24/08/2019
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[Presse] La Presse Dakorane

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titrage du sujet en tapuscrit : La Presse Dakorane
photographie, réaliste, noir et blanc, années 50, dans une imprimerie, des ouvriers en salopette travaillent tandis qu'un officier en uniforme des années 50 inspecte un exemplaire du journal "Dakora Matin", format paysage.  et il y a des tas de journaux ça et là et des soldats autour de l'officier

Malgré les apparences qu’elle aime à se donner — et qu’elle se sent en devoir de préserver — l’Administration militaire du Dakora n’a absolument rien d’une République. Bien qu’elle soit composée de colons makotans jaloux de leurs libertés, elle ne garantit en réalité aucun droit d'expression, ou très peu, suivant les principes de l'armé makotane dont elle est une émanation. Il découle de cette réalité autoritaire, certainement justifiée par les circonstances, que les libertés de la presse ne sont nullement assurées et que tout ce qui circule dans la presse, ou cherche à entrer dans les colonies dakoranes, doit faire l’objet d’une censure préalable assez stricte.

En pratique, ce sont surtout les opinions pessimistes et défaitistes qui sont écartées — en plus, naturellement, de toute apologie du socialisme, du communisme ou des mauvaises mœurs. L’Administration travaille coûte que coûte à atténuer dans l'opinion publique la dure réalité du Dakora et à dépeindre les colonies comme des endroits « pas si hostiles ». Il en ressort qu’il n’existe qu’un seul titre dakoran : le Dakora Matin, un quotidien qui émane presque directement des autorités administratives.

Notons enfin que Dakora Matin n’existait pas avant la récente conquête des terres par le Makota et la création de l’Administration Militaire. Avant le funeste jour du 5 mai 1990, le Dakora comptait des dizaines de titres très divers, propres à une société véritablement libre et plurielle dans son expression. Ceux qui collectent les archives d’avant la catastrophe le savent mieux que quiconque : cette nouvelle presse n'a aucun rapport avec l'ancienne, laquelle, si elle était indubitablement corrompue, était au moins libre en droit. Cela dit, il existe de nombreux pays où la presse est beaucoup plus contrôlée qu'elle peut l'être au Dakora. Ce qui est surtout surprenant c'est le décalage dans les grands principes entre l'ancien et le nouveau Dakora ou entre l'Administration et le pays dont elle est l'émanation ...

Liste des journaux
Dakora Matin : Seul journal légal et proprement dakoran dans son impression (bien qu’imprimé et lu par des colons makotans), Dakora Matin est officiellement un journal civil, plus précisément une entreprise privée dont le capital est détenu par des colons connus et respectés. Mais, dans les faits, il s’agit d’une émanation indirecte de l’Administration, laquelle inspecte chaque numéro avant sa distribution et peut interdire articles ou rubriques, voir le numéro entier. La censure demeure cependant essentiellement interne et préalable : les journalistes savent globalement ce qu’ils peuvent dire ou non, en gros ils s'autocensurent. Ce n’est tout de même pas « la brochure du parti », mais enfin, quiconque connaît le fonctionnement réel de cette presse ne peut qu’admettre que les informations les plus importantes sont rarement les plus fiables et qu'il y a une clé de lecture à conserver sur certaines thématiques.

Liste des articles

Sœur Mathilde portera nos couleurs au Championnat d'échecs de Paltoleucie, In Dakora Matin, le 19/05/18
Les Missions Nationales d'Inhumation à l’œuvre sur tout les fronts !, In Dakora Matin, le 22/05/18
Travailler aux archives de l’État du Dakora, In Dakora Matin, le 10/06/18
Réussite des politiques de dépunkisation dans les districts limitrophes de Dakoraville, In Dakora Matin, le 13/06/18
Réseau d'électricité du Dakora : Où en sommes-nous ?, in Dakora Matin, le 15/10/2018
Les rats mutants envahissent Avenay !, In Dakora Matin, le 4/11/2018
Témoignage : Etre agriculteur au Dakora, In Dakora Matin, le 15/12/2018
Dépunkisation : Peut-on réellement se passer des camps de rééducation ?, In Dakora Matin, le 17/01/2019
L'Instruction Publique du Dakora recrute !, In Dakora Matin, le 16/08/2019
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Un article de presse en trois colonnes avec  une illustration qui est une photographie de presse, demi teinte ou tramage, noir et blanc, dans une compétition d'échec des années 50's, une jeune et belle religieuse en habit blanc et voile blanc est assise a une table d'echec et affronte un homme, elle porte des lunettes et est totalement dans la partie. Il y a une banderole écrite : "Championnat d'échec du Dakora", format carré, la photo est légendée : "Photographie prise lors du championnat d'échec du Dakora de l'année dernière, Soeur Malthilde le remportant haut la main. "
Sœur Mathilde portera nos couleurs au Championnat d'échecs de Paltoleucie, In Dakora Matin, le 19/05/18

Erratum : il est fait mention en un endroit du Banairah mais il faut lire Jashuria


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Articles connexes et références
Les religieuses makotanes
Role médical des religieuses : La Lutte contre la Mortalité Infantile par les méthodes Translaves, In Le Journal des Mères de Famille, 29/10/2016
Une institution pour jeunes filles : La Seconde Dame inaugure un gymnase et distribue des prix,In le Bal, 4/11/16
Un pélerinage essentiellement monastique : En marche pour la Grâce ! , In les Nouvelles du Makota, le 3/04/17
Sur l'instruction des religieuses : Ces Religieuses qui étudient clandestinement dans des universités étrangères, In Les nouvelles du Makota, le 21/05/17
Sur la Vocation religieuse : De l'élevage de nonnes au Makota, In La Makotan Mécontent, le 02/06/17
Une sainte nonne : Les Miracles se multiplient autour de « Sainte Capucine », In Les Nouvelles du Makota, le 05/06/17
Une religieuse (lesbienne) qui défroque au Jashuria : "Une novice illégalement en étude au Jashuria porte un maillot Blasphématoire, In La libre Makotane, le 19/08/17"


Le texte en bloc Sœur Mathilde portera nos couleurs au Championnat d'échecs de Paltoleucie
Pour la première fois depuis la catastrophe, quelqu'un participera à un événement au nom du Dakora
C’est décidé ! Sœur Mathilde se rendra au Cham-pionnat paltoleucien d’échecs. Notre meilleure joueuse, championne nationale du Dakora (pour les deux sexes), vient d’obtenir l’autorisation de sa Supérieure, et l’État du Dakora, associé à sa fédération d’échecs, a assuré qu’il prendrait en charge l’ensemble des frais de cette aventure ludique. C’est une première pour le nouvel État du Dakora. Il s’agit en effet du tout premier événement sportif auquel participe notre nation renaissante. Dans cet article, nous tâcherons de vous faire mieux connaître qui est Sœur Mathilde et pourquoi elle a de réelles chances de remporter ce championnat, avant d’évoquer ce que pourrait être l’avenir de notre pays en matière d’événements culturels et sportifs.
Présentation de notre championne
Sœur Mathilde, de son nom civil Juliette Armand, est née en 1993 (elle a vingt-cinq ans) dans le comté du Noyer, État du Makota, au sein d’une famille de vachers au service des ranchers Pascale. Comme la plupart d’entre nous, elle n’est pas originaire du Dakora mais il s’agit d’une Makotane ayant émigré pour participer à la résurrection de cette terre qui est dorénavant la nôtre. Mais n’allons pas trop vite. Elle passe naturellement sa petite enfance dans la maison familiale. Son père étant souvent parti au pré pour s’occuper des troupeaux de la famille Pascale, c’est sa mère qui assure seule sa première éducation, comme c’est d’ailleurs le cas dans la plupart des foyers makotans. À sept ans, Juliette est envoyée dans la petite école de sa municipalité où, déjà, la sœur en poste reconnaît ses capacités supérieures en logique, en mémoire et en déduction. C’est grâce aux démarches de cette religieuse que la jeune Juliette intègre une institution religieuse à l’âge de douze ans.
Elle entre ainsi à Sainte-Annonciale, maison dans laquelle elle renforce considérablement ses connaissances. Là où la petite école lui avait appris à lire, écrire, prier et compter, l’institution va beaucoup plus loin dans son développement intellectuel et moral. Quatre ans plus tard, alors âgée de seize ans, Mlle Juliette Armand obtient son diplôme de fin d’études secondaires avec la mention « excellent », qu’elle passe avec deux années d’avance sur le cursus habituel. Son diplôme en poche, Mlle Juliette Armand décide d’entrer en religion pour se consacrer à Dieu, l'enseignement des jeunes fille et l'étude. Elle est reçue comme novice chez les sœurs réginistes où, après une année de noviciat — et conformément à l’usage au Makota — elle est envoyée à l’étranger afin de poursuivre des études supérieures et parfaire ses connaissances en vue de devenir enseignante de mathématiques. Notons qu’au Dakora, nous n'avons pas ce problème et que les femmes peuvent accéder à l’université à titre exceptionnel ; toutefois, notre pays n’existait pas encore à cette époque, et notre université est aujourd’hui encore en cours d’installation et loin d’être pleinement fonctionnelle.
La demoiselle Juliette Armand, devenue à titre temporairement Sœur Mathilde, est ainsi envoyée au Jashuria, où elle entame des études de mathématiques. Comme on pouvait s’y attendre, les résultats sont au rendez-vous : après trois années d’études, elle obtient sa licence avec la mention « très bien », puis décroche son master deux ans plus tard. Nous sommes alors en 2015. Elle s’inscrit ensuite en doctorat de mathématiques, mais décide de prendre son temps. Tout en demeurant inscrite à une université jashuriane et en y retournant plusieurs fois par an, elle rentre au Makota. Elle y prononce ses vœux définitifs toujours chez les réginistes et devient enseignante dans le secondaire à Sainte-Aurore, établissement prestigieux pour jeunes filles situé à Sainte-Régine, capitale du Makota. Elle y enseigne naturellement les mathéma-tiques. Elle fut notamment le professeur des demoi-selles Irreville et Vèques, bien qu’elle n’ait, pour autant, aucun lien connu avec la fameuse équipe de volley-ball de l’établissement.
Quand, en 2016, à l’appel du général Lye, les volontaires pour le Dakora se rassemblent, Sœur Mathilde s’inscrit en qualité d’aide-soignante. Elle est acceptée sans difficulté et rejoint un hôpital de campagne, où elle officie pendant plusieurs mois. Lorsque Fort-Aleucien est finalement conquis et qu'elle devient la capitale temporaire du Dakora, le gouvernement décide d’y installer tout ce qu’il convient d’avoir dans une capitale de pays civilisé. C’est ainsi qu’une institution pour jeunes filles est fondée, et Sœur Mathilde en devient naturellement le professeur de mathématiques. C’est une profession qu’elle exerce toujours à ce jour, bien qu’elle soit pressentie pour devenir maître de conférences auprès de la chaire de mathématiques de l’Université de Fort-Aleucien, poste qu’elle obtiendra prochainement, une fois sa thèse soutenue au Jashuria.
Les échecs : une passion de toujours
Les gens qui ne connaissent pas la prairie se la figurent trop souvent comme un lieu rustre, où règnent l’ignorance et l’absence de toute activité intellectuelle — ou, à tout le moins, mentale. En réalité, cette vision est largement exagérée, puisque c’est avec sa mère et ses frères et sœurs que Sœur Mathilde s’initie à la pratique des échecs, lesquels demeurent encore aujourd’hui son principal loisir et sa récréation. Évidemment, son niveau a considérablement progressé au fil de son ouverture au monde, et les duels qu’elle a menés à l’université de Jashuria, puis lors du championnat national du Dakora, n’ont plus rien de commun, en intensité, avec les modestes parties de son enfance dans la prairie. Mais pour notre championne, peu importe le niveau de son adversaire : le plaisir reste toujours le même, et l’objectif ne change jamais — trouver le meilleur coup possible dans une situation donnée, et tenter de percevoir la suite de coups la plus susceptible de conduire à la victoire. Elle a donc l’âme d’une véritable championne. Aussi, nous avons de réelles chances de remporter ce championnat palto-leucien et d’apporter ainsi du prestige à notre nation, en montrant au monde que le Dakora, ce n’est pas seulement le fusil ou la pioche, mais aussi un pays où l’on trouve des têtes bien faites et bien pleines. Naturellement, nous couvrirons cette compétition pour vous. Mais en tout état de cause, quand bien même Sœur Mathilde ne remporterait pas le titre, car il est très disputé, sa seule présence là-bas constitue déjà une victoire éclatante pour le Dakora.
La politique du Dakora en matière de culture et de sport : l’ouverture et la communication
Le général Lye, chef de notre État, s’est montré très clair sur le sujet : « Il est du devoir de tout citoyen en capacité de représenter le Dakora à des événements internationaux de le faire, et il incombe aux autorités du Dakora de l’y aider. » C’est ainsi que nous devrions également participer aux événements sportifs et, plus largement, à tout ce qui peut aider notre beau pays renaissant à se faire une place dans le concert des nations — et pas seulement du point de vue militaire ou diplomatique, mais aussi sportif et culturel.
Pour notre part, au Dakora Matin, nous comprenons pleinement la volonté du général et lui assurons que nous l’aiderons autant qu’il nous sera possible dans cette initiative, en nous faisant le relais médiatique de l’ensemble de ces initiatives louables de participation à des événements étrangers, à l’image de celle de Sœur Mathilde et de son concours d'échec paltoleucien.


