23/06/2018
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Chambres Confédérales

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Le Confédéralisme présente bien des avantages pour ses entités, en revanche, lorsque ces dernières entrent en confrontations pour des raisons économiques ou géopolitiques, il est nécessaire de promouvoir le compromis et les encourager à négocier. Voire à trancher à leur place si elles ne peuvent s'accorder. Et c'est ici où réside tout l'intérêt de ces Chambres, qui mêlent justice et législatif. Ces dernières sont charger de coordoner les actions des différentes entités confédérés. C'est elles qui décident des opérations que mènera la Confédération à l'internationale, qu'elles soient militaires ou économiques. C'est elles aussi qui seront en charge de résoudre les grandes controverses que pourrait traverser la Confédération en se basant sur la Constitution Confédérale.

Bref, vous l'aurez compris, les Chambres sont un outil précieux dans la gestion des affaires confédérales, mais aussi un rouage majeure de l'organisation interne de l'Empire Confédéral Uni d'Antérinie.
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Désiré Floubou//Ecclesiaste Lemba

Quand la fatigue vous prends…

Louis d’Antrania déambulait dans les couloirs des palais marcinois, tentait de reprendre ses esprits, de recouvrer la raison. Après plusieurs jours éprouvants, après avoir enchaîner les accords diplomatiques et les rencontres il avait besoin de sommeil. Mais malheureusement pour lui, les chaudes et humides nuits de Marcine ne sont guère propices au repos pour ceux qui n’y sont pas habitués… Et puis ces interminables défilés protocolaires auxquels il doit assister en qualité de Ministre lorsqu’une délégation étrangère atterrit à Marcine ou ces négociations lassantes entre envoyés marcinois et envoyés antériniens qui n’en finissaient pas. Chacun exposant ses doléances tout en refusant celles de l’autre, un véritable dialogue de sourds qui durait des heures et qui n’apportait aucune solutions concrètes. Ces Chambres, excellents moyens pour résoudre les divergences entre États Confédérés de manière pacifique, étaient aussi un moyen de pérorer pendant des heures. Et à chaque sessions qui concernaient la diplomatie, l’épuisé Louis d’Antrania devait y assister, conseiller le représentant antérinien, se faire houspiller par les Marcinois, sous l’oeil bienveillant de Sa Majesté, visiblement passionné par les débats en cours. Et alors qu’il continuait à avancer, il tourna subitement, se rendit compte qu’il avait prit le mauvais couloir, continua tout droit, puis changea de couloir, tourna à gauche et le voilà enfin arriver à sa chambre. En ouvrant la porte, le ministre ne put s’empêcher de remarquer que l’architecture marcinoise reste extrêmement atypique. 

Enfin, il dénoua sa cravate aux rayures bleutées, enlevait son veston d’un bleu profond et alors qu’il se baissait pour défaire ses lacets, un domestique frappa, entra et lui annonça qu’un nouveau débat était en cours à la Chambre et que cela nécessitait sa présence. L’Antérinien tenta de repousser la date, en demandant ne serait-ce qu’une nuit de sommeil, mais le domestique lui répondit d’un ton calme et lisse que sa présence était à tout prix nécessaire. « Affaire de vie ou de mort » rajouta -t’il. A la fois intrigué et surpris, l’Antérinien reboutonna sa chemise, lissa ses cheveux blonds et remit son veston tandis qu’il attrapait sa cravate avec sa main libre. Tout en pensant que, décidément, la Nature se ligue contre lui. Et pendant que nos deux hommes rejoignaient la salle dédiée aux réunions et aux votes, que d’Antrania renouait sa cravate, un Marcinois, regard vif, pas rapide, se joignit au petit duo. Ce dernier ne portait pas les traditionnels costumes de sapeurs… Un simple veston noir, une chemise plus clair, un bas sombre, le tout lui allant parfaitement bien. Une élégance simple, mais efficace, à l’image de Désiré Floubou. Homme social, poli et classe, jamais un mot plus haut que l’autre, toujours des formules protocolaires mais bienveillantes, un sourire charmeur, une chaleur humaine certaine, bref un diplomate misant sur l’humain et la compréhension mutuelle plutot qu’un cynique.

Le Chargé aux Affaires Afaréennes, sentant le désarroi de son interlocuteur lui exposa simplement la situation ; une conférence secrète entre Churayns, Antériens, Marcinois et les indépendantistes du Grammatika déboucha sur des accords : le protocole de Marcine, qui prévoit la mise sous blocus de la colonie. De ce fait, Marcine a besoin d’emprunter quelques navires à la Confédération le temps que dure son opération. Voire un peu plus si les membres du B.N.E souhaitent commencer les hostilités en déclarant la guerre à la Confédération et à ses alliés. L’Antérinien, à la fois surpris et abasourdi fit simplement : « Non seulement vous venez de bousiller une nuit de sommeil, mais en plus vous vous engagez dans d’interminables palabres… ». Mais pourtant, quoiqu’en dise l’Antérinien, la situation avait de quoi être cocasse, Marcine, venait d’entamer des actions hostiles, ou du moins agressives afin de pouvoir soutenir ses alliés, des États plus ou moins fréquentables tels que le Churaynn et l’Antérie, le premier ayant été condamné de manière officielle sous la pression de Marcine et le second ayant une assez mauvaise presse au sein du Royaume. Louis d’Antrania n’ignorait pas ces petits détails bien gênants pour les Marcinois, surtout qu’il se souvenait que Aimé Bassé avait tapé des mains et des pieds pour que la Confédération prenne des sanctions énergiques contre l’Empire Islamique. Seul le recul du Churaynn avait permis de calmer les ardeurs du ministre marcinois. Et pourtant, certains affirmaient que les Marcinois étaient des marionnettes au service de l’Antérinie, et il arrivait au ministre antérinien qu’une telle situation lui aurait évité bien des contrariétés… Mieux encore, il n’aurait pas à sacrifier ses heures de sommeil pour de tels évènements.

Malheureusement pour lui, et ses heures de repos surtout, la confédéralisation et l’ouverture officielle de Marcine au reste du monde a amené bien des changements avec. Si les diplomates Marcinois ont toujours une certaine préséance, pour ne pas dire prédominance, dans la direction diplomatique de feu l’Antérinie centrale. Malgré tout, Louis d’Antrania permettait d’éviter que les différents gouvernements se succédant à la Chambres de Municipalité ne se lancent dans des projets trop ambitieux pour la jeune diplomatie antérinienne, d’ailleurs c’est pour cette raison qu’il avait des relations si difficiles avec Aimé Bassé. Ils ne se détestaient pas, mais ce dernier lui reprochait son manque d’ambitons et son amour « immodéré » pour les partenariats bilatéraux, aux détriments des grands ensemble continentaux que Bassé affectionne tout particulièrement. En claire deux visions radicalement opposées. Malgré tout, malgré cette inimité latente entre Bassé et d’Antrania, le respect régnait. Car même si d’Antrania émattait des réserves assez lourdes sur les capacités diplomatiques du Royaume de Marcine, notamment à cause du « fiasco de Marcine », vu par beaucoup de diplomates comme une conférence bâclée n’ayant qu’un seul but ; se rapprocher d’Ateh Olinga ou encore les relations pour le moins inamicales qui caractérisent les liens entre le Royaume et l’Azur, mais de l’autre Marcine collectionnait les petits succès tout en se formant une base de plus en plus solide, le Kah, la bonne entente avec le Dgondu, des entrées en matière positives avec le Churaynn et l’Antérie, des petites pierres qui solidifieront petit à petit l’édifice marcinois. Quant à l’Afaréen, évidemment qu’il ne pouvait nier la relative efficacité de son homologue eurysien ; une alliance avec Velsna, une alliance avec Teyla, Karty et de plutot bonnes relations avec le reste du monde, y compris avec l’Azur, ainsi qu’une ‘’invitation’’ à rejoindre l’Organisation des Nations Commerçantes.

