05/01/2020
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LE FEUILLETON

Agence officielle de presse de la Cité du Désert.


Fonctionnement :

Pour ce qui correspond au niveau national, les différents journaux de tous les quartiers doivent déposer un exemplaire des publications afin que le pouvoir en conserve des archives.
HRP : PriÚre pour tous les joueurs de la CdD de déposer vos articles ci-dessous sous [ignore] s'ils ont été publiés dans vos journaux à l'échelle de vos quartiers. Cela a pour objectif de centraliser l'information de la Cité ci-dessous.

Pour ce qui correspond au niveau international, il est possible pour tout journal, y compris Ă©tranger, de rĂ©aliser des enquĂȘtes avec le soutien du Feuilleton.
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Le Feuilleton
EXPLOSION D'UNE MINE ANTIPERSONNELLE NON-LOIN DE LA CITÉ

Depuis quelques temps, la Cité du Désert connait dans le territoire qui lui est proche une forme de guerre asymétrique qui se crée. D'un cÎté les forces terroristes, de l'autre la Garde PrinciÚre de la Cité du Désert. La menace terroriste est de plus en plus prégnante et la population locale semble s'en affoler. De nombreux Oracles de l'Arénisme sont implorés par les populations pour prier en faveur d'un retour de la paix sociale. Ce conflit qui se crée, à la fois militaire, social, mais aussi culturel et religieux, amÚne la société de la Cité du Désert vers ses limites.

Des Seigneurs inactifs

Il est tout d'abord important de noter que la plupart des autoritĂ©s locales des quartiers n'ont rien fait en rĂ©ponse Ă  la menace terroriste pourtant bien prĂ©sente sur l'ensemble du territoire. Si la Princesse a bien mobilisĂ© l'ensemble des troupes Ă  sa disposition, il en va de la responsabilitĂ© des Seigneurs d'engager des leurs gardes seigneuriales au sein de leur quartier pour s'assurer du bon respect de la lĂ©gislation en vigueur. Par ailleurs, aucun n'a abordĂ© le sujet Ă  l'AssemblĂ©e des Seigneurs, prĂ©fĂ©rant refuser l'aide accordĂ©e par la PoĂ«toscovie plutĂŽt que de s'occuper des problĂ©matiques locales. Face au peu de rĂ©ponses apportĂ©es par les hĂ©ritiers des Grandes Familles, de nombreuses familles ont l'impression d'ĂȘtre dĂ©laissĂ©es par l'État, car les reprĂ©sentants les plus proches de la population ne manifestent aucun intĂ©rĂȘt quant Ă  la rĂ©solution des conflits Ă©mergents. Au contraire, certains s'affichent ouvertement contre la Princesse, semant alors la discorde dans la CitĂ© pourtant prospĂšre jusqu'alors. Pour de nombreux autres, cette situation dĂ©coule de maniĂšre Ă©vidente d'une mauvaise gestion des quartiers tournĂ©s vers l'extĂ©rieur de la CitĂ©. En effet, ceux comptant parmi leurs frontiĂšres une partie du mur d'enceinte de la CitĂ© devraient s'occuper d'empĂȘcher tout trafic et d'exercer les pouvoirs de douane, relevant l'identitĂ© de tous les individus entrant dans la CitĂ© du DĂ©sert et enquĂȘtant sur les personnes suspectes. Toutefois, Ă  ce jour, aucun individu n'a Ă©tĂ© traduit en justice Ă  la suite d'arrestations par des membres de gardes seigneuriales. Si l'abandon des Seigneurs sur cette question est palpable, la Princesse n'a jamais Ă©mis le moindre commentaire. Certains, pourtant, aimeraient la voir Ă©merger comme figure providentielle rĂ©solvant d'un claquement de doigt l'ensemble des soucis de la CitĂ©.

Une population indifférente à la présence poëtoscovienne

La Princesse n'est toutefois pas restĂ©e sans agir et a fait appel Ă  des puissances Ă©trangĂšres alliĂ©es pour l'aide dans le maintien de la sĂ©curitĂ© sur le territoire de la CitĂ©. Ainsi, sĂ©curisant les frontiĂšres du dĂ©sert sous la souverainetĂ© de la CitĂ© du DĂ©sert, les forces poĂ«toscoviennes ont installĂ© une base militaire d'oĂč elles interviennent sur demande des autoritĂ©s locales et dĂ©ploient d'importants systĂšmes de renseignement. Par ailleurs, nos journalistes vous dĂ©voilent en exclusivitĂ© que ███████████████████████████████████████████████████. Cela est renforcĂ© par la prĂ©sence de █████ qui s'assurent que les groupes terroristes ne puissent pas ███████████████████████ comme cela Ă©tait prĂ©vu. Ainsi, la prĂ©sence de la PoĂ«toscovie sur le territoire remplit non seulement des objectifs militaires, mais aussi des intĂ©rĂȘts en termes de renseignement, notamment dans le cadre de l'opĂ©ration █████, consistant plus globalement en ████████ de ██████████████. Contrairement Ă  ce qui Ă©tait attendu, les forces Ă©trangĂšres venues au secours de la population et rĂ©pondant Ă  leur appel n'ont pas Ă©tĂ© accueillies par des cris de joie, mais bien par une forme d'indiffĂ©rence gĂ©nĂ©ralisĂ©e. La misĂšre dans laquelle baigne une immense partie de la population leur veut faire croire qu'il s'agit de l'impĂ©rialisme d'un État se croyant supĂ©rieur Ă  des peuples moins riches et en possession de ressources moins importantes, pour ne pas dire inexistantes. Toutefois, les soldats poĂ«toscoviens n'ont pas Ă©tĂ© chassĂ©s pour autant, rĂ©pondant Ă  un besoin rĂ©el de stabiliser la rĂ©gion d'un point de vue militaire.

