25/11/2018
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[Karty-Azur] Nos salutations de Volkingrad

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véhicule diplomatique

AlinéaCette nouvelle Karty, aux changements internationaux, diplomatiques et politiques. C'en était oublié les changements intérieurs, après ce que certains pointaient comme la division fédérale. Une nouvelle culture s'épanouissait, évaporant l'opulence impériale, chaque jour se détachait plus de cette période. La montée d'une culture populaire, plus en adéquation à la plume du peuple, ce n'était plus une autocratie qui régissaient les dogmes. Quoiqu'il en soit, la Présidence Fédérale s'apprêtait à entreprendre une nouvelle fois la pratique, laquelle demeurait la reconsidération de divers accords. Tout du moins pas exactement, le terme de reconsidération s'avérait péjoratif, le réel étant avant tout quelques modifications dans le but d'actualiser les accords avec une certaine nation, mais laquelle ? La République Fédérale Kartienne s'apprêtait à accueillir l'Azur, tout d'abord dans le but de reconsidération donc, mais aussi à volonté Azuréenne afin de solliciter l'aide Kartienne quant à Cramoisie, ce qui n'enchantait pas vraiment Volkingrad. Tosca et Angèle siégeaient toute deux au bureau, l'entrevue commençait, les deux Gouverneurs semblaient laisser leurs interlocuteurs Azuréens commencer.

Angèle Orlovski-"Salutations, Excellences Azuréennes, soyez les bienvenues en République Fédérale Kartienne. Semble-t-il que le cas de Cramoisie serait au cœur des préoccupations, de vos préoccupations, nous avions dores et déjà communiqué nos vues épistolairement."
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La délégation azuréenne était arrivée au Kremlin de Volkingrad dans la matinée. Elle n'était pas menée par celle qu'on attendait, Houria Ben-el-Telja ayant démissionné de ses fonctions quelques jours auparavant. Les choses évoluaient en Azur, en Afarée et dans le monde. Petit à petit, les particules en suspension qu'étaient les individus retrouvaient les tracés des grandes lignes invisibles qu'on ne perçoit que par révélation. Ces évolutions tenaient rien de moins qu'à la rupture des positions contradictoires et à la recherche de nouveaux équilibres. La stabilité est une illusion de laquelle les politiciens sont les derniers à vouloir s'abstraire.

L'ambassadrice en Azur, Son Excellence Madame Tansu Vekireyide, était l'interlocuteur le plus adapté pour de nouvelles discussions avec la République Fédérale Kartyenne. La chancelière Orvolski, qui avait sauvé son pays de l'abîme en réprimant une insurrection impériale, façonnait petit à petit la jeune puissance centre-eurysienne en épicentre stratégique et diplomatique. L'industrie kartyenne avançait à marche forcée, et le développement de ses forces militaires était considérable. Récemment, l'alliance brisée avec l'auguste Teyla avait rallumé des projecteurs sur Volkingrad ; celle-ci manifestait son aspiration à ne plus suivre les grands, mais également la recomposition de ses calculs sur la scène mondiale. En refusant de participer à la contre-offensive sur l'alliance socialiste eurysienne, Karty venait d'entrer dans le club des non-alignés ; club qui ne brillait ni par sa cohérence, ni par sa clarté. L'opacité de l'Eurysie, clair-obscur agité de remugles haineux et de politesses froissées, était pourtant bien nécessaire. Le continent, divisé entre l'O.N.D. et les alliés du Grand Kah, comportait tellement de potentats régionaux aspirant à la conquête qu'il fallait bien que les choses demeurent un peu floues pour que la paix puisse subsister. Personne ne voulait de grande guerre. C'était aussi pourquoi le conflit entre l'Hotsaline et l'Altrecht, après avoir été le théâtre de bombardements mémorables, changeait la donne. Mais Karty avait voulu s'en tenir à l'écart, au risque de surprendre, de choquer et de décevoir.

Le Diwan était aussi resté à distance de cette guerre idéologique et maximaliste, très eurysienne, et qui impliquait certains de ses partenaires les plus importants. Ne pas choisir était plus facile pour la nation afaréenne. Cette attitude était commune aux deux Etats. Elle était motivée par un principe similaire : ne pas risquer sa propre sécurité.

Orlovski avait demandé le réexamen des accords conclus avec la Porte, et Afaghani Pasha avait accepté ce réexamen. La délégation azuréenne arrivait donc circonspecte au Kremlin. Devait-on s'attendre à un désengagement de Karty par rapport à l'Azur ? Risquait-on de voir les accords maritimes ou économiques remis en question ? Au contraire, la Chancelière prévoyait-elle de nouvelles propositions pour renforcer le partenariat bilatéral ? Le Diwan estimait que la relation entre Volkingrad et Agatharchidès avait un grand potentiel, mais que ce potentiel restait encore à révéler. La rupture de son alliance teylaise par Karty avait pu inquiéter dans les autres pays. Karty était-elle capable d'assumer des partenariats sur le long terme ? Au contraire, cette rupture avait aussi reconquis l'intérêt du Diwan. Karty était donc capable d'articuler une stratégie autonome, et d'assumer ses propres choix. Les meilleurs amis sont ceux qui tiennent parole, certes, mais il est toujours préférable que cette parole soit sincère.

