29/03/2016
08:59:06
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Une médiation pour l'Aleucie ! [Teyla-Westalia-Stérus-Lermandie]

Une médiation pour l'Aleucie

Château de Valmont.
Château de Valmont.


- L'égalité, même si toutes ces nations sont nos partenaires et plus encore la Fédération de Stérus, nous devons maintenir notre impartialité, martela Angel Rojas à ses équipes réunies autour de lui à la Résidence Faure. Ces nations nous ont écoutés parce que nous avons de bonnes relations avec elles, mais aussi parce que nous avons su faire preuve d'une impartialité sans faille jusqu'à présent. Nous nous sommes prononcés sur les sujets nécessaires sans jamais remettre en question l'utilité ou la légitimité, car pour l'instant ce n'est pas notre but. Cela a lieu durant les discussions bilatérales avec nos partenaires uniquement.

Angel Rojas parlait avec un ton mesuré, mais ses paroles montraient qu'il était sûr de lui, sur ce coup pour une fois. Il savait dans quelle direction il voulait amener cette médiation. Il levait lentement une main, paume ouverte, comme pour tempérer toutes volontés partisanes dans la pièce, alors qu'un ministre s'apprêtait à prendre la parole. Il n'avait pas terminé sa prise de parole. Il énonçait ses ordres et ses objectifs vis-à-vis de cette médiation tout en marchant dans la pièce, donnant le tournis à l'assemblée. Le bruit des pas d'Angel Rojas dans l'un des salons de la Résidence Faure était étouffé par les envolées lyriques d'Angel, mais toujours sur un ton mesuré. Il ne voulait pas montrer à ses équipes une confiance trop importante. La mémoire de la médiation velsnienne entre Rasken et l'Hotsaline était encore présente dans l'esprit d'Angel Rojas, et le Gouvernement de Sa Majesté ne savait pas les raisons qui avaient conduit à l'échec de cette médiation à laquelle ne participait pas Teyla, mais dont les autorités étaient attentives.

Contrairement au conflit diplomatique qui opposait Raksen à l'Hotsaline, ici toutes les parties n'étaient pas en guerre ouverte. Elles avaient fait le choix raisonnable de maintenir des pressions diplomatiques et militaires sans dépasser les limites, pour le bien de tous. La diplomatie teylaise était restée silencieuse jusqu'ici sur la médiation à venir au sein de la capitale de Manticore. Le dossier était trop complexe et impliquait de nombreuses nations, alors un mot de travers, dans les médias, aurait pu remettre en cause l'acceptation de cette médiation par la Grande République de Westalia, la République de Lermandie et la Fédération de Stérus. On ne porta pas attention ni réponse aux mots acerbes de la Première ministre Akaltienne. Si cette médiation réussissait, cela allait démontrer que le Royaume de Teyla était un acteur respecté sur la scène internationale. Le Royaume de Teyla avait obtenu de la Fédération de Stérus le retrait de sa flotte militaire et en réponse la République de Lermandie avait réduit ses activités militaires et baissé d'un cran le niveau d'alerte militaire. Une situation diplomatique gagnante pour le Royaume de Teyla, démontrant l'efficacité et le prestige de sa diplomatie. Pourtant, cette dernière devra rester silencieuse dans les médias sur cette réussite.

Malgré l'événement diplomatique, l'accueil des chefs d'État, des chefs de gouvernement et des délégations étrangères, le Royaume de Teyla ne changea pas son protocole d'accueil. En outre, toujours sur le tarmac de l'aéroport, on retrouvait Sa Majesté Catherine III entourée de la Maire de Manticore, Rosalie Chabas, et aussi de Pierre Lore, l'actuel ministre des Affaires Étrangères, qui avait conduit les discussions en amont de cette rencontre. Les délégations pouvaient apercevoir l'habituelle haie d'honneur formée par deux lignes de soldats royaux, tenant devant eux leurs sabres. Une haie d'honneur qui allait de la fin de l'escalier pour descendre de l'avion à l'estrade où se trouvait Sa Majesté Catherine III. La fameuse phrase "Votre présence vous place au champ de l'honneur du Royaume de Teyla" était toujours hurlée pour chaque dirigeant qui se présentait en ce jour à Manticore.

