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L'Exode des Poches Trouées

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L'Exode des Poches Trouées


    28 janvier 2016

    — J'ai froid.
    — Couvre-toi un peu plus.
    Mali retira son manteau épais et recouvrit sa fille qui tremblait de froid. Les abris de fortune que les hommes les plus robustes avaient fabriqués en vitesse au début de l'automne n'avaient que pour isolation quelques bâches trouées. Autant dire que dans les plaines du Nord-Ouest, où la pluie glaciale hivernale tombait fréquemment, il était difficile pour ces rescapés des Pinminku de vivre une vie décente. Depuis leur expulsion de Haijing, les pauvres gens avaient été libérés en pleines forêt, dans une nature sauvage à l'écart de la civilisation. Tout le monde se fichait bien de ce qu'ils pouvaient devenir. D'ailleurs, un bon tiers n'avait pas survécu au froid et au manque de nourriture.
    Un grand vacarme vint déranger le calme que le froid maintenait dans l'îlot d'abris.
    — Qu'est-ce que c'est, maman ? J'ai peur.
    — Je ne sais pas.
    Mali se leva en s'appuyant sur les murs faits de tronçons de bois mal agencés. Elle se sentait faible et glacée. Elle passa la tête par le trou béant qui servait d'entrée du cabanon et aperçut deux hommes en train de se battre. Ils revenaient de la chasse et se disputaient le cerf abattu plus tôt dans la matinée. Les mots n'étaient pas le mode de communication qu'ils privilégiaient dans cette situation. Les poings étaient plus percutants. Finalement, le plus chétif des deux, constatant qu'il ne gagnerait pas le combat, se retira en rampant, abandonnant la viande fraîche. Une vieille dame, que beaucoup respectaient dans le groupe, sortit de sa hutte et prit la parole.
    — Pourquoi se battre ? Il y en a pour tout le monde. Nous pouvons partager.
    Le plus gaillard des combattants répliqua alors.
    — Ma femme est faible. Mon fils a besoin de manger pour grandir.
    — Nous sommes tous faibles ! Nous avons tous besoin de manger.
    D'autres surenchérirent :
    — Moi aussi, j'ai faim. Mon grand-père est en train de mourir.
    — Moi aussi, j'ai une fille du même âge que ton fils.
    En colère, mais comprenant qu'il n'aurait pas gain de cause, le gaillard lâcha la bête et son couteau. La grand-mère s'avança.
    — Nous ne pouvons pas rester ici, il fait trop froid. Nous allons tous mourir si nous ne trouvons pas des terres plus chaudes et plus fertiles.
    — Mais où veux-tu aller, Naï-naï ?
    — Allons vers le sud. Il y fait plus choix et, paraît-il que les terres sont davantage boisées. Au sud, il y a d'autres pays, ils nous accueilleront peut-être mieux que le Baïshan. Il y aura plus d'espoir pour nos enfants.
    — Non, je ne partirai pas ! Dit l'homme.
    — Tu mourras, si tu restes !
    — Je veux venger tous ce qui nous ont quittés à cause de cette enflure de Président Po. J'irai mourir à Haijing s'il le faut, mais je n'abandonnerai pas.
    — Et tu vas aller te battre tout seul, avec ton pantalon crasseux et ton couteau mal aiguisé ?
    — Que tous ceux qui partagent mon combat viennent avec moi. Ceux qui ont la naïveté de penser que l'ont peut trouver de la joie dans ce pays, partez si cela vous enchante, cela nous fera plus de nourriture.
    — Très bien. Dit la vieille dame. Demain, je partirai. Seule si personne ne veut me suivre.