Commentaire extradiégétique
La vidéo ci-dessus est un commentaire généré automatiquement. Elle simule un entretien entre deux journalistes sur une radio quelconque qui n'est pas makotane (c'est socdem quoi). Elle a pour fonction de vous donner un résumé approximatif à écouter. Attention, la vidéo commet fréquemment des erreurs, y compris grossières, et n'est pas donc pas une source, elle doit seulement vous inciter à aller lire l'article si il attire votre attention ! C'est un moyen pour vous de gagner du temps.
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Un article de presse en trois colonnes avec  une illustration qui est une Photographie, en demie teinte ou tramage, noir et blanc, années 50, dans un cimetière nouveau aux tombes fraichement creusées, on voit une chapelle extérieur avec un prêtre catholique en ornements traditionnels entouré de deux enfants de chœurs l'un porte le bénitier, l'autre le missel, le prêtre bénit au goupillon des dizaines de cercueils fermés en planche. Il est entouré de soldats style soldats américains des années 50 mais si l'on voit les insignes, US est remplacée par DKR, les militaires ont des pelles et des excavatrices et creusent des trous.  la photo est légendée : "Photographie d'un cimetière créé ex nihilo par une compagnie MNI, l’aumônier de l'unité est administre les rites mortuaires. "

Les Missions Nationales d'Inhumation à l’œuvre sur tout les fronts !, In Dakora Matin, le 22/05/18


Articles connexes et références
Autres (pas d'articles actuellement autour du sujet)
  • Les archives du Dakora incluant une boite particulièrement décrite sur ce que l'on a trouvé sur un corps précis (mais il existe des millions de boites comme celle-là) : [Archives] Fond documentaire du Dakora

Le texte en bloc Les Missions Nationales d'Inhumation à l’œuvre sur tout les fronts !
Alors que nos implantations vont croissantes, on enterre toujours plus de morts avec piété, dignité et hygiène
Nécropolis…Tout le monde connaît ce mot au Dakora, pour l’avoir expérimenté soi-même lors de son installation et pour le vivre encore au quotidien, pour nombre d’entre nous, car c’est ce qui attend nos colons partout où ils s’implantent. On appelle nécropolis une ville ou un village délabré et abandonné, où les corps sont partout, en profusion, à l’extérieur comme à l’intérieur : dans les voitures, sur les lieux de travail, à la maison, faisant la cuisine ou prenant leur bain… Bref, dans une nécropolis, les morts sont partout ; ils hantent les lieux par leur simple présence.Il va de soi qu’il n’est pas question, pour les vivants, de cohabiter avec les morts, ne serait-ce que pour des raisons d’hygiène, et qu’il n’est pas acceptable de laisser les défunts à l’air libre alors que leur place est de dormir en paix dans la terre. C’est à cette tâche à la fois sanitaire et sacrée que se consacrent nos braves compagnies des Missions Nationales d’Inhumation, et c’est ce que nous allons voir ensemble dans cet article.
Qu’est-ce qu’une compagnie des Missions Nationales d’Inhumation ?
Les compagnies MNI sont des unités militaires ayant pour mission d’enterrer les morts avec méthode, dignité et hygiène. Les soldats de ces unités — que l’on dit « thanatologiques » — sont armés de manière rudimentaire, uniquement afin de repousser les créatures du Smog que certains redoutent de rencontrer, quoi que l’on en pense par ailleurs (Smog dans lequel, naturellement, il leur est formellement interdit de se pénétrer), ainsi que les rares brigands sévissant encore dans les zones du Wasterland revenues sous notre contrôle. Une compagnie MNI, c’est environ une centaine d’hommes du rang, commandés par un lieutenant, armés de pelles, et disposant de sacs mortuaires — appelés, fort peu élégamment, « sacs à viande » — ou de matériel de menuiserie permettant de fabriquer sur places des cercueils rudimentaires mais dignes. Ces compagnies précèdent la plupart du temps l’arrivée des colons, mais peuvent aussi les accom-pagner. L’État met un point d’honneur à ce que les citoyens et leurs famille côtoient le moins possible les morts, et il est fréquent que certaines zones soient temporairement interdites à la colonisation, le temps que les unités thanatologiques aient achevé leur œuvre.
Quel est le protocole de traitement des corps ?
La République de l’État du Dakora peut s’enorgueillir du traitement qu’elle réserve aux dépouilles des victimes du Smog. Il n’en va pas de même dans la plupart des territoires qui ne sont pas encore revenus sous notre contrôle. Chez nous, dans notre beau pays, il ne saurait être question de laisser les défunts à l’air libre — ou pire encore, de profaner leurs corps, comme cela se pratique dans certains territoires de la capitale tombés aux mains des brigands punks. Il existe au Dakora un protocole strict, scrupuleusement appliqué, visant à respecter à la fois les impératifs sanitaires, civiques et religieux. Concrètement, lorsqu’un corps est découvert, il se voit attribuer un numéro d’identification, glissé si possible à l’un de ses orteils, et le lieu exact de sa mort — car, dans l’écrasante majorité des cas, les victimes sont décédées à l’endroit même où on les retrouve — est consigné sur sa fiche ainsi que d'autres données générales comme le sexe et l'age apparent. On procède ensuite à une fouille minutieuse du corps : tous les papiers et effets personnels sont recensés et transmis aux archives du Dakora, sous la garde du lieutenant Thérèse Verne et de ses subalternes. Le corps peut alors être mis en terre dans une fosse qui lui est exclusivement dédiée. Si la dépouille a pu être identifiée, il arrive que la tombe soit nominative ; mais le plus souvent, on se contente du numéro d’identification. Les parties de corps isolées, ainsi que les corps trop décomposés ou trop endommagés pour permettre une quelconque identifi-cation, sont quant à eux placés directement en ossuaire.
Le rôle central de l’aumônier de la compagnie — ou Réquiémiste — dans le processus
Dans tous les cas, les corps ne sont jamais traités comme de simples biens meubles, et leur sacralité intrinsèque n’est jamais oubliée. C’est pourquoi l’on procède systématiquement à une messe des défunts, suivie d’une bénédiction du cercueil et d’une mise en terre. Évidemment, pour des raisons logistiques, et parce qu’il n’y a qu’un seul prêtre par compagnie des MNI, les messes et les rites mortuaires sont nécessairement collectifs. Notons que, pour la plupart des unités, un groupe de religieuses est à l’œuvre pour préparer les corps et procéder elles-mêmes à la fouille, à l’enregistrement légal ainsi qu’à la toilette mortuaire. Dans tous les cas, il est d’usage de ne pas inhumer ces morts dans les cimetières déjà existants, mais de créer des cimetières qui leur sont spécifiquement dédiés. L’idée est de ne pas déranger inutilement les défunts plus anciens ni de risquer des profanations superflues, alors même que la place ne manque pas ailleurs. On peut ainsi creuser un grand nombre de tombes en très peu de temps, et des quartiers entiers peuvent se trouver libérés de la mort en l’espace de quelques semaines à peine. Ces cimetières sont naturellement bénis selon les usages, et deviennent ainsi des terres consacrées, au même titre que les cimetières plus anciens, lesquels sont d’ailleurs destinés à accueillir nos futurs morts. Il va de soi que l’aumônier des MNI est également pleinement disponible pour inhumer les nouveaux défunts et pour apporter, plus généralement, l’ensemble des secours de la religion. Il en va d'ailleurs de même pour les religieuses, qui peuvent délaisser leurs missions auprès des anciens morts afin de se consacrer aux nouveaux ou aux vivants car, si il est vrai que les morts ne doivent en aucun cas être délaissés, les vivants demeurent malgré tout prioritaires.
Et les traitements d’hygiène in situ ?
Les nouveaux colons se demandent souvent jusqu’où va la prise en charge des MNI, et s’ils auront à nettoyer eux-mêmes les résidus des cadavres dans les habitations dont ils sont appelés à prendre possession. Il va de soi que les MNI ne peuvent pas assurer le travail d’un service de nettoyage spécialisé : ils n’en ont ni les moyens ni le temps. Ils ont des rues entières à libérer de leurs morts, et des milliers de corps à enterrer chaque mois. Dans ces conditions, la prise en charge est strictement minimale. Les MNI ne s’occupent que d’ôter les corps et de neutraliser la cadavérine produite par ceux-ci, au moyen d’une solution biocide et anti-enzymatique puissante. Les quantités employées sont généreuses et pensées pour éviter à l’équipe d’avoir à passer une seconde fois ; cependant, il va de soi que cela ne suffit absolument pas à rendre l’endroit — la pièce concernée — immédiatement habitable. Vous trouverez auprès de votre maire ou de votre shérif — à défaut, adressez-vous au maréchal le plus proche — un guide complet et gratuit expliquant la manière correcte de nettoyer une pièce après le passage des MNI. En tout état de cause, il vous est formellement demandé de ne pas déplacer vous-même les corps ou morceaux de corps qui auraient étés oubliés et de ne pas séjourner dans un bâtiment qui n’a pas encore été traité par les MNI. Pour reconnaître les bâtiments pris en charge, cherchez l’inscription « MNI » sur la façade avant du bâtiment. Les risques sanitaires sont réels et importants, même lorsque le corps est momifié et semble sec. Aidez la mission de nos braves compagnies des MNI : respectez strictement les consignes sanitaires. Il en va de votre vie — et de celle de vos enfants.


Commentaire extradiégétique
La vidéo ci-dessus est un commentaire généré automatiquement. Elle simule un entretien entre deux journalistes sur une radio quelconque qui n'est pas makotane ou dakorane (c'est socdem quoi). Elle a pour fonction de vous donner un résumé approximatif à écouter. Attention, la vidéo commet fréquemment des erreurs, y compris grossières, et n'est pas donc pas une source, elle doit seulement vous inciter à aller lire l'article si il attire votre attention ! C'est un moyen pour vous de gagner du temps.
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Un article de presse en trois colonnes avec  une illustration qui est une photographie, demi teinte ou tramage, noir et blanc, le personnage sur cette photoest une femme lieutenant du dakora (uniforme féminin américain des années 50 mais le symbole US remplacé par DKR) assise à son bureau. Sur son bureau il est écrit : Lieutenant T. Verne, Archives du Dakora.  elle a les mains sur la table et elle sourit. Derrière elle une fenêtre sur le Wasterland, format d'image carré. elle est dans son bureau, qui est meublé avec une cafetière, des verres et des fauteuil tout ça est au premier plan et elle au fond de la scène. lL'endroit est plein de   la photo est légendée : "Photographie d'un cimetière créé ex nihilo par une compagnie MNI, l’aumônier de l'unité est administre les rites mortuaires. "

