Rencontre internationale entre la République du Talaristan et l'Empire du Grand Ling
Таларыстан Җөмһүрияте белән Бөек Линг Империясе арасында халыкара очрашу
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塔拉里斯坦共和国与大灵帝国之间的国际会晤
Aéroport international de Khydan, le 20 février 2018
La tension est aujourd'hui plus que palpable dans le tout nouveau aéroport international de Khydan. Le directeur passe en revue toutes les tenues de cérémonies de son personnel de sécurité, et tout y passe : du petit pli sur une chemise à la tache de café, Monsieur le Directeur ne veut rien laisser passer ! Il se rend également dans le bureau des douanes, fermé exceptionnellement aujourd’hui pendant quelques heures (et très peu actif vu le faible nombre de vols à destination de Khydan), et exige que tous les douaniers se tiennent prêts pour une “inspection exceptionnelle”. Le responsable de la douane a beau s’égosiller en disant qu’ils ne dépendent pas de lui, le directeur s’en moque. Car aujourd’hui, l’aéroport international de Khydan, dont certaines pistes n’ont pas encore vu beaucoup d’avions, va accueillir une vaste délégation diplomatique lingoise. Du secrétaire d’État au Premier ministre, en passant par des représentants de grandes entreprises lingoises, tout le monde sera présent pour “honorer” son aéroport. On raconte même, chez certains agents de sécurité, que Sa Majesté l’Empereur céleste Ling Jiajing sera présent, mais beaucoup ne croient pas à ces rumeurs.
Jeunes femmes talars en tenues traditionnelles des Ulus cotiers du pays.
La tension redescend d’un cran. Les agents de sécurité de l’aéroport commencent même à plaisanter avec les hôtesses d’accueil talars, en tenue traditionnelle de la côte du pays, qui attendent que l’avion lingois se gare à l’emplacement des avions internationaux privés afin d’offrir à la délégation des mets et présents traditionnels talars. Pas de tapis cette fois ! Le directeur est introuvable et semble s’être rendu ailleurs dans le vaste complexe aéroportuaire, presque complètement vide. Soudain, alors que l’avion s’approche lentement de la zone de garage où attendent l’orchestre d’honneur et le tapis rouge, et où flotte le drapeau lingois aux côtés du drapeau national talar, un cortège de plusieurs voitures blindées arrive. Tous reconnaissent les agents du MiM et des troupes spéciales qui en descendent, lourdement armés et équipés. Certains se positionnent au loin tandis que le Premier ministre sort de la voiture. Les agents commencent à comprendre la tension dans le regard de leur directeur. Enfin, une dernière voiture arrive, encore plus impressionnante, mais l'homme qui est sort c'est... le président ?! À ce moment-là, c’est sûr : il ne s’agit pas d’une simple visite. Et la délégation lingoise doit sûrement être à l’image de cette vaste esplanade de costumes noirs et d’agents très tendus, dont ne dénotent que les trois jeunes filles en tenue traditionnelle, qui ont du mal à maintenir leur sourire. Mirzam Arsam en personne a fait le déplacement jusqu’à l’aéroport ! Ce n’est pas une simple visite… je pense que les Lingois ont quelque chose à faire ici… s’écrie l’un des agents à son collègue, très tremblant. Le président Arsam se tient maintenant devant le tapis rouge, un sourire aux lèvres et une armée de bureaucrates et d’agents du MiM derrière lui. Des soldats sont positionnés non loin, tandis que le personnel de l’aéroport s’affaire à ouvrir la porte de l’avion lingois et que l’orchestre national s’apprête à entonner l’hymne lingois…
L'ANCESTRALE AMITIÉ Rencontre entre la République du Talaristan et l'Empire du Grand Ling.
Aujourd'hui était de ces jours où ZHOU Lee savait qu'il jouirait des avantages de sa fonction sans les irascibles inconvénients de chevaucher dans les méandres de la Bureaucratie Célestes, des jeux de cour comme de ceux de l'infernale politique intérieure. L'enjeu n'était pas de taille, les intervenants n'étaient pas d'impétueux adversaires et rien ne pouvaient être plus difficile pour lui que les turbulences que subissait la délégation lingoise à bord de Huanglong One, l'impressionnant géant des airs qui transportait partout dans le monde la Maison Impériale ou ses représentants triés sur le volet. Le Premier Ministre du Cabinet de Sa Majesté n'avait pas systématiquement pu goûter aux plaisirs du long courrier impérial et il devait cette opportunité à la confiance totale qu'avait Sa Majesté Ling Jiajing pour son ministre et, fallait-il le souligner, par la présence de l'intrigante LIN Meiyue nouvellement nommée au poste d'ambassadrice de la Maison Impériales pour les affaires continentales et accessoirement, directrice de la Linganese Culture Promotion Agency. Le peuple lingois et le peuple talars étaient d'ancestraux cousins qui, par de nombreuses occasions, s'étaient avérés d'intéressants alliés. Hors des alliés, l'Empire en avait bien besoin dans sa lutte idéologique contre le socialisme dégénéré, mais surtout, dans sa lutte d'influence contre l'Empire des Xin. Les Ushongs de Beiyfon s'étaient unifiés en une myriade de vassaux tous insignifiants, mais gravitant telle un système stellaire autour du médian lingois et xin.
