14/07/2018
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Le jour où la Boravie s'arrêta

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complexe carcéral de Bełków
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Il y a des choses qui font la fierté d’un pays, il y a également des choses qui font peur à ce même pays, et enfin il y a des choses qui font que ce dit pays est connu mondialement. Le complexe carcéral de Bełków fait partie de ces dites choses, non pas qu’il représente l’un de ces points, il les représente tous. Le pays peut se targuer d’avoir le plus grand complexe carcéral du monde, et cela de loin, ce complexe faisant que, malgré sa taille ridicule et son inexistence tant politique qu’économique, la Boravie est connue dans le monde entier. Cependant, ce complexe, qui fait la fierté d’un pays, représente également sa plus grande crainte, car il abrite près de 800 000 prisonniers faisant partie des pires criminels de la planète, et peut en accueillir près d’un million avec les derniers agrandissements, alors que dans le même temps, la population boravienne, elle, n’est que de deux millions d’âmes, laissant craindre le pire en cas d’évasion. Mais malgré ces craintes, la Boravie ne peut malheureusement pas se passer du complexe de Bełków, pour la simple et bonne raison qu’actuellement, celui-ci représente 80 % du PIB et la grande majorité des recettes gouvernementales.



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Il y a des choses qui font la fierté d’un pays, il y a également des choses qui font peur à ce même pays, et enfin il y a des choses qui font que ce dit pays est connu mondialement. Le complexe carcéral de Bełków fait partie de ces dites choses, non pas qu’il représente l’un de ces points, il les représente tous. Le pays peut se targuer d’avoir le plus grand complexe carcéral du monde, et cela de loin, ce complexe faisant que, malgré sa taille ridicule et son inexistence tant politique qu’économique, la Boravie est connue dans le monde entier. Cependant, ce complexe, qui fait la fierté d’un pays, représente également sa plus grande crainte, car il abrite près de 800 000 prisonniers faisant partie des pires criminels de la planète, et peut en accueillir près d’un million avec les derniers agrandissements, alors que dans le même temps, la population boravienne, elle, n’est que de deux millions d’âmes, laissant craindre le pire en cas d’évasion. Mais malgré ces craintes, la Boravie ne peut malheureusement pas se passer du complexe de Bełków, pour la simple et bonne raison qu’actuellement, celui-ci représente 80 % du PIB et la grande majorité des recettes gouvernementales.

Pour que le pays se retrouve dans cette situation, il a fallu un empilement d’événements au fil de son histoire. Tout commença en 1928, quand l’Empire Anticolonial rencontra un problème, un problème de prisonniers. En réalité, ce problème n’arriva pas en 1928, chaque État membre de l’EA le vécut avant cette date et à des périodes différentes, cependant, c’est bien en 1928 que ce problème trouva une solution. La Boravie, petit pays sibérien au nord du Nazum et dernier arrivé en date au sein de l’EA, proposa alors ses services contre rémunération au travers de la construction d’un complexe carcéral au milieu d’une forêt sibérienne. Cette proposition fut acceptée par les membres de l’EA et la construction du complexe lancée avec une capacité initiale de 10 000 places. Il fut graduellement agrandi pour accueillir également des prisonniers akaltiens dont les bagnes venaient de fermer, mais aussi certains prisonniers des pays proches de manière temporaire. En 1964, il reçut son dernier agrandissement avant la crise, portant sa capacité à 65 000 places. Cependant, il n’atteignit jamais cette capacité, montant au maximum à 53 500 prisonniers en 1968 avant de progressivement baisser. En 1980, soit juste avant la crise, les prisons boraviennes s’étaient presque vidées de moitié, ne comptant plus que 30 000 âmes en leur sein. Cependant, tout changea en 1986 avec l’élection du président Fedir Viktorovych Dorosh. Après cette élection, le nouveau président Dorosh put mettre en œuvre son plan pour redresser l’économie, à savoir sous-traiter l’emprisonnement des prisonniers du monde entier afin de faire rentrer du cash. Ce cash, selon le plan du président, serait ensuite injecté dans le pays pour, dans un premier temps, mettre fin au rationnement et ensuite sortir définitivement le pays de cette crise.

