25/11/2018
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District 8158 C : Base en phase de Colonisation par Quartier Général du Front de Libération de la Femme Makotane (Makota)

District 8158 C : Base en phase de Colonisation par Quartier Général du Front de Libération de la Femme Makotane (Makota)

Ce sujet correspond à un district encore vide du Wasterland, ouverte à la colonisation pour une nation disposant d’un projet validé. Tant que le district n’est pas officiellement revendiqué, il existe sous la forme d’un simple sujet servant de terrain de jeu et de production de lore. En y jouant, vous incarnez vos colons tentant de survivre, de s’implanter et de reconstruire dans un environnement post-apocalyptique hostile, ou bien êtes vous seulement de passage. L’objectif est de produire, par vos RP, 20 000 points de développement représentant l’effort humain, matériel et narratif de la colonisation. Aucun point n’est investi : seul le temps de jeu, la cohérence et l’ambiance comptent. Les posts réalisés dans ce district constituent son histoire et feront foi, même en cas d’abandon de votre part. Tant que la colonisation est en cours, le district ne peut être contestée ni conquise. Une fois le seuil atteint et validé dans les règles, le district devient une partie à part entière contrôlée par votre colonie. Elle peut alors être gérée comme une entité autonome, sans atlas mais avec toutes les libertés narratives usuelles (comme une nation en somme).
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Photographie des années 50, noir et blanc, une femme en robe du XIXe manipule un poste d'émetteur récepteur avec le casque et le micro sur pied à une table dans un campement de femmes du XIXe installé dans un magasin d'électroménager des années 90 décrépie se nommant Tapissier, format 4:3, l'intérieur, rien à l'extérieur, dans un grand magasin, et elles ont des armes et certaines sont en uniforme de soldats en treillis (mais ce sont des femmes) des années 50. De nuit, un feu de camp au centre.
TRANSMISSION CODÉE – FRÉQUENCE BASSE
NIVEAU DE CONFIDENTIALITE : Maximal
ORIGINE : Source XXXXX
DESTINATION : Bureau des Maréchaux du Makota – Service Antiterroriste
C / C : Bureau de la Présidence de la République du Makota ; M. Ménoville, membre de la Chambre Foncière ; Général Jean Lye, chef de l'Etat du Dakora.
OBJET : Premier rapport de la Source XXXXX
DATE ET HEURE DE LA TRANSMISSION : 04/05/2018 à 2H30 du matin
TRANSCRIPTION DE LA COMMUNICATION RADIO CRYPTEE
Avant de commencer mon rapport, je veux vous dire que j’attends de vous que vous me fassiez parvenir une confirmation audio que Lise reçoit bien son traitement. Si je n'ai pas une preuve de vie et de bonne santé de sa part dans votre prochaine transmission, j'arrête tout. Et je veux l'entendre ... Je me sens déjà sale de trahir ainsi mes sœurs, alors je veux avoir la certitude que ce n'est pas pour rien. Et sa voix me manque tellement… Mais des maréchaux du Makota peuvent-ils seulement comprendre ce qu'est l'amour ? La vérité, c'est que ça vous échappe complètement, comme le reste d'ailleurs. Donc, si vous tenez à mes rapports, vous savez ce qu'il vous reste à faire ! S'il vous plaît...

Après plusieurs semaines à chevaucher péniblement à travers les vastes territoires dévastés, déserts et sordides de l'Administration Militaire et de la Parapluie, nous sommes finalement arrivées à destination. La traversée a été éreintante. Les chevaux sont sur les rotules et nos charrettes pourtant solides et légères grincent à chaque tour de roue, mais elles ont quand même tenu le coup, ce qui tient du miracle. J'ignore toujours pourquoi nous devons nous rendre à cet endroit précis et pas à un autre. Mlle Ménoville refuse obstinément de me le dire, mais je sens qu'elle me cache quelque chose, d'autant plus que c'est bel et bien une ville précise que nous visions. Une parmi ces nombreuses villes fantômes terrifiantes qui peuplent le Wasteland. Celle-là s’appelle Roiglane ; c'est une grande agglomération qui devait compter des centaines de milliers d'habitants. Évidemment, tout le monde est mort à présent et l'on voit partout des cadavres et des bâtiments dévastés… Sans parler du Smog, qui est omniprésent autour de nous et dont il faut anticiper le déplacement quand nous sommes à l'extérieur.

