25/11/2018
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Assemblée des Comices Proletari - élection des juges de la plèbe, exercice du véto sur les "affaires sociales et professionnelles", doléances populaires

Assemblée des Comices Proletari


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Pour les besoins de la réforme digrassienne, ses initiateurs ont avant tout appuyer leur légitimité sur des institutions tombées en désuétude: en les reprenant et les transformant, s'évitant ainsi les oppositions conservatrices du Sénat. Les comices splendori ont été réinstituées afin de tranquilliser les conservateurs tout en créant une institution tempérant les ambitions de certains sénateurs. Dans le même temps et pour les mêmes motifs, la nomination des magistratures sénatoriales a été subtilisée au Sénat par les comices populaires, une institution qui encore une fois a été "régénérée" et sortie d'un libre d'Histoire politique par Matteo Di Grassi. Mais il s'est rapidement avéré que les légistes velsniens ne disposent pas de toutes les solutions dans des anciennes formules. L'une des causes majeures de la crise traversée latente qui a prit la République au cœur réside en la non participation d'une grande partie de la population aux affaires politiques. Une part de ce problème fut réglée par l'abaissement du cens, mais cette mesure, si elle était ambitieuse, a rapidement montré ses limites dans le manque de participation toujours chroniques des classes censitaires les plus basses aux élections sénatoriales. Il manquait aux dernières classes censitaires l'existence d'une véritable instance de représentation, qui leur permettrait d'exercer une forme de pression sur les activités du Sénat sur certains sujets, un corps politique qui n'appartienne qu'à eux.

Le Sénateur Di Grassi est donc arrivé à cette conclusion: la formation d'une toute nouvelle assemblée populaire nommée "Comices Proletari". Certes, si celle-ci serait moins prestigieuse que les deux autres assemblées intermédiaires de la République, elle n'en serait pas moins importante dés lors que le Sénat prend des mesures affectant le "confort de vie" des classes censitaires les plus basses. Le rôle de cette assemblée est simple: parmi les sénateurs élus, ceux-ci auraient la charge d'élire deux "juges de la plèbe", une magistrature sénatoriale qui existait déjà avant les réformes de Di Grassi, mais qui se contonnait à un rôle purement formel et consultatif de "porte-parole" des préoccupations populaires. A compter de 2015, les deux juges de la plèbe seraient élus par les Comices Proletari, et seraient investis d'un véritable pouvoir de véto sur tout un éventail de Senatus-consultes et décrets du Gouvernement communal. Ce droit de véto leur serait accordé par cette assemblée, constituée de représentants des trois classes censitaires les plus basses de la cité.



Attributions:

Depuis les réformes digrassiennes, les Comices prolétari disposent des prérogatives suivantes:
- Les comices élisent la magistrature sénatoriale des Juges de la plèbe parmi les membres du Sénat des Mille.
- Les deux juges de la plèbe peuvent avoir droit de véto si ces derniers l'appliquent tous deux, et en cas d'accord donné à majorité absolue parmi les comices proletari, sur les votes sénatoriaux et les decrets communaux portant sur les sujets suivants:
  • Affaires sociales et aides financières
  • Droit du travail
  • Droit au logement
.- Sur demande des Comices Proletari, les juges de la plèbe peuvent demander aux Comices Splendori la tenue d'enquêtes sur les sénateurs, qui ne peuvent être refusées, sauf en cas de contradiction manifeste avec les lois fondamentales de la cité.
- Les comices, avec l'assentiment des deux juges de la Plèbe, peuvent imposer la tenue de referendum au corps civique velsnien en cas d'accord à majorité absolue de l'assemblée, le tout sans passer par l’assentiment du Sénat. Cependant, tout projet de loi doit être validé auprès des Comices Splendori, sur base du respect des lois fondamentales de la Grande République. Une demande de referendum ne peut être posée que si les deux juges de la plèbe tombent en accord sur une proposition commune.