Après les salutations protocolaires sur le tarmac de l’aéroport, les délégations prirent place dans un cortège officiel. Une colonne de berlines noires se dirigea vers le Château de Valmont, un domaine isolé à une dizaine de kilomètres de Manticore, se trouvant dans les environs du village de Saint-Lysandre. Le Château de Valmont, vaste demeure du XVIIe siècle, était témoin des siècles d'histoire du Royaume de Teyla. Il avait vu beaucoup de souverains se succéder, beaucoup de Premiers ministres échouer à convaincre la monarchie de la nécessité impérieuse de réformes, il avait vu des Premiers ministres, dont Opinion Saint De Tour, défendre avec ardeur les idéaux libéraux qui inspiraient de plus en plus le Royaume de Teyla à l'époque. Il avait vu des drames, il avait vu des joies immenses.

L'intérieur du Château de Valmont témoignait encore plus qu'il était l'une de ces merveilles des siècles passés. Les murs portaient en eux les portraits des anciens propriétaires du Château. On y retrouvait les souveraines du Royaume de Teyla à partir du XVIIe siècle et bien sûr l'actuelle souveraine, à savoir Sa Majesté Catherine III, qui accompagna avec Pierre Lore les délégations étrangères dans la salle "Vermont", là où allait se dérouler la médiation.

Pour la partie teylaise, il était convenu que Pierre Lore allait participer seul à la médiation. Le Royaume de Teyla, en tant que médiateur, se devait de respecter l'égalité et de ne pas être en surnombre par rapport aux délégations présentes. Ainsi, aucun conseiller, aucun diplomate supplémentaire ne prendrait place aux côtés du ministre des Affaires étrangères. Seul face aux représentants des nations concernées, Pierre Lore incarnerait la neutralité et l’autorité du Royaume de Teyla. Les seuls autres Teylais dans la pièce étaient les greffiers qui allaient noter les paroles de chacun durant la rencontre. Pierre Lore avait bien mené les négociations jusqu'ici et, pensait-on, au sein du gouvernement, il avait la confiance de toutes les parties, donc il n'y avait aucune raison de le sortir de la boucle.

Pendant que Pierre Lore s'aventurait à faire le discours d'ouverture, Sa Majesté Catherine III fit visiter le château aux différents membres des délégations qui n'étaient pas dans la pièce. Elle avait révisé l'histoire du château exprès et déroulait un récit cohérent et consensuel pour les historiens concernant l'histoire de cette bâtisse. Du côté de Pierre Lore, il déroulait son discours d'ouverture, alors que toutes les parties étaient réunies autour d'une table.

- Vos Excellences, tout d'abord, je tiens à vous remercier personnellement et aussi au nom du Royaume de Teyla pour votre présence ici. Malgré les différends qui vous opposent ces derniers temps, il est important de vous retrouver tous ici autour d'une même table. Cela démontre que chacune des parties recherche avant tout la paix, le dialogue, et j'insiste, à comprendre autrui. Que nous enseigne l'histoire ? dit-il avec aplomb pour se donner une stature supérieure. Elle nous enseigne que les conflits, de quelques natures qu'ils soient, naissent souvent d'incompréhensions et d'une hostilité mal placée, ne profitant à personne. Elle nous apprend aussi qu'à travers les siècles, nous, humains, avons mis en place des mécanismes que nous appelons diplomatie pour que ces conflits deviennent de moins en moins violents, de moins en moins présents. La diplomatie est une forme que nous ne devons pas sous-estimer, même dans les moments où nous pensons que la situation est perdue.

Ma nation, avec la Loduarie Communiste, a vécu beaucoup de situations comme celle-là. Pourtant, sommes-nous en guerre, avons-nous été en guerre contre cette nation ? Non, mais il a fallu faire taire l'ego, faire taire l'envie de revanche et faire triompher les mots et les actes. En ce jour, le Royaume de Teyla ne se positionne pas en juge de vos actions, des actions que vous estimez illégitimes ou légitimes en fonction de qui a fait l'action. Nous sommes ici présents pour faciliter un dialogue ardu, dans lequel les insultes semblent prendre le pas sur les échanges cordiaux nécessaires pour une entente et une discussion sereine. Nous serons impartiaux pour nous assurer que toutes les parties puissent avoir confiance en cette médiation et respectent les accords qui, je l'espère, sortiront de cette médiation et seront garantis par le Royaume de Teyla.