    — Qu'est-ce que tu vas faire, Mali ?
    Gao venait de rentrer. Grâce à la Naï-naï, il avait pu ramener un peu de viande pour en faire profiter sa femme et sa fille.
    — Je veux le meilleur pour Shaya. Il n'y a rien de bon ici, je veux partir. Et toi, que voulais-tu ?
    — Je ne veux pas partir. J'en ai marre que les nôtres soient ainsi traités. Je veux suivre Yao Fu.
    — Tu veux aller te battre à Haijing ? Mais vous n'allez même pas faire 100 kilomètres que l'on vous arrêtera...
    — Je m'en fiche. À quoi bon vivre une vie de fuite et de misère. Je préfère me battre.
    — Je ne veux pas ça pour Shaya. Je partirai avec elle, que tu le veuilles ou non.
    Gao se retira un instant pour réfléchir. Évidemment, il aimait sa fille et sa femme plus que tout. Mais cette vie de misère, il n'en pouvait plus. Il n'avait plus la force de marcher des centaines de kilomètres, peut-être plus de milles, pour trouver un paradis qui n'existait sans doute pas. Il n'avait pas envie de suivre la Naï-naï et de voir sa fille périr dans la difficulté de la marche.
    — Alors prends soin de Shaya. Nous nous retrouverons peut-être un jour.
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    12 février 2016
    À l'ouest de Hongmu


    Cela faisait deux semaines que le groupe marchait en direction du sud. Et pourtant, leur avancée était lente. Il fallait dire qu'avec tout ce qu'ils transportaient, chaque pas était une épreuve. Il fallait emmener de quoi s'abriter, manger et se couvrir. Certains étaient trop faibles pour faire de longues journées, et les enfants marchaient plus lentement que les adultes. Mali, elle, était fière de sa fille Shaya, qui avançait sans râler. L'enfant affrontait avec bravoure cette épreuve et aidait même les autres à porter quelques uns de leurs affaires.
    Arrivés plus au sud, la fraîcheur était un peu retombée. L'herbe était plus verte, et il venait de passer le fleuve Lengyue. Là, Naï-naï posa ses bagages et dit au reste du groupe :
    — Je vous propose de rester quelques jours ici. Nous pourrons pêcher dans le fleuve et retrouver quelques forces pour continuer ensuite. Restons une ou deux semaines, le temps qu'il nous faudra pour soigner les plus malades d'entre nous.
    Tout le monde approuva, sans grandes difficultés. Tous avaient besoin d'un peu de repos.


    16 février 2016
    Au nord-ouest de Haijing


    17h06

    — Haoyun, t'es sûr que ça suffira ? C'est quand même très surveillé, on ne va pas aller loin avec deux couteaux.
    — Tu as mieux comme arme, Laosheng ?
    Les deux baishanais venaient d'arriver dans la banlieue de Haijing. Ils étaient les premiers à s'être proposés pour tenter un coup dans le palais présidentiel. Leurs armes ne payaient pas de mine : le groupe des révoltés n'avaient pas les moyens de se fournir mieux que cela. Alors, Haoyun et Laosheng n'avaient qu'un couteau chacun pour se défendre et tenter de pénétrer le palais. La mission était risquée, ils le savaient. Et vue la surveillance du lieu, c'était même une opération suicide.
    — Tu peux encore faire demi-tour. Dit Haoyun.
    — J'ai abandonné ma femme malade pour ça. Je ne sais pas où ils sont partis, je n'ai de toute façon plus aucune vie. Alors allons-y.


    19h45

    Les deux baishanais étaient enfin en plein cœur de Haijing. Cela faisait maintenant six mois qu'on les avait délogés du Pinminku. Laosheng observait avec des yeux fascinés les stands de nourriture, il pouvait de nouveau humé le bœuf sauté au wok, le poulet braisé avec sa sauce un peu sucrée et les effluves épicées des huǒguō. Mais Haoyun attira son attention sur un bien triste spectacle.
    — Regarde ce que font ces fumiers.
    À leur gauche, les deux amis retrouvèrent leur Pinminku, cette enceinte surveillée où tout leur groupe s'abritait. Aujourd'hui, les portes étaient grandes ouvertes et l'on pouvait y voir des engins de chantier retourner la terre et détruire les derniers vestiges du Pinminku que le gouvernement avait incendié. Laosheng regarda avec tristesse le spectacle, puis il porta son regard sur le visage de Haoyun. Il y vit de la colère, jamais il n'avait vu cela chez quelqu'un d'autre. Là, il comprit que Haoyun était plus que jamais déterminé dans leur opération. Il ne reculerait pas, car il voulait leur vengeance. Et Laosheng l'accompagnerait.