Modalités de réunion et de nomination:

Les modalités de nomination et de réunion au sein des Comices Proletari révèlent toute l'originalité et la particularité de cette institution. Là où les deux autres comices républicains sont constitués de citoyens tirés au sort, n'importe quel citoyen des classes censitaires III, IV et V peut se présenter aux comices proletari, et faire des interventions. L'assemblée est présidée par les deux juges de la plèbe, et celle-ci se tient habituellement sur la place de l'Achosien pendu, qui se trouve dans le quartier San Michele en périphérie de la ville. Cela en fait techniquement la seule institution velsnienne à ne pas se réunir sur l'île de la lagune où se dresse la vieille ville. Les réunions étant ouvertes au public, il n'est pas rare d'y voir plusieurs milliers de participants.
- La participation est libre à tout velsnien adulte appartenant aux 3ème, 4ème et 5ème classe censitaire. Les réunions sont présidées par les juges de la plèbe. Les Comices Proletari sont ainsi une assemblée supposée être représentative des citoyens les plus modestes.
- La plupart des réunions portent sur la présentation de textes sénatoriaux sur lesquels les juges de la plèbe demandent au peuple de se prononcer, et d'y accorder ou non un véto.
- La plupart des réunions prennent place en début de soirée, et jusque tard dans la nuit pour la raison qu'elle ne doivent pas se chevaucher avec des sessions du Sénat des Mille.
- Si tous les citoyens des classes III, IV et V peuvent participer, chaque classe ne dispose que d'un vote unique lors d'une session. Lors des votes, il y a donc des scrutins préparatoires au sein de chaque classe qui déterminent leur vote. Il n'y a pas de principe censitaire entre ces trois classes, et l’abstention ou le vote blanc sont interdits.
- Les juges de la plèbe ne peuvent pas briguer plusieurs mandats de suite.


Comices Proletari: séance d'interventions du 22 janvier 2017



Sous les lumières de la place de l'achosien pendu, le rassemblement des comices proletari bat son plein en ce début de soirée, marquant traditionnellement le début de chaque session. Sous la statue de bronze de l'antique chef achosien Errwys Gwyndel, les deux juges de la plèbe: Matteo Piccadelli et Alfonso Portelli scrutent la masse sous la protection de quelques gardes wanmiriens. Un annonceur vient signaler à la bruyante ruche de faire silence.


Annonceur: Citoyens et nobles gens de troisième, quatrième et cinquième classe censitaire. Ces excellences sénateurs Portelli et Piccadelli vont avoir l'honneur de présenter au peuple de Velsna le contenu de la loi de prélèvement fiscal prévue pour l'année 2017. Mais avant cela, y-aurait t-il quelqu'un parmi vous pour adresser des doléances à ces excellences ?

Plusieurs mains se lèvent dans la foule, tandis que des jeunes gens viennent leur tendre des micros et des feuilles d’émergement stipulant leurs identités et la classe à laquelle ils appartiennent. C'est un homme mûr aux cheveux grisonnants qui s'avance de quelques, mais qui ne sort pas pour autant de sa petite cohorte. Le Sénateur Portelli le fixe du regard:

Sénateur Portelli : Donne moi ton nom, citoyen, et dis moi l'objet de tes préoccupations. Il n'est point de désagrément que nous ne pouvons régler en tant que corps civique.

Giovanni : Je m'appelle Giovanni Agnelli, excellence sénateur, et à vrai dire, j'ai plusieurs problèmes. Avant de dire ce que j'ai à dire, sachez, excellence, qu'il n'y a pas homme plus humble et redevable envers notre Sénat que moi. La réforme du droit du travail a été une bénédiction, et je suis heureux que vous ayez entendu raison après la grève de l'année dernière. Mais il y a beaucoup de choses que la loi que vous avez fait passé n'a pas réglé. C'est bien beau de limiter le temps de travail et d'augmenter les salaires, mais si c'est pour que notre pouvoir d'achat soit miné par l'explosion des prix, je ne vois pas en quoi notre situation s'améliorerait. Je ne parle pas des entreprises velsniennes qui jouent le jeu non, je parle de ces entreprises étrangères qui essaient de faire leurs petits arrangements avec certains sénateurs dans le dos du peuple !

applaudissements d'une partie de la foule, essentiellement de personnes de la dernière classe censitaire.