Travailler aux archives de l’État du Dakora, In Dakora Matin, le 10/06/18


Articles connexes et références

Les MNI

Autres

Le texte en blocTravailler aux archives de l’État du Dakora
Le lieutenant Thérèse Verne, cadre féminin de l'armée, nous explique sa mission au service de la mémoire des morts
Pourquoi fouillons-nous les dépouilles des nécropolis avant de les enterrer ? Où vont les objets trouvés sur les corps ? Et qui décide qu’un bâtiment doit faire l’objet d’une conservation muséale et archivistique plutôt qu’un autre ? Ce sont là des questions légitimes que nombre de nos concitoyens se posent. La réponse est simple : ce sont les Archives du Dakora qui sont compétentes sur l’ensemble de ces sujets. Et plus précisément le lieutenant Thérèse Verne, l’une des rares femmes officiers de notre armée. Malgré son travail acharné de tri et de description, et la valse incessante des boîtes arrivant en permanence par camions entiers, le jeune officier a bien voulu nous accorder un entretien. Celui-ci a été réalisé dans son bureau, une fois déplacés les cartons qui encombraient tables et fauteuils.
Mlle Marie-Caroline Tissier, journaliste : Je vous remercie de m’avoir accordé cet entretien malgré tout le travail qui vous entoure, mon lieutenant… ma lieutenante ? Lieutenante ? Comment doit-on dire ?
Lieutenant Thérèse Verne : C’est moi qui vous remercie — vous et votre journal, le Dakora Matin — pour l’intérêt que vous portez au travail que nous accomplissons ici. Pour répondre à votre question, on dit simplement lieutenant. Ni « monsieur », ni « lieutenante » : les grades ne s’accordent pas en genre, ils sont neutres. C’est une chose que beaucoup ignorent, mais que peu osent demander. Il faut dire que voir des femmes dans l’armée est une nouveauté pour beaucoup. Pour ma part, je m’en félicite, même si je comprends que cela puisse surprendre.
Mlle Marie-Caroline Tissier, journaliste : Quand vous parlez de nouveauté, Lieutenant, vous faites référence à la politique du Makota en la matière ? Je suppose que, comme la plupart d’entre nous, vous êtes originaire du Makota ?
Lieutenant Thérèse Verne : C’est exact, made-moiselle. Je suis makotane d’origine, née dans le comté des Noyers. J’y ai suivi une scolarité complète dans une honorable institution pour jeunes filles. Quelques années plus tard, j’ai souhaité m’engager afin de devenir colon. Cela dit, comme j’étais seule, on rechignait à me recruter : à l’époque, on privilégiait essentiellement les couples, n’est-ce pas ? Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, ils prennent tout le monde. J’avais alors trois possibilités pour rejoindre le Dakora. La première impliquait de faire quelque chose de dégradant et d’immoral — chose que j’aurais tout aussi bien pu faire sans avoir besoin de me déplacer, dans une maison close makotane. La seconde consistait à entrer dans une communauté de sœurs tertiaires et à prononcer des vœux temporaires pour servir dans un hôpital ou préparer des cadavres. Enfin, la troisième option était de rejoindre l’armée. l n’était évidemment pas question pour moi de faire ce que vous imaginez et qui porterait gravement atteinte à l’honneur d’une femme honnête. Je ne pouvais pas non plus, pour des raisons personnelles sur lesquelles je ne m’étendrai pas ici, prononcer des vœux religieux. C’est donc tout naturellement vers l’armée que je me suis tournée.
Mlle Marie-Caroline Tissier, journaliste : Ce n’est pas tout à fait le cœur de notre entretien, mais cela intéressera sans doute nos lecteurs, et surtout nos lectrices. Pouvez-vous nous expliquer d’où vient cette différence de traitement concernant les femmes entre l’armée du Makota qui ne les admets pas autrement qu'en temps que religieuses et uniquement à l’hôpital militaire et celle du Dakora qui y a recours beaucoup plus largement ? Et pouvez-vous également nous dire comment s’est déroulé votre enrôlement, ainsi que l’obtention de votre grade ?
Lieutenant Thérèse Verne : Je comprends. Ces sont des questions que l’on me pose très souvent, notamment les colons fraîchement arrivés ou ceux qui ont encore peu de contacts avec les autorités dakoranes. Beaucoup sont surpris lorsqu’ils me voient arriver dans leur communauté et donner des ordres pour diriger une levée muséale ou archivistique sur tel ou tel bâtiment d’intérêt patrimonial. Il faut alors leur expliquer que nous sommes l’armée dakorane, et non makotane, et que la tradition dakorane que nous suivons ici consiste, depuis les années 1970, à accueillir des femmes dans les rangs pour remplir certaines missions non guerrières. Il ne s’agit évidemment pas de combattre — ce sont des choses d’hommes — mais de missions administratives et médicales, pour lesquelles nous sommes très utiles et aussi efficaces que ces messieurs. Plus nous sommes nombreuses à occuper ces postes, plus les hommes de l’armée sont libres de se consacrer au cœur de leur métier : le combat. Vous souhaitiez connaître mon parcours dans l’armée. Je vais vous l’expliquer. Tout a commencé par mon passage au bureau d’enrôlement du comté des Noyers. Il fut un temps où chaque comté en possédait un ; ce n’est plus le cas aujourd’hui, ils sont désormais concentrés dans les villes. Je me suis donc rendue à ce bureau, j’y ai rempli un dossier d’inscription et j’ai été reçue en entretien par un officier recruteur de sexe féminin. Il se trouve que je possédais les compétences recherchées : je savais écrire sous la dictée en sténographie, taper à la machine, et même quelques rudiments d’informatique — ce qui est assez rare au Makota, vous en conviendrez. Je savais également gérer un fonds documentaire, ayant été membre de la bibliothèque de mon établissement scolaire durant toute ma scolarité. Celle-ci, je veux dire ma scolarité, s’est achevée par l’obtention d’un diplôme de fin d’études, diplôme qui reste relativement rare, en général, et plus encore chez les femmes. J’avais en outre quelques notions de médecine et une bonne maîtrise de la langue jashuriane, mais je ne m’étendrai pas davantage sur ces points. J’étais donc éligible à un poste d’officier. Ordinairement, cela nécessite de réussir un concours — c’est le cas aujourd’hui — mais il y a deux ans, le nombre de candidates était inférieur au nombre de places disponibles, et le concours prenait en réalité la forme d’un examen. Un examen assez difficile, notamment sur le plan gymnique, domaine dans lequel je n’ai jamais été particulièrement à l’aise. J’ai ensuite effectué mes classes, suivi une formation à l’école des officiers du Dakora, et j’en suis sortie avec le grade de lieutenant. Qu’on se rassure : tout cela s’est déroulé dans la plus parfaite moralité et, contrairement à certaines rumeurs, il n’y a aucune promiscuité avec la gent masculine.
Mlle Marie-Caroline Tissier, journaliste : Je vous remercie, lieutenant. Et comment conciliez-vous votre vie personnelle et votre travail ? Enfin, pardonnez-moi mon indiscrétion et n’y répondez pas si vous trouvez cela déplacé, mais c’est ce que nos lectrices souhaitent savoir. Comment peut-on être pleinement femme tout en servant toute la journée dans une force militaire ? Comment votre mari et vos enfants vivent-ils cela ?
Lieutenant Thérèse Verne : Je suis célibataire… Je veux dire, nous ne sommes absolument pas tenues de l’être. Dans l’unité que je commande, vous trouverez plusieurs femmes, la plupart sont mariées. Ce sont elles qu’il faudrait interroger à ce sujet. Pour ma part, je me consacre corps et âme à mon travail. Je suis profondément convaincue que ce que je fais ici est important. Je ne veux pas dire que je me sacrifie — ce n’est pas cela — mais enfin… Et puis, on peut être célibataire sans que cela signifie pour autant que l’on n’ait aucune activité en dehors du service. Pour ma part, j’aime beaucoup la chasse et la pêche.
Enfin, j’espère répondre à votre question. Plus généralement, ce que je peux dire, c’est que mes subordonnées féminines parviennent très bien à concilier leur vie de famille avec leur métier de militaire.
Mlle Marie-Caroline Tissier, journaliste : Veuillez m’excuser si je vous ai mise mal à l’aise, ce n’était pas l’objectif de ma question. Je vous propose que nous passions maintenant aux archives. Peut-être pourrions-nous commencer par expliquer la mission de votre unité et son histoire ?
Lieutenant Thérèse Verne : Merci. Cette unité s’appelle le Fonds documentaire du Dakora. Elle se compose de trois entités que nous appelons des bureaux. Je ne suis au commandement que de l’un de ces trois bureaux. Il y a tout d’abord le Bureau des Réserves muséales (BRM), chargé de la collecte, de l’identification et de la conservation des objets et biens meubles d'interet trouvés dans le Wasterland. Concrètement, il s’occupe de tout ce qui relève des objets rares, précieux ou historiquement importants, ce qui inclut également les œuvres d’art. Il y a ensuite le Bureau des Monuments historiques (BMH) qui, comme son nom l’indique, est chargé de répertorier et de protéger l’ensemble du bâti présentant une réelle importance patrimoniale. Enfin, il y a le bureau que je commande, à savoir le Bureau des Archives du Dakora (BAD). Ces trois bureaux ont été créés en même temps que l’armée du Dakora. Ils constituent une composante fondatrice du processus de reconstruction de notre pays. Le général Lye, notre chef, a tenu à ce que le patrimoine qui est le nôtre ne soit jamais négligé et que la reprise des territoires perdus s’accompagne systématiquement d’un travail rigoureux de conservation patrimoniale.
Mlle Marie-Caroline Tissier, journaliste : Vous n’êtes pas la première à occuper le poste de directrice du Bureau des Archives du Dakora, n’est-ce pas ? Ce poste était déjà pourvu lorsque vous avez été incorporée ?
Lieutenant Thérèse Verne : En effet. Il était occupé par le commandant Madeleine Josselin, alors capitaine.
Elle est aujourd’hui à la tête du Fonds documentaire dans son ensemble. Ma première affectation a consisté à être son adjointe. C’est elle qui a mis en place l’essentiel des protocoles que nous appliquons aujourd’hui. Elle est la créatrice de ce bureau, et en quelque sorte son âme. C’est pour moi un grand honneur de servir sous ses ordres.
Mlle Marie-Caroline Tissier, journaliste : Je vois que vous êtes très liée à votre supérieure hiérarchique. Le courant passe bien, donc ? Est-ce la norme chez les personnels féminins ?
Lieutenant Thérèse Verne : Non, ce n’est pas la norme — enfin, je veux dire que nous tâchons, comme tout le monde, de bien nous entendre. Le commandant a été plus qu’une supérieure hiérarchique pour moi : elle est mon mentor et un exemple à suivre. C’est d’ailleurs elle qui m’a appris à chasser et à pêcher. Ce sont des activités que nous pratiquons ensemble sur sa propriété familiale dans le comté des Monts-Frisquets, au Makota : un petit relais de chasse perdu dans les montagnes, au cœur d’une forêt dense et giboyeuse. Hélas, ici, il n’y a plus de gibier — ou bien celui que l’on trouve n’a plus grand-chose de commun avec ce que l’on connaissait, et n’est assurément pas très comestible… Enfin, parlons plutôt des archives que de ma vie privée, si vous le voulez bien.
Mlle Marie-Caroline Tissier, journaliste : Excusez-moi, je suis vraiment d’une indiscrétion aussi maladroite que malpolie. Donc, c’est à votre bureau — c’est-à-dire aux Archives du Dakora — que les Missions Nationales d’Inhumation, ou MNI, envoient les documents et papiers trouvés sur les corps ?
Lieutenant Thérèse Verne : C’est bien cela, et notre collaboration ne s’arrête pas là. Les MNI arrivent les premières sur place, idéalement juste après les éclaireurs et les unités de reconquête du territoire. Ce sont elles qui effectuent un premier repérage patrimonial, selon des consignes très précises. Évidemment, de notre côté, nous disposons déjà d’archives et nous pouvons souvent anticiper ce qu’il faut rechercher à tel ou tel endroit. Mais, dans la majorité des cas, ce sont bien les MNI qui réalisent le premier tri. Et oui, il faut également fouiller les corps, les identifier et nous transmettre leurs effets personnels. Les objets sont dirigés vers les réserves muséales, et les papiers arrivent dans mon bureau, aux archives, où mes subordonnées et moi constituons les fonds et les boîtes. Cela peut sembler inutile, mais je vous assure que c’est au contraire essentiel. Le gouvernement du Dakora n’est pas un pillard, et son armée n’est pas une armée de conquête. Nous nous considérons solidaires de tous ces morts, et leur patrimoine est désormais le nôtre, collectivement. Tandis que les MNI enterrent les corps, nous préservons les mémoires. Je suis intimement persuadée que le travail que nous accomplissons ici constitue le plus bel hommage que nous puissions rendre aux morts, et la meilleure manière d’affirmer que ces morts sont les nôtres, et non des étrangers. Quant aux fonds à protéger — je veux dire les pièces qui ne se trouvent pas sur les corps — nous nous intéressons à tout ce qui peut avoir une importance culturelle ou civilisationnelle comme les archives de police, les dossiers d’une mairie, des projets d’infrastructures, que sais-je... Ensuite, ce sera aux historiens de faire leur travail en exploitant ces documents. Notre mission ici est de conserver et d’inventorier, non d’interpréter.
Mlle Marie-Caroline Tissier, journaliste : Parfait, je crois que nous avons fait le tour. Je vous remercie, lieutenant, pour le temps que vous nous avez accordé. Avez-vous un mot de la fin pour nos lecteurs et nos lectrices ?
Lieutenant Thérèse Verne :C’est moi qui vous remercie À vos lecteurs, je dirai de nous transmettre tout ce qu’ils estiment important, ou au moins de le remettre à UN état-major du MNI. Et aux femmes, je dis : « Engagez-vous, mesdemoiselles ! L’armée a besoin de vous ! »



Commentaire extradiégétique
La vidéo ci-dessus est un commentaire généré automatiquement. Elle simule un entretien entre deux journalistes sur une radio quelconque qui n'est pas makotane ou dakorane (c'est socdem quoi). Elle a pour fonction de vous donner un résumé approximatif à écouter. Attention, la vidéo commet fréquemment des erreurs, y compris grossières, et n'est pas donc pas une source, elle doit seulement vous inciter à aller lire l'article si il attire votre attention ! C'est un moyen pour vous de gagner du temps.
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Un article de presse en trois colonnes avec  une illustration qui est une Photographie, demi teinte ou tramage, noir et blanc,  dans le wasterland qui est une métropole délabrée, deux soldats en arrière plan et un officier sur le coté, tous en uniformes américains des années 50 mais US est remplacé par DKR, et les soldats ont des fusils d'assaut et l'officier un pistolet, et  ils maintiennent à trois genoux des punks  des deux sexes qui sont au premier plan et qui ont les mains sur la tête, format carrés, l'officier et sur le coté, les soldats sourit et l'officier à une clope à la bouche, un main dans la poche,   la photo est légendée : "Une patrouille de dépunkisation qui a fini sa chasse, l'officier et ses hommes posent pour photo avec leur prise : Trois punks; "

Réussite des politiques de dépunkisation dans les districts limitrophes de Dakoraville, In Dakora Matin, le 13/06/18



