12/05/2019
23:46:21
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Rencontre dans l’Enclave verte entre monsieur Blaise Dalyoha et des réfugiés toxiques Shuh

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L'enclave verteMonsieur Blaise Dalyoha

Pour la seconde fois, monsieur Blaise Dalyoha se présente dans l’enclave verte. Son hélicoptère s’est posé en aval des collines reverdies par les Shuh. Cette fois-ci, Blaise Dalyoha n’est pas accompagné de ses milices, seulement de deux de ses médecins, son microbiologiste en chef et d’un jardinier qui porte le matériel. Nous sommes fin mai, l’air est doux et les habitants de Carnavale se sont presque complètement habitué au léger parfum acide qui embaume la Principauté.

A pieds, Blaise Dalyoha et son escorte gravissent les collines vertes à la rencontre de la communauté des réfugiés. Heureusement pour eux, l’ascension est facile grâce à leurs exosquelettes. Ils atteignent rapidement le sommet. Monsieur Blaise Dalyoha prend la parole en premier pour dire des banalités :

- C’est une jolie communauté que vous avez construit ici. Vous êtes bien installés ?
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Un moyen de représenter un peu le type de paysage que l'on voit ici (qui en vrai, est difficile à représenter sans réellement dessiner. L'image a été générée par GPT-Ao, avec le script "Landscape of a rocky steep hill under slightly cloudy weather, on one side, lies a green valley surrounded by steep hills, on the other side, lies hilly badlands,"

"C’est une jolie communauté que vous avez construit ici. Vous êtes bien installés ?"

Le vent porte cette phrase au son atténué et déformé, un peu de loin, sur les rochers qui parcourent le sommet de cette colline. Trois personnes en exosquelette, celles qui venaient de se poser dans la vallée à côté, pendant que Sylvestre relevait les lichens qui poussaient sur les rochers, l'un des moyens les plus fiables disponible pour estimer la pollution du coin. Blaise Dalyoha, le milliardaire qui aurait pu mettre fin au monde tel qu'on le connaissait et faire des centaines de millions de morts, la principale raison pour laquelle le paysage était ce qu'il était... Eh bien, il est là, flanqué de deux personnes, des scientifiques, à tenter de trouver des choses à dire aux gens habitant l'anomalie nichée entre les collines. En face de nous, se déploie l'Enclave verte, ses forêts péniblement replantées, ses murets retenant le sol face au vent quand aucune racine ne peut le faire, les lignes de rails, les villages et zones d'habitation, champs, serres, les étangs, moulins, sa zone de tourbière, ses rochers, éoliennes, stations d'épuration, ses prairies, ses digesteurs, ses gens et ses oiseaux.

Sylvestre lança un "Bonjour"

Puis il lança un appel à l'équipe des émissaires dans l'émetteur-récepteur.


La draisine avale les kilomètres de rail à toute vitesse, sous le bourdonnement du moteur électrique et le souffle de l'air qui fouette Yagyu et toute l'équipe d'émissaires accrochée à la rambarde métallique, alors qu'autour, les rails montent depuis les vergers dans lesquels des dizaines de gens s'affairent sur la pente parcourue de pinèdes, puis de prairies qui flanque cette zone du flanc nord de l'Enclave. Ces derniers temps, l'on n'essaie plus seulement de maintenir des arbres à bout de bras, mais de relancer une faune du sol. Les vers de terre aiment moyennement l'acidité, autant, avec le Lombric à queue octogonale, l'on y arrive, mais avec des vers de terre qui vivent vraiment dans la terre et qui la mélangent comme le Lombric des marais ou le Lombric commun, l'acidité est difficilement gérable. Il y a beaucoup trop de facteurs qui jouent dessus, on travaille sur des gènes qui fonctionnent ensemble, et qu'on connait pas tous. Quand on change un gène, ça a des effets inattendus quelques part ailleurs. Ça fait partie de ces domaines ou tenter de modifier la résistance des vers de terre provoque une cascade d'effets qui font que les embryons ne se développent pas. Donc, on tente la bonne vieille sélection par l'environnement : on met des vers de terre dans des environnements de plus en plus acides, et on prends les survivants, c'est lent, incertain, mais l'on apprends des choses dans le processus, en comparant les vers de terres qui s'adaptent (toujours au prix de quelque chose) à ceux qui vivent toujours dans un sol sans pluie acide, sous les serres par exemple. Un écosystème, c'est complexe, à tous les niveaux, même quand on parle de gènes et de conditions de vie.

C'est confirmé, l'hélicoptère posé non loin est bien celui de Blaise Dalyoha. Une présence bien étrange dans cette zone, une figure connue, planante, presque un concept, une menace planante sur le monde, aussi bien un antagoniste qu'une figure omniprésente dans l'économie mondiale, celle dont dépends la vie de dizaines de millions de gens... Devenue humaine attendant des émissaires en haut d'une colline. En même temps, l'autre présence étrange ici, est celle qui occupe la vallée. Une présence tapie dans l'ombre, là où l'on détourne le regard, faite groupe de gens. Yagyu sait que Blaise aurait juste pu bombarder la vallée pour la faire disparaitre. Blaise sait que cela n'aurait aucunement fait disparaitre la présence shuhe à Carnavale, que cela ne l'aurait rendue qu'encore plus cryptique. Cette rencontre, c'est deux antagonistes qui décident de plonger leur regard l'un dans l'autre, sans le détourner, de finalement s'humaniser, de revoir leur relation, non pas en tant que présence vague, mais en tenant compte du fait que c'est des humain-es qui l'incarnent. D'un côté, le PDG noble quasiment démiurgique qui veut faire pousser des plantes sur le feu des bombes et de la pollution, de l'autre, la collectivité aux limites de l'humanité qui rêve d'écosystèmes exotiques aux confins de l'espace connu, deux visions radicales de l'avenir de l'humanité et de la biosphère, produites par deux sociétés radicalement différentes, dont on voit les réalisations concrètes en ouvrant l’œil.