Les velsniens se sentent volés rien qu'à regarder le prix des Steiner raskenoises ! Non pas que ce soit trop cher, bien au contraire, les prix sont criminellement bas. Mais à chaque Steiner achetée, c'est une voiture de moins qu'on produit dans les usines Strama, et ce sont des emplois qu'on perd. Pourquoi Strama doit se contenter de prix fixés par le collège e l'automobile lorsqu'à côté, des mafieux margoulins ont le droit de passer à côté des règles avec deux ou trois magouilles ! Strama est une entreprise centenaire, avec des employés modèles, compétents et sérieux, mais soyons réalistes : si on commence à nous mettre en concurrence avec des ouvriers issus de pays dont le niveau de vie est parfois six fois inférieur, comment allons pourvoir rivaliser ? C'est impossible, tout simplement impossible ! Aussi, mes excellences, je voulais mettre ce sujet sur la table et savoir ce que vous en pensiez. Je vous remercie.

La foule applaudit de manière soutenue tandis que l'annonceur reprend la parole.

Annonceur : Bien. Y'a t-il une autre intervention de la part de l'une d'entre vous ?

Un micro passe entre les mains d'une petite femme maigrelette aux cheveux blancs, elle paraît très âgée.

Géorgina : Bonjour mes excellences. J'aurais voulu vous parler d'un problème que j'ai remarqué il y a peu, à la radio et à la télévision. J'ai trois petits fils, vous savez, et je m'occupe d'eux depuis que leur papa et leur maman nous ont quitté. Ils se sont battus contre le tyran Scaela, et c'était de braves gens. Mon fils était ma fierté, et mes petits enfants le sont aussi. Mais j'ai peur de ne pas pouvoir les protéger contre toutes les choses qu'on voit à la tv ou sur internet. Le plus jeune de mes petits enfants n'arrête pas de le bassiner avec des dessins animés qu'il appelle « MANGASSE ». J'ai jeté un œil à ces « MANGASSES » raskenois et nazumi, et laissez moi vous dire une chose : j'ai rarement vu quelque chose d'aussi débilisant et perturbant ! J'ai absolument rien compris : pourquoi tous les personnages ressemblent à des enfants sexualisés ?! Pourquoi tout le monde parle en langue nazumi imprononçable avec des sous titres ?! Nos élus doivent absolument faire quelque chose contre la weeberie ! Je n'ai aucune envie que mon petit fils finisse célibataire endurci à 40 ans ! Quelle sera donc la solution de ces excellences sénateurs face à ce phénomène ?

Les applaudissements qui suivent cette intervention tirée par les cheveux sont plus hésitants et épars. L'annonceur des comices reprend son micro.

Annonceur : Eh bien...je vous remercie de nous avoir fait part de ces...doutes ? Y-a t-il une autre complainte à relever, citoyens ?

Sénateur Portelli : Je pense que nous en avons terminé, très cher...
Comices Proletari: discours du juge de la plèbe Alfonso Rufinus Portelli (Sociaux démocrates des barricades) (18 septembre 2018)

Pour une nouvelle loi agraire



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Le sénateur et juge de la Plèbe Alfonso Rufinus Portelli

Sur la place de l'achosien pendu, ventre populaire de la cité velsnienne, un mouvement de fond se fait sentir depuis de longs mois, voire des années. En effet, les récentes réformes des institutions républicaines n'ont pas empêché le système de prédation se poursuivre dans le monde agricole velsnien, dont le groupe d’intérêt est puissant. Face à cette situation, ou de plus en plus de velsniens rendent compte de leurs plaintes aux Comices Proletari, le sénateur et l'un des deux juges de la Plèbe, Alfonso Rufinus Portelli s'est saisi de la question, avec pour objectif de porter la somme des propositions de l'Assemblée devant le Sénat, sous la forme d'une demande référendaire. Comme pour toutes les sessions, la réunion se fait au tomber du jour et en plein air, mais face à une foule de plus en plus nombreuse, qui gonfle au fil des interventions du sénateur.