Pour la premiĂšre fois, des combats proches de la ville

Si les combats semblaient lointains pour toute une partie de la population, cette fois ces derniers paraissent bien plus rĂ©els Ă©tant donnĂ© leur proximitĂ© nouvelle avec la CitĂ©. L'explosion rĂ©cente d'une mine antipersonnelle dont le bruit a dĂ©passĂ© le mur d'enceinte a semblĂ© la panique Ă  ce sujet il y a peu, et le bruit court alors que, mĂȘme au sein de la CitĂ© du DĂ©sert, la population ne serait pas en sĂ©curitĂ©. Ce rapprochement gĂ©ographique des combats par rapport Ă  la CitĂ© du DĂ©sert pose alors de nombreuses questions. Cela signifie-t-il que le marchĂ© noir a lieu aux portes mĂȘmes de la CitĂ© ? Est-ce ainsi que se traduit la prĂ©sence poĂ«toscovienne sur les frontiĂšres du dĂ©sert ? En effet, on pourrait prĂ©supposer que les militaires inciteraient par la prĂ©sence et involontairement les terroristes Ă  se rapprocher du cƓur du dĂ©sert, soit vers la CitĂ©. La CitĂ©, si elle fut toujours protĂ©gĂ©e des invasions ennemies par le climat l'environnant, voit justement ce dernier s'avĂ©rer propice Ă  diffĂ©rents trafics illĂ©gaux.

La peur d'un conflit entre les murs de la Cité

La crainte de voir le crime s'implanter jusqu'au sein du mur d'enceinte de la Cité a conquis les esprits depuis peu et ne les lùche plus. On observe la population s'organiser pour sortir le moins possible et effectuer des rondes de sécurité, palliant les défauts de la garde princiÚre censée protéger les quartiers, mais étant visiblement inactive, n'obeissant qu'aux ordres du Seigneur qui les dirige. Par ailleurs, les familles les plus riches se voient s'offrir des prestations d'un genre nouveau, et beaucoup de chÎmeurs se voient alors attribuer des postes d'agent de sécurité, gardant des résidences luxueuses ou des commerces nécessitant une vigilance particuliÚre, tels que des banques ou des bijouteries. Par ailleurs, beaucoup d'enfants ne sont plus envoyés aux écoles de leur quartier, les parents ayant peur qu'ils y soient embrigadés par des jeunes plus ùgés pour rejoindre le terrorisme. La Cité voit alors sa population s'enfermer chez soi et craindre le reste de la société. Face à une tension aussi ostentatoire, les autorités centrales ont annoncé vouloir "mobiliser davantage les pouvoirs seigneuriaux afin qu'ils demeurent en adéquation avec le contexte global actuel". De beaux mots pour signifier que la Princesse sera sans doute amenée à clarifier la situation auprÚs des Seigneurs, les invitant à agir.

Les liens avec les communautés spirituelles et le détournement de ces actes à des fins religieuses

Ces incidents, beaucoup les considĂšrent comme causĂ©s par des minoritĂ©s musulmanes, quoiqu'aucune dĂ©claration de la presse ou des autoritĂ©s puisse amener Ă  une telle conclusion. En vĂ©ritĂ©, il s'agirait davantage de dĂ©fendre un trafic. Cependant, le fait que des rumeurs soient aussi propagĂ©es et entrent dans l'opinion collective demeure inquiĂ©tant dans la mesure oĂč l'exacerbation des tensions spirituelles a dĂ©jĂ , dans la CitĂ© du DĂ©sert, causĂ© de nombreux massacres dont certains restent parmi les plus sanglants que le monde ait connus. La Princesse, descendante de la ProphĂ©tesse et premiĂšre dirigeante religieuse du pays, a annoncĂ© qu'elle communiquerait auprĂšs des Grands Oracles afin de s'assurer qu'aucun Oracle ne soit Ă  l'origine des calomnies portĂ©es Ă  l'encontre de l'Islam, alors mĂȘme que diffĂ©rentes puissances afarĂ©ennes voisines s'annoncent comme partenaires diplomatiques futurs, comme le Califat constitutionnel d'Azur.

Un péril pour le commerce pourtant nécessaire

Les conflits en cours mettent en pĂ©ril les investissements et le commerce ayant lieu entre la CitĂ© du DĂ©sert et d'autres puissances. Si ceux-ci venaient Ă  refuser de traiter avec un pays n'Ă©tant vraisemblablement plus en capacitĂ© de gĂ©rer la sĂ©curitĂ© de son territoire, notamment dans le cadre d'investissements Ă  long terme, cela pourrait compromettre la dĂ©marche d'ouverture sur le monde entamĂ©e par la CitĂ© ainsi que la gestion de la diaspora arĂ©niste rĂ©partie sur l'ensemble du globe. En outre, les diffĂ©rents commerces s'avĂšrent vitaux pour la population de la CitĂ© du DĂ©sert. La perte de liens pour un motif d'omniprĂ©sence du terrorisme reviendrait Ă  couper les vivres du peuple Citadin. Il s'agit alors d'une situation dĂ©licate qui demande d'ĂȘtre traitĂ©e rapidement afin d'Ă©viter Ă  la population d'en subir des consĂ©quences trop importantes.


