01/10/2020
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Observatoire de Zābandir

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L'Observatoire de Zābandir

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Zābandir est un observatoire astronomique situé à 5203 mètres d'altitude, sur le Uhud, l'un des plus hauts pics du massif du Tigre. Les monts du Tigre s'élèvent parmi les plus hauts d'Afarée, et l'observatoire jouit d'être l'un des plus élevés au monde. L'emplacement, à distance du Mont Argad plus haut, permet une observation du ciel de grande qualité. La sécheresse de l'air est réputée faire du site l'un des meilleurs endroits pour contempler les étoiles, la tradition attribuant qu'on peut y discerner, à l'oeil nu, les satellites de Jupiter. L'observatoire a été installé par le département azuréen d'astrophysique sous la République, en 1942, au départ comme un simple site d'observation alors que l'Etat convoitait le rêve avant-gardiste de construire des fusées pour visiter l'espace ; c'était un lieu de relevés astronomiques fréquenté par peu de scientifiques, et qui n'a en réalité jamais eu un rôle de premier plan dans la science de l'espace azuréenne. On attribue, à tort, au site de Zābandir d'avoir été le lieu choisi par l'astronome du XIIème siècle al-Hirathi afin de réaliser les observations qui lui permirent de calculer de nouvelles valeurs pour les tables astronomiques des savants, et de proposer un modèle héliocentrique inédit parmi ses pairs. En réalité al-Hirathi s'était installé à Zāharangir, une autre localité des Monts du Tigre, aujourd'hui disparue mais où subsistent des ruines attribuées à l'astronome. Zābandir est transformée, lors de l'avènement du Califat en 1978, en propriété du Sahib Uthmani, élu à la fonction califale par les Oulémas, et désireux de pouvoir établir le calendrier religieux d'une façon plus scientifiquement rigoureuse, à l'aide des outils du site ; en réalité, cette idée s'avérera assez vaine puisque d'autres équipements dans des observatoires plus connus servent aujourd'hui à Son Altesse Sémillante pour la détermination des heures de prière et des périodes sacrées de l'année. En revanche, Zābandir a conservé son statut de propriété du Calife. Des aménagements à l'observatoire initial ont permis d'y adjoindre, en 2003, une résidence austère. Une route jusqu'au Camp Maqadeh, dernière étape au pied de la falaise, dessert aujourd'hui ce relais qu'un funiculaire relie à l'observatoire pour le convoiement des denrées, du matériel et des personnes. Le site de Zābandir est connu de la plupart des Azuréens, mais il n'est pas visitable, et peu utilisé par les scientifiques universitaires. Un nouveau télescope équipe l'observatoire depuis 2013. On le dit tourné vers l'observation de la Voie Lactée, bien que les services du Califat ne produisent aucun rapport sur l'usage présumé de l'observatoire. L'emplacement exact du bâtiment n'est pas facile à trouver ; la forme des montagnes déjoue alpinistes et cartographes ; des délimitations militaires camouflent le dispositif et les silos de Zābandir comme une île entourée de glaciers.
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Le Troisième Œil
Télescope hydraulique de Zābandir


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L'observatoire de Zābandir héberge une installation unique au monde que ses concepteurs ont surnommé le « Troisième Œil », et qui est un télescope fonctionnement à l'énergie hydraulique et pneumatique des molécules d'eau, du fluide et de la vapeur. Grâce à des résistances électriques, et même avec une autre source de chaleur combustible dans les fours creusés au coeur de la montagne, l'eau est mise en mouvement et son refroidissement, sa condensation, son évaporation et l'accumulation sifflante de sa pression dans des tuyaux très fins et fragiles en céramique, en verre, en argent et en tantale permettent de transformer un mouvement en signal à travers une série d'infinies soupapes. Sa forme est indescriptible, et il n'est connu du grand public qu'à travers de vagues évocations dans la presse scientifique. Il a été achevé en 2017 sur commande du Khalife Kubilay Ibn Sayyid, et installé dans le frêle observatoire du Mont Uhud. Les Azuréens ne sont pas inventeurs du télescope optique, l'astronomie arabe s'étant fiée à l'algèbre et à la géométrie pour construire les cartes et les théorèmes célestes des périodes antérieures. A partir de la fin du XVIIIème siècle cependant la production de lunettes à lentilles en verre se multiplie et l'affection pour ces outils, qui permettent d'observer les objets lointains et les astres, se répandent dans la société azuréenne, davantage par frivolité que par réel usage scientifique. Il faut attendre 1941 pour installer le premier télescope destiné à l'observation de l'univers, dans les hauteurs de la Dariane près de l'université d'astronomie d'Ectabane. Les scientifiques azuréens participent alors aux réseaux internationaux qui développent les capacités d'observation des astres géocroiseurs, des comètes, des trous noirs, et d'autres objets de curiosité, jusqu'à l'effondrement de la République en 1978. Le changement de régime est aussi un changement radical de la politique céleste du pays, le régime islamo-démocrate rompant brutalement avec les dictatures occidentales qui encourageaient les programmes de conquête de la Lune et de Mars fantasmés à l'époque. De ces programmes criminels, dont le sacrifice d'une chatte héroïque envoyée toute seule dans l'espace malheureusement jamais récupérée vivante, n'est pas le moindre des méfaits, la station spatiale carnavalaise est peut-être un reliquat ; et les multiples programmes spatiaux d'Etats très jeunes aux dents longues, des repousses vivaces. En 1978 les scientifiques à la tête des chaires d'astronomie, parfois des partisans du régime républicain précédent, sont soit fusillés, soit démis de leur poste, soit exilés vers d'autres horizons, et une nouvelle génération de chercheurs en astrophysique met du temps à se reformer. En 1997, le Khalife Kubilay accède à la fonction suprême et, comme on l'a vu, débloque de nombreux verrous moraux ou politiques en pourvoyant, pour son propre compte, à la construction du plus grand et du plus puissant télescope du monde connu : le « Troisième Œil ». Celui-ci analyse le rayonnement infrarouge et ultraviolet, mais il est également doté d'un « sismographe spatial » qui enregistre les variations de grandeurs physiques longues à expliquer. Le « Troisième Œil » porte bien son nom car il n'est pas ouvert sur la lumière visible, mais sur des grandeurs invisibles à l’œil nu. Très peu de chercheurs y ont accès, sa garde étant confiée à un astronome particulier au service de la mosquée des Étoiles, le siège du Khalifat. Le Khalife l'utiliserait de temps en temps, pour observer ses ennemis à travers le reflet de la lune. D'autres lentilles à Zābandir permettent d'observer le ciel plus facilement, mais ce n'est pas la fonction du « Troisième Œil » qui est destiné à recevoir des données en continu par l'observation, et à les transformer, dans ses arcanes et sa tuyauterie, en informations lisibles. Le télescope sert aujourd'hui à l'étude de phénomènes astrophysiques très lointains et abscons, tels que l'horizon des événements et les singularités.


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