    22h32

    Les grilles qui donnaient sur les jardins du palais présidentiel étaient fermées. Comme ils pouvaient s'en douter, chaque entrée était gardée par au moins deux gardes. Et passer au-dessus des murs gigantesques étaient impossibles : leur hauteur rendait l'opération dangereuse, et les toits en ligne brisée compliquaient toute intrusion. Haoyun fit signe à Laosheng de le suivre. Les deux hommes sortirent de leur cachette pour s'avancer discrètement vers une des voitures garées dans la rue. Là, Haoyun se baissa pour se cacher derrière et Laosheng l'imita.
    — On va prendre l'entrée ouest, il n'y a que deux gardes. Tu prends celui de droite, je prends celui de gauche. Et tout de suite, l'on grimpe la barrière.
    Laosheng fit un petit signe de tête pour signifier qu'il avait compris. Alors Haoyun lui fit une petite tape sur l'épaule et dit :
    — Courage à toi, pense à ta femme.


    22h35

    Deux hommes sortirent de derrière une voiture. Dans l'obscurité, l'on aurait dit deux ombres. Dans la ruelle ouest du palais présidentiel, il n'y avait personne. Les murs opaques empêchaient toute vue sur le palais, et les touristes l'évitaient. De toute façon, à cette heure-ci, seul le centre de Haijing et les digues étaient vraiment actives. Les gardes présidentiels furent interloqués par ces ombres qui avançaient vers eux. Mais celui de gauche n'eut pas le temps de réagir qu'une lame s'enfonça dans le bas du ventre. Le second appela tout de suite au renfort en criant :
    — Jiaqiang !
    Laosheng leva son couteau, mais le garde, plus rapide, para le coup. Un bruit métallique claqua. La lame tomba sur le bitume. D’un revers, le militaire jeta Laosheng au sol. Haoyun vint à la rescousse de son ami en menaçant le garde. Mais ce dernier eut le temps de sortir son arme, un QBZ-95, et abattit l'assaillant. La mission venait d'échouer.


    17 février 2016
    Palais présidentiel


    — Tu es là ! Tu vas bien ?
    Yuming entra dans le bureau du président Po, son père. Elle avait appris en se levant qu'il y avait eu une tentative d'intrusion dans le palais. Naturellement, elle s'était inquiétée pour son père. Dans le bureau du président se trouvaient une petite troupe de gardes, le Premier-Secrétaire au Secrétariat de la Sécurité Nationale Huili Yun, et un homme menotté et assis à une chaise. Yuming entra silencieusement et observa.
    Donfang menait lui-même l'interrogatoire.
    — Combien êtes-vous ?
    — Plein. Répondit Laosheng dans une tentative de faire peur.
    — Où êtes-vous basés ?
    — Loin. Répondit-il sans coopérer.
    — Bien. Se contenta le président avant de se tourner vers les chefs de son armée. Fouillez et retrouvez son camp, séparez les enfants de leurs mères et abattez les hommes. Qu'aucune attaque ne soit rendue possible. Relâcher celui-là qu'il puisse porter ce message aux siens. Chūqù ba.
    Les hommes sortirent avec le prisonnier. Dongfang Po fit signe à son Premier-Secrétaire de rester. Yuming, quant à elle, resta dans la pièce pour suivre la fin de l'échange.
    — Assurez-vous que cet homme ne puisse plus mener aucune attaque à Haijing.
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    20 février 2016

