31/03/2016
01:59:51
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[Estalie-Morakhan] Le train de l'Est

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Aéroport international de Mistohir.


Pour une fois dans la journée, la météo estalienne avait décidé d'être clémente. Les Mors avaient de la chance pour leur entrevue car en cette journée de Novembre, il semblait que la journée avait décidée d'être ensoleillée avec peu de nuages. C'est assez rare pour le remarquer en Estalie : généralement, en moyenne, les mois de novembre en Estalie ne comptent que quatre à cinq jours d'ensoleillement dans la plupart des cas. Il semblait qu'une de ces journées avait décidée de placer la météo sous des auspices clémentes, ce qui permettait notamment à la tour de contrôle de l'aéroport de Mistohir de diminuer sa charge de travail quotidienne, il était relativement plus difficile de guider les avions à travers les turbulences et de donner les indications d'atterrissage aux aéronefs sous une pluie battante, bien qu'aucun accident de vol n'a été recensé à cause des conditions météorologiques en Estalie depuis 2001.

Le convoi de la Commission aux Relations Extérieures arriva sur les lieux et se gara à côté de la piste d'atterrissage réservé à l'avion du gouvernement mor qui devait arriver d'ici quelques dizaines de minutes. A bord du convoi, on retrouvait celle qui était désormais connue comme la chef officielle de la diplomatie estalienne, pour qui le visage et la diplomatie était familière pour tous ceux qui s'étaient confrontés à la diplomatie estalienne de près ou de loin. Et bien qu'elle ait débutée en tant que novice, l'actuelle Commissaire aux Relations Extérieures avait désormais gagné du galon et de l'expérience en tant que diplomate, elle savait donc à quoi s'attendre et aussi avec quels éléments il fallait composer intelligemment avec chacun des pays dont elle avait la charge d'entretenir la correspondance entre eux et la Fédération. Parmi ces pays, la Double Fédération du Morakhan. Aux yeux de la diplomatie estalienne, à l'image de l'opinion publique à certains égards, la vision estalienne du Morakhan tenait rien de moins qu'à une variante plus faible et multiethnique de la Polkeme située plus au sud. En dehors de certains îlots touchés par la grâce de la modernité, y compris par le mode de gouvernance moderne, l'Eurysie de l'est était souvent un paysage de nations arriérées, avec un système gouvernemental dépassé ou obsolète, à l'image de ces pays afaréens multiethniques et instables. En somme, si certaines nations eurysiennes avaient une vision condescendante des nations afaréennes, l'Estalie avait le même pressenti de condescendance envers ses voisins orientaux. Le régime politique de ces nations n'aidait pas vraiment à dissiper cette vision des choses : les Mors avaient divisés leur structure politique et sociale entre trois grandes classes (classe populaire, bourgeoisie, noblesse) et dans les faits, la gouvernance mor s'apparentait beaucoup à une forme de néo-féodalisme à peine dissimulé.

Mais qu'importe tout cela. Pour une fois, il n'était pas question de politique, du moins pas dans son sens premier. La rencontre était avant tout une rencontre d'affaires, aux intérêts strictement économiques entre les deux nations. Bien que les Estaliens aient leurs réserves sur le système politique mor (et à l'inverse, les Mors doivent certainement peu apprécier le mode de gouvernance estalien), les deux camps devaient laisser leurs différends idéologiques de côté afin de décider de l'avenir du chemin de fer entre Fransoviac et Anslav. Ce chemin de fer, justement : Iaroslav Gafokunov le vice-président de la SCP-DCT (la branche translave de la SCP, la société de construction publique estalienne en charge de la construction du chemin de fer et de son exploitation) s'était déplacé auprès de la Commissaire afin de faire valoir la parole de l'entreprise au sein des négociations. Pour la constitution d'un tel duo, le Congrès n'avait pas trouvé grand-chose à redire, estimant qu'en tant que cadre d'une entreprise publique détenue par l'Etat, le vice-président avait l'obligation formelle de se tenir au service de la Commissaire en présentant les aspects purement économiques de la situation et la position de la SCP-DCT sur la question des négociations entre les deux pays.
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La délégation mor était arrivé à l'aéroport quelques dizaines de minutes après le convoi estalien. La délégation était présidée par le Premier vice-ministre des affaires étrangères, son Excellence Monseigneur MEVDVEDEV Val Dimitri Mikhaïlovitch (ou Dimitri Mikhaïlovitch Val MEVDVEDEV). La ministre des affaires étrangères, son Excellence Maseigneure ALKHALMATCHOV Alexandra Yakovlevna Val Vuy (ou Alexandra Yakovlevna Val Vuy ALKHALMATCHOV), n'avait pas pu être présente, car était à Rusalka pour le sommet du même nom. Le vice-ministre avait apporté quelque présent pour le convoi estalien en guise de bonne foi : quelques desserts au chocolat et au miel venue des fin fond de la Morakhan, saupoudrés d'or ; un chameau des steppes yurts, très beau et docile et un cheval mor, très réputé pour sa vitesse et son endurance, notamment monté durant le moyen-âge par tous les cavaliers et peuples des steppes ; une tapisserie faite main avec des tissu translaves jaune et mor marron, rouge, bleu, ou vert, ornée d'or ; ainsi qu'un vase de marbre noir et d'or très ancien, d'une valeur inestimable. La délégation descendit de l'avion avec les présents, et croisa le convoi estalien. Alors, Monseigneur MEVDVEDEV dit :