Peuple de Velsna, citoyens, vétérans des campagnes, tant à la guerre qu'à la vie civile. J'ai ce jour une histoire à vous raconter, pas la mienne. Comme vous le savez, je suis de bonne naissance, je n'ai jamais eu à me plaindre de ma condition. J'ai toujours eu ce que je voulais, et j'ai pu mener la vie que j'ai entendu comme étant la bonne. Malheureusement, j'ai conscience que ce n'est le cas que d'une infime partie du peuple de la cité, que j'ai bénéficié d'immenses privilèges. Mais je souffre. Je souffre tout de même d'avoir à longueur de journée la vue de vos malheurs, de vos impayés, de vos dettes, de la saisie de vos biens. Ces gens du Sénat répondraient à tout ceci, que c'est parce que vous ne faites pas d'efforts à la hauteur de quelconque récompense, qu'il faut davantage travailler, qu'il est nécessaire de faire plus sacrifices. Encore et toujours les mêmes. Ces derniers mois, ce sont de plus en plus de petits propriétaires ruinés qui viennent ici, qui partagent leur ressentiment et leur colère. Ils viennent me me dire que tous les coins de la chôra entourant la ville, que les gros sont de plus en plus gros, et que les petits sont de plus en plus petits.

Le monde agricole est en crise, citoyens, et vous, vous êtes la preuve de cela. Je vais vous partager l'histoire de l'un d'entre vous, un honnête travailleur de la terre, un velsnien exemplaire, qui se lève tôt et qui se couche tard. Il s'appelle Anastasio. Il a 36 ans, il est marié et il a trois enfants, dont un en bas-âge. Il vit avec son épouse, Anna, et ils sont propriétaires d'une petite exploitation viticole à quelques kilomètres de la petite ville du Néorien, en plein cœur de la Chôra velsnienne. Le travail est dur, la paie est médiocre, plus encore depuis que son troisième enfant est venu au monde, et que le couple doit engager du personnel pour assurer des tâches dont des saisonniers ou eux-mêmes pourraient s'acquitter en temps normal. Premières dettes. Dans le même temps, au Collège des Honnêtes Agriculteurs, qui n'ont d'honnêtes que leur titre, les gros propriétaires, eux, jouent aux cartes avec des titres de propriété. Ils achètent, vendent et s'échangent les meilleures terre,s tout en imposant à tout le reste du secteur des baisses de prix sur les productions, car ils en ont le pouvoir, et que le poids aux votes du Collège des Agriculteurs est déterminé par le volume de production de ses propriétés. Anastasio et son épouse ne peuvent pas suivre la cadence, et ils s'endettent, encore.

Mais voilà qu'en plus de tous ces problèmes, Anastasio reçoit un courrier: il a été tiré au sort pour aller se battre au Chandekolza dans les rangs de la Garde civique. Anastasio, qui est sur la paille, qui a du mal à payer ses quelques employés, qui doit subir la concurrence déloyale des grands propriétaires, est obligé de partir et de faire porter à sa seule épouse, l'ensemble des activités de son petit domaine. Cette dernière doit désormais travailler deux fois plus pour aussi peu de gains, tout en s'occupant de ses enfants, et de son bébé. Elle ne sait pas qu'Anastasio ne reviendra jamais du Chandekolza. Comme toujours, ce sont les petites gens qui accomplissent les grands rêves impérialistes de nos dirigeants. Ce sont eux qui meurent en premier, et qui profitent en dernier. Aux pauvres la mort au champ d'honneur, et pour les riches la propriété d'Anastasio. Car oui, son épouse n'en peut plus, elle est en faillite, elle ne supporte plus la pression des grands propriétaires, qui dés qu'ils apprennent la mort d'Anastasio, s'amassent comme des vautours, et qui proposent de racheter une propriété au prix modique et bien inférieur à la valeur de la parcelle, transformée pour moitié en une friche inexploitée. Anna, son épouse, finit par céder sa petite exploitation, qui était dans la famille de son mari depuis des générations. Et elle se retrouve toute seule avec ses enfants, à devoir déménager à Velsna pour un emploi misérable de femme de ménage. Voici l'Histoire d'Anastasio, et qui peut devenir l'Histoire de vous tous, ici dans cette assemblée. L'Histoire d'une faillite et d'un tragique. L'Histoire de profiteurs qui viennent jusque devant chez vous pour vous arracher vos propriétés après vous avoir délibérément ruinés.