Dès l’année suivante, les prisons, alors à moitié vides, commencèrent à accueillir des prisonniers étrangers venant de tous horizons, avec tout de même certaines limites, le gouvernement boravien ayant un droit de regard sur chaque prisonnier et la raison de son internement. Ainsi, dès 1987, des terroristes, criminels, opposants violents à des régimes, etc., commencèrent à prendre place dans les prisons. Cependant, même si l’on parlait déjà à l’époque de complexe carcéral pour désigner les prisons, il ne s’agissait pas d’un seul centre, mais bien de plusieurs prisons, certes proches les unes des autres, mais tout de même distinctes. Mais tout cela changea dès l’année suivante, soit en 1988, avec l’annonce par le gouvernement du complexe carcéral de Bełków : un immense espace de 10 km de large pour 25 de long, soit près de 250 km². Tel que décrit par le gouvernement Dorosh de l’époque, cet espace devait faciliter la planification de l’agrandissement des prisons ainsi que rendre plus efficace l’internement en centralisant tout au même endroit.

Tel qu’il est aujourd’hui, le complexe carcéral de Bełków n’a plus rien à voir avec celui de 1988. Il dispose maintenant de quatre zones carcérales distinctes de 40 km² chacune, pouvant chacune accueillir 250 000 prisonniers. Outre cela, il existe maintenant six zones qui servent à gérer toute la partie administrative de la prison, mais permettent également aux gardiens de s’y reposer, voire même d’y dormir. La prison étant isolée, il a été jugé intéressant de permettre aux gardiens qui le souhaitent de dormir sur place. De plus, un gros travail a été réalisé pour rendre la prison autonome sur certains sujets, comme notamment l’électricité. Ainsi, la prison dispose de huit centrales géothermiques pour un total de trois cent puits et une puissance maximale de 620 MW, permettant d’alimenter la prison la majorité du temps, mais se révélant insuffisante lors des pointes de consommation. Pour la protéger, le complexe carcéral de Bełków est entouré par deux murailles (intérieure et extérieure) en béton armé de 15 mètres de hauteur pour une épaisseur de 6 mètres. Bien que titanesque, cette épaisseur est à relativiser : les murs en eux-mêmes ne font que 60 cm d’épaisseur, le reste étant creux et abritant des chemins pour naviguer, des salles de repos et autres. Pour résumer, le complexe carcéral de Bełków fut bâti comme une véritable forteresse afin de rendre futile toute attaque extérieur pour libérer des prisonniers.

complexe carcéral de Bełków
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Dans l’ombre nous grandissons
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Le complexe carcéral de Bełków, le poumon économique de la Boravie, si tant est que le pays dispose encore de poumons. Cependant, quoi qu’on dise de la situation économique déplorable du pays, c’est bien cette immense prison qui crée près de 80 % du PIB. Mais derrière cette réalité se cache une autre, celle de la main-d’œuvre, car pour garder 800 000 prisonniers faisant partie pour la plupart des plus dangereux criminels de la planète, il faut du personnel, et à Bełków, c’est près de 4 prisonniers par gardiens, soit 200 000 employés. Ce chiffre impressionnant, il faut le maintenir pour garantir la sécurité de l’installation, forçant le gouvernement à engager un grand nombre de personnes. Généralement, un recrutement a lieu tous les deux ans, et le dernier en date fut il y a un peu plus d’un an et trois mois. Ce recrutement vit l’arrivée de nouvelles recrues fraîches, motivées, enthousiastes, mais… étranges pour certaines. Certaines de ces recrues étaient en effet étranges, ne semblant pas boraviennes, avec un léger accent, en bref, plein de petits détails, ce à quoi l’administration ne porta pas attention. Ceux-ci faisant leur travail, et le faisant bien, trop bien même, gravissant rapidement les échelons.



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Le complexe carcéral de Bełków, le poumon économique de la Boravie, si tant est que le pays dispose encore de poumons. Cependant, quoi qu’on dise de la situation économique déplorable du pays, c’est bien cette immense prison qui crée près de 80 % du PIB. Mais derrière cette réalité se cache une autre, celle de la main-d’œuvre, car pour garder 800 000 prisonniers faisant partie pour la plupart des plus dangereux criminels de la planète, il faut du personnel, et à Bełków, c’est près de 4 prisonniers par gardiens, soit 200 000 employés. Ce chiffre impressionnant, il faut le maintenir pour garantir la sécurité de l’installation, forçant le gouvernement à engager un grand nombre de personnes. Généralement, un recrutement a lieu tous les deux ans, et le dernier en date fut il y a un peu plus d’un an et trois mois. Ce recrutement vit l’arrivée de nouvelles recrues fraîches, motivées, enthousiastes, mais… étranges pour certaines. Certaines de ces recrues étaient en effet étranges, ne semblant pas boraviennes, avec un léger accent, en bref, plein de petits détails, ce à quoi l’administration ne porta pas attention. Ceux-ci faisant leur travail, et le faisant bien, trop bien même, gravissant rapidement les échelons.