« — Bonjour chers homologues, je me présente : je suis Monseigneur Son Excellence MEVDVEDEV Val Dimitri Mikhaïlovitch, Premier vice-ministre des affaires étrangères de la Double Fédération des Etats du Royaume de Morakhan et des Peuples de la Morakhan, DFERMPM comme je l'appelle. Je suis le président de la délégation mor en Estalie, venue discuter de l'avenir de la ligne de chemin de fer entre Fransoviac et Anslav qui passe par l'état de Sür, dans l'ouest de mon pays, en région brann. »


Photo des présents
Quelques desserts au chocolat et au miel venue des fin fond de la Morakhan ;
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Un chameau des steppes yurts ;
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Un cheval mor ;
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Une tapisserie faite main ;
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Ainsi qu'un vase de marbre noir et d'or très ancien.
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Premier Vice-Ministre des Affaires Étrangères, Dimitri Miqajlovič Val Mevdvedev
Fait le 31/11/2015
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Ce fut avec un air surpris que la Commissaire s'approcha alors du Premier vice-ministre des affaires étrangères mor : il était désormais devenu très rare dans le monde diplomatique moderne et dans les rapports entre nations que de tels présents soient offerts en mission diplomatique. Historiquement, ce n'était pas rare au cours de la période médiévale et dans les faits, la diplomatie estalienne a continué à offrir des cadeaux diplomatiques jusqu'au XIXe siècle mais aux yeux de la Commissaire, elle estimait cette pratique comme non-nécessaire et avait même conclu à certains moments que les pays exerçant cette pratique avaient souvent des problèmes de corruption, certains ministères utilisant les cadeaux diplomatiques pour effectuer du détournement de fonds, ce qui explique pourquoi dès 1912, le gouvernement royal estalien avait exigé par exemple que tous les cadeaux diplomatiques excédant une certaine somme soient déclarés publiquement sur les listes des comptes publics. En tout cas, la manoeuvre mor, bien qu'elle était remplie de bonne intention, renforça que davantage l'idée de la Commissaire qu'elle avait affaire à une nation arriérée. Mais passons.

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"Toutes mes salutations, monsieur le vice-ministre. Je me présente, Kristianya Volkiava, Commissaire aux Relations Extérieures de la Fédération des Peuples Estaliens. Je serais votre interlocutrice principale durant cet entretien. Je vous présente avec moi mon collègue, Iaroslav Gafokunov.
- Enchanté, monsieur le ministre. Je suis le vice-président de la SCP-DCT, la filiale translave de l'entreprise publique estalienne qui exploite à l'heure actuelle le chemin de fer entre Fransoviac et Anslav.
- Je vous prie de nous suivre, monsieur le ministre. Vos présents seront récupérés par nos équipes de la Commission. J'essaierais de faire remonter cette gratitude de votre part au Congrès, je suis sûr que les délégués seront ravis de voir que le Morakhan prend au sérieux les relations entre nos deux nations, y compris sur la question du chemin de fer.
"

Les deux délégations prennent donc place dans les véhicules du convoi menant directement au centre-ville de Mistohir, la capitale estalienne. Une fois de plus, la délégation étrangère est amenée jusqu'au Questan, le siège de la Commission aux Relations Extérieures, connue désormais comme le bâtiment qui accueille désormais les rencontres diplomatiques entre l'Estalie et ses homologues étrangers sur son sol.