Cette politique mène à la ruine de notre cité, sans même que nos élites ne s'en rendent compte, car ce sont les mêmes qui accaparent vos terres qui siègent actuellement sur les bancs du Sénat. Les citoyens sont la base de toute la vitalité, du développement et de la prospérité de notre cité, et pourtant, ils agissent tels des vampires qui se nourrissent de votre ruine. Je ne connais qu'un seul organisme qui se nourrit de son porteur tout en le faisant mourir: on appelle cela des parasites !

Et quand les agriculteurs se ruinent, les grands propriétaires, une fois qu'ils ont racheté toutes les propriétés, ont besoin de se remettre dans le vert, et ils doivent réaugmenter les prix de toutes les denrées, en faisant payer le prix fort à TOUS les citoyens. Il ne faut pas croire que leur malice s'arrête au rachat de vos propriétés: chacun de leurs investissements, ils les font payer aux autres. La cité velsnienne n'a jamais été aussi riche, elle n'a jamais autant attirée les capitaux, elle n'a jamais autant dépenser pour la guerre, pour la mise sous le joug de nations étrangères, et pourtant, les velsniens n'ont jamais payer aussi cher pour leurs denrées. Les céréales, l'huile, les pommes de terre, jusqu'aux fruits et légumes....jamais un panier de courses n'a coûté aussi cher: 260 florius à la semaine pour un couple sans enfants en moyenne. Cette situation, où des parasites détruisent le secteur agricole, et où ceux-ci vampirisent l'ensemble de la société ne peut plus durer, nous ne pouvons plus laisser ces gens mettent l'existence de concitoyens en danger, et donc, indirectement, de mettre l'existence de la cité en danger, en ruinant notre jeunesse, notre corps civique et notre avenir.

Les optimates fortunéens sont trop heureux de voir l’émergence de leur petite société aristocratique, les Hommes du Patrice craignent le changement et les libéraux sont trop lâches, alors il faut que ce soit le peuple qui les rappelle à leurs obligations, par l'intermédiaire de cette assemblée. C'est pourquoi j'entends faire circuler parmi vous des feuillets, afin que vous apposiez votre signature à la liste de mes propositions, visant à rendre aux petits agriculteurs velsniens leurs terres et leurs revenus, et afin que les prix retrouvent des niveaux décents qui permettent aux agriculteurs de vivre, et aux citoyens modestes de consommer. Mais j'irai plus loin; je proposerai à ce peuple velsnien réuni autour de moi la mise en place d'une loi visant à contraindre le Sénat de restituer à tous les citoyens expropriés de leurs terres ces vingt dernières années à les récupérer auprès des grands propriétaires qui les auraient privé de leurs droits. Si nous voulons redonner aux citoyens leur honneur, il nous faut reconstituer un tissu agricole sain qui n'incite pas à la prédation, qui ne soit pas partagé entre quelques uns !

*applaudissements nourris de la foule*


Projet de référendum imposé par le Juge de la Plèbe Rufinus Portelli, après vérification de la validité du projet auprès des Comices Splendori sur base des Sénatus-Consulte en vigueur dans la Grande République

Alfondo Rufinus Portelli a écrit :
LEX RUFINUS AGRICULTURA


Par ce document, nous mettons le Sénat devant le fait accompli du malheur du peuple velsnien, exprimé dans le cadre des assemblées des Comices Proletari, et dont la proposition n'entre point en contradiction avec la loi existante et la tradition civique de notre cité, protégée par l'assemblée des Comices Splendori.

