
[Almanach] Biographies
Posté le : 26 août 2025 à 17:30:25
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Léonin Ilyas Frejnès

Portrait officiel de Léonin Frejnès, il est accroché dans chacune des écoles, mairies, et autres bâtiments officiels d’État vlastiques.
"Le Communisme est atteint."
----------------Date de naissance :
--------16 décembre 1936.
----------------Sexe :
--------Homme.
----------------Ville et Région natales :
--------Bellvigne, Lanar-En-Brie.
----------------Caractère et personnalité :
--------À la fois rigide et autoritaire, Léonin Frejnès est globalement reconnu comme un leader pragmatique et extrêmement conservateur. Partisan d’un statu quo (autant sur le plan national qu’international) et très narcissique, une caractéristique qui s’est amplifiée au fil de sa montée au pouvoir, il est grandement attaché à la bureaucratisation du Parti ainsi qu’à l’autorité de celui-ci sur le pays.
----------------Attributs physiques :
--------Mesurant un mètre soixante-treize pour un poids quatre-vingt-dix-huit kilogrammes, il possède un physique assez ingrat, dû en grande partie à son âge ainsi qu’à ses problèmes de santé. Son visage est assez ridé, en plus d’avoir la peau assez détendue (là aussi, à cause de son âge), sa mâchoire est légèrement décalée et visiblement entre-ouverte, du fait d’une blessure de guerre plus jeune, bien qu’il parvienne sa bouche fermée.
----------------Place dans la politique :
--------Sa place dans la vie politique de la Vlastie est simple à situer, il est le Secrétaire Général du P.C.V. (Parti Communiste Vlastique), il a la mainmise intégrale sur le pays et ses institutions.
----------------Religion :
--------Comme la très grande majorité des vlastiques, il n’est pas religieux, bien qu’il ait été élevé par ses parents selon les rites catholiques.
----------------La jeunesse :
--------Bien que ses deux parents trouvaient leurs origines en Eurysie, Léonin Ilyas Frejnès fut élevé comme un véritable vlastique de manière à éviter de plus possible ce qu’ils catégorisaient comme faisant partie d’une "influence étrangère décadente" (ou peu), comme ceux-ci le souhaitaient. En effet, ils avaient été fortement influencés par la propagande, très conservatrice et discriminatoire envers les étrangers, de la dictature nationaliste d’Édouard Rinochet, dans laquelle ils avaient été baignés depuis leur plus tendre enfance, particulièrement aucours durant leur passage au sein des "Jeunesses Patriotes".
--------On estime que c’est de là que vient le conservatisme de Léonin Frejnès qui, lui aussi, est allé dans un équivalent des organisations où étaient ses parents, les "Jeunesses Taliniennes". Il est très probable que ce soit de cet endoctrinement que vienne également son adoration quasi-fanatique de la dictatrice Joséphine Talin.
--------Comme de très nombreux jeunes et grands prolétaires nés après la Glorieuse Révolution Patriotique (la Révolution Vlastique de 1932), Léonin Frejnès reçut une éducation technique, en gestion du territoire puis en métallurgie. C'est en fait à l'âge de seize ans (assez tard, donc), en 1953, qu'il finit par intégrer l'organisation de jeunesse du Parti Communiste Vlastique (P.C.V.), le Front Pionnier, puis le Parti lui-même deux ans après, en 1955.
--------Une fois diplômé, il devint ingénieur dans l'industrie métallurgique de l'Est de l'Artandie. C’est en 1956-1957 qu’il fit son service militaire obligatoire. D'abord engagé dans un corps de blindés, il suit des cours sur les chars d'assaut avant de servir finalement comme commissaire politique.
--------Frejnès fit partie de la toute première génération de vlastiques (celle née entre 1930 et 1940) qui ne connurent pas la période ayant précédé la Révolution de 1932, mais aussi et surtout de ceux qui ne purent participer (au vu de leur jeune âge) aux diverses luttes internes pour la succession de Valérie Lainin (morte à son poste) pour la charge de direction du Parti. Au moment où le jeune Léonin entra au sein du P.C.V., Joséphine Talin en était déjà la seule et unique maîtresse à bord, dont l’autorité était indubitablement incontestée.
