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[Sommet de Rusalka] ⚓ La rencontre tombe à l'eau

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Sommet de Rusalka

25 Novembre 2015



IMPORTANT : liste des invités
  • Velsna, Francesca DiSaltis
  • République Translavique, Emir Levchenko
  • Teyla, Pierre Lore
  • Zelandia, Karlieen Scheer et Zayit Myers
  • Drovolski, Fremon Gobarge du Drovolski
  • Tanska, Oda Jorgensen
  • Yukanaslavie, Moctezuma III Kalpàn
  • Vélèsie, Heorhij Adamovych Kutsenko
  • Rimaurie, Molly Nordquist
  • Pravoslavnyy, Klymenko Koshvil
  • Aykhanides, Alper Kamar Agha
  • Morakhan, Aleksandra Jakovlévna Val Vuj Alqalmačov

  • Statut d'observateur :
  • ALCO, Présidente de l'association ALCO



Une portion du port de Rusalka, le plus grand port de toute Novyavik

Novyavik, une jeune République en pleine croissance économique, avait réussie à réunir à Rusalka de nombreuses puissances et autres états avec lesquels la République devait traiter dans le but de légitimer ses projets d'Organisation dont le but serait la gestion du détroit entre la mer blême et la mer du nord. Cependant, ce projet était encore loin de la réalisation.

La Seconde République de Novyavik, après de long mois d'attente était enfin le théâtre en sa ville portuaire de Rusalka, perle portuaire de Novyavik, d'un grand sommet réunissant de nombreux états d'Eurysie et du Nazum. Derrière l'ombre des terminaux de commerce et la lumière du soleil de midi, les délégations arrivaient l'une après l'autre dans un aéroport diplomatique construit pour l'occasion dans le but de permettre la plus grande sécurité possible aux pariticpants du sommet. Des drapeaux de tout les pays présents flottaient partout dans la ville.

Toujours pour offrir la meilleure sécurité possible aux arrivants, la Compagnie d'élite de Novyavik, forte de 150 hommes et dirigée par le commandant Viktor Zimov, avait été déployée pour l'occasion en renfort de la garnison locale. Le dispositif de sécurité a été bien étudié, des tireurs d'élite étaient présents dans les bâtiments. Des patrouilles fréquentes avait lieu partout dans la ville de 200 000 habitants pour veiller à la sureté des civils et des officiels.

Le Président Viktor Vladimirovitch Mirov accueillait avant d'entrer dans la salle de conférence les délégations une après l'autre. Dans le but d'être sur les marches d'escalier pour une photographie avec chaque invité pour les médias internationaux. Une fois ayant fait cela avec tout les invités, il entra dans la salle de conférence. Les Représentants étrangers s’installèrent, le Président également.

Président de la seconde République de Novyavik, Viktor Vladimirovitch Mirov

Toutes les délégations réunies dans la salle, équipés d'oreillettes pour la traduction, il commença avec un discoure d'ouverture :

Viktor Vladimirovitch Mirov : Mesdames et Messieurs, Excellences et représentants du monde,

C'est avec honneurs que je tient devant vous ce discours tant attendu à Novyavik qui annonce ce grand sommet réunissant les représentants de 12 nations ainsi qu'une Organisation Non Gouvernementale. Nous nous retrouvons ici pour un projet que je tient à cœur et qui marquerais une étape importante de l'histoire qui n'est point moindre : Réaffirmer le droit maritime dans l’indéfectible respect des principes de liberté de circulation. Les objectifs d'un tel projet serais donc de favoriser le libre commerce sur le détroit ainsi que sa sureté. Cette sureté un enjeu stratégique vital pour le commerce mondial et les économies des pays riverains dont le notre exige une coopération réfléchie et efficace.

La Seconde République de Novyavik, en tant qu’hôte de se grand sommet, dont l'importance n'a jamais été égalée sur ce territoire depuis l'Empire de Slaviensk réaffirme son engagement dans le libre commerce et la coopération internationale, où la raison et le dialogue prévaudront sur les menaces. Moi et la République remercions la présence de l'ensemble des nations étrangères pour leur présence et leur souhaitons la bienvenue en terre novaise. Je souhaiterais également remercier l'ALCO pour sa participation au sommet. Que l'ALCO observe nos travaux avec un intérêt particulier se rappelant que nous luttons pour la liberté de circulation.

Maintenant se bref discoure terminé, je vous invite à prendre la parole pour ouvrir le débat. Que ce sommet soit un pas vers une administration plus réfléchie et plus sûre du détroit entre la mer blême et la mer du nord.


HRPVous êtes donc en droit de prendre la parole pour ouvrir le débat.
SMCC
Monsieur Fremon Gobarge, Directeur de la SMCC :

Mesdames et Messieurs,
Bonjour, je suis Fremon Gobarge de la SMCC. Je suis le directeur de l'une des sociétés marchandes les plus actives de mon petit pays et, à ce titre, je gère une délégation de service public sur la gestion du commerce. Le Drovolski a une position claire : nous sommes favorables à la libre circulation des bateaux en transit par nos mers et assurons, grâce à notre proximité géographique, la sûreté de ces eaux. Toutefois, il va sans dire que nous n'avons jamais vus ou pratiqué aucune forme de piraterie. Nous sommes suffisamment circonspects quant à l'intérêt de notre présence ici. Il me semble qu'aucun pays ici présent n'a jamais cherché à rendre impossible le transit vers la mer de Blême. Qui plus est, nous, le Drovolski, possédons le point de passage le plus étroit vers le large. Donc, même ceux qui en ont les moyens ont choisi de ne pas en restreindre l'accès. Nous nous engageons à garantir la libre circulation des bateaux et réaffirmons, pour simple confirmation, que les ports du Drovolski restent fermés au commerce en dehors des traités signés. Par conséquent, les volumes et les provenances des marchandises y sont contrôlés par Velsna. En gage de qualité, toute guerre commerciale découlant d'un commerce illégal pourrait entraîner la destruction de la flotte marchande concernée.
MAE
Pierre Lore, Ministre des Affaires Étrangères.


C'est un Royaume de Teyla et Pierre Lore dubitatifs qui participent au sommet de Rusalka. La diplomatie de la Seconde République avait eu beaucoup d'échecs à son actif durant les préparatifs du sommet, selon la diplomatie teylaise. Selon la République Translavique, la Seconde République avait remis en cause la souveraineté et l'indépendance de la République Translavique. Si cela était vrai, et le Royaume de Teyla était prêt à le croire, cela était une chose intolérable pour le Royaume de Teyla et très certainement pour tous les partenaires de la République Translavique. Ce n'est pas un hasard si, avant le sommet, on a pu voir côte à côte Pierre Lore et Emir Levchenko. Par ailleurs, Emir Levchenko n'alla pas parler uniquement à Pierre Lore avant le sommet, mais à toutes les nations membres de l'Organisation des Nations Démocratiques, une façon d'envoyer un message subtil à la Seconde République : qu'aucun dénigrement de la souveraineté de la République ne sera toléré par les autorités translaves. Il en profita pour informer les nations de l'Organisation des Nations Démocratiques des contenus des missives de la Seconde République envers la République Translavique, celles qui remettaient en cause la souveraineté et l'indépendance du pays. Surtout, il répéta à l'envi cette phrase dans une des missives : "Ne souhaitant pas gâcher ce sommet, nous sommes donc dans l'obligation, notamment en raison de votre souveraineté, qui dépend directement de la politique de l'OND, de vous délivrer un statut particulier lors de la rencontre."

Ce n'était pas non plus un hasard si le Royaume de Teyla s'était montré particulièrement attentif aux suites diplomatiques de cette non-reconnaissance de la souveraineté de la République Translavique à travers une phrase malheureuse. Le Royaume de Teyla ne savait pas quoi penser de la prise de parole du Premier ministre Translave. En outre, il reconnaissait que c'était un moyen habile d'ancrer la République sur la scène internationale et de s'éloigner de l'emprise des nations de l'Organisation des Nations Démocratiques. Mais le Royaume savait que si la Seconde République avait voulu entrer dans une confrontation plus brute, alors la République n'aurait pas eu les moyens de répondre sans le soutien des États-membres de l'Organisation des Nations Démocratiques, mais aussi du Duché de Gallouèse. Le Royaume de Teyla se contenta de soutenir la République Translavique en privé. En outre, les accords conclus avec la Seconde République rendaient tout soutien public déplacé et trop précoce pour le moment, d'autant plus que la Seconde République n'a point répondu à l'allocution de Thorsten Savchenko. Pour une raison qui échappe au Royaume de Teyla, mais qui fait tout le plaisir du Royaume de Teyla, lui permettant de prendre position entre deux partenaires cruciaux.