Compte tenu de l'appauvrissement général du monde paysan velsnien. Compte tenu de l'accaparement des terres par un mouvement de grands propriétaires. Compte tenu de la concurrence déloyale imposée par ceux-ci, avec a complicité du Collège des honnêtes agriculteurs. Compte tenu de l'inflation observée des prix de l'ensemble des denrées agricoles ces quatre dernières années, sans que ces excellences du Sénat des Mile de la Grande République y aient trouvé solution. Compte tenu de toutes ces considérations impérieuses, nous, Juges de la Plèbe et représentants des Comices Proletari auprès du Sénat, nous imposons auprès de ces excellences la tenue d'un référendum que nous adressons au peuple velsnien en son entier, et sur les propositions suivantes:

  • Le blocage des tarifs de l'ensemble des denrées alimentaires sur le marché velsnien pour toute la durée de la mandature sénatoriale actuelle.
  • Le redécoupage du cadastre de l'ensemble des terrains agricoles existants sur le territorial administratif de la cité velsnienne, et de toutes les cités de droit velsnien, sur de base de terrains à la superficie et à la rentabilité supposée similaire.
  • La suspension de toute saisie de terres par l'état velsnien pour toute la durée de la mandature sénatoriale actuelle, sur base du motif de faillite.
  • La restitution de l'ensemble des terres agricoles saisies ou rachetées à tout citoyen qui aurait servi dans la Garde civique velsnienne entre 2010 et 2018.
  • La mise en place d'une bourse agricole permettant aux primo-possédants une intégration accrue dans le monde agricole.

Comices Proletari: réponse aux doléances populaires apportées par le juge de la plèbe Alfonso Rufinus Portelli (Sociaux démocrates des barricades) (22 septembre 2018)

Pour une aide alimentaire aux citoyens de Velsna



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Le sénateur et juge de la Plèbe Alfonso Rufinus Portelli

La place de l'achosien pendu est décidément bien animée depuis quelques temps. Comme une habitude qui devient rengaine, c'est le Juge de la plèbe Rufinus-Portelli qui a convoqué encore une fois la tenue d'une réunion de citoyens afin de les mettre au fait de l'ensemble des doléances que des citoyens velsniens dans le besoin ont émis à son adresse. Les réponses aux doléances de la part des deux juges de la plèbe constituent un type de session habituel au sein des Comices Proletari, qui permet aux juges de la plèbe de constituer devant une large audience l'esquisse d'un projet référendaire qui sera soumis au Sénat des Mille prochainement. Toutefois, c'est la fréquence de ces sessions qui sortent de l'habituel, puisque le Juge Rufinus-Portelli en a multiplié les occurrences de son entrée en fonction au lendemain des élections sénatoriales de début 2018, sollicitant l'assemblée des Comices à la moindre occasion. A en croire certains analystes, ces initiatives multiples s'inscrivent dans le cadre d'une démarche ouvertement populiste visant à contourner l'institution très conservatrice du Sénat, et à imposer les assemblées comiciales, et plus encore les comices proletari comme une véritable institution législative parallèle...