--------Frejnès, comme beaucoup d'autres jeunes communistes, trouva dans le système talinien un chemin tout tracé. Les membres du Parti qui avaient survécu aux grandes Purges de 1952, puis aux Procès de Mosvara, purent obtenir de rapides promotions.
--------Effectivement, les éliminations politiques stratégiques de la dictatrice Talin laissaient vacantes de nombreuses places de cadres supérieur du parti et de l'État, de plus les personnes n’ayant pas été tuées avaient pu être endoctrinées par la propagande menée de manière massive par la dictatrice (ou être trop terrorisés pour s’opposer à celle-ci). Léonin Frejnès était l'archétype des jeunes gens ayant pu profiter du vide laissé par les purges pour gravir les échelons à une vitesse plus que phénoménale.
----------------La Grande Guerre de 58 :
--------Cette progression politique phénoménale fut néanmoins interrompue : en 1958 éclate une guerre de grande ampleur entre la Viétie et la Lermandie. Bien que, à la base, la Vlastie n’était pas censée intervenir de manière directe mais seulement fournir la Viétie en armements de pointe (missiles sol-sol, chasseurs-bombardiers supersoniques franchissant Mach2…), elle fut forcée d’entrer pleinement dans le conflit.
--------Joséphine Talin, par peur de perdre le seul soutien qu’elle possédait en Aleucie au travers du Secrétaire Général du Parti Communiste Unifié de Viétie de l’époque (Louis-Juste Ramier), prit la décision de déployer en masse des troupes et du personnel conscrits provenant de Vlastie, sous les ordres de Grégoire Bougon. Léonin Frejnès était l’un d’eux.
--------Cette guerre fut semblable, pour la Vlastie, à la Guerre de Corée connue dans la réalité pour l’U.R.S.S. : un embourbement total dans un conflit meurtrier à l’issue indécelable pour les deux camps qui y perdirent une part non-négligeable d’une jeunesse traumatisée, tout en laissant derrière eux de nombreux orphelins.
--------Tout comme une grande portion des membres du Parti Communiste de son rang, Frejnès est enrôlé dans l'Armée Vlastique non pas comme soldat mais comme commissaire politique. Sous l’impulsion de Joséphine Talin (et de sa paranoïa), l’Armée Vlastique suivait un principe de double-commandement : chacune des formations militaires, en plus d’être sous les ordres d'un officier professionnel, étaient surveillées de près par un commissaire politique. Frejnès fut déployé en tant que délégué de l'administration politique pour le front de l’Est, en tant que commissaire de brigade.
--------En 1959, à la suite de la dissolution du front de l’Est, balayé par une contre-offensive lermandienne, Léonin Frejnès est touché par une balle qui l’atteint à la mâchoire : soigné en urgence et à la va-vite, il retourna sur le front peu après, en parallèle de soins post-opératoires lui étant toujours prodigués. En 1960, alors que les deux côtés multiplient les offensives destinées à faire "basculer le cours de la guerre", il devient chef du département politique de la division du Quartier Général de l’Armée Vlastique sur place.
--------Ironiquement, le commissaire politique responsable de ce front, et à qui il rend directement des comptes pour le Parti, n'est autre que Nicétas Sergio Rouchtchès, le futur mentor de Frejnès. Ils s’étaient déjà rencontrés pour la première fois en 1956, Rouchtchès avait alors soutenu le jeune Frejnès (âgé de 20 ans) au début de sa carrière pour l’aider à gravir plus vite les échelons. Une fois la Guerre de 58 achevée, avec la mort de Joséphine Talin à son poste, Frejnès occupe un poste extrêmement stratégique au sein de l’Armée sur le plan politique.
----------------L’irrésistible ascension politique :
--------Il quitta l'Armée avec le rang de général-major, chose assez ironique au vu du fait qu’il venait de passer la totalité de la guerre comme commissaire politique et non comme militaire.
