aucune illusion. La Compagnie Franche de la Tempête était encore la chose d’Evert De Clercq. Ils lui obéissaient parce que le citoyen Éon leur en avait donné la consigne. Elle n’était rien de plus que sa voix. Sa commissaire politique. Ce pouvoir n’avait rien de l’absolue transcendance qu’elle atteindrait un jour. Elle pivota vers l’officier de quart.

– Jenny ?
– Oui citoyenne ?
– Je vais discuter avec l’espion.

L’espion présomptif aurait été plus juste, mais elle avait décrété qu’il était « l’espion », et il resterait à jamais l’espion. Elle se foutait de savoir si ce type était un marin néo-fortunéen, velsien, d’ailleurs. Lui et tout son équipage avaient croisé le sien, et s’étaient retrouvés condamnés. Il y avait une guerre, qui opposait deux villes, deux villes qui revenaient de droit à ses maîtres. Apamée. La vie de chacun de leurs citoyens, et de quiconque passait sur leur territoire, était l’objet, le sujet d’Apamée. Et elle en était, dans ces eaux, la représentante.

La lieutenante soutint le regard de Khatan.

– Je te ferai signe si on a des bonnes nouvelles de Couroupédion.
– C’est quoi une bonne nouvelle, Jenny ?
– S’il y a besoin de toi ici, sur le pont. Tu sais...
– Pour quelle raison par exemple ?

La seconde jeta un regard en coin aux autres officiers, lesquels étaient très concentrés sur leurs consoles, outils de navigations, sur la tempête derrière la verrière. Une nouvelle vague se fracassa contre le pont : l’eau s’abattit sur la verrière comme une volée de flèches.

– Si les négociations permettent de prendre la ville, dit-elle enfin.

C’était une réponse raisonnable. La citoyenne Khatan acquiesça pensivement.

– Il n’y a plus personne à Néo-Fortuna. On pourrait entrer, et tous les tuer.
– Sans doute, oui, capitaine.
– Mais je suis sûr que le citoyen Éon trouvera un moyen d’éviter ça.
– C’est aussi mon avis.

Khatan lui fit un clin d’œil, puis approcha d’un grand pas pour lui attraper les deux épaules, les serrant de toutes ses forces. Elle affichait un grand sourire, un peu stupide, qui se heurtait à l’air imperturbable de la première officière de quart.

– C’est bien Jenny. Tu me tiens au courant, donc.

Puis elle exécuta un salut d’aviateur adressé à l’ensemble du pont, et pris la direction de la sortie. La dernière chose que Khatan entendit avant d'en passer le seuil fut la lieutenante annonçant à la prison de bord l’arrivée prochaine du capitaine. Puis elle fut seule avec les boyaux du navire, et le son de ses semelles contre la tôle des passerelles. L’écho résonnait à travers la cage d’escalier, précédait son arrivée. Elle aimait s'imaginer que les ombres et les hommes se cachaient à son approche. Qu'elle était, au fond, une autre forme de tempête, hantant les coursives comme un vent mauvais.

Le trajet jusqu'à la prison de bord ne fut pas très long. L’Elfshot était un beau navire, bien conçu, marin. Sans doute le plus bel appareil de la flotte kotioïte. Patrouilleur lourd pharois à l'origine, il avait fini entre les mains d’un riche armateur de la Cité Noire qui l’avait équipé et rééquipé, encore et encore, avant de le vendre à un obscur syndicat kah-tanais. C’était là qu’une série d’accords occultes avaient transformé le navire : nouveaux canons, guerre électronique moderne, baie de drones, tubes lance-torpilles. On avait dû rogner sur les quartiers d’équipage et le stockage mais, à vrai dire, le confort restait au-dessus des standards militaires.

C’était un appareil pensé pour les pirates. Après quelques années à faire la transocéanique avec les convois commerciaux, il avait finalement été racheté par le Tribunal Révolutionnaire, qui l’avait mis à disposition de l’Armada Noire. Une brève aventure afaréenne avait convaincu l’amirale Varpu de sa valeur, et elle l’avait ramené d’urgence en Eurysie, soucieuse de trouver un rôle à ce qui était, à plus d’un titre, le plus atypique des bâtiments de sa flotte.