Rapidement après leur intégration au sein des gardiens de prison, les recrues se firent remarquer, au-delà des petits détails, par un sujet de conversation qui revenait souvent : celui des Raches. Non pas que cela fût interdit, mais lorsqu’ils en parlaient entre eux, émanait presque une sorte de fascination, pas dans le sens qu’ils les soutenaient, mais dans le sens d’être impressionnés par l’ampleur qu’avait eu le groupe. Il n’y avait rien d’étonnant à cela : des centaines de milliers de Rachistes à travers le monde et plusieurs milliers de Rachistes au sein même de Bełków, il y avait de quoi être surpris. Au-delà de ça, ils étaient si nombreux qu’au sein du complexe carcéral, ils représentaient la première organisation incarcérée en nombre de membres.

Devant cette quasi-fascination, certes étrange mais restant humaine, les hauts gradés de la prison ne firent rien : malgré le fait que les élections boraviennes étaient sans aucun doute truquées, le pays restait tout de même libre et la liberté d’expression dominait, ils n’allaient donc pas sanctionner un gardien pour si peu. Qui plus est, quand ces derniers faisaient extrêmement bien leur travail, motivés et débrouillards, c’étaient les deux adjectifs qui qualifiaient le mieux ces nouvelles recrues étranges.


Dans l’ombre nous grandissons

Je suis Anatolij Kushnir, chef de la quatrième branche des Raches en Kresetchnie, enfin je l’étais avant que les Raskenois et les Kresetchnien ne nous exterminent méthodiquement un à un dans ce que l’on nomme maintenant le bourbier de Satan. Cette guerre fut un véritable massacre : on était plusieurs centaines de milliers au début, maintenant, je ne sais même pas si plus d’une centaine de Rachistes ont survécu. Lors des derniers affrontements en Hotsaline, j’étais sur la ligne de front avec mes hommes, prêts à mourir pour notre cause (quelle qu’elle fût), mais le destin en décida autrement : je reçus un ordre de Jakaïev en personne me demandant de partir. Pourquoi ? Je ne le sais toujours pas ; peut-être voulait-il que l’esprit des Rachistes kresetchnien ne disparût pas complètement.

Encerclé de toutes parts par les soldats hotsaliens, il n’y avait nulle part où fuir excepté un pays : la Tcharnovie. À contre-cœur j’acceptai ce dernier ordre de sa part et commençai à rassembler mes hommes. Notre fuite, bien qu’honteuse, fut marquée par un succès : un peu moins d’une centaine des nôtres réussirent à passer en Tcharnovie, aidés par les réseaux locaux. Mais rapidement, un événement vint perturber notre refuge : cet événement fut l’effondrement de la Tcharnovie en 2015. La base arrière que nous avions bâtie au prix de la vie de tant de nos camarades dans l’optique de servir contre la Tcharnovie ne servit donc à rien et le sacrifice de tant de nos camarades fut totalement vain. Mais malheureusement, il y avait plus important, car le refuge qui nous avait jusque-là abrités n’était plus. Aujourd’hui, les Raches ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes : de plusieurs centaines de milliers de membres, nous ne sommes maintenant plus que quelques milliers, mais ce n’est pas la fin, camarade, car des membres, nous en avons encore beaucoup ; ils sont simplement privés de leur liberté.

Je m’appelle Anatolij Kushnir, dernier chef des Rachistes kresetchnien. Si vous entendez ce message, rejoignez-moi et aidez-moi à libérer nos camarades : ensemble, démarrons un nouvel âge d’or pour les Raches.