--------D’abord censé faire partie des envoyés vlastiques devant participer aux projets de reconstruction de la Viétie après la guerre, il devint Premier Secrétaire du de la division déployée en Viétie par le Parti, et même délégué au Vlast Suprême.
--------Néanmoins, Nicétas Sergio Rouchtchès avait d’autres projets pour lui. Il fut rapatrié d’urgence en Vlastie dans le but de devenir membre du Comité Central.
--------Il ne dut son ascension fulgurante et sa flamboyante carrière jusqu'aux sommets du Parti à nul autre que Rouchtchès, qui dominait depuis les années 1940 l'organisation bureaucratique et politique de plusieurs régions. C’est ce soutien constant durant de longues années qui permit au jeune Léonin de monter si vite dans les hautes sphères, ironique au vu de la fin de la carrière de Rouchtchès.
--------Il fallait dire que, à la mort de Talin, en 1963, la succession était encore assez incertaine, Rouchtchès devait impérativement mobiliser le plus de soutiens possible, surtout face au chef des Forces de Sécurité dirigées par Laurent Néria. La taille du Politburo étant réduite à ce moment de l’histoire, il ne put y nommer Frejnès pour le remercier de son soutien. Néanmoins, en guise de compensation, le jeune homme fut nommé chef du directoire politique de l'armée et de la marine, au grade de lieutenant général, une place plus que stratégique.
--------Rouchtchès triompha pour succéder à Talin comme dirigeant suprême du Parti et, comme sa prédécesseure, il s’assura du fait que le poste qu’il occupa soit le principal centre du pouvoir. En 1965, Frejnès est nommé en tant que Premier Secrétaire, non pas du Parti mais du Comité Central, un poste qui n’en demeure pas moins stratégique.
--------Déjà en février 1964, Frejnès avait été délégué par le Conseil des Ministres (là aussi, grâce à un coup de pouce de Rouchtchès) pour contrôler l'industrie militaire, le programme spatial vlastique (qui sert de vecteur officieux pour les systèmes de guidage de missiles), l'industrie lourde et les grands travaux d'infrastructure. Il est désormais un personnage clé sur de nombreux pans de la politique.
--------En 1965, comme pour remercier son mentor, il soutient Rouchtchès dans sa lutte contre la vieille garde talinienne, menée par Valentin Montalban et Grégoire Mélavol entre autres, pour la direction du Parti. La défaite de ces derniers ouvre au jeune prodige, âgé de moins de 30 ans, les portes du fameux Bureau Politique, plus haute institution du pays.
--------En 1969, Frejnès devint un des Hauts Secrétaires du Politburo central et 1970 il alla jusqu'à obtenir le titre de Président du Présidium du Vlast suprême, c’est-à-dire de chef de l'État. Ce poste ne conférait pas de réels pouvoirs, ce n’était qu’un poste honorifique, mais montrant la puissance politique ainsi que permettant d'aller à l’étranger, on estime que ce sont ces voyages qui éveillèrent chez Frejnès son goût pour les objets de luxe oxydantaux.
--------Jusqu’en vers 1977, la place de Nicétas Rouchtchès comme chef du Parti est solide, mais les performances économiques décevantes, les réformes plus qu’hasardeuses de l'éducation et de l'appareil économique, ses tirades de plus en plus bien trop grandiloquentes et imprévisibles au goût de certains commencent à inquiéter ses pairs. Ce fut notamment le cas de son fameux "Rattraper et dépasser l’Oxydant".
--------De ce qu’il laisse paraître, Frejnès lui demeure loyal mais, à partir de 1978, il prend part à un complot, aux côtés de divers autres membres du Parti mécontents de sa politique, dans l'optique de faire tomber Rouchtchès.
--------Cette année-là, il prend la place de Premier Secrétaire du Politburo, et devient par ce poste le successeur officiel de Nicétas Rouchtchès dans l'hypothèse inopinée où celui-ci viendrait à quitter son poste, ou bien à décéder...