Le conducteur ralentit draisine s'arrête vers un tronçon de ligne au milieu de nulle part : c'est 300 mètres en contrebas du sommet de la colline, l'on voit tout en haut les trois pics rocheux qui émergent de la colline. Les six émissaires gravissent la colline pendant que le conducteur se verse un thé. Le vent chargé de l'odeur lointaine des pesticides qui couvrent des milliers d'hectares à quelques vallées de là partout autour du massif fouette l'équipe. La lourde cape kharine richement brodée de motifs de fougères arborescentes dorées sur noir de Yagyu flotte un peu en formant des motifs complexes. L'arrivée vers les trois représentants de la société Dalyoha se fait sous un ciel assombri par les nuages d'où le Soleil brillant intensément dans le ciel filtre, imprimant des grands motifs mouvant sur toute la surface des deux vallées, l'Enclave verte et celle beaucoup plus désolée de la Vallée à l'acacia, où l'hélicoptère repose, immobile. Yagyu, observant les trois personnes, finit par lancer :

"Bien le bonjour à vous. Je suis Yagyu aon Shimeg, l'émissaire désigné-e pour entamer le contact avec vous. Les autres émissaires ici présent-es auront toute latitude à intervenir au fil de la conversation. Je vous présente donc Péridote Vigouroux et Éléonore Bellegarde, toutes deux originaires de Carnavale, Yun Pan et Qannik, qui ont traversé les mers, Hishaam el-Sinai, qui fait partie des quelques réfugié-es de Kabalie, qui sont arrivé-es ici. Préférez-vous que l'on mène notre discussion ici, au sommet de cette colline, ou en bas, dans une salle dédiée ?"
L'enclave verteMonsieur Blaise Dalyoha

- C’est amusant votre façon de parler, vous ne vous considérez ni homme ni femme ? Vous savez que Grand Hôpital pourrait vous rendre hermaphrodite si vous me le demandez, je peux vous prendre un rendez-vous avec le docteur Géminéon, si je lui dis que vous êtes un ami vous passerez tout de suite;

Il sourit, il n'a pas l'air méchant. Son regard s'arrête sur les Carnavalais.

- Des compatriotes, c'est vous qui leur avez appris le français ? Bravo c'est du beau travail.

Il se tourne vers les Kabaliens.

- Des réfugiés ? Je n'en avais encore jamais croisé. C'est mon missile qui a ravagé votre pays, enfin, le missile de Pervenche, mais l'agent CRAMOISI est une invention des Laboratoires.

Il pince ses lèvres d'un air embêté.

- J'espère que ça ne compliquera pas cet entretient.

Aux autres :

- Je vous remercie de m'accueillir sur mes terres. Si j'en crois mes professeurs d'anthropologie morale, vous autres de l'étranger devez sans doute considérer les grandes familles de Carnavale comme des monstres froids et sans humanité ? Je ne sais pas si c'est vrai, mon éducation ne me permet pas de juger ce genre de choses. Tout ça c'est du charabia. En revanche je sais que les Shuh ont réalisés plusieurs avancées significatives en agrobiologie. La science carnavalaise tourne en vase clos depuis des décennies, elle a pu explorer librement les hypothèses qui étaient les siennes mais je crois que le temps est venu pour ouvrir la porte à des apports étrangers. Puisque vous êtes venus vous installer sur les terres de la Principauté de vous même j'en déduis que vous êtes intéressés par nos prouesses. Rendons cela réciproque : je me trouve face à une faille technique, j'ai besoin d'un regard neuf sur mon projet de verdissement de la Principauté.
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Cet endroit est la chimère entre des mondes étonnement proches, et étonnement éloignés, comme si plusieurs réalités entraient en collision

Une représentation approximative de Yagyu. C'était au départ un-e travailleureuse de l'Ahak, et l'a intégré précisément parce que la projection à l'échelle de milliers d'années lae fascinait. Iel pense donc très clairement aux retombées à très long terme de cette discussion quand iel la mène. Iel a le souhait de pérenniser l'existence d'une humanité, posthumanité et alterhumanité diverse (et incluant les Kharins) pour les prochains milliers d'années et sera donc intraitable sur les questions anti-impérialistes. Image générée sur GPT-4o, avec le script "Photo of a non-binary mongolian emissary on a steep rocky hill, wearing no hat, braid hair, a large metallic necklace, and a black dress, with an arborescent fern motif drawn with gold wire", le problème de GPT-4o étant qu'il n'est pas très créatif si tu lui demande pas des trucs très précis (encore qu'à tenter avec des Occidentauxes, il lui viendrait peut-être plus de visages, esthétiques et habillements à l'esprit)

Oui, le monstre derrière l'humain est visible, bien heureusement, ici est une bonne place pour les monstres

Quand Blaise, tout gêné, qui sait que la rencontre a un lourd passif, commence à parler, une bourrasque de vent souffle du nord, ramenant un peu de poussière à l'odeur acre. Après tout, c'est le moment où jamais pour le paysage, et de potentielles dieuesses qui le façonne, de prendre aussi part à la discussion. La remarque sur la maitrise du français de Dalyoha fait un peu esquisser un rire à l'ensemble de l'équipe. Le français est une langue internationale, on trouve facilement des locuteurs, même dans l'Enclave volcanique, et l'ORSU fournit des cours de français à toute personne arrivant ici. Il reste que pour pleins de raisons, les gens arrivés de Carnavale même (et du pays de Carnavale en général) sont d'une aide précieuse. Quand il s'adresse à Hishaam, ce dernier a la larme à l’œil. Il reste très calme, peut-être un peu sidéré. Il aurait beaucoup de questions à lui poser... Ou aucune. C'est assez rare qu'une personne de Kabalie puisse rencontrer un membre de l'élite carnavalaise qui a planifié le génocide des siens... Y compris lui. Beaucoup de choses se passent sur son visage, c'est difficilement lisible, et probablement que même un autre kabale aurait du mal à le déchiffrer. Quand il en vient à expliquer le problème auquel il fait face, tout le monde le sait : personne n'a vraiment la force de prendre la parole, et donc, c'est Yagyu qui reprend la parole :

Des monstres, j'en connais. Je peux voir face à ces excroissance que vous avez coupé sur votre crâne que vous n'être possiblement pas complètement humain, même si c'est difficile à avouer, vous êtes loin d'être le seul de cette vallée, même si peu ici ont réellement eu l'occasion et les ressources d'adapter leurs corps en conséquence. C'est des altérations possibles que l'on développe au fil du temps dans l'Enclave. Souvent, on fait face à des centaines de difficultés liés au fait que le corps humain est une entité parcourue de centaines d'équilibres mouvants qui échangent en permanence. Modifier une part est dangereux, mais on apprend à le faire. Par ailleurs, je vous remercie pour votre proposition de contact, pour avoir moi aussi le droit de modifier mon corps comme je le souhaite. Le cadeau est précieux et apprécié, mais je sais que Grand Hôpital n'est pas toujours très clair sur ses opérations médicales ou sur ce qui arrive à ses patients. Je n'ai pas la confiance de m'y faire soigner, et j'en suis bien désolé-e. Peut-être un jour, la... [Iel cherche ses mots, finit par trouver une traduction approximative par un concept proche]... La liberté morphologique... Sera une réalité pour le monde entier, mais ça impliquerait que tout le monde puisse expérimenter sur son corps, pas simplement une élite pistonnée par une élite. En retour, vous pouvez, si vous avez assez confiance pour cela, aussi passer dans l'Enclave volcanique si vous souhaitez tenter des modifications corporelles. Et cela vaut pour vous trois. Je peux contacter toute une communauté qui sait comment obtenir une modification. L'avance est lente, on ne pourra pas tout faire, mais elle est aussi sûre que possible.