Ce message fut diffusé sur tous les réseaux des Raches à la disposition du commandant Anatolij Kushnir. Rapidement, les Rachistes qui avaient survécu en Kresetchnie commencèrent à converger vers la Boravie, comme l’avait demandé Kushnir. Du fait de la pauvreté du pays, ils passèrent relativement inaperçus aux autorités locales, se faisant passer pour des immigrés de travail, falsifiant leur identité, voire même prenant l’identité d’autres personnes. Un certain temps passa, jusqu’au jour où ils étaient prêts, prêts à libérer leurs camarades, ou plus précisément prêts à commencer la mission pour sauver leurs camarades. Le plan était simple : se faire embaucher au sein du complexe de Bełków. Bonne nouvelle pour eux, du fait du gigantisme de la prison, ce n’était pas le travail qui manquait. Certains devinrent gardiens de prison, d’autres cuisiniers, voire même certains se firent embaucher comme ingénieurs dans les installations de production géothermique de la prison. Une fois infiltrés, il fallait attendre, observer, étudier les spécificités de la prison et surtout monter en grade pour avoir plus de responsabilités. Cela fait maintenant quasiment deux ans que les 500 Rachistes travaillent incognito dans la prison et une nouvelle journée de travail commence — journée identique aux précédentes ; enfin non, aujourd’hui est un grand jour : c’est le début de la libération.
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Des murmures entre les murs
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Cela faisait maintenant plusieurs mois que les Rachistes ayant rejoint Anatolij Kushnir en Boravie avaient infiltré le complexe carcéral de Bełków et les non plus Rachistes mais gardiens de prison semblaient s’être adaptés à la routine du complexe. Ponctuels, disciplinés, appliqués. Rien, dans leurs gestes quotidiens, ne semblait trahir leur véritable allégeance et aucun soupçon n’avait encore percé. Cependant, au fil des semaines, certains des prisonniers rachistes les plus attentifs commencèrent à remarquer certains détails pour le moins troublants, des visages familiers, des façons d’agir, des surnoms etc. etc. Au fil du temps, ce sont des fragments de mémoire qui commençaient à ressurgir, cependant, dans un environnement rude comme une prison où les perceptions sont altérées, rien ne paraissait suffisamment solide pour remettre en cause le quotidien des prisonniers. La vie suivait son cours … du moins en apparence, car derrière ce quotidien semblant se répéter depuis des années, tout avançait et avançait très vite. Les troupes de Kushnir repéraient chaque angle mort, mémorisaient les rotations des caméras, esquissaient des plans dans leur tête, traçaient mentalement les chemins que l’on n’emprunte jamais. Chaque geste comptait et le temps devait être maîtrisé à la seconde près. Le grand jour approchait, plus proche qu’aucun des gardiens légitimes ne pouvait l’imaginer.

Depuis le début des opérations, les hommes de Kushnir avaient identifié la totalité des Rachistes emprisonnés à Bełków ainsi que leur emplacement exact. Le contact n’était pas encore établi… mais l’étau se resserrait.



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Cela faisait maintenant plusieurs mois que les Rachistes ayant rejoint Anatolij Kushnir en Boravie avaient infiltré le complexe carcéral de Bełków et les non plus Rachistes mais gardiens de prison semblaient s’être adaptés à la routine du complexe. Ponctuels, disciplinés, appliqués. Rien, dans leurs gestes quotidiens, ne semblait trahir leur véritable allégeance et aucun soupçon n’avait encore percé. Cependant, au fil des semaines, certains des prisonniers rachistes les plus attentifs commencèrent à remarquer certains détails pour le moins troublants, des visages familiers, des façons d’agir, des surnoms etc. etc. Au fil du temps, ce sont des fragments de mémoire qui commençaient à ressurgir, cependant, dans un environnement rude comme une prison où les perceptions sont altérées, rien ne paraissait suffisamment solide pour remettre en cause le quotidien des prisonniers. La vie suivait son cours … du moins en apparence, car derrière ce quotidien semblant se répéter depuis des années, tout avançait et avançait très vite. Les troupes de Kushnir repéraient chaque angle mort, mémorisaient les rotations des caméras, esquissaient des plans dans leur tête, traçaient mentalement les chemins que l’on n’emprunte jamais. Chaque geste comptait et le temps devait être maîtrisé à la seconde près. Le grand jour approchait, plus proche qu’aucun des gardiens légitimes ne pouvait l’imaginer.

Depuis le début des opérations, les hommes de Kushnir avaient identifié la totalité des Rachistes emprisonnés à Bełków ainsi que leur emplacement exact. Le contact n’était pas encore établi… mais l’étau se resserrait.


L’opération avançait à bon rythme, cependant cela ne se faisait pas sans organisation, ainsi, des réunions prenaient place régulièrement pour faire état des avancées, à l’abri des regards, les rachistes planifiaient. La pièce était sombre, seulement éclairée par une unique ampoule à incandescence datant du siècle dernier pendouillant légèrement au bout de son fil. Au centre de la pièce, juste en dessous de l’ampoule, se trouvait une table poussiéreuse avec des cartes représentant le complexe carcéral de Bełków, sur le bord se trouvait Anatolij Kushnir observant attentivement les cartes. Le temps passa, au début seul, les infiltrés arrivèrent un à un, refermant derrière eux la porte pour ne pas laisser sortir ce qui se disait.