--------Le 14 octobre 1979, alors que Nicétas Rouchtchès est en vacances avec son épouse sur la Côte de Saphir (dans sa villégiature non loin de Friche-En-Lac), les conspirateurs convoquent en urgence le Comité central dans une réunion à huis clos, qui adoube et transmet à Rouchtchès, totalement effaré, l'annonce de sa propre démission. Frejnès devint ainsi le Premier Secrétaire du Parti lui-même, et par conséquent dirigeant principal de la République Démocratique Vlastique, ses divers complices prennent divers postes de très haute importance, notamment à la présidence du Conseil des Ministres et du Bureau Politique.
--------Le dernier défenseur de Rouchtchès, quant à lui, récupère pour un an la présidence du Vlast Suprême avant d’être forcé de l’abandonner au profit d’un autre co-conspirateur du coup d’État secret du 14 octobre 1979.
--------À partir de maintenant, Léonin Frejnès possède les mains libres.
----------------À la tête du pays :
--------Comme dit au sein de la partie de l’Encyclopédie Vlastique abordant la Période Communiste, ce qui caractérise le plus la politique de Léonin Frejnès à la tête du pays est son conservatisme prépondérant.
--------Au cours de la période de dirigeance de son prédécesseur, la fameuse Ère Rouchtchèsienne, Frejnès semblait approuver la dénonciation de la dictature de Joséphine Talin, l’absolution des nombreuses victimes des innombrables purges et les débuts timides d’une libération limitée de la vie politique ainsi qu’intellectuelle vlastique. Mais dès son arrivée au pouvoir, Léonin Frejnès montre son véritable point de vue et met brusque un coup d’arrêt aux démarche de la détalinisation;
--------Bien que cela soit loin des méthodes de terrorisme institutionnel de la dictatrice dans les années 1940-1950, il est était clairement décelable au sein de sa politique l’ambition de réhabilitation du nom de Joséphine Talin, mais aussi et surtout à faire suffoquer toute forme de liberté accordée aux milieux interllectuels. Dans un discours de juillet 1980, commémorant le premier anniversaire de la Révolution depuis son arrivée au pouvoir, Frejnès mentionne Talin de façon élogieuse pour la première fois depuis la mort de celle-ci.
--------En avril 1981, Frejnès prend le titre de Secrétaire Général du Parti Communiste Vlastique, un poste autrefois supprimé par Rouchtchès pour en remplacer la teneur par celui de Premier Secrétaire du Parti, à cause du passage de Joséphin Talin qui avait entaché le poste. La même année, un procès inédit d’écrivains depuis l’Ère Talinienne a lieu, celui-ci marque le retour d’un contrôle strict de l’État sur la culture.
--------À l’instar de Laurent Néria, Georges Androlophe (chef des services secrets) parvint à obtenir de Frejnès que la police politique du S.R.S. (Service Renseignement et de Sécurité, aussi prononcé "Sérèse") se voit octroyer des pouvoirs de contrôle et de répression accrus, qui se perfectionnement avec un fort budget. Officiellement, le but de cette manœuvre est de "lutter contre tout sabotage Oxydantal", en réalité il s’agit d’un moyen de renforcer le contrôle sur la population, qui avait été (dans une moindre mesure) relâché par Rouchtchès.
--------Ses réformes et décisions économiques sont à l’origine d’un important ralentissement de croissance économique, ralentissement tenu secret par des rapports trafiqués (par un système de comptage des richesses ne rendant pas compte de la réalité), reflètent ses idées concernant la politique économique. En effet, son idée de l’économie reste celle de Talin, à savoir : extrêmement tournée sur l’industrie lourde et l’armée.
--------La politique économique Léonin Frejnès, particulièrement marquée par son idée selon laquelle "le communisme est atteint", sous-entendant qu’il n’y avait plus à réellement lutter mais simplement à "profiter", envoie lentement et secrètement le pays dans le mur.
--------Le "laisser-aller Frejnèsien" est total et tue le pays à petit feu...
Posté le : 18 déc. 2025 à 20:05:31
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"Il vaut mieux voir une fois que d’entendre cent fois."
