25/11/2018
11:37:48
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Rencontre Léonpolographique

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L'image de Léonpold Castelage grésille avant de se stabiliser au dessus du petit boitier reçu par la poste en Baskonia.
Léonpolographique

- Bonjour, vous m'entendez ? Si l'image est floue, réglez la molette sur le côté jusqu'à ce que ça soit net.

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- Bonjour, oui nous vous entendons parfaitement. L'image est un peu flou nous essayons de suivre vos instructions mais je dois vous avouez que ce genre de communications holographiques nous sont parfaitement inconnue.

Tout en répondant à Léonpold Castelage, la lehendakari Jasone Etxemendi Garin Jonez suivait les conseils que lui avait donné le dignitaire carnavalais. L'image devenait bien plus nette et Jasone Etxemendi pu se présenter en sa qualité de cheffe du gouvernement de la République Baskonne, tout comme l'ambassadeur général Txomin Urdapileta Bordagaray Magdalenaiz. Derrière eux se trouvait l'ensemble du gouvernement baskon, le Jaurlaritza.

Etxemendi et Urdapileta expliquèrent brièvement à Castelage le fonctionnement de la politique baskonne. Dans ce pays, pas d'élections pour décider de qui gouvernera le pays pendant un mandat, Baskonia est une sorte de technocratie où les différents membres de l’exécutif sont désignés par leur ministère respectif. Les foruak, les assemblées villageoises en gros, ont quant à eux un pouvoir très important au niveau local en pouvant même parfois refuser de se plier aux consignes du Jaurlaritza. Ce système unique au monde a été baptisé par le nom plutôt barbare de république technoforale. Etxemendi et Urdapileta se permettaient de donner une petite leçon à Castelage car il ne devait sans doute pas être au fait de ces détails et car il leur semblait important de lui préciser à qui il avait à faire et à qui il s’adressait par hologrammes interposés.

- J'espère ne pas avoir été trop rébarbatif, en tout cas sachez que c'est la décision que nous prendront ici-même qui fera foi. Je vous rappelle aussi que le peuple baskon a fait vœux de neutralité et respecte cet engagement depuis maintenant plus d'un siècle et cela ne changera pas aujourd'hui. Maintenant nous vous écoutons, Monsieur Castelage. Votre courte missive nous a quelque peu intriguée je dois bien l'avouer.

Il est vrai que la lettre envoyée par Léonpold Castelage quelques jours plus tôt était bien mystérieuse. Le Carnavalais faisait référence à la possession d'Aiglefer gagnée lors de la loterie de Messalie. Les Baskons n'y avaient pas participé par méfiance envers leur voisin messaliotte et sa politique kamikaze mais il faut dire que c'était bien le genre de la famille Castelage de traîner dans ce genre d'histoires louches. Les membres de l'oligarchie carnavalaise relevaient presque de la mythologie pour les Baskontarak aucunement habitués à ce genre de système oligarchique, bien qu'ils connaissaient la réputation de ses redoutables familles et avaient suivis avec effroi les évènements contre l'OND et en Cramoisie. Bien que signataire du communiqué du PAS, le Jaurlaritza avait acceptée cet appel à la fois à cause d'une curiosité presque malsaine pour Carnavale mais aussi par sens du business. Les Baskons sont des marchands et l'évocation d'un "paiement rubis sur l'ongle" n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd.
Mais voilà, comme l'avait précisé Etxemendi, Baskonia a jurée de ne jamais se mouiller directement dans les affaires internationales, ce qui a d'ailleurs été l'une des raisons de son développement rapide. Quand toute l'Eurysie se déchire Baskonia est comme le phare au milieu de la tempête où les économies, fortunes et butins mal-acquis sont entre de bonnes mains dans les coffre de la capitale Amaria. Depuis plus de cent ans, les Baskons avaient réussis à pratiquer ce numéro d'équilibriste entre la neutralité et le flair économique. Castelage savait à qui il s'adressait.
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Léonpolographique

Le jeune Castelage se montre sincèrement curieux des pratiques politiques de la petite nation.

- Ne vous embêtez pas pour la longueur, j'ai littéralement tout mon temps. Les médecins de Bourg-Léon estiment que l'humanité atteindra l'immortalité d'ici une trentaine d'année et compte tenu de mon âge... disons que je serai des élus. Ce que je vous propose est en fait d'une simplicité enfantine : j'ai récemment fait l'acquisition de quelques caisses de fusils, d'un véhicule radar et de deux hélicoptères que j'aimerai placer dans ma forteresse. C'est que je compte y entasser un peu de la fortune familiale et je n'aimerai pas qu'on me la pique. Les systèmes de sécurité privés, je dis oui, mais seulement s'ils sont carnavalais.