En cette soirée d’hiver apparemment normale se tenait donc une réunion, mais pas n’importe laquelle, car il s’agissait de l’une des dernières avant de prendre contact avec les rachistes emprisonnés. Ce soir-là, ils étaient XX, tous vêtus de longs manteaux pour affronter les rudes conditions de l’hiver boravien, une fois dévêtus, on pouvait voir leur uniforme de travail, certains étaient gardiens de prison, d’autres étaient techniciens dans les installations géothermiques, mais ce n’était là qu’un petit échantillon, les rachistes de Kushnir s’étant infiltrés à tous les niveaux. Une fois tous installés, le silence s’installa durant quelques secondes paraissant cependant une éternité pour les infiltrés, puis Anatolij Kushnir brisa le silence avec une simple question composée d’un seul mot.

Anatolij Kushnir – Alors ?

Artem Komar – La direction a modifié les rondes du secteur NORD-EST et trois de mes gars ont été mutés au bloc 4, mais ça ne devrait pas poser de problème vu que deux recrues viennent d’arriver. Du côté des accréditations, on a réussi à placer des gars dans chaque armurerie du complexe, pour ma part je serai prochainement muté dans la salle de contrôle centrale du complexe, j’ai accès à toutes les caméras du site.

Anatolij Kushnir – Bien, ça nous sera grandement utile, du côté des caméras ça donne quoi Nina ?

Nina Korzh – De manière générale, rien n’a changé depuis la dernière fois, excepté le bloc 7 du secteur SUD-EST, ils ont rajouté des caméras à l’angle mort qu’on avait repéré, on peut donc l’oublier. De manière générale, sur tous les angles morts identifiés, les créneaux vont de 7 à 19 secondes, ce qui reste suffisant pour réaliser des transferts discrets, si tout le reste est parfaitement synchronisé bien entendu.

Anatolij Kushnir – Je vois, la disparition de l’angle mort dans le bloc 7 nous handicapera un peu, mais pas au point de remettre en cause la mission dans son ensemble. Et les prisonniers, on en est où ?

Vitalij Movchan – On a localisé tout le monde, les 8 549 rachistes emprisonnés à Bełków ont été identifiés, on a catalogué toutes leurs informations dans ce document, nom, âge, localisation, fonction avant d’être internés, tout y est. Au total, il y a 3 241 rachistes dans le bloc NORD-EST, 2 813 dans le NORD-OUEST, 1 946 dans le SUD-EST et 459 dans le SUD-OUEST.

Anatolij Kushnir – Il faudra donc prioriser les deux du nord avant de chercher à libérer ceux du sud.

Vitalij Movchan – Je ne sais, il faut aussi prendre en compte que beaucoup d’anciens hauts placés des Raches se trouvent dans le secteur SUD-EST, notamment Valentyna Yashchuk.

Anatolij Kushnir – Ça va s’annoncer plus compliqué que prévu, malheureusement, on ne va pas pouvoir éparpiller nos ressources, déjà qu’elles ne sont pas immenses, si l’on commence à vouloir jouer sur tous les tableaux, c’est le meilleur moyen de faire foirer toute l’opération. Autre chose à dire ?

Vitalij Movchan – Oui, et pas des moindres, à force de patrouiller dans la prison, certains des rachistes internés ont cru nous reconnaître, mais on a réussi à faire en sorte qu’ils ne parlent pas.

Anatolij Kushnir – Heureusement, notre présence doit rester secrète tant que la phase trois du plan n’a pas commencé, tant que nous sommes en phase deux, ils ne doivent pas parler compris ?

Tous – Oui chef !!

Anatolij Kushnir – Fort heureusement pour nous, le début de la phase trois approche à grands pas, pour tout vous dire, je pense que nous allons même pouvoir la lancer plus tôt que prévu avec les informations que vous venez de me transmettre. Le jour J approche mes amis et la direction ne doit rien voir venir. Bien, je pense que cette réunion est arrivée à son terme, retournez à vos postes, continuez de jouer votre rôle, soyez plus compétents que les vrais gardiens, que les vrais techniciens, il faut leur donner une illusion de sécurité. Mais le plus important, je ne veux aucun geste prématuré.

Il s’agit de la plus grande opération menée par les Raches et nous sommes trop avancés pour reculer, quand les portes s’ouvriront, et elles s’ouvriront je peux vous le garantir, elles devront toutes s’ouvrir en même temps, pas une minute avant, pas une seconde après.

Mes amis, le jour J sera le jour où la Boravie s’arrêtera et où la Rache renaîtra.

