09/04/2019
20:19:57
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[Grand Ling - Westalia] Là où l'Ouest rencontre l'Est.

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Cité Pourpre, Neijing
LÀ OÙ L'OUEST RENCONTRE L'EST.
Rencontre Grand Ling - Westalia.

Dans les allées sinueuses du Palais Pourpre, deux hommes échangeaient à la lueur du petit matin de février. Le visage émacié du Premier Ministre hochait régulièrement aux propos de l'Empereur.
Le sujet de leur entretien matinal était connu de toutes les oreilles du Palais : Enfin, Westalia rencontrerait le Grand Ling après des années de tractation et d'empêchement.
Pour ZHOU Lee, le Premier Ministre, cette rencontre marquait la deuxième grande rencontre de son mandat après le Burujoa l'année précédente. Elle devait permettre d'ouvrir le marché aleucien au Grand Ling. Ling Jiajing et ZHOU Lee ne s'en cachaient pas, ils espéraient pouvoir vendre des services et des biens manufacturés contre des devises fortes et des techniques.
Ils espéraient trouver une oasis amicale dans un désert d'inconnus.

La rencontre avait été planifiée il y a un an déjà et devait se tenir en mai 2015, mais Crohn était revenu, empêchant le Premier Ministre de remplir pleinement sa mission, ce qui avait donné bien de grain à moudre pour l'Opposition. Et pendant ce temps-là, le monde n'avait pas arrêté sa course effrénée. Westalia avait changé, en bien, il fallait l'espérer, le Nazum était retourné dans son sommeil de surface et le Grand Ling avait poursuivi sa morose croissance tandis que ses représentants se tuaient sur l'avenir de leurs enfants.
Il était dit en Eurysie qu'un peuple qui va bien est un peuple qui fait la fête, alors il avait été décidé que le Grand Ling se mettrait à refaire la festoyer. La rencontre tant attendue serait également sous le signe de la fête.

Les autorités du Grand Ling avaient planifié un accueil en fanfare à l'aéroport de Neijing-Padong. Profitant d'un trafic bien moindre que l'autre aéroport neijinganese pour étendre la fête plus longtemps. Ensuite, le train impérial attendrait l'ambassade westalienne pour prendre la route de la gare du Palais Pourpre, dédiée à la famille impériale et ses invités uniquement. Et de là, un dîner faste serait organisé.
C'était peu ou prou le sujet de discussion des deux hommes, les lèvres remuant à peine et un voile de vapeur s'échappant dans la fraicheur de l'hiver au rythme de leurs mots.


Le Jour-J.
Février touchait à sa fin, dans quelques semaines, il ferait de nouveau chaud à Neijing et le brouillard de l'hiver laisserait la vie reprendre, et Demeter des croyances eurysiennes anciennes, cesserait de pleurer sa fille. Les sifflements particuliers des avions s'était tut depuis la veille lorsque les autorités avaient décidées d'une zone d'exclusion aérienne mais un irreductible voulu braver l'interdit. C'était attendu puisqu'il s'agissait de l'avion présidentiel westalien. Il se posa sur la piste 26 droite, la plus proche du terminal. Dans un balai de fourmis, l'imposant biréacteur fut guidé par le personnel aéroportuaire jusqu'à sa voie de garage et relativement proche de là où on espérait que le tapis rouge serait déployé sitôt l'escalier en place.

Sur le tarmac, Leurs Majestés étaient présentent mais également le Premier-Ministre, son épouse et l'Ambassadeur de Westalia au Grand Ling ainsi que sa suite. Derrière, se tenait des soldats lingois, certains soldats de la Garde Impériale et une fanfare s'appretant à jouer l'hymne westalien puis l'hymne lingois. La porte ermétique de l'avion s'ouvrit et quelques instants après, le président BELAGRI et sa suite apparut noyés sous les flash de la presse nationale et étrangère. L'hymne retentit lorsqu'il posa le pied sur l'escalier et lorsqu'il fut sur le plancher des vaches c'est celui du Grand Ling qui fut joué. Non sans que les lingois aient la main sur le coeur au détriment de toutes les politesses obligatoires.

Sa Majesté Ling Jiajing vint serrer la main du président, il dit.
Enfin, nous nous rencontrons.

Armoiries de l'empire du Grand Ling
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Simeon Belagri, le Président Fédéral de la Grande République de Westalia.
Simeon Belagri, le Président Fédéral de la Grande République de Westalia.

Contrairement à ce que beaucoup de cartes souhaiteraient faire croire, la Grande République n'est pas si loin du Nazum. En réalité, les voyages aériens entre Columbia et les plus proches villes de ce grand continent s'étalent sur des distances presque aussi grandes et sur un temps tout aussi long que pour aller jusqu'à l'extrême sud-est de l'Aleucie, en partant de Westalia. Cette proximité géographique est souvent oublié des populations d'aujourd'hui, mais elles ne l'avaient pas été pour les colons originaires du Nazum, quelques siècles plus tôt, et qui ont construit une société riche, nouvelle et prospère tout autour du Golfe de Kamishiwa et même à travers le pays au cours de la période la Grande ruée vers l'or westalienne, au milieu du XIXème siècle. Les descendants de ces colons et de ces immigrés étaient en très grandes majorité originaire de l'Est-Nazum, dont certains devaient sûrement avoir une origine dans le Grand Ling. Ces colonies "nipozams", un nom romanisé et très généraliste que l'on pourrait interpréter comme "westalo-nazuméen", ont joué un grand rôle dans le commerce régional jusqu'au début du XXème siècle, avant d'être annexées pacifiquement par le Président à vie Henry Horvanx, en 1901. Contrairement aux autres populations non-austariennes, qui ont connu une intégration beaucoup plus difficile dans leur histoire, les nipozams sont rapidement devenus une ethnie motrice de la croissance westalienne et ceci dès l'avènement de la Grande République, en 1919. En effet, le fondateur de cette dernière, Stanislas Asfort, est issu d'un père austarien et d'une mère nipozam, une origine qu'il mettra à profit pour valoriser la place de sa communauté maternelle au sein de la nouvelle démocratie westalienne. Ainsi, de nombreuses personnalités importantes sont issues de cette communauté, telles que Seiji Ishiyama, ancien Président Fédéral entre 1931 et 1943 ou encore le très puissant dirigeant d'Akiyama Corporation, Hirayoshi Akiyama, probablement l'un des hommes les plus riches d'Aleucie aujourd'hui, pour ne citer que quelques noms des plus connus.