Que vous soyez un monstre me convient très bien. J'en connais, certain-es de mes ami-es en font partie, l'Enclave volcanique est parcourue de monstres, et je leur voue le plus grand respect, qu'il leur reste de l'humanité où qu'iels aient chaviré dans un état complètement nouveau. De même pour le froid. Là aussi, j'en ai beaucoup connu dans l'Enclave. Ce froid qui peut te geler sur place au moindre faux pas, ce vent qui rend l'extérieur effrayant, cette neige qui pèse sur les bâtiments que tu dois balayer, ce givre qui casse les machines, et les quelques personne qui ont assez de courage à ce moment se dévouent pour sortir et faire les réparations. Au fil du temps, on apprends à le connaitre, et à l'aimer. Il y a une certaine beauté dans ce paysage glacé. Et quelque chose d'assez indescriptible aussi. Quand la chaleur des volcans rencontre le froid du ciel, l'on voit d'immenses volutes de vapeur s'élever, et... Des fougères arborescentes ! Soyez des monstres inhumains et froids, beaucoup d'entre nous le sommes aussi.

Il reste que vous, et possiblement vous trois (iel regarde aussi les deux scientifiques, qui restent en retrait), constituez une menace existentielle, pour le monde, et l'Enclave d'autant plus. Et même si en fait vous décidez de ne pas plonger l'humanité entière sous une chape de gaz ou dans une pandémie dévastatrice, peut-être que des gens des laboratoires Bonsecours le feraient, ou des gens issus de feu de la Thylacine peut-être. Des patrons de l'OND, ou même des scientifiques du Kah ! Que des gens concentrent autant de pouvoir, et puissent expulser le reste de l'humanité, voire de la biosphère de leur avenir, de leur idéal, c'est terrifiant. Cela ne devrait pas arriver. Un jour, quelqu'un avec ce pouvoir prendra la décision de nous effacer, et cela vous inclura peut-être. Si pas dans la prochaine décennie, peut-être dans un siècle. Il faudra que l'on puisse choisir de continuer à vivre le jour où ça arrive. Et "on", c'est tout le monde. Nous vous reconnaissons que vous n'avez pas pris cette décision même quand l'OND a décidé de bombarder le pays, c'est plutôt un soulagement ici. Mais nous demanderons accès ou participation, ainsi que droit de recherche, d'usage et de partage non commercial à l'ensemble des recherches sur laquelle vous avez un pouvoir concernant les poisons, leurs antidotes, les pathogènes, leurs traitements, ainsi que... L'intelligence artificielle, et éventuellement, la machinerie autoréplicante. Les menaces existentielles desquelles on doit pouvoir se défendre, qu'elles viennent de Carnavale ou d'ailleurs.

Soyons clair-es que si vous et nous nous mettons ensemble pour verdir la principauté, la décision de si et comment il faudrait le faire ne nous concernera pas que nous. Elle reviendra au minimum à l'ensemble des habitant-es de Carnavale, et des Carnavalais-es. Tout cela étant dit, je comprend votre position, et elle est logique. Quand l'on pousse au bout une volonté d'homogénéisation du monde, comme sait si bien le faire la noblesse eurysienne, l'on arrive à tourner en rond dans ses idées. C'est fascinant. Nous voyons à quel point vous êtes allés loin. Beaucoup d'avancées biologiques que vous avez entrepris sont stupéfiantes. L'on serait incapable de faire une bonne partie de ce que vous faites, l'on se perd à détricoter les gènes à modifier pour des modifications parfois simples. L'on doit composer avec des cascades d'effets qui souvent, tuent la graine, et vous y arrivez. Il y a une certaine fascination à voir des graines qui poussent sous des pollutions extrêmes aussi longtemps qu'on les fertilise. Il serait un honneur de travailler avec vous, mais cela impliquera de partager ce pouvoir avec plus que nous. Quoi qu'il en soit, si vous décidez de garder le pouvoir absolu, ou de ne l'attribuer qu'à une élite soigneusement sélectionnée, vous arriverez à court d'idée. L'aventure du verdissement de Carnavale tenterait plus d'une personne ici, et plus d'un-e Carnavalais-e !

Quant à vous ? Que souhaitez-vous ? Quel accord souhaitez-vous conclure ? Quelle relation souhaiteriez-vous avoir avec nous ? Avec l'ensemble du monde ?
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L'enclave verteMonsieur Blaise Dalyoha

Blaise touche les tronçons de ses bois d'un air pensif.

- Plus complètement humain serait la phrase appropriée. En effet Carnavale offre le choix de devenir quelque chose d'autre, d'hybride, l'humanité simple est un concept dépassé lorsque nous donnons la possibilité à tous et toutes de modifier leurs corps. A quoi bon les races ? Le genre ? si tout est transçandable ? Vous devez sans doute connaitre les analyses que Marx fait du capitalisme comme une étape nécessaire à l'émancipation des travailleurs ? Carnavale a gagné la lutte des classes à ce qu'on dit, honnêtement je n'ai jamais trop compris l'économie ce sont mes comptables qui se charge de ça, mais ça m'a donné une idée : vous voyez, les Laboratoires ont été eux aussi une étape intermédiaire, terrible mais nécessaire, qu'il faut dépasser. Nous avons accumulé des savoirs scientifiques qui nous ont émancipé de notre condition, et si l'enjeu désormais était de les démocratiser ?

Il grimace à l'évocation du froid.

- Ce que vous décrivez là a l'air bien terrible. Pour ma part je ne supporte ni l'inconfort ni le travail, si j'étais né dans les bas-quartiers de la ville je serai sans doute mort à l'heure qu'il est.

Il rit avant de redevenir sérieux.

- L'humanité détient le pouvoir de sa propre destruction entre ses mains, ce n'est pas nouveau. Mes ancêtres menaient des chevauchées meurtrières contre les paysans de leurs ennemis, il y a toujours une poignée d'hommes qui décident de la vie et de la mort du plus grand nombre. Toutefois vous devriez vous réjouir que les Laboratoires existent, cela fait une sorte de contre-pouvoir contre ceux qui pourraient être tentés de développer les mêmes armes que nous. Il parait que le Faravan développe son propre programme de frappes chimiques en s'inspirant de notre modèle par exemple, un coup de fil à Petipont et nous rasons ce pays de la carte, c'est un équilibre de la terreur en quelque sorte.