Le texte en blocRéussite des politiques de dépunkisation dans les districts limitrophes de Dakoraville
Tandis que les efforts de l'armée et de la justice portent leurs fruits, voici pour nos lecteurs une explication de la punkerie
C’est une excellente nouvelle qui est tombée hier soir. L’Observatoire National de la Punkerie dans le Wasterland (ONPW) a publié les chiffres du nombre de punks présents dans les territoires sous contrôle pour le premier semestre 2018, et ce nombre accuse un net recul par rapport au second semestre de 2017. Il s’agit d’un résultat très encourageant qui indique, s’il en était encore besoin, que nos forces armées mènent un travail de pacification efficace. Néanmoins, l’ONPW met en garde le Gouvernement : aucune dépunkisation ne pourra être parfaite tant que Dakoraville, capitale dévastée du Dakora, et sa vaste métropole demeureront entre les mains des clans punks et serviront de nid aux nouvelles générations d’intrus qui pénètrent en permanence les frontières poreuses des districts réinvestis. Dans cette enquête, nous tâcherons d’expliquer à nos lecteurs tout ce qu’il convient de savoir sur les punks, leurs mœurs, et en quoi leur existence sur le territoire de l’État du Dakora n’est pas acceptable.
Mais qu’est-ce donc qu’un punk ?
Nombre de colons, en particulier ceux arrivés récemment, seront certainement tentés de se demander ce qu’est cette chose qu'on appelle punk dont on leur parle fréquemment et au sujet de laquelle on leur conseille — très justement — de se méfier. Cette ignorance est bien naturelle et parfaitement excusable : il n’existe pas de punks au Makota, leur pays d'origine. Ce qui s’en rapproche le plus est le brigand. Comme le brigand le punk est voleurs, braqueurs, violeurs, et en toutes choses mus par une invincible âpreté au gain, et si les punks étaient au Makota, ce qui adviendrait inévitablement un jour sans l’État du Dakora pour servir de tampon, alors ils seraient pendus comme leurs cousins brigands — ce qui se fait en public et donne souvent lieu à une fête populaire légitime et de bon aloi. Au Dakora, cependant, les choses ne sont pas aussi simples et, du reste, les punks ne sont pas tout à fait des brigands, comme nous allons le voir.
D'où viennent viennent les punks ?
Si il est d'usage de dire aux enfants que les punks sont des monstres issues du Smog pour les dissuader de se rendre aux abords de ce dangereux brouillard – et nous pensons qu'il s'agit d'un très bon usage qu'il ne faut pas hésiter à pratiquer tant il est important que les enfants se tiennent éloignés le plus possible du Smog – le lecteur se doute qu'il n'en est rien et que l'origine des punks est à la fois beaucoup plus matérielle et beaucoup plus tragique. Comme vous le savez certainement, tout le monde n’est pas mort au Dakora le matin du 5 mai 1990. En réalité, environ 1 % de la population dakorane survécut à l’apparition brutale du Smog et aux autres calamités survenues concomi-tamment à ce fléau. Si l’on excepte ceux qui trouvèrent refuge dans les abris de la Parapluvie Inc. — lesquels n’ont jamais représenté plus d’un dixième des survivants — les autres se retrouvèrent piégés dans les vastes et labyrinthiques sous-sols de Dakoraville, capitale du Dakora. C’est cette population qui donna naissance aux clans punks.
Comment vit le punk dans son environnement naturel ? Vit-il dans le Wasterland ? Comment se nourrit-il et se perpétue-t-il ?
Comme nous l’avons vu, le punk n’est pas un simple brigand vivant de petits expédients aussi indus qu’illégaux dans le cadre d’un mode de vie vicieux et pulsionnel. Il s’agit aussi, en quelque sorte, d’une société et d’un peuple. Sur le plan purement ethnique, il s’agit avant tout d’individus de race blanche, bien que l’on rencontre parfois quelques Aleuciens ou individus typés aleuciens — notamment des peaux de cendre — population métèque mélangée de Dakorans et d'aleuciens Dakora que l’on trouvait déjà au Dakora avant la Catastrophe et que l’on retrouve encore aujourd’hui parmi les punks. Les punks ont longtemps vécu exclusivement dans les sous-sols de Dakoraville, laquelle, outre le fait d’être la capitale du Dakora et sa principale ville, constituait une vaste métropole qui comptait à l’époque plusieurs dizaines de millions d’habitants. Véritable mégalopole, déjà gigantesque en termes d’emprise au sol, s’étendait en outre verticalement à des hauteurs stupéfiantes, mais aussi à des profondeurs vertigineuses. Concrètement, les sous-sols de Dakoraville étaient — et sont toujours — un véritable gruyère : un espace criblé de cavités où se trouvent, outre de vastes égouts aux caractéristiques architecturales remarquables, un réseau de métro extrêmement dense doté de nombreuses lignes et stations, mais aussi d’innombrables parkings géants et de non moins gigantesques zones commerciales. À cela s’ajoutait une activité industrielle souterraine comprenant des industries, des entrepôts et des carrières, notamment des fabriques à béton dans la cité faisait un usage immodéré.
En somme, les punks ont trouvé refuge à l’abri du Smog dans ce dédale d’abondance que constituaient les sous-sols de Dakoraville. Sans doute s’y trouvaient-ils déjà, alors simples usagers, à l’aube de ce funeste 5 mai 1990, lorsque des dizaines de millions de Dakorans périrent — dépouilles que l’on enterre encore aujourd’hui par centaines, chaque jour que Dieu fait. Longtemps, donc, les punks furent cantonnés aux sous-sols de Dakoraville, et nulle part ailleurs. Et pour cause : le Smog était omniprésent. Pendant près de trente ans, ils vécurent comme des chiens sous une ville dévastée, empuantie par les émanations putrides des dizaines de millions de cadavres en décomposition à la surface et par les promesses de mort du Smog, qui embrumait la métropole de ses brumes verdâtres et méphitiques. Mais, comme partout ailleurs, le temps a passé. Le Smog s’est affaibli, devenu plus ténu et moins omniprésent. Il suffit désormais de le surveiller, et il est possible de se déplacer dans le Wasterland. Cela vaut pour nous, cela vaut pour les habitants des abris de la Parapluvie, et cela vaut naturellement aussi pour les punks. C’est ainsi que, depuis quelques années, ils ont réinvesti la surface de la capitale — notre capitale qu'ils occupent indûment. Et ces espaces ne leur suffisent plus. Ils sortent désormais de leur gigantesque nécropolis qu'ils ne sont pas disposés à nettoyer au mépris des morts et du passé, et pénètrent dans nos districts, où ils espèrent récupérer des vivres. Car, bien que leurs réserves aient été autrefois gigantesques, trente années de vie souterraine les ont à peu près totalement vidées, et c’est aujourd’hui une population affamée qui franchit nos lignes. Certains se rendent spontanément et sont internés dans des camps de rééducation ; d’autres optent pour la voie du brigan-dage, et même du cannibalisme. Ce sont ces derniers — les punks brigands — que vise l’ONPW lorsqu’elle annonce, dans son rapport, que notre brave armée parvient à réduire leur nombre et leur pouvoir de nuisance avec une grande efficacité.
Combien sont-ils ? Quelle est leur démographie ? Ont-ils une autorité ou un semblant d’État ?
Passons maintenant à des considérations plus générales et observons les punks pour ce qu’ils sont réellement : un peuple — et non pas uniquement pour ce qu’ils font, à savoir le brigandage. Notons, avant toute chose, qu’il ne s’agit pas d’un peuple en bonne santé démographique, mais d’une population en diminution continue et rapide. Estimés à environ un million — chiffre très incertain — au soir du 5 mai 1990, ils ne seraient aujourd’hui plus que 400 000 au maximum. L’écrasante majorité d’entre eux ne quitte pas Dakoraville, qu’ils nomment « Punkland » et qu’ils considèrent comme leur nation. Cela en dépit du fait qu’ils ne disposent d’aucune capacité technique pour entretenir la métropole, laquelle tombe inexorablement en ruine. L’essentiel de ses installations demeure inactif, alors qu’un minimum d’ingénierie et d’huile de coude permettrait à ces sauvages de disposer d’un accès confortable à l’eau potable, à l’électricité, à l’évacuation des eaux usées, et à tout le confort et l’hygiène d’une vie moderne et civilisée. Mais ce serait assurément exiger trop de structure et de discipline d’une population violente et brouillonne, qui préfère consacrer son temps à s’abîmer dans d’interminables et incompréhensibles guerres de clans, aux conclusions jamais très claires mais toujours meurtrières.
On comprend mieux, dès lors, pourquoi certains d’entre eux se livrent spontanément à nos autorités : ils cherchent à fuir ce cauchemar de violence et à renouer avec la civilisation. Il est d’ailleurs remarquable que ce soient généralement les meilleurs éléments qui se constituent spontanément candidats à nos camps de rééducation par le travail. Ceux-là, au moins, y trouvent une nourriture abondante et l’assurance que leurs enfants seront convenablement nourris. Et, fait notable mais nullement surprenant, les punks engagés dans un processus de recivilisation voient leur démographie redevenir positive : les femmes y font de nouveau des enfants, lesquels survivent dans des proportions nettement supérieures à ce qui se constate chez eux. Depuis quelque temps toutefois, les clans punks semblent perdre en violence, et un calme — certes relatif — s’observe dans le Punkland. Les guerres de clans sont moins intenses et de durée plus courte. Le mérite en revient principalement aux Kradocs (également orthographiés Kradoks, les deux formes étant admises). Les Kradocs constituent actuellement le clan le plus puissant du Punkland et exercent une domination effective sur les autres. Leur chef, un certain Zed, est désigné sous le titre pour le moins curieux de Grand Punk et fait figure de chef de l’État — si tant est que cette notion ait un sens chez les punks. Toujours est-il que son accession à la tête de la nation punk constitue l’une des principales causes de la diminution du nombre de punks brigands derrière nos lignes, et de l’augmentation concomitante du nombre de bons punks se présentant spontanément à la rééducation, favorisés par les facilités de déplacement — toutes relatives — qu’offre sa domination. Il est d’usage, enfin, de parler de Despotat punk pour qualifier le régime des Kradocs.
La politique judiciaire du Dakora face aux punks
Mais notre armée — si brave soit-elle, et Dieu sait qu’elle l’est — ainsi que l’autorité de Zed, le Grand Punk, de son clan des Kradocs et de son despotat punk, ne sont pas les seules raisons de nos succès encourageants dans la lutte contre le fléau de la criminalité punk. Une autre explication majeure réside dans notre système judiciaire, parfaitement adapté à cette nuisance endémique des abords de Dakoraville. Traditionnellement, le système judiciaire dakoran s’est toujours montré bien plus laxiste que son équivalent makotan. Heureusement pour les administrés du Dakora, et fait suffisamment rare pour être souligné, c’est ici l’approche makotane qui a été retenue par le gouvernement, et non l’approche dakorane, laquelle a manifestement montré ses limites sur ce point précis. C’est ainsi que les districts se sont dotés d’un véritable appareil légal, capable de juger et de châtier efficacement les criminels — en l’occurrence, les punks. Les procédures ont également été simplifiées afin de permettre un traitement rapide des dossiers et d’éviter leur accumulation. À l’heure actuelle, les punks sont jugés le jour même de leur arrestation, et la peine est généralement appliquée dans la journée ou le lendemain. Pour une simple déambulation non armée sur le territoire de l’État, un punk encourt un internement forcé dans un camp de rééducation. S’il est appréhendé les armes à la main, il est condamné à une peine de prison. Enfin, s’il est pris en flagrant délit criminel ou fortement suspecté d’un crime, il est pendu.
Contrairement au Makota, qui dispose d’un large éventail de châtiments corporels thématiques pour sanctionner les délits non criminels les plus graves, le gouvernement dakoran exhorte les districts à ne pas y recourir — sans toutefois les interdire formellement — et y a lui-même renoncé dans sa pratique. En matière de peine capitale, la pendaison demeure cependant la seule méthode admise par l’État et, hors flagrance, elle doit obligatoirement être précédée d’un jugement rendu par un jury populaire. Nous le voyons : la priorité de nos autorités est de lutter efficacement contre les punks des districts limitrophes de Dakoraville, sans jamais renoncer à nos principes fondamentaux.
Punks et Raiders : est-ce la même chose ?
Cette question revient sans cesse chez les nouveaux colons, et il convient que notre journal prenne le temps de répondre. On parle de punks, comme nous venons de le faire, pour désigner des êtres humains ordinaires, rendus barbares par des décennies de vie dans les sous-sols de Dakoraville. Il n’en va pas de même des Raiders, qui ne proviennent généralement pas de la capitale, mais de poches de monstruosités sordides disséminées dans tout le Wasterland. Les Raiders sont systématiquement cannibales et considèrent cette pratique comme un mode de prédation normal. Les punks, en revanche, rejettent globalement le cannibalisme ; ceux qui y recourent le font dans la honte ou à la folie. Il semble par ailleurs que les Raiders aient développé une accoutumance partielle au Smog, acquise au prix de psychoses chroniques, certes graves mais non immédiatement létales. De ce fait, les Raiders peuvent être pendus en tout lieu et en tout temps, sans nécessité de procès, ce qui n’est pas le cas des punks, lesquels demeurent justiciables du droit dakoran. Il est donc très important de bien les distinguer.


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Article de presse en trois colonnes avec une illustration qui est une photographie de presse en demi-teinte ou tramage noir et blanc, l'on voit l'intérieur d'une centrale en ruine avec de grande machines, des hommes en salopette réparent les machines et enlèvent les gravats à la pelle. Un militaire dakoran discute avec un ingénieur en costume et blouse blanche d'un plan qu'il tient dans ses mains, ils fument, tandis qu'une femme soldat en jupe et kalot et insignes DKR est à coté d'eux, les écoute et prend des notes dans un calepin.
Réseau d'électricité du Dakora : Où en sommes-nous ?, Dakora Matin, le 15/10/2018
Texte en vracRéseau d'électricité du Dakora : Où en sommes-nous ?
Un état des lieux de nos infrastructures de distribution d'énergie et de la rénovation de nos centrales
Alors que les colonies ne cessent de croître et de se multiplier à un rythme toujours plus soutenu à mesure que nous reprenons possession du territoire national, la question épineuse du rétabli-ssement des principaux réseaux publics se pose avec une acuité grandissante, particulièrement dans les comtés où se concentrent le plus grand nombre de nos communautés. C’est là, en effet, que l’absence presque totale d'infrastructures fonctionnelles commence à se faire ressentir de la manière la plus cruelle et, avouons-le, quelque peu préoccupantes pour l'avenir.
Il ne sera pas question, dans le présent article, d’aborder les problèmes de l’eau potable ni du retraitement des eaux usées, pas plus que ceux du système téléphonique, radiophonique ou télévisuel ; tous ces sujets mériteront, chacun à leur tour, une étude particulière. Nous nous bornerons donc à la seule question électrique, qui est déjà à elle seule assez considérable pour nous occuper, et nous tenterons de répondre à ces interrogations qui, nous le savons, préoccupe au plus haut point nos lecteurs en leur qualité d’usagers : où en sommes-nous concrètement des travaux de rénovation des infrastructures électriques ? Pourra-t-on bientôt se passer de ces générateurs qui, depuis tant d’années, nous tiennent lieu de centrale électrique aussi onéreuse et que capricieuse ?
Dans quel état avons-nous trouvé le Dakora ?
Avant d’examiner la situation présente, tâchons de remonter un peu dans le temps afin de savoir quelles étaient les infrastructures électriques du Dakora avant l’Accident et dans quel état nous les avons retrouvées et les retrouvons encore quand nous investissons un nouveau secteur géographique. Notons d’abord que l’électricité est chose ancienne dans notre pays : ses premières installations datent de la fin du XIXe siècle, dans les quartiers industriels comme dans les beaux quartiers de Dakoraville. À titre de comparaison — et bien que ce ne soit point là une référence bien flatteuse pour notre grande sœur —, l’électricité ne fit son apparition dans la République du Makota que vers la fin des années 1960, soit plus d’un demi-siècle après que notre glorieuse nation, la République du Dakora, l’eut adoptée.
Lorsque survint l’Accident, au mois de mai 1990, le pays se trouvait entièrement électrifié et disposait d’un système de production d’énergie tout à la fois moderne et d’une remarquable efficacité. Hélas, un quart de siècle d’abandon total, joint aux propriétés hautement corrosives du Smog et au vandalisme des punks, eut raison de la presque totalité des installations les plus avancées. Sur ce point comme sur tant d’autres, la République du Makota hérita, lors de son entrée dans les comtés du Nord en 2016, d’un véritable champ de ruines aussi sinistre que difficilement exploitables.
Plus rien ne fonctionnait. Que les lecteurs comprennent bien, il ne s’agissait pas de baisser quelques leviers pour que la lumière revînt ; il fallait redresser des bâtiments en grande partie délabrés ou même partiellement effondrés, évacuer des monceaux de gravats, réparer les génératrices, relever toutes les lignes, remplacer les sections abîmées, restaurer les transformateurs et, enfin, doter chaque site d’une garnison suffisante afin d’empêcher les bandes de punks de s’en emparer comme autant d’abris. Bref, une tâche titanesque, appelée à s’étendre sur plusieurs années et exigeant des effectifs considérables tant en techniciens qu’en militaires. La charge technique et logistique étaient trop pour l'armée seule, aussi fallut-il faire appel au secteur privé.
Une collaboration fructueuse entre l’armée et les acteurs privés pour restaurer le réseau.
Naturellement, l’État ne pouvait mener seul de tels chantiers, d’autant que l’armée, principal composant technique de la République, se trouvait déjà fort sollicitée sur l’ensemble du territoire reconquis, ne serait-ce qu'à des questions de sureté des colonies et de redressement des infrastructures routières, elles aussi dans un état pas meilleur que le réseau électrique et souvent même assez comparable voir pire. C’est pourquoi le général Alfred Raimond, ministre de l’Énergie, avec l’agrément du général Lye, chef de l’État, a décidé de conclure des contrats avec des entreprises makotanes. Les clauses en étaient simples : les sociétés s’engageaient à rétablir le courant à leurs frais ; en contrepartie, les installations leur reviendraient en pleine propriété, leur sécurité étant assurée par l’armée aussi longtemps que durerait le péril punk.
C’est ainsi que furent signés, et que l’on signe encore aujourd’hui en nombre croissant, des accords avec les principaux énergéticiens du Makota. La majeure partie des travaux est aujourd’hui confiée à Lavacher Énergie, mais l’on trouve également des installations relevant de Vèque Électricité, de la société Poulin, ainsi que de quelques autres acteurs de moindre envergure.
Le mix énergétique dakoran, son histoire
Si, naturellement, le système énergétique de notre pays connaît aujourd’hui un effondrement à peu près total, et si la plupart des installations sont devenues méconnaissables ou tout à fait inexploitable sans une rénovation considérable en moyens comme nous l'avons indiqué, il n’en reste pas moins instructif de savoir comment les choses fonctionnaient avant l’Incident du 5 mai 1990 puisque ce qu'il s'agit pas tant de bâtir un nouveau réseau avec de nouveaux centres de production d'énergie que de rétablir l'ancien tout le modernisant au maximum de nos capacités techniques et des moyens qu'il nous possible d'y investir.