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Le vice-ministre descendit du véhicule accompagné de ses homologues estaliens. Il les suivit dans le bâtiment jusqu'à la salle d'entretien. Les personnalités s'assirent, puis le vice-ministre prit la parole :

« — Maintenant que nous sommes arrivés afin de discuter, je remets à jour les volontés mors : nous ne renierons pas le traité et n'empêcherons pas la construction de ce chemin de fer. Bien évidemment, nous prendrons une taxe. Dans nos volontés, celle-ci serait fixée à 20 %. Bien évidemment, si cela ne vous arrange pas, nous pouvons en discuter. »


Premier Vice-Ministre des Affaires Étrangères, Dimitri Miqajlovič Val Mevdvedev
Fait le 31/11/2015
2312
Rapidement, une fois les deux délégations assises et installées, dossiers en main et préparés pour les négociations sur le chemin de fer, les Mors débutèrent évidemment l'entretien en entrant directement dans le vif du sujet avec la délégation estalienne. C'était le sujet principal de la négociation, évidemment mais cette approche directe étonna quelque peu la Commissaire. Elle se tourna vers le vice-président de la SCP-DCT qui écouta la proposition mor, il répondit à la Commissaire en moyen-estalien. Bien que les Mors ne comprenaient guère un mot de cette langue, qui était l'équivalent d'un patois dérivé du haut-estalien, la langue principale du pays, ils pouvaient observer une attitude un peu inquiète à la proposition mor, elle n'avait pas eu l'air très convaincante aux yeux des Estaliens. Peut-être un peu dure. La Commissaire se tourna cette fois-ci vers le vice-ministre mor afin de lui tirer sa contre-proposition :

"Si vous voulez notre avis, 20% est peut-être un peu trop élevé. Bien que les marchandises estaliennes soient en moyenne moins chères sur le marché mondial du fait de la structure du tissu productif de notre économie, une taxe sur les marchandises serait davantage une entrave au commerce qu'autre chose. Le commerce, c'est la paix comme dirait l'autre. Je pense au contraire que si nous souhaitons mettre en place un compromis qui puisse satisfaire tout le monde. Il faut donc que le Morakhan puisse à la fois obtenir des bénéfices de ce commerce sans le tuer.
- La proposition auquel il me semble le plus logique serait la mise en place d'un corridor ferroviaire sous statut spécial. L'idée est simple : mettre sous statut spécial le tronçon ferroviaire passant par chez vous, sous un régime de neutralité économique. Au lieu de vous fournir une taxe variable de 20% sur chaque échange, ce qui préjudiciable à tout commerce, il serait plus rentable pour vous que l'on vous fournisse une somme forfaitaire annuelle directement fournie par le gouvernement fédéral. Pour vous, cela vous assurera un revenu stable, même en cas de réduction des flux commerciaux, et pour nous, cela évitera que les coopératives soient forcées d'augmenter le coût de leurs produits. Ces produits sont nécessaires au développement de la Translavie qui est relativement pauvre, ce serait autant un désastre économique qu'humanitaire.
- L'Estalie peut s'engager également à fournir des accès préférentiels en accordant aux entreprises mors des réductions tarifaires sur certains biens estaliens: du matériel agricole, de l'acier, des produits manufacturés. L'industrie estalienne est dynamique et souvent en surproduction, conséquence inévitable de la structure du KROMEVAT. Qu'en dites-vous ?
"
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Monseigneur MEVDVEDEV dit :

« — Effectivement, je conçois votre position, et celle-ci et en accord avec les directives qui m'ont été données, ainsi, je suis en total accord avec votre proposition. Nous pouvons désormais signer le traité. Nous proposons un traité à durée indéterminée, que chaque parti pourra révoquer en fonction de sa situation et de ses relations. »


Premier Vice-Ministre des Affaires Étrangères, Dimitri Miqajlovič Val Mevdvedev
Fait le 31/11/2015
4888
La Commissaire se détendit quelque peu. Bon, elle avait en face d'elle des gens raisonnables, c'est déjà ça. Il fallait maintenant leur faire signer le traité que les Estaliens allaient leur présenter. Le vice-président se leva de sa chaise et partit quelques instants, s'entretenant avec les greffiers dans l'autre salle qui notèrent puis proposèrent une ébauche du traité que les deux pays allaient devoir signer. La signature estalienne était déjà posée, bien que la Commissaire devait valider une deuxième fois avant de donner son accord complet et présenter le traité au Congrès pour qu'il le ratifie. Le vice-président revint avec le traité en main avant de le tendre à ses compères mors.

"Monsieur le vice-ministre, à vous l'honneur."



