24/08/2019
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[Dyl'Milat - Empire Xin] Discussions économiques autour du Nazum V2

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Dans le Palais des Ambassadeurs, le parquet brillait à nouveau, résultat d’un énième passage des ouvriers (encore !). Pour cette entrevue, le bureau des affaires étrangères de Dyl’Milath comptait se mesurer au boss du Nazum Méridional, qui n’était autre que l’Empire Ushong des Xins, auquel était promis une collaboration commerciale ainsi que la liaison par le chemin de fer qui relierait au minimum Ninchi au Baïshan en passant par Dyl’Milath, même si les diplomates avaient bon espoir qu’il continue au moins jusqu’aux Xins, et pourquoi pas au Jashuria.

Toujours était il que nos trois diplomates attendaient de pieds ferme leurs homologues, qui seraient en ce jour une délégation Xin présidée par Zhao Qian. Ils avaient revuent leurs rôles et savaient, dans les principaux scénarios probables, ce qu’il était intéressant d’évoquer, et ce qu’il fallait taire. La salle de conférence était fin prête à accueillir ses invités. C’est alors que l’on annonça la délégation Xin, et Drano Enagi se leva pour accueillir ses homologues.


Drano Enagi : Bienvenue, messieurs, dans ce modeste Palais des Ambassadeurs, où nous avons l'immense honneur de vous acceuillir aujourd'hui. Je vous propose de prendre place et de commencer ces discussions sans plus tarder.

Si il y avait bien quelque chose qui n'était pas commun à l'Empire Xin, ou plus précisément que l'on ne leur connaissait guère jusqu'à présent en tant que tel, c'était d'accomplir les pas nécessaires afin d'émerger de ce qui ne pouvait être décrit autrement comme leur carapace de tortue afin d'entretenir des liens diplomatiques selon les formes comme on pouvait en attendre en cette aube de troisième millénaire après le crucifié. Certes, ce n'était pas non plus la première fois qu'un tel évènement arrivait, mais la chose était suffisamment rarissime pour le souligner. De fait, le plus surprenant était assurément à bien des égards de découvrir que les Ushongs s'étaient finalement doté d'un système de Chancellerie à part entière nécessaire à toute puissance crédible se respectant, ou bien peut être certains soupçonnaient-ils qu'ils avaient seulement fait ressusciter quelque chose de déjà existant mais tellement archaïque ou dépassé par les intrigues de cour qu'il avait été laissé dans une léthargie à l'abri des regards indiscrets pendant bien longtemps. Quoi qu'il en soit, et à dire vrai peu importait les raisons finalement car les faits étaient là, le Céleste Empire avait décidé d'accompagner ses ambitions des moyens nécessaires, et ce sur tous les plans et dans tous les domaines, c'était là une évidence flagrante. Ainsi, Beiyfon avait dépêché en son nom et en celui du trône du Dragon des représentants officiels autres que de simples postiches ou des membres de la famille impériale pour la première fois depuis plusieurs années, et ce dans une des nations voisines de la région qui si elle fut autrefois à un moment de son histoire intrinsèquement liée à l'empire avait depuis fort longtemps maintenant arpentée son propre chemin.

Une telle décision de tisser des liens avancées avec un tel territoire avait une immense symbolique à bien des égards, après tout il y a encore moins d'une décennie nombre d'officiels impériaux ruminaient sans s'en cacher la gloire perdue de l'unité impériale à son apogée qui s'étendait d'une part à l'autre du Nazum tout entier et les partisans de la fermeté et d'une posture belliciste étaient monnaie courante ci et là. Pourtant, alors que l'Empire des Ushong sortait de sa léthargie multi-centenaire et revenait pour ainsi dire de loin au sein du concert des Nations c'étaient là des positions et des interactions bien plus pragmatiques et tempérées qui étaient affichées en vitrine aux yeux de tous en acceptant de dialoguer de manière totalement apaisée avec une part non négligeable de leurs voisins. Ce alors même que l'on aurait pu s'attendre à ce que la course à l'armement effréné allant de paire avec l'industrialisation à marche forcée du coeur de l'Empire ne soit employée autrement que pour sanctuariser le coeur battant de ce dernier. Le cas du Chandekolza aurait sans doute pu donner raison à de tel craintes, notamment si ce dernier avait été suivit de facto ou précédé par la Ramchourie qui à bien des égards selon des observateurs internationaux était estimée "prête pour la cueillette", mais malgré cela et à la surprise de bien des oracles de la géopolitique les décideurs impériaux ne semblaient guère décidés à passer le pas.