----------------Date de naissance :
--------Date précise inconnue, mais certainement au début de l’année 1995.
--------Attributs physiques féminins.
----------------Identité de genre :
--------Identité de genre masculine.
----------------Ville et Région natales :
--------Banlieue Sud de Pameaux, dans la région de Plainimar, en Lermandie.
----------------Caractère et personnalité :
--------À la fois chaleureux et informel, Michaël Gorbata est tout l’archétype du jeune vlastique bien placé sur le plan social et politique, un peu à la manière d’un "golden boy" millionaire oxydantal. Il arbore un comportement naturel et n’hésite pas à surplomber ses gestes et ses phrases par un humour pétillant.
--------Néanmoins, il possède toutes les qualités nécessaires à un politicien, particulièrement vlastique : il est ambitieux, possède un égo à la hauteur de son rang au sein du pouvoir et parvient à calculer de façon parfaitement froide chacune de ses décisions politiques. Un héritage clair de la formation
----------------Attributs physiques :
--------Mesurant un mètre soixante-dix-sept pour quatre-vingt-un kilogrammes. Son visage a des traits fins (malgré une mâchoire carrée dessinée) surplombés par une chevelure bouffante des plus soyeuses, des yeux à l'iris marron, avec un nez large mais harmonieux, et pour couronner le tout : des lèvres pulpeuses, bien que discrètes. Son corps, quant à lui, possède un profil élancé, avec une agilité et une musculature forgées par des entraînements intensifs.
----------------Place dans la politique :
--------Il est le Premier Secrétaire du Bureau Politique. Aussi appelée "PolitBuro", il s’agit de l’institution politique la plus importante du pays, elle décide du dirigeant, des ministres et des politiques qui doivent être entérinées par le Comité Central qui lui est subordonné.
----------------Religion :
--------Comme la très grande majorité des vlastiques, Michaël Gorbata n’est pas croyant.
----------------L’enfance et l’adolescence :
--------Michaël Sergioson Gorbata, né Mary Thorn, est un orphelin né le 9 février 1995 au sein de la ville de Fontébains, près de la côte Sud de la Vlastie. En effet, il a été porté à l’attention des services vlastiques la naissance de ce nouveau-né aux parents totalement inconnus.
--------Néanmoins, chose assez rare pour être notée, cette enfant n’a jamais été adoptée par un couple de personnes stériles ou homosexuelles. Cela s’explique par le fait que cette petite fille n’avait jamais été prise en charge par les office d’orphelinats de l’Etat.
--------Un cas assez rare, mais pas impossible lorsque le bébé est né d’une relation hors mariage ou d’un adultère. L’enfant vagabonda dans diverses parties du pays, parvenant toujours à échapper à la police, bien que les autorités locales n’étaient pas à la recherche d’un enfant porté disparu, au vu de l’absence d’un signalement.
--------Cette errance quasi perpétuelle qui la conduisit jusqu’à la Côte de Saphir, non loin de Friche-en-Lac, autrefois lieu de vacances de l’aristocratie coloniale teylaise au cours de la colonisation puis des grandes fortunes vlastiennes durant les période démocratiques et nationalistes, il s’agissait depuis la révolution de 1932 d’un emplacement de villégiature très apprécié par les hautes pointes vlastiques. C’était autour de l’an 2000, et c’est là que l’enfant allait rencontrer ce qui serait le reste de sa vie.
--------Georges Valérien et Tatienne Philippa Androlophe, alors présents dans la station balnéaire pour fêter leur anniversaire de mariage, tombèrent sur une jeune enfant clairement indigente, miséreuse, errant au sein de ruelles sombres. La voyant dans sa détresse apparente, ceux-ci prirent discrètement la décision de la ramener avec eux et de la prendre sous leur aile, c’est ainsi qu’elle devint, de façon totalement officieuse, leur enfant.
--------Les deux hauts cadres du Parti ayant toujours été discrets, il ne firent pas de grandes liesses à ce moment de cette décision.