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Le Feuilleton
LA PEINE DE MORT : UNE PRATIQUE JUDICIAIRE COURRANTE DE LA CITÉ

Depuis toujours, le systĂšme judiciaire de la CitĂ© du DĂ©sert s'est montrĂ© intransigeant et ferme, recourant Ă  la peine capitale Ă  de nombreuses reprises et refusant la prĂ©sence d'observateurs internationaux. Pour cet État hors du commun, il s'agit alors d'une grosse Ă©pine dans son pied dont les Seigneurs refusent le changement. L'impulsion progressiste de la Princesse, qui l'avait pourtant portĂ©e au dĂ©bat sur la scĂšne nationale, se voit arrĂȘtĂ©e par le fonctionnement institutionnel de la CitĂ©.

Des décisions politiques prises

Cette volontĂ© de ne pas imposer l'interdiction de la peine de mort aux diffĂ©rents quartiers par une loi gĂ©nĂ©rale fait Ă©cho Ă  une rĂ©alitĂ© historiquement difficile Ă  comprendre sur la CitĂ© du DĂ©sert pour les non-initiĂ©s au passif existant entre l'autoritĂ© princiĂšre et celle des Seigneurs. En 2015, la Princesse a mĂȘme demandĂ© aux seigneurs de rĂ©examiner la question afin qu'ils se mettent d'accord pour empĂȘcher les tribunaux seigneuriaux de condamner quiconque Ă  mort. MalgrĂ© sa volontĂ© de modernisation du milieu judiciaire citadin, les Seigneurs ont finalement votĂ© contre cette interdiction de la mise Ă  mort Ă  l'unanimitĂ©, tĂ©moignant de leur attachement Ă  la libertĂ© de chaque quartier dans la gestion qui lui revient.

Une population qui n'est pas hostile Ă  cette pratique

À la suite de cette dĂ©cision, aucune manifestation n'a eu lieu. Pourtant, l'administration a confirmĂ© que, lors de la semaine d'officialisation de la possibilitĂ©, pour les tribunaux, de ne pas pouvoir condamner Ă  mort, aucune demande de manifestation n'a Ă©tĂ© demandĂ©e par le peuple. Dans son expression sur les diffĂ©rents journaux du pays, et par reprĂ©sentation au vote de paille, la population semble tout Ă  fait accepter le fait que les personnes condamnĂ©es par les tribunaux seigneuriaux et nationaux puissent Ă©coper de la peine de mort. Pour l'heure, les quartiers dĂ©mocratiques ne font l'objet d'aucune revendication d'aucun parti qui soit, ce qui dĂ©montre tout de mĂȘme une forme d'approbation populaire face Ă  ce genre de mĂ©thodes.

Une absence de documentation

Toutefois, l'administration entourant ce genre de pratiques souffre d'un manque cruel de documentation. On estime ainsi qu'une fois exĂ©cutĂ©, les archives permettant d'Ă©tablir que le tribunal a bien statuĂ© sur cette demande sont perdues dans la masse des archives nationales. En effet, la CitĂ© du DĂ©sert ne bĂ©nĂ©ficiant pas d'un accĂšs Ă  internet, il est difficile de communiquer Ă  la population l'ensemble des mesures prises et des dĂ©cisions rendues. Sans observateur physique prĂ©sent sur le terrain, il est donc impossible pour quiconque d'Ă©valuer le nombre de condamnations Ă  mort ayant lieu, y compris pour les autoritĂ©s elles-mĂȘmes. Bien qu'un registre soit tenu, on estime que des quartiers entiers ne communiquent pas leurs chiffres, n'y Ă©tant pas obligĂ©s, et que l'administration centrale n'est pas disposĂ©e Ă  dire si oui ou non tel ou tel quartier coopĂšre dans le recensement des exĂ©cutions. On devine cependant que peu s'y essaient, la Princesse y Ă©tant fermement opposĂ©e et les quartiers ne souhaitant pas ĂȘtre marginalisĂ©s par le pouvoir princier Ă  cause de cela.

Des pratiques archaĂŻques

Dans la CitĂ© du DĂ©sert, chaque tribunal a ses habitudes d'exĂ©cution. Si l'administration centrale dĂ©ment le fait que certains recourent encore au bĂ»cher, elle admet toutefois l'usage de la pendaison publique ou de la guillotine. Ces pratiques, anomalies juridiques Ă  l'Ă©chelle internationale, n'Ă©tant entourĂ©es par aucune loi, se voient Ă©galement concurrencĂ©es par l'usage dĂ©sormais rĂ©pandu de l'exĂ©cution par balle, plus hygiĂ©nique, le cadavre sombrant directement dans le gouffre qui est dĂ©sormais sien. Si de nombreux exemples tendent Ă  dĂ©montrer l'inhumanitĂ© de ce systĂšme de sanctions, il est important de noter que celles-ci s'inscrivent dans un cadre culturel ancrĂ©, que les condamnĂ©s Ă  mort ont droit jusqu'Ă  leur dernier instant Ă  faire appel de leur dĂ©cision si cela n'a pas dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fait et Ă  parler Ă  un Oracle si cela n'a pas Ă©tĂ© fait non plus. Par ailleurs, le dernier repas prĂ©cĂ©dent l'exĂ©cution est, dans nombreux quartiers, un moment hors du temps oĂč l'on retire ses chaĂźnes au mis Ă  mort, oĂč on invite sa famille et oĂč ceux-ci participent Ă  un festin tel qu'il y en a peu dans la CitĂ© du DĂ©sert.