En tout état de cause, la posture diplomatique affirmée dans l'autre main alors que le bâton qui avait frappé le Chandekolza était encore dans la seconde semait la confusion chez la plupart. Toutefois les plus clairvoyants purent en tirer une conclusion simple.

Les intrigues de cour des dernières années avaient encore fait évoluer le paysage interne au sein de la Cité Interdite qui disposait de son microcosme propre. En tout état de cause, les bellicistes de tout bord avaient été mis en bonne partie en minorité, assurément grâce aux résultats des politiques de développement intérieur menées par les étoiles montantes de l'administration du mandat Ascendant.

En d'autres termes, cette ouverture diplomatique affirmée, n'était ni plus ni moins que le symptôme le plus visible et édifiant du Triomphe des modérés de la Cour Impériale.

Mais il était encore trop tôt pour dire si ces rapports de force allaient demeurer tel quel, le développement interne était une chose, tisser une diplomatie solide en était une autre, s'affirmer en tant que puissance moderne nécessitait impérativement de passer par là, d'autant plus afin de faire taire les on-dit et autres apriori sur le militarisme exacerbé impérial qui collait encore à la peau des Ushongs. Et in fine, ce n'était là qu'une partie des enjeux, une bien maigre partie pour ne pas dire presque risible ou désuète au regard de l'Agenda actuel du Trône Impérial et des nécessités vis à vis des rapports de force internationaux de cette époque. De fait, beaucoup d'experts soupçonnaient derrière cette ouverture très ciblée à ses voisins régionaux de la part de l'Empire des Xin, une volonté de créer quelque chose de nouveau à partir de l'ancien afin de pouvoir raffermir les bases d'une forme de puissance à l'internationale qui n'était plus depuis bien longtemps. Les rumeurs allaient après tout bon train quand à une certaine volonté de redynamiser le très discret cercle Cathayen, et si il y avait ne serait-ce qu'une once de vérité dans de tels dires, cela signifiait beaucoup. En tout état de cause, cela sous entendait à minima une volonté de solidifier une assise d'influence régionale multi-partite dans le cadre d'une aire culturelle. On pouvait y voir là aisément la volonté de recréer l'Empire des Ushongs à son apogée pas tel qu'il fut, mais sous une autre forum sans doute plus "humaniste" ou tout du moins adaptée à son temps, point par les armes mais bien par la plume et la nécessité commune des Cathayens et des peuples mis sur le côté du Nazum de gagner en reconnaissance dans un monde de prédateurs et de pôles de mastodontes rassemblés les uns avec les autres dans de grands axes internationaux. Point un empire reconquis à l'estoc des baïonnettes et à la fureur des canons, mais une organisation régionale voir au delà capable de parler d'une seule voie face aux Titans de ce siècle. Le Dicton soutenant que l'on préférait un mal que l'on connaissait par rapport à quoi que ce soit d'autres prenait ainsi tout son sens.