Pour que vous puissiez ouvrir la discussion, permettez-moi de présenter les objectifs du Royaume de Teyla. Il convient que cette situation floue commence depuis que la Fédération de Stérus a déclaré son intention de quitter l'Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne. Cette question devra être traitée par les membres ici présents tout autant que le sujet des plateformes qui a provoqué, à ma connaissance, le plus gros des tensions. Le Royaume de Teyla aura des propositions à émettre sur la table si vos nations n'arrivent pas à aboutir à un accord commun. Mais nous voulons attendre tout d'abord les sujets cruciaux pour chacune des nations. La parole est à vous, messieurs. Veuillez la prendre en respectant les personnes ici présentes,
dit-il en avertissement.

Alors que les portes du Château se referment, laissant les dirigeants négocier, le Château, silencieux comme toujours, allait être là encore témoin d'un moment de l'histoire.
Dans un convoi transportant la délégation diplomatique lermandienne sous escorte des autorités teyalaise, le Président Duval, chef d'Etat élus de la République de Lermandie, resta sceptique.
En effet, bien qu'il ai confiance au responsable diplomatique teylaise de bien encadrer cette médiation diplomatique, le Président Duval ne serait pas surpris que les responsables diplomatique sterusienne retentaient une nouvelle dinguerie, c'est à dire"éxiger de prendre un bras" de la République de Lermandie plutôt que d'accepter que certains points, si ce n'est un seul, ne sont pas négociable. D'autant plus que le gouvernement de Pandoro ne reconnut pas l'autorité de l'Etat Lermandienne sur son territoire, ce qui a valu à la république de Lermandie d'être menacé de guerre par le gouvernement de Pandoro.
Mais une chose est sur, la République de Lermandie, au côté de ses alliés westalien, sera ferme et toutes insulte reviendrais à permettre à la délégation lermandienne de moins proposer un compromis. Et aucun accord économique entre la Lermandie et Sterus sera signé, surtout si l'ANTS est inclus de manière directe en raison de son bannissement pour ne pas avoir respecté la loi.

Mais en attendant, le convoi lermandien (qui fut par chance en tet du convoi par rapport au convoi westalien et sterusien) arriva quasiment en même temps que les convois westaliens et sterusien devant une grande demeure, si ce n'est un château du 17eme siècle. Et bien que bizarrement, il se rappela de ses fameux cours du lycée sur l'histoire coloniale du Royaume de Teyla sur la domination du territoire lermandien entre le 17eme et le 18eme siècle à cause du prestige de ce palace, le Président Duval se ressaisissait et sortir de sa voiture, prêt à saluer les personnalités de divers nationalités dans le respect des coutumes.
Et de nature quasiment inconsciente, le Président Duval se mit à côté de son homologue westalien (avec les salutation approprié digne d'une amitié lermando-westalienne) pour monter une amitié et une solidarité (et NON une soumission) face à son homologue sterusien.
Le Président Duval écouta le Premier Ministre Pierre Lore avant de s'exprimer


Michel Duval: "Monsieur le Premier Ministre, c'est un honneur d'être invité dans cette fabuleuse demeure et que la diplomatie teylaise puisse organiser cette médiation diplomatique, qui plus ai, une nation ayant de l'expérience dans la diplomatie. Il est vrai que les conflits ne sont jamais une bonne idée et nous espérons donc que la paix restera en Aleucie.

Bien que la diplomatie lermandienne estime que le point de départ ai débuté avec la rivalité sterus-westalienne, le veritable point de départ ai débuter quand un représentantant de la diplomatie sterusienne chargé de négocier un accord entre l'ASEA et la Fédération de Sterus ai décider d'avoir un maipris et un manque de considération vis-à-vis de notre système économique qui, bien qu'en cours d'etre racorder au reste du monde, ou ce représentant , et par extention le gouvernement de Pandoro, oublie notre résilience économique issue de près de 80 ans d'isolement économie auto-imposer avec la mise en place d'un protection fort. Et donc mon représentant au sein de l'ASEA , et par extension mon gouvernement, a très al pris les leçons économiques d'un diplomate sterusien.
D'autant plus que pour nous, on parle de soit en premier et non de la faiblesse des autres ce qui peut être interprété de différentes manières, c'est-à-dire du mépris jusqu'à la menace et donc une perte de confiance (je rappelle que la garantie d'un traité, ou accord diplomatique se base sur la confiance mutuelle).