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ALERTE INFO

24/08/2016, 17:31:28, en direct depuis l'usine d'armement princiĂšre, Quartier des Reliques

0 Ici Muhadib el-Karibou, nous interrompons votre feuilleton "Les vieux de l'amour" pour transmettre en direct une tragĂ©die sans prĂ©cĂ©dent. Je suis ici au Quartier des Reliques, devant l'usine d'armement de l'Ă©tat oĂč se tient une prise en otage Ă  l'intĂ©rieur. Le directeur de l'usine est dans son bureau en compagnie du ravisseur, que la police a pu identifier. Il s'agirait d'Hassanal Enlat, contrebandier et trafiquant d'arme notoire, dĂ©jĂ  attrapĂ© par les forces de l'ordre pour trafic et vol Ă  main armĂ©e. Hassanal serait armĂ©, tenant en joue le directeur al-Hatem. Les forces de l'ordre entourent actuellement le bĂątiment, mais le dĂ©loger risque de ne pas ĂȘtre aisĂ©, car Hassanal n'est pas seul. On dĂ©nombre une dizaine de complice rĂ©partis dans l'usine. Ils auraient mis la main sur les armes et menacent de s'en servir. Les nĂ©gociations sont en cours, le chef de la bande ordonne que l'on lui amĂšne la Princesse afin de lui donner l'usine, jugeant qu'il est le seul dans la citĂ© Ă  pouvoir vendre des armes. La Princesse est actuellement en contact avec le chef de la garde. Ah! Le chef de la garde s'exprime.
"Enlat! Entendez vous? La princesse refuse de servir vos exigences, vous ĂȘtes sommĂ©s de vous rendre! Baissez vos armes et il ne vous sera fait aucun mal! Si vous refusez, nous allons devoir employer des moyens plus forts!"
"Bande de porcs! Je vous enc***, ce sont mes exigences et si vous n'y accédez pas, je le bute!"
"Nous ne céderons pas, Enla.... PANG"

Mon dieu, un tir viens de se faire entendre. C'est la panique dans les rues! Message Ă  tous, ne tentez pas de rejoindre le quartier!
"Il l'a descendu!! Ca suffit, on balance les gaz!"

Il semblerait que le directeur ait Ă©tĂ© descendu par Hassanal. Les policiers vont maintenant pacifier l'usine en envoyant des gaz lacrymogĂšnes Ă  travers les fenĂȘtres. C'est un risque inconsidĂ©rĂ©! Les alliĂ©s de Hassanal vont descendre les ouvriers, cette percĂ©e va les mettre en danger. J'entends d'ici la reine crier de ne pas le faire, la balle de tennis va atterrir sur le filet, qui sait de quel cĂŽtĂ© va t'elle tomber! Mon dieu... ne filme pas Jaarrad. J'arrive Ă  voir ce qu'il s'y passe malgrĂ© la fumĂ©e. Des tirs volent de partout! RamĂšne toi Jaarad, il faut fuir!


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Le Feuilleton
LE DÉFI DE LA SURVEILLANCE DU TERRITOIRE DÉSERTIQUE

Avec l'implantation de nouvelles industries, en particulier concernant le domaine de l'armement dans lequel la Cité se lance à bras le corps, le désert devient le théùtre de nouvelles importations de marchandises d'une valeur conséquente. Leur nombre important accroit les risques d'insécurité dans la région, puisque les vols, mais aussi la contrebande, sont en plein essor malgré le travail constant de la Garde PrinciÚre.

Des difficultés structurelles au sein de la Garde PrinciÚre, palliées par un équipement nouveau

La Garde PrinciĂšre, en charge de la surveillance et de la sĂ©curitĂ© du dĂ©sert, fait face Ă  un faible taux d'engagement, rĂ©sultat de conditions de travail jugĂ©es comme trop contraignantes, mais Ă©galement soumises Ă  un danger non nĂ©gligeable. Quoiqu'il s'agisse toujours d'un rĂŽle trĂšs valorisĂ© socialement, les risques Ă©mergents liĂ©s Ă  la profession freinent considĂ©rablement les recrutements, inscrivant la situation dans un cercle vicieux puisqu'obligeant les patrouilles Ă  Ɠuvrer en sous-effectif. Pour pallier cela, la CitĂ© du DĂ©sert a, sur ordre de la Princesse, amĂ©liorĂ© l'Ă©quipement de ses gardes, lesquels bĂ©nĂ©ficient dorĂ©navant d'armes de derniĂšre gĂ©nĂ©ration. "Cela change mon travail. J'ai plus confiance en moi, et me sens davantage en sĂ©curitĂ©", se confie l'un d'entre eux, souhaitant malgrĂ© tout rester anonyme. Les patrouilles, jusqu'alors Ă  pied, bĂ©nĂ©ficient aujourd'hui de vĂ©hicules : vĂ©ritables atouts, bien que ceux-ci nĂ©cessitent des Ă©quipes techniques mobiles capables d'intervenir partout sur le territoire, notamment dans des conditions mĂ©tĂ©orologiques extrĂȘmes.