Enfin, tout était encore à faire en dépit des théorisations et autres expectations. Mais c'était pour cela assurément que le nouveau visage de la Diplomatie impériale avait prit les choses à bras le corps et faisait le déplacement, le tout premier d'une série, personnellement. Ministre en titre préposé aux affaires étrangères, et Mandarin parmi bien d'autres, l'intéressait ne ressemblait en rien à ce que l'on disait de lui en sous-main, ou plus exactement ne se conformait-il pas à l'imagination que la plupart se faisaient des gens de son espèce, après tout l'on avait cette vision desdits Mandarins extrêmement traditionnelle, ce qui n'était à dire vrai... Pas si éloigné de la vérité pour une bonne partie. Mais pas pour le Ministre Qian.

Ce dernier était l'un des purs produits de cette tendance des dernières décennies des nantis Ushongs de la petite noblesse et de la bourgeoisie montante d'envoyer leurs fils et filles étudier à l'étranger au sein des nations développées selon les standards contemporains, ce en totale opposition aux us de la plupart des conservateurs et traditionalistes qui refusaient obstinément de voir au delà des frontières impériales. Fait encore plus intéressant, il était l'une des rares personnalités influentes issue de ces "aventures mondialistes" comme l'on disait à la cour, à ne pas fonder la base de son pouvoir autour d'une des grandes factions faisant la pluie et le beau temps à cette dernière, chose étonnante quand on sait qu'il aurait assurément tout à fait sa place aux côtés du Maréchal Wang à bien des égards et pourtant... Il conservait des contacts dans les trois factions rivales à la fois, des assises autres et orbitait en réalité plus proche du Trône même et la Régente que de quiconque dans les grandes personnalités impériales. Ce qui en disait long.

Quoi qu'il en soit, ce dernier était arrivé sobrement avec une délégation assez réduite au Dyl'Milat, après tout le ministre entendait accomplir la majeure partie du travail à abattre lui même et ses subordonnées étaient requis sur d'autres fronts où il ne pouvait se rendre de facto. Il était toutefois clair et notable que son approche tranchait net avec les usages impériaux d'ordinaire qui mettaient l'accent sur l'excès et la grandiloquence, des caractéristique propres à la "Gloire Impériale" et aux apparence si chère à la Cour Impériale traditionnelle. Le Mandarin avait cependant pour cette occasion décidé autrement et avait misé sur quelque chose de plus humble. La chose était parfaitement calculée, d'une part afin de ne pas mettre dans l'embarras ses hôtes, mais aussi afin de mettre en avant une certaine "normalité" d'apparences qui était une manière subtile de se présenter comme un égal. C'était la vieille stratégie consistant à se mettre au niveau de son interlocuteur afin de favoriser la pose de fondations saines pour les relations futures.

A cette fin toutefois, le Ministre avait été très avare en commentaires autant qu'en pose face à la presse, se contentant du strict minimum à son arrivée afin de laisser les journalistes sur leur faim et de se concentrer pleinement sur la tâche à venir. Si tout se déroulait bien, une presse affamée attendant des déclarations permettrait à l'Empire des Xin comme au Dyl'Milat d'annoncer de réjouissantes nouvelles et d'user d'un élan médiatique certains pour rebattre les cartes aux yeux du monde dans la région.

Flanquée d'une poignée d'assistants se comptant sur les doigts d'une main, le Mandarin arriva finalement au sein du Palais des ambassadeurs dans lequel il ne pu s'empêcher de notifier que le parquet avait été remarquablement lustré avec une grande efficacité que l'on retrouvait rarement ailleurs, ce qui lui arracha un sourire. Ayant pénétré dans la salle de conférence, le Ministre salua cordialement son homologue du Dyl'Milat du jour, Draco Enagi, offrant même à ce dernier une franche poignée de main.