L'initiative d'un rapprochement avait été initiée par le Grand Ling, au cours de l'époque conservatrice des hardenboriens, les prédécesseurs du gouvernement actuel. A l'origine, la rencontre aurait dû se dérouler au cours du mois de mai 2015, soit quelques semaines avant l'entrée dans la période la plus intenses des scrutins électoraux de l'année dernière, ceux ayant permis en fin d'année d'amener au pouvoir l'alliance de gauche mener par Simeon Belagri, devenant le douzième Président Fédéral de la Grande République, au bout de trois campagnes présidentielle face à son rival historique Victor Hardenbor, bien que ce dernier avait de son propre chef annoncé qu'il ne se représenterait pas à un septième mandat pour des raisons de santé, ayant laissé sa place à son nouvel héritier désigné, Arthur Horvanx, acteur célèbre, chef du gouvernement entre 2014 et 2015 et surtout arrière petit-fils du dictateur de la même dynastie, qui finira par perdre de peu les élections. L'année 2015 avait été chaotique pour les affaires intérieures westaliennes et il est probablement plus intéressant de voir cette rencontre à Neijing se dérouler aujourd'hui, dans un contexte où la nouvelle force politique au pouvoir est beaucoup plus ouverte que la précédente et surtout dans une année westalienne sans aucun calendrier électoral, donc avec le moins de pression politique.

Depuis le début de l'année, le nouveau gouvernement avait affiché un objectif clair en multipliant les rencontres diplomatiques : créer des partenariats commerciaux majeurs pour le pays, tout comme dans la recherche de nouvelles alliances autre qu'en Aleucie, avec des acteurs internationaux divers et variés. Les événements de ces dernières années avaient convaincu qu'il y avait une nécessité à élargir le spectre diplomatique de la Grande République, en élargissant de façon drastique ses contacts, tout comme le nombre de relations amicales qu'elle doit tisser, tout cela dans le but de se positionner en tant que nation d'envergure internationale, bien loin des affaires aleucio-centrées qu'on lui a longtemps prêté depuis sa sortie d'isolationnisme. S'il n'est pas question de s'écarter de leur continent d'origine, qui reste dans le regard principal des dirigeants de Columbia, le Nazum semble être le second point d'intérêt de ces derniers et le Grand Ling pourrait avoir une certaine opportunité à négocier des accords et un partenariat fort avec ces westaliens qui s'intéressent grandement à son continent, tout particulièrement les puissants groupes d'entreprises qui cherchent à s'y implanter de plus en plus férocement ces derniers temps.

A la sortie de l'avion, emmitouflé dans son épais manteau gris foncé, le chef de l’État s'avança en premier sur les escaliers menant jusqu'au sol, un grand sourire chaleureux sur le visage à l'écoute de son hymne national et probablement pour le jeu des journalistes westaliens, lingois et étrangers venus immortaliser la rencontre. Suivi de toute une suite de diplomates, de conseillers et d'interprètes l'ayant accompagné jusque sur ces terres. Avançant progressivement sur le tapis rouge, ce dernier vis s'approcher le monarque, le dirigeant du pays l'accueillant aujourd'hui. Après s'être exprimé et l'invitant à serrer sa main, le Président Fédéral répondit :

Simeon Belagri : Votre Majesté, c'est un plaisir partagé que de pouvoir se rencontrer dans votre magnifique pays. C'est la première fois que je pose pied au Nazum et c'est un véritable honneur que de pouvoir le faire au Grand Ling. Je crois très sincèrement que cette rencontre permettra le développement de relations fortes, prospères et bénéfiques à la croissance de nos deux peuples.

Toujours avec un grand sourire amical, la poignée de main dura suffisamment longtemps pour qu'elle soit photographiée de nombreuses fois par la presse, sous une nuée de flashes. Il en valut de même lorsque les autres grandes personnalités ayant attendu la venue du dirigeant westalien vinrent le saluer de la même façon, entamant officiellement le début de cette visite au Grand Ling, où beaucoup d'espoir étaient attendus de l'autre côté du Scintillant, quant à la signatures d'accords qui permettrait à la puissance commerciale westalienne d'entrée par l'une des grandes portes du marché nazuméen.

Cité Pourpre, Neijing
LÀ OÙ L'OUEST RENCONTRE L'EST.
Rencontre Grand Ling - Westalia.

La poignée de main fut longue tant parce que les deux homologues avaient été formés à savoir contenter l'avidité de la presse que puisqu'elle avait un symbole fort. Le Grand Ling avait, par ses Grandes Explorations du XVI-XVIIe siècle, déjà foulé le sol de Westalia. L'implantation fut courte, juste assez pour offrir quelques soieries que le Temps oublia dans une tombe ou deux. Alors, quand le président westalien arriva sur le sol lingois c'était comme si l'on avait remonté les âges en quête d'un passé commun à explorer.
Le Grand Ling avait développé un très fort intérêt envers les nations libérales et socio-libérales du monde. Il voulait impérativement exporter sa main d'œuvre, mais également ses entreprises et techniques pour rattraper des siècles de dévolution que la Dynastie Liang, par son isolationnisme, avait provoquée.