Et dans ce cadre, en sachant pertinemment que le gouvernement de Pandoro agis de manière extrême, mon gouvernement a dû prendre des précautions par un développement des relations diplomatique avec d'autres pays du monde pour nous sortir de la dépendance aux importations pétrolière auto-imposé en faveur de la Fédération de Sterus. Et au vu de la réaction agressive de la Fédération de Sterus lorsque mon gouvernement a suspendu l'accord, l'agression de la Fédération de Sterus envers la Lermandie pour appliquer ces lois donna raison à mon gouvernement.

Bien sûr, il y a eu une négociation exigé de la part du gouvernement de Pandoro en novembre 2015 avant que la suspension de cette accord ne soit suspendu le premier janvier 2016, mais le fait que le gouvernement de Pandoro, par l'intermédiaire d'un certaine dame, qui est la PDG de l'ANTS, une entreprise d'extraction pétrolière sterusienne, refuse de comprendre que c'est le monopole qui pose problème, nous avons conclu que le gouvernement de Pandoro cherchait à se mettre en valeur en faisant échouer les négociation.

Et ensuite le gouvernement de Pandoro nous envoie une armée pour nous reprocher d'appliquer nos lois (même si c'est par décret mais ça fait partie de la particularité d'un régime semi-présidentiel, un autre point que la diplomatie sterusienne a oublié) suite à cette suspension mais aussi par les menacer profané par ce dernier."
Simeon Belagri, Président Fédéral de la Grande République de Westalia.
Simeon Belagri, Président Fédéral de la Grande République de Westalia.

Plusieurs avions avait quitté la capitale fédérale, Columbia, pour gagner le centre du Royaume de Teyla, Manticore, siège de la royauté du pays s'étant fait médiateur de cette crise diplomatique aleucienne. La délégation westalienne est très complète, si ce n'est pas pour dire qu'elle est se compose de très nombreuses personnes ayant fait le voyage jusqu'à ces terres, aux côtés du Président Fédéral. Il y avait déjà toute la panoplie standard des voyages diplomatiques de la Grande République, avec toute une nuée de conseillers, d'interprètes, mais également de tous le personnel nécessaire au bon déroulé du travail de ceux précédemment cités. En plus de ces individus, une fois n'est pas coutume, plusieurs élus du Sénat et du Congrès Suprême avaient fait valoir leur droit d'observation pour ces échanges d'importances. On y retrouve principalement des membres des groupes de travaux liés à la diplomatie westalienne, tel que le Sénateur Henry Takajiwa (PUR), le diplomate westalien le plus connu à l'internationale pour avoir été le Ministre Fédéral aux affaires étrangères qui a guidé la Grande République vers la sortie totale de l'isolationnisme, conférant une certaine aura à cette venue. Malgré tout, la personnalité la plus marquante ayant fait le déplacement n'est autre que le Président du Congrès Suprême Victor Jr. Hardenbor (PUR), fils du précédent Président Fédéral Victor Hardenbor. Les conservateurs se divisent de plus en plus à la suite de leur défaite électorale et Arthur Horvanx, leur nouveau leader, semble rencontrer des difficultés à tenir en rang les membres les plus radicaux. Victor Jr. Hardenbor, au-delà du prestige politique et sociale de son nom de famille, est une figure politique qui prend de l'importance dans la recomposition de l’échiquier politique national et, bien qu'il est annoncé soutenir Arthur Horvanx dans son projet de direction du partie, beaucoup le voient déjà comme le futur maître de la droite westalienne, voir la personnalité qui aurait le plus de chance de pouvoir mener les futures campagnes électorales nécessaires à un retour de sa famille politique au pouvoir. Sa venue en Teyla, outre venant de son droit de Président de la chambre haute fédérale, est probablement dans un but de s'afficher publiquement en tant que figure dirigeante, tout comme pour profiter d'une opportunité pour créer des liens à l'étranger.