Concernant le sommet en lui-même, Pierre Lore avait vu la diplomatie de la nation hôte en œuvre et cela le réconforta dans sa pensée, à savoir que le sommet allait être un échec pour la nation hôte. Mais il n'en avait parlé à personne, en dehors des membres du Gouvernement de Sa Majesté. En outre, en partant de cette hypothèse, le Royaume de Teyla y venait pour défendre sa vision de la mer, qui n'était pas loin de celle du Drovolski ou encore de la Grande République de Velsna, croyait Pierre Lore. En outre, la liberté de circulation en mer, en dehors des navires qui battent pavillon noir, était un droit fondamental pour le Royaume de Teyla. Les mers et les océans ne doivent appartenir à personne, sans que la criminalité y prospère, voilà la vision du Royaume. Outre ces considérations, le Royaume de Teyla allait observer grandement les prises de positions de chacune des parties sur les taxes et droits de passage. Le Royaume de Teyla allait défendre une position qui veut que les droits de passage soient à zéro pourcent, en cohérence avec la position du Royaume de Teyla sur la liberté de la mer. De plus, cette position permettait une prolifération du commerce teylais vers les autres continents et notamment le Nazum, une situation appréciable pour la croissance teylaise.

Pierre Lore trouva l'ambiance locale austère due à ces nombreuses patrouilles des forces de sécurité intérieure. Plus que cela, les nombreuses patrouilles de police ne rassurèrent en rien Pierre Lore. "Qu'ont-ils à vouloir tous montrer leurs gros joujoux ?" se dit-il intérieurement. Il mettait cela sur le conservatisme du régime et le fait que ce soit une entreprise privée qui dirigeait le pays, sans en avoir la certitude. Une fois assis à la table des discussions, il déballa ses affaires. Ses stylos étaient rangés en fonction de la taille et de manière croissante, de gauche à droite. Il aligna également ses documents avec un soin maniaque, chaque feuille parfaitement superposée, chaque dossier disposé de manière à coller au dossier conjoint. D'un rire malicieux, il déplaça son double décimètre pour qu'il s'aligne parfaitement avec les dossiers disposés de manière très minutieuse. Une fois ses habitudes faites, le sommet pouvait commencer pour Pierre Lore.

Pierre Lore n'avait rien à redire quant au discours d'ouverture, bien qu'un peu court, mais il ne voyait pas ce que pouvait rajouter l'hôte à vrai dire. Quant à la prise de parole de Fremon Gobarge, il avait beaucoup à dire, mais il laissa pour l'instant les autres nations prendre la parole. Pierre Lore ne voulait pas dévoiler la position du Royaume de Teyla dès maintenant et voulait attendre les prises de positions de chacun et chacune pour se positionner dessus. La manière dont avait décidé de gérer le sommet Viktor Vladimirovitch Mirov rendit dubitatif Pierre Lore. Selon le Teylais, les nations risquaient de divaguer beaucoup et parlaient de tous les sujets, sans que des décisions soient prises. Toutefois, il attendait d'être surpris.

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La ministre des affaires étrangères, son excellence Aleksandra Jakovlévna Val Vuj Alqalmačov, ainsi que la délégation mor composée de : deux chameaux ornés d'or ; quatre dragons de Morakhan ; vingt-six servants et servantes, tous en tenue traditionnelle et chapeau de fourrures ; la garde mor rapproché de la ministre ; deux oriflammes de la Morakhan ; quatre cavaliers ; quelques mets traditionnels de Morakhan, partant du thé jusqu'aux desserts sucrés en passant par les ragoûts asséchés de poissons et de porcs ; avaient voyagé le jour même en raison de quelques problèmes locaux, et étaient donc arrivées légèrement en retard. La ministre s'assaillit et écouta son excellence Fremon Gobarge, directeur de la SMCC, de plus, la Morakhan avait l'espace le plus large du détroit, et était donc l'état le plus en proie aux potentielles pirateries. La ci-contre femme pris la parole :

« — Je rejoins l'idée de Monsieur Gobarge, cependant, seule la bonne volonté et l'intérêt de chaque pays les poussent à permettre la libre circulation des marchandises. Ainsi, et pour le bien-être à long terme du commerce dans la région, il serait de convenance d'écrire puis de signer un traité permettant ladite circulation. Le but serait autant de faire bénéficier les petits pays que les grands pays, pour cela : rendre le détroit international, c'est-à-dire n'appartenant à personne, et permettre un soutien de tous les pays concernés en cas de piraterie ou autre. Bien évidemment, nous pourrons débattre des termes du potentiel traité. Je laisse donc la parole à un hypothétique intervenant. »


Ministre des Affaires Étrangères, Aleksandra Jakovlévna Val Vuj Alqalmačov
Fait le 28/11/2015
Commissaire des Affaires Étrangères
Emir Levchenko, Commissaire des Affaires Étrangères.


Emir Levchenko a vécu il y a deux jours la réunion la plus importante en tant que Commissaire des Affaires Étrangères du gouvernement par intérim. Cette réunion allait définir le comportement de la République Translavique dans le sommet de Rusalka, si elle y participait, et les objectifs à atteindre pour la République Translavique. Le Premier ministre avait signifié son envie de participer au sommet de Rusalka et de ne pas refuser l'opportunité offerte à la République Translavique de commencer à transmettre aux yeux du monde sa vision de la politique internationale. "On nous offre une tribune, autant en profiter" avait résumé en ces termes Emir Levchenko la situation. Bien entendu, il y avait des réticents au sein du gouvernement par intérim, mais la majorité des ministres ou commissaires voulaient participer au Sommet.

De plus, l'opportunité était encore plus grande à saisir alors que l'Assemblée constituante translave avait rendu ses travaux sur la constitution qui n'attendait plus qu'à être adoptée par référendum lors du jour du scrutin, le 6 décembre 2015. En partant de ce constat, la position en interne du gouvernement par intérim se retrouvait renforcée parce qu'il avait réussi à tenir le pays en attendant qu'une constitution sorte de terre et soit adoptée par les Translaves, lors d'un vote crucial pour l'avenir du pays. Outre ces considérations, la réunion avait abouti à la conclusion que la République Translavique devait adopter une position de fermeté si une nation remettait en cause l'indépendance du pays, quitte à faire capoter le sommet. "Nul ne peut remettre en cause devant onze nations notre souveraineté nationale, sous peine de voir notre intransigeance se placer sur sa route" avait résumé en ces mots Thorsten Savchenko la position translave.

Par ailleurs, le débat n'était pas ouvert qu'au sein du gouvernement, mais dans tous les partis politiques qui se sont positionnés dans les médias nationaux sur le sommet. Le Mouvement Spartakisme, le premier parti du pays, bien que communiste, se plaçait contre le sommet, voyant un accaparement de la mer par des nations capitalistes. Une position attendue, comme celle de l'extrême-droite qui prit la même position que le Mouvement Spartakisme. Les autres partis, à quelques divergences mineures, sont sur la même position que celle du gouvernement par intérim. Pour Thorsten Savchenko, si le sommet est une réussite et permet à la République Translave d'avoir fait entendre sa voix sur la scène internationale, alors il convient qu'il gagnera des points pour devenir un candidat crédible pour l'élection présidentielle qui aura lieu en deux mille seize.

La politique intérieure prenait bien plus de considération que les intérêts de la République Translavique, dans ce sommet pour la République. De plus, le gouvernement avait la ferme volonté d'utiliser ce sommet pour montrer son indépendance vis-à-vis de l'Organisation des Nations Démocratiques, tout en prenant position pour ses partenaires quand cela est nécessaire aux intérêts de la République Translavique.