L'année 2015 et plus à fortiori l'année 2016 étaient charnières pour le Grand Ling. Des domaines d'excellences se montraient et la Réforme de l'Enseignement devait apporter avec elle de nouveaux cerveaux pour passer d'un pays usine du monde à un pays spécialisé. Les industriels lingois et le Gouvernement voyaient en les hautes technologies un attrait particulier, aussi les secteurs des technologies de l'information et de la communication (TIC) comme le secteur des transports étaient ceux qui semblaient les plus prometteurs. Le Grand Ling voulait mettre en place de grands fleurons lingois exportables et bénéficier de leur réussite pour mettre en place tout un tissu industriel pour qui le ruissèlement serait bénéfique.
Dans cette configuration, impossible de compter sur des nations trop sociales ou trop communistes car les régulations à outrance ou le sur-contrôle de l'État étaient des freins importants.
L'État fédéral était alors persuadé qu'ailleurs, dans le monde, certaines nations seraient plus enclines à tisser des liens forts et des partenariats durables. Westalia, avec la Lermandie, étaient les nations aleuciennes suggérées par les services diplomatiques de l'Empire.

Donc, quand M. le Président serra la main de Sa Majesté, Ling Jiajing su que le choix de ses services avait de grandes chances d'être les bons.

- Votre Majesté, c'est un plaisir partagé que de pouvoir se rencontrer dans votre magnifique pays. C'est la première fois que je pose pied au Nazum et c'est un véritable honneur que de pouvoir le faire au Grand Ling. Je crois très sincèrement que cette rencontre permettra le développement de relations fortes, prospères et bénéfiques à la croissance de nos deux peuples.

- Et puisse votre venue ici être la plus plaisante de vos pérégrinations nazumi. Sa Majesté lui sourit puis reprit. Je suis certain que cette rencontre sera effectivement bénéfique pour nos deux grandes nations.

Les deux hommes déambulèrent sur le fameux tapis rouge conduisant vers une limousine noire blindée estampillée des armoiries impériales et se noyaient dans un cortège de SUV tout aussi noirs et imposants. Durant ce court trajet, Sa Majesté avait déjà eu l'occasion de présenter son épouse l'Impératrice Ling Fang, son Premier Ministre ZHOU Lee ainsi que l'épouse de ce dernier. L'Empereur échangea quelques banalités sur la fraîcheur du temps, sur le vol du président westalien et sur l'environnement autour d'eux. Une chose si drôle à voir que finalement, malgré l'importance de leurs fonctions, ces deux hommes n'étaient que des êtres humains placés là.
Le cortège se lança finalement en direction de la Cité Pourpre où le gros de la rencontre aurait lieu. La Cité Pourpre n'était ni plus ni moins que le palais impérial et jusqu'aux années 1990, le siège du Gouvernement de Sa Majesté.

Monsieur BELAGRI et Sa Majesté furent conduites dans l'une des — trop — nombreuses pièces secondaires du palais, non loin des pavillons principaux et à l'abri des journalistes. C'était en fait le cabinet de travail de Sa Majesté. Si on voyait que le complexe palatial en lui-même était ancien, le cabinet disposait de tout le confort moderne. La majorité de la Cité Pourpre ayant été modernisée au fur et à mesure des rénovations successives. Dans cette pièce rectangulaire où le calme revint, Ling Jiajing se détendit bien plus. Des eunuques ravivèrent un feu endormi dans l'âtre tandis que le Premier Ministre ZHOU invita le président westalien à s'asseoir sur l'un des deux canapés qui se faisaient face.
L'Empereur vint s'asseoir face à son homologue chef d'État.

Nos services diplomatiques ont expliqué aux vôtres, je crois, certaines des attentes du Grand Ling. Monsieur TAKAJIMA avait alors, à l'époque, fait savoir que nos demandes étaient acceptables pour vous. Si cela est toujours d'actualité, nous pourrons les officialiser dans le traité que nous espérons signer avant votre retour chez vous. L'une des portes du cabinet s'ouvrit et un eunuque apporta un plateau de bois fin sur lequel était disposé un service à thé. Il le déposa au centre de la table et s'en alla après s'être incliné. Ah ! Parfait. Aimez-vous le jasmin ? C'est la note principale de ce thé que nous offrons uniquement à nos invités prestigieux. D'ailleurs...
Sa Majesté ne put finir sa phrase. Un deuxième eunuque qui, pour n'importe quel occidental ressemblait à tous les autres, apporta un second plateau de bois fin sur lequel était déposé un coffret en cloisonné.
Excellent. Voici pour vous, en gage de notre estime, un peu de Brume Céleste. Ce thé pousse dans nos montagnes pour la consommation exclusive de la Maison Impériale et, des amis. Sa Majesté lui sourit.
La Brume Céleste était le thé le plus cher et le plus rare du monde puisque exclusivement destiné à la consommation de l'Empereur, de la Maison Impériale et des amis de marque de l'Empereur. La Brume poussait dans les hauteurs des Yushang à 1'382 m d'altitude, dans un lieu isolé et hautement sacré où des théiers centenaires, fruit de plusieurs siècles de croisement contrôlés, étaient entretenus par un ordre monastique fondé en 1022 sous les Jia. Chaque feuille était cueillie à la main au crépuscule pour bénéficier de l'humidité de la nuit. Seulement quelques dizaines de kilogrammes étaient produits tous les ans. La conception du thé nécessitait une fermentation à froid ainsi qu'un vieillissement sous terre dans des jarres d'un jade extrêmement pur. Une infusion finale dans une eau – de préférence de source – offrait toute sa saveur à ce thé. Les notes étaient considérées comme subtiles. En première bouche, on retrouvait de la fleur de jade, une essence délicate obtenue par la culture du thé sous son treillage de jasmin de jade, ainsi que du miel d'orchidée blanche, issue de la culture d'orchidée par le même ordre monastique.
La seconde bouche, c'est-à-dire les arômes qui étaient perçus juste après la première bouche, mais qui ne présentait aucune longueur, se rapprochait de notes plus rustiques. Un fort arôme de yuzu sauvage offrant une touche d'agrume offrait au thé de la vivacité que la note de bois de santal bleu et sa chaleur terreuse et boisée venait sublimer.
Enfin, ce thé, dont l'arrière-goût était assez long, offrait une saveur douce-amère grâce à ses notes d'umami marin et de champignons dorés fermentés.
*

Après que Sa Majesté ait servi un peu de thé à ceux qui en voulaient autour de cette table basse et qu'il ait dégusté sa première gorgée, il reprit calmement.