Son prêt à la brigade d’Éon en disait long sur l’influence du citoyen, ou de ses protecteurs. Ou encore sur la terreur d’un parlement trop veule pour accepter la radicalité qu’exigeait la Révolution. On avait donné les plus beaux jouets de la Fédération à des hommes prêts à les employer, c’était déjà ça, puis on les avait catapultés sur un front dont on estimait sans doute qu’ils ne sortiraient pas vivant.

Oui, bien tenté. Et à vrai dire, elle pensait même que le plan des parlementaires n’était pas totalement abruti. C’est vrai : Lograno avait des armes lourdes, les moyens de ses ambitions. Quant à ces petites putes d’Adria, protégés par les universitaires et leurs pleureuses de chevaliers, ils avaient une partie de la flotte de l’hégémon. En d’autres termes, Apamée était la troisième roue, le canard boiteux, l’agneau sacrificiel, le point de convergence de la guerre, qu’on imaginait déjà mort, brisé par un conflit que la démocratie directe à l’ancienne, désorganisée, rhétorique, sans colonne vertébrale ou grande idée faisant office de précédent et guide d’usage, une guerre que cette démocratie de faibles, aurait été inapte à affronter.

– Bien tenté, misérables fils de pute, bien tenté.

Elle porta une main à son front, une douleur aiguë lui montait aux tempes. Confondant le mouvement pour un salut, deux marins qui passaient dans les coursives le lui rendirent, agrémentés d’un « Citoyenne » respectueux. Elle acquiesça, continua son chemin, se concentra sur le claquement régulier de ses bottes contre la tôle. Quand elle fut sûre qu’ils étaient éloignés, elle s’adossa à la paroi. Une poutre apparente lui rentrait entre les omoplates. Les yeux un peu écarquillés, elle fouilla l’intérieur de sa veste à la recherche de son inhalateur. Depuis combien de temps elle n’avait pas consommé de dope ? Maladivement attachée à sa santé, elle surveillait sa consommation, souhaitait plus que tout éviter les overdoses. Elle en avait trop vu, des grands guerriers qui finissaient en flaques, morts sur le sol, lâchés par un corps trop faible pour les plaisirs terrestres.

Le destin lui réservait autre chose, ça, elle le savait. Enfin sa main heurta le petit réceptacle de plastique vert. Son pouce caressa le bouton poussoir en alliage, appuyant doucement dessus. Pas assez pour actionner son mécanisme, mais assez pour le sentir. Sentir la limite, le point où elle l’aurait dépassé. Pour se rassurer sur son existence. Elle retira la main de sa veste.

La consommation de drogue était formellement interdite à l’équipage. Elle-même gardait ses excès secrets. Moins par honte ou souci des règles que par instinct de survie. Paranoïa. Un peu des deux. Les camés étaient des cibles faciles. Preuve en est, elle avait récupéré l'inhalateur chez une de ses victimes : avant de partir pour la Dodécapole, elle avait souhaité régler son compte à une vieille connaissance de la pègre Nazumi. Le type se faisait appeler le Jashurien. Elle doutait qu’il le soit vraiment, mais il avait adopté l’accent, quelques tropes de la culture du nord du pays, et il avait la bonne ethnie, alors personne ne remettait vraiment le nom en cause. De toute façon c’était pas le pseudo le plus con sur lequel on pouvait tomber, et au-delà de ça, le Jashurien était un bon fixer. Le souci bien sûr, c’est que les fixer sont tous un peu consanguins, et surtout, n’ont aucun honneur. Khatan avait interdit au type de fouiller dans son passé, et lui avait proposé un accord à l’amiable pour éviter qu’il ne vende des informations à son sujet à d’autres clients. Il avait accepté, et pour un temps, ils avaient eu un partenariat honnête. Il évitait de répandre des « sales rumeurs », lui permettait de prendre un nouveau départ dans la seule ville qui voulait bien d’elle. En échange, elle lui rendait quelques services. Recouvrement de dettes, menaces et torture à domiciles. Une fois, elle avait scié les freins d’un député.