Protocole de mise en commun du chemin de fer Fransoviac-Anslav en territoire mor :

Préambule :

La Fédération des Peuples Estaliens (ci-après "l'Estalie") et la Double Fédération des Etats du Royaume de Morakhan et des peuples de la Morakhan (ci-après "la Morakhan"), souhaitant tous deux éviter la naissance d'éventuels litiges commerciaux quant à la construction du chemin de fer entre Fransoviac, située en Estalie, et Anslav, située en DCT, les deux gouvernements respectifs de ces pays se sont accordés afin d'assurer la bonne entente juridique et commerciale de leurs nations sur la question ferroviaire.

Chapitre premier : Accord de neutralité économique sur le chemin de fer.

Article 1.

Les deux parties s'engagent à considérer le tronçon de la ligne Fransoviac-Anslav appartenant à ce jour à la SCP-DCT comme une zone de corridor ferroviaire sous statut spécial. Ce statut implique la neutralité économique du chemin de fer, ce qui implique que le chemin de fer ainsi que les installations de la SCP-DCT reliés au tronçon situé en territoire mor ne sont pas affectés de manière significatives par les politiques publiques et les interventions de l'Etat. Ce statut implique de ce fait la mise en place d'une neutralité aussitôt fiscale, monétaire, réglementaire et commerciale.

Article 2.

L'Estalie s'engage à fournir une somme forfaitaire annuelle en guise de rente au gouvernement fédéral mor, statué à 250 millions libellés en unitas dans le présent traité, en échange de la garantie de laisser-passer des marchandises exploitant le chemin de fer sur le tronçon situé sur le territoire mor. Cette somme peut être renégociée au cours de consultations bilatérales exceptionnelles. La somme disposera toujours d'un montant fixe et annuel, peu importe le flux quantifiable de marchandises pouvant passer par le chemin de fer.

Article 3.

Dans le cas où l'Estalie ne peut fournir la totalité de la somme forfaitaire exigée par le présent traité, celle-ci doit accorder en compensation numéraire des tarifs préférentiels sur les produits d'origine estalienne faisant escale en Morakhan auprès des entreprises mors.

Chapitre 2 : Obligations légales du chemin de fer.

Article 4.

L'Estalie, sous la responsabilité de la SCP-DCT, est chargée de s'assurer de la bonne gestion et de la maintenance correcte du tronçon situé en territoire mor. Tout coût provenant des besoins de maintenance ou de réparations sont dues exclusivement au financement de la SCP-DCT.

Article 5.

La Morakhan, du fait de sa souveraineté territoriale sur la partie accueillant son tronçon, est chargée de s'assurer de la sécurité et de l'intégrité physique des infrastructures ferroviaires et des ressortissants étrangers, qu'ils soient estaliens ou translaves, participant à la construction, la maintenance ou l'exploitation du chemin de fer par les moyens de sécurité publique habituels.

Article 6.

La SCP-DCT est en droit sur l'ensemble du tronçon de faire appliquer sa propre réglementation en ce qui concerne la rémunération de ses travailleurs situés sur le territoire mor. La SCP-DCT dispose également du droit de recruter, former et rémunérer à sa manière les demandeurs d'emplois mors afin que ces derniers participent aux activités ferroviaires du tronçon mor.

Article 7.

Toute coopérative ou entreprise estalienne exploitant le chemin de fer pour effectuer le transport de ses marchandises dispose des droits de ce dit transport conformément aux accords du présent traité, tant que la coopérative se soumet aux protocoles de sécurité publique mors. Les contrôles de la police mor ne doivent néanmoins pas obstruer le commerce de manière significative et se doivent de respecter la liberté de commerce.

Article 8.

La nature des biens transportés à travers le tronçon est laissée à l'indiscrétion complète des agents économiques estaliens, aucune saisie de ces biens ne peut être effectuée tant que ces biens ne sont pas destinés à être acheminés à une gare de triage située sur le sol mor.

Article 9.

Dans le cas d'une défaillance technique majeure située sur le tronçon du chemin de fer Fransoviac-Anslav qui mettrait brutalement fin aux échanges commerciaux, la Morakhan doit s'assurer de soit ouvrir une ligne aérienne permettant la connexion entre l'Estalie et la DCT si la défaillance s'est effectuée en amont ou en aval du tronçon mor, soit la Morakhan doit s'assurer qu'une connexion terrestre fasse le lien à travers son territoire si la défaillance technique s'est effectuée directement sur le sol mor.

Chapitre 3 : Dispositions finales.

Article 10.