Si je vous appelle c'est que Messalie me refuse le transite, donc histoire de lubrifier tout ça j'ai dans l'idée que ce matériel pourrait passer par chez vous avant de rejoindre Aiglefer, qui est à quelques kilomètres de la frontière. Ce sera un jeu d'enfant et assez bien payé. En fait cela se fera presque tout seul : les hélicoptères portent les fusils et le véhicule... le véhicule véhicule jusqu'au château. Tout ce que je vous demande c'est de fermer les yeux et de nous laisser passer. Vous ne serez impliqué en aucune façon, même en cas d'échec, nous ne nous connaissons pas. En retour, la Banque Princière Castelage vous offre d'investir en Baskonia, à hauteur de 3 000 Chèques Carnavalais, dans l'industrie, le monument ou le projet de votre choix. Nous pouvons tout autant rester parfaitement anonyme qu'au contraire vous prêter notre nom si vous désiriez faire porter le chapeau à quelqu'un pour un investissement sale.

Sinon je peux également placer l'argent dans l'un de nos coffres où il fructifiera avec le temps ?
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La réflexion de Léonpold Castelage à propos d'une prétendue arrivée à l'immortalité d'ici trente ans a laissé les Baskons stupéfaits. Si certains étaient réellement choqués par cette révélation et se regardaient avec des grands yeux, d'autres, comme Txomin Urdapileta Bordagaray Magdalenaiz, étaient beaucoup moins impressionnés par la petite phrase de Castelage. Il trouvait en réalité ce personnage assez prétentieux et arrogant, mais cela venait sans doute de la méfiance qu'avaient l'homme envers les Carnavalais, surtout après les évènements entre la principauté et l'OND.
C'est d'ailleurs lui qui se charge de répondre :

"Merci pour nous répondre avec tant d'honnêteté Monsieur Castelage. Toutefois, vous comprendrez que nous avons besoin d'un peu plus de renseignements. Tout d'abord, quel est le nombre de fusils que vous souhaitez transporter ? De plus, si la Messalie vous refuse l'entrée de ces armes sur son territoire, cela ne changera rien que ces mêmes armes transitent par Baskonia ? A moins que vous souhaitiez faire passer cela clandestinement, chose que nous ne pouvons appuyer...officiellement".

Ce dernier mot lâché par Txomin Urdapileta, presque comme un soupir en disait long sur les aspirations de l'homme d'Etat. S'il n'aimait visiblement pas beaucoup les Carnavalais, son amour pour l'argent était suffisamment important pour surpasser ses méfiances. Il savait que ces 3 000 Chèques Carnavalais seraient bien mieux dans les banques baskonnes que dans la poche de ce jeune homme inconséquent. Il était par ailleurs à peu près persuadé que la grande majorité des membres du Jaurlaritza était d'accord avec cela.
De toute façon, comment un si petit pays ayant souffert d'abominables exactions il y a de ça à peine un siècle se serait relevé si vite, avec des voisins aussi bruyants que les siens ? Certainement pas avec l'agriculture et la pêche baskonne. Non, la fin justifie les moyens, et ça les Baskondars l'ont bien intégrés. Les caisses de la banque baskonne ont, depuis sa création il y a plus de 800 ans, toujours été remplies grâce à de l'argent loin d'être propre mais comme dit un autre dicton : l'argent n'a pas d'odeur. Si Baskonia a su résister à l'épreuve du temps et se relever après ses déboires c'est peut-être moins grâce aux qualités intrinsèques de son peuple que grâce à sa capacité à flairer les bons coups. Et les bons coups sont souvent les moins bons moralement...

Mais, même si la perspective de voir 3000 Chèques Carnavalais atterrir dans les caisses baskonnes, il fallait d'abord avoir l'aval du Jaurlaritza. Et si la majorité du gouvernement refusait cette proposition, il fallait donc avoir l'air autant voir même plus courroucé que ses membres. C'est pourquoi Urdapileta usait de tous ses talents d'acting pour cacher son avidité et regardait l'hologramme en levant son sourcil droit d'un air désapprobateur.
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Léonpolographique

- Nous parlons de quelques centaines de fusils tout au plus, juste de quoi constituer une force armée de sécurité privée. Rien que de légitime n'est-ce pas ? En ce qui concerne Messalie, elle ne doit bien sûr être informée de rien, voilà pourquoi je passe par votre frontière. L'opération est parfaitement illégale, quoique très lucrative, je ne vous demande que de fermer les yeux et d'empocher l'argent. Une fois en Messalie, vous n'entendrez plus parler de nous.
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