Heureusement, là où nous nous sommes installées, nous sommes à l'abri. Il s'agit d'un grand magasin tel qu'il n'en existe pas à ma connaissance au Makota, il porte le nom de "Tapissier" inscrit en toutes lettres sur son imposante devanture. C'est une sorte de boutique d'électroménager, mais gigantesque. Mlle Ménoville m'a dit qu'il y avait des centaines de Tapissier au Dakora, que ça avait été une compagnie importante. Vu la taille de l'endroit, je la crois sans problème. Je le répète, je ne sais pas pourquoi nous sommes là, mais je sais que Mlle Ménoville a voulu que nous nous y rendions. Je suis intimement convaincue que l'on cherche quelque chose, quelque chose d'important, même si je ne sais pas encore de quoi il s'agit. En tout état de cause, messieurs les maréchaux, je ne pense pas que la tyrannie phallocratique des Rancheurs que vous servez servilement soit en danger du fait de ce que nous faisons ici. Pour nous, en revanche, il n'en va pas de même…

Cependant, pour l'instant, les choses vont plutôt bien. L'ambiance, maintenant que le camp de base est établi, est un mélange étrange de colonie de vacances pour jeunes filles de bonne famille (ce que nous sommes globalement à vrai dire) et de camp militaire improvisé. Ce soir, j'ai observé notre état-major, si j'ose dire ; elles étaient toutes les trois près du feu central. Mlle Vautrin ne va pas bien. Elle passe ses soirées à démonter et remonter ses armes avec une frénésie obsessionnelle, le regard fuyant, murmurant des menaces contre des ennemis invisibles et explosant fréquemment en larmes sans que l'on comprenne bien pourquoi. Il faut alors que Mlle Ménoville la prenne dans ses bras et la berce... C'est un spectacle aussi tragique que pathétique. Mlle Ménoville lui a enlevé toutes ses munitions, et inutile de lui demander pourquoi, c'est évident. Mlle Vautrin devient folle, son hystérie s'est beaucoup aggravée depuis notre départ de l'Empire du Nord et rien ne semble y faire.

Comme vous le savez certainement, c'est Mlle Ménoville qui tient entièrement la boutique. Mlle Vautrin n'est plus capable de s'occuper de quoi que ce soit, pas même d'elle-même. Quant à Mlle Dalembert, elle, elle compte. Elle compte les rations, les munitions, les pièces détachées. C'est un vautour gestionnaire, froid et pragmatique. Je me demande si Mlle Ménoville ne lui aurait pas fait miroiter un magot enterré ici et que c'est ce qui l'aurait motivée à nous suivre. Je ne dis pas qu'elle n'est pas acquise à nos idées mais enfin, nous sommes des terroristes, n'est-ce pas ? Pas des mercenaires... Cela dit, si c'est le cas – je veux dire si Mlle Ménoville lui a fait des promesses d'or – il est possible que le magot existe vraiment puisque tout semble être resté comme tel depuis 1990. Je n'ai vu aucun signe de pillage. Et pour cause : le Smog rôde partout et avec lui ce qui se trouve à l'intérieur... Personnellement, je n'ai rien vu, mais comme tout le monde j'ai entendu des choses s'agiter à l'intérieur... Pour l'heure, je ne veux pas m'étendre sur le sujet.

Cette communication que je vous fais discrètement au milieu de la nuit est déja beaucoup trop longue. Pour l'instant, personne ne me suspecte. Je suis juste "la fille de la radio". Elles me confient leurs messages pour le monde extérieur, sans se douter que j'ai la faiblesse de travailler pour vous. J'ai honte, mais c'est pour Lise que je le fais, pour son traitement. Elles n'ont pas les moyens de payer son hospitalisation et son cancer ne va pas disparaître par miracle, il n'y a pas de miracle à attendre pour les défroquées comme nous...
Voilà ce que j'avais à dire. J'attends vos instructions.