Évidemment des sujets d’ordre capital divisaient les deux entités. La question militaire avant tout. Marcine considérait l’obtention d’une armée autonome comme une nécessité absolue, d’une part pour prouver sa souveraineté au reste du monde, de l’autre pour assurer ses propres intérêts et ne pas dépendre du bon vouloir de la Chambre Martiale pour ses opérations. C’est d’ailleurs pour cette raison que Bolila et Floubou étaient déterminés à faire fi du verdict de la Chambre si cette dernière n’allait pas dans ses intérêts, ou de jouer avec la législation confédérale si une résolution contraire était prise par les autres membres de la Confédération. Des solutions plus ou moins légales existaient ; la naissance d’un groupe de sécurité financé par le gouvernement marcinois parfaitement indépendant des institutions confédérales pouvait voir le jour. Des vigiles, même armés de famas et suppléés par de l’artillerie moderne ou des chars n’avaient pas à être inquiétés par la Confédération si le gouvernement marcinois avait autorisé l’obtention de telles armes. Naturellement le secret serait de polichinelle, tout le monde savait que Marcine aurait sa « force de sécurité autonome » et ça ne serait qu’un camouflet fait à l’Antérinie et aux autres États confédérés. Seulement, les débats n’avaient pas encore débuté, les États confédérés n’avaient pas encore voté, les Parlements n’avaient pas encore pris position et le Congrès Confédéral n’a pas été saisi. De cette manière, rien n’est joué d’avance et Marcine a encore quelques mois pour convaincre les autres entités d’adhérer à son point de vue.

Seulement, un évènement qui semblait pourtant anecdotique sur le plan politique, la création d’une véritable coalition pour défendre l’intégrité d’un peuple face à sa puissance coloniale. Naturellement, si les questions en lien avec la légitimité de Marcine à participer à une telle opération ne se posait même pas pour les différents participants, en revanche, les capacités militaires de la Confédération, et surtout si l’Armée confédérale, institution que la Chambre Martiale représente, s’y oppose risqueraient de rendre les promesses faites par Désiré Floubou caduques. Ce ne serait pas uniquement un coup dur pour les rebelles, mais une véritables humiliation pour Marcine. Une chute spectaculaire en Afarée. Pis encore, ça donnerait du grain à moudre pour les Azuréens. Tandis que la presse d’opposition se réjouirait d’un tel revers ; « La Chambre Martiale rappelle à Bolila ses obligations ! » ou encore « Bolila renvoyé à la niche par la Confédération ! », Floubou imaginait déjà les titres, tandis que SES négociations tourneraient au fiasco. Bref, une défaite politique, diplomatique et personnelle se profilait si la Confédération refusait d’accéder aux demandes marcinoises. Et ça Floubou le refusait. Hors de question de trahir les Indépendantistes, de trahir ses alliés et de trahir le P.P.A et de se trahir. Il avait conscience des rapports de force internes, mais il refusait de voir la Confédération sombrer dans le cynisme politique. Seulement, avec des néo-libéraux et des conservateurs, l’argumentaire moral ne suffit pas. Il fallait aussi y ajouter des faits, des intérêts, des stratégies. Bref, de quoi prouver que ce plan est mûrement réfléchi, se base sur des actes et non des des principes. Montrer que l’on ne risquait pas la vie d’Antériniens, de Marcinois et de Bahamanites pour de belles idées, mais pour asseoir sa position et ses intérêts.Pour que les confédérés ne meurent pas pour du vent. Cela, Louis d’Antrania n’en avait cure, ce qu’il voulait c’était de ne pas trop céder de terrain aux Marcinois, l’équilibre confédéral lui importait bien plus que la souveraineté de Marcine. Malheureusement pour lui, fatigué comme il est, il ne pourrait réellement opposer une résistance farouche, et puis avait-il vraiment envie de faire subir à Marcine un revers qui entamerait pour de bon sa crédibilité ? Évidemment que non, personne n’aurait d’intérêts à voir Marcine devenir une figure clownesque et parjure.

Et tandis que l’Antérinien sommeillait les yeux ouverts, que le Marcinois le pressait plus ou moins brusquement, il arrivèrent devant la Chambre Martiale. Terme bien grandiloquent pour désigner une petite salle de conférence coquette, richement ornée, certes, mais avant tout étroite. On aurait pu confondre cette salle avec celles qui sont réservées aux groupes de paroles pour fonctionnaires dépressifs. Lustres brillants mais mornes, tableaux éclatants mais endormis, vestiges de la gloire passée du Royaume. Mélancolique malgré ses airs princiers. Une vaste table ronde, des micros négligemment déposés, un trône, ou du moins ce qui ressemble à une chaise couvertes d’emblèmes royaux. Tout rappelait la gloire, mais tout montrait aussi l’envers du décor. La chaise couverte de tissus rougeâtre, les emblèmes marcinois aux couleurs vives mais mornes, une table d’un bois ancien mais par endroits trouée par les termites. Certains séants étaient même branlants et avaient été relégué au fond de la salle pour les invités de marque ou pour les intervenants. Tout marquait que personne ne s’attendait à ce que cette pièce serve. Les ministres se réunissant ici une fois par semaine, souvent par téléconsultation et généralement par protocole, des réunions d’une heure où chacun se tourne les pouces, en profitent pour signer des bons de commande aux industries ou pour rédiger des lettres barbantes… Peu de décisions impactantes sont prises ici, le Conseil Martial connaissait rarement une telle animation. Les écrans allumés, les visages des différents ministres de la guerre de chaque États confédérés, Sa Majesté seyant en fond de pièce mais imposant le calme par son sourire jovial, le Premier Ministre Marcinois ainsi que son collègue des Affaires Étrangères et de la guerre étaient assis autour de la table, le second ayant hérité de la chaise au pied brisé. Floubou et d’Antrania, s’assirent donc au fond de la pièce, tandis que les toiles d’araignée caressaient ses cheveux couleur blé. Mais l’Antérinien, fatigué comme il l’était, laissa la toile et faillit s’endormir sur son séant.

Et tandis que les yeux bleus de Louis d’Antrania luttaient pour ne pas se fermer, Floubou demanda un café pour le ministre antérinien, un expresso vinsonzan serré au domestique qui s’apprêtait à fermer la porte. Pendant que tout le monde s’installaient, que le café était servi, que les biscuits arrivaient, l’amiral Aimé de Kalindi-Marcine, l’un des descendants de l’une des plus vieilles familles aristocratiques du Royaume arriva précipitamment, uniforme flambant neuf, regard encore plus incandescent que le feu d’un obus perforant le blindage d’un navire, solidement bâti et particulièrement pragmatique. En vérité ce n’était pas un roc, mais une montagne. Un Hercule brisant n’importe quel obstacle se mettant sur sa route. Un amiral de la marine confédérale. Car malgré son physique imposant, c’était un fin stratège, la force brute ne compte pas, elle ne prévaut pas en combat, seulement il faut savoir utiliser le terrain, la diplomatie, l’aérien et le balistique à son avantage. Un avant-gardiste du combat naval ; « Plus de missiles, moins de patrouilleurs ! » disait-il. Et fidèle à lui-même, il avait bien l’intention de montrer qu’un blocus efficace n’est pas une perte de temps statique, mais une stratégie proactive qui nécessite finesse et souplesse. La brutalité n’est rien face à l’agilité. « Si l’ours perd face au lion c’est par ce que ce dernier est plus rapide » affirmait-il. Évidemment, il lui arrivait de perdre pied ; notamment lorsque ses plans ne sont pas suivis à la lettre où s’ils ne se déroulent pas comme prévu. Méthodique, organisé et soigné étaient ses meilleures qualités. Mais il était aussi susceptible de répondre par la radicalité lorsque tout déraille. C’est pour cette raison qu’un second bien plus pragmatique se charge de le raisonner lorsque les évènements ne se déroulent pas comme prévu. Enfin, après que tout les représentants aient pu s’installer, le Premier Ministre marcinois prit la parole, tandis que les ministres de la guerre se rapprochaient pour mieux entendre.

- « Bonjour à tous messieurs. En vertu de l’article septième du livre premier de la Constitution confédérale, le Royaume de Marcine que je représente souhaite utiliser une partie des forces navales de la Confédération pour un usage temporaire. De ce fait, il convoque ici-même la Chambre Martiale. Le nombre total de navires demandés, ainsi que les aéronefs nécessaires à ce type d’opérations seront distribués aux différents ministres chargés de la guerre. »

Note adressée aux services de l'Armée Confédérale. a écrit :Marcine s’engage à envoyer une partie des forces armées confédérales dans le golfe centre-afaréen pour participer à une opération visant à intercepter tout les navires transportant hommes et armes à destination de la colonie du Grammatika dans l’intention de faire respecter les Droits Humains et éviter que ce matériel ne serve à organiser une répression sanguinaire. Pour ce faire une escadre de la Marine Confédérale sera dépêchée sur place, elle sera composée par :
- Une frégate de sixième génération, le N.S.M Saint Michel.
- les N.S.M Louis le Grand, le N.S.M le Resplendissant, le N.S.M Grandiose, le N.S.M Implacable, tous des patrouilleurs de sixième génération.
- Le N.S.M Kalindi et le N.S.M le Batailleur, tous des corvettes de troisième génération.
- Le N.S.M Fringant, pétrolier ravitailleur de première génération.
Elle recevra un soutien aérien conséquent :
-10 avions de chasse de sixième génération.
-10 avions bombardiers de sixième génération.
-10 chasseurs-bombardiers de troisième génération.