Lutter contre le crime par le sang

C'est la nouvelle politique en matiĂšre de sĂ©curitĂ©, "lutter contre le crime par le sang", comme l'a rĂ©sumĂ© le patron de la Garde PrinciĂšre. "Tous les feux sont au vert pour durcir la rĂ©pression, et mĂȘme la population y est favorable." Dans cet esprit, l'État a annoncĂ© la crĂ©ation d'une nouvelle section au sein de la Garde PrinciĂšre, composĂ©e essentiellement de tireurs d'Ă©lite. Ceux-ci seront postĂ©s alĂ©atoirement le long des axes de communications dans le dĂ©sert, ou sur les toits de la CitĂ©, dĂ©sormais interdits au public – sauf contre-ordre Ă©ditĂ© par le Seigneur du Quartier. En cas de menace, les membres de cette section d'Ă©lite seront en charge de neutraliser les individus potentiellement dangereux par tous les moyens nĂ©cessaires afin de maintenir la paix et l'ordre.

Une meilleure coordination avec les soldats poëtoscoviens basés au sud-ouest, malgré les protestations et le sentiment d'appartenance nationale grandissant

Depuis un petit moment, ce sont effectivement des soldats poĂ«toscoviens qui sont postĂ©s sur le territoire national de la CitĂ© du DĂ©sert afin de sĂ©curiser la zone, notamment dans le cadre d'accords passĂ©s entre les deux puissances. Si la Princesse se veut favorable Ă  une telle mesure, la PoĂ«toscovie investissant de nombreuses sommes dans la culture de la CitĂ©, et celle-ci ayant une diaspora importante en PoĂ«toscovie – par une politique migratoire clĂ©mente –, il est Ă  noter que la population n'a pas bien accueilli les soldats Ă©trangers. Ceux-ci rapportent eux-mĂȘmes que la population leur est plutĂŽt "hostile" et qu'elle ne "semble pas prĂȘte Ă  coopĂ©rer dans la majeure partie des cas". Il en est de mĂȘme pour les cercles de la haute sociĂ©tĂ©, qui visiblement ont l'impression de perdre de leur influence sur la Couronne du fait de ces partenariats avec la Nation LittĂ©raire. Certaines rumeurs parlent d'une volontĂ©, pour les Seigneurs, d'interroger la Princesse Ă  ce sujet au moment oĂč elle dĂ©cidera de passer Ă  un autre vote, et l'on peut constater que celle-ci ne semble pas prĂȘte Ă  changer de sujet pour le moment. Le pouvoir serait-il dans une position inconfortable quant Ă  ce qu'il se passe avec la PoĂ«toscovie ?

Un problÚme en réalité pas si récent

Pour certains thĂ©oriciens du pouvoir de la CitĂ©, il ne s'agit pas de quelque chose de nouveau. En effet, historiquement, le rapprochement entre le pouvoir princier et une puissance Ă©trangĂšre, comme cela a pu se faire avec l'Azur il y a quelques siĂšcles, a toujours contribuĂ© Ă  dynamiser la CitĂ©, mais donc Ă  en faire augmenter la criminalitĂ©. La "jalousie" des Seigneurs elle-mĂȘme ne serait pas nouvelle, puisque beaucoup considĂšrent que la CitĂ© serait une vĂ©ritable utopie dĂšs lors qu'elle se fermerait au reste du monde de maniĂšre intĂ©grale. En effet, l'aide de la PoĂ«toscovie ne serait sans doute pas utile dans le cas oĂč cette puissance Ă©trangĂšre n'avait pas fait installer des usines d'armement dans la CitĂ©, crĂ©ant le besoin en marchandises de valeur et faisant augmenter le grand banditisme. En quelque sorte, d'aucuns supposent que la PoĂ«toscovie s'est rendue nĂ©cessaire volontairement afin d'avoir la mainmise sur la CitĂ© du DĂ©sert.




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La PoĂ«toscovie et sa quĂȘte de souverainetĂ© en AfarĂ©e
Récit d'une négociation diplomatique

Source : P-News

Tandis que la CitĂ© du DĂ©sert semble abandonnĂ©e par la communautĂ© internationale, seule la PoĂ«toscovie se tourne encore vers elle et semble y trouver un intĂ©rĂȘt. Cet intĂ©rĂȘt, d’aucuns supposent qu’il se justifie par l’absence jusqu’à prĂ©sent de recherches afin de connaĂźtre la possible prĂ©sence d’énergies fossiles. La PoĂ«toscovie prĂ©sente donc aujourd’hui son plan de « redressement Ă©conomique de la CitĂ© du DĂ©sert ».

Il faut d’abord comprendre que la CitĂ© du DĂ©sert est une thĂ©ocratie oĂč des seigneurs ont autoritĂ© chacun sur un quartier de la ville. ComposĂ©e d’un ensemble de minoritĂ©s ethniques, la CitĂ© du DĂ©sert possĂšde une population de langues variĂ©es rendant la politique complexe. Jusqu’à prĂ©sent, le dĂ©sert bordant la CitĂ© et sur lequel elle possĂšde une souverainetĂ© n’a jamais Ă©tĂ© fouillĂ© afin de savoir si oui ou non celui-ci contient des Ă©nergies fossiles. Cependant, la Princesse a indiquĂ© rĂ©cemment que « des prioritĂ©s doivent ĂȘtre donnĂ©es Ă  la rĂ©ponse aux besoins fondamentaux de la population ».