Il se frotte les avant-bras à cause d'un fond de brise.

- Pour en revenir à la question de mes projets... Carnavale subit déjà des transformations intéressantes. Nous sommes des absolutistes vous savez, nous dédions la totalité de nos efforts à des projets, nous créons des environnements sur-mesure dans ce but. Maintenant que les millénaristes sont morts il va y avoir des affrontements pour savoir quel but doit suivre Carnavale, cela peut être aussi terrible que prodigieux. Le mien est aussi simple qu'ambitieux : je désire mettre fin à la pénurie. On peut y donner une justification philosophique, s'il n'y a plus de lutte pour les ressources alors le monde vivra en paix ou je ne sais pas quoi, ça ne m'intéresse pas, je veux prouver que c'est possible. CRAMOISIE© a été la démonstration que nous pouvons apporter la mort, Carnavale peut apporter la vie. Le monde dans le creux de nos mains, encore une fois, dix pas en avant nous ouvrons un chemin, qui nous aime nous suive.

Il sourit.

- Je veux faire de mon peuple un peuple jardinier, artiste et médecin. Son adhésion m'importe peu, les Carnavalais font très peu de politique et on ne convainc pas les gens en leur proposant des idées mais en leur mettant sous le nez des résultats. Mais j'ai besoin de votre aide pour ça, des gens qui partagent ma vision. Je peux ouvrir les portes de Grand Hôpital aux Shuh. Intégrer vos scientifiques à nos projets et vous donner un droit de regard sur nos bases de données, de toute façon la notion de secret défense a perdu de son sens. Cela prendrait la forme d'un partenariat scientifique et éducatif, Bourg-Léon forme déjà cinquante-mille médecins par an. Je pense que nous pouvons en former le double d'ici trois ans. Le triple dans dix ans. Et autant de jardiniers. Irriguer le monde d'une nouvelle élite médicale. Mais cela ne peut pas se faire si nous ne sommes qu'entre Carnavalais, il nous faut des savoirs et des points de vue venus d'horizons différents. Les Shuh peuvent nous aider à ouvrir l'esprit de nos chercheurs. Qu'en pensez-vous ?
Éléonore Bellegarde est l'une des dernières survivantes d'une lignée mineure, mais ancienne, qui avait développé une influence non négligeable sur les postes et le traitement des déchets, deux domaines qui ont été bouleversées aussi bien par l'arrivée de l'informatique que par le je-m'en-foutisme écologique qui s'est installé à Carnavale. La famille a essayé de s'implanter dans les voies de chemin de fer, la ville de Carnavale n'a jamais donné son accord pour une gare, et dans la technologie informatique, les Castelage l'ont doublé. La famille Bellegarde est en déclin depuis l'ensemble du XXème siècle, même si pour le coup, le XXIème siècle a vu une certaine résurgence de la famille, bien qu’Éléonore en ait été exclu au profit de ses cousins. Elle est considérée trop folle pour sa famille. Elle a préféré se lier à la communauté shuhe, elle a su y voir de puissants alliés

La personne qui réponds en premier à Blaise n'est nulle autre qu’Éléonore.

Je ne pense pas que vous vous souveniez de moi. Je vous ai vu une fois, à un des derniers galas de charité auxquels j'ai eu l'occasion de participer, vous n'aviez même pas un an. Pour parler des pauvres et des bas-fonds, l'on avait tout un rituel, des codes précis, une vision partagée de qui ils étaient, qu'on entretenait soigneusement par des discours travaillés à l'avance. Au fil du temps, on apprenait ce qu'il fallait dire. Et le plus étrange, c'est que ça n'avait rien à voir avec ce que vivaient les gens dont on parlait. L'on parlait d'arranger les problèmes inexistants de gens que l'on ne connaissait pas.

Je peux vous garantir que les Carnavalais font de la politique. Vous pensez qu'ils survivent comment ? Ils s'organisent, forment des associations, s'engagent dans des luttes sociales, délibèrent sur ce que la ville devrait être et comment changer les choses. Quand des gens tombent malade, il y a des soignants, et des médiums. Quand les gens ont faim, il y a des banques alimentaires. Quand les gens sont seuls, ou sur le point de se suicider, il y a d'autres gens qui s'organisent pour leur fournir un soutien émotionnel. Leur survie n'est pas un mystère, les Carnavalais construisent ce qui leur manquent. J'ai confiance en les gens ici présent pour obtenir l'avis des Carnavalais sur l'environnement qui devrait les entourer, ils ne manquent pas de contacts pour mener ce genre de consultations. Je ne doute pas un seul instant qu'ils aient un avis, des idées, et des proposition sur la transformation écologique de Carnavale, l'on saura leur poser la question.

Yagyu reprends la parole : donc, il me semble que nous avons un accord scientifique général.

Les Laboratoire Dalyoha et l'Enclave verte joignent leur force pour les études liées à la constitution d'écosystèmes sur le territoire carnavalais, et joindront aussi les équipes de Grand-Hôpital sur les recherches ayant trait aux pathogènes, empoisonnement chimiques, et potentiellement, participeraient à toute recherche des Laboratoires Dalyoha sur les intelligences artificielles et les machines autoréplicantes.

Les membres de l'Enclave verte accèderont aux bases de données des Laboratoires Dalyoha, les Laboratoires Dalyoha accèderont aux bases de données de l'Enclave verte. Les Laboratoires Dalyoha sont libres de partager, utiliser, ou monétiser à des fins civiles ou de contre-prolifération les découvertes et données obtenues de l'Enclave verte, les membres de l'Enclave verte sont libres de partager ou utiliser à des fins civiles ou de contre-prolifération les données obtenues au sein des Laboratoires Dalyoha.

L'Enclave verte garantit l'autonomie corporelle et psychique des Carnavalais-es et des sujets de tests lors de projets communs ou au sein de l'Enclave verte et des territoire sous gouvernance shuhe, les Laboratoire Dalyoha garantit l'autonomie corporelle et psychique des Shuh-es et des sujets de test lors de projets communs ou au sein du territoire carnavalais.