Zhao Qian - << Excellences, je vous salut et vous remercie humblement de votre accueil. Tout l'honneur est pour moi et pour l'Empire de pouvoir fouler un sol si brillant et chargé d'histoire afin je l'espère de tout coeur poser les bases aujourd'hui d'une nouvelle page de relations prospères et mutuellement bénéfiques. Nonobstant, je concorde à débuter céans, sa Majesté Impériale m'a confié quelques présents à vous remettre en main propre afin de faire démonstration de son amitié, mais je gage qu'il sera plus intéressant de procéder à une remise en main propres une fois nos affaires en ordre et ce si je puis d'ailleurs suggérer devant les caméras de la presse, il n'y a rien de tel que la gestuelle afin de démontrer ultimement quelque chose aux yeux de tous et chacun. >>

Dans la foulée, la délégation Xin prit place, de toute évidence, le Mandarin avait déjà songé à un une manière d'obtenir aisément un dénouement médiatique favorable à l'avance tel un renard. Plus les discussions seraient productives et des accords satisfaisants trouvés, mieux les conséquences finales en seraient. Tout le monde avait à y gagner.

Zhao Qian - << Bien, par quel sujet vos Excellences souhaitent-elles débuter ? >>
Drano Enagi : Bien. Je vous remercie pour le déplacement, et ne peux qu’approuver cette idée quant aux cadeaux que vous devez me transmettre de la part de sa majesté impériale. J’en suis très honoré. Commençons sans plus tarder. Je souhaiterais, pour cela, évoquer tout d’abord les multiples projets de collaboration commerciale dont nous avons parlé par missives. En effet, et comme vous le savez, ces projets, et notamment celui de la liaison par chemin de fer, sont actuellement très en vogue dans notre pays, et comme nous avons récemment reçu une confirmation du Ninchi à leur sujet, nous aimerions connaître votre point de vue. Que diriez-vous de mettre au point une coopération commerciale par delà tout le Nazum méridional, qui serait évidemment supporté par ce projet de chemin de fer, et qui permettrait de faire rayonner nos pays dans tout le Nazum ? Je veux bien spire parler ici de toute une série de mesures propres à rendre le commerce entre nos nations plus simple, comme par exemple l’abolition des taxes douanières, ce genre de chose… Qu’en dites vous ?
Zhao Qian - << Si vous dites que l'établissement de grandes voies de chemins de fer est en vogue par chez vous, sachez que nous autres Ushongs aurions plutôt tendance à dire que c'est dans l'ère du temps que d'investir et de développer ces axes jusqu'à doter un réseau continental n'ayant rien à envier aux autres grandes masses géographiques du monde. Car il convient de l'admettre, si les grands pays du Sanctuaire disposent de réseaux internes développés et efficaces pour beaucoup, les liaisons d'une nation à une autre ont toujours été un casse-tête sans nom.

Il me semble que la chose avait déjà été évoquée par missive durant nos échanges, mais l'Empire est favorable à la pose de rails visant à relier nos pays ainsi que d'autres afin de favoriser les flux de marchandises comme d'individus vers des sommets encore plus hauts que ceux atteints actuellement, car si il est vrai que le projet Jashurien du Ruban d'or est fort pratique, poursuivre l'héritage de ce dernier à travers les nouveaux acteurs du Nazum Médian sera plus qu'apprécié.

Toutefois, il convient d'évoquer avant toute chose quelques points, à savoir notamment le cas de la Ramchourie en pleine guerre civile, même si nous n'avons aucun doutes que celle ci finira un jour qui nécessitera soit de contourner à travers le Baïshan, soit d'inclure son territoire ultérieurement une fois la situation stabilisée. D'une part.

De l'autre, si sur le principe nous ne sommes guère opposés à la jonction avec le Ninchi, nous avons déjà évoqué nos appréhensions quand à leurs déclarations publiques et leur intérêt... Très prononcés pour des armes chimiques et potentiellement de destruction massive. Si en théorie, leurs "rétropédalage" pourrait régler la question, le cas de l'honnêteté et de la non-transparence de ce dernier est aussi à prendre en compte et pourrait ultérieurement revenir à notre bon souvenirs avec des troubles et intérêts. Aussi, nous vous enjoignons à la vigilance et à la prudence en la matière...

