Posté le : 28 août 2025 à 15:05:14
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Veychter contempla sans mot dire la ribambelle des représentants vayiens plisser les yeux en rencontrant le soleil de cette claire matinée. Il devait bien reconnaître que la transition d'un avion vers le vrai monde n'était jamais des plus commodes, bien qu'un attérissage nocturne eût pu pallier la problématique solaire. De tous ces diplomates et importants personnages, il reconnu son homlogue, le vieux Gilendes, en tête de fil. Les Premiers ministres s'avencèrent l'un vers l'autre pour une poignée de main, des sourires dont personnes n'aurait pu déterminer l'authenticité sur les lèvres. L'Illiréen constata avec surprise que la poigne de son homologue ne semblait pas s'être amollie avec les années de la vieillesse, elle conservait au contraire un maintient puissant digne d'un athlète. Le prime étonnement passé en une fraction de seconde, il sourit de plus belle à la formule convenue du Vayien, — la complétant sans sourciller.
— "Mais le plaisir est pour moi Monsieur Gilendes. Je suis bien navré que les tristes circonstances de ma nomination à ce poste ne nous ait pas permis de procéder à cela plus tôt... Mais allons, nous sommes bien là aujourd'hui pour réparer ce tort. Si vous voulez bien me suivre."
Veychter conduisit son homolgue à cette même voiture qui l'avait conduis à lui quelques minutes plus tôt, lui en ouvrant même la portière. Les deux chefs d'Etat échangèrent des banalités sur la vingtaine de minutes de trajet de l'aéroport militaire jusques au siège du gouvernement. Quand la conversation en arriva à la littérature de langue illiréenne du haut Moyen-Âge — sujet pour lequel Gilendes semblait éprouver un vif intérêt — ils furent enfin à destination. L'hôte guida donc son invité du jour à travers le Palais du Peuple jusques à un bureau sombrement décoré. La décoration des salles et couloirs traversés rappelait ostensiblement au Vayien le changement de régime parvenu un an et demi auparavant ; les portraits datées de souverains morts depuis des siècles avaient étés troquées pour de toute nouvelle fresque racontant de manière convenue et biaisée l'histoire du pays. Mais, fait rare, l'humble bureau auquel Gilendes avait été conduit présentait une sobriété plus poussée ; et, plus encore, les rares éléments de décoration semblaient antérieurs à la prise de pouvoir du régime eurycommuniste grimé en démocratie. Ce sont spécifiquement deux sabres croisés sur un mur qui attirèrent l'attention du leader vayien : elles semblaient raconter une histoire tant l'une arborrait le style valino-illiréen, tant la seconde portait des armoiries loduariennes. Veychter s'assit, invitant son homologue à faire de même.
— "Voilà, nous serons au mieux ici pour discuter. Comme nos missives diplomatiques l'ont justement relevé, et je suis sûr que vous en conviendrez, nous avons beaucoup à dire. Je propose de nous y mettre dès maintenant, l'amitié entre les peuples — qui plus est des peuples frères — est un sujet qui mérite toute notre énergie je crois. Ainsi je mets cartes sur table, Votre Excellence, je suis convaicu que nos deux nations s'éleverons par une coopération bilatérale. Il n'est pas question de faire renaître l'Empire Illiréen, ça n'aurait tout simplement aucun sens : Tirgon a perdu de son pouvoir tandis qu'Aristion est libre et souverain, et je pense que les choses sont bien ainsi. Mais je vois maintenant que la Vayie demeure ouverte au dialogue et à l'entente, comme votre présence ici l'énonce. Nous pouvons traiter maintenant des petits sujets de la coopération culturelle et nationale, de sujets plus graves tels que notre sécurité collective, et encore des grands sujets de la disposition régionale des forces. Oui, je crois que nous pourrons évoquer tout cela, avant le dîner si possible." Veychter se fendit d'un grand sourire chaleureux. "Mais j'ai assez exposé mon agenda... Monsieur Gilendes, avez-vous des exigeances et des sujets dont vous voulez que l'on traite ?"