Tout différend relatif à l'interprétation ou l'application du présent traité sera réglé par des consultations bilatérales.

Article 11.

Le présent traité est conclu pour une durée indéterminée. Il pourra être amendé d'un commun accord entre les deux parties.

Article 12.

Le présent traité entrera en vigueur dès sa ratification par les autorités compétentes des deux parties.
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À la vue du traité, le vice-Ministre, aussi âgé qu'il était, décida de prendre le maximum de précautions afin d'éviter tout conflit d'intérêts liés au traité dans le futur.

« — Très estimé homologue estalien, veuillez me pardonner pour ce que je m’apprête à proposer, mais en homme de devoir, je ne saurais prendre le moindre risque quant à l’interprétation de ce traité. Aussi, par souci de clarté et de légitimité, je souhaiterais solliciter l’aval de notre Parlement en convoquant une session extraordinaire afin que ce texte soit soumis au vote. Si vous y consentez, je me retirerai dès à présent pour en assurer l’organisation. »

Le vice-Ministre se retira alors, et convoqua la session. Il revint le lendemain avec un traité modifié.

« — Très estimé homologue estalien, voici le traité proposé puis voté par le Parlement. Vous convient-il ? »


Traité
Protocole de mise en commun du chemin de fer Fransoviac-Anslav en territoire mor :

Préambule :

La Fédération des Peuples Estaliens (ci-après "l'Estalie") et la Double Fédération des Etats du Royaume de Morakhan et des peuples de la Morakhan (ci-après "la Morakhan"), souhaitant tous deux éviter la naissance d'éventuels litiges commerciaux quant à la construction du chemin de fer entre Fransoviac, située en Estalie, et Anslav, située en DCT, les deux gouvernements respectifs de ces pays se sont accordés afin d'assurer la bonne entente juridique et commerciale de leurs nations sur la question ferroviaire.

Chapitre premier : Accord de neutralité économique sur le chemin de fer.

Article 1.

Les deux parties s'engagent à considérer le tronçon de la ligne Fransoviac-Anslav appartenant à ce jour à la SCP-DCT comme une zone de corridor ferroviaire sous statut spécial. Ce statut implique la neutralité économique du chemin de fer, ce qui implique que le chemin de fer ainsi que les installations de la SCP-DCT reliés au tronçon situé en territoire mor ne sont pas affectés de manière significatives par les politiques publiques et les interventions de l'Etat. Ce statut implique de ce fait la mise en place d'une neutralité aussitôt fiscale, monétaire, réglementaire et commerciale.

Article 2.

L'Estalie s'engage à fournir une somme forfaitaire annuelle en guise de rente au gouvernement fédéral mor, statué à 250 millions libellés en unitas dans le présent traité, en échange de la garantie de laisser-passer des marchandises exploitant le chemin de fer sur le tronçon situé sur le territoire mor. Cette somme peut être renégociée au cours de consultations bilatérales exceptionnelles. La somme disposera toujours d'un montant fixe et annuel, peu importe le flux quantifiable de marchandises pouvant passer par le chemin de fer.

Article 3.

Dans le cas où l'Estalie ne peut fournir la totalité de la somme forfaitaire exigée par le présent traité, celle-ci doit accorder en compensation numéraire des tarifs préférentiels sur les produits d'origine estalienne faisant escale en Morakhan auprès des entreprises mors.

Chapitre 2 : Obligations légales du chemin de fer.

Article 4.

L'Estalie, sous la responsabilité de la SCP-DCT, est chargée de s'assurer de la bonne gestion et de la maintenance correcte du tronçon situé en territoire mor. Tout coût provenant des besoins de maintenance ou de réparations sont dues exclusivement au financement de la SCP-DCT.

Article 5.

La Morakhan, du fait de sa souveraineté territoriale sur la partie accueillant son tronçon, est chargée de s'assurer de la sécurité et de l'intégrité physique des infrastructures ferroviaires et des ressortissants étrangers, qu'ils soient estaliens ou translaves, participant à la construction, la maintenance ou l'exploitation du chemin de fer par les moyens de sécurité publique habituels.


Article 6.

La SCP-DCT doit se conformer aux réglementations promulguées par les autorités mors en ce qui concerne la rémunération de ses travailleurs situés sur le territoire mor. La SCP-DCT dispose cependant du droit de recruter, former et rémunérer, toujours selon les règlements mor, les demandeurs d'emploi mors afin que ces derniers participent aux activités ferroviaires du tronçon mor.

Article 7.