Pour le voyage, l'avion présidentiel avait accueilli ces deux autres personnalités majeures de la vie politique westalienne. Si dans les faits, ils étaient des opposants politiques, opposés sur de nombreuses idées et adversaires aux yeux du peuple, rare sont ceux qui éprouvent une réelle animosité en privé, tout particulièrement dans un cercle social où les politiciens se sont bien souvent rencontrés avant même de lancer leur propre carrière. Cela avait par exemple été le cas de Victor Jr. Hardenbor qui avait déjà rencontré Simeon Belagri au cours de cérémonies de la haute société bourgeoise westalienne, le premier alors un adolescent et l'autre déjà un premier pied en politique. Dans ce genre de milieu, le monde est beaucoup plus petit que ce que l'on pourrait croire de prime abord. Le Président du Congrès Suprême vint s'asseoir devant le chef de l’État, au cours du vol, pendant que ce dernier était en train de réorganiser ses notes.

Victor Jr. Hardenbor : Alors, Monsieur le Président Fédéral, vous affinez vos armes pour affronter l'ogre stérusien ?

Le Président Fédéral affiche un léger rictus sur le visage, amusé par la métaphore.

Simeon Belagri : Le but reste qu'aucune épée ne soit dégainée à la fin. Je préfère une plume bien aiguisée à une lame pleine de sang. Notre pays a d'autres objectifs bien plus profitables que de s'amuser à se quereller avec la Fédération et nous comptons bien mettre fin à cette perte de temps, en Teyla.

Victor Jr. Hardenbor : Le commerce est beaucoup plus souriant par temps de paix, je suis d'accord avec vous. Nos routes maritimes ne doivent surtout pas être obstruées par des conflits absurdes. Si le Stérus souhaite guerroyer, il n'a qu'à se trouver d'autres pays va-t'en guerre comme lui pour faire usage de ses armes contre. Ça nous donnerait même l'occasion de lui vendre du matériel militaire, tout le monde serait gagnant.

Les deux hommes lâchèrent un petit rire face à l'ironie de cette dernière phrase, un humour très westalien à n'en pas douter. Bien que l'on pouvait sentir une certaine pression par rapport à la rencontre majeure qui allait débuter dans quelques heures, ces échanges privés entre officiels du même pays permettent déjà de comprendre un peu plus la vision des dirigeants de la troisième puissance aleucienne : le commerce, le profit et la prospérité économique. Westalia est une nation de commerçants et son ouverture sur le monde a clairement accentué cet aspect-là de leur existence, au point de devenir une présence de plus en plus importante sur les routes commerciales du monde, en seulement quelques années. Des gouvernements précédents jusqu'à celui qui occupe actuellement cette place, la priorité extérieure a toujours été de protéger cette poule aux œufs d'or qu'est le commerce international westalien. Ainsi, malgré les nombreux discours hostiles à son encontre et les insultes gratuites de la Fédération de Stérus, la Grande République ne s'était jamais appliqué à imposer des sanctions contre les stérusiens, ni même de voir l'ambassade à Columbia être inquiété d'une quelconque expulsion, tout comme un inattendu rapatriement express de celle qu'elle possède à Barba. Même avec la montée des tensions, le gouvernement fédéral avait continué à rester sur une ligne de protection du commerce aleucien, bien que contraint de mobiliser ses forces militaires pour assurer la défense de la nation, face à une action beaucoup trop hostile pour être ignorée. Contrairement à la position stérusienne de voir indéniablement Westalia comme sa rivale hégémonique, il n'en était rien pour la Grande République. Tout au plus, les dirigeants westaliens voyaient la Fédération comme un concurrent commercial, au même titre que d'autres nations du monde à l'économie croissante, peut-être avec une dangerosité plus importante du fait du sang chaud de leur dirigeant, mais il n'y avait pas plus d'animosité qu'avec d'autres dans le fond, à part peut-être pour les mouvements et personnalités politiques faisant leur beurre sur une position personnellement anti-Stérus. Depuis les tensions passagères dues à la sortie de l'ASEA de ce pays, le gouvernement westalien avait changé et ses objectifs encore plus. Il n'a pas les mêmes ambitions que la Fédération et ne fait aucune course avec elle, ayant opté jusque-là sur une position d'apaisement sur le temps, espérant un changement de pouvoir en Stérus aux prochaines élections ou à un adoucissement de la personnalité impulsive du Consul, bien que la seconde option semble peu probable du fait de son anti-westalianisme devenant de plus en plus morbide. Cependant, cette nouvelle crise diplomatique en 2016, elle, était une véritable épine dans le pied des plans de la Grande République, suffisante pour faire grincer de nombreuses dents à Columbia. Pendant que le nouveau gouvernement s'acharnait à créer une réserve d'influence diplomatique importante pour le pays, en multipliant les rencontres internationales et les accords bilatéraux, cet événement avait eu de quoi entacher l'image de Westalia, tout comme de l'ensemble de ses protagonistes, et ceci dans un conflit d'intérêt qui n'avait pas été souhaité.