Le Jashurien avait prétendu qu’en intégrant la piraterie il avait mis fin à leur accord. Bien sûr, elle n’était pas de cet avis, alors elle s’était rendue dans ses bureaux, à deux pas de la Coupole, l’ancien quartier général du mouvement fasciste qui avait tenté de prendre la ville. Elle avait cassé une fenêtre et était rentrée au premier étage. Puis elle était arrivée dans son bureau et l’avait trouvé là, comme une espèce d’énorme grenouille posée sur son fauteuil, tout gras et suant. Il lui avait fait cette espèce de grand sourire qui veut dire « on est ami, on s’entend bien », et lui avait demandé ce qu’elle venait faire ici. Elle lui avait répondu qu’elle l’avait prévenu, qu’il n’avait pas le droit de dire aux autres qui elle était, d’où elle venait. Il avait trouvé ça très amusant.

– Ne t’en fais pas, les gens sont curieux mais ce que tu as fait au Nazum, c’est du beau boulot en fait. C’est bon pour ton CV. Quand ils l’apprennent, les autres lâches l’affaire, ou me demandent s’ils peuvent te contacter. Pour te faire bosser, tu vois ?

Il avait arrêté de la regarder, et faisait mine de consulter son ordinateur sans plus trop faire attention à elle. Pour lui, à ce moment, le sujet était traité. Elle avait crié.

Mais putain j’en ai rien à branler de ça.
C’est juste le boulot, avait-il répondu en relevant les yeux de l'écran. Il lui sourit avec compassion, comme pour lui dire "sois raisonnable. Ces informations sont... Inoffensives, tu vois ? Et tu sais, elles sont disponibles publiquement. Et plus ça ira, plus les gens finiront par savoir qui tu es. C'est bon pour toi, à mon avis.

Ce qui, bien entendu, était inacceptable. Sur le moment elle avait eu un petit vertige. En fait elle se foutait bien que les gens sachent qui elle était, d’où elle venait. Il était très agréable de les laisser digresser, se poser des questions sur son identité, émettre les théories les plus grotesques. Celle en vigueur dans les milieux les plus intellectuels faisaient d’elle une princesse du Tahoku en rupture avec sa famille. Hilarant. Mais si on savait qu’elle n’était rien, une petite gamine du béton et de la sueur, populaire et malade, rien qu’un chien fou de la pègre, ça ne tuerait pas sa légende, ça ne tuerait pas son action, mais ça jetterait un lumière différente, dessus. Hors de son contrôle.

Putain mais connard, j'en ai rien à foutre, j'en ai rien à foutre le Jashurien. Tu comprends au moins ? T'es con ou quoi espèce de merde ?!

Elle avait senti un vertige, oui. Comme si on l’avait arraché à son corps pour la renvoyer dans une cellule capitonnée, un tube dans la bouche, pesant contre son œsophage, une sensation lourde et acide dans le vendre, une envie de vomir jamais assouvie. Elle s’était revue, les ongles arrachés contre le rebord d’une porte fermée, les doigts en sang, criant encore et encore.

Elle avait donné un coup dans la gorge du Jashurien, qui était tombé de son fauteuil, sur la jolie moquette bleu sombre du bureau. Puis elle était montée sur le meuble pour récupérer l’ampoule du plafond. Elle l'avait dévissée et la salle s'était retrouvée plongée dans une obscurité relative. Elle avait sautée au sol, et avait retourné sur le dos, le corps adipeux du Jashurien, puis plongé l’ampoule dans sa bouche, qu’elle avait maintenue ouverte d’une main. Puis elle avait envoyé un coup de botte contre son menton, clac, et roué le corps de coups jusqu’à être trop fatiguée pour continuer. Ensuite, elle avait ouvert le tiroir du bureau, et avait trouvé des petits dossiers en plastique jaune, un pistolet de modèle kartyen qu’elle avait empochée, une plaquette de timbres anciens sous un film plastique, et plusieurs inhalateurs verts, dont un qu’elle avait encore dans sa poche à ce jour.

Elle ne se souvenait plus très bien du reste. Elle avait un peu consommé avant de venir, et avait sans doute testé les inhalateurs. Elle devait être hors d’elle dans tous les sens du terme, car le Jashurien avait fini en morceaux, et l’intérieur crapuleux de l’énorme crapaud avait servi pour écrire quelque chose au mur. « Restez à votre place » ? Elle ne s’en souvenait plus trop bien. Elle ne savait pas non-plus ce qu'elle avait fait du corps. Il lui semblait qu'elle était arrivée avec un plan précis, mais elle savait d'expérience qu'elle s'y tenait rarement.