Le représentant scintillanais, au crâne chauve, le regard fixe, finissant de signer un papier administratif, visiblement surpris par la soudaine importance d’une réunion qui semblait pourtant anodine fit benoîtement :

Jacques Ledran : - «  Vous êtes sûrs ? Enfin je veux dire que nous n’avons pas vu de tels déploiements depuis des opérations de maintien de l’ordre dans nos anciennes colonies, aujourd’hui perdues. C’est presque un millier d’hommes que nous envoyons en mer. Qui nous dit qu’on ne les tirera pas comme des lapins depuis un sous-marin ? C’est un jeu extrêmement risqué auquel vous jouez Monsieur Bolila. Vous le savez pertinemment. Devrai-je vous rappeler que mettre sous embargo une nation en théorie souveraine, même coloniale, est un acte extrêmement intrusif ?! Le Grammatika, même si c’est un régime odieux doit être traité de la même manière que les autres ! Est-ce que les Akaltiens s’amusent à lancer des croisades contre tout les États anti-natifs de leur continent ? Non ! Et bien c’est la même chose en Afarée. L’Azur ne le fait pas, le Banairah non plus, l’Althaj non plus. Seul le Churaynn le fait ! Alors sérieusement ? Vous pensez à votre crédibilité diplomatique ? Vous passerez uniquement pour des impérialistes en culotte courte ! Ne le niez pas, je sais pertinemment que les Churayns ne sont pas dénués d’arrières pensées, ils sont loin d’être des petits anges, et encore des innocents ! Je refuse de voir se former une coalitions anti-Marcine ! Je refuse que la Confédération soit entachée par une telle affaire ! Nous devenons une place commerciale majeure, nous attirons les flux akaltiens, stérusiens, etznbiens et hernandien, nous compterons bientôt sur l’A.S.E.A, des membres de l’O.N.C ! Et vous voulez aller salir notre réputation ? Vous entravez le commerce international ! Évidemment, le Scintillant s’y opposera ! Et plutot deux fois qu’une ! J’espère avoir été clair !"

Bassé s’attendait à cette résistance, seulement, il pensait que ce serait les Antériniens qui débuteraient les hostilités… Surprenant se disait-il intérieurement. Heureusement, la Bahamanite, femme d’âge mûre, le regard résolu et l’air inébranlable prit la parole :

Carma Argawal : - " Monsieur le ministre des armées scintillanais, il ne s’agit pas uniquement d’argent, mais aussi de vies humaines ! Il ne s’agit pas de quelques millions perturbés par une mauvaise publicité, mais de vies humaines ! Les crimes du Grammartika sont trop graves pour que nous restions immobiles, insensibles, cyniques même. Vous êtes adeptes de la fameuse maxime ; « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens », et bien moi je maintiens le contraire. Un État sain est un état qui ne se bat pas uniquement pour ses intérêts. Un État sain n’est pas une société privées. Un État sain doit savoir dénoncer. Un État sain doit savoir s’interposer entre la belle-mère abusive et l’enfant maltraité lorsque cette dernière s’apprête à le frapper avec un gourdin. Nous sommes des êtres humains. Nous n’agissons pas comme des machines de fer et de rouages. Nous avons tous des enfants, des pères et des frères. Une histoire, des sentiments, des aspirations, des intérêts des objectifs. Nous sommes composés de chair et de sang. Nous sommes aussi capables de penser et d’agir. Jésus l’avait rappelé ; « aime ton prochain comme toi-même ! ». Lorsque les rachistes de la R.R.N.G.A ont tenté de s’emparer du Grand Duché, l’Akaltie et l’Etznabie ne sont pas restés de marbre. Lorsque les pirates de la même organisation ont tenté de s’attaquer à l’Akaltie, nous avons proposé notre aide. Alors pourquoi refuser d’aider les colonisés ? C’est pas comme si le Grammatika était un État de Droit, ni même une démocratie. C’est un régime autoritaire d’obédience fasciste et raciste ! Évidemment que nous nous devons de défendre les locaux face à de telles abominations ! L’Union Bahamanite soutien toutes les opérations militaires que lancera Marcine ! "

Bassé en profita pour assener son coup de grâce :

Aimé Bassé : - « De plus messieurs, vous oubliez un point essentiel. Nous n’avons pas l’intention d’envahir, juste de préserver l’intégrité des troupes rebelles. Notre objectif, c’est d’assurer la sécurité de ces derniers. Nous refusons d’assister à un énième holocauste commis en Afarée. Nous sommes certes candides, mais face à un État pratiquant du néo-esclavagisme, je doute sérieusement que la répression sera mesurée ! En plus, pensez-vous réellement que l’Opinion internationale se mobiliserait contre nous lorsque les rebelles nous approuvent sans réserves ? Naturellement. Car se mobiliser contre nous, revient à se mobiliser en faveur du B.N.E, et qui tient réellement à soutenir le B.N.E quand ses États membres sont soit des États fascistes, soit des Monarchies semi-absolues ? Sérieusement ? Personne, évidemment. Sauf les fous du bous. Sinon, l’Afarée devrait nous soutenir, l’O.N.D ne devrait pas nous rejeter et l’O.N.C ne s’y opposera pas tant que le commerce mondial n’est pas menacé. Je me trompe ? »

Louis d’Antrania sentant que le débat allait tourner en rond s’il n’intervenait pas, prit la parole et fit simplement :

Louis d’Antrania : - « Messieurs, je pense qu’il est nécessaire de laisser monsieur Floubou exposer les risques que Marcine, et peut-être même la Confédération, encourent. C’est lui qui a été tout du long chargé de la mise en place de l’opération en coordination avec le Churaynn, l’Antérie et les Indépendantistes. Alors, veuillez nous exprimer clairement votre point de vue, et présenter sans ambages les intérêts que la Confédération en retirerait. »

Désiré Floubou après une grande inspiration prit ses notes en main et commenca d’une voix claire :

Désiré Floubou : - « Messieurs, nous assistons peut-être à un génocide organisé, déguisé sous les termes tels que « mise au pas », voire « rappel à l’ordre » ou encore « missions d’intérêt national ». Mais nous le savons tous. Inutile de nous voiler la face. Inutile de croire que l’inaction préservera les indépendantistes locaux ou les civils. Ce ne sont que des mythes. Des mensonges.

Si notre mission est avant tout humaniste, je l’avoue, je le confesse, les intérêts Marcinois ne sont pas loin. Après tout, nous ne sacrifierons certainement pas la vie de Marcinois, de Bahamanites ou d’Antériniens pour les doux yeux des indépendantistes. Derrière cette opération, il ne se cache pas uniquement de l’humain, mais aussi du concret. En mettant en place un tel blocus, non seulement nous rappellerons au reste du monde que notre combat est et restera humaniste. Nous agissons dans l’intérêt des locaux, avec leur accord, tout en suivant notre propre agenda, qui n’est pas nécessairement contraire aux intérêts des autochtones. En effet, notre objectif premier est de faire de la-dite colonie un état ami, je dis bien « ami ». Inutile de s’embarrasser d’États clients turbulents ou de vassaux ingrats, l’indépendance sert nos intérêts. Nous avons un soutien, nous avons une base commerciale, nous avons des débouchés et des ressources qui nous serons vendues. Bref, nous aurons un nouvel état ami. Nous devrons seulement le défendre contre toutes les tentatives d’ingérences internes ou externes. Et notre soutien restera purement formel. Inutile de risquer des vies pour des principes. Nous les risquons pour des amis. Des amis qui pourraient agrandir et solidifier nos bases diplomatiques.

En revanche, nous ne nous posons pas la vraie question ; que se passerait-il si nous refusions ? Que nous reculions ? C’est ce point-là que nous devons aborder, c’est-ce point là auquel vous devriez à réfléchir à deux fois avant de nous accuser de folie ou de progressisme aigu.