Autant dire que s'il y avait une occasion réelle de bien se faire voir par la communauté internationale, en s'affichant comme partisan de la paix, le Président Fédéral aurait préféré un contexte beaucoup plus agréable que celui-ci, surtout avec la crainte de voir cette rencontre se terminer comme la dernière qu'ont pu avoir les lermandiens et les stérusiens, avec des échanges particulièrement salés entre les délégations, soit rien de rassurant pour la diplomatie westalienne. Il n'était clairement pas question d'en arriver là, mais Simeon Belagri avait une certaine confiance dans la présence médiatrice des teylais pour s'assurer que ce genre de situation pourrait être désamorcé dans les temps et il espérait pouvoir les y aider du mieux qu'il pourrait, en espérant surtout ne pas se faire entraîner lui-même dans une série d'échanges non-constructifs, contre son gré.

Après plusieurs heures d'avion, à une heure d'arriver à Manticore, on vint réveiller le chef de l’État, s'étant reposé pour économiser ses forces, afin qu'il soit prêt pour se faire accueillir une fois descendu de l'aéronef. Assez rapidement, les différents avions westaliens se posèrent dans l'aéroport, l'engin présidentiel positionné de façon à pouvoir atteindre facilement le lieu où ses occupants étaient attendus par les hauts-dignitaires teylais. Après des salutations formelles et protocolaires entre les différents protagonistes de cette rencontre, accompagnés des multiples flashes lumineux des appareils photos des journalistes immortalisant la scène, la délégation westalienne embarqua dans le convoi de voitures noires en partance pour le Château de Valmont, une magnifique bâtisse du XVIIème siècle et façonnait pour représenter la beauté de la royauté teylaise. Avançant progressivement vers la résidence royale, tout en ajustant ses lunettes de soleil, le chef de l’État déclara à son secrétaire, un madrerian avec qui il a noué des liens d'amitié ces derniers mois :

Simeon Belagri : I teylasi hanno un senso architettonico molto raffinato, mi ricorda i palazzi di Colombia. Una bellissima cultura eurysiana, che spero sarà grande anche in questa mediazione.

Observant avec attention l'intérieur du château et les différents portraits de monarques sur son chemin, une fois rentré, le dirigeant westalien ne pouvait pas cacher son admiration pour ce genre d'architecture qui faisait la beauté de ces "vieux pays" d'outre-mer, tout particulièrement les jardins rigoureusement taillés pour s'accorder à ce début de printemps. Peut-être que ses observations étaient pour l'aider à rester serein dans cette rencontre difficile, ou peut-être était-il trop confiant dans sa capacité à négocier, quoi qu'il en soit, il aurait sûrement préféré venir ici dans un contexte plus agréable que pour un risque de guerre continentale.