C'est donc un Emir Levchenko impatient qui arriva à Rusalka pour le sommet qui s'annonçait passionnant. Il ne savait pas quoi penser de toutes ces forces de sécurité, une nécessité très certainement pensa-t-il au regard des récents événements qui ont secoué la Seconde République, quand le régime n'était qu'une Union. Quelle remontée au niveau international, se dit-il aussi, alors que le sommet allait accueillir un sommet de douze nations, dont les trois premières puissances économiques du continent eurysien. Une réussite qui pouvait faire pâlir la République Translavique. C'est dans le calme, après avoir discuté avec ses homologues de l'Organisation des Nations Démocratiques, qu'Emir s'assit et écouta attentivement l'ouverture du sommet puis les prises de parole successives. C'était à son tour, au tour de la République Translavique de prendre la parole :

- Vos Excellences. Permettez-moi de commencer ma première prise de parole en remerciant les autorités de la Seconde République de Novyavik qui ont convoqué onze nations à participer à ce sommet extraordinaire. Ce sommet doit nous rappeler que nos nations sont toutes indépendantes et souveraines et qu’aucune d’entre elles ne saurait tolérer la remise en cause de ces principes fondamentaux. Le commissaire des Affaires Extérieures laissa s'installer un long silence pour appuyer ses propos. Il reprit : Nul ne peut prétendre que la souveraineté peut être remise en cause et, de ce fait, Vos Excellences, nul ne pourra imposer aux nations ici présentes, mais aussi à celles qui ne sont pas représentées ici, les traités, les textes fondamentaux qui sortiront de ce sommet. C'est pourquoi la République Translavique appelle au consensus, au débat et aux discussions, mais avant tout au respect, oui au respect de toutes, oui toutes les nations ici présentes, dit-il en regardant Viktor Vladimirovitch Mirov.

La République Translavique avait fait passer son message avec des sous-entendus pas trop provocateurs. Dorénavant, la réponse d'Emir Levchenko pouvait se concentrer sur le fond du sommet.

Nous rejoignons en partie la position de deux nations qui se sont exprimées avant moi. En outre, la libre circulation en mer doit être préservée quoi qu'il arrive selon la République Translavique. Mais cette liberté ne peut pas être anarchique et doit être suivie de règles, dans la mesure du possible. En outre, nous rejoignons les propos de Son Excellence Aleksandra Jakovlévna Val Vuj Alqalmačov sur la nécessité d'un ou plusieurs traités qui y inscrivent des règles pour les nations voulant les reconnaître. Il s'agit d'un droit international important aux yeux de la République Translavique. De plus, inscrire ce droit dans un traité pourrait permettre un élan mondial quant à l'ajout de ce droit dans les législations nationales, bien que cela soit à la volonté des Gouvernements, Parlements nationaux.

De plus, comme l'a signifié Son Excellence Aleksandra Jakovlévna Val Vuj Alqalmačov, le traité pourrait comporter des clauses concernant la piraterie qui est en pleine expansion. Il convient que si nous voulons cela, nous devons nous mettre d'accord sur une définition de la piraterie et des moyens que nous engageons pour lutter contre la piraterie dans la région du détroit entre l'Eurysie et le Nazum. L'enjeu crucial n'est pas tant la liberté de circulation, dont je crois que nous sommes tous d'accord sur cette question, bien que des désaccords pourraient exister sur une taxe permettant un droit de passage, mais bel et bien la protection du détroit. Beaucoup de nations de ce détroit, y compris la République Translavique, n'ont pas la marine nécessaire pour assurer la protection du détroit en étant seules. L'Empire Constitutionnel de Drovolski a confié la tâche de la sécurisation de ses ports, et indirectement du détroit, à la Grande République de Velsna. Il me semble que c'est ce que nous devons discuter ici : la collectivisation de la sécurité du détroit.
La préparation tanskienne de ce sommet avait impliqué la fine fleur de la juridiction diplomatique tanskienne. Les administrateurs parmi les administrateurs, les plus sérieux mais aussi les plus ennuyant d'entre tous, telle était leur nature : les juristes. Tous les ministères tanskiens en ont une petite armada, une section entière, souvent crainte, obligatoirement écoutée, rarement comprise. Une administration dans l'administration, elle rédigeait régulièrement et ne se faisait que rarement retoquer bien que souvent corriger. Peu étaient ceux capable de les comprendre à l'oral, moins encore à l'écrit. Alors la décision avait été simple : il fallait envoyer un profil non juridique représenter Tanska. Le cas contraire aurait rendu toute traduction fortuite Oda Jorgensen, Haute-Administratrice aux questions maritimes du ministère de la Pêche et de la Mer était tout sauf une juriste. Son parcours était des plus classiques. Une administratrice parfaite : fille d'administrateurs depuis deux générations, elle ne s'était jamais posé la question de son avenir, elle était née pour. Son seul vrai choix fut celui du ministère. Moins prestigieux que celui de l'implémentation et de l'harmonisation, le ministère de la Pêche et de la Mer était un joyaux caché pour les administrateurs. Peu nombreux dans cette institution, chaque administrateur y dispose d'une autonomie plus importante que dans les autres. Selon certains, on pouvait même ici gouter à un mot ignoré des autre : la liberté. Celle de pouvoir prendre des décisions sans trop s'en référer, celle d'appliquer sa propre patte sans subir le poids colossal du titan administratif tanskien et de son inertie. La preuve en est ainsi : après 24 ans de carrière seulement, Oda pouvait diriger une délégation.

" Vos Excellences, chers ministres, chers représentants en vos grades et qualités,

Avant que nous rentrions davantage dans le détail des propositions concrètes que nous souhaiterions chacun vois implémenter au travers de ce Sommet je vais brièvement représenter les positions tanskiennes à ce sujet. A défaut d'une feuille de route initiale, je suppose que nous suivons ici tous la même trajectoire.

Tout d'abord, comme lors des précédentes interventions, je salue l'initiative diplomatique entreprise par la République de Novyavik et la respectable organisation. Sur le point de la navigation maritime, Tanska ne fera pas exception aux propos émis et nous soutenons aussi sa pleine et entière liberté dans le cadre de la traversée des mers et détroits de la région et que les Etats riverains s'engagent et soient soutenus sur cette voie là. Nous rejoignons aussi les propos de Monsieur Levchenko concernant l'anarchie. La liberté de navigation ne doit pas signifier la liberté absolu d'agir et de se comporter en mer pour garantir la sécurité de tous les navires et de leurs équipages ainsi que des pays riverains de la région.

Il convient aussi sans doute d'aborder une question sensible des droits maritimes propres aux Etats riverains qui doivent sans doute être pris en compte en particulier en ce qui concerne les ressources halieutiques pour éviter que la libre circulation ne se couple avec le pillage systématique des ressources maritimes.

Concernant la question de la piraterie, la position Tanskienne est évidemment favorable à une sécurisation ferme et complète envers tout acte de piraterie dans toute la région et nous serons là-dessus prêts à discuter avec l'ensemble des pays partenaires favorables à cette mesure. La sécurité du détroit est importante et la réussite future d'une législation internationale maritime dans la région reposera en bonne partie sur la capacités des signataires, nous, à la faire respecter, et cela commence avant tout et d'abord par l'application de la liberté de circuler, et donc sur la destruction de toute forme de piraterie dans la région."
Heorhij Adamovych Kutsenko : Frères et sœurs de ce monde déclinant et malade, souverains et émissaires, princes d’écume et président de fumée, ouvrez vos regards, lavez votre esprit et écoutez.

Les courants, à l'inverse des hommes et des Bêtes, ne mentent pas. Ils tracent dans l’onde agitée ou calme, claire ou sombre, le chemin voulu et commandé par les dieux, et nous ne sommes que leurs humbles et dévoués instruments, les porteurs d’un verbe ancien, intemporel et immuable qui s’éveille et renaît lorsque l’écume se brise sur la roche acérée avec fracas. Ce détroit que vous convoitez ou que vous souhaitez régenter, cette veine marine palpitante entre l’Océan du Nord et ses eaux froides et la Mer Blême et ses intrigues cryptiques, n’est pas un simple couloir de navigation, une simple voie marchande pouvant être usée à sa guise ; c’est une artère sacrée, battant au rythme des commandements de Vodan, Maître des Eaux, celui qui donne et qui reprend, celui qui murmure aux marées meurtries et désireuses de vengeance, et qui noie les arrogants dans l'abîme profond et insondable. Cette artère sacrée dont les flots sont le sangs du divin et qui fait vivre cette planète malgré sa dégénérescence, doit être honorée à sa justice et religieuse valeur.

Depuis la nuit des âges, depuis le commencement du monde connu, depuis que les dieux dans leur toute-puissance et dans leur grandeur nous ont accordé l'existence, avant même que les peuples ne façonnent leurs premiers empires de boue et de pierre, avant que les faux prophètes, les hérétiques et les suppôts de l'ombre ne prétendent asservir la mer à leurs lois d’hommes insignifiants et profanes, ce passage fut marqué d’un sceau divin et de l'empreinte généreuse des forces supérieures de cet univers. Les vagues y chantent et prédisent le destin des nations, et les vents qui s’y engouffrent portent en leur sein la parole sage des ancêtres, de ceux qui savaient que la mer n’est pas un bien à posséder, n'est pas une esclave à maltraiter ou une femme à diriger, mais un mystère à honorer. Cette femme qu'est la mer est sûrement l'une des plus fertiles. Elle est la plus fidèle lorsque nous l'honorons comme il se doit, mais est la plus rebelle lorsque l'on la trahit.