La Princesse fait ici clairement rĂ©fĂ©rence aux graves Ă©pisodes de famine ou de stress hydrique qui agitent son territoire. En effet, contrĂ©e pauvre, la CitĂ© du DĂ©sert voit parfois ses rĂ©serves ĂȘtre consommĂ©es intĂ©gralement avant de pouvoir ĂȘtre de nouveau remplies. Par ailleurs, le crime organisĂ© semble influencer grandement les autoritĂ©s, et la corruption atteint selon les observateurs internationaux des records historiques.
Il est important de comprendre que par ailleurs la PoĂ«toscovie possĂšde le monopole de la distribution des eaux en bouteille dans la CitĂ© du DĂ©sert, et qu’une prĂ©sence militaire importante y est dĂ©jĂ  dĂ©ployĂ©e dans le cadre d’un programme de lutte contre le grand banditisme et la contrebande.

La PoĂ«toscovie s’est donc proposĂ©e pour offrir une alternative Ă  la misĂšre par un plan de « redressement Ă©conomique » incluant l’intĂ©gration du territoire de la CitĂ© du DĂ©sert contre une aide au dĂ©veloppement consĂ©quente.


Proposition d’accord
PLAN DE REDRESSEMENT DE LA CITÉ DU DÉSERT

Article premier
La RĂ©publique de PoĂ«toscovie s’engage, par l’intermĂ©diaire de son ministĂšre au DĂ©veloppement, Ă  permettre la rĂ©ponse aux besoins vitaux de la population de la citĂ© du DĂ©sert.

Article deuxiĂšme
La RĂ©publique de PoĂ«toscovie agit en coopĂ©ration avec les autoritĂ©s locales de la CitĂ© du DĂ©sert dans un souci d’efficacitĂ© et de dĂ©mocratie locale.

Article troisiĂšme
La Cité du Désert délÚgue sa souveraineté territoriale à la République de Poëtoscovie, laquelle peut, par les voies démocratiques qui sont les siennes, légiférer sur les questions économiques, douaniÚres et militaires.
Les affaires diplomatiques, les affaires courantes et la politique mise en Ɠuvre dans la CitĂ© du DĂ©sert et aux abords de celle-ci resteront de la compĂ©tence des autoritĂ©s lĂ©gitimes de la rĂ©gion, Ă  savoir la CitĂ© du DĂ©sert jusqu’à prĂ©sent comme État, et dĂšs Ă  prĂ©sent comme RĂ©gion ultrapĂ©riphĂ©rique de la RĂ©publique de PoĂ«toscovie.

Article quatriĂšme
La recherche et l’exploitation des ressources en CitĂ© du DĂ©sert ou du dĂ©sert environnant iront, de moitiĂ© au moins, aux autoritĂ©s de la rĂ©gion ultrapĂ©riphĂ©rique de la citĂ© du DĂ©sert.

Article cinquiĂšme
Les insurrections potentielles face Ă  l’intĂ©gration de la CitĂ© du DĂ©sert dans la PoĂ«toscovie seront, dans la CitĂ©, rĂ©glĂ©es par les autoritĂ©s locales, et en dehors par les forces militaires poĂ«toscoviennes.



Les autoritĂ©s de la CitĂ© du DĂ©sert n’ont, pour l’heure, pas rĂ©agi. Cependant, d’aprĂšs les traditions, seules les dĂ©cisions concernant les quartiers devraient ĂȘtre votĂ©es par les Seigneurs, sauf si ceux-ci en font la demande. Dans le cas contraire, le jugement de la Princesse devrait suffire Ă  intĂ©grer le territoire de la CitĂ© du DĂ©sert Ă  celui de la RĂ©publique de PoĂ«toscovie.

À Hernani-centre, si des groupuscules d’extrĂȘme gauche ont dĂ©noncĂ© cela comme ressortant de la colonisation, la majeure partie de la sphĂšre politique applaudit ce geste qui, certes, a Ă©tĂ© signĂ© de la main du prĂ©sident d’extrĂȘme droite SĂ©bastien Tesson, mais aprĂšs des discussions importantes entretenues entre toutes les formations politiques du pays.

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Al-MĆ«rātus - Ű§Ù„ŰĄŰ­Ű§ŰĄÙŠŰ· - Al-Hāʟiáč­
Numéro 2 du 07/07/2018
La princesse veut vendre la Cité du Désert, notre Seigneur ne veut pas se laisser faire
C'est visiblement une demande sérieuse d'annexion pacifique qui a été envoyée à notre princesse, qui dirige la Cité du Désert depuis des années, et à laquelle elle ne s'est pas empressée de répondre un "non" qui aurait été parfaitement normal. C'est un aveux de faiblesse du point de vue du seigneur Mohammed Ben-Saltyp, celui qui dirige notre quartier depuis plus longtemps que la princesse ne dirige la Cité.

"Notre princesse ne sait visiblement pas correctement tenir tĂȘte aux puissances impĂ©rialistes Ă©trangĂšres, et comme cela ne relĂšve pas de notre fonction de seigneurs des quartiers, je pense que nous n'allons pas rĂ©ussir Ă  faire grand chose pour la dissuader de s'allier Ă  ces obscurs poĂ«toscoviens. Si Sa MajestĂ© continue Ă  se laisser faire comme ça, je pense que le Ghetto commencera Ă  s'Ă©manciper de son autoritĂ©."