----------------
--------La petite Mary Thorn n’est jamais née en Vlastie, ni même dans les environs d’une région frontalière. Le lieu précis réel de naissance est à peine situé, en Lermandie, dans les environs du Sud de la ville de Pameaux, quelque part dans la région de Plainimar. Une réalité farouchement tenue secrète, tout comme le reste du passé de cette personne.
--------Sa date précise de naissance est inconnue, tout comme le nom réel de la génitrice de l’enfant. Néanmoins, ce qui est connu est la raison de sa naissance.
--------L’enfant naquit non pas comme la preuve d’une liaison illégale, mais comme le début d’un programme sordide. Elle devait faire partie de la première génération d’une longue ligne de production de clones dédiés à la postitution, basés sur les travaux ayant fuité des projets de la famille Castelage.
--------Également, il était prévu à long terme par les trafiquants ayant commencé ce programme de non seulement parvenir à mettre en place une production à la chaîne de clones destinés au trafic d’être humain, mais aussi et surtout de permettre à certains privilégiés de disposer d’une copie génétiquement parfaite d’eux-mêmes afin d’obtenir de véritables banques organes vivantes parfaitement compatibles. Quoique, au cours de l’année 1994, ils ne mirent en place qu’une petite production d’une quinzaine de clones destinée à leur trafic, comme galop d’essai.
--------C’est dans cette perspective que naquit l’enfant Mary Thorn. En réalité, elle ne possédait pas de nom à sa naissance, simplement un matricule "prototype de série un, numéro une" bien que les trafiquants disaient simplement "la une".
--------Elle commença à être élevée dans cette optique, quoique "élevée" était un bien grand mot. Des médecins peu véreux, soudoyés par le trafic international, s’assuraient du suivi médical et de la bonne constitution physique des sujets, non pas car ils souciaient de leur santé mais au vu de la nécessité de veiller à ce que cet "investissement" coûteux soit "rentable" sur le long terme.
--------C’est au cours de l’an 2000 qu’ils commencèrent à transférer en Vlastie les clones de leur programme. En effet, comme toute dictature qui se respecte, le pays avait une élite encline à des penchants sexuels douteux, voire objectivement horribles. C’est pourquoi il est suspecté que les projets des trafiquants incluaient une "mise en services" des clones largement avant avant qu’ils aient atteint leur "maturité".
--------Le chemin de l’enfant et celui de Georges Androlophe se croisèrent à ce moment.
--------La petite était présente dans un conteneur, avec d’autres victimes du trafic d’êtres humains, sur un cargo arrivé en Vlastie. Bien que l’opération semblait se dérouler comme les trafiquants l’espéraient, tout tourna au désastre.
--------Alors que les criminels avaient finis de séparer les quinze enfants clones du reste des "marchandises" plus "lambdas", les contacts pour transporter lesdites marchandises se firent attendre. On entendit des bottes battre rapidement le pavé, des sirènes, on vit des gyrophares... la police était là ! Les hommes de main se précipitèrent en prenant avec eux les clones, ayant reçu pour ordre de laisser derrière eux ceux qui étaient considérés comme "remplaçables".
--------Les coups de feu, quant à eux, ne se firent pas attendre, ils étaient nombreux, provenant autant des criminels que des agents des forces de l’ordre. Les quinze enfants avaient été enfermés dans une pièce sombre, avec pour simple vue sur l’extérieur un petite fenêtre située au-dessus d’une porte.
--------La porte fut ouverte d’un seul coup, par un des criminels. Tous pensaient devoir le suivre, mais l’homme tendit son bras, arme au poing... il les abatta un par un, il devint clair qu’il ne devait plus rester le moindre survivant. Son arme n’eut visiblement plus de balles au moment de viser la dernière enfant, il rechargea, le regard implacable. La petite fille, paralysée par la peur, les yeux emplis de larmes, ferma instinctivement les yeux, un coup de feu retentit.
--------Après quelque secondes, elle les rouvrit. L’homme était immobile un instant, avant de lâcher son arme et de tomber en avant. Derrière lui se trouvait une silhouette, un homme en costume noir, recouvert d’un portant un chapeau. L’arme qu’il portait fumait encore du coup de feu qu’il venait de tirer.