FIN DE TRANSMISSION


Progression de la colonisation : 25%
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Photographie des années 50, noir et blanc, une femme en robe du XIXe manipule un poste d'émetteur récepteur avec le casque et le micro sur pied à une table (une opératrice radio quoi) dans un campement de femmes du XIXe installé dans dans le hall d'entrée d'un hopital psychiatrique désaffecté  des années 90 décrépie et elles ont des armes et certaines sont en uniforme de soldats en treillis des années 50. De nuit, un feu de camp au centre.
TRANSMISSION CODÉE – FRÉQUENCE BASSE
NIVEAU DE CONFIDENTIALITE : Maximal
ORIGINE : Source XXXXX
DESTINATION : Bureau des Maréchaux du Makota – Service Antiterroriste
C / C : Bureau de la Présidence de la République du Makota ; M. Ménoville, membre de la Chambre Foncière ; Général Jean Lye, chef de l'Etat du Dakora.
OBJET : Premier rapport de la Source XXXXX
DATE ET HEURE DE LA TRANSMISSION : 08/05/2018 à 3H45 du matin
TRANSCRIPTION DE LA COMMUNICATION RADIO CRYPTEE
Je vous remercie de m’avoir permis d’entendre sa voix. Lise va manifestement beaucoup mieux, et c’est grâce à vous. L’hôpital de Sainte-Régine est le meilleur que nous pouvions espérer. Avec vos financements et la qualité de leurs soins, je suis persuadée qu'elle va finir par guérir. En parlant d’hôpital, nous avons trouvé celui de Roiglane. Enfin, son hôpital psychiatrique. Vous ne savez pas pourquoi je vous parle de cela ? Eh bien, moi non plus. Seulement, Mlle Ménoville, elle, semble trouver cela important. Je pense qu'elle le cherchait. En vérité, je pense que nous sommes ici principalement pour cette raison, peut être même uniquement pour ça. Je ne sais pas ce qu’elle cherche précisément, mais en tout cas, c’est à l’intérieur.

Il est cependant très difficile de se déplacer dans la ville. Le Smog, qui est très dense ici, se lève rarement et l’on est contrainte, la plupart du temps, de rester enfermées dans de vieux bâtiments délabrés et pleins de cadavres. C’est vieux, c’est laid, et ça sent vraiment mauvais. Sans parler des problèmes sanitaires ... Nous progressons dans une véritable nécropole à ciel ouvert. Enfin… pas si ouvert que cela. Nous installons nos camps dans les rares endroits clos où l’on ne trouve pas de cadavres car nous ne tenons pas passer la nuit dans un cimetière. Dehors, quand le soleil a disparu, qu'il fait nuit, on entend d’étranges choses s’agiter dehors. Il faut alors résister à la tentation d'aller voir, de vérifier. Car quand il fait nuit, ici, le Smog est partout, et il transporte avec lui… je ne sais pas ce qu’il transporte, mais il vaut mieux ne pas chercher à savoir.

Hier, Jeanine est passée dans le Smog, s’étant retrouvée isolée par mégarde. Heureusement, elle portait son masque à gaz. Mais enfin… elle nous est revenue paniquée, presque à s’étouffer sous l’effet de la peur. Elle nous a affirmé avoir clairement senti des mains la saisir de toutes parts, des mains sans aucune bienveillance qui cherchaient à lui ôter son masque à gaz et l'empêcher de sortir du Smog. Elle est persuadée qu’il s’agissait des morts… Et qu'ils lui ont parlé, même si elle n'a pas été capable de nous dire ce qu'ils lui ont dit. Pour ma part, en tout cas, les cadavres que je vous n’ont clairement pas bougé depuis trente ans. Mais je ne doute pas qu’elle dise vrai, je veux dire, j'ai l'intuition qu'il ne faut pas entrer en contact avec le Smog. Non, Il ne faut vraiment pas aller dans le Smog.