Quoi qu'il arrive, les seigneurs disposent tout de mĂȘme du droit de convoquer un conseil Ă  propos de cette situation, bien que, comme l'a dit Son Excellence Mohammed Ben-Saltyp, cela ne signifie pas qu'ils parviendront Ă  stopper ce processus qui semble s'engager tranquillement et Ă  nos dĂ©pends. Aucun autre seigneur de quartier n'a pour le moment exprimĂ© de mĂ©contentement vis-Ă -vis de tout cela, et le Ghetto pourrait bien finir par ĂȘtre encore plus isolĂ© qu'il ne l'est aujourd'hui.

Le seigneur Mohammed Ben-Saltyp, seigneur du Ghetto Kamiste.
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Le Feuilleton
LA CITÉ DU DÉSERT, AU CƒUR DES AMBITIONS AFARÉENNES DE LA POËTOSCOVIE


Les rĂ©centes dĂ©clarations de la PrĂ©sidence de la Nation LittĂ©raire ont placĂ© la communautĂ© internationale en porte-Ă -faux face aux ambitions poĂ«toscoviennes sur ce territoire stratĂ©gique de l’AfarĂ©e, Ă  l’instar du Finejouri. Hernani-centre semble en effet mener un double jeu : d’un cĂŽtĂ©, elle affiche une volontĂ© de respect du droit international et de paix ; de l’autre, elle Ă©tend discrĂštement son programme balistique bien au-delĂ  de ses frontiĂšres.

Une princesse en équilibre

Comme nos sources l’avaient pressenti, la Princesse de la CitĂ© ne s’oppose pas, en apparence, Ă  une prĂ©sence protectrice de la PoĂ«toscovie — Ă  condition que cette derniĂšre ne remette pas en cause son propre pouvoir. Des documents exclusifs, obtenus par Le Feuilleton en collaboration avec le mĂ©dia indĂ©pendant poĂ«toscovien La Petite Plume, rĂ©vĂšlent la stratĂ©gie des services de renseignement d’Hernani-centre. Selon ces informations, des hauts responsables Ɠuvreraient actuellement Ă  l’instauration d’un self-government dans la CitĂ©, visant Ă  rĂ©duire progressivement l’autoritĂ© de la Princesse. ContactĂ©s par nos journalistes, les services de communication du Palais Princier ont refusĂ© de commenter. Lors d’une confĂ©rence de presse conjointe Ă  Hernani-centre, l’ambassadeur de la CitĂ© a dĂ©clarĂ© : « La position de notre nation a toujours Ă©tĂ© claire, et nos alliĂ©s en sont informĂ©s : nous cherchons Ă  concilier les dĂ©fis liĂ©s Ă  la sĂ©cheresse avec notre lĂ©gitime aspiration Ă  l’indĂ©pendance. » Pour nos analystes, cette prise de parole, bien que timide, marque un tournant : c’est la premiĂšre fois que la CitĂ© ose afficher une divergence, mĂȘme mesurĂ©e, avec son alliĂ© poĂ«toscovien.

Le Ghetto Kamiste, fer de lance de la contestation

Dans un entretien accordĂ© Ă  notre rĂ©daction, le Gouverneur du Ghetto a tĂ©moignĂ© : ███████████████████. Contre toute attente, son discours semble rallier une partie de la population, attĂ©nuant ainsi la fracture habituelle entre son quartier et le reste de la CitĂ©, traditionnellement hostile Ă  son Ă©gard. Certains observateurs estiment que cette stratĂ©gie politique vise prĂ©cisĂ©ment Ă  redorer l’image du Ghetto, longtemps marginalisĂ© et perçu sous un jour dĂ©favorable.

Rencontre Finejouri-Ghetto : un tournant diplomatique ?

Nos envoyĂ©s spĂ©ciaux confirment une rencontre imminente entre une puissance Ă©trangĂšre et les reprĂ©sentants du Ghetto. Cette initiative, bien que lĂ©gale — les quartiers de la CitĂ© disposant d’une certaine autonomie en matiĂšre de relations extĂ©rieures —, souligne une opposition croissante Ă  la politique centrale. Une question Ă©thique se pose alors : jusqu’oĂč les Seigneurs locaux peuvent-ils aller pour contrer les dĂ©cisions de la Princesse, hĂ©ritiĂšre de la ProphĂ©tesse et souveraine incontestĂ©e de la CitĂ© du DĂ©sert ?

Entre apaisement et fermeté : la réponse de la Cité

Lors d’une confĂ©rence de presse organisĂ©e par le Premier Conseiller de la Princesse, il a Ă©tĂ© rappelĂ© que « les forces poĂ«toscoviennes dĂ©ployĂ©es sur notre sol agissent uniquement dans le cadre d’une mission de paix, limitĂ©e au dĂ©sert, et n’ont aucun droit d’intervenir Ă  l’intĂ©rieur des murs de la ville ». Par ailleurs, les juristes de la CitĂ© ont interprĂ©tĂ© le traitĂ© bilatĂ©ral de maniĂšre controversĂ©e : dans un État dĂ©centralisĂ©, les particuliers et les quartiers ne seraient pas soumis au monopole poĂ«toscovien sur l’importation d’eau. Cette lecture, vivement contestĂ©e par Hernani-centre, a ouvert la voie Ă  une concurrence inĂ©dite. RĂ©sultat : le prix de l’eau, autrefois contrĂŽlĂ© par la Nation LittĂ©raire, s’est effondrĂ© Ă  une vitesse vertigineuse.