Nous, pieux et humbles élus des dieux, par l'intermédiaire de leur royaume sur Terre, le Saint Ordre de Vélès des Bolekovices, gardiens des dogmes immuables et vertueux, déclarons avec notre entière détermination et notre entière dévotion à la cause sainte ceci :

Ce détroit ne saurait jamais pouvoir être entravé par les chaînes des marchands et ogres des écus, ni souillé par les desseins martiaux des puissants d'opérette et de façade. Il demeure une voie sainte libre pour ceux qui ne portent ni glaive, ni canon, ni desseins de viol de la tranquillité des terres sacrées que sont ces eaux. Laisser le métal des flottes de guerre impies en souiller l’écume serait une abomination, un blasphème, un affront à l’équilibre qu’ont édicté les dieux. Vodan, dans sa colère, a englouti les cités des impies, et son courroux n’a pas de rivage ou de frontières. Sa vengeance sait être terrible et implacable. Quelconques taxes, quelconques contrôles, quelconques blocages seraient sacrilèges.

Les sceptiques riront à s'en déchirer la gorge, les incrédules hausseront les épaules de leur air benêt, détaché de la lumière absolue de la foi ; qu’ils écoutent alors les anciennes légendes des mers terribles et merveilleuses du nord. Car nous savons ce que d’autres ont oublié, nous avons appris ceux que d'autres ont raillés : sous ces flots dort la bête de l’abîme, l’engeance des âges antérieurs et où la justice divine s'abattait sans pitié, celle qui s’agite lorsque les hommes transgressent l’ordre sacré. Nos chroniques témoignent de la nuit des trombes, lorsque le sang des impies colora les vagues et que les corps, jamais repêchés, disparurent dans des remous sans fond pour nourrir l'appétit sans limites de justice de cette créature. Qui ose croire que l’oubli dissout le réel ? Qui ose penser que l’onde n’a pas de mémoire ? Ceux qui, dans leur hubris, tenteraient de militariser ce passage, de le soumettre aux dogmes du monde profane, aux disputes sans importance des hérétiques assommés par leurs fausses croyances, n’affronteraient pas seulement la colère de Vélèsie, mais celle des dieux eux-mêmes. Leur justice est plus discrète, mais cela s'appelle bien le calme avant la tempête. Le jour viendra où leur colère contenue par patience et bonté envers les hommes ne sera que plus terrible si ces actes perdurent.

Nous déclarons donc que ce détroit doit rester libre sans conditions et ouvert aux marchands, aux pèlerins et aux navigateurs, car la mer appartient à ceux qui respectent ses lois invisibles et qui l'honorent à la hauteur nécessaire. Mais il doit être hermétiquement fermé aux porteurs de guerre, aux ambitions impies et aux instruments de domination par l'usurpation des Écrits Divins. Aucun contrôle profane ne doit venir souiller sa surface ; la mer seule juge ceux qui la traversent, et traduit le regard des dieux en rugissement des vagues. Et quiconque ose corrompre ces eaux sacrées devra se rappeler que les profondeurs ne pardonnent pas, et qu'il n'est rien face à la puissance des eaux.

Que ceux qui entendent ce message se souviennent des voix des abysses et de la lumière noire des tempêtes. Nous ne négocierons pas avec le blasphème, et les Dieux ne discutent pas leur parole.

Que Vodan ouvre vos yeux avant que les flots ne les ferment pour l’éternité.

Chudovyy Administrator aux questions sacrées de Vodan : Heorhij Adamovych Kutsenko https://i.pinimg.com/736x/f6/d1/a8/f6d1a8fe729958c0795897c9587be866.jpg
A l’annonce de l’invitation au sommet de Rusalka du Grand Beylicat Aykhanides, le ministère des affaires étrangères ainsi que le ministère des finances prit la sérieuse peine d’étudier le cas et d’émettre la réaction que devra avoir le Grand Beylicat. Face à leurs idées les réactions au Sublime Palais tant que sur la scène politique et religieuse furent toutes différentes. Mais la réponse était assurée, il était déjà défini et sûr, au point où nul ne réussit à émettre des idées contradictoires face aux ministères ni au conseil beylical, ni à la réunion de l’assemblée concernant leur idée sur la position de l’Etat Aykhanide. Pour commencer, au conseil beyical du Sublime Palais en la présence du ministère des affaires étrangères, des hauts-beys et de leurs conseillers-adjoints, et sous la présidence de sa majesté le Grand Bey Orkhan Ier, un premier dilemme s’était posé, bloquant la décision quant à la participation du grand beylicat et à sa position dans ce cas-là. C’est simple, pour les hauts-beys il était indispensable qu’un des hauts-beys représente le Grand Beylicat au sommet afin de présenter des idées fermes concernant la légitimité sur plusieurs points du Grand Beylicat et de ses marchands sur le détroit. Pour le ministère des affaires étrangères et une majorité des conseillers, il était impossible de négliger la liberté et la légitimité des autres nations sur le détroit, affirmant qu’il fallait impérativement trouver un accord qui viserait à fructifier le commerce du détroit et en faire profiter toutes les nations, plutôt que de se déchainer sur les droits d’autres nations pour notre seule profit. Après une journée entière de discussions, la décision la plus logique fut prit par sa majesté, le Grand Beylicat va participer au sommet, et pour appuyer sa position sur certe une certaine liberté du détroit, mais qui ne nuirait pas et au contraire serait bénéfique au détroit, et ainsi à toutes les nations profitant de ce qui en résulte. A l’assemblée, les partis les plus idéalistes étaient totalement contre une position aussi faible du Grand Beylicat, fort heureusement, le MIP et l’IBF, bien que nationaliste, se rangea du côté du gouvernement déja soutenu par le Parti des dévouées, ainsi, la majorité absolue fut obtenue assez facilement, il faut dire qu’aucun des partis étant contre n’osait émettre d’arguments, soit par manque de solidité de ces dernières, soit par manque eux même de convictions quant à l’idée de ne pas participer au sommet à causes de telles raisons idéalistes. Pour les religieux, qu’on sollicite souvent bien qu’ils ne prennent aucune décision, ont seulement appuyer sur la défense du détroit face à la piraterie et à un contrôle minimum quant aux produits traversant les territoires maritimes des pays.

Le Grand Beylicat Aykhanide connaît donc sa position, et la partage d’ailleurs avec la plupart des nations présentes ici. Donc, les objectifs du Sublime Palais qui prennent en compte cette position, sont clairs et seront défendus. Aucune souveraineté territoriale ni maritime du Grand Beylicat et de son armée n’atteint le détroit en sa longitude, en revanche, ce qui découle du détroit et ce est attiré par elle l’affecte grandement. Alors, et en prenant compte de cela, le Sublime Palais va traîter tous les sujets de sorte à ce que premièrement nul ne nuise à la sécurité des flux arrivant et passant par le Grand Beylicat, et que surtout nul ne nuise à sa légitimité sur le contrôle de quiconque et quoi que ce soit sortant de ce détroit pour atteindre les eaux sous contrôle Aykhanide.

Pour défendre les décisions prise par le Sublime Palais, le ministère des Affaires Etrangère Aykhanide qui représente la Sublime Nation au sommet, prend la parole sur le début des délibérations.

Alper Kamar Agha, Ministre des Affaires étrangères :

“ Voisins et amis de la Sublime Nation et du Sublime Palais qui représente son gouvernement, je suis Alper Kamar Agha, ministre des affaires étrangères aykhanide et représentant de ma nation à ce sommet, je vous salue vous tous ainsi que les délégations d’agents diplomates et commerçants qui vous accompagnent. Veuillez noter que nous sommes reconnaissant envers la République de Novyavik quant à leur initiative pour inviter les nations entourant et avoisinant le détroit à se concerter de manière pacifique sur un accord qui, nous en sommes convaincus, sera bénéfique à tous. Ainsi nous remercions la République de Novyayik et toutes les nations étant venus ici avec paix et bonne foi.