    Gao avançait sur la pointe des pieds. Tout doucement. En faisant le moins de bruit possible. Il avait dans ses mains son arc bricolé avec le bois récolté dans les environs. Devant lui, un jeune cerf attrapait des feuilles d'un arbre pour les mâcher. Le chasseur le savait, le moindre bruit pourrait le faire fuir. En cette fin d'hiver, tous les gibiers étaient bons à prendre. Le groupe avait besoin de force pour partir à l'assaut de Haijing. La première salve était parti depuis plusieurs jours, et plus aucune nouvelle n'avait été donnée par Laosheng et Haoyun. Ils avaient sûrement été tués, c'est ce qu'ils se disaient tous.
    Gao visa la bestiole et banda son arc, prêt à tirer. Mais à ce moment-là, le cerf tourna ses oreilles vers l'arrière intrigué par un bruit. Il ne chercha pas à comprendre davantage, il prit la fuite au moment où Gao tira sa flèche. Le bois taillé se planta dans l'arbre derrière, sans atteindre sa cible. Gao pesta, un cri venait de faire fuir la bête. Qu'est-ce que c'était encore ?
    — Yao Fu ! Gao ! Criait la voix.
    Gao se releva et récupéra la flèche plantée dans l'arbre. Il revint au campement qui se situait à quelques centaines de mètres et d'où la voix s'était échappée. Là, il trouva tous les hommes réunis vers l'auteur des cris.
    — Qui est-ce ? Demanda Gao en essayant de passer à travers le mur de personnes qui lui bloquait le passage.
    — C'est Laosheng. Dit l'un d'entre eux.
    — Laosheng ? On le croyait tous mort !
    Gao avança, faisant des coudes pour se frayer un chemin. Il trouva le jeune homme agenouillé, en pleurs, recouvert d'un linge sale tacheté de sang et de poussière. Gao le saisit par les épaules.
    — Laosheng ! Tu es de retours ! Que les dieux soient loués ! Où est Haoyun ? Que s'est-il passé ?
    L'homme continua de pleurer quelques secondes avant de bafouiller.
    — Haoyun... ils... ils l'ont tué !...
    — Que s'est-il passé ? Demanda à nouveau Gao.
    — On a tenté d'entrer dans le palais de Po, là, les gardes ont riposté. L'un m'a mis à terre et a tiré sur Haoyun. Il l'a tué ! C'est de ma faute !
    Gao ressaisit Laosheng par les épaules en lui criant sévèrement :
    — Non, ce n'est pas de ta faute. Ne dis pas ça ! Que s'est-il passé ensuite ?
    — Ensuite... ensuite, ils m'ont mis dans une cellule, ils m'ont donné de la pâtée pour chien. Comme j'avais faim, j'ai tout mangé.
    — Et ensuite ? Comment tu t'es libéré ?
    — Ils m'ont emmené voir le président Po le lendemain.
    — Tu l'as vu ? Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
    — Ils ont voulu savoir où nous étions. J'ai rien dit, j'vous le jure ! J'ai été muet comme une tombe ! Il a ensuite dit qu'ils allaient retrouver nos femmes et nos enfants pour les séparer.
    Les regards inquiets s'échangèrent dans l'assemblée d'hommes. Gao lâcha un juron.
    — Et ensuite ?
    — Ensuite... ils m'ont libéré pour que je porte ce message.
    — Ils t'ont libéré ? Comme ça ?
    L'homme continuait de pleurer.
    — Non, ils ont voulu s'assurer que je ne commette plus aucune attaque. Regardez !
    En pleur, l'homme souleva le linge tacheté pour montrer ses bras. Au bout de ses poignets, ses mains avaient été coupées nettes, laissant deux moignons ensanglantés proches de l'infection.
    — Regardez ce qu'ils ont fait ! Pleura l'homme.
    Gao, le regard furieux, prit l'homme entre ses bras.
    — Nous te vengerons, Laosheng. Nous te vengerons, toi et Haoyun aussi.