L'Enclave verte se charge de consulter la population carnavalaise quand à leurs souhaits concernant l'avenir écologique de leur environnement, et de l'intégrer au développement de projets écologique, l'Enclave verte se charge également d'entretenir ses chercheureuses et membres en toute circonstances, ainsi que les employé-es affilié-es aux Laboratoires Dalyoha au sein de l'Enclave verte ou du territoire shuh, selon les règles en cours au sein de l'Enclave verte, ce à quoi les Laboratoires Dalyoha sont libre d'ajouter des avantages si consentis par les employé-es concerné-es. Les Laboratoires Dalyoha se charge d'entretenir ses employé-es au sein de ses laboratoires, y compris lors de projets communs, selon les conventions qui valent au sein des Laboratoires Dalyoha.

L'altération d'écosystèmes au sein de de l'Enclave verte sera conditionnée à l'accord de l'Enclave verte. L'altération d'écosystèmes au sein des terrains sous propriétés de Blaise Dalyoha sera conditionnée à l'accord de Blaise Dayoha. L'altération d'écosystèmes au sein de territoires sous gouvernance shuhe sera conditionnée à l'accord du Vahal et de la Gyasarr. L'altération d'écosystèmes au sein des propriétés et champs des Laboratoires Dalyoha sera conditionnée à l'accord des Laboratoires Dayoha. L'altération d'écosystèmes au sein du territoire de Cramoisie sera conditionnée à l'accord conjoint de la République Actionnariale de Cramoisie et du gouvernement en exil des Communes-Unies de Kabalie.

Cela vous semblerait bon ? Souhaitez-vous modifier ou ajouter quelque chose ?
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Blaise Dalyoha

- Madame Bellegarde.

Blaise lui offre un baise-main.

- Je ne m'attendais pas à croiser des membres de la noblesse ici. En fait, à part quelques ratés, je vous croyais tous morts pendant l'Armageddon't. Le sang noble de Carnavale coula beaucoup ce soir-là, mais ce fut pour la bonne cause, il fallait se débarrasser de cette élite qui sclérosait tout. J'imagine que si vous êtes ici c'est que vous n'êtes pas hostile au progrès ? De mémoire votre famille a toujours été un peu plus fantasque que la moyenne...

Il l'écoute avec curiosité.

- C'est un peu le problème de vivre dans une tour d'ivoire n'est-ce pas ? On se coupe du reste du monde. Mais cela permet de penser aussi et de planifier des stratégies qu'on n'oserait pas à l'identique s'il fallait tout regarder dans le détail. La machine d'Etat a besoin de se rendre aveugle aux souffrances qu'elle provoque et aux nuances qu'elle écrase, sinon elle n'avance pas et l'inertie c'est la mort.

Vous suggérez donc... quoi ? Des cahiers de doléance ? Laisser chacun décider d'à quoi doit ressembler son jardin ? L'idée ne me déplait pas mais un écosystème a besoin de cohérence, on ne peut pas laisser papillonner des jardiniers anarchistes partout et espérer que l'équilibre fragile ne s'effondrera pas. Un grand jardin c'est comme un grand État : il faut planifier, le libre marché est une fable, ce n'est pas à une noble carnavalaise que je vais l'apprendre. La main verte doit être ferme. Je n'ai rien contre recueillir des suggestions qui remontent du bas, mais les Jardins Botaniques continueront à piloter l'ensemble car notre projet nécessite une vision, pas dix millions de pauvres gens tâtonnant à l'aveugle.

Blaise Dalyoha écoute maintenant Yagyu.

- Je me dois de préciser pour que ce soit clair que nous ne partagerons avec vous que les données attenantes à la destruction et la reconstruction écologique. Le reste relève du secret industriel et médical. Cependant cela représente d'ores et déjà beaucoup. Nous travaillons à CRAMOISIE© et au Dakora sur des terres rendues invivables précisément dans le but de leur rendre leur luxuriance. Destruction et création, deux faces d'une même pièce, nous anéantissons pour mieux rebâtir un monde à notre image. Cela devrait plaire à madame Bellegarde, c'est très humaniste comme façon de faire, des milliers de jardins à l'image de l'homme et à son service. Le paradis biblique pour tous, calquez y le mythe qui vous plaira le plus.

Encore un point. Le gouvernement en exil des Communes-Unies de Kabalie ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Nous avons des accords avec Monseigneur Petipont et le PDG-Protecteur Printempérie, ni plus ni moins. Si d'autres personnes doivent être intégrées à la chaîne de décision il faudra négocier cela avec eux, pour ma part je ne suis qu'actionnaire minoritaire dans le désert rouge, bien que la RAC© nous ait donné et renouvelé sa carte blanche pour étudier et travailler à faire de la reconstruction des écosystèmes sur place.

Tout le reste me convient. Nous serons donc partenaires et offrirons à l'humanité un avenir étonnant, voire radieux. Nous entrons dans une nouvelle ère et je m'en réjouis fortement : un ère où l'être humain s'empare de son environnement. A ce propos, j'ai entendu que vous aviez reconstruit un écosystème avec des drones ? C'est absolument fascinant, j'aimerai énormément que vous appreniez à mes chercheurs à faire ça...

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Hishaam el-Sinai, réfugié kabale qui a perdu la plupart de ses proches dans les premiers bombardements de la Kabalie par Carnavale. Il a connu des périodes de dépression sévères, s'est réfugié à Tumgao, puis a décidé d'essayer de comprendre ce qu'il s'était passé en rejoignant un groupe de biohackers à Tumgao, avant d'intégrer l'Enclave verte. Image générée utilisant MAI avec le prompt : "Photo of a an arab emissary on a steep dry temperate rocky hill bordering a valley with prairies, with relatively warm modern clothes"

C'est Hishaam qui prends la parole face à Blaise :

"Nous ne pourrons jamais faire comme si vous n'aviez pas fourni les armes pour détruire les terres kabaliennes, vous avez activement soutenu le génocide des nôtres. Si coopération il y a avec l'Enclave verte et quelconque communauté shuhe, c'est en échange de réparations, pour les Kabales, et là, je pense à ce qui nous permettra de comprendre comment on en est arrivé là. Vous partagez les informations ou il n'y a pas de collaboration"

Sa respiration est saccadée, il semble se maîtriser, mais il est tout sauf calme.