La position du Grand Beylicat Aykhanide et de sa majesté le Grand Bey Orkhan Ier avec tout son gouvernement rejoint plusieurs idées déjà évoquées pour la plupart. En premier lieu, une chose est claire pour nous, le détroit est un élément qui nous affecte tous de plusieurs manières et aussi similaires que différentes soient-elles, elles sont légitimes. Que ce soient les raisons politiques de la république Translavique, économique de la république de Novyavik, ou encore quelque peu religieuse de la Vélèsie, nous espérons qu’elles seront toutes écoutées et prises en compte respectueusement. Pour nous, la question est de l’ordre certe des finalités économiques qui découlent du détroit vers nos mers et notre territoire, mais aussi avec de l’ordre de la sécurité des marchands et des peuples. Ainsi, et comme le défend pour le Drovolski monsieur Fremon Goberge, nous souhaitons un contrôle assidu du détroit concernant la conformité des marchandises et des navires passant dans nos mers. Voyez-vous, nous sommes à peine à la quatrième année de notre jeune régime constitutionnel, ainsi sont toutes les autorités de notre pays, même l’armée, qui est toujours en réorganisation. Il nous est impossible avec la situation actuel de contrôler tous les produits passant dans nos mers et même débarquant sur notre territoire. Cette année, le trafic d’alcool à augmenté de 20% par rapport à 2012, faute à une distribution de budget, qui représente sûrement une légère augmentation, mais surtout faute à la faible vigilance d’autres nations qui poussent à profiter du manque de monopole d’alcool dans notre pays pour revendre leurs produits de contrebande illégalement et cher. Évidemment, nous avons fait de notre mieux pour arrêter ce genre de trafic, mais nous n’arriverons jamais à y mettre un terme à moins que les autres nations assument la responsabilité de leurs mers. Si tous les pays se coordonnent, et qu’un traité existe pour contrôler le trajet et la validité de tous les navires marchands, alors ce genre de problème n’existera plus pour aucun d’entre nous. Certes, cela représente un pas de marché sur la liberté de passage qui nous l'accordons est important pour les flux commerciaux, mais il sera largement contrebalancé par la sécurité qui sera mis en place pour les marchands et les produits en règles, ce qui par rapport à d’autres passages important de notre monde jouera en la faveur du détroit et de nous tous par conséquent. En outre, si vous voulez préserver une liberté sur les mers et le détroit qu’elles forment, vous devrez vous acquitter de devoirs pour vous assurer du contrôle et de la sécurité de ce qui entre et sort. Bien sûr, il serait plus judicieux qu’une organisation commune se fasse pour que chaque pays contribue à le faire à un endroit stratégique, ce qui éviterait une désorganisation et coûterait moins cher pour tous. Peut-être près de la zone de Bonsecour? Il ne faudrait pas non plus gêner le passage mais ce peut être un bon endroit. Quant à l’internalisation de ce détroit, si elle permet l’installation d’une organisation des nations présentes, cela est possible, bien que le Sublime Palais pencherait plus sur une réglementation. Car pour nous le Drovolski et la Pravoslavnyy possèdent bien le détroit, et une internalisation pourrait être une atteinte à leur légitimité dessus. Si cela leur convient, évidemment, nous avons rien à y redire, seulement, nous souhaitons qu’ici le droit de personne ne soit outrepassé.
Johannes van Jokendorf écoutait sagement les intervenants, depuis le bout de la table où il était placé. Envoyé par l'ALCO, c'était un homme âgé qui avait autrefois été dirigeant d'entreprises dans l'import-export, avec notamment un beau passage de vingt-quatre ans par la Société de commerce d'outre-mer de Zélandia, et occupait sa retraite en faisant du lobbying pour les compagnies de transport maritime. Think tank, groupe d'influence, ONG business... l'Association pour la libre-circulation sur les océans était l'un des plus vieux "lobbys" du monde, du nom de ces organisations à but-non lucratif dont les représentants patientent dans les vestibules et antichambres ("lobbies") des lieux de pouvoir pour défendre les intérêts privés des secteurs qui, autrefois, ont fait leur fortune.

La teneur des débats semblait lui plaire, depuis son petit coin. Tous les intervenants, jusqu'à présent, avaient esquissé les contours d'un espace de libre-circulation, à défaut d'être un espace de libre-échange, ce qui en ces temps de westphalisation des mers était déjà bien. Mieux, les débats semblaient prendre le cap d'un projet anti-piraterie, et l'éventualité d'une organisation de gestion du détroit (à laquelle l'ALCO ne se serait toutefois pas opposée) ne semblait pas être un point névralgique de la discussion. Ce n'est bien sûr pas à dire que tout ce qui était proposé aurait tenu dans le programme de l'ALCO, bien sûr, mais le rôle d'un lobby n'est pas d'obtenir gain de cause sur tout.

Puis vint l'intervention d'Alper Kamar Agha. Van Jokendorf fut réveillé d'un coup. Il prit quelques notes, marri et en même temps satisfait d'être mis à profit dans cette réunion.


« Mesdames, messieurs, je vais me permettre de prendre rapidement la parole à ce stade des discussions, pour accomplir mon rôle, c'est-à-dire de rappeler à vos oreilles de dirigeants politiques — qui avez à cœur la prospérité économique de vos peuples, j'en suis sûr — les intérêts des professionnels du secteur maritime, les premiers concernés par les décisions que vous allez prendre. Beaucoup de choses sensées et intéressantes ont été dites. Mais j'ai entendu monsieur Agha parler à l'instant, et je me dois de relever plusieurs points. Monsieur, je vous le dit avec beaucoup de respect, je crois que vous vous méprenez lourdement sur le sens des paroles de monsieur Goberge qui a parlé tout à l'heure et que vous avez cité. À aucun moment monsieur Goberge n'a évoqué la possibilité d'établir des contrôles. Il a au contraire affirmé que le détroit était déjà l'un des plus sûr du monde, et que son pays luttait activement contre la piraterie qui, à cet endroit, n'est pas un problème majeur. Il s'agit donc d'une proposition inédite, qui ne récolte qu'une voix pour au moment ou je vous parle : vous proposez vous-même, monsieur, d'établir des contrôles dans le détroit. Eh bien, les professionnels du secteur maritime y sont fermement opposés.

Le projet que vous évoquez — je dois vous l'avouer, et je le fais avec beaucoup de respect, encore une fois — me fait froid dans le dos. J'ai entendu en substance que les autorités riveraines du détroit devaient être en mesure d'identifier tous les bâtiments à leur entrée dans ces eaux, alors même que ces dernières n'appartiennent à personne. Il est d'abord illusoire de croire qu'un tel objectif est réalisable : mettre un flic derrière chaque vraquier, vos caisses sont assez pleines pour ce genre de dépense ? Ensuite, mettre en œuvre une telle politique nuirait grandement aux transporteurs et marins, générant des procédures insupportables qui limiteraient la fréquentation du détroit et porterait un coup au commerce des riverains, sans parler des retombées désastreuses pour l'économie.

L'idée de contrôler le détroit à été évoquée en réponse à des trafics par voie maritime. Cette rhétorique a été très — trop — entendue ces derniers temps dans la sphère diplomatique. C'est le prétexte qu'a avancé l'État de Guadaires pour déployer sa flotte dans le détroit de Cerbesse, et c'est le même argumentaire qu'a déployé fallacieusement la République poëtoscovienne pour faire main basse sur certaines eaux océaniques au large de son littoral. Mais elle comporte hélas un biais majeur, et je crois donc nécessaire de le dire ici une bonne fois pour toute : contrôler les navires en mer ne changerait rien. Déjà, le contrôle qui s'effectue au port est du ressort des États et permet déjà de prévenir le débarquement de marchandise illicite par voie conventionnelle. Ensuite, pour ce qui est des autres voies, les voies illégales par essence, elles échapperaient au contrôle. Contrôler les honnêtes marchands ne changera rien, si ce n'est perturber le commerce dans le détroit. Mais pour finir, je crois surtout que cette mesure relève de la pure fiction. Quel droit s'applique dans le détroit ? Auncun. En quel honneur une marchandise de cannabis propre à la consommation, dont la production est courante et légale au Jashuria, à destination de la Gallouèse, où sa vente est autorisée, serait-elle arraisonnée dans le détroit ? C'est impossible à concevoir. Ne jouez pas les apprentis sorciers messieurs. Car je sais et vois que tous ici avez à cœur la liberté de la mer, vous le premier monsieur le ministre Agha. J'entends vos préoccupations sécuritaires, mais les questions relatives au détroit n'y sont malheureusement pas immédiatement liées. Alors oublions là cette idée saugrenue et passons à autre chose.»
Viktor Vladmirovitch Mirov, le Président de la Seconde République de Novyavik, écoutait l'ensemble des interventions d'une oreille grande ouverte. Il vit dans le regard que lui adressait Emir Levchenko une provocation. Il se dit intérieurement : "La République Translavique nous a provoquée par deux fois, nous ne pouvons laisser passer cela." Il pensa qu'il fallait l’humilier devant les nations présentes. Le Président considérant son erreur certaine par les missives, avait décidé de ne pas réagir à la conférence de presse provocatrice de la République Translavique. Mais cette fois là, il ne souhaitait plus faire paraitre la diplomatie novaise comme une diplomatie enchainant les erreurs et subissant les critiques étrangères. Il fallait contre attaquer.