    23 février 2016
    À l'ouest de Hongmu


    — Non, c'est pas comme ça qu'on fait.
    Xiaoming prit un autre galet et s'avança dans l'eau. Elle était froide, mais le jeune garçon n'était pas frileux. Il fléchit les genoux et jeta la pierre qui fit quelques ricochet dans la rivière.
    — T'as vu, c'est comme ça. Un coup sec du poignet.
    La fillette acquiesça. Elle récupéra à son tour un galet et entra dans l'eau du fleuve. Elle grelottait un peu, mais elle voulait absolument réussir à faire ses premiers ricochets. Elle fléchit les genoux et lança la pierre. Cette dernière vint finalement rebondir une fois sur la surface avant de disparaître dans l'eau.
    — J'ai réussi ! Cria-t-elle.
    — Bravo, Shaya ! La félicita le jeune garçon.
    Les deux enfants regagnèrent la rive pour récupérer de nouveaux cailloux. Mais les grondements de gros véhicules vinrent briser le moment paisible qui les voyait s'amuser. Deux gros camions militaires vinrent encercler les deux enfants. Depuis qu'ils avaient été délogés du Pinminku, ils avaient tous peur de ces véhicules. Et l'allure menaçant des hommes qui en sortirent n'avait rien de rassurant. L'un d'eux s'avança. Les deux enfants reculèrent, mais le fleuve leur faisait obstacle. La fuite n'était pas possible. Alors le militaire attrapa Shaya par les cheveux. La fille hurla. Xiaoming se lança en direction du militaire.
    — Laissez-la tranquille !
    Mais l'homme, costaud comme un buffle, attrapa le bras du garçon maigrichon et le lança devant sur les galets. Le genou du jeune homme se coupa sur les pierres tranchantes. Aïe ! Puis le militaire l'attrapa par le col de son T-shirt souillé.
    — Vous allez m'emmener vers vos parents, plus vite que ça.
    Il embarqua les deux enfants dans les véhicules.

    Quelques minutes plus tard, la cohorte arriva au campement de fortune où Naï-naï et Mali, accompagnées des autres femmes, attendaient le retour de Xiaoming et Shaya. Leurs regards se teintèrent de peur quand ils virent approcher les fourgons blindés de l'armée baïshanaise. Le chef de la patrouille sortit avec les deux enfants. Les militaires autour étaient tous armés, effrayants.
    — Shaya ! Crai Mali en voyant sa fille.
    Elle approcha en sa direction. Tous les fusils se pointèrent alors sur elle. Elle s'arrêta, comprenant la menace. Le chef de l'armée parla :
    — Que les enfants s'approchent par ici. Les adultes, restez en arrière. Que personne ne tente d'actions héroïque ou son corps ira nourrir les poissons du Lengyue.
    Personne n'osa bouger, alors les fusils se levèrent de nouveau en direction du groupe.
    — Et que ça saute ! Vous avez deux minutes, où nous tirons sur tout le groupe !
    Sous la contrainte, les mères lâchèrent leurs enfants en les conduisant à l'écart du groupe. Les plus jeunes tenaient la main des plus grand, et ceux qui n'étaient pas encore en âge de marcher furent confiés aux plus âgés capable de les porter. Le colonel fit signe au groupe d'enfant.
    — Montez !
    Les militaires conduisirent les enfants dans les camions. Et le costaud reconduisit Shaya et Xiaoming dans le fourgon qui les avait menés ici. Les militaires commençaient à repartir. Dans un instinct maternel, Mali s'avança vers les véhicules.
    — Shaya !
    — Maman ! Répondit la petite fille en pleur.
    Naï-Naï attrapa Mali par le bras, elle savait que les armes se pointaient sur elle. Et comme pour lui donner raison, un militaire tira une balle dans la jambe gauche de Mali. La mère s'écroula sur le sol en pleur, la main en direction de sa fille.
    — Shaya !
    — Maman ! Lui répondit une dernière fois l'enfant.
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