En fouillant le bureau, elle avait aussi trouvé de l’argent en liquide, avec lequel elle avait payé un groupe de pirates pour trouver l’identité des clients du Jashurien ayant acheté des informations sur elle. Et parce qu’elle devait partir en Dodécapole pour cette mission, avait payée un groupe de nettoyeurs pour trouver et tuer chacun de ces clients. Et quelques autres, pour faire semblant de brouiller les pistes. Pas sérieusement, évidemment. Il fallait que les gens sachent – au moins vaguement – qui avait fait le coup. Se chient dessus, un peu, pour voir. Qu’on arrête de la faire chier. Mais assez pour maintenir l’illusion. Pour que tout le monde prétende ne pas vraiment savoir qui était à l'origine de tout ça. Quant à la justice, elle ne la craignait pas. Les règlements de compte entre pirates étaient totalement tolérés tant qu'ils ne menaçaient personne d'autre. Elle n'avait jamais tué d'innocents. Ces ectoplasmes sans ambitions n'existaient pas à ses yeux.

Le souvenir du sang sur la moquette bleue se mélangea un instant aux taches de rouille sur la cloison du couloir. Elle cligna des yeux. La douleur s’était un peu dissipée. Khatan se décolla du mur et se força à sourire. Maintenant elle était là, au milieu de l'océan, dans un pays qui ne la connaissait pas, qui ne savait ni qui elle était, ni ce qu'elle voulait. Une région du monde qui attendait encore d'être graciée par ses marques, enrichie de sa bénédiction. Un pays de rhétorique creuse, de guerre d'usurpation, où l'on pouvait, par amour, prendre la moitié d'une flotte à son pays. Où l'on pouvait, par ambition, voler une ville à ses habitants. Et elle qui était la femme la plus aimante du monde, qui était la femme la plus ambitieuse du monde. Elle qui entre toutes, incarnait le mieux les qualités que l'on cherchait et attendait, elle qui était peut-être le concentré le plus pur de libre-arbitre, ne s'y taillerait-elle pas une place de choix ? Ils voulaient faire d'Apamée une nouvelle Kotios, et de cette nouvelle Kotios, elle ferait son antre, depuis laquelle elle s'élèverait à la rencontre du monde. Combien de temps, encore, avant que les journaux ne filment son visage en gros plan, que les familles ne dissertent sur son ambition sur leurs canapés ? Combien de temps avant qu'on ne vienne lui lécher les bottes, tirer son portrait dans des revues spécialisées.

Ce qu'elle voulait était au fond très simple : sa tête sur un billet de banque, dans chaque pays du monde. Et sur la couverture des magazines. Et dans les églises, à la place des icônes. Et entre deux publicités pour de la lessive, et dans ces publicités. Et pendant les films récompensés chaque années par des statuettes dorées et kitsch. Et au cœur des minutes de la haine de chaque société, et au cœur des fantasme de chaque homme, de chaque femme. L'exemple pour chaque fils et filles, le contre-exemple pour chaque fils et fille. Elle voulait tout. La célébrité, et le pouvoir, et l'ambition, et se rassasier enfin d'être au centre des libidos.

Et pour ça il fallait qu'elle travaille, et qu'une étape après l'autre, une étape après l'autre, pas à pas, elle parvienne à avancer, à éliminer tout ce qui se dressait entre elle et le rêve, et le rêve et le réel, et que tout soit un jour fusionné, et qu'il n'existe plus qu'elle. Qu'enfin, dans son esprit, dans son environnement, tout ne reflète que sa propre personne. Un monde à son image, à la limite de sa perception, rien que sa propre personne. Et qu'elle ne soit plus jamais dérangée par les autres. Elle posa la main sur la poignée de la porte, ravala un rire de collégienne, et la poussa d'un geste lent. La porte coulissa sur ses gonds sans un grincement. Elle passa le seuil de la prison. Conformément à ses instructions, on l'avait laissée dans l'obscurité la plus totale.
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