En premier lieu, quelle image Marcine renverrait-elle au continent afaréen ? Quelle serait l’impact d’une telle décision ? Nos alliés se sentiraient bafoués, méprisés, rejetés. Et au lieu de faire de cette conférence un moyen pour tester nos potentiels partenaires, les mettre à l’épreuve. Nous nous couvrons de honte et de ridicule. Car ce n’est pas uniquement le Churaynn ou l’Antérie qui nous regardent, c’est l’Afarée, c’est le monde entier qui nous rira au nez ! Nous verrons des portes se fermer, des ennemis nous faire face, des rivaux nous dénigrer. L’Azur n’aurait aucun mal à affirmer que Marcine est une colonie, que nos choix sont freinés par une administration confédérale qui refuse de se dire « coloniale ». Nous deviendrons des parias. Je suis à peu près sûr que le bon Ateh Olinga nous méprisera plus encore que les Azuréens et un état voisin nous méprisant est infiniment plus dangereux qu’un état nous haïssant.

Au niveau politique, c’est la porte ouverte pour remettre en cause bons nombre de points de la Constitution confédérale, c’est aussi un excellent moyen de monter pour le Front de Lutte Anarchiste. Et nous n’aurions aucun intérêt de voir les laquais du Kah au pouvoir, c’est un danger bien plus grand pour la Confédération qu’une pluie de missiles balistiques. Une fois que le Kah s’introduit quelque part, il est impossible de l’y déloger. Un travail de sape continu se mettra alors en place, minant les piliers de nos sociétés ; la Religion, l’État, l’Autorité, l’Ordre et les Affaires. Ce n’est pas notre souveraineté qui est menacé, mais notre identité. Si vous refusez d’intervenir, c’est creuser la tombe diplomatique et politique de la Confédération. 
»

Louis : - « Au moins ça a le mérite d’être claaaair. (fit-il en baillant longuement) Et l’Antérinie soutiendra une telle prise d’initiative. Monsieuuur (il bailla une seconde fois) de Marcine-Kalindi, pensez vous que nos navires risquent grand-chose ? »

L’Amiral prit la parole, impressionné par le calme et la sereine détermination de l’inexpérimenté diplomate.

Aimé de Marcine-Kalindi : - « Absolument Excellence, s’ils se montrent coopératifs, il n’y aurait aucune raison de lancer les hostilités. A contrario, s’ils estiment que l’utilisation de la force peut être en leur faveur, et bien je pense que les alliés de la Confédération ; le Kah, Karty, Stérus, ect… seraient ravis d’intervenir à nos côtés pour résoudre ce problème. De plus, toucher au Churaynn ou à l’Antérie revient à déclarer la guerre à Sylva et au P.A.S, autrement dit, nous jouons sur une politique de la dissuasion diplomatique. Nous aurions pu y envoyer une vedette, ce serait la même chose, nous les coulons car ils ne coopèrent pas assez, ils nous tirent dessus, et nous tâchons de passer en légitime défense amenant le Kah. Même si, à mon humble avis, ces derniers n’ont pas besoin que les appelions en tant que victimes, ils accourraient quand même pour « casser du fasciste. Une stratégie simple et efficace. »

Jacques Ledran, considérant les arguments comme suffisants et parfaitement sensés, accepta d’un hochement de tête tandis qu’un parlementaire du P.P.A arriva, essoufflé et annonça que le vote de la Chambre avait été concluant. Marcine aurait ses navires et la légitimité parlementaire pour une telle opération. Et tandis que l’Amiral s’inclina et se retira, le Roi le suivit tandis que les écrans de l’Union Bahamanite et du Scintillant s’éteignirent subitement. D’Antrania épuisé put enfin se coucher. Tandis que quelques heures plus tard, chefs d’escadrilles et commandants reçurent des instructions claires. Il fallait encore attendre quelques jours pour appareiller et rejoindre la colonie du Grammatika. La détermination et la pureté du diplomate a été pliée par lé géopolitique, mais elle reste encore entière.

Frégate de guerre de la Marine Confédérale en route pour l'aventure !
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La salle de conférence sans les écrans//Salle de conférence à la Sorbonne.

Organisation des Nations Commerçantes, Organisation des Nations Démocratiques ou Alternative Libertaire ?

Driiing ! Driiing ! Driiing !

La sonnerie de l’appareil téléphonique résonna dans toute la pièce, perturbant le calme si cher au Premier Ministre de Sa Majesté Louis VI d’Antérinie et de Marcine. Martin de la Geauce s’assura qu’il était bien cinq heures avant de répondre ; il pensait que c’était son épouse qui l’appelait, probablement pour lui dire qu’il avait encore oublié un quelconque dossier ou qu’il s’est trompé de serviette… Avant de répondre il coiffa rapidement ses cheveux grisonnant, une habitude qu’il avait prise avant chaque intervention orale, referma son stylo et replaça la petite statuette d’argent à l’effigie d’un Monarque…

- « Oui, allô chérie ? Qu’ai-je oublié ? »

- « Désolé de vous déranger Excellence, je suis le Chargé des Relations avec les Organisations Internationales ; un proche collaborateur de Monsieur d’Antrania, Ministre des Affaires Étrangères, comme vous le savez. C’est pour vous informer que Son Excellence Ministérielle tient à ce que vous convoquiez une Chambre aux Affaires Internationales avec le Chef de chacune des mouvances politiques représentés aux Assemblées, il tient à vous avertir qu’il vous rejoindra dans une des salles dédiées à ce type de réunion. A savoir la Salle Saint-Louis-de-la-Grâce ; dans l’aile est du palais parlementaire. Il affirme que c’est urgent, ce serait en lien avec les négociations ayant lieu à Velsna pour le retrait de la Ligue de Vecal. »

- « Mais encore ? » répondit le Premier Ministre, à la fois embarassé et irrité. «  A ce que je sache il n’y a pas besoin d’avoir la présence du Premier Ministre pour résoudre les affaires diplomatique. Monsieur d’Antrania est bien plus qualifié que moi pour ce type de travaux… Et puis j’ai des lois à examiner et à faire passer ! Monsieur d’Antrania a intérêt à être des plus convaincants ! D’ailleurs, j’y pense Monsieur le Chargé des Relations avec les Organisations Internationales, à quelle heure dois-je me rendre à l’aile est ? »

- « A deux heures et quart Excellence. Monsieur d’Antrania m’a affirmé que c’était urgent et qu’il avait besoin de votre présence, au moins en tant que chef de file des Autonomistes… C’est un sujet, dit-il, qui ne souffrirait d’aucun retard. »

- « En êtes-vous sûr ? »

- « Parfaitement Excellence. »

- « Bien… » fit-il avant de raccrocher et de rajouter ; « que peut bien me vouloir d’Antrania ? Je n’ai même pas été consulté pour les opérations spéciales de Marcine en Afarée, alors être appelé pour une sombre affaire… Certainement que les Velsniens, ces fouines, chercheraient à racheter quelques secteurs stratégiques de l’économie antérinienne, ça ne me surprendrait pas le moins du monde. Signer un pacte avec Velsna ça revient à vendre son âme au Diable ; espérons juste que nous n’allons pas devenir leur Nouvelle-Achos ou qu’ils vont nous tirer les oreilles à cause des activités maritimes marcinoises. Ça tomberait très mal, surtout en période électorale, et puis il faudrait éviter de casser l’intérêt que nous suscitons pour l’O.N.D… Mis à part s’ils souhaitent nous empêcher de rejoindre l’organisation, auquel cas nous serions vite obligés de trouver un moyen de nous dégager d’une pareille impasse ; Teyla essaie déjà de nous sortir de la sphère d’influence velsnienne pour nous happer dans la sienne ; nous ne pouvons essayer de jouer aux plus fins avec ces deux mastodontes… Auquel cas il faudrait prévoir une entrée dans le B.N.E… »

Ainsi, il finit d’apposer sa signature sur quelques documents officiels avant de prendre sa serviette, de réajuster ses manchettes et de traverser à toute vitesse les couloirs du Palais des Antrania ; l’un des bâtiments les plus impressionnants de la Confédération toute entière. Les colonnes de marbre, les tableaux de maîtres, les boiseries précieuses, les pierreries et les dorures abondantes qui peignent de leurs éclatantes couleurs les murs et les colonnes de l’ancien Palais-Royal ne sont rien comparés à l’immense coupole de pierre taillée qui surplombe avec majesté le bâtiment. Les couloirs, tapissés par d’élégants rubans de soie bleue et par de merveilleux chandeliers d’or qui trônent sur les murs troués ici et là par des portes en chêne à double battants dissimulant des salles immenses ; servant à la fois de salles de réception, de salles de réunion et salles de conférences destinées aux journalistes. Ici et là on pouvait admirer quelques tapisseries, que le temps et la fantaisie des différents monarques avaient affichés, parfois des tableaux monumentaux représentant les plus grandes victoires des siècles précédent étaient fièrement mise en valeur à l’intersection entre deux couloirs ou au fond des grandes pièces.