Président de la seconde République de Novyavik, Viktor Vladimirovitch Mirov

Il parle en fixant Emir Levchenko

Viktor Vladimirovitch Mirov : Je fait cette intervention pour ajouter l'opinion de la Seconde République de Novyavik au débat. Il semble que certains états ici présents, tentent de provoquer la République de Novyavik par leurs subtils paroles. Je m'adresse donc à la République Translavique pour ses provocations à notre égard. Nous avons évoqué une réalité stratégique qui semble vous avoir touchés plus que de raison. Si votre souveraineté était inébranlable, vous n’auriez pas besoin de la revendiquer avec tant de véhémence. Il ne suffit pas de proclamer son indépendance dans des conférences, encore faut-il en avoir les moyens.
Il relâcha le regard d'Emir Levchenko, présent pile à l'opposé de l'endroit où était installé le Président de la République. Il s'adressa alors à l'ensemble des états présents pour la conférence. Le Président marqua une brève pause pour que sa déclaration fasse réfléchir l'assemblée, mais aussi pour réfléchir à la suite de sa déclaration.
Viktor Vladimirovitch Mirov : Je suis en accord avec les propos du Grand Beylicat Aykhanides sur la nécessité de lutter contre la piraterie, cependant, la Seconde République de Novyavik ne pense pas la proposition de cet état comme pertinente dans le sens où l'ALCO l'a énoncé. Je pense dangereux d'établir de tels contrôles surtout pour un état qui souhaiterais devenir une puissance commerciale comme Novyavik.
Ce que nous proposons, ce n'est pas un contrôle physique des navires qui pourrait les ralentir et désavantager le commerce. Mais par exemple une surveillance par drone des navires pour repérer les comportements et navires suspects. . De plus, il est vrai, comme l’énonce l'Alco, que certains produits sont vendus dans un pays mais pas dans un autre. Chez nous par exemple, l'Alcool est légal, ce qui n'est apparemment pas le cas en Aykhanides.
Ce qui est des difficultés de traverser le détroit, bien que faibles, je crains qu'elles risqueraient de se détériorer. En effet, nous avons appris la présence d'un mouvement terroriste en Morakhan dans la région de Yurtia. Novyavik se prononce favorable en une opération pas obligatoirement militaire, pour éteindre le feu qui s'y propage. Ensuite, j'aimerais raviver les débats sur le plan d'une organisation régionale pour la gestion du détroit, qui est l'objectif d'origine de la conférence. Notre opinion risque d'être contestée, mais nous pensons pertinent d'établir une force militaire commune pour empêcher toute perturbation au libre commerce dans la région, dans le but de protéger même les petites flottes à ce protéger des agressions. Cette flotte sous mandat internationale pourrait aussi patrouiller sur les entrées des détroits, n'effectuant pas de contrôles physiques des navires mais repérant les bateaux sans pavillons et ceux à trajectoire irrégulières. Sans oublier que la force navale permettrai d'interdire les navires de guerres d'états en particullier pour une flotte internationale qui lutterait contre la piraterie et non contre les intérêts des riverains. Il serait possible également, pour pallier aux agressions contre les petites flottes d'interdire la militarisation du détroit sauf sur une petite bande d'une vingtaine de kilomètres pour les pays riverains en temps de paix. L'organisation permettrai donc par sa flotte internationale de développer une coopération contre les flottes belliqueuses et les trafics.
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C'est sur cette déclaration lourde de propos dures à accepter pour toutes les parties que le Président s’arrêta, il savait parfaitement la dureté de ses propos pour la République Translavique, mais aussi la difficulté d'établir de tels accords. Mais à vrai dire, il préférais que l'on avance vite au lieu de tergiverser et que la rencontre ne donne rien.
Alper Kamar, fils du Haut-Bey de Kamar, portant le titre princier dynastique d’Agha, écoute attentivement les reproches de Johannes van Jokendorf, et reste debout pour attendre et répondre rapidement avant que la discussion ne découle sur autre chose. Il est vrai que le ministre à quelque peu utilisé des termes qui l'arrangeaient, mais ce n’est rien car Alper Kamar est content des remarques de monsieur Van Jokendorf. Une chose est sûr, le Grand Beylicat en pleine libéralisation politique et économique penche vers un détroit à libre passage. Mais voilà, cela ne doit pas signifier un détroit entièrement libre pour tous le monde et toute chose. Mais cela n’est pas à comprendre à un sens trop exagérée, un contrôle minimal et une organisation des nations suffirait à établir un contrôle permettant sécurité et harmonie et ce pour un faible coût. Enfin, le l’Agha Alper Kamar écoute attentivement monsieur Viktor Vladimirovitch Mirov qu’il fait bien écouter avant de parler puis ce qu’il appuie sur de choses bien intéressantes.. dont l’actualité de la Yurtia. Il est clair qu’il faut là mettre les points sur les ı (petite blague en réf à l’alphabet turc je n’ai pu m’empêcher de le mettre ainsi).

“ J’aimerais bien répondre avant que nous passions à ce.. problème, à monsieur van Jokendorf et ce que vous avez dit monsieur Viktor Vladimirovitch Mirov à propos de sa réflexion. Sachez que je suis extrêmement content de vos remarques et je vous rassure que le Sublime Palais pense également aux commerçants et même presque autant que sa propre trésorerie. Concernant les paroles que j’ai cité de monsieur Goberge, il n’y à aucun mépris de ma part, j’assume en revanche que j’ai bien utilisé à l’avantage de mes propos que la partie concernant le contrôle des marchands passant illégalement qu’a évoqué monsieur Goberge pour sauter sur la nécessité pour le Grand Beylicat de contrôler également la provenance et la destination des marchandises. Enfin, vous devez comprendre qu’en tant que nations nous pensons au bien de notre peuple. Et nous ne voulons nullement installer un contrôle où chaque navire serait arrêté pour être contrôlé à la manière d’une marine qui contrôlerait le commerce.. non ce n’est pas ce que j’ai évoqué. J’ai souligné l’importance qu’une organisation prenne en charge un contrôle minimum de ce qui se passe dans le détroit. Des caméras pourraient être une solution, ou même simplement une vérification par quelques points de postes et patrouilleurs de la destination des navires en fonction de leurs marchandises, faire divulguer des annonces, donner aux navires des cahiers d’instructions, leur permettant d’être avertis des mers à ne point emprunter après leur passage du détroit selon la légalité de leurs marchandises et de leur commerce. Vous voyez, ce genre de solutions simples permettraient déjà bien assez d’empêcher les problèmes dont j’ai parlé. L’organisation que vous expliquez si bien monsieur Viktor Vladimirovitch Mirov est à peu près ce à quoi nous pensions. Rien que vérifier les navires suspects et à trajectoire irrégulière serait suffisant. Et, de toute manière, pour nous ce minimum d’intervention est, et je le souligne bien, nécessaire au bon fonctionnement du projet.

Pour la Yurtia, nous voulons éviter d’appeler un mouvement aussi jeune qui n’a encore aucun crime international à son actif de mouvement terroriste. C’est un sujet qui devient de plus en plus sensible pour le Beylicat Aykhanide et je souhaiterais que nous fassions attentions à nos qualifications durant ce sommet pour ne pas augmenter les tensions ni en Morakhan ni chez nous. Quant à une opération, je ne crois pas que ce soit pour l’heure nécessaire, ce serait se mêler d’affaires qui nous regardent pas, bien qu’il faudrait attendre ce qu’en penses le représentant du Morakhan ici présent, qui je suis sûr ne souhaite pas non plus augmenter les tensions dans cette région. Une surveillance de notre part en revanche est sûrement convenable afin d’agir au plus vite si la situation dégénère de manière à gêner le commerce du détroit. Mais, je pense qu’il ne faut pas inutilement risquer d’épicer ce sommet avec une situation qui n’est pas encore un danger, ni même une menace si on doit demander mon avis.”