Aujourd'hui, le Grand Ling voudrait développer ses partenaires extra-nazumis. Westalia semble tout indiquer pour nous permettre d'exporter une expertise que certaines de nos entreprises ont. SEA-N-1, notre câble sous-marin de fibre optique pourrait être poursuivi jusqu'à chez vous. Il prit une pause pour boire une gorgée qu'il savoura avant de poursuivre. Nous sommes très impliqués dans le développement des TIC. D'ailleurs, notre leader national, Weihua, travaille actuellement avec d'autres sur la 5G qui va être l'avenir des télécommunications dans le monde.
Il marqua une courte pause avant de reprendre, sa tasse de thé reposée sur la table basse. Du regard, il jaugeait son homologue ainsi que ceux de sa suite présents dans le bureau.
Bien évidemment, nous devons parler des moyens de transports. Si vous avez un peu étudié notre nation, vous savez que nombreux lingois et lingoises sont des ferrovipathes dans l'âme. Nous avons le réseau Grande Vitesse le plus développé du Nazum avec probablement le Burujoa en deuxième position. Pour la première fois, cette année, des trains intégralement conçus – du cahier des charges à l'acier, des bogies et l'électronique embarqué – vont sortir des usines lingoises. Nous utilisions des licences de production achetées à l'étranger, il y a encore peu. Je suis sûr que pour le ferroviaire ou l'aérien, ou le routier ; nos nations vont pouvoir s'entendre comme nous nous entendrons sur les TIC.

Armoiries de l'empire du Grand Ling
Note HRP :* : Ce pavé descriptif provient initialement de la description faite de la Brume Céleste dans mon RP rencontre diplomatique entre le Grand Ling et le Burujoa. Etant donné que je ne me suis pas amusé à trouver d'autres mots pour décrire la même chose, j'ai fait le choix de le c/c et de le passer en balise ignore.
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Après ce premier échange de courtoisie, le Président Fédéral suivit de prêt le souverain lingois vers la limousine blindée qui allait les amener vers le lieu de leur rencontre. Une fois à l’intérieur, il poursuivit les échanges avec les différents représentants de l’Empire à bords du véhicule, en compagnie de leur femme. Si le trajet fut court, il ne fut pas pour autant absent de distraction, tout particulièrement visuel. L’architecture lingoise fut très agréable à observer tout au long du trajet, un style “oriental”, ou plutôt “nazuméen”, qui est très apprécié en Westalia de façon très général, tout particulièrement dans les villes bordant le golfe de Kamishiwa, qui entretiennent également une certain mariage entre tradition et modernité, voyant les grands parcs et les temples du Shinbustu Shugo, ce syncrétisme religieux entre le shintoïsme et le bouddhisme, et les impressionnantes tours des quartiers d’affaires de ces dernières, la ville de Kaijotoshi en tête de cette liste. D’un point de vue plus contemporain, de nombreux courants artistiques retrouvent une certaine fascination envers les cultures du Nazum, particulièrement pour sa partie orientale ou méridionale. On parle en Westalia de culture “néo-nazuméenne”, qui tire ses origines de la jeunesse nipozam des années 90, qui “redécouvre” leurs origines de ces terres lointaines, dont de nombreuses traditions importées ont réussi à survivre jusqu’à aujourd’hui. Dans certains films ou tableaux récents sur le sujet, on retrouve notamment une certaine forme de spiritualité et de grandeur liées à cette idée, tandis que des oeuvres d'adaptation ou d’inspiration de légendes ou d’histoire issue du Nazum, en série, film ou dessins animés, connaissent un véritable succès, au-delà des frontières de l'État-Républicain de Lerant. Aucune nation ou peuple du Nazum n’est particulièrement visé par cet engouement moderne, mais un rapprochement entre le Grand Ling et Westalia ne pourrait pas être vu comme mauvais par la population westalienne, qui devrait sans trop de soucis approuvé ce nouveau regard diplomatique accordé à ce continent riche en culture.

La Cité Pourpre est probablement l’un des édifices les plus impressionnants du Nazum, dont il ne faut pas confondre avec le Château de pourpre de Columbia, résidence officielle du Chef du gouvernement fédéral, qui, bien qu’un bijou architectural westalien, n’était que bien peu en comparaison avec le Palais impérial lingois. Le Président Fédéral Belagri, n’étant jamais venu sur ces terres, il n'avait de connaissance sur cette grande structure que les descriptions et les photos qui avaient pu lui être présentées avant sa visite ou au cours de sa réunion de préparation à cette rencontre. Il y avait au moins une chose réussie à cette venue, c’était de voir le dirigeant westalien impressionner par la beauté de la Cité, probablement l’une des nombreuses fonctions de cette dernière, facilement identifiable par son caractère très expressif et particulièrement étrange pour un westalien ayant vécu au sein de la plus haute classe sociale du pays, celle des Dynastic Families, où la concurrence, les intrigues et les complots sont monnaies courantes, tout particulièrement quand il est question d’influence et d’argent. C’est probablement ce décalage qui en a fait une personnalité appréciable pour la population.

Après être rentré dans le palais et s’être installé dans la pièce qui hébergera la rencontre, le Président fédéral écoute avec attention et sérieux les premiers mots du souverain impérial, auquel il va rapidement répondre.

Simeon Belagri : Votre Majesté, à la lecture de ces précédents échanges que vous avez pu avoir avec nos prédécesseurs, il n’y a aucune raison qui nous pousserait à changer de cap sur la vision que ces derniers vous ont partagé. Les points sur lesquels notre pays et le vôtre se sont mis d’accord sont toujours d’actualité pour cette rencontre, de notre point de vue. Vous pouvez donc être rassuré sur la continuité de ce qui a déjà été convenu jusqu’à présent et nous avons pleinement confiance que ces échanges permettront d’aboutir à de grandes choses.

