Les mois passent inlassablement dans la petite ville qu'est Grozny. La commune de 1 200 habitants est un lieu relativement tranquille, où les faits divers sont rares. Placée au fond d'une vallée de la Gora du Sud, elle est assez isolée et est reliée au reste du monde uniquement grâce à quatre routes départementales qui vont vers les quatre points cardinaux. Celle de l'est a d'ailleurs la particularité non négligeable d'aboutir à la frontière du Khardaz. En effet, la ville est située à quelques kilomètres à peine de ce pays voisin, ou les rapports diplomatique avec le Namarov sont difficiles. La région est à cause de cela très surveillée. Un régiment y est d'ailleurs posté.
Les membres de l'UPOL, lors de
leur voyage au Khardaz, avaient passé la frontière à pied, par les montagnes. Ils avaient dû partir discrètement de cette ville, aidés par sa population, pour ne pas alarmer la garnison locale. Ils avaient donc reussi, puisqu'il n'y a pas eu de fait divers. L'un d'eux garde ce souvenir chaud dans son coeur. Dimitri Medvedev est un jeune indépendantistes orthodoxes et évidemment anti-communiste. Il était partis au Khardaz avec le chef de l'UPOL, Maskim Vojov. Cela avait éte un honneur d'être avec lui.
Assis à la terrasse du principal café de la ville, il semble se remémorer les événements avec le petit sourire qu'il fait habituellement. Il attend impatiemment son ami, l'un de ses frères de lutte comme ils les appellent. Ce dernier arrive enfin :
-Salut Dimitri, tout roule ? À quoi tu penses avec ton air rêveur ? À une fille ?Il soupire :
-Mais non idiot. Bon, t'as ramené le matériel ?Son ami qui répond au nom Nicolas lui montre le sac :
-Pas mal, pas mal... Je pense que ça traverse bien. On va bien le fumer, ce connard de maire brutal. Il aura l'air moins fier que quand il insulte ou tabasse la population avec ses policiers. T'es toujours partant pour lui faire la peau ?-Bien sur juste faudra faire attention, tu sais bien qu'il a toujours son soldat garde du corps avec lui.-C'est pour ça qu'on est deux Nicolas. Moi je m'occupe du garde du corps et toi de l'ordure. Comme nous l'a conseillé Maskim.
La nuit est tombée sur Grozny. L'horloge de la mairie indique 20h, deux hommes cachés derrière une voiture indiquent la haine. Nicolas et Dimitri attendent, le maire pouvant sortir d'une minute à l'autre. Chacun retient son souffle dans la ville endormie. Enfin, un éclat de voix se fit entendre. C'est le moment ?
- Makari, mon minou, viens, c'est l'heure de manger !Une ombre passe dans la cour déserte. Fausse alerte, c'était juste une mamie innocente qui appelait son chat. Il va falloir encore attendre.
Quelques minutes plus tard, un grincement de porte résonna. On le reconnaissait entre mille, c'était celui de la porte de la mairie. Deux personnes en sortirent.
-Et encore une journée de termi-Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Les deux membres de l'UPOL, après avoir bondi de leur cachette, tirèrent sur les hommes. Le maire s'écroula, touché en plein cœur par le premier, et le soldat avec lui bascula en arrière, touché à l'épaule par le deuxième. Mais ce dernier eut le temps de riposter. Nicolas lui tira donc dessus avant de partir en courant quand il entendit d'autres soldats qui sortaient du bâtiment. Sous une pluie de balles, il tourna au coin de la rue, indemne, contrairement à son ami.
Car Dimitri est allongé sur le sol, une balle dans l'abdomen. Il a mal et jamais il n'a eu autant mal dans sa vie. Tellement il a mal, il ne sent pas la douleur. Sa tête vers le ciel, il regarde les étoiles. Sera-t-il bien accueilli ?