Cela dit, nous avons fini par atteindre l’hôpital psychiatrique, et c’est là que nous nous trouvons actuellement. L’endroit est gigantesque. Je veux dire : il n’existe pas vraiment de structures de cette taille au Makota, n’est-ce pas ? On s’aperçoit clairement que les Dakorans étaient très en avance sur nous. Cela dit, cela ne leur a pas vraiment rendu service. Je ne sais pas ce qui est arrivé aux habitants, même si je me doute que tout est de la faute de ce maudit Smog. J’ai entendu dire qu’il était permanent et omniprésent il y a trente ans, entrant même dans les bâtiments. Cela expliquerait, du reste, la façon dont ces gens sont morts : le visage crispé de terreur alors qu’ils étaient pourtant à l’abri, ou pensaient l’être. En tout cas, Dieu merci — s’il convient encore d’invoquer Dieu quand on a défroqué — ce brouillard fétide non seulement ne peut plus entrer dans les bâtiments mais aussi il doit désormais se retirer de temps à autre. Je pense qu’il s’affaiblit avec le temps. Qui sait ? Dans trente ans, sera-t-il encore visible ?

En ce qui concerne notre petite compagnie, outre notre pauvre Jeanine, un peu secouée par son expérience, tout le monde va bien. Enfin, à l’exception, évidemment de cette folle de Mlle Vautrin, dont l’état semble continuer à se détériorer. Mlle Ménoville lui a ôté ses armes, et nous nous relayons pour la surveiller, de peur qu’elle ne se fasse du mal, ou qu’elle ne nous en fasse, ou encore qu’elle ne commette une action inconsidérée nous mettant toutes en danger. Dans la nuit d’hier — ma fonction consistant essentiellement à veiller nuitamment sur le camp et à assurer les transmissions radio — j’ai dû l’empêcher de sortir dans le Smog et en laissant la porte grande ouverte. Elle m'a gifflée et peu battue le temps que les autres me rejoigne. Elle me soutenait en pleurant que le Smog l'appelait et qu'elle voulait rejoindre les morts pour danser... Comme je vous l’ai dit, elle a complètement disjoncté et je pense qu'elle ne sait plus très bien où elle est. Elle pleure souvent et ce qu'elle dit est souvent dénué de sens.

J’en ai parlé à Mlle Durand, notre doctoresse, une nonne défroquée comme moi mais qui a opté pour la médecine plutôt que pour l'éducation. Elle pense que Mlle Vautrin serait atteinte d’une NAA, comme elle dit : une neurosyphilis avancée atypique, une MST proprement makotane et assez grave que l’on rencontre dans notre milieu… si vous voyez ce que je veux dire. Selon elle, l’état de Mlle Vautrin devrait encore se dégrader, puis elle devrait mourir. En soi, je n’ai jamais beaucoup aimé Mlle Vautrin. Mais quelque chose m’a glacé le sang : quelques mots de Mlle Durand. Elle m’a fait comprendre que Mlle Vautrin était simplement la première à manifester les symptômes de la NAA, mais que la plupart d’entre nous l’avait contractée du fait de nos inconduites en matière de mœurs. Maintenant que j'y pense, je me demande si nous ne serions pas ici pour trouver un remède. Mais peut-on vraiment trouver ce genre de chose dans un endroit aussi mauvais que celui-ci ?

FIN DE TRANSMISSION


Progression de la colonisation : 50%
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Photographie des années 50, noir et blanc, une femme en robe du XIXe assise manipule un poste d'émetteur récepteur avec le casque et le micro sur pied à une table (une opératrice radio quoi) dans un campement de femmes du XIXe installé dans dans une grande salle d'un hôpital psychiatrique désaffecté  des années 90 décrépie, au dessus de la port, la pancarte "Service d'Expérimentation médicale", format 4:3, l'intérieur, rien à l'extérieur, et elles ont des armes et certaines sont en uniforme de soldats en treillis (mais ce sont des femmes) des années 50,  de nuit, un feu de camp au centre.
TRANSMISSION CODÉE – FRÉQUENCE BASSE
NIVEAU DE CONFIDENTIALITE : Maximal
ORIGINE : Source XXXXX
DESTINATION : Bureau des Maréchaux du Makota – Service Antiterroriste
C / C : Bureau de la Présidence de la République du Makota ; M. Ménoville, membre de la Chambre Foncière ; Général Jean Lye, chef de l'Etat du Dakora.
OBJET : Troisième rapport de la Source XXXXX
DATE ET HEURE DE LA TRANSMISSION : 10/05/2018 à 1H45 du matin

