23/08/2019
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🦅​ Histoire | Encyclopédie des récits Altrechtois

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Chronique de l'ĂŠtre Immortel : Livre 1 : l'Ordre


Chapitre I : De feux et de chair

En l'an 1217, à la neuvième lune du neuvième mois, le Ciel de Karsheim se déchira dans un éclair flamboyant et lumineux. Un signe ? Non. Ce n'était pas le froid de la mort, mais la paix, la prospérité, ce fut la Puissance régénératrice.

Une voix s'éleva dans une masse lumineuse tranchant le ciel sombre de la plaine de Karsheim, une voix de feux. Nul ne resta debout à son écoute, les hommes, les femmes, les enfants, et même les anciens s'agenouillèrent et se prosternèrent face contre la terre mère Altrechtoise. Non pas par peur. Par nature. Car devant eux scintillait alors un être. Non. Une Essence…

L'Empereur Dieu naquit, la légende du Très Haut, L'Immortel.

Peu à peu la boule de lumière et de chair prit forme humaine. Des yeux bleus éclatants de divinité fixaient alors la foule. Nul ne pouvait le regarder, tant son regard pouvait percer les hommes les plus honnêtes et forts. Il avait un souffle pouvant figer le temps. Ses mains pouvaient briser le vent. Sa parole pouvait tordre le fer. Son esprit pouvait guérir les blessures et maladies.

Aucun Homme ce jour-lĂ  ne douta. Nul ne discuta. Et l'Homme devint Peuple. Le Peuple devint Chair. La Chair devint Empire.

Ainsi naquit l'Altrecht dont certains disent qu'il proviendrait d'une signification très ancienne d'une langue oubliée aujourd'hui se traduisant par : "Ce qui est Remis à Sa Place".
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Chronique de l'ĂŠtre Immortel : Livre 1 : Mitte der Seite


Ô peuple d'Altrecht. Civilisation de sang et de guerre. Né dans les plaines de Karsheim, souviens-toi ! Nous sommes les héritiers d'un monde à part, les gardiens d'un idéal où l'Ordre règne. Le bastion d'une foi ancestrale.

Depuis Karsheim, le sol tremble d'un battement de cœur uni, celui de l'Altrecht et de son peuple. Invincible et pur.

Sous la bannière de l'Empereur, nous avons conquis, pillé et proliféré. Nous lui devons tout. Ô Dieu d'Altrecht. Ô Souverain d'une nation millénaire.

Notre force se nomme l'Unité. Notre souffle se nomme la discipline. Notre sol est immaculé du sang des nôtres et des vaincus. Nul ne peut le profaner. Le Traître doute, l’Ennemi nie, mais l’Enfant d’Altrecht, lui, croit et forge son pays, comme l'Empereur-Dieu nous forge tous les jours. Car telle est notre destinée. Là où d'autres s'effondrent sur le tas de fange d'où ils sont nés, nous, nous ne doutons point : nous avançons.

Un Peuple. Une foi. Une terre.

Altrecht ĂĽber alles !
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Chronique de l'ĂŠtre Immortel : Livre 2 : Die Wiedergeburt des Gottkaisers