Très peu de temps après avoir fini de s’exprimer, un eunuque entra dans la pièce avec du thé. Il faut dire que ce genre de personnage est un peu “fantastique” dans l’imaginaire collectif westalien, autant dire que c’est également la première fois que le Président fédéral rencontre un eunuque de sa vie… Voilà bien un voyage riche en découverte et en nouveauté pour le chef d’État westalien. Servant la somptueuse boisson, Simeon Belagri fit un geste de remerciement pour en avoir été servie, écoutant l’Empereur s’exprimer une nouvelle fois au sujet du thé qui venait de leur être servi, avant qu’un second eunuque (ou “est-ce le même que tout à l’heure ?”, pensa le Président) n’entre dans la pièce avec un service à thé, un cadeau diplomatique du Grand Ling. Il savait que la Brume Céleste était un mets particulièrement rare et précieux, sans pour autant en connaître tous les détails, n’étant qu’un consommateur occasionnel de ce genre de boisson, qu’il appréciait malgré tout, au contraire de sa femme, bien plus habitué à en consommer que lui et qui serait sûrement ravis d’un tel cadeau une fois de retour au pays. A ce moment, il ne pouvait s’empêcher de penser à une phrase que répète souvent son épouse à ce sujet : “Le café est fait lorsqu’on a encore du travail à faire, le thé est là pour se détendre après un travail bien accompli”.

Simeon Belagri : Je vous remercie pour ce cadeau d’une aussi grande valeur. C’est un honneur de se voir offrir de la Brume Céleste. Je serai en faire un grand usage et savourer chaque gorgée de cette admirable production ancestrale lingoise.

Il prit sa tasse et bu délicatement une gorgée de son contenu. Malgré son attitude ouverte et ses grandes expressions, le Président fédéral avait une manière très délicate de boire et de tenir son récipient, suivant les règles d’étiquette très proches de celles respectées par la haute noblesse austarienne. La famille des Belagri n’était bien évidemment pas membre d’une quelconque noblesse, mais en Westalia, dans une république débarrassé de toute monarchie depuis plus de deux siècles, les plus hautes strates de la sociétés ont toujours conservé de nombreuses traditions héritées des nobles austariens, que cela soit les westals au cours de la Ier République, les Goldmakers sous la dictature ou même les Dynastic Families sous la Grande République. Peu importe leurs bords politiques, ce respect de l’étiquette est quelque chose d'ancré dans l’éducation de leurs enfants, qui sont obligés d’en apprendre les moindres détails très jeunes, avant d'être présentés publiquement à la haute société.

Simeon Belagri : Ce thé est d’une saveur aussi unique qu’agréable. Il n’y a aucun doute que c’est sûrement le plus savoureux que j’ai goûté. Je vous remercie profondément de m’avoir fait partager ceci. J’espère pouvoir en faire autant en vous offrant quelques bouteilles d’un vignoble que je possède, une propriété multi-centenaires, encore plus ancienne que Westalia, et qui produit les meilleurs vins d’Aleucie. Je demanderai à mon retour qu’une de mes bouteilles les plus estimées puisse vous être délivrée en guise de remerciement pour ce thé. Ce premier échange culturel, par des productions qui font le prestige de nos deux peuples, ne pourra rendre que le goût de ces dernières encore meilleur qu’aujourd’hui.

Une fois les premiers échanges de courtoisie terminés, le Président Fédéral reprit un air sérieux et attentif aux propos de l’Empereur, savourant lui aussi le thé qui lui avait été servi précédemment. Il y avait encore plusieurs détails à éclaircir sur les premières propositions qui ont été faites à la Grande République, mais, dans l’ensemble, il y avait des points intéressants à développer pour obtenir un partenariat intéressant avec le Grand Ling.

Simeon Belagri : L’Aleucie, ou plutôt principalement le sud et l’ouest du continent, partage un réseau de câbles sous-marins de fibres optiques important, principalement développé par les akaltiens. La Grande République, dans son objectif d’étendre son accès au monde, a un grand intérêt pour ce genre de projet majeur. Nous serions donc tout à fait favorable à voir le SEA-N-1 se poursuivre jusqu’en Westalia. Nous pourrons vous mettre en contact avec les institutions en charge de ce type de projet international, pour permettre une plus grande fluidité dans les potentiels travaux.

La 5G est également une technologie intéressante et qui attire de nombreux regards sur nos futurs moyens de communication. Je vous rejoins donc sur l’importance de cette dernière dans l’avenir proche qui s’annonce. Peut-être que votre leader national, Weihua, pourrait trouver un certain intérêt à travailler avec notre fleuron dans ce secteur, Ashin (Akiyama tsūshin), qui développe également de son côté des technologies similaires. Je pourrai vous mettre en relation avec ces derniers pour voir émerger un projet commun permettant d’avancer considérablement les recherches de chacun et de voir naître, par la même occasion, le développement d’une révolution technologique westalo-lingoise dans ce secteur d’avenir.

La Grande République héberge de nombreuses entreprises spécialisées dans le transport de marchandise, par la terre, par les airs et tout particulièrement par la mer. Peut-être avez-vous déjà entendu parlé d’Akiyama International Transport ? Ils sont surtout célèbres à l’international pour leurs imposants porte-conteneurs qui naviguent à travers le monde et disposent même d’un port en Akaltie, via la plus importante concession d’Ahawala. A l’échelle nationale, il dispose également d’une importante réserve de trains, mais vieillissant pour la plupart, mais dont je sais qu’il cherche des fournisseurs pour moderniser cette dernière.

De l’autre côté, nous avons plusieurs entreprises majeures et spécialisées également dans le transport, telles que Hardenbor Automobile, pour tout ce qui est véhicules routiers, ou encore notre champion aéronautique qu’est l’Humbert Aircraft Company, productrice d’avions de ligne performants et à succès.


Le Président Fédéral reprend une autre gorgée du thé qui lui a été servi précédemment, avant de reprendre sur l’élément final de ces accords économiques qui se dessinent au sein de cette pièce.

Simeon Belagri : Pour donner un peu plus de clarté à tout cela, il pourrait être opportun de négocier des accords qui permettraient de faciliter le développement et surtout l'expansion de nos entreprises dans ces domaines. En ouvrant nos marchés et facilitant la création de coopérations, le Grand Ling et Westalia verraient de nombreux retours bénéfiques à un tel contexte, voire même la création de nouveaux emplois à travers nos territoires ou l’installations de nos acteurs sur nos terres respectives à terme, suivant les besoins de chacun.
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Cité Pourpre, Neijing
LÀ OÙ L'OUEST RENCONTRE L'EST.
Rencontre Grand Ling - Westalia.