TRANSCRIPTION DE LA COMMUNICATION RADIO CRYPTEE

Nous avons manifestement trouvé ce que nous cherchions, et il s’agissait bel et bien d’un traitement contre la NAA. Ce graal insoupsonné, ou plutot cette panacée miraculeuse, se trouvait à prendre la poussière dans l’aile Ouest de l’hôpital psychiatrique. Sous ses aspects d'hôpital publique, Il s’agissait en réalité d’un véritable centre d’expérimentation de la Parapluvie. Nous avons retrouvé de nombreux documents à l’en-tête de la firme disséminés dans les bureaux des chercheurs. Pour être précise, l'endroit était sous la responsabilité de l'état mais jouissait d'aides considérables de la Parapluvie. Manifestement, ce n'était pas pour rien.

Il semblerait que ce centre — car le centre d’expérimentation de la Parapluvie se présentait officiellement comme un simple service de l’Hôpital psychiatrique de Roiglane — portait le nom de « service de médecine psychiatrique expérimentale ». Cette chose était dirigée par un certain docteur Florent Thomas. Nous l’avons retrouvé mort de terreur, surpris par la faucheuse comme les autres, à quelques mètres de son bureau, dans le couloir principal. Nous l’avons reconnu grâce à son badge de sécurité. Évidemment, il nous est impossible de nous représenter ce que devait réellement être cet endroit lorsqu’il était encore en activité, ni quelle atmosphère y régnait alors. Mais enfin… les machines que nous avons retrouvées, les lits et leurs systèmes d’attache — avec même certains patients morts encore entravés — tout cela nous a donné la nette impression que des choses absolument épouvantables se passaient ici. L’Incident du 9 mai 1990 aura au moins eu le mérite, si j’ose dire, de mettre un terme à cette horreur.

Tandis que nous installions un camp sous les instructions de Mlle Dalembert, et que nous évacuions les corps des morts vers une autre aile au moyen des vieux lits roulants de l’hôpital, Mlles Ménoville et Durand se sont retirées longuement dans l’infirmerie du service. Je ne sais pas ce qu’elles y ont fait durant tout ce temps, mais lorsqu’elles sont revenues, elles portaient dans leurs bras de volumineux cartons sans aucune inscription et semblaient souriantes et presque joyeuses. Il y avait alors entre elles une complicité que je ne connaissais pas, bien que les deux femmes échangeaient souvent dans le cadre de la maladie débilitante qui frappe Mlle Vautrin, notre chef.

De notre côté, lorsque nous eûmes terminé l’évacuation des corps, le montage des tentes et l’entretien des chevaux, et tandis que nous faisions chauffer de l’eau saine dans un grand faitout à des fins d’hygiène, eau que nous avions trouvée pour ainsi dire par hasard et en grande quantité dans le réservoir du toit de l'hôpital, plusieurs d’entre nous — dont moi — les avons interrogées sur le contenu de ces cartons. Mlle Ménoville déclara alors, avec la force et l’enthousiasme qu’on lui connaît, qu’elle nous en parlerait au souper et que la nouvelle était d'importance.

Nous avons donc fait preuve de beaucoup de discipline et attendues patiemment, nous livrant par la même occasion à une après midi de délassement après tout ces jours de déambulation dans le sordide Wasterland. Le soir venu, après avoir dégusté un excellent repas composés de boites que nous avons trouvés au grand magasin du coin -- c'est quand même beaucoup plus pratiques ces grands magasins que nos petits épiciers -- et une fois faite la vaisselle, car ce n'est pas le genre de notre compagnie que de laisser de la vaisselle à faire, nous nous sommes rassemblées, excitées et impatientes, pour entendre Mlles Ménoville et Durand nous faire part de leur découverte et de la suite qu'elles entendaient donner à notre aventure.