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[img=]La voix derrière les barreaux[/img]
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Les préparations étaient arrivées à leur terme et les Rachistes de Kushnir savaient maintenant quoi faire. Deux ans, cela faisait maintenant deux ans qu’Anatolij Kushnir et ses troupes avaient infiltré le complexe carcéral de Bełków, deux ans à arpenter chaque couloir, chaque étage, chaque galerie technique du complexe carcéral de Bełków. Deux ans à observer, mémoriser et décortiquer la plus grande prison du monde. Cependant, malgré toutes les informations accumulées, malgré les plans millimétrés établis dans l’ombre, il manquait un élément, peut-être le plus important : les prisonniers.

Depuis le début de leur infiltration, ils n’étaient jamais entrés en contact avec les Rachistes prisonniers de Bełków. La règle était simple : ne pas exister. Pas un signe, pas un mot, pas un regard, il fallait absolument faire profil bas. Ils avaient vu certains de leurs camarades se faire battre, humilier ou traîner en isolement sans pouvoir intervenir. Mais l’enjeu était trop important, le moindre geste mal placé aurait pu mettre fin à toute l’opération avant même que celle-ci ne commence. Alors ils avaient pris sur eux, mais loin d’oublier, ils retenaient, retenaient pour le jour où Bełków serait en feu, retenaient pour le jour où ils pourraient enfin faire payer aux gardiens ce qu’ils avaient fait à leurs camarades. Ce silence vis-à-vis de leurs frères d’armes leur avait cependant permis de tout recenser, chaque frère, chaque cellule, chaque nom, chaque dossier disciplinaire, chaque reste d’ancienne mission. Tout était maintenant compilé dans des documents à la portée d’Anatolij Kushnir et ses hommes.

Cependant, à mesure que le grand jour approchait, cette phase de silence allait bientôt devenir révolue, et il fallait maintenant révéler de manière subtile leur présence à leurs camarades pour les préparer au grand jour. Des codes opérationnels du temps de leur liberté refirent surface, des messages furent transmis, pour les Rachistes prisonniers, ce n’étaient plus de simples rumeurs, les leurs étaient déjà dedans et quelque chose de gros se préparait. Au tout début, les signaux furent minuscules, un code discret gravé sur la tranche d’un plateau métallique, une syllabe volontairement mal prononcée lors d’un appel, un geste discret de la main, presque naturel, mais porteur d’un sens certain pour qui y a été formé. Les prisonniers pensèrent d’abord à des coïncidences, ou à des hallucinations nées de l’ennui et de la souffrance, mais avec la multiplication de ces dits signaux, la coïncidence n’était plus permise. Ainsi, chaque Rachiste devenait un relais, chaque mot prononcé devenait un signal, les gardiens savaient qui écouter et les prisonniers savaient à qui répondre.

Discret, oui.
Fragile, non.
Le réseau était rétabli, et il tenait bon.



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Les préparations étaient arrivées à leur terme et les Rachistes de Kushnir savaient maintenant quoi faire. Deux ans, cela faisait maintenant deux ans qu’Anatolij Kushnir et ses troupes avaient infiltré le complexe carcéral de Bełków, deux ans à arpenter chaque couloir, chaque étage, chaque galerie technique du complexe carcéral de Bełków. Deux ans à observer, mémoriser et décortiquer la plus grande prison du monde. Cependant, malgré toutes les informations accumulées, malgré les plans millimétrés établis dans l’ombre, il manquait un élément, peut-être le plus important : les prisonniers.

Depuis le début de leur infiltration, ils n’étaient jamais entrés en contact avec les Rachistes prisonniers de Bełków. La règle était simple : ne pas exister. Pas un signe, pas un mot, pas un regard, il fallait absolument faire profil bas. Ils avaient vu certains de leurs camarades se faire battre, humilier ou traîner en isolement sans pouvoir intervenir. Mais l’enjeu était trop important, le moindre geste mal placé aurait pu mettre fin à toute l’opération avant même que celle-ci ne commence. Alors ils avaient pris sur eux, mais loin d’oublier, ils retenaient, retenaient pour le jour où Bełków serait en feu, retenaient pour le jour où ils pourraient enfin faire payer aux gardiens ce qu’ils avaient fait à leurs camarades. Ce silence vis-à-vis de leurs frères d’armes leur avait cependant permis de tout recenser, chaque frère, chaque cellule, chaque nom, chaque dossier disciplinaire, chaque reste d’ancienne mission. Tout était maintenant compilé dans des documents à la portée d’Anatolij Kushnir et ses hommes.