Toute coopérative ou entreprise estalienne exploitant le chemin de fer pour effectuer le transport de ses marchandises dispose des droits de ce dit transport conformément aux accords du présent traité, tant que la coopérative se soumet aux protocoles de sécurité publique mors. Les contrôles de la police mor ne doivent néanmoins pas obstruer le commerce de manière significative et se doivent de respecter la liberté de commerce.

Article 8.

La nature des biens transportés à travers le tronçon est laissée à l'indiscrétion complète des agents économiques estaliens, aucune saisie de ces biens ne peut être effectuée tant que ces biens ne sont pas destinés à être acheminés à une gare de triage située sur le sol mor.


Article 9.

Dans le cas d'une défaillance technique majeure située sur le tronçon du chemin de fer Fransoviac-Anslav qui mettrait brutalement fin aux échanges commerciaux, l'Estalie ou la DCT doit s'assurer d'ouvrir une ligne aérienne permettant la connexion entre l'Estalie et la DCT si la défaillance s'est effectuée en amont ou en aval du tronçon mor avec autorisation, grâce au présent traité, de la Morakhan. La Morakhan doit s'assurer qu'une connexion terrestre fasse le lien à travers son territoire si la défaillance technique s'est effectuée directement sur le sol mor.

Chapitre 3 : Dispositions finales.

Article 10.

Tout différend relatif à l'interprétation ou l'application du présent traité sera réglé par des consultations bilatérales.

Article 11.

Le présent traité est conclu pour une durée indéterminée. Il pourra être amendé d'un commun accord entre les deux parties.

Article 12.

Le présent traité entrera en vigueur dès sa ratification par les autorités compétentes des deux parties.

Premier Vice-Ministre des Affaires Étrangères, Dimitri Miqajlovič Val Mevdvedev
Fait le 18/02/2016
2399
La Commissaire aux Relations Extérieures commença alors à feuilleter le traité modifié que le vice-ministre lui présentait. Elle regarda attentivement s'il y avait eu des modifications. Elle constata en effet que deux modifications majeures avaient étés effectuées, la première sur l'article 6 et la seconde sur l'article 9. Elle ne s'attarda que peu sur l'article 9, les Mors avaient simplement reformulés à leur manière ce que l'article sous-entendait déjà. Elle n'aurait aucun mal à accepter cette modification, si ça pouvait rassurer ses interlocuteurs, alors tant mieux. Son visage fut légèrement plus crispé face à la modification de l'article 6. Elle aurait pensé que compte tenu de l'état de la législation du travail au Morakhan et l'expérience translave aurait suffi à convaincre les Mors qu'il était préférable sur le plan économique de leur laisser appliquer un mode de rémunération et de sécurité sociale proche de ce qui se fait déjà en Estalie. Évidemment, qu'est qu'elle devait attendre d'un régime pareil ? Leur domination politique se nourrissait sur les inégalités socio-économiques, il était évident que leurs parlementaires avaient pris peur, à moins qu'ils ne s'étaient juste pas renseignés au préalable sur le modèle de fonctionnement plutôt...particulier de la SCP-DCT. Elle tendit le document à son collègue de la SCP-DCT. Il eut la même réaction que la Commissaire mais à la différence de sa collègue qui raisonne par la politique, il s'étonne que cet article a été modifié alors qu'il tenait du bon sens strictement économique : la SCP-DCT a besoin de main d'oeuvre mor et pour la fidéliser et accroître sa productivité, elle doit lui concéder des conditions de travail honorables. A l'étranger, bien que l'Estalie soit une nation anarchiste, ses entreprises publiques ont une approche très semblable aux entreprises capitalistiques : c'est son image de marque qui en prend un coup. Il prit cette modification comme une attaque personnelle. Il soupira d'exaspération et s'exprima en moyen-estalien :

"Cette modification d'article, c'est de la guerre économique, madame la Commissaire.
- S'ils veulent que leurs employés soient rémunérés selon leur législation, qu'il en soit ainsi. Je ne veux pas que ce chemin de fer stratégique soit bloqué par des questions relativement secondaires.
- Secondaires pour la Fédération, vitales selon moi.
"

La Commissaire se tourna vers le représentant mor :

"Ce traité nous convient, monsieur le vice-ministre. Je pense qu'il est un juste compromis entre nos deux nations qui, par bonne intelligence, se doivent de coopérer pleinement afin que nos intérêts communs puissent être fructifiés. C'est donc avec joie que je présenterais ce traité au Congrès International des Travailleurs pour qu'il le ratifie."
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