Mlle Ménoville commença, elle nous révéla que l'objectif premier de la mission, qui n'était certes pas le seul, était de mettre la main sur une substance capable de soigner la Neurosyphilis Atypique Avancée NAA, qui est une infection antibiorésistante et létale qui fait des ravages actuellement dans le monde progressiste makotan. Le service de médecine expérimentale de l'Hôpital Psychiatrique de Roiglane avait, peu de temps avant la destruction du pays, en mars 1990, fait une communication énigmatique dans laquelle il proclamait qu'il avait trouvé une substance capable, justement, de traiter très éfficacement ces premiers cas de NAA que l'on voyait alors apparaitre. Evidemment, la destruction de Dakora et l'impossibilité de s'y rendre durant toutes les années 90 et 2000 du fait l'omniprésence et de la permanence du Smog avait rendu impossible toute tentative d'aller chercher la substance. Aujourd'hui, cependant, nous triomphions enfin car la substance était entre nos mains.

Puis ce fut au tour de Mlle Durand, en sa qualité de médecin anatomopathologiste, de prendre la parole. J'aurai bien des difficultés à rendre ce qu'elle nous dit parce que ça dépassé très largement les connaissances en science naturelle en général et en médecine en particulier. En gros, elle nous faisait comprendre que la substance était tellement stable que la poudre qu'elles avaient trouvé était encore active et saine. Il fallait cependant la joindre à du liquide physiologique avant de l'injecter et qu'un traitement rapide de quelques jours devait largement suffire à faire disparaitre toutes présence du pathogène, même chez les personnes les plus atteintes comme Mlle Vautrin. Elle nous a aussi apprises qu'elle avait récupérée la formule du médicament et qu'elle était capable d'en refaire au besoin, pourvu, cependant, qu'on lui fournisse un laboratoire minimal avec de l'électricité et quelques machines courantes en état de fonctionnement.

Mlle Ménoville repris alors la parole pour conclure, indiquant que l'on pouvait maintenant songer à trouver un endroit où nous installer et à aménager une piste d'aviation pour préparer la réalisation de notre propre société : Il était grand temps que le Front de Libération de la Femme Makotane travaille activement à la réalisation de son utopie progressiste et féministe. Cela ne signifiait nullement que l'on renonçait à l'action direct au Makota, mais l'on joignait maintenant un pan constructif : notre propre état ! C'était en tout cas ce qu'elle nous à dit. Personnellement, je ne sais pas trop quoi en penser, en tout j'aimerais que l'on ne reste pas dans cet hôpital, c'est un endroit terrifiant. Enfin, il semble que ce ne sera pas le cas puisqu'on lève le camp demain matin, direction la banlieue de Roiglane.

FIN DE TRANSMISSION


Progression de la colonisation : 80%
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Photographie des années 50, noir et blanc, une femme dans sa trentaine en robe du XIXe siècle (tête nue) assise manipule un standard de radio de police avec le casque et le micro sur pied à une table (une opératrice radio quoi) dans une salle radio d'un commissariat  des années 90 décrépie, il y a un révolver sur la table,, dehors c'est la nuit.
TRANSMISSION CODÉE – FRÉQUENCE BASSE
NIVEAU DE CONFIDENTIALITE : Maximal
ORIGINE : Source XXXXX
DESTINATION : Bureau des Maréchaux du Makota – Service Antiterroriste
C / C : Bureau de la Présidence de la République du Makota ; M. Ménoville, membre de la Chambre Foncière ; Général Jean Lye, chef de l'Etat du Dakora.
OBJET : Quatrième rapport de la Source XXXXX
DATE ET HEURE DE LA TRANSMISSION : 16/05/2018 à 3H15 du matin

TRANSCRIPTION DE LA COMMUNICATION RADIO CRYPTEE

Nous avons quitté l’hôpital psychiatrique chargées, comme je l’ai indiqué, des cartons contenant les médicaments nécessaires au traitement de la NAA, ainsi que d’autres matériels médicaux encore employables et qui nous seront utiles dans le futur. Je n’ai pas été mécontente de nous voir quitter ce lieu sordide, débordant de cadavres momifiés par le temps et d’instruments d’expérimentation de la Parapluvie qui comme je l'ai dit, vu leur aspect, auraient tout aussi bien pu servir d’instruments de torture. Nous avons alors entamé notre errance dans les rues désertes et sordides de la ville dévastée de Roiglane, à la recherche d’un refuge définitif, puisque nos chefs ont décidé que nous nous installerions dans cette ville.