Et alors que l'entrevue se poursuivait dans le cabinet de travail de Sa Majesté, l'astre solaire poursuivait infatigablement sa course, offrant aux deux hommes un regard évolutif sur ce lieu ô combien paisible. La lumière de l'après-midi filtrait calmement à travers les hautes fenêtres du cabinet, à peine voilée par d'imposants rideaux qui laissait à l'endroit, une clarté dorée. L'Empereur écouta attentivement le président BELAGRI avec une attention particulière. Les propos tenus par son homologue semblaient avoir effet sur lui au regard de ces inclinaisons régulières de tête et du sourire satisfait qui se dessinait de temps en temps. Il faut dire sans détours que le Président était précis, ses propositions bien construites. Elles reflétaient le travail d'un homme bien entouré à qui, il était évident, la préparation de cette rencontre reçue une rigueur et un enthousiasme difficilement dissimulable.
Ling Jiajing sourit à nouveau à l'évocation du vignoble familial et se promit de conserver dans un coin de son esprit la promesse d'une bonne bouteille. C'était une chose plaisante que d'être témoin de cette symétrie : les deux nations se découvrant à travers de ce qu'elles produisaient de meilleur. Sa tasse de Brume Céleste reposée sur la table basse, il laissa un silence réfléchi s'installer et croisant les mains, poursuivi.

– Sur le fond, je suis heureux de constater que nos visions se rejoignent avec une précision que je n'osais espérer aussi grande dès cette première rencontre. Ashin et Weihua me semblent effectivement complémentaires dans leurs approches respectives de la 5G. Deux intelligences vaudront toujours mieux qu'une, et deux nations plus encore. De fait, je demanderai au Département du Commerce et de l'Industrie de bien vouloir contacter nos opérateurs — et de fait Weihua — pour s'entendre avec les vôtres dès que possible pour poser les premières pierres de cette collaboration.
Il marqua une nouvelle pause, tournant la tête un instant vers un eunuque traversant la cour du palais l'air pressé.
– Naturellement, nous avons préparé avec autant de soin que vous cette rencontre et nous connaissons bien Akiyama International Transport. Leur présence en Akaltie est un exemple, on ne peut plus intéressant de ce qui pourrait être développé ensemble à plus grande échelle. La modernisation de leur parc ferroviaire pourrait d'ailleurs constituer un premier terrain d'entente concret en la matière. Les usines d'Hongzhaji Rail viennent, comme je vous le disais, de produire leurs premiers trains intégralement lingois et disposent d'un savoir-faire unique au Nazum acquis depuis des décennies. Il serait symboliquement fort pour l'Empire du Grand Ling que ces derniers roulent un jour sous des cieux aleuciens. Peut-être directement produit en banlieue de Columbia.
Au même moment, quelqu'un frappa deux coups brefs à la porte du cabinet avant d'entrer, les bras chargés d'un dossier de soie rouge pâle. Il s'agissait du Premier ministre ZHOU Lee qui après s'être incliné devant l'Empereur dans une révérence protocolaire, vint serrer la main du président BELAGRI.
– Monsieur le Président BELAGRI, c'est une grande joie de vous rencontrer. À la demande de Sa Majesté, le Gouvernement a travaillé à la rédaction d'un premier cadre formel pour tout ce dont vous venez de discuter avec Sa Majesté. Sachez que nos services sont pleinement attachés à ce qu'il ne s'agisse pas encore du traité définitif, mais d'un socle de base sur lequel votre Gouvernement pourra travailler et proposer, si besoin, les modifications que vous jugerez pertinentes.
– Merci Monsieur le Premier Ministre. Il est vrai, ces choses-là méritent d'être pesées, mais voici donc l'accord-cadre de partenariat stratégique que nous proposons de nommer « Grand Traité lino-westalien de coopération économique, culturelle et scientifique », plus facilement surnommé « Grand Traité pourpre ».

L'Empereur marqua une nouvelle pause alors qu'il tendit le dossier à la reliure de soie vers son homologue.
– Il pose les fondations de notre coopération dans les domaines des TIC, des transports, du commerce, de la culture, de la justice ou de la diplomatie et sert d'ouverture à diverses autres domaines que vous pourriez juger pertinent d'inclure. Nous laisserons aux équipes techniques de nos deux nations le soin d'en préciser les modalités.

drapeau westalien. Drapeau lingois.


GRAND TRAITÉ LINO-WESTALIEN DE COOPÉRATION ÉCONOMIQUE, CULTURELLE ET SCIENTIFIQUE.

Accord-cadre de partenariat stratégique entre l'Empire du Grand Ling et la Grande République de Westalia.
2015



PRÉAMBULE
L'Empire du Grand Ling et la Grande République de Westalia, animés par une volonté commune de développer des relations durables, mutuellement bénéfiques et fondées sur le respect réciproque de leurs souverainetés, de leurs législations et de leurs valeurs respectives, conviennent des dispositions suivantes.

ARTICLE PREMIER
Technologies de l'information et des communications.

Les deux parties s'engagent à soutenir l'extension du câble sous-marin SEA-N-1 jusqu'au territoire de la Grande République de Westalia, en lien avec les institutions compétentes des deux États. Elles favoriseront également la mise en place d'une coopération technologique entre Weihua Technologies Company, Ltd. et Ashin (Akiyama tsūshin) dans le domaine de la 5G, dans le cadre d'un projet conjoint de recherche et de développement dont les modalités seront définies par un accord complémentaire en annexe du présent traité.

ARTICLE II
Transports et logistique.

Les deux parties reconnaissent l'intérêt mutuel d'un rapprochement entre les acteurs du transport. À ce titre, elles s'engagent à faciliter les négociations commerciales entre les entreprises lingoises et westaliennes opérant dans les secteurs ferroviaire, maritime, aérien et routier, notamment en vue de la modernisation du parc ferroviaire de la Grande République de Westalia et du développement de nouvelles liaisons commerciales entre leurs territoires.

