08/07/2018
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[RP] Ko̲ko̲ inu vholo, vholo, ta

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Des Ngwê-Myênês rassemblés autour d'un feu le soir, le vielle homme du village leur conte donc les récits d'un autre temps.

Ko̲ko̲ inu vholo, vholo, ta
Le soir autour du feu

Tout les soirs, dans le village d'Andé (littéralement : Il se passe quoi ici ?), et comme dans beaucoup de villages ngwèmyènès, les enfants, et parfois même les grands, sont réunis autour du feu pour écouter les histoires que va leur conter leur doyen ; des légendes, des mythes, des histoires de princes et princesses, ou juste de gens lambda, mais des histoires dont on tirait toujours une morale, et dont s'était aux enfants de trouver les leçons de vie qu'ils avaient appris ; il était courant qu'ils ne reçoivent pas de récompenses, mais, parfois, ils le pouvaient, si même les grands n'y arrivaient pas.
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Le creuseur des profondeurs

Image d'illustration du monstre

l'Ogwé... Ses eaux troubles , à la fois sombres et claires, cachent souvent de nombreux mystères. Pour ceux qui sont déjà allés au village, nul doute que de plusieurs récits étranges autour du plus grand fleuve du pays sont parvenus à leurs oreilles. Des histoires folles, d'êtres surnaturels, de personnages mystiques et même d'animaux fantastiques. Comme celle de cet être décrit comme une sorte d'animal géant, tapis aux fonds des eaux douces du grand fleuve. Beaucoup disent qu'il est aussi gros qu'un éléphant, taillé comme un Lamentin, avec la peau lisse d'un hippopotame. Sillonnant l'Ogwé depuis le fond , il serait responsable de la profondeur étrange de ce fleuve dans lequel, un jour tu as pied à un endroit, le lendemain il peut noyer un éléphant. Un coup tu te tiens debout au milieu du fleuve sur un banc de sable blanc, alors qu'aux bords des débarcadères tu as neufs pieds (environ trois mètres) de profondeur d'eau.

Pour les anciens, pas d'équivoque, le responsable est bien cet animal surnaturel, gardien du lac depuis la nuit des temps. C'est encore lui qui aurait fait voir de toutes les couleurs aux ouvriers qui avaient entrepris l'érection des deux ponts de Lambaréné, la ville de Nkombe le roi soleil.
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Voilà un bien mauvais frère !

Image qui n'a rien à voir avec le texte ci-dessous.
Image qui n'a rien à voir avec le texte ci-dessous.

Comme tout autre jour, Ya Aléwina Oréma, le doyen du village, avait rassemblé les enfants pour leur conter une nouvelle histoire.

Mboloani samba (bonsoir chaleureusement) les enfants, We kènda ghwe? (comment allez-vous).

Alors, les enfants répondirent l'un après l'autre :

— Myè etond'a wè (je vais bien).

Puis, le vieil homme, satisfait de cette réponse, dit :

— Ahhhh ! Nous pouvons commencer.

Alors, c'est l'histoire de deux frères : Antchuè et Amburuè, fils d'Ikondjô et de Gheliwa. Antchuè était un enfant brillant et qui écoutait ses parents, tandis qu'Amburuè était perturbateur et rebelle, remettant toujours en cause ce que disaient ses parents, et, lorsqu'il avait raison, renforçait sa conviction en lui-même. En grandissant, Antchuè réussit, grâce à son intelligence, à acquérir une grande fortune, tandis qu'Amburuè ne possédait rien, ne savait ni chasser, ni planter, ni pêcher, et était repoussé par tous les villageois, surtout qu'étant donné qu'il vivait avec ses parents, ils durent se déplacer en bordure du village. Ils finirent tragiquement leur vie dans leur maison, à cause de la charge de travail trop élevée : en effet, étant donné l'incompétence de survie de leur fils, ils devaient pêcher, planter et chasser à 90 et 92 ans ! Bref, toujours est-il qu'à la mort de ses parents, Amburuè, jaloux de son frère, et reprochant souvent à ses parents de le favoriser par rapport à lui, dut mendier auprès d'icelui par manque de moyens. Icelui accepta, par amour fraternel, et lui donna une case, comme toute autre case d'une grande ville, à l'exception près du fait que sa nourriture était faite par des étrangers, et il n'avait donc pas besoin de chasser, pêcher ou planter. Cependant, encore une fois jaloux de son petit frère, Amburuè demanda à son frère de lui donner une maison de la même taille que la sienne, ce que son frère refusa d'abord, avant de finalement accepter, encore une fois par amour fraternel ; puis il demanda la moitié de la fortune de son frère et la moitié de ses serviteurs, ce qui lui fut donné, pour la même raison évoquée plus haut. Mais, Amburuè n'étant pas satisfait, demanda à son frère Antchuè de lui donner également sa femme, ce qu'Antchuè refusa. Cela mit en rage Amburuè, qui décida de voir un Nganga pour tuer son frère, car, comme vous le savez, dans la tradition ngwè-myènè, si ton frère meurt, tu dois prendre sa femme et le premier enfant que tu auras avec icelle sera le sien, de telle sorte que tu puisses assurer sa descendance. Ainsy, le Nganga lui demanda de lui apporter des cheveux de son frère pour le féticher et le tuer, mais Antchuè savait que son frère voulait le tuer, et décida de raser sa tête et de brûler ses cheveux coupés. N'ayant plus aucun cheveu sur la tête de son frère, Amburuè retourna chez le Nganga en annonçant la nouvelle. Icelui lui demanda alors un poil de son corps, peu importe lequel. Mais, en quête d'aide, Antchuè alla chez le pasteur, et dit