Les représentations arrivèrent assez rapidement dans la salle Vermont, où ils purent commencer à s'installer autour d'une table, tandis que les membres de la délégation westaliennes n'étant pas présent dans cette pièce eurent l'occasion d'une visite guidée personnelle de la part de la souveraine du Royaume. Enlevant son manteau gris foncé et enfilant ses lunettes d'intérieur, le Président Fédéral espérait que cette médiation puisse se terminer calmement et dans la paix, peut-être même par une visite du château, à leur tour, pour se détendre après les intenses échanges qui s'annoncent. Le dirigeant d'ethnie madrerianne pris tout d'un coup un air beaucoup plus sérieux et attentif lorsque le Premier Ministre Pierre Lore commença son discours d'ouverture de la rencontre, hochant parfois la tête en signe d'approbation sur certains propos, notamment sur les parties parlant de dialogue cordial et d'échanges constructifs pour la paix. S'en est suivi de la prise de parole lermandienne, exposant en premier ses griefs contre la Fédération de Stérus et résumant de son point de vue le "comment on en est arrivée là", de cette crise diplomatique. Le Président Duval était visiblement toujours sur une position très défensive vis à vis des stérusiens, une attitude qui parait assez logique quand on sait les propos qu'a pu tenir le Consul et son gouvernement à l'encontre de la Lermandie, de façon publique ou par missive diplomatique, sans oublier la mobilisation d'une flotte de guerre à leur encontre. Visiblement, la prochaine intervention serait celle du chef de l’État westalien. D'un ton beaucoup plus calme, il commença à s'exprimer en français, avec un certain accent madrerian, mais toujours parfaitement intelligible, une langue commune à l'ensemble des représentations autours de cette table, à l'exception de Westalia. Cependant, cela ne pose pas vraiment un problème pour une personne issue d'une des Dynastic Families, le français étant très utile pour le commerce international, puisqu'elle est la langue la plus parlée au monde et par certaines des plus grandes puissances de ce dernier, tel que le Royaume de Teyla. C'est également la première langue étrangère apprise et parlait en Westalia, une société multiculturelle marquait par une communauté de westalo-lermandiens importante à travers le pays et ayant même engendrée des personnalités majeures par le passé.

Simeon Belagri : Messieurs, je vous remercie pour votre prise de parole et je remercie une fois de plus l'aimable Royaume de Teyla de nous accueillir aujourd'hui pour trouver le chemin de la paix en Aleucie. La Grande République est partisane d'une solution convenable à tous, basée sur des compromis négociés entre les différents partis et surtout une solidité de ces derniers sur le long terme. J'espère que cette vision pourra être partagée par l'ensemble des dirigeant autour de cette table, pour que notre continent n'est pas à subir des querelles que personne ne souhaite.

Monsieur le Premier Ministre Lore, vous avez émis le souhait que nous devrions aborder le départ de la Fédération de l'ASEA à ce sommet. La Lermandie et Westalia ne pourront pas décider seule de ce départ, mais je suis tout à fait pour que ce sujet puisse être abordé, afin qu'une finalité claire et paisible puisse être trouvée entre nous, en amont des négociations officielles à ce sujet. Dans cette optique, notre gouvernement souhaite faire part de sa vision à ce sujet : à la suite des nombreux événements passés et du contexte actuel, nous pensons qu'il y a une nécessité de repartir sur une nouvelle base pour les relations post-ASEA avec Stérus. Nous pouvons ainsi prendre comme base celles entretenues avant la formation de cette alliance, pour s'assurer d'une stabilité acquise, quoi qu'il puisse en ressortir, à minima. A partir de cela, nous pourrions très bien soutenir pour une prolongation des accords multilatéraux du traité de Barba sur une durée définie, afin que la Fédération puisse s'assurer de construire les relations qu'elle souhaite avec les membres de l'alliance, de façon bilatérale, une initiative que le gouvernement stérusien a déjà entrepris avec certains d'entre eux, pour que son départ ne soit plus qu'une formalité à la fin de cette durée et que cet accord de cadre commun de sortie puisse permettre d'assurer une sécurité économique et diplomatique à la Fédération, sur le période négocier ensemble, pour ne plus voir la perspective de la fin de ce traité comme une problématique pouvant frapper sans prévision et sans préparatif.

Qu'en pensez-vous ?