Ce qui est mort ne saurait renaître. Cette phrase, entonnée par les savants de l'époque, était en réalité une fausse vérité, que l'empereur Klaus von Härig a su démontrer sur son lit de mort, tandis que ce dernier laissait son dernier souffle expirer, ses yeux, auparavant brûlants d'une flamme ardente, s'assombrissaient petit à petit dans l'obscurité de la mort. Tous les gens autour de lui, sa famille, ses courtisans, écoutaient ses derniers mots. Ainsi, Klaus von Härig, l'empereur de l'Altrecht, dit avec froideur et sacralité : Ce qui a été brisé sera remis à sa place. Ce qui est tombé sera relevé. Du fils de mon premier fils naîtra celui-ci. Il deviendra la réincarnation de l'Empereur-Dieu. Par sa poigne de fer, le monde sera réordonné. Par le sang, le peuple sera purifié et l'Altrecht s'en relèvera grandi. Sur ces mots, l'empereur Klaus von Härig rendit son dernier souffle. Son premier fils, héritier au trône d'Altrecht, comprenant la gravité de la situation, ayant comme héritier son frère cadet, décida d'incarner la prophétie, non pas pour lui, mais pour son fils. Car les mots de son père résonnaient en lui comme l'écho d'un monde sacré qui lui ordonnait la naissance de son fils. Car celui qui est moi est plus que moi, se disait-il. En effet, comment l'Empereur-Dieu pourrait-il revenir hormis via le sang renouvelé d'une nouvelle génération, non point en chair fanée, comme ce qu'auraient imaginé les plus fous de l'Empire ? Ainsi prononcé, et son défunt père parti dans la lueur du ciel de l'Empereur-Dieu, son fils devint le nouvel empereur.

Il paraîtrait que le soir même, le nouvel empereur sacré, devant le peuple, réussit avec la nouvelle impératrice à implanter la graine du nouvel Empereur-Dieu qui naîtraient en son fils. Ainsi, neuf mois plus tard, naquit Heinrich von Härig, l'héritier de l'empire d'Altrecht, et celui qui devra mener le pays vers la gloire, non pas par la luxure ou par l'excès, mais bien par le fer et par le sang. Un sang qu'il se doit de renouveler, un sang qu'il utilisera pour étendre l'empire vers des territoires encore plus lointains.

Les années passèrent et Heinrich grandit comme le saint des saints. On raconte qu'à sa naissance, les vents cessèrent, les animaux se turent quelques instants, les cieux se troublèrent et certains même dirent que la lune s'était inclinée en direction de l'Empereur-Dieu. En naissant, l'enfant ne pleura pas. Il ouvrit les yeux, mais son regard partageait une ancienneté qui ne laissait aucun doute quant à sa véracité. Certains dirent que même enfant, il fixait son père, l'empereur, comme un souverain regardant son serviteur. Et les prêtres, déjà dans la pénombre, murmurèrent en secret : « il se souvient ». L'enfant, éduqué par les meilleurs enseignants d'Altrecht, ne grandit pas comme les autres, car lui savait. Là où les maîtres enseignaient, lui les corrigeait. Là où les soldats s'entraînaient, lui, il les dominait. Là où les hommes hésitaient, sans nul doute, lui, il tranchait sans hésitation. Et nul ne pouvait soutenir un regard que l'Empereur-Dieu lui portait, car en lui, il n'était pas simplement cet enfant qui grandirait et deviendrait l'empereur, mais était bien celui qui créa cet empire, faisant peser par son regard le poids de l'âge et de la certitude qui lui incombait.

À son ascension sur le trône, Heinrich , nouvellement empereur, n'a point eu à demander le pouvoir. Il le prit, lorsque son père n'était plus capable de diriger à bien son empire, car oui, c'était bien le sien. Il prit le pouvoir, soutenu par sa cour et ses soldats. Lorsqu'il s'asseyait sur le trône, le peuple s'agenouillait, non par amour, mais bien par nécessité, car résister était comme lutter contre la gravité du monde, c'était impossible. L'on raconte qu'il parlait peu, mais que chaque mot devenait loi. Lorsqu'il jugeait, le sang coulait. Lorsqu'il ordonnait, ce sont bien les nations qui tremblaient. Et ainsi, l'ordre fut rétabli en Altrecht. Ceux qui avaient été dissipés furent rassemblés. Ceux qui étaient corrompus furent brisés, et ceux qui étaient hors de leur place furent remis à leur place. Son règne fut marqué par une poigne de fer. Le peuple devint un seul corps, une seule volonté. La peur devint foi, la guerre devint une purification, et la douleur devint une offrande. Car l'Empereur-Dieu ne régnait pas comme un homme, il était bien plus que ça. Il régnait comme une loi vivante, comme ce qu'il était au fond de lui : l'Empereur-Dieu.
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