ARTICLE III
Ouverture des marchés et implantation des entreprises.

3.1
Les deux parties s'engagent à négocier, dans un délai de douze mois suivant la signature du présent traité, un régime tarifaire préférentiel applicable aux échanges commerciaux entre l'Empire du Grand Ling et la Grande République de Westalia. Ce régime se traduira par un abaissement significatif et mutuellement convenu des droits de douane appliqués aux marchandises originaires de l'un ou l'autre des deux États, dans le respect des législations douanières nationales respectives. Les modalités précises, les secteurs concernés et les taux applicables feront l'objet d'un accord complémentaire annexé au présent traité.

3.2
Les deux parties s'engagent à faciliter l'implantation d'entreprises de l'un ou l'autre État sur leurs territoires respectifs, en simplifiant les démarches administratives afférentes et en offrant, le cas échéant, des conditions d'accueil favorables. À titre illustratif et en témoignage de la confiance mutuelle qui préside à la signature du présent traité, la société Hongzhaji Rail, fleuron de l'industrie ferroviaire lingoise, est invitée à étudier l'installation de son unité de production continentale sur le sol westalien, dans des conditions qui feront l'objet de négociations spécifiques entre les autorités compétentes et les représentants de ladite société. Les deux parties veilleront à ce que les entreprises ainsi implantées bénéficient d'un traitement équitable et non discriminatoire, comparable à celui accordé aux entreprises nationales dans des secteurs équivalents.

3.3
Un comité économique mixte sera constitué dans les six mois suivant la signature du présent traité, chargé de superviser la mise en œuvre des articles II et III du présent traité, d'identifier de nouvelles opportunités de coopération industrielle et commerciale, et de veiller à l'équilibre des échanges entre les deux nations.

ARTICLE IV
Coopération culturelle et académique.

4.1
Les deux parties s'engagent à promouvoir la connaissance et le rayonnement mutuel de leurs cultures respectives, notamment par le soutien à des événements culturels, des expositions, des résidences artistiques et des programmes de mobilité à destination des artistes, écrivains et créateurs des deux nations. Une attention particulière sera portée aux initiatives favorisant la découverte des cultures nazuméenne et aleucienne auprès des jeunesses des deux pays.

4.2
Les deux parties s'engagent à entamer des négociations en vue de la reconnaissance mutuelle des diplômes et titres universitaires délivrés par les établissements d'enseignement supérieur accrédités de chaque État. Cette reconnaissance visera à faciliter la mobilité étudiante et professionnelle entre l'Empire du Grand Ling et la Grande République de Westalia. Un accord académique complémentaire, élaboré conjointement par les ministères de l'enseignement supérieur des deux parties, précisera les modalités d'équivalence, les établissements concernés ainsi que les procédures de validation applicables dans le respect de leurs législations nationales respectives.

4.3
Les deux parties encourageront la mise en place de programmes d'échanges universitaires et de bourses de mobilité, ainsi que des coopérations entre instituts de recherche et laboratoires des deux nations, en particulier dans les domaines des sciences appliquées, des technologies de l'information et de l'ingénierie.

ARTICLE V
Relations diplomatiques et statut des missions.

5.1
Les deux parties reconnaissent et garantissent mutuellement le statut d'inviolabilité diplomatique de leurs représentations respectives, conformément aux principes établis par le droit international coutumier. Cette inviolabilité s'applique pleinement aux ambassades, consulats et missions diplomatiques des deux États, ainsi qu'aux personnes de leurs ambassadeurs et membres accrédités. Les autorités de chaque État s'engagent à assurer la protection, la sécurité et la pleine liberté de fonctionnement desdites missions sur leurs territoires respectifs, sans ingérence ni entrave d'aucune nature.

5.2
Les chefs de mission diplomatique, ambassadeurs et membres du personnel diplomatique accrédité bénéficient d'une immunité pleine et entière de juridiction civile, pénale et administrative sur le territoire de l'État accréditaire, dans les conditions et limites définies par les usages diplomatiques internationaux reconnus par les deux parties.

ARTICLE VI
Souveraineté maritime et droits de pêche.

6.1
Les deux parties reconnaissent mutuellement la souveraineté de chaque État sur ses eaux territoriales, telles que définies par leurs législations nationales respectives. Chaque État conserve sur cet espace maritime un droit exclusif d'exploitation, de réglementation et de contrôle, conformément aux principes du droit international coutumier.

6.2
Les deux parties s'engagent à négocier, dans un délai de dix-huit mois suivant la signature du présent traité, un accord de pêche bilatéral définissant les conditions dans lesquelles les navires de pêche de chaque nation pourront, sous conditions strictement encadrées et dans un esprit de réciprocité, accéder à certaines zones maritimes de l'autre partie. Cet accord tiendra compte des impératifs de préservation des ressources halieutiques et des droits souverains de chaque État sur ses eaux territoriales.

ARTICLE VII
Coopération judiciaire et extradition.

7.1
Les deux parties s'engagent à coopérer activement dans la lutte contre la criminalité transnationale, notamment en matière d'entraide judiciaire, d'échange d'informations entre autorités compétentes et de coordination des procédures pénales impliquant des ressortissants ou des faits concernant les deux États.

7.2
Les deux parties s'engagent à extrader vers l'État requérant tout individu recherché par les autorités judiciaires de ce dernier pour des faits constitutifs d'une infraction pénale grave reconnue comme telle par les législations des deux parties. Les procédures d'extradition seront encadrées par un accord judiciaire complémentaire précisant les conditions, délais et garanties applicables.

7.3
Par dérogation expresse aux dispositions de l'article 7.2 du présent traité, aucune extradition ne pourra être accordée lorsque les faits reprochés à la personne concernée sont de nature politique ou lorsque la demande d'extradition est motivée, en tout ou en partie, par les opinions politiques, l'activité militante ou l'appartenance idéologique de ladite personne. Chaque État conserve le droit souverain d'apprécier le caractère politique d'une demande d'extradition. En cas de désaccord entre les deux parties sur la qualification des faits, la demande sera suspendue dans l'attente d'une concertation diplomatique entre les ministères compétents.

