Dans le Palais des Ambassadeurs, le parquet brillait à nouveau, résultat d’un énième passage des ouvriers (encore !). Pour cette entrevue, le bureau des affaires étrangères de Dyl’Milath comptait se mesurer au boss du Nazum Méridional, qui n’était autre que l’Empire Ushong des Xins, auquel était promis une collaboration commerciale ainsi que la liaison par le chemin de fer qui relierait au minimum Ninchi au Baïshan en passant par Dyl’Milath, même si les diplomates avaient bon espoir qu’il continue au moins jusqu’aux Xins, et pourquoi pas au Jashuria.
Toujours était il que nos trois diplomates attendaient de pieds ferme leurs homologues, qui seraient en ce jour une délégation Xin présidée par Zhao Qian. Ils avaient revuent leurs rôles et savaient, dans les principaux scénarios probables, ce qu’il était intéressant d’évoquer, et ce qu’il fallait taire. La salle de conférence était fin prête à accueillir ses invités. C’est alors que l’on annonça la délégation Xin, et Drano Enagi se leva pour accueillir ses homologues.
Drano Enagi : Bienvenue, messieurs, dans ce modeste Palais des Ambassadeurs, où nous avons l'immense honneur de vous acceuillir aujourd'hui. Je vous propose de prendre place et de commencer ces discussions sans plus tarder.
[Dyl'Milat - Empire Xin] Discussions économiques autour du Nazum V2
Posté le : 18 nov. 2025 à 18:54:05
Modifié le : 18 nov. 2025 à 18:55:32
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Posté le : 12 jan. 2026 à 10:44:23
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Une telle décision de tisser des liens avancées avec un tel territoire avait une immense symbolique à bien des égards, après tout il y a encore moins d'une décennie nombre d'officiels impériaux ruminaient sans s'en cacher la gloire perdue de l'unité impériale à son apogée qui s'étendait d'une part à l'autre du Nazum tout entier et les partisans de la fermeté et d'une posture belliciste étaient monnaie courante ci et là. Pourtant, alors que l'Empire des Ushong sortait de sa léthargie multi-centenaire et revenait pour ainsi dire de loin au sein du concert des Nations c'étaient là des positions et des interactions bien plus pragmatiques et tempérées qui étaient affichées en vitrine aux yeux de tous en acceptant de dialoguer de manière totalement apaisée avec une part non négligeable de leurs voisins. Ce alors même que l'on aurait pu s'attendre à ce que la course à l'armement effréné allant de paire avec l'industrialisation à marche forcée du coeur de l'Empire ne soit employée autrement que pour sanctuariser le coeur battant de ce dernier. Le cas du Chandekolza aurait sans doute pu donner raison à de tel craintes, notamment si ce dernier avait été suivit de facto ou précédé par la Ramchourie qui à bien des égards selon des observateurs internationaux était estimée "prête pour la cueillette", mais malgré cela et à la surprise de bien des oracles de la géopolitique les décideurs impériaux ne semblaient guère décidés à passer le pas.
En tout état de cause, la posture diplomatique affirmée dans l'autre main alors que le bâton qui avait frappé le Chandekolza était encore dans la seconde semait la confusion chez la plupart. Toutefois les plus clairvoyants purent en tirer une conclusion simple.
Les intrigues de cour des dernières années avaient encore fait évoluer le paysage interne au sein de la Cité Interdite qui disposait de son microcosme propre. En tout état de cause, les bellicistes de tout bord avaient été mis en bonne partie en minorité, assurément grâce aux résultats des politiques de développement intérieur menées par les étoiles montantes de l'administration du mandat Ascendant.
En d'autres termes, cette ouverture diplomatique affirmée, n'était ni plus ni moins que le symptôme le plus visible et édifiant du Triomphe des modérés de la Cour Impériale.
Mais il était encore trop tôt pour dire si ces rapports de force allaient demeurer tel quel, le développement interne était une chose, tisser une diplomatie solide en était une autre, s'affirmer en tant que puissance moderne nécessitait impérativement de passer par là, d'autant plus afin de faire taire les on-dit et autres apriori sur le militarisme exacerbé impérial qui collait encore à la peau des Ushongs. Et in fine, ce n'était là qu'une partie des enjeux, une bien maigre partie pour ne pas dire presque risible ou désuète au regard de l'Agenda actuel du Trône Impérial et des nécessités vis à vis des rapports de force internationaux de cette époque. De fait, beaucoup d'experts soupçonnaient derrière cette ouverture très ciblée à ses voisins régionaux de la part de l'Empire des Xin, une volonté de créer quelque chose de nouveau à partir de l'ancien afin de pouvoir raffermir les bases d'une forme de puissance à l'internationale qui n'était plus depuis bien longtemps. Les rumeurs allaient après tout bon train quand à une certaine volonté de redynamiser le très discret cercle Cathayen, et si il y avait ne serait-ce qu'une once de vérité dans de tels dires, cela signifiait beaucoup. En tout état de cause, cela sous entendait à minima une volonté de solidifier une assise d'influence régionale multi-partite dans le cadre d'une aire culturelle. On pouvait y voir là aisément la volonté de recréer l'Empire des Ushongs à son apogée pas tel qu'il fut, mais sous une autre forum sans doute plus "humaniste" ou tout du moins adaptée à son temps, point par les armes mais bien par la plume et la nécessité commune des Cathayens et des peuples mis sur le côté du Nazum de gagner en reconnaissance dans un monde de prédateurs et de pôles de mastodontes rassemblés les uns avec les autres dans de grands axes internationaux. Point un empire reconquis à l'estoc des baïonnettes et à la fureur des canons, mais une organisation régionale voir au delà capable de parler d'une seule voie face aux Titans de ce siècle. Le Dicton soutenant que l'on préférait un mal que l'on connaissait par rapport à quoi que ce soit d'autres prenait ainsi tout son sens.