Comme nous l’avons déjà indiqué, l’électricité est une vieille connaissance de notre République. Les premières centrales, dont la plupart ont subsisté à travers les décennies jusqu'à nos jours, bien qu'améliorées et modernisées au fil du temps, étaient des centrales à charbon. Le charbon, dont quelques mines existent sur notre sol et ne demandent qu'à être exploité de nouveau quand les territoires concernés seront reconquis, n’était cependant pas aussi abondant chez nous qu’au Makota, à qui nous en achetions d’ailleurs une grande partie à l’époque où il constituait l’élément central de notre mix énergétique.
Au début du XXe siècle, le pétrole devint accessible et l’on apprit à le raffiner pour en faire un source d'énergie et, partant, d'électricité. Moins rare que le charbon, il permit d’exploiter au maximum nos modestes champs pétrolifères. Pourtant, comme pour le charbon auparavant, sa relative rareté eut tôt fait de révéler ses limites, tandis que les besoins en énergie, eux, ne cessaient de croître.
C’est ainsi qu’au milieu du XXe siècle, après avoir poussé à leur rendement maximal notre industrie d’extraction du charbon et du pétrole, la République du Dakora entreprit de maîtriser le cours du fleuve Makota et de ses affluents en y édifiant plusieurs barrages hydroélectriques d'envergure assez considérable si l'on en croit les plans et les vestiges. Cet apport d’énergie fut considérable ; il offrit en outre des retenues d’eau fort utiles à l’agriculture. Mais le mouvement d’électrification paraissait inarrêtable, et le réseau se trouva bientôt, une fois encore, incapable de répondre à une demande qui ne cessait de s’accroître.
Enfin, dans les années 1970 apparurent les premières centrales nucléaires du Dakora, plus de quarante ans avant que l’on songeât à en édifier au Makota par l’entremise de l’expertise de l’Empire de Slaviensk. Ces installations présentaient l’intérêt majeur d’offrir une source d’électricité considérable à un coût modéré, car l’uranium, présent sur notre sol en quantités appréciables — quoique bien moindres que les richesses étourdissantes que recèle le sous-sol makotan —, permettait de satisfaire l’ensemble des besoins de l’industrie. C’est grâce à la technologie nucléaire que la République du Dakora se trouva enfin totalement électrifiée, au moyen d’une électricité abondante et bon marché qui promettait un avenir énergétique serein.
L’ironie cruelle du sort veut que ce système, en partie flambant neuf, n’ait été totalement achevé que quelques mois seulement avant l’Incident. Ainsi, ce vaste système énergique, très supérieur à ce que pouvait se faire au Makota et ce qui s'y fait aujourd'hui, et qui fut bâti à grands frais, ne fut élevé que pour s’éteindre peu de temps après dans les circonstances que l’on sait.
Concrètement, au 5 mai 1990, le mix énergétique du Dakora se présentait comme suit : hydroélectricité (5 %), charbon (10 %), pétrole (15 %), et nucléaire (65 %). L’on constate que ce dosage différait sensiblement et diffère d’ailleurs toujours beaucoup de celui de notre grande sœur, la République du Makota, laquelle affiche aujourd’hui, pour mémoire : charbon (65 %), nucléaire (20 %), hydroélectricité (10 %) et géothermie (5 %).
Et la géothermie au Dakora ?
Si l’on en croit les archives et les quelques sites d’expérimentation découverts çà et là au hasard de nos prospections, des projets de centrales géothermiques furent bien envisagés dans les années 1970, parallèlement à l’aventure nucléaire. Cependant, le Dakora n’est pas le Makota : il ne dispose pas des innombrables sources géothermales que l’on trouve dans les comtés du nord du Makota. Nous ne possédons rien qui puisse se comparer au parc naturel des Pierres-Jaunes. En conséquence, la seule géothermie envisageable chez nous était celle dite tiède et de grande profondeur, très différente de la géothermie chaude et de surface ou de faible

profondeur pratiquée par notre grande sœur. Pour le dire sans détour : le Dakora ne possède pas les ressources naturelles nécessaires à l’exploitation de cette formidable énergie.
La situation actuelle de notre réseau électrique
Hélas, il faut bien l’avouer : malgré les efforts indé-niables consentis par tous et en particulier par l’armée et par nos partenaires privés, l’état actuel de notre parc électrique reste profondément insatisfaisant. Dans la très grande majorité des comtés reconquis, l’électricité public en réseau n'est encore qu'un horizon lointain. Cependant, il n'en va pas de même pour Fort-Aleucien et les principales colonies urbaines qui devraient bientôt connaître de nouveau une électrification convenable aux standards mondiaux de notre époque.
Les centrales électrique, et notamment nucléaires, ces fleurons de notre technologie d’avant l’Incident, demeurent pour la plupart silencieuses. Seules quelques unités dans les comtés les plus anciennement colonisés, ont pu être remises partiellement en service ; encore ne fonctionnent-elles qu’à 20 à 30 % de leur capacité nominale d’autrefois mais ce rendement, il est vrai calamiteux, permet malgré tout de fournir toute l'énergie nécessaire à nos quelques centres urbains.
Car sorti de ces agglomérations, les réseaux de distribution sont dans un état encore plus lamentable que nos quelques centrales de nouveau fonctionnelles : pylônes couchés, câbles sectionnés sur des dizaines de kilomètres, transformateurs éventrés par les punks ou rendus inutilisables par l’oxydation. Le résultat, vous le connaissez, la très grande majorité de nos colonies continue de dépendre de générateurs diesel ou essence.
Les entreprises chargées des travaux avancent, certes, mais à un rythme qui met à rude épreuve la patience de nos concitoyens. Cela dit, nous avons de bonnes raisons d'êtres enthousiastes car les bonnes nouvelles ne cessent de nous parvenir.
Des perspectives d’avenir enthousiasmantes
Pour achever cet article déjà très roboratif, permettez nous de vous partager une communication du général Alfred Raimond, ministre de l’Énergie :
« Mes chers concitoyens, gardons le regard tourné vers l’avenir car les perspectives qui s’ouvrent à nous sont des plus stimulantes. La reconquête s’accélère, et avec elle se multiplient les nouveaux contrats de concession. Les ingénieurs dakorans, formés sur le tas aux côtés de nos partenaires makotans, reprennent désormais la main pour non seulement réparer, mais encore moderniser ce qui existait jadis.
Les centrales nucléaires, une fois leurs cœurs réactivés et leurs systèmes de sécurité portés aux standards les plus exigeants, redeviendront le pilier de notre mix énergétique, offrant de nouveau une électricité abondante, stable et à bas coût. Les barrages hydroélectriques, dont les ouvrages de génie civil ont remarquablement résisté au temps, seront réhabilités et équipés de turbines modernes et redonneront bientôt de l'énergie en abondance. Nos mines de charbon et nos champs pétrolifères, de nouveau exploitées, permettront de compléter ce bouquet énergétique tout en garantissant notre indépendance vis-à-vis de l’étranger.
Bientôt les générateurs seront relégués au rang de souvenir. L’électricité redeviendra ce qu’elle était avant l'Incident et ce qu'elle n’aurait jamais dû cesser d’être : bon marché, omniprésente et fiable. Nos colonies s’illumineront, nos usines tourneront à plein régime et nos foyers connaîtront enfin les agrément légitimes du confort moderne. La République du Dakora, qui fut jadis en avance sur son temps, s’apprête entrer de nouveau dans la course pourvu que tous nous continuons nos efforts et maintenions notre foi inébranlable envers notre gouvernement, notre armé, et notre chef, le Générale Lye. »
Vous pouvez compter sur nous, mon général !
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Article de presse en trois colonnes avec une illustration en demi teinte ou tramage, noir et blanc, l'on voitdeux femmes tenir chacune dans leurs mains par la queux un rat mort géant et elles ont un air dégouté, sous le regard amusé d'autres femmes et d'un militaire et qui rit en fumant sa cigarette. L'on est devant l'entré d'une gouts délabré et plein de buissons et de ronces.

Les rats mutants envahissent Avenay !, In Dakora Matin, le 4/11/2018

texte en blocLes rats mutants envahissent Avenay !
La colonie doit endurer, depuis peu, les assauts de rongeurs gigantesques : le système d'égouts est suspecté
C’est un phénomène des plus curieux qui, depuis quelques jours, frappe de stupeur la jeune colonie d’Avenay. Cette récente communauté implantée dans la banlieue nord de Dakoraville, conquise et repeuplée il y a trois mois à peine, semble vivre sous la menace d’un ennemi aussi inattendu qu'il s'avère redoutable : le rat géant dakoran, ou ratus dakoranensis. L’espèce était certes connue des naturalistes ; le Muséum d’Histoire Naturelle du Makota en conserve d’ailleurs plusieurs squelettes ainsi que des spécimens naturalisés dans ses vitrines. Mais force est de constater que ce rat dakoran, comme bien des choses en notre malheureux pays, n’a plus guère de rapport avec celui que l’on connaissait avant le tragique Incident du 5 mai 1990.
Plus grand, plus vigoureux et infiniment plus agressif, ce que l’on nomme commodément le Rat Mutant du Dakora constitue une véritable plaie pour la petite communauté d’Avenay. Entre le smog qui réapparait de temps à autre à sa fantaisie, les bandes de punks qu'il faut perpétuellement repoussées et les efforts titanes-ques de reconstruction, ses habitants doivent désormais affronter, jusque dans leurs logis, une bête aussi invasive que dangereuse.
Car le Rat Mutant du Dakora ne se contente pas de chaparder les vivres ni de ronger livres et documents, comme on pourrait s’y attendre. Il représente un péril physique bien réel pour les enfants, les chats et les petits chiens, sans parler des infections dont il est le vecteur et qui nous sont, pour la plupart, encore largement inconnues.
D’une taille imposante, pourvu d’une dentition impressionnante et animé d’un instinct de chasseur redoutable, cet animal n’est donc pas à prendre à la légère. C'est pourquoi un bataillon entier de l’armée a été dépêché sur place pour remédier à cette situation alarmante. Les premières constatations désignent le vieux réseau d’égouts de la ville et son collecteur le plus proche, le collecteur 243.
Dans cet article, nous tenterons de dresser un état précis de la situation, aux prémices de ce qui semble devoir devenir une véritable guerre contre les rats.
Avenay : une colonie en banlieue nord de Dakoraville, sise en plein territoire punk
Avenay n’avait pas besoin de cette invasion de rats pour se trouver en difficulté. À dire vrai, cette jeune colonie compte parmi les plus mal établies qui soient. Son rôle n’en demeure pas moins capital : elle constitue le premier avant-poste de l’État du Dakora aux confins de la lointaine banlieue nord de sa capitale historique, Dakoraville, actuellement entre les mains des punks.
Avant l’Incident, Avenay était en effet la dernière municipalité urbaine de l’agglomération de la capitale. Là où ne vivent aujourd’hui que trois cents âmes – ce qui n’est déjà pas négligeable dans les régions non encore pacifiées et normalisées –, s’étendait autrefois une véritable ville de deux cent mille habitants, avec ses hauts immeubles, ses quartiers résidentiels soignés, ces nombreux commerces et usines et toutes les infrastructures nécessaires à la vie d’une population nombreuse et détentrice d'une civilisation délicate.
Comme partout dans l’agglomération de Dakoraville, on y trouve en son sous-sol un vaste et labyrinthique réseau d’égouts et de transports publiques. Ce dédale souterrain servit d’abri à de nombreux survivants lors de l'Incident, car ils présentaient une protection partielle contre le Smog, et c’est de là que sont nés les punks. Mais ce que les colons d’Avenay découvrent aujourd’hui à leurs dépens, c’est que ces mêmes égouts n’abritent pas seulement ces indésirables sauvages. Ils recèlent également une prodigieuse quantité de rats mutants aussi agressifs que voraces.
Le début de l’invasion coïncide étrangement avec le défrichage des abords du collecteur 243.
Durant les premières semaines de l’installation de la colonie, aucune de ces créatures ne fut aperçue dans le périmètre sécurisé des habitations. En revanche, à l'extrémité de ce périmètre, des chasseurs et des collecteurs produisaient déjà des signalements faisaient état de gros chiens ou de sangliers agitants les hautes herbes et les joncs près des entrées d’égout. Craignant, comme on le craint toujours, une offensive des punks – lesquels font grand usage de molosses –, des battues furent organisées pour chasser ces visiteurs indésirables. Comme l'on ne trouva rien, on pensa résoudre le problème en défrichant soigneusement les abords du collecteur, signifiant ainsi aux punks que la civilisation était de retour et que leur vie serait en danger si ils s’obstinaient à zoner dans les parages.
Or, une fois les lieux défrichés, aucun punk vivant ne fut jamais aperçu. On découvrit en revanche plusieurs corps horriblement mutilés, dont certains fort anciens, qui furent relevés et inhumés au nouveau cimetière d’Avenay. Ces dépouilles s’ajoutèrent à celles déjà enterrées par les Compagnies Nationales d’Inhumation, qui avaient préalablement nettoyé une portion de la Nécropole pour permettre l’implantation de la colonie.
La vérité, on le sait désormais, est bien différente : les punks évitaient ordinairement ce collecteur et ses abords immédiats, précisément en raison de la présence des rats mutants, espèce qu'ils connaissent. Ces mêmes rats contre lesquels, si l’on en croit certains de nos prisonniers punks, ils mènent une guerre sans merci… une guerre qu’ils seraient en train de perdre à cause d'un manque cruel de bières.

Nous doutons fort que les punks soient réellement en péril face à ces créatures, mais nous n’avons aucune peine à imaginer les terribles désagréments que doit représenter la cohabitation avec ces bêtes agressives et répugnantes.
Délaissant les abords du collecteur, les rats mutants pénètrent désormais dans les logements
On en rirait presque si la taille de ces créatures n’était comparable à celle de petits chiens, et si elles n’attaquaient pas nos enfants et nos femmes. Car, non contents de hanter les abords désormais dégagés du collecteur, ces rongeurs mutants ne trouvent plus suffisamment de nourriture et se voient contraint de s'éloigner davantage de leurs repaires souterrains. C'est ainsi qu'ils s’aventurent à l’intérieur même de l’enceinte fortifiée de la colonie. Une fois dans la place – qu’ils pénètrent sans difficulté, les retranchements ayant été conçus pour repousser des hommes et non les rongeurs –, ils se dirigent tout droit vers le sanctuaire des maîtresses de maison : la cuisine.
Là, la bête renverse tout sur son passage, éventre les placards et dévore tout ce qui peut être avalé. La ménagèrent, terrifiée comme on ne peine pas à l'imaginer, pousse des cris de panique. Les plus courageuses s’arment de balais pour chasser l’importun. Mais le plus souvent, l’animal ne se laisse guère impressionner par ces faibles coups. Soit il poursuit sa quête avec obstination, soit, irrité, il se retourne contre la maîtresse de maison qu’il lacère cruellement de ses dents puissantes. La septicémie menace alors la malheureuse si les soins ne lui sont pas prodigués sans délai. Dans tous les cas, il faut qu’un homme accoure, armé d’une massue, d'une pique, ou d’une arme à feu, pour abattre la créature.
Sur la centaine de foyers que compte Avenay, il en est bien peu qui n’aient reçu la sinistre visite de ces épouvantables rongeurs. Et l’invasion ne se limite pas à la cuisine ou au garde-manger : elle s’étend parfois jusqu’au salon et aux chambres à coucher.
Un risque majeur et bien réel pour les enfants
De tous les fléaux qui pèsent sur la colonie, celui qui inquiète le plus reste le danger que ces rats font courir aux jeunes enfants. Cette communauté récente, et donc peuplée de jeunes adultes et où les enfants sont nombreux, vit dans l’angoisse de voir advenir un drame. Car le rat mutant a déjà montré qu’il s’intéressait aux petits animaux et qu’il n’hésitait pas à les chasser : chats, petits chiens, poules ou porcelets. Il n’est guère difficile d’imaginer le sort qu’il réserverait à un nouveau-né laissé sans surveillance. Après de longs entretiens avec les citoyens d’Avenay, c’est bien ce péril qui les hante par-dessus tout. Heureusement, à ce jour, aucun enfant n’a perdu la vie, même si plusieurs morsures sérieuses ont déjà été enregistrées.
Les ordres des autorités : prudence et élimination
Les ordres du maire et des autorités militaires sont formels : ne laissez jamais un nouveau-né sans surveillance et placez son berceau dans la pièce où vous vous trouvez. Les rats mutants ne s’attaqueront pas à votre enfant si vous restez près de lui, loin de toute source de nourriture. Par ailleurs, tenez-vous toujours à bonne distance de ces créatures et appelez immédiatement un homme armé – idéalement le maire, le shérif ou un soldat. L’abattage de l’animal est gratuit et ne requiert aucune formalité.
Le piégeage : une méthode d'élimination efficace
Par ailleurs, le piégeage se révèle particulièrement efficace. Les tapettes classiques sont bien entendu insuffisantes, sauf peut-être pour les individus juvéniles. Il vous faudra vous procurer de solides cages à ragondin et relever vos pièges deux fois par jour, car le rat mutant du Dakora, si on lui en laisse le temps, est capable de ronger le grillage et la tôle fine. Pour achever l’animal capturé – car il ne saurait être question de le relâcher –, munissez-vous d’un pic ou d’une arme