Au cours du début de cette prise de parole, le Président Fédéral avait rapidement concentré son attention sur la délégation stérusienne, s'adressant directement à elle, les yeux dans les yeux. Non pas dans une forme de défis, mais dans une volonté de prouver que la présence teylaise n'était pas là pour servir d'émissaire entre les différentes représentation, mais bien comme le soutien nécessaire à la construction d'un dialogue honnête et fluide entre tous. Le sujet était sérieux et le dirigeant westalien avait fait le choix d'une position beaucoup plus pragmatique que par le passé, espérant que cette dernière puisse faire comprendre la volonté de la Grande République de laisser à la Fédération la liberté nécessaire pour préparer son départ en douceur, bien que le nouveau gouvernement reste sur une position visant à ce que ce soit Stérus qui gère sa sortie de façon bilatérale avec les membres qu'elle souhaitera contacter pour ce fait, un accord général complexe étant pour le moment perçu comme trop fragile et risqué dans le contexte actuel de tensions, tout en étant beaucoup plus difficile à négocier.

Suite à cette première réponse, le dirigeant s'exprima à nouveau, cette fois-ci sur la problématique de son allié :

Simeon Belagri : Si je puis me permettre, je souhaiterais également m'exprimer sur le différent commercial et juridique entre la Lermandie et Stérus. Cette situation est assez désolante pour les relations entre ces deux nations, tout comme elle peut l'être pour le continent. Nous en sommes à des prises de position disproportionnées par rapport à l'origine même du problème, qui ont poussé à une mobilisation militaire inconsidérée pour la sécurité aleucienne et où nous devons tout faire pour y mettre un terme, dans une responsabilité commune et civilisée.

Cependant, je pense qu'il y a une certaine incompréhension des deux parties dans ce que chacun souhaite et qu'il y a une nécessité de mettre en place des compromis pour résoudre cette crise. De toute évidence, je pense que la poursuite de ces accords signés en 2013 ne semble plus possible après les événements de ces derniers mois. Reprendre un tel texte et le réappliquer ne provoquera qu'une nouvelle série de tensions encore plus importante qu'aujourd'hui. Cependant, la finalité de ce traité, brutale et dans le brouillard diplomatique des deux gouvernements, pourrait être largement renégociée ici même, entre vos deux nations. La Lermandie ne souhaite plus favoriser l'ANTS sur son territoire, ce qui s'entend complétement, et la Fédération de Stérus ne souhaite pas voir l'ANTS perdre ses infrastructures sans rien en retour, ce qui me semble entendable également. Dans cette salle, de nouveau réuni, vous avez la possibilité de renégocier cette fin de traité, dans un cadre propice à ce que chaque parti puisse rester dans un dialogue s'axant sur le compromis, la négociation et le retour à la normale des relations. C'est mon point de vue en tant que représentant de la Grande République et j'espère que je pourrai vous aider à atteindre cette finalité sans accro ni hostilité, bien que tout un chacun puisse avoir des raisons d'arriver à ces négociations avec un certain sentiment de colère.


Cette fois-ci, le Président Fédéral alterna le regard entre les lermandiens et les stérusiens, pour que chacun puisse écouter sa proposition, ou du moins la direction que pourrait prendre cette négociation sur les plateformes pétrolières. Si la Grande République était sans aucun doute un soutien de la Lermandie ici même, elle souhaite voir cette crise être résolue pacifiquement et fera tout pour pousser les deux nations à trouver des compromis. De par sa proximité géopolitique, Simeon Belagri savait qu'il pourrait pousser la Lermandie vers cette optique de négociation, mais il s'inquiète beaucoup plus de la capacité du Consul à s'avancer sur des compromis, lui qui n'a jamais réellement était ouvert à des négociations sur des sujets qu'il juge probablement comme une "exigence", avec une issue obligatoirement alignée sur l'ensemble de ses points. Pour cela, le chef de l’État avait confiance en la présence du Premier Ministre Pierre Lore pour gérer cette problématique, portant son regard à la fin de sa prise de parole vers le chef du gouvernement teylais, dans un appel au soutien pour invité les deux pays au compromis sur cette "affaire des plateformes", non pas pour orienter la Fédération vers une finalité précise, mais pour inciter le Consul à s'orienter vers une négociation de compromis et non dans une confrontation d'egos qui serait dévastatrice pour ce sommet. Ce soutien teylais est donc vital pour l'aboutissement paisible de cette rencontre.
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