Posté le : 09 jan. 2026 à 22:05:21
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Alors que les différents représentants de chaque pays arrivent peu à peu, Andser Delhalov ne peut réfréner un frisson… Ce fut d’abord l’arrivée d’Ovechkin, Dekhalov passe par plusieurs émotions, la colère, rouge, d’abord, devant cet être qui tente de conquérir la Retsvinie. Alors que c’était des êtres tels, que ces rapaces qui écumaient les comptoirs de la révolution à la recherche d’une gloire obtuse, il voulaient les faire partir pour envahir. L’espoir, bleu, l’espoir de l’erreur, l’espoir de la méprise, l’espoir que la révolution ne soit dévoyée, l’espoir que les rats ne soient pas des vampires. Ensuite vint la peur, la peur de la mort de tous ces gens, la peur, jaune, de la défaite, celle qui pétrifia les ouanais unis aux champs de Trovosk, celle qui fit tomber des millions d’hommes dans la tyrannie. Ensuite vint la méfiance, verte, celle que l’on adresse aux lâches, celle que l’on adresse aux prêcheurs de mort, celle que l’on adresse aux traîtres. Et enfin vint le marbre, translucide tel l’eau coulant à la commissure du mourrant, c’était un jeu, les blancs avaient joués, les noirs avaient joues, les gris allaient riposter…
Heureusement vint Korhonen, celle qui depuis des mois luttait pendant que ces rats du Slaviensk se terraient dans leurs trous. Le visage de la liberté, le visage de la guerre. Alors que sous ses cernes se voyaient les stigmates de cette ignominie qui frappait depuis des années ce peule martyre, Korhonen conservait au dessus cette lueur, celle qu’ont ceux qui sont prêts à mourir, ceux qui sont déjà morts. Et Delhalov eut honte, il était bien, lui, dans son bureau, à envoyer ses hommes à la mort. La Revolution valait-elle cela ? Ce n’était pas la premier fois, que telle la vipère dans l’autre, tel le lièvre dans le trou, ou telle la bêtise au Slaviensk, le do it e venait insérer ses griffes morbides dans l’esprit sipide du leader ouanais. La culpabilité de la honte, la culpabilité de la vie. Il voulut faire plus et il sut que cette réunion ne changerait rien, l’Ouaine n’abandonnerait pas ceux qui mourraient, l’Ouaine se battrait, lui, il se battrait. Il se traînerait dans la boue auprès de ces chiens d’impérialistes mais il obtiendrait cette chose que les slavis ou retsviniens n’avaient pas, un reflet visible dans la glace. Il sentit la volonté d’être faible, pour avoir une excuse à sa lâcheté, mais il ne l’admît pas, il était pas là par hasard, il devait faire usage de son pouvoir pour faire le bien, celui de tous, pas que celui de l’Ouaine…
Ensuite vint Sindt, un énigme que cette homme, peu savaient qui il était. Une aura certaine s’éloignait de lui. En voyant son visage Dekhalov comprit, Sindt n’était pas un homme de ce temps, il était de cette race d’hommes qui traverse les âges, de cette race d’hommes qui ne fouillent pas la fange. Sindt ne transigeait pas, cela se voyait. Trop aujourd’hui se laissaient aller à la compromission et festoyaient à la table des diables, Sindt n’était pas comme eux, Delhalov en avait la certitude. Il se sentit petit, il sentit ce sentiment que l’on appelle communément l’effacement, le sentiment de son infinitesimalité à côté de cet homme d’un autre temps. Les hommes normaux s’éteignaient en râlant et luttant dans un vieux sommier souillé par la pisse, les hommes tels que Si s’y s’asseyaient et ne fermaient jamais les yeux. Il eut envie de se montrer à la hauteur, mais de suite il se ravisa, les hommes tels que Sindt n’étaient de ces hommes qui se repaissaient d’illusions, ils étaient de ces hommes qui connaissaient le poids et le prix de la vie, et la petitesse des mots. Peut-être était-ce un présent qu’un homme tel soit ici pour l’AFRE, il était de ces hommes qui pourraient voir à jour les manigances du Slaviensk, dans l’esprit du ouanais, Slaviensk était perdu, mais il fallait garder l’AFRE, peut-être les seuls à suivre si scrupuleusement la ligne de la Révolution. Avec eux on ne transigeait sur l’intégrité morale, mais Sindt comprendrait peut-être les faits et leur expliquerait qu’ils prévalent sur les mots…
Ce fut ensuite sa camarade Tarbarova qui prit la parole, après quelques formules absconses vides de sens, elle demanda d’étudier les besoins en armes et ce qu’il faudrait faire pour aider la Vetlava. Ces barvyniens etaient d’une naïveté confondante, ils étaient gentils, on ne pouvait le leur enlever, mais on ne pouvait leur expliquer que l’intérêt de certains n’était pas le bien commun. Ce n’était pas faute de les avoir mis en garde contre Slaviensk, mais ils ne voulaient rien entendre alors on avait simplement cessé de leur communiquer les conclusions des penseurs ouanais, ça évitait de paperasse. Bon, il fallait dire quelque chose avant qu’ils ne se retrouvent coincés dans des débats techniques qui les empêcherait de divulguer leurs théories, Delhalov prit la parole:
Vous dites de réfléchir à quels armes envoyer mais certains veulent que nous cessions d’en envoyer n’est-ce pas ? dit-il en fixant le slavi