Ici par exemple ; il y avait une peinture représentant Louis le Malheureux triompher des armées révolutionnaires devant les Marches ; la Bannière de ses Pères ; une croix bleue sur fond blanc, flottant avec grâce et grandeur sur un pic tandis que les troupes royales, ordonnées, flanquées par quelques cavaliers se ruait dans le sillage de Sa Majesté l’Empereur pour définitivement abattre les hordes républicaines ; le drapeau tricolore flambant tandis que leur chef, s’incline, vaincu, devant le Monarque. Une révolution défaite et humiliée face à l’armée d’un Prince béni par la Lumière et par les Saints sous le bienveillant regard de Dieu, se comportant comme un père avec le vaincu en lui tenant la main ; l’invitant à l’accolade… En somme, une victoire de la civilisation chrétienne face à la barbarie… Le Bien, monarchique et royal, contre le mal, républicain… Le peuple représenté ici par le village derrière les armées du Roi et par le bataillon de miliciens arborant fièrement leurs bannières ; celui de la Guilde des tisserands des Marches, alors que le capitaine, sans perruque mais particulièrement bien habillé, s’inclinait devant le Roi avec divers barons et ducs tandis qu’un clerc, en soutane pourpre, bénissait monarque, maître, nobles et vaincus dans une parfaite communion entre les trois ordres et les deux camps, nouvellement réconciliés par les libéralités d’un roi ayant conscience des profondes divisions qui affectent sa Couronne.

De la Geauce souriait chaque fois qu’il passait devant ce tableau de maître ; il comprenait parfaitement comment le Conservatisme régnait en maître sur l’Antérinie et ce malgré le courant de libéralités qui bouscule le Monde et l’Eurysie. Et pourtant, la peuple, se dressait tel un roc devant ce flot de révolutions sociales et économiques qui balayent les États ; Karty sombrant dans le Rouge, Slaviensk s’enfonçant dans les méandres de l’utopie communaliste, Marcine fleurtant dangereusement avec les agents infiltrés du F.L.A d’Axis Mundi. Et pourtant, imperturbables, les Couronnes regardaient avec un souverain dédain les divers Monarchies s’effondrant pour des promesses. Le Scintillant renforçait l’emprise des Néo-Libéraux conservateurs en se préparant à mener des guerres contre les syndicalistes ; Le gouvernement de transition du Bahama venait de prendre Carma Argawal, une véritable tigresse, pour Ministre des Affaires Etrangères, Antrania, elle voyait les coalitions conservatrices dominer la vie politique depuis quasiment vingt ans. Difficile de ne pas se dire conservateur en Antérinie ; L’Église était l’un des piliers de la vie sociale des Antériniens, la Famille le noyau dur de la société antérinienne, les Libertés individuelles étaient le fondement même de la Constitution et de l’état d’esprit des Antériniens ; « Qui ne tente rien, n’a rien. » était la devise nationale. La Famille Royale était exemplaire. L’étiquette était un leitmotiv que personne ne devait rompre… Si les Bleus règnent sans partage ; ce n’est pas à cause du système économique, mais par un modèle social solidement établi et constamment adapté par l’usage depuis des siècles. Face au Monde, Antrania était prête à devenir le cœur battant de la Contre-révolution.

Et alors qu’il se perdait dans ses pensées le Premier Ministre se retrouva dans le hall du Palais des Antranias. Les panneaux de bois précieux encadraient la salle, tandis que des fragments de marbre se frayaient un chemin longilignes entre les impressionnantes boiseries. D’autres tableaux célébrant encore une fois la Trinité et l’Unité des Antérinies et de Marcine faisaient resplendir leurs cadres d’or. Un immense lustre de cristaux trônait sur la plafond ; les diamants étaient innombrables, ils valaient la fortune d’un Monarque, disait-on. Les journalistes étaient pléthores, ils attendaient la fin de la séance tandis qu’un cordon de policiers et de gardes les empêchaient d’entrer sans présenter de badges… La sécurité avant tout, disait un officier de police à un gros journaliste empourpré car il avait été refusé. Et tandis que de la Geauce quittait par une porte latérale à double-battants l’immense salle que deux escaliers en colimaçon couronnaient, sous l’oeil attentif des paparazzis et des journalistes, un groupe de parlementaires, costumes impeccables, certains portaient du blanc, du bleu, du noir, d’autres l’habituel bleu d’Antrania, traversèrent en vitesse la salle en direction de l’aile est du palais. Tandis qu’un journaliste hurlait : « Ce sont les chefs des principaux groupes parlementaires ! » et qu’une cohue d’hommes à calepins tenta de perforer le dispositif de police pour interroger les différents chefs parlementaires. « Que se passe t’il ? » « Des réformes d’importance vont-elles avoir lieu ? » « La coalition gouvernementale va t’elle s’effondrer ? » tandis que ces derniers dans toutes leur morgue ne leur adressèrent même pas un regard. « Un foutu métier que d’être journaliste ; on est à peine mieux considérés que les parasites » remarqua tristement un homme gras.

Tandis que les reporters se posaient de nouvelles questions, le Premier Ministre était arrivé devant une vaste salle de conférence aux fauteuils de cuir noir et aux tapis pourpres qu’une immense table ronde barrait. En face, quatre écrans géants étaient affichés sur les murs tandis que plusieurs micros étaient disposés devant les sièges. Le chef du gouvernement s’assit le premier sans se donner la peine d’attendre les parlementaires. Ces derniers par ailleurs étaient eux aussi surpris ; pourquoi leur demander leurs avis sur une question diplomatique ? Ce n’était pas leurs attributions habituelles, et encore moins dans leur champ de compétence… Ces derniers se présentèrent devant le Premier Ministre, s’inclinèrent et s’assirent après avoir échangés quelques salutations que le protocole exigeait… Enfin, la porte s’ouvrit et un homme, élégamment vêtu, courtois, et plutôt jeune malgré ses premiers cheveux grisonnants, s’inclina devant le Premier Ministre et souhaita la bienvenue aux chefs de files avant de s’asseoir à la droite du Premier Ministre, qui visiblement impatienté fit :

- « Hé bien Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, pourquoi nous avoir convoqués ? Vous savez pertinemment que je n’entends rien à ce genre d’affaires et que vous n’avez qu’à me demander ma signature et je l’accorde sans même poser de questions ! Et vous avez encore moins besoin de convoquer un Conseil confédéral pour si peu !"

- « Justement, Monsieur le Premier Ministre. C’est une décision qui nécessite l’aval de l’intégralité des composantes de la Confédération. » et alors qu’il s’apprêtait à terminer sa phrase, les écrans s’allumèrent et plusieurs visages apparurent ; celui d’une femme mûre, au regard sévère, de deux noirs, visiblement fatigués, et d’un homme blanc, la quarantaine, plus proche de l’homme d’affaire que du politicien. Soudain, la voix du Ministre des Affaires étrangères devint plus grave, plus solennelle et il reprit :

- « Bonjour Messieurs, je sais qu’il est assez tard, ou bien trop tôt pour certains, mais l’heure est grave. Auparavant nous n’avions jamais été forcés de prendre une telle décision avec une telle précipitation. Comme vous le savez, rejoindre une organisation internationale n’est pas une chose que l’on prends à la légère, c’est un engagement international sur le temps long. Un engagement qui met en gage notre honneur et notre parole. C’est une question qui dépasse de très loin les mesquineries politiques et les bassesses si communes dans les Parlements du monde entier. Ici, il ne s’agit pas de voter pour un budget mais de prioriser la Sécurité Nationale et la défense des intérêts économiques et stratégiques de la puissance antérinienne, à la fois une nation émergente venant de dépasser les Milles milliards de P.I.B, mais pourtant une puissance militaire faible malgré son dynamisme économique. À l’heure où la force brute prévaut sur le droit des États et des civils. À l’heure où le climat international se détériore et que les États deviennent soudainement plus changeants, plus instables. La Morhakan changeant aussi rapidement de régimes que de de chemises, la C.S.N émergent comme une puissance redoutable et particulièrement agressive, notamment contre les États frontaliers, menacés de toutes parts. Messieurs, la question devient d’autant plus brûlante qu’au nord, Karty se défile. Qu’au Sud, le Kah semble mener des politiques d’influence de plus en plus actives en Eurysie et au Nazum, que l’ogre estalien fonde sur les ruines de la Kaulthie un Empire. Que l’Aleucie semble avoir un avenir de plus en plus incertain avec la disparition du Lofotène et l’émergence d’une rivalité Stérus//Westalia qui devient de plus en plus manifeste chaque jours qui passent. En Afarée, la situation n’est guère meilleure, le risque de voir l’émergence d’un bloc pan-islamique peut devenir une menace pour les États chrétiens et laïques. Au fond, la situation globale se détériore plus vite que prévu.