ARTICLE VIII
Cadre de suivi et de révision.

Un comité de suivi mixte, composé de représentants des deux gouvernements, sera constitué dans les six mois suivant la signature du présent traité. Il se réunira au moins une fois par an, alternativement sur le territoire de l'Empire du Grand Ling et sur celui de la Grande République de Westalia, afin d'évaluer l'avancement des engagements pris et d'identifier de nouveaux domaines de coopération.

ARTICLE IX
Durée et révision.

Le présent accord est conclu pour une durée initiale de dix ans, renouvelable par tacite reconduction. Il pourra être amendé d'un commun accord entre les deux parties, après consultation des comités mixtes compétents.


Fait en double exemplaire, en lingois et en westalien, les deux textes faisant également foi.

Pour l'Empire du Grand Ling — Sa Majesté Ling Jiajing, Empereur du Grand Ling.
Pour la Grande République de Westalia — Monsieur Simeon Belagri, Président Fédéral.


– Rien ne vous oblige à signer aujourd'hui, bien entendu. Nous pensons que vos conseillers juridiques voudront certainement en examiner chaque ligne. C'est là le propre des hommes prudents, et la prudence est une qualité que j'estime particulièrement car elle est mère de sûreté. Cependant, si vous décidez de l'accepter tel quel, ou après les ajustements qui vous sembleront nécessaires, je suis convaincu que nous aurons posé ensemble quelque chose d'important. Cela bouclera notre grande Histoire commune débutée au XIVe siècle sous l'ère des grands explorateurs lingois.
L'Empereur leva sa tasse de Brume Céleste une dernière fois.
– Pour nos peuples, Monsieur le Président.


Armoiries du Grand Ling.
3744
Le document est transmis entre les mains du Président fédéral, qui prend quelques minutes pour le lire avec un air très sérieux, réajustant ses lunettes au début de sa lecture. La conclusion d'un accord avec la Grand Ling est très stratégique pour la Grande République, dans ses plans de diversification de ses relations à l'internationale et tout particulièrement avec le regard très accentué de la diplomatie westalienne sur le Nazum depuis le début de l'année, une marque de différence avec son prédécesseur conservateur, Victor Hardenbor, qui a toujours favorisé l'Aleucie, et dans une certaine extension l'Eurysie, pour ce genre de rapprochement. Ainsi, seulement quelques mois après son élection, Simeon Belagri a multiplié les rencontres avec des nations non-aleuciennes, que cela soit avec le Grand Kah et tout particulièrement avec la République Démocratique du Wanmiri, autre nation du Nazum, avec qui la Grande République entretient désormais une alliance et différents accords avantageux. Ainsi, le Grand Ling se trouve dans cette lignée de nouveaux contacts pour les westaliens, peut-être même avec des attentes encore plus grandes que pour les précédents, considérant que la croissance de cet Empire ne manque pas de faire écho à la propre croissance westalienne, inarrêtable et exponentielle depuis 2013, soit le début du nouvel âge d'or économique. En se liant de la sorte, les deux nouvelles puissances commerciales et économiques de leur continent respectif vont naturellement se tirer vers le haut et profiter de ces accords pour rayonner encore plus à l'international, tout particulièrement grâce à l'ouverture de leur vaste marché et d'une nouvelle clientèle potentielle stratégique, notamment celle du Grand Ling, qui possède une population deux fois plus grande que celle de Westalia.

Le chef de l’État westalien continue de parcourir le traité proposé par la délégation lingoise, hochant de la tête en signe d'approbation après avoir tournée une nouvelle page, avec un visage tout autant expressif. Cette caractéristique avait grandement contribué à cette popularité qu'il possède auprès de sa propre population, donnant l'impression d'être un homme abordable et honnête, loin des clichés que l'on pourrait se faire du chef d'une des plus puissantes Dynastic Family du pays, tout particulièrement en comparaison avec son prédécesseur, dont la grande taille et l'expression parfois assez froide pouvait en intimider plus d'un. Bien évidemment, on ne pouvait pas lire dans Simeon Belagri comme dans un livre ouvert, il savait quand il pouvait se relâcher et quand est-ce qu'il se doit de garder une expression impassible, des qualités nécessaires aussi bien pour l'homme d'affaires qu'il a pu être, que pour l'homme politique et le haut-dignitaire qu'il est aujourd'hui.

Simeon Belagri : En l'état, ce traité me semble tout à fait acceptable. Comme indiqué dans ce dernier, de nombreux accords viendront le compléter pour assurer l'ouverture pleine et bénéfique des relations entre nos deux pays, que cela soit sur les échanges commerciaux ou sur l'accord de droits de pêche. Pour ce dernier, je ne suis pas opposé à cette idée, mais il sera nécessaire que j'en retourne auprès de mon administration pour proposer les meilleures conditions possibles d'un tel accord. La signature du présent traité pourra également être d'actualité après que nous ayons pris un contact préalable avec certaines de nos institutions et acteurs qui sont mentionnés dans ce texte, je pense notamment à notre prochaine coopération technologique, dont nos représentants nationaux respectifs doivent pouvoir également nous retourner leur capacité à pouvoir tenir cet accord, chose qui je pense ne devrai pas être plus qu'une formalité de notre côté.

La Grande République attend beaucoup des relations qu'elle va entretenir avec le Grand Ling, dans une vision très positive et prometteuse pour notre avenir commun. Avoir ce lien si unique entre l'Aleucie et le Nazum, j'en suis persuadé, permettra de créer quelque chose de bien plus grand dans le futur et capable de rapprocher nos deux continents.


Le Président fédéral lève à son tour lui aussi sa tasse de Brume Céleste et conclut la dernière phrase de l'Empereur :

Simeon Belagri : Pour la prospérité de nos citoyens, Votre Majesté.

Une dernière phrase très westalienne dans l'idée, avec cette notion de prospérité omniprésente dans leur façon de parler.
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