Pour ce qui est du reste, et à titre de bonne foi, le Fils du Ciel m'a donné les pleins pouvoirs afin d'agréer en matière d'abolition de taxes douanières entre nos deux nations spécifiquement et sur certaines marchandises de tel manière à ce que nous puissions tisser des relations sereines et montrer aux autres sceptiques qui s'en tiennent à des perceptions arriérés que le Céleste Empire se veut capable de compromis et d'entrer dans les standards contemporains comme il se doit.

En fonction de l'évolution des choses et du déroulé de ces dernières, nous pourrions au fur et à mesure aller ainsi plus loin d'ici quelques mois ou années et étendre les domaines concernés de tel manière à demeurer flexibles dans les échanges et à cimenter convenablement une confiance commerciale mutuelle. >>
Il est certes impossible de déterminer à ce jour avec certitude la véracité réelle des propos du gouvernement ninchois quant à leur “rétropédalage”, comme vous dites. Cependant, puisqu’à ce jour rien ne nous a laissé penser que ce rétropédalage n’est pas effectif, je suis d’avis que nous devrions, sans toutefois laisser de côté certaines précautions, accorder aux ninchois le bénéfice du doute. Il serait dommageable de refuser de leur tendre la main, alors que les chances pour qu’ils ne la méritent pas sont plutôt faibles. En ce sens, maintenant que le Sultanat a assumé sa faute et annoncé la corriger, il serait sûrement intéressant de développer des échanges commerciaux avec lui. Bien sûr, tout cela n’est pas exempt de réserves, bien au contraire, mais l’excès inverse serait regrettable. A mon avis, il est temps de laisser au Ninchi sa chance de rejoindre les échanges économiques actuels.
Pour ce qui est de la ligne de chemin de fer entre nos deux pays, le gouvernement milathien estime que le passage par le Baishan n’est pas une mauvaise idée, d’autant plus que le gouvernement de la République Populaire a d’ors et déjà approuvé ce projet, tant dans son aspect bilatéral, avec le Dyl’Milath, que trilatéral, avec votre nation. En ce sens, je pense que l’option de faire traverser la ligne de chemin de fer entre nos deux pays par le Baishan est l’option la plus simple, mais également la plus sûre, au regard de la guerre civile Ramchoure.
Quant aux droits de douane, et l’abolition des taxes que vous évoquez, mon gouvernement est également en accord avec ce principe, convaincu que c’est la manière la plus efficace de développer les échanges commerciaux entre nos pays.
Le Mandarin se raidit silencieusement quand aux précisions sur le cas Ninchois dans son fauteuil, portant verticalement son poing jusqu'à son menton, soutenant le coude via son second poing, un de ces tic de gestuelle afin de se conforter dans une démarche de réflexion. Le sol était semblable à de la glace fraîche pouvant se briser sur un mauvais pas. De fait, les élites Ushongs qui avaient des tendances historiques à la centralisation et à l'exacerbation de la bureaucratie ainsi que du fonctionnariat avaient des aprioris bien plus grands sur tout ce qui touchait aux armes de destructions massives, notamment chimique. De fait, ce n'était pas peu dire que si les réactions officielles avaient été discrètes lors de la destruction d'Estham il n'y a pas si longtemps et à l'époque, en privé et à l'abri des regards indiscrets, qu'il s'agisse de la famille impériale, de la Cour, des officiels ou quiconque d'autre avec un tant sois peu d'influence, tout ce beau monde avait été profondément traumatisé de voir une citée entière presque rayée de la carte et plus de deux millions de morts, vaporisés pour une part en quelques instants et le reste voué à crever la gueule ouverte dans les minutes qui suivirent à cause des agents chimique.