Or, l’Antérinie, le Bahama, Marcine et le Scintillant n’aspirent qu’à la paix, la stabilité et la prospérité. Le commerce, plus sûrement encore que les accords culturels ou la proximité politique unit bien plus les peuples. C’est dans cette optique de dévelopement économique que nous avons rejoint l’Union Économique Eurysienne, que nous avons activement collaboré avec, ce qui est devenu de plus en plus clair au fil du temps, de véritables alliés continentaux ; les Guadaires et Rasken, partenaire économique et culturel majeur. Nous l’avons discrètement soutenu contre les menaces hostaliennes, nous continueront à le défendre contre les menaces en provenance de l’Est ou de l’Ouest. Tout comme ses vastes réserves pétrolières permettent à la Confédération de se doter d’une flotte de guerre qui se veut capable d’intervenir sur tout les fronts et contre toutes les menaces possibles et imaginables qui nuiraient à nos intrêts. C’est dans cette optique que nous nous sommes rapprochés de Vecal ; la Ligue velsnienne, à la fois outil d’influence pour le Sénat des Milles et de défense pour ses membres. Jusqu’à aujourd’hui, la Grande République était pour nous l’assurance vie de la puissance antérinienne. Une assurance contre de possibles ingérences.

Mais avec le temps, l’accroissement de notre propre puissance économique, et surtout le rapprochement avec les Grands ; Teyla, le Kah… Nous sommes devenus obligés de prendre position. Les Teylais nous ont littéralement mis un couteau sous la gorge ; soit nous nous opposons texto à Velsna et à sa Ligue, soit nous abandonnons toutes possibilités d’entente avec Teyla et l’O.N.D, à l’époque où l’Organisation paraissait le seul moyen d’être sûr d’être défendus contre toutes les potentielles menaces qui nuiraient à la sécurité, aux intérêts et à la stabilité de l’Empire. L’O.N.D apparaissait comme un rempart contre les menaces planant sur l’Eurysie, l’Afarée et le Nazum. Or, comme vous le savez, fidèles à nos traditions diplomatiques, nous préférions trouver un accord bénéfique aux deux parties avant de quitter la Ligue. A défaut d’abandonner Velsna pour Teyla, autant ne pas se faire d’ennemis. Et là Ô surprise, Messieurs, Ô incommensurable déflagration, la Grande République nous propose d’entrer dans l’Organisation des Nations Commerçantes.

Dès lors messieurs, que faire ? Choisir c’est renoncer. Et ça, messieurs, difficile de ne pas se montrer insensibles aux attraits des deux organisations ; la première est une sécurité et pourrait se révéler un outil d’influence pour la Confédération tandis que la seconde ferait d’Antrania, de Marcine, de Saint-Arnaud-des-Pics et de la Nouvelle-Antrania des places commerciales premier rang. Alors que faire ? Peut-être que finalement, Antrania devrait régner dans une splendide isolation ou au contraire dominer les mers en s’appuyant sur le Continent ! Difficile choix que nous avons à faire. C’est pour cette raison que j’ai convoqué l’intégralité des forces politiques de la Confédération ; les États membres mais aussi les partis. Loin d’être une décision anodine, c’est une question de politique et non de sécurité. Le Choix que nous accomplirons aujourd’hui fera loi pour la prochaine décennie. C’est pour cela que chaque proposition des Membres de ce Conseil seront étudiées avec minutie en fonction de leur pertinence pour l’Antérinie et l’image qu’elle renverra. 

Une fois ce point capital rappelé ; il me semble bon de rappeler une chose en faveur de l’Organisation des Nations Commerçantes qui peut faire grandement penché la balance. En effet, non seulement cette dernière compte parmi ses rangs plus de quatre puissances mondiales ainsi que plusieurs puissances régionales, un peu éteintes ces derniers temps, telles que le Banairah et la Youslévie. Néanmoins, c’est grâce à cette organisation que nous pourrions tenter d’obtenir des accords commerciaux intéressants avec la Cité sur l’Eau ou la Seconde république du Jashuria… Et aussi étrange que cela puisse paraître, la Grande république nous a invité à rejoindre l’Organisation. Moi-même je ne vois pas comment cela pourrait directement servir leurs intérêts… Et c’est peut-être ici où se joue notre seule chance de salut ; tant pour notre diplomatie que pour notre puissance économique. Et c’est cette dernière qu’il ne faut pas lâcher ! C’est peut-être une occasion qui ne se reproduira pas ! 
»

La Confédération avait le cul entre deux chaises ! D’un côté elle tenait à son alliance avec le Royaume de Teyla, qui apparaissait comme un acteur économique et militaire majeur en Eurysie, une puissance stable et en pleine croissance qu’il fallait ménager. D’autant plus que son bloc ; l’Organisation des Nations Démocrates ; influent, puissant et respectable, n’était pas à prendre comme quantité négligeable dans les négociations qu’entamait d’Antrania. Car in fine, l’objectif de l’Antérinie était de rejoindre l’Organisation, et il fallait pour ce faire introduire le tout dans les règles de l’art. Procéder par étapes. Ainsi, il fallait débuter par les accords commerciaux puis par les accords sécuritaires visant à préserver la souveraineté antérinienne, pour ensuite aborder la question de l’O.N.D. Mais naturellement, les engagements internationaux d’Antrania venaient se heurter à se projet ; la Ligue de Vecal, soutenue par le gouvernement de Monsieur de Grace, Premier Ministre d’alors, directement orientée contre l’O.N.D même si les préoccupations antériniennes étaient tournées contre les potentielles menaces communistes d’abord et avant tout contre les Rouges d’Axis Mundi, pré-sentis comme des menaces pour la sûreté de l’Empire… Maintenant, la Ligue devenait plus encombrante que jamais… Excepté pour l’alliance velsnienne. Chose que ni Marcine ni Antrania ne pouvaient se résoudre à abandonner. Expliquant ainsi pourquoi l’Antérinie a sciemment choisi de jouer la montre et de négocier avec la république du nord de l’Eurysie… Affiner les points de frictions, voire, si possible, conserver l’alliance dans un partenariat bilatérale. Initialement, le Gouvernement de Sa Majesté s’attendait à des concessions plutot lourdes ; Velsna était connue pour être dure en affaires, du moins c’était l’image que renvoyaient les banquiers de la Ville au Lys tout au long de l’histoire. Seulement, di Grassi ne réclamait en tout et pour tout qu’une adhésion, même partielle de la Confédération. Rendant l’adhésion à l’O.N.C, vue comme impossible en comparaison de l’évidente faiblesse antérinienne face à ses mastodontes que sont l’Alguarena, Agartha ou Velsna.