Mes citoyens, peuple velsnien réuni en assemblée. Vous le savez: je ne fais jamais appel de votre parole en vain, je ne prends jamais de votre temps sans concevoir que tous ici puissent avoir leurs impératifs: un travail harassant, une famille à s'occuper, des taxes à payer et du trop cher de partout dans leur vie de tous les jours. J'ai eu, ces derniers temps, de plus à plus à voir de miséreux, qui autrefois étaient des bons citoyens, obligés de se reposer sur la charité, obligés de pulluler dans les rues et de mendier de quo survivre à d'autres citoyens, qui pourtant, dans la théorie, sont supposés être leurs égaux. Je n'irai pas par quatre chemins: nous avons été libérés de la tyrannie de Scaela, pour nous retrouver en proie aux mêmes problèmes: l'injustice, les bas salaires et le fait que nous nous retrouvions à cohabiter avec des individus qui nous méprisent tout en parasitant notre existence. Notre cité se retrouve dans une situation aussi scandaleuse qu'isolée: de toutes les nations d'Eurysie occidentale, nous sommes de ceux qui laissent le plus nos citoyens au bord des routes, nous sommes le seuls où le concept d’hôpital et d'école publique n'existe pas, nous sommes les seuls où il n'existe aucune filet de sécurité empêchant nos concitoyens de tomber dans la servitude de la clinetèle vis à vis de plus riche que nous, où il n'existe rien qui puisse nous retenir de tomber dans la misère, et de mourir à même le trottoir, que ce soit de faim ou de froid. Aussi, sur ce sujet, j'aurais un nouveau récit à vous partager, aujourd'hui à cette assemblée, et qui demande votre réflexion, à tous autour de moi. C'est l'Histoire de Natalia, une employée de magasin, caissière de 42 ans, deux enfants, qui se retrouve le 15 du mois dans le rouge, à courir après la dette et à mendier auprès de tous ses proches pour avoir de quoi remplir un panier de courses. C'est l'Histoire de Timo, étudiant en droit de 21 ans, qui n'est plus capable de subvenir aux exigences financières que son cursus lui demande. C'est aussi l'Histoire de Gloria, 27 ans, qui n'est plus en mesure de payer son crédit logement, et qui doit cumuler deux boulots.

Tous ces gens sont pris à la gorge, que ce soit par les impôts à la consommation, par les charges des assureurs privés, par leurs logeurs, et désormais par leurs propres paniers de course. Car oui, dans la droite lignée de ce qui avait été mon propos lors de notre dernière session, la crise actuelle du monde agricole, où des grands propriétaires terriens profiteurs augmentent les prix après avoir racheté les terres de tous les autres, se répercute directement sur le pouvoir d'achat de nos concitoyens. Les réformes engagées depuis 2014 ont certes accordé davantage de droits politiques à nos concitoyens, mais ce ne sont pas les droits politiques qui remplissent les ventres. Nous sommes aux prises avec un phénomène sans précédent d'augmentation des prix des denrées agricoles, que le Collège des Honnêtes agriculteurs se permet en toute impunité, en vertu du fait que ses membres peuvent bloquer à loisir toute tentative de quiconque de faire ombrage à leurs prix, qu'ils peuvent imposer les tarifs qu'il entendent à n'importe quel producteur sur le territoire velsnien, qu'ils peuvent bloquer toute importation étrangère à loisir.

La conséquence de cette catastrophe économique et sociale est dés lors prévisible: les prix augmentent et les paniers se vident. Les grands propriétaires, eux, non seulement se remplissent les poches, mais ils font des réserves, ils spéculent sur le prix du grain qu'ils ne vendent pas, et de toutes les autres denrées. Ils organisent la pénurie de la manière la plus éhontée, une pénurie qui ne devrait pas exister dans les faits. Nous avons affaire à des vautours qui affament les bons citoyens de manière totalement volontaire, et qui s'en sortent sans la moindre sanction, sans la moindre contrepartie de leurs méfaits. En théorie, le pire est que, le Sénat des Mille est compétent pour agir, qu'il est compétent pour ordonner au Collèges des Honnêtes agriculteurs de réformer sa tarification, même pour bloquer les prix, ce que j'ai déjà proposé précédemment. Mais le Sénat des Mille est davantage gouverné par ce Collège que par le peuple velsnien. Les interêts des plus petits n'intéressent pas, car c'est pour certains, un sacrifice qu'il est nécessaire de faire pour assurer la prospérité des autres. Et les autres, ce sont eux. Et eux, une fois que vous vous êtes appauvris, reviennent vers vous, et vous proposent une assiette bien pleine, fruit de ce qu'ils vous ont volé. Mais il ne faut pas croire qu'il s'agit là d'une œuvre de charité, au contraire: ils ne reviennent vous donner de quoi vivre uniquement parce qu'ols veulent vous conserver sans une clientèle. Vous êtes le produit.

