L'un des immeubles en face arbore encore une bannière "ce n'est pas fini", écrite en langue shue, en référence aux grèves de ces dernières années, dont il reste à voir si même le Vahal ou la Confédération Shue vont respecter leurs engagements, déjà bien en-deça de ce que réclamaient grévistes. Le Conseil des Sages a clairement faire savoir que de telles affiches et bannières dans le Quartier des Ambassades étaient peu indiquées, et qu'il était prêt à intervenir pour les faire retirer, mais la réalité est qu'il n'est pas prêt à intervenir pour les faire retirer. Les tensions restent à vif dans la cité-état, et l'Ivhaanri de la ville n'a aucune envie de voire le désordre exploser à nouveau dans la ville. C'est à la plus grande joie de Yuu, qui a été fondeuse à Braha, qui aurait pu être du nombre des grévistes, et qui n'a aucune envie de défendre une union répressive et policière. Cette banderole, même si aucun nesoïen le comprendrait, est pour elle comme un pied de nez à l'étatisation du pays, et du monde. La dissidence affichée en plein jour face à la communauté internationale, une fissure dans l'idée qu'il existe un état parfait, ou même correct, durable, éternel.
La neige tombe drue dans la ville, et le vent souffle avec force, il se fait entendre où que l'on aille, omniprésent, impossible à ignorer, c'est typique de l'Enclave volcanique. Sur le mur à droite de la fenêtre, se trouve des cartes. Une grande carte de Shuurgmösoron, et d'autres, de l'Enclave comme des Nesoï. Des cartes sous différents angles, de différentes choses. Des cartes administratives, de transport, topographiques, climatiques, géologiques, hydrologiques, ethniques, électriques, maritimes, écologiques, même une carte des morts recensés ces dernières années sur tout le continent. De l'autre côté, un écran prêt à afficher d'autres intervenant-es en visio au besoin, ou bien un film. Face à la fenêtre, de l'autre côté de la table de réunion, un tableau noir, et une table avec différents plats et boissons de l'Union, mais aussi des Nesoï et du reste du monde. Et sur la table, beaucoup de documents. Dossiers préparés à l'avance, articles scientifiques, relevés, rapports, plus de cartes, retranscriptions d'échanges, plans et descriptions de technologies, projections à long terme de l'Ahak, registres et... Ouvrages fictionnels.
Discutant à voix basse, en partie assise, en partie se tenant à la fenêtre, la délégation. Soit, elle, Yuu, la "Cheffe d'état", soit la personne qui veut bien incarner la Gyasarr pour le compte de l'Union (d'autres personnes devraient rejoindre l'équipe prochainement, c'est un gros travail, même quand c'est des dizaines de gens qui prennent les décisions politiques avant que Yuu ne les annonce), mais aussi Ekorra Husei, qui représente la Station Drahe, et la politique scientifique de l'Union, elle est assise, très calme, à boire du jus d'argouse en lisant quelque chose. A la fenêtre, contemplant la chute de neige, Shaahida Sira Jallow, une Pèlèe qui représente l'Ahak depuis quelques semaines seulement, qui a tenu à assister à la rencontre avec les Nesoï. Son interprète, Jaad el-Aman, est assis à la table en train de consulter son téléphone. Yao Yuhan est venu représenter Hohhothaï, c'est un révolutionnaire assez méfiant de l'Union, il aurait probablement préféré entrer au Kah, mais bon, les autochtones voulaient pas, il discute devant la fenêtre avec son interprète, d'origine nesoïenne, qui ne parle pas cantonnais mais mandarin, une dame âgée du nom de Faidra Lambriades. La représentante de Tumgao, une majeq du nom de Hariza ult Lamine, est en train de consulter les cartes, comme si elle cherchait quelque chose de précis, alors que son interprète non pas du tamasheq mais de l'arabe vers le grec est absent de la pièce pour le moment, il s'agit de Muhsin al-Saladin, un althaljir d'origine qui a de l'expérience diplomatique avec avec la Cémétie, il a depuis changé d'identité et d'atterri à Shuharri. L'interprète du Shuharri vers le grec est une Thuranne, Odtesgtseg Berude (et oui, les noms de famille thuranni sont en général des prénoms : l'on utilise pas de noms de famille dans les clans thuranni, donc l'on ajoute un deuxième prénom quand le besoin d'un nom de famille se fait sentir, typiquement pour rencontrer des étrangers, faire des papiers à l'étranger ou obtenir un passeport), qui a mené des caravanes de transport vers les Nesoï. Qaanjiw, un shu de Qikiqtaniitsoq, est là pour assurer le service lors de la rencontre, il est en train de boire un thé avant de commencer.
Sur la place, et devant la fenêtre, tente de passer un groupe de pétrel-tempêtes malgré le vent qui les gêne, et qui affiche des ombres mouvantes dans la lumière du Soleil.