"Je n'en reviens pas que vous soyez-là, comme un visage de plus, pas comme un nuage rouge, et des piles de corps, et des cratères vitrifiés. Vous êtes presque comme n'importe quel humain à vous regarder ! Laissez-nous comprendre ce qui nous est tombé dessus, ou alors, mourrez seul"

Éléonore poursuit, un peu étonnée par ce baise-main dans ce contexte incongru, sous les volutes de poussière soufflées par le vent :
"C'est bien pour ça que l'on ne pourra pas toucher à un écosystème sans l'aval des personnes concernées sur place. Quand on se sent dépossédé de ses terres, l'on n'en prends pas soin, on la laisse pourrir. Que ce soit à Carnavale ou en Kabalie, un écosystème durable ne se fera pas sans y inclure les gens. Pour Carnavale, ce sera des discussions organisées par les structures de la société civile carnavalaise, L'Enclave verte dispose de contacts avec son tissu associatif, et même militant, elle pourra organiser les rencontres, et puis ça parlera, débattra, se disputera, et l'on pourra faire remonter quel genre d'écosystème l'on souhaite.

Pour Cramoisie, l'on a choisi le gouvernement en exil auquel l'on peut parler, et qu'une partie des réfugié-es de Kabalie accepte, le gouvernement en exil des Communes-Unies de Kabalie, il a l'avantage d'impliquer directement les réfugié-es, et de permettre de faire remonter les souhaits de la population. Dans les deux cas, les consultations seront indépendantes des Laboratoires Dalyoha et de l'Enclave verte, les acteurs civils impliqués seront libres d'en publier les résultats, l'Enclave verte se réserve également le droit de rendre les résultats publics, et ce droit est également accordé aux Laboratoires Dalyoha.

Précision liée à la timelineLes choses peuvent avoir changé en 2019, mais en mai 2017, l'Enclave verte n'est pas encore une ville de 30 000 personnes, et la Kabalie rouge n'existait pas encore, donc Cramoisie restait clairement et sans vraiment de conteste considéré comme un gouvernement colonial. La situation peut avoir changé avec la Kabalie rouge, qui joue davantage avec les limites de la souveraineté sur les terres, discussion pour plus tard
Puis, elle reprends d'une voix plus douce : "l'Armageddon't n'a pas été plus propre que n'importe quelle fin du monde. Si la plupart des nobles sont morts, certains ont survécu pour pleins de raisons différentes. J'ai été jetée par ma famille bien avant que la Fin du Monde ne soit une question pressante, et j'ai survécu dans certaines zones dont les cartes n'ont plus connaissance. Et je sais que d'autres membres de ma famille ont survécu, surtout des jeunes assez fous pour se questionner sur la véracité de cette fin du monde, ou l'intérêt de se donner la mort en conséquence. Toutes les familles n'ont pas été effacées, et les Bellegarde sont passées du statut de famille mourrante à famille survivante, grâce à la folie de certains de ses membres. Je n'ai jamais eu tant de respect pour cette famille"

Yagyu reprends calmement.
"Vous souhaitez une coopération scientifique avec l'Enclave verte, mais pas renoncer à votre avance sur les armes de destruction massive se faisant, vous êtes ouverts à une consultation publique sur la reconstruction écosystémique, mais sachant que vous n'avez pas la main complète concernant la Kabalie, nous sommes ouverts à coopérer sur les projets de reconstruction écosystémique, mais pas sans les informations concernant les armes de destruction massives"

Iel s'arrête un instant, semble réfléchir, mener des calculs, se reprends

"Étant donné ce que l'on cherche à étudier, c'est négociable. Nous ne demandons pas un partage immédiat de la documentation produite sur les armes de destruction massives, mais dix ans après production. Cela comprends aussi bien les rapports, données, échanges internes, films, articles scientifiques, plans, images, discussions philosophiques et éthiques reliées, protocoles expérimentaux, notes d'intention, présentations, conférences filmées, ordres et instructions. Vous gardez votre avance, l'on accède à l'information que l'on cherche. L'on ajoutera que toute information concernant l'attaque chimique de Cramoisie, l'Agent Cramoisie, et le génocide en Cramoisie devra également être immédiatement partagée, même la plus récente et celle produite à l'avenir"

L'accord précédent est à nouveau proposé, avec ces modifications suivantes :

Les Laboratoire Dalyoha et l'Enclave verte joignent leur force pour les études liées à la constitution d'écosystèmes sur le territoire carnavalais et potentiellement kabale, et en échange, recevront rapports, données, échanges internes, films, articles scientifiques, plans, images, discussions philosophiques et éthiques, protocoles expérimentaux, notes d'intention, présentations, conférences filmées, ordres et instructions liées recherches ayant trait aux pathogènes, empoisonnement chimiques, intelligences artificielles et machines autoréplicantes produite par les laboratoire Dalyoha, dix ans après leur production, ou immédiatement si cela concerne l'attaque chimique de Cramoisie, l'Agent Cramoisie, et le génocide en Cramoisie.

Les membres de l'Enclave verte accèderont aux bases de données des Laboratoires Dalyoha, les Laboratoires Dalyoha accèderont aux bases de données de l'Enclave verte concernant l'ingénierie et la reconstruction écologique. Les Laboratoires Dalyoha sont libres de partager, utiliser, ou monétiser à des fins civiles ou de contre-prolifération les découvertes et données obtenues de l'Enclave verte, les membres de l'Enclave verte sont libres de partager ou utiliser à des fins civiles ou de contre-prolifération les données obtenues au sein des Laboratoires Dalyoha.

L'Enclave verte garantit l'autonomie corporelle et psychique des Carnavalais-es et des sujets de tests lors de projets communs ou au sein de l'Enclave verte et des territoire sous gouvernance shuhe, les Laboratoire Dalyoha garantit l'autonomie corporelle et psychique des Shuh-es et des sujets de test lors de projets communs ou au sein du territoire carnavalais.

L'Enclave verte se charge de consulter la population carnavalaise et potentiellement kabale quand à leurs souhaits concernant l'avenir écologique de leur environnement, et de l'intégrer au développement de projets écologiques, l'Enclave verte se charge également d'entretenir ses chercheureuses et membres en toute circonstances, ainsi que les employé-es affilié-es aux Laboratoires Dalyoha au sein de l'Enclave verte ou du territoire shuh, selon les règles en cours au sein de l'Enclave verte, ce à quoi les Laboratoires Dalyoha sont libre d'ajouter des avantages si consentis par les employé-es concerné-es. Les Laboratoires Dalyoha se charge d'entretenir ses employé-es au sein de ses laboratoires, y compris lors de projets communs, selon les conventions qui valent au sein des Laboratoires Dalyoha.