--------L’homme en question avait clairement la soixantaine bien tassée, les cheveux blancs, et était médusé. La petite fille en pleur, totalement terrorisée, arborait plusieurs éclaboussures du sang provenant des cadavres de la pièce. Il s’approcha doucement, elle eut un mouvement de recul.
--------Il s’agenouilla, sortit un mouchoir de sa poche pour essuyer le sang de la joue de la petite, un sang se mélangeait à ses larmes. Poussé par un quasi instinct paternel en voyant que celle-ci sanglotait de plus belle, il la prit doucement dans ses bras, elle était raide mais finit par se détendre et le serrer comme si sa vie en dépendait.
--------Une femme bien plus jeune, arborant une tenue bleue avec un badge surplombée d’une casquette, demanda à l’homme de ne pas partir en premier lieu sans ses subordonnés. Celui-ci acquiesça brièvement puis se leva, l’enfant toujours collée à lui interloqua l’agente, qui continua néanmoins son exploration avec d’autres agents.
--------Cet homme était Georges Androlophe.
--------La métamorphose commença, les époux Androlophe préparèrent celle qui avait pour destinée d’être leur héritière à devenir la parfaite politicienne vlastique, c’est-à-dire cynique et arriviste, déguisée derrière une façade de gentlewoman. Elle fut inscrite à de nombreux cours pour apprendre les bonnes manières ainsi que le savoir-vivre en haute société, mais aussi et surtout des cours extrêmement poussés.
--------La petite bénéficia de la meilleure éducation vlastique, dans plus éminentes écoles réservées aux futures élites du pays, comparables en termes d’équivalence aux établissements privés dans lesquels allaient les enfants de millionnaires oxydantaux. Elle fut également inscrite à des cours privés pour être initiée aux manières et aux mœurs des hautes sphères, qu’il s’agisse d’équitation, de golf, ou bien de leçons lui apprenant les civilités de l’élite, sans compter des entraînements physiques intenses, dignes de certaines institutions militaires.
--------L’intégralité de son quotidien était organisée avec une extrême minutie.
--------Une chose, cependant, émergea petit à petit : la question de son genre.
--------Mary Thorn ne s’était jamais sentie à son aise ou à sa place au sein de la gente féminine. D’aussi loin qu’elle se souvenait, elle savait qu’elle se penserait bien plus sereine de l’autre spectre. C’est pour cette raison qu’elle finit par s’intéresser à la possibilité d’un changement de genre, chose qui ne serait pas nouvelle en Vlastie.
--------En effet, la Vlastie, très ouverte sur les questions d’égalité des genres et plus profondément de leur constitution, s’intéressa dès la Première République, et plus précisément au début du XXème siècle, aux questions relatives à la transidentité. Mais celles-ci furent reléguées au second plan durant la République de Nouvelle Vlastie avant d’être communément admises au cours de la Deuxième République. Cela fit de la Vlastie un pays pionnier dans la recherche philosophique et psychologique concernant l’identité de genre, assez ironique au vu des grandes instabilités durant la seconde période démocratique, qui amenèrent à l'avènement de la dictature communiste.
--------Ayant toujours craint les interventions chirurgicales, le désormais nommé Michaël Gorbata n’accepta cependant jamais de passer sur une table d’opération, malgré la prise d’un traitement hormonal.
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--------Au cours de l’adolescence du jeune homme, Georges Androlophe révéla à celui-ci la vérité sur ses origines. Bien qu’il se doutait de maquillages concernant son passé réel, de par des souvenirs brumeux et des rêves troublants, Michaël Gorbata ignorait totalement le fait qu’il était né en Lermandie. Une ignorance qui le touchait d’autant plus au vu du fait qu’il était une expérience scientifique.
--------Le choc fut brutal, quasiment insoutenable. Cela rajoutait à la solitude de celui qui avait toujours été élevé séparément des autres personnes de sa génération, creusant d’autant plus la séparation qu’il en ressentait. Il parvint néanmoins à s'accommoder de cette réalité, aussi perturbante soit-elle, d’autant plus qu’elle ne devait surtout pas être ébruitée.