Cependant, à mesure que le grand jour approchait, cette phase de silence allait bientôt devenir révolue, et il fallait maintenant révéler de manière subtile leur présence à leurs camarades pour les préparer au grand jour. Des codes opérationnels du temps de leur liberté refirent surface, des messages furent transmis, pour les Rachistes prisonniers, ce n’étaient plus de simples rumeurs, les leurs étaient déjà dedans et quelque chose de gros se préparait. Au tout début, les signaux furent minuscules, un code discret gravé sur la tranche d’un plateau métallique, une syllabe volontairement mal prononcée lors d’un appel, un geste discret de la main, presque naturel, mais porteur d’un sens certain pour qui y a été formé. Les prisonniers pensèrent d’abord à des coïncidences, ou à des hallucinations nées de l’ennui et de la souffrance, mais avec la multiplication de ces dits signaux, la coïncidence n’était plus permise. Ainsi, chaque Rachiste devenait un relais, chaque mot prononcé devenait un signal, les gardiens savaient qui écouter et les prisonniers savaient à qui répondre.

Discret, oui.
Fragile, non.
Le réseau était rétabli, et il tenait bon.

À l’instant où les plus alertes reconnurent les codes, cela eut un effet immédiat, les Rachistes qui, amoindris par des années de captivité, se redressèrent et reprirent des couleurs, ils savaient sans leur avoir dit directement que leurs frères étaient là, près d’eux, camouflés derrière l’uniforme. Le lien était établi et cela apporta une grande joie parmi les infiltrés de Kushnir, cependant, ils savaient également que c’était là un point de non-retour, car une fois établi, le lien ne pouvait plus être brisé. Le silence était maintenant hors de portée, remplacé par le son d’un engrenage ayant commencé sa rotation, rotation qui ne s’arrêterait qu’une fois la prison embrasée ou totalement verrouillée.
Au moment où cet engrenage s’engagea, le complexe carcéral de Bełków avait changé et dans des proportions inimaginables, la direction n’avait pas encore compris, mais pour les Rachistes, qu’ils soient devant ou derrière les barreaux, une vérité s’était imposée : le réseau ne sommeillait plus et désormais, soit il réussissait, soit c’était la mort qui les attendait.
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[img=]La voix derrière les barreaux[/img]
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Bełków, le plus grand complexe carcéral du monde, considéré également comme l’un des plus sûrs, un monstre de béton et d’acier tellement grand qu’il est facile de s’y perdre, à tel point qu’on le compare avec les labyrinthes les plus ardus de la planète. Ses murs en béton armé sont réputés pour leur résistance et ses tours de garde d’une grande efficacité, et pourtant… et pourtant nous voilà, nous sommes dedans, nous sommes dehors, nous sommes partout. Cela fait deux ans que nous étudions la prison en long, en large et sous tous les plans possibles, maintenant, le réseau Rachiste au sein de Bełków est opérationnel et nous avons réussi à rétablir les communications avec nos frères, emprisonnés certes mais plus pour longtemps. Maintenant que la communication est rétablie avec ceux de l’intérieur, nous pouvons nous coordonner et enfin établir un plan pour les faire sortir de là. La liberté de nos frères n’est plus très loin, de même que la renaissance des Raches, le jour J approche et à ce moment-là, le monde découvrira de quoi nous sommes réellement capables, et il tremblera. Mais avant de penser à comment le monde s’inclinera devant nous, il faut d’abord faire sortir nos frères et cela ne sera pas chose facile, car ce n’est pas n’importe quelle prison qui est visée, mais Bełków, le plus grand complexe carcéral du monde, il ne se laissera pas faire sans réagir, pas sans se battre, pas sans tenter d’écraser une potentielle révolte. Dans de telles conditions, un plan ordinaire ne fonctionnerait pas, qu’il soit solide ou pas, il faudra plus, beaucoup, beaucoup plus.



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Bełków, le plus grand complexe carcéral du monde, considéré également comme l’un des plus sûrs, un monstre de béton et d’acier tellement grand qu’il est facile de s’y perdre, à tel point qu’on le compare avec les labyrinthes les plus ardus de la planète. Ses murs en béton armé sont réputés pour leur résistance et ses tours de garde d’une grande efficacité, et pourtant… et pourtant nous voilà, nous sommes dedans, nous sommes dehors, nous sommes partout. Cela fait deux ans que nous étudions la prison en long, en large et sous tous les plans possibles, maintenant, le réseau Rachiste au sein de Bełków est opérationnel et nous avons réussi à rétablir les communications avec nos frères, emprisonnés certes mais plus pour longtemps. Maintenant que la communication est rétablie avec ceux de l’intérieur, nous pouvons nous coordonner et enfin établir un plan pour les faire sortir de là. La liberté de nos frères n’est plus très loin, de même que la renaissance des Raches, le jour J approche et à ce moment-là, le monde découvrira de quoi nous sommes réellement capables, et il tremblera. Mais avant de penser à comment le monde s’inclinera devant nous, il faut d’abord faire sortir nos frères et cela ne sera pas chose facile, car ce n’est pas n’importe quelle prison qui est visée, mais Bełków, le plus grand complexe carcéral du monde, il ne se laissera pas faire sans réagir, pas sans se battre, pas sans tenter d’écraser une potentielle révolte. Dans de telles conditions, un plan ordinaire ne fonctionnerait pas, qu’il soit solide ou pas, il faudra plus, beaucoup, beaucoup plus.