à feu chargée à balle, et non à grenaille. Visez de préférence le cerveau : contrairement au cœur, dont la position peut varier, le cerveau reste toujours à l’intérieur de la boîte crânienne. Et permettons nous d'insister comme le font les autorités dans leur communiqué : il est capital de bien leur détruire le cerveau car il a été établi qu'un rat mutant du Dakora est tout à fait à même de survivre avec un de ses lobes cérébraux totalement mort ou lourdement défaillant.
Le Collecteur 242 : Que sait-on de cette partie du réseau d’égouts de Dakoraville ?
Comme tout ce qui touche aux égouts de la ville, il est extrêmement difficile d’obtenir des informations fiables et substantielles. Plusieurs raisons expliquent cette malheureuse cécité archivistique. La première de raison c'est la complexité et l’ampleur démesurée du réseau, celui-ci, en effet, fut conçu dès l’origine comme un véritable lieu d’activité industrielle et commerciale, une sorte de ville souterraine offrant un foncier peu onéreux permettant aux habitants de Dakoraville de satisfaire tous leurs besoins – y compris celui de travailler – sans jamais remonter à la surface. Pour le dire clairement, Dakoraville est aussi vaste sous terre qu’au grand jour. Aux gratte-ciel de la surface répondent, dans les profondeurs, d’immenses usines et entrepôts. Une autre raison tient au fait qu’une partie de ces installations était classée confidentielle ; les renseignements les concernant étaient protégés par le secret professionnel et le droit des affaires. C’est ainsi, par exemple, que les installations du groupe terroriste Parapluvie Inc. demeurent, pour la quasi-totalité d’entre eux, totalement inconnus de nos autorités.
En somme, avouons-le franchement : nous n’avons aucune idée précise de ce qui se trouve au-delà de l’entrée du collecteur 243. Nous savons seulement que es punks eux-mêmes ne s'y aventurent pas et que les quelques cadavres qui semblaient en provenir étaient atrocement mutilés.
Le Capitaine Henry prépare une exploration de l’intérieur du collecteur 243
Comme nous l’avons indiqué, afin de répondre à la nuisance et aux dangers que ces rats mutants font peser sur l’ensemble de la communauté d’Avenay, le gouvernement du Dakora a décidé de dépêcher sur place et en urgence une compagnie d’infanterie. La 3e compagnie d'infanterie du capitaine Henry et sa centaine de soldats apportent une aide inestimable dans ce vaste travail de dératisation. Interrogé par nos soins, le capitaine se montre tout à fait rassurant :
« L’armée du Dakora est une armée d’élite au service d’un peuple d’exception. Il est donc de notre devoir de faire tout ce qui est nécessaire pour assurer à la population la sécurité qui lui est légitimement due. On peut dire ce que l’on veut, ce ne sont que des rats. Mes hommes et moi-même sommes rompus aux manœuvres de dépunkisation dans le Wasteland ; quelques rats ne vont pas nous faire peur. Pour l’heure, nous ne pouvons pas encore descendre : j’attends les masques à gaz que j’ai réclamés. Le plus grand danger, avec ces bêtes, ce ne sont pas leurs crocs, c’est leur urine. Je ne laisserai aucun de mes garçons entrer dans ce cloaque sans être certain qu’il est équipé comme il convient. Mais une fois que tout sera prêt, je vous promets un beau feu d’artifice. Feu à volonté sur tout ce que nous trouverons à l’intérieur. Bientôt, Avenay deviendra la bourgade calme qu'elle doit être. Croyez en votre armée : nous vaincrons. »
Pour notre part, nous ne doutons bien évidemment pas une seconde que nos soldats régleront définitivement le problème. Cela dit, nous ne serions pas du tout surpris si l'exploration du Collecteur 243 révélait quelques secrets enfouis et oubliés. Pour l'heure, mon équipe et moi-même sommes en négociation avec les autorités militaires afin d'obtenir d'eux l'autorisation de les suivre dans leur offensive souterraine contre les rongeurs. Dans tous les cas, soyez assurés que nous vous tiendrons naturellement au courant des suites de cette opération contre l'armée des rats mutants du Dakora.

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Article de presse en trois colonnes avec une illustration en demi teinte ou tramage, noir et blanc, l'on voit un paysan travailler sa terre à coté de magasins ruinés.

Témoignage : Etre agriculteur au Dakora, In Dakora Matin, le 15/12/2018


Texte en vracTémoignage : Etre agriculteur au Dakora
M. Jean Denis, fermier des alentours de Fort-Aleuciens nous fait part de sa condition de paysan
Comme le dit si justement notre glorieux dirigeant, le Général Lye, dans son ouvrage « Mon Combat pour le Makota », livre que tout bon citoyen devrait avoir en tête et non pas seulement dans sa bibliothèque : « L’agriculture sera la base de l’économie dakorane, comme elle l’est encore aujourd’hui au Makota, et comme elle le fut jadis avant que le Dakora, corrompu par un esprit de jouissance urbaine, ne s’engage sur la voie funeste qui devait mener à sa chute. » C’est pourquoi, soucieuse d’accompagner au mieux cet indispensable retour à la terre, la rédaction du Dakora Matin oriente autant que possible ses articles autour de la question agraire.
Aujourd’hui, nous nous penchons sur le quotidien de Monsieur Jean Denis, paysan à la fois cultivateur et éleveur qui exploite une terre aux alentours de Fort-Aleutien. À travers ses espérances, ses peines et ses joies, il nous livre les réalités de son existence afin que, par son intermédiaire, nous puissions mieux entrevoir ce que sera le Dakora régénéré de demain. Cet entretien a été réalisé par Mlle Prune à l’occasion de la vente d’une partie de sa production par M. Jean Denis au marché central de Fort-Aleucien, capitale actuelle du Dakora renaissant.
Mlle Prune, journaliste du Dakora Matin : Monsieur Denis, avant toute chose, permettez-moi de vous remercier chaleureusement pour le temps que vous accordez au Dakora Matin, au détriment de votre exploitation et de votre famille. Je tâcherai de rendre cet entretien aussi bref que possible afin de ne pas allonger davantage une journée qui, je l’imagine, doit déjà être bien remplie.
M. Jean Denis, paysan : Mes journées sont en effet souvent assez longues, mademoiselle, surtout en été. Mais en ce moment, il ne vous aura pas échappé que nous sommes en décembre et que le solstice d’hiver approche à grands pas. À part quelques cultures d’hiver qui poussent sereinement et le soin quotidien que je dois à mes animaux, je dois bien avouer que rien ne m’occupe professionnellement. À cette saison, quand on n’a pas de raison sérieuse de sortir, ne sommes-nous pas mieux en famille, devant la cheminée ? N’est-ce pas là, en un sens, l’esprit même de l’Avent ?
Mlle Prune, journaliste du Dakora Matin : Vous avez parfaitement raison, monsieur Denis. Noël est un temps béni que l’on doit vivre en famille, et le triste mois de décembre se trouve comme illuminé par les lumières de Dieu tandis que nous célébrons son avènement sur terre. Vous avez parlé de vos bêtes : pourriez-vous nous présenter votre élevage ?
M. Jean Denis, paysan : Bien volontiers, made-moiselle. J’ai cent dix vaches, de bonnes laitières, cinquante moutons et une basse-cour très complète : des poules – trente pondeuses, sans compter le coq et les poulets –, des oies, des canards, des dindes, des cailles et, grâce à la générosité du Général Lye et à ses politiques agraires, un abri chauffé pour mes pintades. Vous savez combien ces bêtes sont fragiles au froid ; sans chauffage, elles ne passeraient assurément pas nos hivers rigoureux.
Mlle Prune, journaliste du Dakora Matin : Le Général Lye vous a donc financé cet abri à pintades ? Puisque nous en sommes là, pourriez-vous nous parler plus en détail de tout ce que le Général Lye a fait de bien pour vous et pour votre exploitation ? Je pense notamment à ceux qui, venant du Makota ou d’ailleurs, chercheraient à s’installer sans avoir tout le nécessaire.
M. Jean Denis, paysan : Le Général aime les paysans, il facilite énormément nos vies. C’est à lui que je dois mon tracteur, mes étables pour les vaches, l’abri chauffé pour mes pintades et même mes terres. Je dis bien donné : je n’ai rien payé en argent. En revanche, j’ai sué sang et eau ; le travail est la seule monnaie qu’exige le Général, et avec ça, je peux la payer. En fait, le Général veut avant tout voir le pays reprendre des couleurs et les marchés rester abondants en denrées. Moi, je me suis engagé à livrer chaque mois une certaine quantité de lait, de viande et de céréales en saison. En échange, le Général me donne tout ce dont j’ai besoin. Je me sens vraiment aidé. Rien à voir avec le Makota, où l’on a toujours l’impression de gêner les ranchers.
Mlle Prune, journaliste du Dakora Matin : Vous venez donc du Makota ? Pourriez-vous nous parler de votre vie avant de devenir colon ? Vous évoquez les difficiles conditions que vous imposaient les ranchers ; j’en déduis que vous n’étiez pas rancher vous-même. Étiez-vous vacher ? Cultivateur ?
M. Jean Denis, paysan : Mon père et mon grand-père étaient vachers, et j’ai plusieurs frères qui le sont encore, à commencer par mon frère aîné qui continue de travailler pour la même famille que servaient déjà mon père, mon grand-père et leurs pères avant eux. Moi, bien que j’aie travaillé au pré durant toute mon enfance et mon adolescence, je n’ai pas été embauché par le rancher en question et je me suis rapidement retrouvé sans ressources. J’ai fait de petits boulots çà et là, puis j’ai fini par atterrir dans l’exploitation d’un vieil homme qui manquait de bras parce qu’il n’avait eu que des filles. J’ai travaillé pour lui un certain temps ; une chose en entraînant une autre, j’ai épousé sa fille et je lui ai succédé à la tête de l'exploitation. Mais le rancher du coin avait des droits sur les terres, j'ai jamais très bien compris lesquels mais ils devaient être sérieux puisque le jour où il ne voulait plus de nous, les shérif et ses hommes sont arrivés et nous avons été chassés. C'est alors que j'ai entendu que le Dakora cherchait des colons. J'ai signé immédiatement et je suis arrivé ici avec ma femme, ses deux sœurs et mes trois enfants et un peu de matériel pour rebâtir une ferme.

Mlle Prune, journaliste du Dakora Matin : Oui, vous avez signé pour le Dakora, moi aussi, nous avons tous signés pour une vie meilleure et un nouveau recommencement. Je constate que vous avez clairement réussi. Pouvez-vous nous parler de votre installation plus en détail ?
M. Jean Denis, paysan : Si vous voulez. Quand nous avons été chassés de notre ferme, ma femme, ses sœurs, mes enfants et moi-même, le shérif nous a autorisés à emporter seulement ce que nous pouvions emporter avec nous. Il estimait faire là un acte de grande bienveillance à notre égard, normalement tout devait revenir au Rancher. Autant vous dire que nous n’avions plus rien : quelques vêtements, de menus objets de famille et un très modeste pécule. J’ai donc pris la route de Sainte-Régine dans l’espoir de trouver du travail à l’usine. C’est ce qu’il convient de faire quand on n’a plus de terre à cultiver, n’est-ce pas ? Et puis, ils embauchent toujours et les salaires y sont souvent bien meilleurs que ce que l’on peut tirer de la terre. Mais cela implique de devenir une sorte d’esclave… Que voulez-vous, quand on a des enfants, il faut bien faire des sacrifices.
Je n’ai cependant pas eu le temps d’entrer dans une usine. J’ai été intercepté par une jeune femme, tenez, un peu comme vous, fort bien mise et d'une grande beauté, qui m’a parlé du Dakora et de ce que le Général Lye pouvait faire pour moi si j’acceptais d'aller y travailler la terre. Il m’offrait toute la terre que je pourrais cultiver, le matériel nécessaire, et même une grande maison, certes très délabrée, mais c'est bien mieux que de partir de rien, n’est-ce pas ? Au début, je n’y croyais pas, je me disais que c’était trop beau pour être vrai. Pourtant, comme la perspective de l'usine me déprimait au plus au point, j’ai signé. Aujourd’hui, je sais que j’ai pris la bonne décision et que j’ai bien fait d’écouter cette jeune femme plutôt que d’entrer dans cette usine sale et sordide où j'aurai été malheureux, sans parler de l'immoralité de la ville pour mes filles.
Mlle Prune, journaliste du Dakora Matin : Je vous remercie de votre gentillesse, monsieur Denis, mais je ne doute pas que votre recruteuse était bien plus jolie que moi, d’autant que sa toilette devait beaucoup moins se salir à Sainte-Régine qu’ici, à Fort-Aleucien. Parlez-nous précisément des premiers temps de votre installation, je vous prie. Je pense qu’il est important que nos lecteurs comprennent exactement comment cela fonctionne, surtout si certains d’entre eux, comme vous autrefois, cherchent à s’établir sur une terre sans en avoir les ressources financières.
M. Jean Denis, paysan : Bien sûr. Une fois les papiers signés, ma petite famille et moi avons embarqué à l’arrière d’un camion qui transportait du matériel agricole. C’était un peu inconfortable, mais infiniment mieux que de faire la route à pied. Le chemin de fer était alors encore coupé pour le Dakora et je ne possédais ni charrette ni voiture. Nous avons roulé toute la nuit. Le lendemain matin, nous étions à Fort-Aleucien. Je me suis présenté au bureau d’attribution des terres avec mes documents. C’est là qu’un officier – je crois que c’était le commandant Maurice qu'il s'appelait – m’a reçu. Je me souviens bien de lui, car il avait pour secrétaire une femme soldat, chose que l’on ne voit pas chez nous, au Makota. Peu importe… Il m’a attribué une parcelle d’une taille considérable, bien supérieure à celle que j’avais au Makota. Il m’a également remis des bons pour des outils et m’a indiqué plusieurs maisons en ruine sur ma parcelle où je pourrais m’installer moyennant quelques réparations.
Pour les bons, il m’a vivement conseillé d’investir dans un tracteur, car ils n’étaient pas si chers. C’est ce que j’ai fait au magasin agricole, avec quelques équipements rudimentaires indispensables. Je ne le regrette pas un instant mon choix. Ce tracteur m’a réellement simplifié la vie. Je ne remercierai jamais assez le Général pour sa générosité. Pas seulement pour le tracteur, bien sûr, aussi pour les terres. J’ai dû travailler dur mais le tracteur, lui, était un cadeau. Merci, mon Général !