Les hôtes avaient fait le choix d'entamer les discussions par le point le plus actuel de l'ordre du jour du sommet entre les deux pays. Karty avait refusé provisoirement de signer la Déclaration sur la Cramoisie, un texte à vocation international publié par le Pacte afaréen de sécurité sur recommandation de l'Azur, qui stipulait l'état des menaces existentielles posées par l'entité dénommée « R.A.C. » et les préconisations de la communauté internationale. Le désarmement de l'entité et la reconnaissance du génocide en étaient des points centraux, cependant des interrogations avaient émergé quant à la possibilité de faire de la Déclaration un texte anti-colonial. En effet, la Déclaration ne préconisait pas explicitement la nécessité de « décoloniser » le territoire qabalien occupé par la R.A.C. A certains égards, la Déclaration, bien qu'elle ait été adoptée à l'unanimité des Etats membres du Conseil afaréen, était vue à l'extérieur comme un texte trop imprégné de mansuétude afaghanienne à l'égard d'un régime génocidaire propulsé par Carnavale. Le Diwan n'avait pas répondu à ces critiques, qui confortaient en fait l'aspect équilibré de sa position. Loin d'être un appel maximaliste à la guerre et à l'extermination, la Déclaration s'offrait comme une profession de foi équilibrée et mesurée, capable de rallier bien au-delà des seuls ennemis déclarés de Carnavale et consorts.

La délicatesse avec laquelle Afaghani Pasha voulait obtenir une paix durable entre l'Afarée et la R.A.C. n'en était pas moins un sujet crucial pour les relations entre Karty et l'Azur. De l'avis des forces de sécurité, la R.A.C. demeurait propriétaire d'un arsenal fantastique, d'armes chimiques et d'autres moyens de tuer, et manifestait des intentions plus que belliqueuses ; toute la R.A.C., son idéologie d'Etat, son esthétique et ses projets hurlaient le profond racisme et le caractère emphatiquement colonial de son projet. Dévaster l'Afarée, l'exploiter et la remodeler étaient les ressorts profonds de cette entité fondée par un génocide. L'Azur n'aurait pu en aucun cas éviter d'en faire une priorité. Ni pour sa sécurité nationale, ni pour son honneur, ni pour ses ambitions d'unir le continent et d'en faire la grande force mondiale de l'avenir. Il fallait que le problème posé par la R.A.C. soit réglé, que ce soit par le « Plan M » des optimistes, ou par le « Plan R » des sceptiques. Deux plans, alternatifs l'un à l'autre, décidés par les Afaréens ; le premier, expulser les colons sur la planète Mars en échange de leur liberté sur la planète rouge, et de la restitution du territoire à un Etat qabalien neuf ; le second, faire appliquer les termes de la Déclaration par tous les moyens nécessaires. Les deux plans reposaient sur une même stratégie : la diplomatie.

Les projets de l'Azur pour résoudre le problème cramoisien étaient donc simples et vitaux. C'était un enjeu de sécurité nationale et une priorité du Diwan. Ces projets supposaient le soutien des partenaires diplomatiques de l'Azur. Ce soutien était courtisé par des propositions équilibrées et mesurées. Loin d'être les fanatiques qu'on voulait voir en elles, les autorités du Califat misaient sur l'intelligence et la noblesse des autres pays du monde.

En cela, la signature par Karty de la Déclaration était un enjeu important, primordial même, à la sincérité des échanges entre les deux pays. Pour le Diwan, Karty était devenu un acteur assez important et assez solide pour assumer une décision telle que la signature d'un texte déjà rejoint par des dizaines de pays, dont de très grandes puissances : Velsna, Caratrad, le Faravan, et encore bien d'autres. La Déclaration avait obtenu ces premiers succès car elle était juste. De sa justesse venait sa force. Elle n'avait même pas été critiquée par Carnavale, ni par la R.A.C. dont le silence témoignait de son embarras à choisir son destin. Il fallait l'y aider. Plus le soutien à la Déclaration serait fort, plus la R.A.C. considérerait l'opportunité d'un règlement pacifique plutôt que d'un choc brutal.



« Voici, Excellences, les données du problème », résuma l'ambassadrice de l'Azur à la fin de son explication. « A quelles autres questions puis-je vous répondre pour que nos aimables partenaires de la République Fédérale contribuent à la Déclaration? »
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