À l’abri des regards, Kushnir et ses hommes réfléchissent, discutent, élaborent, certains imaginent une exfiltration discrète de tous les Rachistes prisonniers, à la manière d’une opération chirurgicale, d’autres veulent embraser Bełków dans son intégralité, enfin, rares sont ceux préconisant un assaut frontal. Les plus imaginatifs poussent pour une lente mais indétectable falsification administrative pour faire sortir des milliers des leurs sans que les autorités ne s’en rendent compte. Kushnir, au milieu de tout ça, ne dit rien, il réfléchit, pour lui aucune option n’est à jeter, car quelle que soit la méthode employée, toute relève d’un danger important et d’un taux de réussite faible, au final entre une opération ayant 5 % de chance de réussir et une autre ayant 10 %, il n’y a pas grande différence. Le nombre de plans proposés étant supérieur au nombre de prisonniers, Kushnir demanda à ses hommes de faire le tri pour écarter les plans les plus farfelus avant de revenir vers lui pour faire une synthèse.


Anatolij Kushnir – Je vous écoute, qu’est-ce qu’il en ressort ?

Artem Komar – Globalement, on a trois plans qui sortent du lot, le premier consiste en un assaut frontal sur Bełków, à la fois de l’extérieur et de l’intérieur.

Anatolij Kushnir – Un assaut interne et externe ? Développe.

Artem Komar – Pour faire simple, le plan se déroulerait en X phases : pour commencer, nos gars en poste dans les centrales géothermiques de la prison feraient sauter les générateurs ou du moins les rendraient inopérants le temps de l’opération. Une fois chose faite et le complexe coupé d’électricité, nos troupes devront, à partir des véhicules à disposition, prendre d’assaut la porte Nord de l’enceinte extérieure pour y faire une brèche. Dans le même temps, nos hommes infiltrés à l’intérieur devront quant à eux faire de même pour l’enceinte intérieure ainsi que neutraliser les zones administratives et de repos. Si tout se passe bien, c’est à ce moment que l’électricité devrait revenir étant donné que la prison a des lignes de secours. À partir de là, la direction se rendra compte (si les explosions ne l’ont pas déjà avertie) que la prison est prise d’assaut et ordonnera aux gardiens d’y mettre un terme. C’est là que nos gars infiltrés dans les salles de commande passeront à l’action, si on prend le contrôle des salles de commande, on coupe toute communication et donc toute riposte coordonnée, de plus, c’est depuis les salles de contrôles que l’on peut commander les portes, il nous sera alors facile de verrouiller certains secteurs problématiques et d’ouvrir les portes de nos frères.

Anatolij Kushnir – Je vois, ce plan peut être bien, mais repose tout de même sur notre capacité à franchir les enceintes extérieure et intérieure, qui plus est sans matériel adapté.

Artem Komar – C’est aussi ce que je pense, c’est pour ça que j’en ai parlé en premier, pour pouvoir passer rapidement à l’autre solution.

Nina Korzh – La deuxième solution, elle, ne repose pas sur notre capacité à briser l’enceinte, car tout se passera de l’intérieur. Certaines parties du plan ressemblent d’ailleurs à celui précédemment exposé. Tout commencerait avec nos gars infiltrés dans les centrales géothermiques de la prison, qui couperaient non pas les générateurs, but le courant à certains points précis, notamment ceux des zones administratives et de repos. Ensuite, ce sera à nos gars dans les salles de contrôle d’agir, ceux-ci en prendront le contrôle avant d’ouvrir l’intégralité des cellules, relâchant l’intégralité des 800 000 prisonniers de Bełków. L’objectif étant de provoquer la plus grande pagaille possible pour surcharger les gardes alors en poste, nous pouvons également couper les lumières pour compliquer le travail des gardes, mais cela nous compliquera également la tâche.

…….


La réunion perdura toute la nuit, Kushnir et ses hommes raffinant le plan, traitant du moindre détail, définissant les timings. Au plus ils se préparaient, au plus le plan avait de chances de réussir.
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