Mlle Prune, journaliste du Dakora Matin : Je com-prends votre joie. Moi-même, lorsque l’on m’a offert un appartement d’une taille considérable et en pleine propriété, je n’y croyais pas non plus. Reprenons. Donc, vous vous installez. Comment s’est passée votre acclimatation ? Je veux dire… face au Smog et… vous savez… aux choses du Dakora.
M. Jean Denis, paysan : Si vous voulez. Évidemment, la première fois que l’on voit le Smog, cela fait quelque chose. Mais comme la première consigne que l’on nous donne est de nous aménager une salle calfeutrée, et que c’est précisément ce que j’ai fait en arrivant dans mes ruines, mon premier passage du Smog s’est déroulé sans encombre. Évidemment, cela peut faire peur quand on n’est pas habitué, surtout à cause des bruits que l’on entend à l’intérieur ; mais ce ne sont que des réactions chimiques et des impulsions électro-statiques… Des mirages, en somme. En tout état de cause, il ne faut pas écouter les voix et surtout ne jamais sortir pour les rejoindre. On s’enferme, le Smog passe, puis on ressort quand il est parti. Rien d’extraordinaire. On s’en fait souvent tout une montagne, mais si l’on prend les précautions qui s’imposent et que l’on respecte les consignes du gouvernement, le Smog n’est finalement qu’un phénomène météorologique sans danger, comparable aux tornades lorsque l’on dispose d’un abri. Rien de plus.
Mlle Prune, journaliste du Dakora Matin : Finale-ment, diriez-vous que l’agriculture au Dakora est plus facile ou plus difficile que celle que l’on pratique au Makota ? Je ne parle pas de vous en particulier, mais en général.
M. Jean Denis, paysan : Honnêtement ? Beaucoup plus facile. Et je ne le dis pas pour votre journal : je le pense vraiment. Ici, il n’y a pas de ranchers pour vous maltraiter et la terre appartient à qui peut la travailler. Il règne une sérénité que je ne connaissais pas au Makota. La seule chose un peu déstabilisante au début, outre le Smog, ce sont les phénomènes étranges qui surviennent parfois : mutations dans le bétail, signes dans les cultures, cercles de fées dans les bois… et j’en passe. Mais l’on s’y fait. Le Smog et les choses du Dakora sont, en définitive, des voisins bien plus traitables que les ranchers du Makota. Et puis, le shérif, le maire et les magistrats ne travaillent pas pour eux, mais pour nous. Donc, il n’y a pas photo : la condition du paysan dakoran est bien meilleure que celle du paysan makotan.
Mlle Prune, journaliste du Dakora Matin : Pour finir, n’y a-t-il vraiment rien que vous regrettiez du Makota ? Les hôpitaux et les écoles tenus par les sœurs ? Les offices solennels, les fêtes patronales ? Tout est-il aussi bon ici que là-bas ?
M. Jean Denis, paysan : Il n’y a pas tant de différence que l’on dit. Ici, une partie des soignantes et des enseignantes sont laïques, mais ce sont souvent les mêmes femmes qui sont religieuses d’un côté de la frontière et laïques de l’autre. Il y a moins de tout ici, c’est vrai, mais nous sommes également beaucoup moins nombreux, et il est normal qu’il y ait un petit prix à payer pour la liberté et une meilleure vie communautaire. Mes enfants vont à l’école à Fort-Aleucien ; cela fait de la route, mais le Général a affrété un bus scolaire pour les enfants des paysans de la région. Jamais au Makota quelqu’un n’aurait fait cela. Et puis, encore une fois, il ne faut pas exagérer les différences entre les deux pays : nous sommes un même peuple, une même civilisation. C’est seulement que le Dakora… il est plus moderne, voilà tout. Le Général donne sa chance à tout le monde et il n’y a pas de rancher pour vous dicter ce que vous pouvez faire ou ne pas faire. En somme, je ne dirais pas que le Dakora est un pays de Cocagne pour les paysans du Makota, mais cela y ressemble sur bien des points. Et je le répète encore une fois : je remercie le Général Lye pour tout ce qu’il fait en faveur du monde paysan.

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article en trois colonnes, avec une illustration en demi teinte ou tramage noir et blanc montrant l'intérieur d'une cour d'un camp de rééducation de punks par le travail

Dépunkisation : Peut-on réellement se passer des camps de rééducation ?, In Dakora Matin, le 17/01/2019


Le texte en vracDépunkisation : Peut-on réellement se passer des camps de rééducation ?
Alors que certains ne croient pas possible le redressement moral des punks, il demeure au centre de la politique de l’État.
S’il est un sujet qui divise profondément l’opinion publique dakorane, c’est bien celui de l'entreprise de rééducation des populations punks. Gabegie stérile pour les uns, qui réclament la fermeture pure et simple de ces structures et l'exécution de leurs pensionnaires, investissement insuffisant pour les autres, qui jugent au contraire qu’il en faudrait davantage car ils fournissent quantité de citoyens en puissance pour repeupler l'état : les avis sont très partagés – pour ne pas dire rigoureusement opposées – et nous le constatons bien dans nos discutions au diner communautaire ou aux repas de familles : les esprits s’échauffent rapidement quand on perle de ce sujet.
Mais que l'on soit pour ou contre les camps de rééducation, une chose est cependant certaine : la dépunkisation du Dakora, indispensable pour son développement à long terme, ne pourra faire l’économie de la dimension humaine du problème. À moins d’adopter, comme le préconisent certains colonialistes exaltés, une solution d’extermination totale et systématique de cette population qui constitue non seulement les premiers habitants du pays, mais aussi nos frères de sang – une population indésirable, il est vrai, mais enfin qui ne mérite assurément pas le sort funeste que lui promettent ses adversaires les plus passionnés. C’est pourquoi le gouvernement a choisi une voie intermédiaire et pleine de sagesse : l’ouverture de centres de rééducation fermés destinés à offrir à la population punk l’opportunité d’apprendre les codes de la civilisation et de devenir des citoyens productifs dans le Dakora de demain . Dans cet article, nous tâcherons de dresser un bilan objectif de ces camps de rééducation en expliquant leur raison d'être et la justesse de la doctrine du Gouvernement à leur sujet .
Bien comprendre ce qu'est le Punk : Un survivant de l'Incident retourné à l'état sauvage
Il est capital de bien comprendre qu'un punk, c'est bien plus qu’un simple criminel ou un brigand isolé : c'est un élément issu d'un collectif anarchiste et subversif qui incarne les vestiges difformes et monstrueux de ce que fut le Dakora d'avant l'Incident du 5 mai 1990. Issus des survivants qui se sont réfugiés dans les immenses sous-sols labyrinthiques de Dakoraville – égouts monumentaux, réseau de métro tentaculaire, parkings géants, zones commerciales et usines souterraines –, aussi écœurants et nuisibles qu'ils peuvent nous paraître, il faut bien admettre que les punks forment aujourd'hui une peuplade à part entière, avec ses us et coutumes, ses mœurs, et des références culturelles réelles mais nécessairement barbares car nées de l’enfermement sous une mégalopole ravagée.
Ils ne sont donc pas, contrairement aux Raiders, des monstres surgis du Smog, comme le raconte fautivement quelques ouvrages et fictions destinés a protéger les enfants des dangers du Wasteland, mais des êtres humains biologiquement ordinaires, principalement de race blanche avec quelques métissages aleuciens, qui ont survécu dans un environnement hostile pendant près de trente ans. Privés de lumière du jour, entourés des émanations putrides de dizaines de millions de cadavres en décomposition à la surface, ils ont développé une culture clanique violente, marquée par une âpreté au gain instinctive, des guerres intestines constantes et une incapacité structurelle à reconstruire ou à maintenir les infrastructures dont ils disposent pourtant en abondance. Ce ne sont pas des nomades purs comme les Raiders du Wasterland, mais une population sédentaire qui considère Dakoraville, rebaptisée Punkland, comme sa nation légitime, tout en refusant d’y exercer la moindre forme de civilisation technique, morale ou hygiénique.
Le Punk n'est pas vraiment un brigand mais plutôt une sorte de tribal en voie de disparition.
Le mode de vie du punk révèle une régression sociétale profonde qui le distingue du brigand makotan classique. Alors qu’au Makota un brigand serait rapidement pendu en place publique lors d’une fête populaire, le punk bénéficie, au Dakora, d’une situation géographique et historique qui lui a permis de se structurer en clans et de s'organiser plus largement en société primitive, à l'instar, en quelque sorte, des sauvages aleuciens d’antan. Il vit principalement, comme nous l'avons dit, dans les profondeurs de l’ancienne capitale, exploitant des réserves accumulées avant l'Incident qui se sont pourtant épuisées au fil des décennies. Depuis que le Smog s’est affaibli, perme-ttant des déplacements en surface, les punks ont réinvesti les ruines supérieures et rayonnent désormais dans les districts limitrophes pour y chercher des vivres, commettant vols, braquages, viols et parfois cannibalisme, même si le cannibalisme est plutôt le mode de vie du Raider et que la société punk le condamne.
Leur démographie est en déclin constant : d’environ un million au lendemain de l'Incident, ils ne seraient plus que 400 000 aujourd'hui, victimes de leur propre violence et de conditions sanitaires désastreuses dans lesquelles ils ont été contraints de vivre et dans lesquelles ils vivent encore. Seuls les éléments les plus adaptables se rendent spontanément aux autorités dakoranes pour intégrer volontairement des camps de rééducation par le travail. Les autres, restés dans le monde punk, perpétuent un cycle de guerres claniques stériles qui empêchent toute stabilisation et tout espoir de voir renaître en eux l'esprit de civilisation, même si une relative accalmie récente a été observée .




























Pourquoi il n'est pas possible de laisser les punks mener paisiblement leur vie de sauvages  ?
Combien de fois n'avons pas entendu des bonnes âmes, prétendument bien inspirées, nous prêcher qu'il faut laisser les punks déambuler à leur guise et ne pas chercher à les chasser ou les civiliser ? Ces doux rêveurs oublient un fait évident et indéniable, c'est que l’existence des punks nuit gravement à la recons-truction du Dakora voir même la rendent impossible. Pourquoi ? Parce qu’ils occupent et paralysent le cœur historique, économique et symbolique du pays : Dakoraville. Tant que cette vaste métropole, autrefois joyau de dizaines de millions d’habitants, demeure entre leurs mains sales et primitives, elle sert de nid permanent à de nouvelles générations d’intrus et de chapardeurs qui franchissent tous les jours, et surtout toutes les nuits, les frontières poreuses des districts reconquis. Les punks refusent ou plutôt sont incapables de nettoyer les ruines, d’entretenir les infrastructures colossales à leur disposition, préférant vivre dans la crasse et la violence plutôt que de fournir un minimum d’ingénierie et de travail.
Cette occupation indue, et qui est d'ailleurs préju-diciable y compris à eux-même, bloque tout projet de renaissance nationale d'envergure : impossible de restaurer la capitale, d’y relancer l’activité économique ou d’y manifester le retour de l’ordre civilisé tant que des clans armés y règnent en maîtres. Leurs raids répétés dans les districts limitrophes obligent l’armée et la justice à mobiliser des ressources considérables qui ne vont donc pas ailleurs, pour mener à bien d'importantes campagnes de dépunkisation qui ne pourront jamais se solutionner durablement sans la reconquête totale du Punkland. N'oublions pas que chaque punk qui pille, viole ou tue dans les zones en reconstruction sape la confiance des colons, ralentit l’immigration makotane et maintient un climat d’insécurité qui empêche l’investissement massif nécessaire à la renaissance du pays.
Et si il n'y avait que l'aspect sécuritaire, une simple guerre suffirait. Il ne faut pas oublier non plus que sur le plan moral et civilisationnel, les punks représentent une régression inacceptable. Ils incarnent l’échec d’une partie de l’humanité face à la catastrophe : au lieu de s’unir pour survivre dignement, ils ont choisi la prédation interne et externe, transformant un héritage urbain extraordinaire en un immense cimetière sordide. Leur présence empêche non seulement la recons-truction matérielle, mais aussi la reconstruction symbolique, spirituelle et démographique du Dakora : tant qu’ils occupent la capitale, notre pauvre pays demeure une nation amputée de son centre, incapable de tourner définitivement la page de l'Incident de 1990.
Les succès actuels de l’armée, de la justice (jugements rapides, internements, pendaisons) et même de la relative stabilité politique du Punkland ne sont que des palliatifs et des pis-aller temporaires à une situation qui n'est pas saine sur la durée. La véritable solution, passe par la reconquête complète de Dakoraville et la résolution définitive de la question punk, car tant que les punks y demeureront en tant que peuple organisé, ils constitueront une menace existentielle et un obstacle incontournable pour tout effort de restauration de la civilisation dans le Wasteland. Leur élimination progressive ou leur assimilation forcée via les camps de rééducation apparaît donc comme une condition sine qua non à la renaissance pleine et entière du Dakora. Il s'agit là, en effet, des deux seules alternatives dont nous disposons, c'est à dire l'extermination ou la rééducation, il n'en existe pas d'autres contrairement à ce que peuvent estimer les doux rêveurs qui s'imaginent qu'il est possible de faire autre chose avec cette horde anarchiste et criminelle. L’État du Dakora, par la volonté de son chef le Général Lye, a fait son choix : c'est celui du camp de rééducation.




