C’est très mal venue de parler de cela avant même d’avoir eu le point de vue du Morakhan, mais il est inutile pour Alper Kamar Agha de faire mêler aux affaires de cette nation autant d'autres nations qui pour la plupart ne sont même pas concernées par la situation.
Van Jokendorf était resté penché sur son papier le temps que le ministre aykhanide réponde et tente de relancer son idée, pourtant rejetée par le président de la séance. Toujours avec un sourire aimable et crispé aux lèvres, il reprit la parole.

« De quel problème parlez-vous, monsieur Agha ? Vous avez soutenu que les contrôles sur le détroit résoudraient des "problèmes", mais de quel problème est-il question ici ? Les trafics ? Si oui, je me répète, mais les contrôles maritimes ne changeraient rien. Il n'y a pas de droit qui s'applique sur le détroit, on ne peux donc en toute logique rien considérer comme un trafic. La marine aykhanide ne peux pas faire arraisonner tous les navires transportant de l'alcool sur le détroit, puisque l'alcool est légal ailleurs. Cette logique s'étend à tout : sur la mer, de fait, rien n'est interdit. Le problème de la contrebande n'offre pas de solution miracle : il faut malheureusement que chaque État l'affronte seul sur son territoire. Ou bien en se coordonnant, bien sûr, ce n'est pas mon affaire. Mais vous ne pourrez pas mener de contrôles sur le détroit, à moins de vous l'approprier, ce qui serait une catastrophe pour la liberté de circulation et vos économies.

Je tiens à vous avertir une dernière fois, chers dirigeant : ne tentez pas le diable en créant des procédures inutiles sur le détroit. Cela vous coûterait déjà assez cher de faire surveiller vos côtes pour que vous n'ayez en plus à dépenser inutilement des moyens dans une surveillance du détroit qui ne donnerait aucun résultats. Une surveillance aérienne ne pose aucun problème, mais toute tentative d'imposer un carnet de conduite, un pointage ou des trajectoires précises ferait s'effondrer la confiance du secteur, et partant, affaiblirait la voie de navigation. Retenons les propos de monsieur le président Mirov et laissons vraiment tomber l'idée des contrôles, dans toute sa largeur, pour revenir à l'essentiel. »

Il se tourna ensuite vers le monsieur Mirov et lui glissa à voix basse, mais sans se cacher pour autant et de sorte que certains pouvaient entendre : « Monsieur le président, vous permettrez que je présente un avis sur la conclusion des débats, tout à l'heure, avant que vos invités ne se prononcent sur la signature d'une éventuelle déclaration ? »
La réunion avait débutée depuis un long moment déjà, mais étrangement, bien qu'étant l'une des principales puissances maritimes de la région, la délégation velsnienne, dirigée par l'Amirraglio-sénatrice Francesca Di Saltis, n'avait daignée participer aux débats. Les quelques velsniens présents dans la pièce se tenaient en retrait au long de ces interventions, certaines pertinentes, d'autres...beaucoup moins. Drovolski, Teyla, Tanska, la...la Vélésie ? Depuis le début, cela ressemblait là à un attroupement relativement "carnavalesque", pour reprendre les mots qu'avaient utilisés la Maîtresse du Grand Commerce Cavali aux hôtes de cette journée. Di Saltis, cette quarantenaire qui dirigeait la flotte velsnienne en garnison à Drovolski avait tous les intérêts du monde à y participer. Et pourtant...elle affichait un détachement certain, comme si ces discussions n'étaient pas vouées à aboutir à grand chose de concret. Elle attendit donc en silence, que la majorité des intervenants aient affiché leurs vues, avant de se lever de sa chaise, et de commencer un début de démonstration de rhétorique velsnienne. La commandante n'était pourtant pas habituée à ce genre d'exercice, mais il le fallait bien...

- Mes excellences, étrangers et voisins. J'ai entendu des propositions dans cette pièce, j'ai entendu des préoccupations quant à la sécurité des navires traversant cette artère que constitue ce détroit, et qui est un point de passage que vous tous, participants, considérez comme indispensables dans le cadre de vos activités économiques respectives. De telles questions sont légitimes, mais cependant, il s'agit de les replacer dans le contexte actuel. Pour tout vous dire, j'ai quelque du mal à cerner la pertinence de cette rencontre. A l'accoutumée, nous aurions tendance à organiser de grandes réunions dans l'éventualité du besoin, dans les cas où le dit rassemblement est justifié par une situation extraordinaire, et dangereuse.

J'ai entendu les craintes concernant la piraterie, certes. Mais pourtant, lequel d'entre nous a été attaqué dans le détroit par des pirates récemment ? J'ai entendu des craintes concernant l'entrave au commerce, mais est-ce que l'un d'entre vous a été victime d'un blocus ces derniers temps ? Depuis quand la piraterie est un problème dans le détroit ? Mis à part les épisodes lointains où le Wazackstan était aux prises avec des flibustiers aussi curieux que fantomatiques ? Depuis quand la liberté de circulation dans le détroit pose problème ? Ici présent dans cette pièce, vous trouverez respectivement les délégations conjointes de Velsna, de Teyla et de Tanska, qui constituent les flottes les plus notables de la région. Lequel de nos trois pays a émis la moindre contestation de la liberté de circulation maritime ? Aussi, je me permets de m'adresser en toute courtoisie à notre hôte: pourquoi sommes nous ici ? Pourquoi cette conférence existe ? N'y voyez pas là une mauvaise remarque, ou un pique, mais une véritable question qui vous est posée. J'ai entendu que l'on se soucie de la situation se déroulant au Morakhan actuellement. A cela, j'ai envie de répondre qu'il s'agit d'un conflit périphérique dans un pays totalement dépourvu de la moindre force navale, qui n'a aucune sorte d'incidence sur le trafic du détroit. De mon point de vue, il n'y a rien qui justifie l'existence d'une "flotte internationale" dans le détroit pour le moment. Pour ces raisons, nous sommes catégoriquement opposés à la création d'une force de défense collective, qui serait onéreuse à l'entretien, complexe au commandement et inutile sur le plan stratégique.

En revanche, je pense que nous pouvons faire quelque chose de cette rencontre, quelque chose de plus utile. Nous pourrions, par exemple, au lieu de créer un attroupement aléatoire de navires d'une flotte internationale qui se diviserait probablement au premier conflit d’intérêt, mettre en place une véritable politique d'échange de données entre les flottes qui y sont déjà présentes ainsi qu'entre les pays riverains, ou établir des fichiers de recoupement concernant des navires soupçonnés de servir pour le trafic. Plutôt que de garnir le détroit de points de contrôles totalement inutiles, renforcer la communication dans les divers ports qui existent déjà dans le détroit. Le détroit est déjà l'un des endroits les plus sûrs du monde. Tanskiens et teylais disposent déjà de bases en République Translave, à peine au sud d'ici, ainsi qu'aux abords de l'isthme de l'ancienne Théodosine. Velsna a déjà contracté un accord avec Drovolski concernant le trafic de ses ports, et nouer des accords bilatéraux avec ces derniers, pour leurs ports uniquement je précise. Aussi, plutôt que de créer une autre administration lourde qui viendrait entrer en contradiction avec des traités déjà existants, essayons déjà de perfectionner ce qui existe, en améliorant la communications entre ces différentes flottes, grâce aux pistes que je viens de fournir, tout en conservant un commandement strictement séparé.

Pour finir, je ne pourrais pas reprendre ma place sans évoquer la liberté du commerce: sachez dans tous les cas que le choix de ma délégation d'intégrer ou nos vos accords se fondera en premier lieu sur ce que vous compterez faire de ce volet. Nous serons opposés catégoriquement à la moindre instauration d'un droit de douane ou de toute autre procédure administrative qui viendrait compliquer la circulation des marchandises dans une région dont nous estimons qu'elle n'a pas besoin de police des mers à l'heure actuelle, ni de taxe supplémentaire. Sur d'autres sujets, j'aurais d'autres propositions, que je garde pour plus tard.
Alors que le minsitre s’apprête à s'asseoir, voilà que monsieur Von Jokendorf s’obstine à grossir les propos évoqués sur l’idée d’un minimum d’organisation sur le contrôle du détroit. Il s’y obstine, au point de renier tous les problèmes évoqués des autres nations avec des arguments à l’image de son égoïsme, défendant évidemment, vu que c’est son devoir, l’intérêt de son commerce. Alper Kamar Agha qui juste là n’exprimait peu d’émotion autre que son désarroi de quelques secondes en entendant des idées qui ne lui plaisait pas, décide de répondre au sourire de monsieur Van Jokendorf avec le sien.