Autant dire que pour ces gens là, c'était un cauchemar conceptuel devenu du jour lendemain une réalité concrète, et l'inquiétude n'avait fait que grandir au cours des semaines qui suivirent car si les traités internationaux fusèrent afin de lever des voix contre ce type d'armes, il y en avait aussi qui avaient clamé haut et fort leur intention de se doter de leurs propres arsenaux chimiques, sois disant pour de la dissuasion, mais l'on savait tous au fond ce qu'il en était. Le Ninchi et le Favaran pour ne citer n'étaient toutefois que la face émergée d'un iceberg bien plus vaste, car si à l'OND ou au fin fond du Nazum, respectivement ceux qui "distribuaient la bonne morale" et un des endroits où culturellement l'on tendait à renier ce genre de chose, l'on acceptait de s'engager sur cette voie où l'harmonie sombrait dans les abysses... Et bien... Il n'était pas nécessaire d'être devin pour supposer que bien d'autres acteurs à travers le monde avaient eux aussi décidé de s'élancer sur le même chemin à la différence près qu'ils n'en disaient rien officiellement et laissaient volontiers les trublions d'une part et ceux qui voulaient créer un "exemple" de l'autre, prendre la foudre des critiques et attirer les mauvais regards, une diversion bien commode.

En tant que tel, le Ninchi n'était finalement que le symptôme bel et bien visible d'un mal plus profond et insidieux... Et si les Ninchois avaient décidé en pleine connaissance de cause de s'engager sur cette voix en l'annonçant à tous, il n'y avait à l'heure actuelle guère de moyens de s'assurer de la véracité du rétropédalage annoncé...

Le Mandarin soupira après en avoir terminé avec ses songes, reprenant finalement la parole.


Zhao Qian - << Le bénéfice du doute est une chose, toutefois sans preuves formelles, cela ne reste que des suppositions et une espérance que la bonne foi soit de mise. Mais... Admettons... Admettons avoir foi en le genre humain pour cette fois, bien que cela ne doive entraver notre vigilante, que nous devions rester alerte au moindre signe de fourberie... Admettons... Soit, nous pouvons concéder à passer outre nos griefs et appréhensions pour cette fois et tendre la main avec bienveillance comme vous dites.

Après tout, les échanges favorisent la prospérité mais aussi l'ouverture, offrent un regard plus sincère et authentique que toute parole qui pourrait être tenue et in fine, si signes il y a que quelque chose ne tourne point rond, l'odeur de l'infamie se verra émerger dans des délais plus que brefs. Il va de soit ceci dit que si dans un avenir proche ou lointain, qu'importe, des considérations viennent à remettre en cause la bonne foi Ninchoise et ledit bénéfice du doute, nous nous devrons d'aller au bout de cette affaire et de nous montrer... Intransigeant afin de ne plus voir un nouvel Estham advenir.

Pour en revenir au cas des chemins de fer, tout semble avoir été dit et cela sonne comme un plan initial plus que souhaitable. En fonction des performances et du degré d'adaptation de nos populaces respectives, notamment en termes de temporalité, nous pourrions voir dans un futur à définir à étendre nos ambitions et à relier d'autres nations voisines de tel manière à repousser les confins du possible en matière de fret matériel comme humain. Si nous considérons nos nations respectives ainsi que le Baïshan et le Ninchi, voir si par miracle la Ramchourie se stabilise bientôt,comme une aire géographique de première phase. Nous pourrions élaborer un potentiel plan de jonction avec d'autres nations dans le cadre d'une phase seconde... Enfin, cela sera à voir plus tard, rien ne sert de se presser tant que nous n'avons pas les premiers comptes rendus, la patience et la rigueur sont des vertus afin de bâtir une demeure prospère après tout.

Bien, avec un accord aussi sur les droits de douane, je crois que nous pouvons affirmé avoir un fondement de principe plus que satisfaisant et ce sur un plan mutuel. Et ce dans un timing plus que productif. Souhaitez vous enchaîner sur d'autres sujets à l'ordre du jour, ou une légère pause serait de rigueur afin de laisser nos assistants compléter les notes clés ? >>
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