- « Ah ! » Ne put s’empêcher de lâcher le Premier Ministre. «  Eh bien le choix va être difficile… Dirions-nous que l’O.N.C ne fait pas parler d’elle à l’internationale. C’est ce qu’on pourrait qualifier de fossile vivant… Enfin comme vous le savez tout aussi bien que moi mais Aserjuco n’agit plus. J’ai entendu parler des actes de piraterie qui, selon les services secrets westaliens, auraient été commis par les Jaguars sur les côtes des îles algurenaises même ! Alors que l’O.N.D est une valeur sûre, il suffit de voir la réaction généralisée qu’a entraîné l’Holocauste d’Estham ; la mise en place d’une véritable flotte d’invasion comptabilisant plusieurs centaines d’avions en est le symbole le plus frappant, aussi aussi bien au sens figuré que littéral… Et je vois mal comment on ne peut avoir confiance en l’O.N.D pour assurer notre défense tout en permettant à nos industries de profiter et de services avancés du tertiaire (à Teyla notamment) tout en exportant massivement des produits industriels et agraires ! L’O.N.C n’est plus l’avenir, elle est le passé, illustre certes, mais dépassé. L’O.N.D représente notre seule sécurité, et notre seul moyen de pouvoir exporter massivement sans pour autant craindre les géants industriels qui pourraient nous rivaliser si nous ouvrons nos marchés à l’O.N.C. Voyez-vous, malgré notre impressionnante croissante ; plus d’une dizaine de points de P.I.B en quelques mois, notre économie reste fragile et il nous est nécessaire de conserver une balance commerciale positive et de préserver nos fleurons technologiques ! »

Le ministre des affaires étrangères scintillanaises, un jeune homme proche du Premier Ministre local, qui, disait-on, s’entendait mieux en affaires qu’en diplomatie, rappela :

- « Or, Monsieur le Premier Ministre de la Geauce, c’est oublier que les bases d’un marché sain est avant tout la concurrence qui stimule l’innovation ! Sans cette dernière nos industries seront vouées à se fossiliser, à devenir désuètes, et finalement à devenir des freins et non des atouts pour notre dévellopement. Et c’est ce point là qu’il est important de garder à l’esprit, Messieurs. Une balance commerciale négative n’est pas problématique, surtout si certains services qui nous sont fournis restent indispensables et même nécessaires ! Les micro-processeurs d’Agartha pourraient stimuler plus que tout notre industrie informatique encore embryonnaire et multiplier nos sources d’approvisionnement pour cette ressource, qui dépendent à l’heure actuelle de la Fédération de Stérus, un État accusé de piraterie par la Westalie ! La question est bien plus large qu’un débat de maquignons cherchant à pinailler sur quelques centimes pour une aubergine ; notre économie s’en remettra si nous perdons deux ou trois cent millions de talents chaque années à cause d’importations. En revanche survivra-t’elle à l’arrêt brutal des importations stérusiennes si la Fédération venait à s’engager dans un conflit armé contre Westalia ? La filière de l’informatique est en plein essor ; et elle risque de devenir un secteur stratégique et clé dans les prochaines décennies. S’il venait à être ralenti ; pensez aux conséquences sur l’innovation ! Dès lors on ne peut envisager ne serait-ce qu’une seule seconde jouer aux apprentis sorciers avec l’économie en essayant de jouer à un dangereux jeu protectionniste.

D’un autre point de vue, Messieurs, n’oublions pas que l’O.N.C a servi de rempart au communisme alors que Teyla était encore à bredouiller de vagues excuses au dictateur Lorenzo ! C’est l’Alguarena qui a in fine réussie à renverser Calabraise ; c’est l’Alguarena qui a mise par le fond les flottes rouges en Leucytalée. Certes elle est moins active, certes elle est plus silencieuse à l’internationale, mais elle n’est pas un fossile. Elle est une force militaire que seuls les fous négligeraient. Et puis l’O.N.C est véritable contre-poids aux Hégémons d’Axis Mundi et de Mistolhir qui chercheraient à repeindre du sang des innocents les cartes du monde ; et ce sang pourrait tout aussi bien être celui des Fascistes de Rimaurie que celui des Bleus d’Antrania ou de Marcine. On ne peut imaginer ne serait-ce qu’une seule seconde que la révolution nous épargnerait miraculeusement. Les Kah tanais sont les malades qui répandent sciemment la peste et les fièvres de cette dernière sont contagieuses et pourraient nous atteindre malgré des mesures de sécurité. Tout comme ce fut le cas pour Calabraise, l’O.N.C pourrait devenir le seul rempart efficace à la diffusion du rouge à l’international ! 
»

- « Sans compter que… » rajouta un représentant conservateur marcinois « … la situation à Carnavale est désastreuse. Certes les crimes carnavalais sont ignobles, l’Holocauste d’Estham, le génocide des Trois Lunes, les crimes en tout genres commis contre l’Église et la morale chrétienne… Mais est-ce qu’ils méritaient un tel déchaînement de violence ? Carnavale est coupable, mais elle ne mérite pas d’être détruite. Je me souviens d’un représentant d’Afarea Mugu qui avait dit dans une entrevue que Maximilien est le Caton moderne ; « Carnavala delenda est » est le nouveau mantra de l’O.N.D. Rappelons le tout de même mais Carnavale est une cité État composée par plus d’une quinzaine de millions d’habitants ; combien sont morts ? Aucune statistique n’a été révélée à ce sujet et les bombardements intensifs de l’Organisation chaque jour que Dieu fait multiplie de manière effarante le nombre de victimes. Et puis la paix n’est pas prête d’arriver, à en croire les nouveaux soubresauts que connaît la municipalité suite au massacre d’une des dynasties régnantes sur place ; je crois que c’est Obéron qui a disparu… Mais toujours est il que l’O.N.D commets un véritable crime contre l’O.N.D. Et ça me peine de le dire, mais Carnavale ne mérite pas tant de haine. Et cette opinion se diffuse assez rapidement à Marcine, même le collectif Afarea Mugu, pourtant franchement décolonial et anti-carnavalais depuis Cramoisie, reconnaît que les crimes de l’O.N.D ne valent guère mieux que les crimes de masse commis par Carnavale. L’opinion publique marcinoise, et même, dans une moindre mesure, antérinienne considère que l’O.N.D devient moins respectable et surtout criminelle. Et si nous rejoignons l’organisation, il faut s’attendre à une forte contestation, y compris à droite, pourtant anti-carnavalaise… »

- « Certes, mais la question de la culpabilité carnavalaise ou de la proportionnalité de la réponse amorcée par l’O.N.D aux agissements des grandes familles princières de cet État n’est pas un sujet ; c’est un symbole ! » répondit le Premier Ministre. « Nous sommes dorénavant sûrs d’une chose, c’est que quoiqu’il arrive nous serons défendus par l’Organisation des Nations Démocratiques ; l’Empire du Nord a été attaqué ? L’O.N.D riposte avec sévérité mais justice ! Il ne s’agit plus uniquement de la défense de la Démocratie, mais de la légitime défense ; ce que certains qualifient de « guerre impérialiste » n’est ni plus ni moins qu’une juste réponse aux attaques commises par Carnavale la Babylonienne sur Estham. Certes, il se peut que les pertes civiles carnavalaises soient disproportionnées, mais en attendant, la sécurité de la Confédération sera assurée. Et à mes yeux, c’est ce qui compte le plus. Quant à monsieur le Ministre des Affaires étrangères scintillanais je tiens à rappeler que vous connaissez mon protectionnisme… Et que la défense de la souveraineté commerciale antérinienne est tout aussi important que sa défense armée. »

- « Vous oubliez de rappeler que l’O.N.D promeut la Sociale-Démocratie et oblige ses États membres a adopter un système économique s’en rapprochant Monsieur le Premier Ministre. Chose assez amusante pour un homme qui prétends défendre la souveraineté confédérale becs et ongles… A moins que considérer les Parlements comme des Chambres d’enregistrement soit la preuve ultime de la souveraineté antérinienne, dépendante dorénavant d’un organe situé on ne sait où ! Monsieur, mieux vaut perdre quelques millions chaque années que le droit de décider comme bon nous semble comment gérer nos États ! » fit la Ministre des Affaires Etrangères bahamanites.

- « Certes, mais en attendant nous serions sûrs de pouvoir préserver la démocratie antérinienne ; et c’est à mon sens ce qui compte plus que tout au monde. Une Nation forte n’est rien sans un système démocratique stable ! Vous oubliez que c’est grâce à cette dernière que fonctionnent nos institutions et que sans elle, pas d’Antérinie, de Marcine, de Bahama ou de Scintillant modernes. Je sais que cette position est naturelle, mais il semblerait que Madame Argawal ait oublié ce point là ; mieux vaut des gardes fous internationaux pour préserver la démocratie que des institutions nationales qui pourraient s’avérer corrompues ! »

- « Alors là c’est trop fort Monsieur Valin ! Vous êtes le meneur du P.C.A, le grand admirateur du Camarade Lorenzo, vous lui avez tout de même dédié une tribune suite à sa mort, et vous venez parler de démocratie… C’est comme si un membre du P(arti).F(asciste).A(ntérinien). rappelait que que la Rimaurie et son club des Trois sont les phares de la démocratie… Enfin je m’égare, mais je ne suis pas certain que des États violant délibérément le droit des Peuples à disposer d’eux-même et à choisir leurs formes de régimes soient de brillants exemples de démocraties. Et même si votre internationalisme débridé souhaiterait brûler dans un vaste bûcher le concept de Nations, vous oubliez que dans des Assemblées à très grande majorité conservatrices, il est impensable, même inconcevable de soumettre le Peuple souverain à quelques technocrates de Norja ou de Manticore… Regardez ce qu’a proposé Maurice Carilac à l’Instance de Réflexion Économique Multilatérale ; la quasi-abolition des droits de douanes ! (exploitable inRP?) Et vous venez après m’affirmer que c’est un outil utile pour la défense de la Démocratie antérinienne ? Sérieusement ? Et puis quoi encore ?A j’oubliais, vous avez toujours l’échec du Guide devant les colonnes d’Héraclès en travers de la gorge, n’est ce pas ?