"Mon frère, mon frère, mon frère veut me tuer, il veut mes poils ! Que dois-je faire ?"

"— Ne t'inquiète pas, dit le pasteur, Dieu est avec toi. Va juste cette nuit dans la case de ton frère, et coupe-lui les poils du pénis, puis, le lendemain, donne-les-lui s'il te demande tes poils."

C'est ainsy qu'Antchuè s'exécuta. Le soir, il rentra dans la demeure d'Amburuè avec la complicité de ses serviteurs, désormais ceux d'Amburuè, entra dans sa chambre, et le trouva endormi, dans un sommeil profond, presque envoûté ; ensuite il lui coupa les poils du pénis. Le lendemain, Amburuè, ne remarquant rien, se dirigea vers la case de son frère déjà levé, et lui demanda ses poils pour garder souvenir de lui. Sans discuter, il lui donna ses propres poils, et s'en alla. Amburuè ne savait pas qu'en réalité il avait sa propre vie entre ses mains : s'il donnait les poils au Nganga, il mourrait, mais s'il décidait d'avoir compassion, amour et reconnaissance envers son frère, il vivrait. C'était à lui de faire le bon choix. Le choix qu'il fit fut celui de la jalousie : il donna les poils au Nganga, et il mourut simplement deux jours plus tard.

La morale de cette histoire, les enfants, à vous de la trouver !
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Les sirènes de Myènè

https://i.ibb.co/zh6FRMyL/494145655-122110823756841606-4002162315189579425-n.jpg

A Myènè, chaque grand cours d’eau abrite une sirène ou un génie, esprit gardien des eaux, connu et vénéré des populations autochtones.

Aujourd’hui, nous parlons de l’estuaire de Mpongwè comme d’un simple repère géographique. Mais nos ancêtres, eux, le nommaient Arongo-mbe-ndiwa — la mer vaste et profonde des Ndiwa, ou Ndiba, ainsi qu’on les appelait encore vers 1855.

Ce territoire mystique n’était pas qu’un simple paysage : il était — et demeure — sous la protection d’un génie ancestral, Arongo, la sirène-mère de l’estuaire. Elle règne sur les flots, les courants et les profondeurs, gardienne silencieuse des secrets marins. À elle, les anciens rendaient hommage, la reconnaissant comme l’esprit souverain des marées et des vents.

Comme Arongo, d’autres sirènes ou génies veillent sur les eaux de Myènè. À Gharkhom, dans la province d'Awaghan, c’est Moughumi, la sirène-mère, qui habite la rivière.

À Mbeghol, toujours dans l'Awaghan, les eaux de la Dola sont le domaine d'Ipeti-yi-Dole. Et plus au nord-ouest, à Awèndjè, c’est Mapoma qui veille sur l’Ivindo, un affluent du puissant fleuve Oghowe (ou Ogwe).

Ces entités, invisibles mais présentes, peuplent les rêves, les récits, et les prières. Elles incarnent une part profonde de notre rapport à la nature — une spiritualité enracinée, transmise de génération en génération.
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Eyeno

Egholanye ni zow ghwe eyeno

Yere evhoyande yami si nkogo

Ndo lenda soy kondene̲ ze̲be̲ siza

Inyami ya duwo namye, mi tonda awe.



Ton image dans la glace

C'est mon plus beau poème

Mais fais vite il s'efface

C'est mon dernier je t'aime !
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Mythe fondateur du peuple Ngwèmyènè

Jadis, Myènè avec son époux Eyoghwè eurent trois fils : Mombè, Ambazè et Nkombé.
Les descendants de Mombè furent Edongo et Ombèkè. D’Edongo viennent les Ghaloas et d’Ombèkè les Orungu.
Quant à Ambazè il enfanta Azuwa et Ighangwa. D'Azuwa nous eurent les Mpongwès et d’Ighangwa les Adyumbas.
Enfin de Nkombé naquirent Etimbwè et Ngalè. Les Nkomis sont issus d’Etimbwè (ou Itani) et les Enengas de Ngalè.

Tel serait l’arbre généalogique des Ngwèmyènès, ce peuple qui depuis deux mille ans occupe les régions environnant les villes actuelles de Mpongo, Mandjhi et Lémbaréni.
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