Une énième turbulence renversa le fond d'un verre d'alcool entamé des heures auparavant par le Premier Ministre sous le regard amusé de la jeune femme et de certains petits personnels. Le soupir plaintif du Premier Ministre avait activé quelques petits robots de chair et d'os qui nettoyèrent la table de la salle à manger où s'était installé ZHOU Lee pour travailler sur le futur Grand Traité qui serait proposé aux autorités talars.– Ce n'est pas possible ! S'exclama ZHOU Lee – Du calme, Honorable Lee. Nous arrivons bientôt. Pour l'instant, c'est la phase de repos. Répondit LIN Meiyue – Il n'y a rien de reposant à être enfermé dans une cage infernale à 10'000 mètres d'altitude. – La plus grande faiblesse d'Oncle Pingtie n'est ni les bassesses des chambres, ni l'armée de journaliste, ni les scandales, ni la corruption, ni la véhémence protocolaire de la Maison Impériale, mais un pauvre avion qui fait précisément ce pourquoi il a été conçu : voler... – Ça ou la frénésie de la Duchesse de Qingshan-Hanlin. – C'est d'une petitesse... – J'aimerais pouvoir me concentrer sur ce traité, mais ces foutues turbulences m'en empêchent. – Monsieur le Premier Ministre, ce premier jet est déjà très bien. Mirza en sera ravi sitôt qu'il y ajoutera sa pierre. N'ayez craintes. Le prétexte était évidemment fallacieux. Il n'avait simplement aucun plaisir à être en avion. Son calvaire, Dieux merci, touchait à sa fin quand enfin, les pilotes annoncèrent leur approche vers le tout nouvel aéroport de Khydan qui venait d'ouvrir ses portes voilà quelques semaines. Ling Airlines avait déjà initié des pourparlers pour s'implanter, mais le trafic aérien dans la zone était pour ainsi dire... Mort. La descente et l'approche finale ne prirent pas plus longtemps qu'il n'en fallut au Premier Ministre et à l'ambassadrice de la Maison Impériale pour ranger tout ce qui pouvait se déplacer sur la table et boucler leur ceinture de sécurité. Sur l'écran numérique installé au mur, les quelques informations sur la météo à Khydan et l'ETA défilaient sans fin, entrecoupés de transition représentant le sceau impérial. Il faisait apparemment doux pour un mois de février et le soleil irradiait le tarmac. Un dernier soupir se fit entendre lorsque dans une douceur inconnue de certains vols low cost, l'énorme quadriréacteur se posa.
Huanglong One se posant à Khydan.
L'avion se positionna rapidement jusqu'à sa voie de garage, guidé par une armée de fourmis et où toute une complexe union de couleurs — aux mille teintes de noir — et de sourires l'attendait. Le personnel finit par ouvrir la porte de l'avion en laissant s'engouffrer un air tiède dans l'appareil. La délégation lingoise était composée du Premier Ministre ZHOU Lee et son épouse, l'ambassadrice de la Maison Ling LIN Meiyue, la secrétaire d'État ZHENGFEI Wanzhou et son époux, l'industriel HANQIN Ji-Ho, le PDG de Great Ling Railways LEE Joon-ho et son épouse, le PDG de Ling Petroleum TAKAHASHI Yuto et son épouse, le PDG de Hongzhaji Rail LU Zhenfang et son épouse, le PDG de Weihua Technologies Company, LTD. FENG Zhi et son épouse, ainsi qu'une myriade disparate de patrons, d'officiels, ou de journalistes couvrant l'événement pour l'occasion. Tous et toutes sortirent les uns après les autres en regardant avec intérêt l'animation qui se jouait sous leurs yeux. Lorsque ZHOU Lee atteignit le plancher des vaches, il ferma les yeux un instant et sembla sourire vers le Ciel en quête d'une oreille attentive pour les remerciements qu'il prononçait dans sa tête. Le président Mirza Arsam s'approcha avec un immense sourire vers lui et ils se saluèrent chaleureusement sous une pluie de flash d'appareil photo se laissant aller à une poignée de main ferme mais amicale ainsi qu'à quelques embrassades convenues.– Président Arsam, c'est une grande joie de vous revoir. Sa Majesté vous fait ses plus vénérables salutations et vous prie de bien vouloir l'excuser pour son absence, mais Sa Majesté Émérite est souffrante et l'Empereur a préféré demeurer au chevet de son père tant qu'il le pouvait. Dit ZHOU Lee.