--------C’est au même moment que Georges Androlophe négocia de Léonin Ilyas Frejnès (homme le plus puissant de la Vlastie) qu’il devienne le parrain du jeune homme, une nouvelle qui ne sera ébruitée que plus tard. Le patriarche en profita donc pour s’assurer du dirigeant qu’il soutienne le jeune homme. Le chef d’Etat devint la quatrième personne à connaître les véritables origines du jeune, le seul en plus du couple Androlophe et du concerné.
--------C'est lors d'une des grandes et fastueuses réception du 21 juillet (anniversaire du début de la révolution de 1932) que fut officiellement présenté Michaël Segioson Gorbata aux autres grands noms de la Vlastie, en 2013. Tout juste âgé de dix-huit ans, le jeune homme profita de l'événement (et des autres qui suivirent) pour se faire bien voir par ces "vieillards pédants" et "mouettes caviardées" (comme il les surnommait en secret).
--------Le but était simple : il fallait, à tout prix, conquérir le cœur des grandes huiles présentes, afin de s’assurer de leur soutien. En plus d’une stratégie longuement préparée reposant sur son charme (ses avantages physiques et ses bonnes manières) et son éducation extrêmement travaillée, Georges Androlophe avait préparé le terrain pour aider à ce réseautage, notamment avec son propre réseau déjà existant.
--------Après ces soirées, tout s'accéléra. Michaël Gorbata put bénéficier de puissants appuis et d'une protection maximale.
----------------La prodigieuse carrière politique :
--------Le jeune prodige du Parti Communite Vlastique (P.C.V.) connue une rapide montée dans l’appareil du pouvoir. Commençant déjà à une position élevée, celle de secrétaire du comité régional de Centre-Widlow à tout juste dix-huit ans, il finit par rapidement être nommé à la tête dudit comité un an plus tard.
--------Son irrésistible ascension continua de façon plus que soutenue. À dix-neuf ans, il fut admis parmi les secrétaires du Comité central du Parti, au sein duquel il s’appliqua à mettre en place la stratégie apprise auprès de son mentor : glaner le plus d’informations, aussi infimes soient-elles, pour parvenir à les réutiliser pour des chantages, et tisser diverses liens ainsi qu’alliances de circonstances pour manipuler les membres du Parti à son avantage.
--------Une stratégie qui l’amena, petit à petit, jusqu’à la plus haute de toutes les institutions politiques dont il fut membre avant de la diriger. En effet, il parvint à rejoindre le Bureau Politique (PolitBuro) dont il devint, à la veille de ses vingt-deux ans, le Premier Secrétaire.
----------------Vie privée et passions :
--------C’est parallèlement à sa stricte éducation, aux manipulations politiques que le jeune homme se prit de passion pour la course automobile, qui était sa principale possibilité pour s’évader, chose qu’il avait en commun avec son parrain Léonin Frejnès. Il avait d’ailleurs, avec l’automobile, une autre passion moins orthodoxe (sauf pour les politiciens) en commun avec ledit parrain, à savoir : la multiplication des liaisons amoureuses.
--------Bien que n’ayant jamais vraiment sauté le pas vers un acte intime avec qui que ce soit, il est arrivé plusieurs fois que le jeune politicien ait été aperçu au bras de diverses hommes avec qui il ne resta pas longtemps relation. Cela avec le fait qu’il ait eu une carrière politique fulgurante à un si jeune âge, il n’en fallut pas plus pour la presse oxydantale (et surtout lermandienne) pour qualifier l’adonis de "golden boy communiste", bien que la presse vlastique n’ait jamais fait allusion aux conquêtes du jeune homme au vu de la censure évidente.
--------En réalité, la seule chose de l’apparence de l’adonis qui était toujours constante était la tenue cossue qu’il arborait habituellement, cela et son animal de compagnie, un mastiff suttonien du nom de Cújo, une race de chien au pelage bouffant, à haut pedigree et réservée aux élites du pays.