Posté le : 30 mars 2026 à 05:27:47
Modifié le : 30 mars 2026 à 05:30:06
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Les paroles de Blaise provoquent des discussions au sein du groupe. Iels ne s'attendaient pas à ces réponses, il semblerait qu'iels aient surestimé la connaissance que Blaise avait pu obtenir de Shuharri, de ses contre-cultures ou de l'Enclave verte. Et en réalité, c'est plutôt une complication, parce que le groupe n'arrive pas à comprendre à quel point Blaise sait ou non où il met les pieds. Iels essaient de se resituer.
C'est... Péridote, qui prends la parole !
"Ici, vous pouvez vous attendre à ce que des gens ne mâchent pas leurs mots. Beaucoup sont ici parce qu'ils doivent gérer les conséquences de vos décisions, c'est personnel, et c'est trop tard pour changer ça"
Yagyu reprends
"Le savant est politique. Faire le choix de coopérer avec vous est politique, et va très certainement avoir des effets politiques auprès de toute l'Union shuhe. Les demandes qu'on vous fait concernant les armes de destruction massives ne sont pas une approche maximaliste de la négociation, c'est le minimum qu'on peut demander pour rendre l'accord politiquement acceptable. La négociation est difficile parce que nous ne somme pas en position de coopérer à la base, pour pouvoir passer un accord, de notre côté, il faut le rendre justifiable auprès de... L'organisme public qui nous gère. Si vous ne pouvez pas nous aider à comprendre pourquoi et comment des gens comme vous développent ce genre d'armes, la coopération implique la rupture entre l'Enclave verte et l'Union, et une bonne partie ce que qui rends la coopération intéressante, notamment l'accès aux laboratoires et communautés de biohackers de l'Enclave volcanique. On peut vous aider à faire pousser des plantes nouvelles, voire des écosystèmes entiers, mais si on vous aide à détruire tout ce qu'il nous reste de planète, personne dans l'Union n'acceptera, on sera les premiers rayés de la carte.
L'enjeu est tout autant politique parce que quand vous décidez d'exclure le secret défense de l'accord, vous pouvez simplement tout exclure. Les forces armées de Carnavale ne sont pas indépendantes de votre pouvoir, vous pouvez classer secret défense ce que vous souhaitez, si le secret défense est exclu de l'accord, il n'y a donc pas réellement d'accord. Les données peuvent être anonymisées s'il est question de protection des données personnelles, mais il est important qu'on ait une compréhension de comment fonctionne un projet de recherche au sein de laboratoires Dalyoha.
Pour ce qui est de la question kabalienne, soyons clair-es : nous vous avons aussi proposé n'importe quelle représentation kabale sur laquelle on s'entendra, mais on ne touchera pas aux écosystèmes de Kabalie sans représentation Kabale dans le processus de décision. Il est trop tard pour refuser l'ingérence en Kabalie, c'est déjà fait. Cramoisie n'est pas kabale, Cramoisie est l'ingérence carnavalaise. A défaut de pouvoir éviter l'ingérence, l'on peut au moins garantir une représentation kabale. Une bonne partie des réfugié-es de Kabalie se trouvent à Tumgao, un accord sur leur pays qui ne les inclut pas n'est juste politiquement pas acceptable, et pourrait même conduire à des mouvements sociaux majeurs aux effets difficilement prédictibles. Si nous ne pouvons pas nous mettre d'accord sur une représentation kabale, la Kabalie sort de l'accord, exception fait de ce qui concerne l'agent Cramoisie, aucun accord n'étant réalisable sans garantie à ce niveau, pour les raisons évoquées plus tôt.
Nous pouvons partager des connaissances sans impliquer la population carnavalaise, mais ce n'est pas vraiment un levier de négociation : elles sont déjà en libre accès, vos scientifiques piochent déjà dedans, et je pense que vous avez difficilement idée de l'influence qu'ont déjà les recherches de l'Enclave sur vos propres recherches, ce qui nous aide parfois à comprendre ce que vous faites par ailleurs. Non, là, nous parlons bien de recherche conjointe, nous travaillons ensemble a concevoir la future biosphère carnavalaise, l'on sera sur le terrain, et potentiellement, ce sera un projet majeur qui se poursuivra sur des décennies. C'est un gros accord que l'on est en train de passer. Pour ce qui est de la consultation des Carnavalais-es, nous pouvons le gérer, et l'intégrer à nos recherches. Le compromis est déjà là, l'on parle bien de consultation, de faire en sorte que les Carnavalais-es aient leur mot à dire sur ce que deviendra leur environnement, pas réellement de décision conjointe. Pour les accords impliquant un choix réellement démocratique, c'est à elleux que l'on viendrait parler, et par ailleurs, on le fait, et l'on n'hésiterait pas non plus à mener des projets de recherche conjointe, même sur la restauration écologique, avec des groupes au sein de la société civile. Le fait que l'on soit en train de parler de ces questions là avec vous, et que l'on soit prêts à coopérer, c'est déjà une reconnaissance de votre légitimité à statuer sur les questions écologique. Mais quand il s'agit d'un sujet qui concerne à ce point Carnavale entier, l'on ne délaisserait pas nos premiers alliés ici : on les consultera, ce sera une part du projet de recherche.
Ce qu'il se passe ici est plus un accord diplomatique qu'une négociation commerciale, l'on ne s'entend pas sur de que l'on sera prêts à échanger et ce qu'on sera prêts à sacrifier en échange, mais sur la façon dont nous somme prêts à changer les relations que l'on entretien les un-es aux autres. Aujourd'hui est le moment où l'on peut passer d'un antagonisme à une coopération, mais par conséquent, l'on n'est pas là pour se vendre des promesses, les conversations que cela implique seront difficiles"