L'altération d'écosystèmes au sein de de l'Enclave verte sera conditionnée à l'accord de l'Enclave verte. L'altération d'écosystèmes au sein des terrains sous propriétés de Blaise Dalyoha sera conditionnée à l'accord de Blaise Dayoha. L'altération d'écosystèmes au sein de territoires sous gouvernance shuhe sera conditionnée à l'accord du Vahal et de la Gyasarr. L'altération d'écosystèmes au sein des propriétés et champs des Laboratoires Dalyoha sera conditionnée à l'accord des Laboratoires Dayoha. L'altération d'écosystèmes au sein du territoire de Cramoisie sera conditionnée à l'accord conjoint de la République Actionnariale de Cramoisie et du gouvernement en exil des Communes-Unies de Kabalie, ou de tout autre groupe représentant la société kabale qui recevra l'accord conjoint de l'Enclave verte et des Laboratoire Dalyoha, l'Enclave verte ne participera pas à des recherches liée à la Kabalie et à Cramoisie sans un tel accord.


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Blaise Dalyoha

- Fourni, fourni, vous en avez de ces mots... mais ne parlons pas génocide, c'est un sujet qui fâche et je n'ai pas envie de me disputer avec vous. Si vous désirez en apprendre davantage sur l'agent CRAMOISI, nous avons de nombreux chercheurs dans le désert rouge qui travaillent actuellement à étudier les effets de ce produit sur l'environnement. La chimie, à ce niveau, ce n'est pas vraiment quelque chose de reproductible, on peut faire des tests en labo mais de là à savoir ce qui va se passer sur le terrain, c'est plus compliqué. Il faudrait que vous en discutiez avec Philippe Géminéon, il en parlera mieux que moi. Ou avec les Kabaliens directement, je crois me souvenir que les lucifériens leur ont donné un ministère ?

Il répond à Eléonore :

- Madame, vous me parlez des structures de la société civile à Carnavale, c'est encore un grand mot. Je ne crois pas que les petites gens aient la moindre compréhension de la biologique de pointe. En revanche leur demander ce qui leur ferait plaisir et les former aux bases du jardinage, voilà qui est possible en effet. D'ici à ce qu'on ait des robots performants de toute façon, il faudra bien compter sur la collaboration des masses, mais dès lors que les jardins leurs offriront de quoi se nourrir, les gens devraient naturellement s'impliquer dans le projet.

En tout cas, moi, je ne crois pas trop à la démocratie. Je pense que les gens s'approprieront ce qu'on leur donne et qu'ils en feront ce qu'ils voudront. Mais d'abord il faut leur donner quelque chose. C'est ça la mission des Laboratoires : ouvrir le champ des possibles.

Il rit à son propre jeu de mot.

- Libérer les humains de la contrainte, leur offrir un environnement stable, généreux et propice à l'expression de leur plein potentielle. Voilà pourquoi nous bâtissons des jardins. Ce qui se passe ensuite, ce qu'ils en font, ce n'est plus mon problème. Pour ce qui est de votre gouvernement en exil de Kabalie, je vais être franc, je ne sais pas qui c'est et je crois que je ne suis pas le seul. Les Kabaliens ont déjà leurs propres institutions de ce qu'on m'a expliqué, je ne vois pas pourquoi trois types en exil chez vous auraient plus leur mot à dire que des centaines de milliers de citoyens de la République. Vous feriez mieux de rentrer, personne n'aime les donneur de leçons réfugiés à l'étranger.

En tout cas nous travaillons d'ores et déjà avec les responsables politiques du désert rouge, dont certains sont des chefs de clans kabaliens. Le fait est que tout le monde s'est rendu à l'évidence : pour que le désert vive, il faut nous laisser travailler. On peut râler, crier, pleurnicher, c'est un fait. Ma Compagnie va sauver cette région du marasme dans lequel les Obéron l'ont plongé et je crois que d'ici dix ou quinze ans, tout le monde nous remerciera pour ça. Le confort moderne, c'est facile de le critiquer quand on est dedans jusqu'au coup, mais ce que nous dédaignons, le tiers-monde nous l'envie. Croyez bien que les Kabaliens seront ravis de profiter des vergers et des fontaines que nous leurs installerons. Et puis s'ils n'aiment pas, rien ne les empêche de voter pour retoucher la déco.

Il hausse les épaules, l'air un peu lassé.

- Séparons le savant du politique. La République actionnariale se débrouillera comme elle voudra, quant à nous, nous faisons le boulot : rendre le désert viable, le refleurir, construire un écosystème propice à la vie des hommes et développer nos savoirs en passant. Je ne vois pas très bien qui voudra s'opposer à ça. Si vous voulez faire de la politique, voyez avec les autorités kabaliennes, moi ce n'est pas mon sujet. Si consultation publique il doit y avoir, nous laisserons faire les dirigeants de la République, vous pouvez collaborer avec eux si vous voulez.

Pour en revenir à des choses plus concrètes, ne soyez pas trop gourmands. Vous êtes un petit laboratoire et si je me fais une joie de collaborer avec de nouvelles têtes, ça ne veut pas dire qu'un échange scientifique entre vous et nous soit équitable.

Vous aurez un accès libre à nos protocoles de recherche et la composition des molécules que nous utilisons. Pas de films, pas d'enregistrement, pas de notes, pas d'ordres, je protège l'anonymat de mes employés. Nous déclassifierons progressivement tout ce qui a plus de dix ans, sauf tout ce qui concerne le secret défense. Dix ans, c'est la moitié de la durée d'un brevet et suffisamment raisonnable pour vous permettre de marcher dans nos pas. Pour ce qui est du projet CRAMOISI, vous aurez le détail de l'agent, mais pas davantage. Vous pourrez en revanche joindre vos efforts aux équipes des Laboratoires dans le désert rouge si l'étude de ses répercussions vous intéressent.

Il sourit.

- Pour le reste, tout me va, sauf cette histoire de gouvernement en exil. Si vous souhaitez participer à la représentation politique kabalienne, revenez faire de la politique dans le désert rouge, comme tout le monde. Vous n'êtes pas plus légitime qu'un autre. Pareil pour le fait de valider ou non les représentants de la société kabalienne, c'est absurde et de la pure ingérence. Donc non. La République actionnariale se dotera de ses propres institutions, je ne vois pas au nom de quoi les Shuh ou votre enclave auraient leur mot à dire là-dessus. Encore une fois, si vous voulez travailler avec le gouvernement de la République, le mieux à faire est encore de la contacter directement. En ce qui me concerne, je ne suis qu'actionnaire minoritaire.
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Plus tard... beaucoup plus tard...

Clarâtre Ventmoite

- Bonjour je suis Clarâtre Ventmoite, l'assistante du docteur Philippe Géminéon.

- Heu, bonjour ?

- Pourriez-vous je vous prie avoir l'amabilité de me mener à vos meneurs ?