Les limites de l’extermination : le recours au camps est indispensable pour dépunkiser
Loin de nous de vouloir condamner ceux qui, dans l'armée comme dans la population, estiment qu'il est nécessaire d'en finir physiquement avec le problème punk. Nous ne doutons pas qu'ils ont leurs raisons et ils ont assurément le droit de partager librement leur point de vue sur la situation actuelle et les solutions à apporter pour régler tel ou tel problème de société. Cependant, qu'ils sachent que cette politique extrême qu'ils préconisent présente des failles considérables et rédhibitoires qu'ils n'ont peut être pas convenablement appréhendées. D’abord, sur le plan moral : les punks restent nos frères de sang, survivants innocents de l'Incident de 1990 pour lequel il est à peu près certain qu'ils n'ont joué aucune part, ils n'ont donc aucune responsabilité dans la situation actuelle du Dakora. Les exterminer massivement et systématiquement reviendrait à commettre le massacre injuste d'une population sœur et déjà décimée par ses propres maux. Une population qu'il conviendrait de secourir plutôt que d'achever. Ensuite, démographiquement, ce serait un gaspillage aussi inutile que dramatique : le Dakora manque cruellement de main-d’œuvre pour recons-truire ses villes et repeupler ses terres. Les camps transforment ces primitifs en citoyens productifs : dans les centres de rééducation par le travail, les punks apprennent discipline, hygiène, techniques agricoles ou industrielles, et, une fois sortis, leur taux de natalité redevient acceptable. Les femmes qui y ont séjourné contribuent à donner naissance à une nouvelle génération de Dakorans à la fois morale et instruite, sans plus aucune trace de punkerie.
Contrairement à l’extermination, qui radicaliserait les derniers clans et transformerait Dakoraville en un champ de ruines encore plus impraticable qu'aujourd'hui, les camps permettent une dépunkisation progressive et intelligente. Ils vident le Punkland de ses éléments les plus adaptables, affaiblissant les factions violentes restantes sans nécessiter une guerre totale et immédiate dont l'issue serait incertaine. Économi-quement, les pensionnaires fournissent une main-d’œuvre bon marché et motivée pour les grands chantiers de reconstruction – déblaiement des ruines, entretien des infrastructures, agriculture de subsistance – tout en réduisant les coûts sécuritaires à long terme. Moralement, cette approche démontre la supériorité de la civilisation dakorane : là où le punk vivait dans la crasse et la violence, le camp lui offre nourriture en suffisance, éducation, structure et espoir. En somme, la politique de camps permet à la fois de résoudre la question punk et d’en faire un atout pour le repeuplement, là où l’extermination ne laisserait que des cadavres inutiles, une conscience nationale entachée et un pays encore plus vide et sous peuplé.
Voila ce qui a motivé le Gouvernement a mener cette politique. En optant résolument pour les camps de rééducation et non pour l'extermination systématique des populations punk, le Gouvernement a privilégié l’avenir à la solution de facilité. L’extermination peut sembler tentante dans la colère légitime face aux raids, mais elle est aveugle : elle ignore le potentiel humain récupérable, gaspille une population déjà en déclin et risque de transformer la reconquête de Dakoraville en un bain de sang inutilement coûteux que nos enfants nous reprocherons. Les camps, au contraire, conjuguent fermeté et bienveillance : ils offrent une porte de sortie honorable aux punks qui le souhaitent, tout en participant à la renaissance de la nation.
En conclusion, si il est certain que la dépunkisation ne sera totale que par la reconquête militaire du Punkland, elle ne pourra pas faire l'économie des camps pour redevenir la grande nation qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être le Dakora a besoin de cette politique de rééducation car elle est à la fois morale, utile et juste.


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Article de presse en trois colonnes avec une illustration en demi teinte ou tramage, noir et blanc, montrant une institutrice faisant sa classe dans un Dakora dévasté

L'Instruction Publique du Dakora recrute !, In Dakora Matin, le 16/08/2019

Texte en vracL'Instruction Publique du Dakora recrute !
Alors que des classes s'ouvrent tous les jours, le Gouvernement peine à trouver des institutrices
Tandis que nos colonies ne cessent de se multiplier à mesure que nos braves colons réinvestissent le territoire national et repeuplent bourgs et agglomérations que nos courageux soldats rendent accessibles, le besoin d’infrastruc-tures publiques se fait de plus en plus pressant. Parmi celles-ci, l’enseignement compte certaine-ment au nombre des plus demandés par les populations comme par les autorités locales, aux côtés des dispensaires et autres services vitaux ou essentielles à la communauté. Autant qu’il lui est possible, le Gouvernement s’efforce de fournir et de salarier les institutrices que l’on réclame souvent avec une insistance maintes fois réitérée. Pourtant, les populations ne se figurent pas les difficultés qui sont celles de l’État du Dakora pour recruter des hommes et, surtout, des femmes en capacité d’instruire des enfants et de faire classe.
L’Instruction Publique se trouve, en effet, en permanence confrontée à un grave déficit de personnel et n'est donc pas en capacité actuellement de fournir une institutrice pour chaque classe. Les raisons de ces difficultés sont multiples. Outre le fait que l’on ne peut, bien entendu, recruter n’importe qui – il faut en effet des femmes convenablement instruites, capables d’enseigner un corpus de compétences rudimen-taires mais solides : lecture, écriture, calcul, morale –, force est de constater que les conditions de vie au Dakora et les faibles salaires s’avèrent peu attractifs, même si ces travers sont en partie compensé par une accession à la propriété grandement facilitée et acquisition d'un statut social localement reconnu et estimé. Ajoutons à cela le niveau d’instruction relativement faible des colons ordinaires, et l’on comprend aisément pourquoi les institutrices demeurent rares, en nombre insuffisant et, partant, particulièrement recherchées.
Dans cet article, nous tâcherons de vous dresser un tableau précis des conditions de recrutement, de vie et d’activité de nos braves institutrices, et nous nous efforcerons, autant qu’il est possible, avec objectivité et honnêteté, de rendre attractive cette profession qui, comme nous l'avons dit, se trouve en très grande tension dans notre pays.
État des lieux de l’Instruction Publique au Dakora
Avant le tragique Incident du 5 mai 1990, qui coûta comme l'on sait la vie à des dizaines de millions de nos compatriotes et réduisit le Dakora à un vaste champ de ruines, notre nation disposait d’un niveau d’instruction considérable. Les nombreuses ruines d’établissements scolaires, de bibliothèques et autres lieux culturels que l’on retrouve encore un peu partout sur le territoire en témoignent. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir de jeunes colonies s’installer d’abord dans d’anciens collèges ou lycées avant d’investir les bâtiments adjacents ; les gymnases, nous le savons, servent souvent de cadre à des bals et à des assemblées populaires ou des foires. Naturellement, l'ancien système a été totalement balayé par l’Incident. Personne ne songerait aujourd’hui à rendre à ces édifices leur fonction première, tant le contexte actuel n’est plus celui des grandes infrastructures d’enseignement d’autrefois. Leur simple existence prouve néanmoins, s’il en était besoin, que notre nation fut jadis dotée d’un système d’instruction publique extrêmement développé.
Aujourd’hui, bien entendu, ce système n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’il fut jadis. Il s’inspire bien davantage du modèle makotan que des principes d’instruction dakorans antérieurs à l’Incident, lesquels, nous l'avons dit, ne sont plus adaptés au contexte particulier du Dakora actuel. Du reste, bien que notre population soit finalement très jeune et prolifique, ces installations anciennes apparaissent démesurément disproportionnées par rapport au nombre actuel d’enfants, sans même parler des professeurs que l’on aurait le plus grand mal à recruter si on voulait rouvrir de telles installations.
Abandonnant donc ces vieilles structures de l’Ancien Monde, le Gouvernement a fait le choix de privilégier les classes uniques regroupant tous les niveaux, instituées un peu partout dans chaque colonie. Fini les grands établissements d’antan où l’on instruisait les jeunes gens selon leur âge, leur sexe et parfois même, dans les institutions privées, les conditions sociales et économiques de leurs parents. Désormais, dès qu’une colonie atteint une certaine taille – en général à partir de cinq cents habitants, soit un effectif suffisant pour former une classe –, elle dispose de son école et de son institutrice, laquelle dispense l’ensemble des savoirs.
Mais le fonctionnement de nos écoles ne dépend pas entièrement du Gouvernement. Il faut bien com-prendre que si l’État salarie les maîtresses, assure leur formation initiale et exerce sur elles un contrôle régulier, c’est aux communautés locales qu’il incombe de fournir le bâtiment, de l’entretenir, d’en organiser le chauffage et le bon fonctionnement, et d’assurer, le cas échéant, l’alimentation et le logement des élèves. Il en résulte de fortes disparités locales : les communautés urbaines bénéficient de bâtiments plus confortables, parfois même équipés d’électricité et d’eau courante, tandis que les communautés rurales offrent souvent une meilleure nourriture et cadre de vie. Dans tous les cas la gestion de l’école ou les projets de création d’une nouvelle classe occupent une place centrale dans les discussions politiques locales . Nous ne doutons d’ailleurs pas que vous en sachiez, sur ce sujet, autant que nous – sinon davantage.

Qui peut devenir institutrice et comment sont-elles formées dans nos écoles normales ?
Pour devenir institutrice et donc fonctionnaire de l’État de la République du Dakora, il faut réussir un examen d’entrée – qui devrait théoriquement être un concours, mais qui n’en a plus guère le caractère en raison du manque de vocations – et mener à bien une formation initiale au sein d’une école normale de l’État. On appelle « école normale » un établissement spécialement destiné à la formation des institutrices. Notons au passage que les hommes peuvent tout à fait se présenter à cet examen et suivre la formation ; cependant, il n’est pas d’usage chez nous, pas plus qu’au Makota d’ailleurs, que les hommes enseignent dans le cursus primaire, mais ils ont leur école normale.
L’âge requis est de quinze ans révolus, à condition d’avoir obtenu son brevet de fin d’études. Il n’est en aucun cas possible d’enseigner avant seize ans. L’examen d’entrée à l’école normale, s’il n’est pas aussi difficile que l’on se plaît parfois à le dire, n’est pas accessible à toutes et se révèle nettement plus exigeant que le simple brevet de fin d'étude. Alors que ce dernier ne requiert qu’une maîtrise suffisante (et donc admettant de larges lacunes) de la lecture, de l’écriture, du calcul et de la morale, les inspecteurs se montrent bien plus rigoureux lorsqu’il s’agit de recruter de futures institutrices et c'est une maîtrise rigoureuse des savoirs fondamentaux qui est exigée de leur part. Il n’est d’ailleurs pas rare que certaines candidates doivent se présenter plusieurs fois à l’examen. Même sans avoir réussi cet examen, il leur est possible d’enseigner en qualité de sous-maîtresses auprès d’une institutrice titulaire, le temps de préparer une nouvelle tentative. On parle alors d’institutrices stagiaires.
Une fois leur diplôme obtenu, les candidates doivent suivre à l’école normale une formation d’une durée variable : idéalement d’un an, mais parfois réduite à six mois lorsque les besoins sur le terrain se font trop pressants. Elles y vivent en pension complète afin que les inspecteurs puissent s’assurer qu’elles deviennent bien ce qu’elles doivent être : des fonctionnaires droites et consciencieuses de l’État du Dakora, ainsi que des maîtresses capables et structurées. Une fois leur formation achevée, elles sont envoyées là où l’Inspection l’estime nécessaire, sauf si un accord amiable a été conclu au préalable entre l’Inspection et une communauté locale qui aurait financé leur scolarité. Dans ce cas, la maîtresse est affectée à la colonie qui a pris en charge son passage en école normale.
Et les religieuses ? Qu’en est-il au Dakora ?
Quiconque connaît les institutions de notre pays et celles de son voisin et frère, le Makota, ne manquera pas de s’étonner que nous parlions pas des religieuses dans cet article. En effet, au Makota, l’enseignement primaire et secondaire relève largement des ordres religieux en vertu de leur concordat organique. Il faut cependant comprendre que notre propre concordat n’est pas organique et que, chez nous, le clergé ne dispose d’aucune compétence exclusive en dehors, naturellement, du culte public. Cela ne signifie nullement qu’il est interdit aux religieuses d’enseigner – ce serait absurde –, mais ce domaine ne leur appartient pas en propre. Que l’on se rassure néanmoins : les formations des religieuses enseignantes du Makota sont pleinement reconnues au Dakora. Il ne leur est pas demandé de passer par une école normale. Elles restent cependant soumises aux mêmes contrôles que n’importe quelle institutrice si elles souhaitent recevoir un salaire de l’État. Il est en revanche admis que, si elles ne sont pas salariées par l’État du Dakora, elles n’aient pas à relever de l’Inspection académique. Notons enfin qu’il est permis aux colonies de salarier une religieuse ; celle-ci est alors libre d’enseigner comme elle l’entend, pourvu que les savoirs fondamentaux soient correctement transmis aux enfants.
Un petit point sur le programme officiel
Nous vous avons parlé du programme et de la nécessité, pour les institutrices du Dakora, de le connaître parfaitement afin de pouvoir l’enseigner. Mais de quoi s’agit-il concrètement ? Quel est le sens d’un tel programme d’enseignement et quelle fin poursuit-on en l’imposant à l’ensemble du corps enseignant ? Le mot « programme » est un terme venu de l’étranger et quelque peu pompeux pour désigner un ensemble de savoirs fondamentaux que tout enfant doit maîtriser au sortir de sa scolarité. Nous en avons déjà esquissé les grandes lignes : lecture, écriture, calcul et morale. Ces connaissances, vous l’aurez remarqué, ne sont pas directement professionnalisantes ; elles sont néanmoins jugées par l’État comme strictement indispensables à tout citoyen dakorans pour tenir dignement sa place dans la société. La maîtrise de ces savoirs est sanctionnée par l’attribution du brevet de fin d’études. Il n’est évidemment pas question d’exiger que tous les enfants en soient détenteurs : tout le monde n’en est pas capable, et l’on peut être une personne très estimable et très honorable sans posséder une maîtrise convenable des savoirs fondamentaux. Néanmoins, c’est la mission pour ainsi dire sacrée de l’Instruction Publique que d’œuvrer à réduire au minimum le pour-centage de citoyens non brevetés. C’est d’ailleurs en calculant la proportion d’élèves sortant de l’école avec leur brevet que l’on évalue la qualité d’une classe et, par voie de conséquence, celle de son institutrice. C’est sur cette base objective que les maîtresses sont notées.
Reprenons le programme plus en détail. Par « lecture », on entend la capacité à lire mentalement et à haute voix, ainsi qu’à comprendre un texte rédigé en langue courante. L’écriture consiste à savoir rédiger à la main, mais aussi à taper (à la machine ou, dans les communautés les plus fortunées, sur un poste d’ordinateur) des textes dans la langue d’usage courant, et à composer soi-même un texte clair et correct dans cette même langue. Pour le calcul, il est exigé une maîtrise parfaite des quatre opérations, des tables les plus usuelles pour les calculs mentaux, ainsi que la capacité à poser correctement les opérations les plus complexes et, naturellement, à les résoudre. Quant à la morale, la plus importante des disciplines du programme, elle consiste à apprendre par cœur une liste d’aphorismes pleins de bon sens et de sagesse : conseils judicieux sur la gestion du ménage et des revenus, la valeur du travail, la déférence indispensable due à Dieu, à la Nation et aux ascendants, ainsi que diverses autres maximes de même nature. Notons que s’invitent de plus en plus dans cet enseignement des considérations historiques, institutionnelles et géographiques, et qu’il est possible que, dans les années à venir, des notions de culture générale viennent enrichir ce programme.
Vous avez le profil ? N’hésitez pas à postuler !
Que vous soyez au Dakora, au Makota ou même ailleurs dans le monde, peu importe ! L’Instruction Publique du Dakora recrute toutes les bonnes volontés qui maîtrisent les savoirs que nous venons d’exposer et qui désirent les transmettre à la nouvelle génération. Les perspectives sont particulièrement attractives : les institutrices comptent parmi les notables de nos colonies, vous disposerez d’un logement à prix très modique et d’une grande liberté dans vos méthodes d’enseignement. De plus, des programmes d’immi-gration entièrement pris en charge par les communautés en demande vous permettent de venir au Dakora sans aucun apport personnel, les consulats de la République de l’État du Dakora se chargeant pour vous de l'ensemble des formalités, y compris l'examen d'entrée en École Normale, vous garantissant dès avant votre départ d'être embauchables (et soyez rassurée : vous serez embochée) Alors n’hésitez plus : le plus noble des métiers vous attend ! Cette mission d’instruction est capitale. Le Dakora a besoin de vous !

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