Enfin, tout était encore à faire en dépit des théorisations et autres expectations. Mais c'était pour cela assurément que le nouveau visage de la Diplomatie impériale avait prit les choses à bras le corps et faisait le déplacement, le tout premier d'une série, personnellement. Ministre en titre préposé aux affaires étrangères, et Mandarin parmi bien d'autres, l'intéressait ne ressemblait en rien à ce que l'on disait de lui en sous-main, ou plus exactement ne se conformait-il pas à l'imagination que la plupart se faisaient des gens de son espèce, après tout l'on avait cette vision desdits Mandarins extrêmement traditionnelle, ce qui n'était à dire vrai... Pas si éloigné de la vérité pour une bonne partie. Mais pas pour le Ministre Qian.
Ce dernier était l'un des purs produits de cette tendance des dernières décennies des nantis Ushongs de la petite noblesse et de la bourgeoisie montante d'envoyer leurs fils et filles étudier à l'étranger au sein des nations développées selon les standards contemporains, ce en totale opposition aux us de la plupart des conservateurs et traditionalistes qui refusaient obstinément de voir au delà des frontières impériales. Fait encore plus intéressant, il était l'une des rares personnalités influentes issue de ces "aventures mondialistes" comme l'on disait à la cour, à ne pas fonder la base de son pouvoir autour d'une des grandes factions faisant la pluie et le beau temps à cette dernière, chose étonnante quand on sait qu'il aurait assurément tout à fait sa place aux côtés du Maréchal Wang à bien des égards et pourtant... Il conservait des contacts dans les trois factions rivales à la fois, des assises autres et orbitait en réalité plus proche du Trône même et la Régente que de quiconque dans les grandes personnalités impériales. Ce qui en disait long.
Quoi qu'il en soit, ce dernier était arrivé sobrement avec une délégation assez réduite au Dyl'Milat, après tout le ministre entendait accomplir la majeure partie du travail à abattre lui même et ses subordonnées étaient requis sur d'autres fronts où il ne pouvait se rendre de facto. Il était toutefois clair et notable que son approche tranchait net avec les usages impériaux d'ordinaire qui mettaient l'accent sur l'excès et la grandiloquence, des caractéristique propres à la "Gloire Impériale" et aux apparence si chère à la Cour Impériale traditionnelle. Le Mandarin avait cependant pour cette occasion décidé autrement et avait misé sur quelque chose de plus humble. La chose était parfaitement calculée, d'une part afin de ne pas mettre dans l'embarras ses hôtes, mais aussi afin de mettre en avant une certaine "normalité" d'apparences qui était une manière subtile de se présenter comme un égal. C'était la vieille stratégie consistant à se mettre au niveau de son interlocuteur afin de favoriser la pose de fondations saines pour les relations futures.
A cette fin toutefois, le Ministre avait été très avare en commentaires autant qu'en pose face à la presse, se contentant du strict minimum à son arrivée afin de laisser les journalistes sur leur faim et de se concentrer pleinement sur la tâche à venir. Si tout se déroulait bien, une presse affamée attendant des déclarations permettrait à l'Empire des Xin comme au Dyl'Milat d'annoncer de réjouissantes nouvelles et d'user d'un élan médiatique certains pour rebattre les cartes aux yeux du monde dans la région.
Flanquée d'une poignée d'assistants se comptant sur les doigts d'une main, le Mandarin arriva finalement au sein du Palais des ambassadeurs dans lequel il ne pu s'empêcher de notifier que le parquet avait été remarquablement lustré avec une grande efficacité que l'on retrouvait rarement ailleurs, ce qui lui arracha un sourire. Ayant pénétré dans la salle de conférence, le Ministre salua cordialement son homologue du Dyl'Milat du jour, Draco Enagi, offrant même à ce dernier une franche poignée de main.
Zhao Qian - << Excellences, je vous salut et vous remercie humblement de votre accueil. Tout l'honneur est pour moi et pour l'Empire de pouvoir fouler un sol si brillant et chargé d'histoire afin je l'espère de tout coeur poser les bases aujourd'hui d'une nouvelle page de relations prospères et mutuellement bénéfiques. Nonobstant, je concorde à débuter céans, sa Majesté Impériale m'a confié quelques présents à vous remettre en main propre afin de faire démonstration de son amitié, mais je gage qu'il sera plus intéressant de procéder à une remise en main propres une fois nos affaires en ordre et ce si je puis d'ailleurs suggérer devant les caméras de la presse, il n'y a rien de tel que la gestuelle afin de démontrer ultimement quelque chose aux yeux de tous et chacun. >>
Dans la foulée, la délégation Xin prit place, de toute évidence, le Mandarin avait déjà songé à un une manière d'obtenir aisément un dénouement médiatique favorable à l'avance tel un renard. Plus les discussions seraient productives et des accords satisfaisants trouvés, mieux les conséquences finales en seraient. Tout le monde avait à y gagner.
Zhao Qian - << Bien, par quel sujet vos Excellences souhaitent-elles débuter ? >>
Posté le : 17 jan. 2026 à 15:49:37
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