- Nos meneurs ? C'est à dire qu'on fonctionne plutôt sur un système prônant l'horizontalité démocratique en fait, fluidité de genre et fluidité politique, vous voyez ? Alors bien sûr il y a des gens qui prennent des responsabilités, mais soit ça se fait par la spontanéité de la praxis, soit on les distribue par une décision basée sur le dialogue et la recherche du consensus, alors bien sûr quand il faut faire de la représentation nous appliquons un mandat semi-impératif qui

- Je vous remercie pour ces explications claires et précises. Dois-je considérer que vous n'avez pas de meneur ?

- Vous pourriez aller voir Éléonore Bellegarde j'imagine, en général elle parle pour les Carnavalais.

- Je vous remercie brave individu. Auriez vous l'amabilité de m'indiquer le chemin à prendre pour la retrouver ?

- Oui heu oui c'est par là mais c'est pour lui dire quoi exactement ?

- Le Docteur Philippe Géminéon souhaite que vous soyez le mieux préparés possibles pour résister face à la pandémie.

- La pandémie ?

- Je suis venue avec des ambulances, où pouvons nous nous garer je vous prie ?
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Les paroles de Blaise provoquent des discussions au sein du groupe. Iels ne s'attendaient pas à ces réponses, il semblerait qu'iels aient surestimé la connaissance que Blaise avait pu obtenir de Shuharri, de ses contre-cultures ou de l'Enclave verte. Et en réalité, c'est plutôt une complication, parce que le groupe n'arrive pas à comprendre à quel point Blaise sait ou non où il met les pieds. Iels essaient de se resituer.

C'est... Péridote, qui prends la parole !
"Ici, vous pouvez vous attendre à ce que des gens ne mâchent pas leurs mots. Beaucoup sont ici parce qu'ils doivent gérer les conséquences de vos décisions, c'est personnel, et c'est trop tard pour changer ça"

Yagyu reprends
"Le savant est politique. Faire le choix de coopérer avec vous est politique, et va très certainement avoir des effets politiques auprès de toute l'Union shuhe. Les demandes qu'on vous fait concernant les armes de destruction massives ne sont pas une approche maximaliste de la négociation, c'est le minimum qu'on peut demander pour rendre l'accord politiquement acceptable. La négociation est difficile parce que nous ne somme pas en position de coopérer à la base, pour pouvoir passer un accord, de notre côté, il faut le rendre justifiable auprès de... L'organisme public qui nous gère. Si vous ne pouvez pas nous aider à comprendre pourquoi et comment des gens comme vous développent ce genre d'armes, la coopération implique la rupture entre l'Enclave verte et l'Union, et une bonne partie ce que qui rends la coopération intéressante, notamment l'accès aux laboratoires et communautés de biohackers de l'Enclave volcanique. On peut vous aider à faire pousser des plantes nouvelles, voire des écosystèmes entiers, mais si on vous aide à détruire tout ce qu'il nous reste de planète, personne dans l'Union n'acceptera, on sera les premiers rayés de la carte.

L'enjeu est tout autant politique parce que quand vous décidez d'exclure le secret défense de l'accord, vous pouvez simplement tout exclure. Les forces armées de Carnavale ne sont pas indépendantes de votre pouvoir, vous pouvez classer secret défense ce que vous souhaitez, si le secret défense est exclu de l'accord, il n'y a donc pas réellement d'accord. Les données peuvent être anonymisées s'il est question de protection des données personnelles, mais il est important qu'on ait une compréhension de comment fonctionne un projet de recherche au sein de laboratoires Dalyoha.

Pour ce qui est de la question kabalienne, soyons clair-es : nous vous avons aussi proposé n'importe quelle représentation kabale sur laquelle on s'entendra, mais on ne touchera pas aux écosystèmes de Kabalie sans représentation Kabale dans le processus de décision. Il est trop tard pour refuser l'ingérence en Kabalie, c'est déjà fait. Cramoisie n'est pas kabale, Cramoisie est l'ingérence carnavalaise. A défaut de pouvoir éviter l'ingérence, l'on peut au moins garantir une représentation kabale. Une bonne partie des réfugié-es de Kabalie se trouvent à Tumgao, un accord sur leur pays qui ne les inclut pas n'est juste politiquement pas acceptable, et pourrait même conduire à des mouvements sociaux majeurs aux effets difficilement prédictibles. Si nous ne pouvons pas nous mettre d'accord sur une représentation kabale, la Kabalie sort de l'accord, exception fait de ce qui concerne l'agent Cramoisie, aucun accord n'étant réalisable sans garantie à ce niveau, pour les raisons évoquées plus tôt.

Nous pouvons partager des connaissances sans impliquer la population carnavalaise, mais ce n'est pas vraiment un levier de négociation : elles sont déjà en libre accès, vos scientifiques piochent déjà dedans, et je pense que vous avez difficilement idée de l'influence qu'ont déjà les recherches de l'Enclave sur vos propres recherches, ce qui nous aide parfois à comprendre ce que vous faites par ailleurs. Non, là, nous parlons bien de recherche conjointe, nous travaillons ensemble a concevoir la future biosphère carnavalaise, l'on sera sur le terrain, et potentiellement, ce sera un projet majeur qui se poursuivra sur des décennies. C'est un gros accord que l'on est en train de passer. Pour ce qui est de la consultation des Carnavalais-es, nous pouvons le gérer, et l'intégrer à nos recherches. Le compromis est déjà là, l'on parle bien de consultation, de faire en sorte que les Carnavalais-es aient leur mot à dire sur ce que deviendra leur environnement, pas réellement de décision conjointe. Pour les accords impliquant un choix réellement démocratique, c'est à elleux que l'on viendrait parler, et par ailleurs, on le fait, et l'on n'hésiterait pas non plus à mener des projets de recherche conjointe, même sur la restauration écologique, avec des groupes au sein de la société civile. Le fait que l'on soit en train de parler de ces questions là avec vous, et que l'on soit prêts à coopérer, c'est déjà une reconnaissance de votre légitimité à statuer sur les questions écologique. Mais quand il s'agit d'un sujet qui concerne à ce point Carnavale entier, l'on ne délaisserait pas nos premiers alliés ici : on les consultera, ce sera une part du projet de recherche.

Ce qu'il se passe ici est plus un accord diplomatique qu'une négociation commerciale, l'on ne s'entend pas sur de que l'on sera prêts à échanger et ce qu'on sera prêts à sacrifier en échange, mais sur la façon dont nous somme prêts à changer les relations que l'on entretien les un-es aux autres. Aujourd'hui est le moment où l'on peut passer d'un antagonisme à une coopération, mais par conséquent, l'on n'est pas là pour se vendre des promesses, les conversations que cela implique seront difficiles"
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