
Les Mercenariales sont ainsi à l'origine née d'une nécessité d'encadrer des règlements de comptes et commencèrent en de simples duels de champions des Grandes Compagnies afin de régler des différents, octroi de contrat, mise à mal de réputation ou que savais-t-on encore comme méfaits ou désagréments, avec le temps l'on ajouta aussi au lot des escarmouches entre groupes de moindre importance et fractions très minime de régiments, le tout sous le regard vigilant et impartiaux d'arbitres neutres, souvent des magistrats des cantons locaux. Mais ce qui n'était simplement qu'une manière de se confronter à moindre échelle sans impacter durablement les capacités militaires de chaque groupe se mua bien assez vite en une sorte de spectacle, chacune des tenues de ces duels et affrontements limités attirant les badauds, souvent même de cantons éloignés qui avaient là l'occasion de contempler à domicile de véritable démonstration de puissance martiales individuelles ou groupées, ce tant et si bien que le phénomène dont les fondements et l'intérêt étaient à l'origine extrêmement graves et sérieux mutèrent vers une forme plus souple et théâtrale. De fait, les Chefs de Compagnies avaient bien assez vite flairée de bonnes affaires et notamment des occasions de faire la promotion de leurs groupes lorsque même des marchands et voyageurs de passages se pressèrent pour assister aux duels, c'était à la fois une opportunité de répandre leur nom ci et là par delà les frontières des Plateaux de Mirine mais aussi d'opérer des campagnes de recrutement à moindre frais localement.
Et plus le temps passa, plus le phénomène évolua jusqu'à devenir non pas uniquement une tradition, mais un quasi-festival où alors que les lices voyaient s'affronter l'élite du mercenariat Eurysien, attirant des compagnies même au delà de Mirinegratz même pour concourir, marchands et forains s'en venaient afin d'agrémenter les environs et contenter la foule qui se pressait pour assister à l'évènement à chaque occasion, d'ailleurs la tenue en fut fixée pour des raisons de praticité environ tous les dix ans afin de s'adapter au rythme de l'éclatement des guerres en Eurysie et ainsi ne point perturber le fil des contrats. Et si les Mercenariales ont assurément déclinés en intérêt pendant un temps vers la fin de l'époque moderne, jusqu'à manquer de disparaître au début de l'ère contemporaine sous le joug Kaulthe, elles ont connu une véritable resurrection lors de la prise d'indépendance du territoire et la proclamation de l'Archiduché.
Aujourd'hui les Mercenariales existent toujours, et sont pour ainsi dire plus populaires que jamais grâce aux merveilles de la Mondialisation, les médias de masse que peuvent être la télévision ainsi que l'Internet en plein essor sans compter le fidèle au poste journalisme sur papier ou via radio permettent de faire la promotion de cet évènement phare de l'Archiduché unique en Eurysie et peut être même au monde dont la tenue a lieu environ tous les quatre ou cinq ans à Mirinegarde la capitale de l'Archiduché. Durant ces dernières, la Capitale se pare de ses meilleurs atours et adopte une allure festive alors que ses hôtels, restaurants et autres sites idéals pour l'accueil des visiteurs et touristes fonctionnent à plein régime au plus grand bonheur des administrations locales et notamment de la municipalité qui voit des rentes d'argents phénoménales tandis que les Grandes Compagnies en profitent pour faire le plein de sang neuf tout en s'octroyant une immense visibilité. Et si l'évènement a encore une certaine utilité pour permettre de régler ses comptes, il s'agit dans les faits plus désormais d'une vaste compétition sportive à l'intérêt pécunier et publicitaire, dont la promotion est d'ailleurs exclusivement assuré de nos jours par Vladimir Kartyovitch et ses équipes qui ne lésinent pas sur les moyens afin de le présenter sous ses meilleurs auspices à l'internationale.
Et si durant les festivités, les duels individuels attirent bien les curieux ci et là dans Mirinegarde au cours bien souvent de véritables chorégraphies d'arts martiaux inédits pour le plus grand bonheur des afficionados de combat, cela n'est toutefois rien en comparaison des grandes attractions que sont les joutes célestes et les affrontements du Grand Colisée de la Capitale. De fait, le premier cas à savoir les susmentionnées joutes célestes est un ajout très récent en lien avec les domaines de spécialités des Grandes Compagnies de nos jours à savoir l'aviation. Contrairement à ce que le nom laisse penser il inclue cependant un vaste panel d'activités allant de démonstrations de saut en parachute, à la course en hélicoptère au gré des plateaux et cols montagneux de la région en passant par des duels de pilotes d'avions de chasse sur des modèles d'entraînement, des processus toutefois très encadrés pour des raisons de sécurité et d'image, mais pas exempt d'incidents comme l'on peut s'en douter.
Le gros du spectacle trouve toutefois son intérêt au sein du Grand Colisée, un immense édifice capable d'accueillir des milliers de spectateurs et qui s'élève dans la périphérie du pic rocheux sur lequel siège la capitale de Mirinegarde, autrefois un ensemble de lices où l'on pratiquait des escarmouches limités, le nouveau bâtiment tient plus du Stade Sportif de nos jours.
Dans ce dernier ont lieu le gros des compétitions de l'évènement où s'affrontent les Grandes Compagnies, courses, affrontements limités, diverses démonstrations, mais surtout et c'est là le pinacle du spectacle, les opérations tactiques dites "urbaines" où des équipes au sol de divers tailles s'affrontent pour le contrôle d'un ensemble de bâtiments ressemblant à d'authentiques dédales construits spécialement pour l'occasion et qui changent à chaque Mercenariale. Plus qu'une compétition, c'est une véritable démonstration de stratégie, de ruse et de compétences de combat au sol autant au tir à distance qu'au corps à corps où l'on voit l'usage de divers gadget et outils tactiques permettant l'infiltration dans les locaux usités, bien souvent fournis gracieusement par diverses sociétés d'armements souhaitant faire la promotion de leur matériel. Ironiquement, il n'est d'ailleurs pas si rare de voir régulièrement apparaître aux Mercenariales, au delà des groupes étrangers et lointains de chiens de guerre, d'autres mouvements officieux ou non tel que des équipes de départements de police métropolitaines ou des forces spéciales de certains pays déguisées pour l'occasion qui ont là des opportunités inédites de s'octroyer une séance de publicité eux aussi mais surtout un entraînement dantesque unique au monde.
Bien évidemment, la violence et les coups bas sont aussi de mise, ce n'est pas un spectacle pour les petites natures et de nombreuses voix s'élèvent aussi pour critiquer voir condamner la chose, sans réel succès, les Grandes Compagnies se fichent royalement des avis des lâches et entendent bien perpétuer cette tradition locale aussi utile que "ludique".