11/06/2017
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Trésors de Rhême [Culture / Patrimoine]

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Les Jardins Suspendus de Ioannes II dit "Le Verdoyant", ses émulations et l'Académie Impériale de Botanique



Jardins Suspendus de Lykaron

Lorsque l'on évoque les trésors de Rhême, nombreux sont les néophytes qui s'essayeront à mettre en avant quelconques statues, bustes, temples ou autres possessions de joailleries étant entrée dans l'Histoire, les Rhêmiens étant en effet connus pour leurs prouesses architecturales notables au même titre qu'un amour inconditionné pour les pierres précieuses ainsi que tout ce qui se compte plus ou moins en or comme en argent. Pourtant, les gens un peu cultivés aux antipodes du reste de la masse, ou plus généralement les natifs de Lykaron préfèreront mentionner d'office le cas des Jardins Suspendus de Ioannes II Sil Crysionos qui font l'objet d'une fierté certaine de la population de la Sainte Cité au même titre qu'ils attisent la fascination de ceux ayant la chance de les arpenter et qui sont réduits à une poignée d'élus tandis que le reste ne peut qu'admirer ses formes et son ramage au loin. De fait, ces derniers siégeant au coeur des étages supérieurs du Palatium Solaris, le centre névralgique du pouvoir Impérial Lykaronien sur les hauteurs de l'île solitaire siégeant dans l'intérieur de la baie crépusculaire autour de laquelle la cité a été construite, les accès à ceux ci sont dès lors naturellement restreints. Au delà des factionnaires de la garde et des domestiques dudit Palais qui n'ont eux même que rarement l'occasion de profiter de ses merveilels, ce sont surtout les courtisans et la famille impériale et ses invités qui en ont le privilège et la jouissance presque quasi exclusive. Il se dit communément qu'il n'y a pas plus grand honneur que de recevoir une invitation à parcourir ses allées de haies et de parterres fleuris et que le prestige que quiconque en retire est bien supérieur à une quelconque audience dans la salle du trône.

A l'origine les Jardins n'étaient guère imposants, à peine quelques boutures disposés afin d'agrémenter en verdure une vaste terrasse surplombant la baie et jouxtant une cour bien plus imposante faisant face à la chapelle privée de la Maison Sil Crysionos. Ce n'est que sous le règne, et la main avisée du Basileus Autokrator Ioannes II au cours du XVIIIe siècle que l'on surnomma plus tard "Le Verdoyant" que celui ci fut développé, choyé et étendu jusqu'à atteindre sa beauté soigneusement conservée encore aujourd'hui même. La Légende tend à soutenir que ces derniers furent un présent divin, un miracle accordé par le Christ au Basileus afin d'accorder la miséricorde et le réconfort à son peuple alors que la cité souffrait de pénuries diverses causés par un énième conflit avec Théodosine qui se termina en désastre, laissant sur le carreau d'innombrables foyers et voyant advenir une famine comme l'on en avait plus vue depuis près de deux siècles. Si ces récits demeurent fortement exagérés il y a toutefois à ces derniers un fond de vérité, notamment en ce qui concerne l'état de la Cité et la misère populaire de l'époque ruinée par une aventure martiale ne s'étant non seulement guère déroulée comme prévue mais ayant laissée les caisses du trésor impérial exsangue ainsi qu'un trône sans occupant.

Ioannes II, le Basileus malgré lui car n'ayant jamais été pressenti pour régner, accéda au trône par un coup du destin lorsque son Père ainsi que ses deux frères ainés trépassèrent avant lui à la guerre. Rat de Bibliothèque plutôt qu'adepte des champs de batailles, beaucoup pensèrent qu'ils seraient bien vite mis sous l'influence de quelques conseillers ambitieux, il n'en fut rien. Certes maladif et frêle de constitution depuis la naissance, le nouveau souverain de Lykaron avait trouvé refuge dans le savoir ancien comme nouveau afin d'aiguiser son esprit qui lui ne pouvait être mis à mal. Et l'un de ses passes temps favoris dans lequel il était devenu fort savant n'était autre que la botanique. Adepte de la démonstration et du leadership par l'exemple, il s'affaira la plantation d'un véritable jardin au sein du Palais pour des raisons strictement pratique à l'origine, afin d'y faire prospérer des boutures de plantes pour réduire les coûts de l'époque en vivres au sein du Palais, un geste avec plus de symbolique que d'effets mais qui lui valu une admiration certaine du peuple en détresse qui fut renforcé dans les années qui suivirent par une réorganisation complète de l'infrastructure urbaine et notamment avec des rénovations des vieux systèmes d'aqueduc qui améliora considérablement l'hygiène ainsi que l'accès à l'eau pour la populace tel que l'on ne l'avait pas vu depuis plusieurs siècles.

Lorsque les temps furent plus cléments et que la tempête fut passé, Ioannes n'en démordit toutefois pas et continua à se dévouer au développement de ses jardins, l'on vit pousser des haies, des parterres de fleures locales comme exotiques être disposés ci et là tandis que des canaux aménagés venaient abreuver du liquide de la vie toutes les nouvelles boutures s'ajoutant sans cesses aux ensembles botaniques imaginés personnellement par le Basileus. Les travaux devinrent si importance et le poids pesant de ces derniers sur l'Empereur si grand que ce dernier se résolu à engager pléthores de Jardiniers et autres botanistes afin de l'assister, mais incapable d'en trouver suffisamment même pour ses projets, le souverain en fut si courroucé qu'il décida de palier à cela pour le futur en instituant une Académie subventionnée par ses soins afin de former une nouvelle génération d'artistes du végétal pour l'accompagner dans son oeuvre mais plus encore pour perpétuer et prendre soin de son héritage, car ces Jardins suspendus par essence, plantés sur les hauteurs du Palais dans des arpents de verdures crées de toutes pièces par la main de l'homme, étaient en effet amenés à devenir son cadeau intemporel à ses successeurs et ceux qui viendraient après.

Un héritage qui encore à ce jour est préservé avec conscience et minutie par les dernières générations de Botanistes sortis tout droit de l'Académie encore en service à ce jour, car s'il est une vérité absolue et non dite au sein de la Capitale Impériale, c'est qu'il n'y a pas plus grand honneur ni prestige pour quiconque n'étant pas de sang bleu que d'obtenir une bourse d'étude lui permettant d'entrer à ladite académie et d'en sortir comme Botaniste impérial. C'est une fonction très considérée, respectable et fort bien rémunérée car directement supervisée par le Trône Impérial qui perpétue avec diligence ces us devenus traditions de conserver de larges espaces verts au sein de la Capitale et de veiller à leur entretient. Car in fine, les jardins impériaux du Palais si ils sont les plus imposants au même titre qu'un exploit dans leur domaine de par leur conception ont inspirés d'autres esprits, qu'il s'agisse d'aristocrates, de magistrats ou même des souverains ayant succédé à Ioannes II, nombreux sont ceux qui ont cherché à émuler son chef d'oeuvre, ce qui a donné naissance à de multiples jardins et parcs publics comme privés, grands comme petits au sein de la Cité et même au delà de ses remparts. Les plus remarquables après ceux du Palatium Solaris étant sans contestes ceux jouxtant la Basilique Sainte Mikaela dans les quartiers aristocratiques du sud ouest, non loin du Castellum Ar Corvus. Ce tandis que des amas éparses mais pas moins charmants prospèrent aussi le long des berges de la Cénée, la longue rivière descendants des hauteurs de l'Ascalonie pour se jeter dans la baie crépusculaire de Lykaron.
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