“ Monsieur, je vais vous répondre très calmement, en vous demandant de fournir l’effort nécessaire quant à la considération de mes paroles. Je sais que votre obstination à revenir sur mes idées est dû à vos craintes quant à la perte d’efficacité et de rentabilité en empruntant le commerce, et en votre bonté vous pensez même aux bourses des nations ici présente en les avertissant du coût de leurs idées. Nous y pensons aussi, monsieur. Avec nos idées nous prenons en compte, en même temps les problèmes que nous avons et la nécessité de garder pour un maximum de rendement le libre passage du détroit. C’est la raison pour laquelle nous ne craignons rien à ce sujet, nous savons que la balance doit pencher en majorité vers la faveur du libre passage, mais qu’il est nécessaire à l'équilibre des choses, que la part de l’intervention soit minimale et non inexistante.

Croyez-le quand je vous le dis, le Grand Beylicat fournit de grands efforts quant à entendre le point de vue que vous défendez et le commerce que vous représentez. Il suffit, monsieur Van Jokendorf, que vous entendiez vous aussi les points de vue des autres nations présentes ici, pour que nous puissions arrivée à un accord commun. Des problèmes qui le sont pour ces nations, sont sûrement dans le cadet de vos soucis, cela ne change rien au fait que ce sont des problèmes pour eux et qu’ils vont chercher ici à les résoudre. Nous, nous allons chercher à les résoudre. Et les solutions que nous vous proposons ne sont nullement aussi exagérées que vous le dites, j’ai moi même évoqué qu’aucune marine militaire ne devait intervenir dans le détroit. Je comprends par vos actions que vous voulez seulement entendre que ce qui vous chante. Et cette attitude doit cesser maintenant pour la bonne continuité de ce sommet, vous ne pouvez en aucun cas ignorer et dénoncer la moindre opposition à vos idées. Nous faisons l’effort de proposer une solution qui soit attentive à vos demandes. Et pour la dernière fois, nous sommes aussi pour que le détroit soit libre. Nous l’avons dit et le répétons, de simples communications aux navires les avertissant des règlements, une simple autorisation de fouille des navires suspects seulement, ajoutée à une surveillance par caméra ou postes d’observation au point le plus étroit du détroit suffit pour nous comme intervention. Et vous ne pouvez pas me dire que ces simples mesures gêneraient le grand flux du détroit. Au contraire, laissez moi vous expliquer ; Une présence rien que de caméras de surveillances et de postes terrestre permettant la communication et l’échange d’information avec les navires, serait d’une part raisonnablement coûteux et nécessitant peu de présence humaine et physique en mer, et en plus serait un moyen approprié de surveiller et gérer les menaces et problèmes occasionnelles du détroit. Une communication permettrait même au contraire de fluidifier et de mieux coordonner le commerce, tout en permettant aux nations dans leur souveraineté plus ou moins importante d’être en confiance quant à la sécurité et au bon fonctionnement du détroit. C’est des moyens simples qui seraient en plus efficaces face à nos soucis quant aux produits illégaux atterrissant chez nous grâce à un manque totale de vigilance du détroit et des mers qui l'entourent. Puis l’alcool n’est qu’un exemple, je suis sûr que chez beaucoup ici les substances dangereuses illicites posent aussi de plus en plus de problèmes depuis ces derniers temps. Nous ne savons si une demande se concentre près d’ici, mais la preuve est nos chiffres que de plus en plus de drogue passe par le détroit. Si vous ne voulez pas encore comprendre notre intervention, cela vous regarde, je pense qu’ici tout le monde comprendra de quoi vos convictions et motivations seront faites en agissant ainsi. Et nous savons que même ce minimum de contrôle sera coûteux, mais elle le sera pas si toutes les nations s’accordent à y contribuer pour leur propre intérêt et celui du commerce, mais sur ce point, vous n’êtes nullement concerné.

Si vous n’avez d’autre chose à ajouter, il faudrait encore écouter les autres représentants.”

Le ministre remet son col en place, ayant fourni de l’effort à s’expliquer pour le bien de ce sommet, puis se rassoit, et se retourne pendant un instant afin de se concerter avec sa délégation.
SMCC
AC

Fremon Gobarge commençait à s’échauffer et à prendre peur, submergé par un mélange d’émotions complexes. En effet, pour lui, l’objectif premier de cette rencontre était qu’elle n’aboutisse à rien de sérieux. C’était tout l’intérêt du Drovolski : il ne fallait en aucun cas qu’un contrôle, même superficiel, puisse d’une façon ou d’une autre révéler les secrets de la mystérieuse marchandise du BonSecours. Même pour Velsna, cela devait demeurer un secret de Polichinelle. Fremon glissa un papier à la délégation velsnienne :

Vous ne l'avez pas vus mais ça donne du contexte a écrit :Votre soutien est d’une aide sans pareil. Soutenez, comme vous l’avez toujours fait, l’absence de contrôle et la coopération de vos services de renseignement. Aidez-nous à masquer nos transits les plus confidentiels. Il en va de la survie du Drovolski et de son commerce : personne ne peut s’arroger le droit de contrôler nos marchandises dans nos mers, hormis vous ! Nous implorons votre soutien. S’il doit y avoir coopération en matière de renseignement, nous pourrions l’accepter, à condition de l’empoisonner de fausses informations. Comme le souligne Johannes van Jokendorf, bien des choses sont légales au Drovolski qui ne le sont évidemment pas ailleurs.
Pour le Drovolski, il était inconcevable de céder le contrôle maritime entre deux points de son territoire sous prétexte d’assurer des contrôles pour le compte d’autres nations. Il savait qu’il ne pouvait pas accepter une telle concession sans risquer d’être conduit à la ruine par le BonSecours. De plus, Est Eurysia - Aegir Commodities, qui assurait le transit, n’accepterait aucun autre contrôleur que ceux de Velsna.

Nations du monde, je vous ai écoutées, et des points très fâcheux ont été évoqués. Certains ont repris mes propos, d’autres les ont critiqués. Je vais parler au nom du Drovolski, de la SMCC et d’Est Eurysia - Aegir Commodities. En tant que puissance commerciale et tributaire, nous estimons jouer un rôle central dans l’avancement de tout accord, du fait de notre position géographique. Nous considérons qu’un contrôle du transit maritime en dehors des ports constitue une atteinte flagrante à la souveraineté des États ici présents. Vous vous indignez contre la drogue ? Le BonSecours est un producteur reconnu de médicaments opioïdes. Comment jugeriez-vous la légitimité de notre transit ? Oseriez-vous attaquer une compagnie pharmaceutique simplement parce que, selon votre législation, ses produits relèvent de la drogue ? Vous n’avez aucune légitimité à promouvoir l’extraterritorialité de votre droit. Nos médicaments doivent rejoindre Mesolvarde depuis BonSecours sans contrainte ni contrôle en dehors de nos ports. Il en va de l’unité et de la souveraineté du Drovolski. Toute ingérence à ce niveau serait considérée comme une hostilité portant atteinte au bon fonctionnement de nos hôpitaux et, par extension, à la santé publique. Comme le souligne Johannes van Jokendorf, il appartient aux nations de contrôler leurs propres marchandises et leurs propres eaux. Il n’existe aucune légitimité à imposer un droit commun au détroit, et nous nous y opposons fermement. Nous encourageons les nations à instaurer leurs propres contrôles sur leur territoire, selon leurs propres critères. Nous remercions les Velsniens pour leur présence ici et pour avoir rappelé ce principe fondamental. Nous partageons leur avis : nous ne voyons aucun intérêt réel à cette rencontre, car nous ne sommes concernés par aucune problématique liée à la gestion du détroit. La libre circulation est essentielle, et nous nous engageons à la maintenir sans contrôle dans nos eaux. Le contrôle doit se faire dans les ports : cela devrait être une évidence pour tous ici. Johannes van Jokendorf vous êtes d'une importance évidente ici.

Aegir Commodities et la SMCC n’avaient aucun intérêt à subir des contrôles sous une législation étrangère. Le Drovolski, extrêmement permissif, autorisait par l’intermédiaire des Velsniens certaines pratiques qui, en réalité, n’étaient pas forcément légales à Mesolvarde même.
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