Il est désormais temps que la cité s'occupe de ceux qui la font vivre, et qui font fructifier son économie davantage que toutes les autres catégories sociales, ces gens là en premier, les faiseurs de lois, qui rédigent depuis des siècles des règles qui n'arrangent que ce tout petit milieu. Nous sommes nombreux, ils sont peu, et il est temps de rééquilibrer un peu cette situation. Et le premier pas vers la justice, il se fait au niveau des ventres et des estomacs. La cité a les moyens financiers de mettre en place une politique d'assistance alimentaire, et de distribution vis à vis de ses citoyens les plus pauvres. Elle ne veut pas le faire, alors nous allons la forcer.

C'est pourquoi je tiens à soumettre à votre adresse, à vous, le peuple velsnien qui fréquente la Place de l'achosien pendu, le mise au vote d'une liste de propositions visant à la création d'un nouvelle magistrature sénatoriale, et d'un service de distribution gratuite de nourriture accordée par le Gouvernement communal à l'adresse de l'ensemble des citoyens figurant dans la dernière classe censitaire dont le revenu serait moitié moindre que le seuil minimum de revenu pour intégrer la quatrième classe censitaire, ce qui porterait le nombre de ses bénéficiaires à 400 000 personnes. Nous aurions ainsi l'opportunité, pas forcément de changer radicalement l'existence de ces gens, mais au moins, à leur permettre de survivre dans une cité où tout a toujours été payant, et où tout est devenu trop cher, jusqu'à les denrées alimentaires.



Projet de référendum imposé par le Juge de la Plèbe Rufinus Portelli, après vérification de la validité du projet auprès des Comices Splendori sur base des Sénatus-Consulte en vigueur dans la Grande République

Alfondo Rufinus Portelli a écrit :
LEX RUFINUS FRUMENTARIA


Par ce document, nous mettons le Sénat devant le fait accompli du malheur du peuple velsnien, exprimé dans le cadre des assemblées des Comices Proletari, et dont la proposition n'entre point en contradiction avec la loi existante et la tradition civique de notre cité, protégée par l'assemblée des Comices Splendori.

Compte tenu de l'augmentation récente des pris des denrées alimentaires en Grande République, et plus particulièrement sur le territoire de la cité velsnienne. Compte tenu de l'augmentation générale des dépenses de la vie des citoyens. Compte tenu du manque d'assistance apporté aux citoyens sans ressources et afin de lutter contre le système du clientélisme électoral et économique dans lequel sont enfermés nos concitoyens. Compte tenu de toutes ces considérations impérieuses, nous, Juges de la Plèbe et représentants des Comices Proletari auprès du Sénat, nous imposons auprès de ces excellences la tenue d'un référendum que nous adressons au peuple velsnien en son entier, et sur les propositions suivantes:

  • L'instauration d'un Bureau financé par Gouvernement communal de la Grande République, et entièrement dédié à l'évaluation, l'inscription et à la distribution alimentaire d'urgence auprès des 400 000 des plus pauvres citoyens de la cité velsnienne, et dont la tâche sera intégralement financée par le Gouvernement communal de la Grande République, sans intervention de l'évergétisme privé.
  • La nomination d'un magistrat sénatorial chargé de l'approvisionnement de la ville de Velsna en denrées alimentaires gratuites.
  • La mise en place d'une commission chargée d'assister ce magistrat dans l'exercice de ses fonctions, composée de membres élus par l'Assemblée des comices proletari.
  • La consécration du principe de gratuité de ce service, destiné à tout citoyen adulte, homme ou femme, qui saurait justifier un revenu annuel inférieur à 60 000 florius velsniens par an.


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