Je représente là l’avis du Bahama ; la souveraineté passe avant tout et mieux vaut se joindre à l’O.N.C plutôt qu’à l’O.N.D. Car je crois que Monsieur de la Geauce fait une grave erreur en considérant que l’inactivité de l’O.N.C en fait un cadavre vivant. Au contraire, je pense que c’est là que réside toute sa force. L’image que renvoient les organisations dépendent non pas de leurs objectifs idéologique mais du prestige qu’elles ont acquis ou de la crainte qu’elles inspirent voire de l’infamie qu’elles cultivent, en un mot, de leurs actes ! Et si l’O.N.D a très vite acquis la réputation d’être une organisation ouvertement impérialiste ; ses interventions répétées au Hivistland et ses opérations à Carnavale ne cessent d’alimenter à tort ou à raison ce moulin, l’O.N.C au contraire est un géant endormi ! La lutte contre le communisme et sa défense acharnée de la liberté de circulation est ce qu’il y a de plus marquant. On ne le rappelle pas assez mais la guerre au Prodnov, la chute du Kronos afaréen et puis, in fine, celle de Calabraise sont des preuves de l’engagement de l’organisation dans la lutte contre tout ce qui pourrait perturber les routes commerciales et les échanges. Les piliers de notre industrie ! C’est à mon sens le seul moyen qu’on a de pouvoir briller à l’internationale.

L’O.N.C est un colosse endormi, un géant solidement installé qui, une fois sa mission accomplie, se rendort dans son matelas de lauriers. Et cette vision de la géopolitique, avant tout politique et non idéologique, fait de cette organisation l’une des moins interventionniste au monde. Le commerce continue à transiter, dès lors il est inutile d’essayer de jouer au gendarme inutilement. C’est la première base du fonctionnement de cette organisation. C’est pour cela qu’elle servirait mille fois mieux nos intérêts que l’O.N.D. Notre devoir d’intervention se limiterait à des cas qui mettraient en péril la circulation des biens, et donc nos intérêts économiques ! Ensuite, ces dernières seraient rares ; regardez en Leucytalée ; le Seigneur Deria se charge de matraquer sauvagement les contrevenants à la sécurité du Bassin ; en Afarée les États réagissent tout seuls et mettent en place plus d’une escadre entière pour rappeler à l’ordre les dictateurs ayant la gâchette facile ! Au Nazum les Jashuries se chargent du maintien de l’ordre grâce à une diplomatie et à une puissance tranquille ; un Tigre assoupi capable de déchiqueter en quelques secondes seulement le rat tentant de remettre en question sa domination ! Nous serions tout au plus d’utiles auxiliaires relativement bien placés capables d’opérer avec telle ou telle force pour la maintien de la sécurité des flux commerciaux.

Alors que l’O.N.D agit à l’encontre même du principe de respect de la Souveraineté des États qui était pourtant tacitement admis. Nous avons craint le pire lorsque les Loups de Norja ont unilatéralement décidé d’envahir le Hivistland, pourtant sous souveraineté du Valkoïenland, État membre de l’Union Économique Eurysienne… Et la guerre, messieurs, représente un coût exorbitant ; le carburant de un, et ensuite les risques de perdre des navires qui se chiffrent à des milliards de talents d’or ! Ne parlons même pas d’une guerre de haute intensité qui peut facilement dépassé les milliards en quelques mois seulement ! Certes rien ne nous oblige à batailler aux côtés des États interventionnistes de l’O.N.D, mais reconnaissez que cette dernière a accumulé, au fil des années beaucoup d’ennemis ; bien trop d’ennemis… Combien de fois la guerre avec la Loduarie a failli éclater ? Combien de fois l’O.N.D a accumulé les tensions avec Carnavale ? Bien trop souvent, et l’impact financier de cette guerre pour les États membres est bien trop souvent omis ; d’autant plus qu’elle promet de s’étaler sur le temps long. Or, nos objectifs de stabilité ne peuvent s’accommoder des vélléités béllicistes de Tanska ou de Teyla. 
»

Louis d’Antrania prenant des notes ajouta ; - « Bien, pour l’instant nous sommes à un contre deux ; le Bahama et le Scintillant contre l’Antérinie. Et qu’en pense le gouvernement Marcinois Monsieur Bolila ? Et vous Madame Diallo ? »

- « Vous savez, je pense que je suis obligé de me ranger du côté du Bahama et du Scintillant, l’O.N.D multiplie les guerres, les conflits, depuis la signature des Accords de Manticore. Après la défense de la démocratie est une tâche de Titan, certes nobles, mais qui les amène naturellement à entrer en guerre rapidement. Et ici nous ne statuons pas sur des valeurs, mais pour des intérêts ; la politique politicienne et les grands discours hypocrites ne valent rien face à l’intégrité de la Confédération et aux intérêts Marcinois. C’est pour cela que je ne peux accepter ne serait-ce qu’une seule seconde d’envoyer des soldats à la mort au nom de valeurs et de principes. Et puis, l’O.N.D ne peut pas réellement être considérée comme pan-Afaréenne, elle est trop universaliste pour ça, alors que l’O.N.C au moins a certains États qui ont des arguments très intéressants dans le domaine, comme l’Empire de Lykaron qui donne dans la mesure du possible une belle image au Continent… » fit simplement le Ministre des affaires étrangères.

- « Si ça ne tenait qu’à moi la Confédération rejoindrait immédiatement l’Alternative Libertaire (éclats de rire général!) mais on me demande de me prononcer sur une question bien trop fermée ; O.N.C ou O.N.D il n’y a, d’après moi, pas énormément de grandes différences. Donc je resterai neutre et le F.L.A soutiendra le P.P.A dans son choix au Parlement. Car d’une part les principes moraux ne sont que peu de choses en comparaison de la vie humaine et de l’autre car l’O.N.C compte des nations plutot proches du Lib’, prenons par exemple le Banairah, qui pourrait devenir, nous l’espérons, un partenaire privilégié pour Marcine… Seulement je n’impose qu’une seule condition au soutien du F.L.A ; que la Confédération reste neutre si l’O.N.C entre en conflit avec le Lib’, c’est là ma condition sine qua non à l’entrée de la Confédération. » ajouta Jeanne Diallo.

- « Et bien Messieurs, la messe est dite ! Rappelons tout de même, pour vous rassurer Monsieur le Premier Ministre, que notre entrée à l’O.N.C ainsi que celle de plusieurs autres membres de l’U.E.E pourrait assurer à la Confédération des alliés solides durant les sessions de vote ! Les Eurysiens pourraient représenter un quart des voix ! Soit un ensemble non négligeable ! Et puis rien ne nous empêche de nous rapprocher en parallèle de Teyla ou de l’O.N.D puisque vous y tenez tant, seulement nous ne sentirons pas concernés par les opérations onédiennes à Carnavale… Tout en conservant notre alliance avec Velsna, évidemment, Messieurs. » répondit le Ministre scintillanais.

- « Trois voix contre une ! Populus vocit comme qui dirait et suite à l’accord des différents groupes parlementaires, la Confédération accepte de rejoindre l’Organisation des Nations Commerçantes. Messieurs, vous pouvez vaquer à vos occupations. » Annonça le Chef de la diplomatie antérinienne avec un certain soulagement.

- « C’est allé étrangement vite ! »remarqua le ministre Marcinois.

- « L’avantage d’avoir un pays votant largement pour un spectre politique ; des fois il ne suffit que de l’accord des deux gros partis locaux pour résoudre un problème qui allait prendre des heures ; qui se soucie du Parti Socialiste Scintillanais ? Personne, c’est pour ça qu’ils ne se sont même pas donnés la peine de venir assister à cette conférence. » Répondit le Scintillanais.

Résultat des votes aux Chambres Confédérales suite à la proposition d'adhésion à l'Organisation des Nations Commerçantes, à l'Organisation des Nations Démocratiques ou à toute autre organisation.

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