Le Ghetto sous surveillance
 et sous perfusion

Déjà stigmatisé, le Ghetto Kamiste a reçu une lettre officielle de la Princesse, adressée à son Gouverneur :


Monsieur le Gouverneur,

J’ai pris acte, avec le respect qui vous est dĂ», de vos critiques concernant la politique internationale menĂ©e par la CitĂ© jusqu’ici. Consciente des profondes inĂ©galitĂ©s qui fracturent notre territoire — et plus encore des difficultĂ©s endurĂ©es par les habitants du Quartier Kamiste —, j’ai dĂ©cidĂ© d’adopter une approche distincte pour cette partie de la ville.

Pour prĂ©venir tout risque de rĂ©volte alimentĂ© par des trafics illicites d’armes ou de substances, des postes de contrĂŽle seront installĂ©s Ă  chaque point d’accĂšs du quartier, sous la responsabilitĂ© exclusive de la Garde princiĂšre. Toute importation massive d’eau sera par ailleurs soumise Ă  une taxe proportionnelle, destinĂ©e Ă  compenser les manques Ă  gagner fiscaux de certains de vos administrĂ©s — des manquements que vos autoritĂ©s locales ne semblent guĂšres pressĂ©es de corriger.

Toutefois, soucieuse du bien-ĂȘtre de vos concitoyens, la Garde princiĂšre organisera quotidiennement, dĂšs l’aube, une distribution gratuite d’eau : un litre par adulte, un demi-litre par enfant.

Je compte sur votre coopĂ©ration pour la mise en Ɠuvre de ces mesures.

Veuillez agrĂ©er, Monsieur le Gouverneur, l’expression de ma considĂ©ration distinguĂ©e.

La Princesse.


Cette initiative, bien que saluĂ©e par une partie de la population, suscite la polĂ©mique. Si certains y voient une manƓuvre dĂ©guisĂ©e pour assoir l’influence poĂ«toscovienne, d’autres saluent enfin des mesures concrĂštes en faveur des plus dĂ©munis.

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RECOMPOSITION POLITIQUE DE LA CITÉ DU DÉSERT : LE DÉSASTRE N’EN EST QU’À SES DÉBUTS

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La suppression des quartiers : un choix qui restera dans l’Histoire

Alors que la CitĂ© du DĂ©sert connaissait jusqu’à prĂ©sent une forme de dĂ©concentration des pouvoirs, inspirĂ©e du fĂ©dĂ©ralisme, oĂč chaque quartier bĂ©nĂ©ficiait d’une autonomie hĂ©ritĂ©e de l’influence des grandes familles sur les rues qu’elles possĂ©daient, la Princesse a annoncĂ© la suppression de ces Ă©chelons administratifs. Officiellement, cette rĂ©forme visait Ă  « simplifier la prise de dĂ©cision et accroĂźtre le sentiment de reprĂ©sentativitĂ© de la population ».

Cette dĂ©cision a pu ĂȘtre adoptĂ©e grĂące Ă  un contexte particulier : depuis que la Princesse a autorisĂ© les troupes poĂ«toscoviennes Ă  assurer la sĂ©curitĂ© dans le dĂ©sert et que les compagnies de la Nation LittĂ©raire patrouillent dans la CitĂ©, les reprĂ©sentants des quartiers ont massivement adoptĂ© la politique de la chaise vide, Ă  l’exception du gouverneur du Ghetto Kamiste. Or, la voix de la souveraine faisant office de voix dĂ©partageante en cas d’égalitĂ©, la disparition des quartiers a pu ĂȘtre lĂ©galement actĂ©e, marquant ainsi une recomposition majeure du jeu politique local.



Une annonce mal perçue : la crainte d’un pouvoir royal dĂ©mesurĂ©

L’annonce de la rĂ©forme a provoquĂ© un tollĂ© parmi les habitants, qui y voient une manƓuvre pour renforcer le pouvoir central au dĂ©triment des libertĂ©s locales. « Alors que la rĂ©partition multiscalaire du pouvoir politique parvenait historiquement Ă  maintenir le caractĂšre dĂ©mocratique de la CitĂ© », confie un Ă©minent universitaire sous couvert d’anonymat.

Les rĂ©actions ont Ă©tĂ© particuliĂšrement vives dans le Ghetto Kamiste, oĂč, malgrĂ© un attachement traditionnel Ă  la famille princiĂšre, les manifestants ont appelĂ© Ă  la sĂ©cession avec le pouvoir central. Face Ă  l’ampleur des protestations, la Princesse a convoquĂ© en urgence une rĂ©union avec les autoritĂ©s locales.



Un compromis fragile pour éviter la guerre civile

Afin de rĂ©tablir le calme dans les rues, alors que la rĂ©union se tenait dans un palais cernĂ© par une foule revendicative, la Princesse a consenti Ă  accorder une autonomie accrue au Ghetto, sans pour autant cĂ©der Ă  sa demande d’indĂ©pendance, pourtant farouchement dĂ©fendue par son gouverneur. En contrepartie, les troupes poĂ«toscoviennes ont dĂ» entreprendre de quitter le territoire sous souverainetĂ© de la CitĂ©.

Cette dĂ©cision a semblĂ© guidĂ©e par la crainte d’une guerre civile. C’est d’ailleurs pour l’éviter que les autoritĂ©s locales ont appelĂ© au calme, malgrĂ© le sentiment persistant, chez les habitants du Ghetto, de ne pas avoir Ă©tĂ© entendus.

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