Pour ma part, je dois bien avouer que je ne suis pas fâchée de voir cette interminable errance dans le Wasterland prendre fin. Mes nerfs commençaient à fatiguer à force de passer de bourg en bourg et d’y voir, inlassablement, des monceaux de cadavres de la population locale, la plupart étendus au sol à l’endroit même où le Smog les a saisis le 5 mai 1990. Toujours ces mêmes regards de terreur chez ceux qui ont conservé des traits lisibles. Nous ne savons pas comment le Smog les a tués, mais on peut être sûres que ce ne fut pas de plaisir et que leurs derniers instants ne furent assurément pas les meilleurs… Et cette odeur abominable qui nous saisit chaque fois que nous entrons dans un bâtiment, cette odeur de mort et de décomposition qui émane des corps, imprègne le mobilier et les tapisseries, et finit même par nous imbiber nous aussi. J'en ai la nausée rien que d'y penser.

Mlle Durand, en sa qualité de doctoresse, nous a bien mises en garde contre les dangers de la cadavérine — ce fluide putride issu des corps en décomposition et hautement toxique — et sur la nécessité de maintenir une distance suffisante entre les morts et nous. Mais jusqu’à présent, il nous était impossible de nous en éloigner, puisque nous changions constamment de lieu. À présent que nous avons trouvé un point fixe, nous pourrons enfin nous en libérer. Cela me fait penser à la politique d’enterrement à grande échelle mise en place par l’Administration militaire : on ne trouve presque plus de cadavres à l’air libre chez eux, sauf dans les bourgs et fermes qui n’ont pas encore été visités, ce qui devient de plus en plus rare. Je pense que nous ferions bien de nous en inspirer. Pour l’heure, en tout cas, les corps sont jetés sans ménagement dans un endroit précis, assez éloigné de notre abri. Mais je m’avance dans ma narration.

Nous avons donc quitté l’hôpital le lendemain de mon dernier message. Le Smog nous a beaucoup ennuyées. Selon Charlène, la plus mystique d’entre nous — ce qui ne l’a pourtant pas empêchée de défroquer — ce monstre nous en veut d’avoir récupéré les cartons de médicaments de la Parapluvie. Elle prétend que ce qui appartient aux morts doit rester aux morts, et que nous profanons leur sépulture. À cela, Mlle Ménoville a répondu, exaspérée, que les morts n’ont besoin de rien d’autre que d’un bon trou et qu’on les laisse tranquilles, tandis que nous, nous devons essayer de rester en vie. Mais, sans vouloir donner raison à Charlène et ses élucubrations mystiques, force est de constater que le Smog nous suit davantage depuis que nous transportons ces cartons. À moins que ce ne soit simplement notre entrée dans la ville qui en soit la cause, car nous savons qu’il est beaucoup plus présent en milieu urbain qu’à la campagne. C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi, dans l'Administration militaire, la plupart des villes restent, jusqu’à présent, relativement délaissées par les colons.

Enfin, malgré des arrêts toutes les deux heures pour nous abriter du Smog dans des bâtiments délabrés et pleins de cadavres, nous sommes tout de même parvenues, après quelques jours, à nous faire une idée assez précise de ce qu’est Roiglane et de ce que nous pouvons espérer y faire. Nous avons repéré l’ensemble des bâtiments publics ainsi que les structures les plus imposantes de la ville. Notre regard — ou plutôt celui de Mlle Ménoville — s’est porté sur le commissariat. C’est dans ses murs de béton armé, derrière ses fenêtres aux vitres épaisses et munies de solides barreaux, que nous nous sommes installées. De plus, tout y était ouvert, contrairement aux banques, dont les coffres sont restés fermés, pour le plus grand déplaisir de Mlle Dalembert. Je ne doute pas qu’elle trouvera un moyen de les forcer lorsque nous serons bien installées et que nous serons de corvée pour déplacer des quintaux d'or jusque dans sa chambre... Pour l’heure, nous nous occupons donc de retirer tous les corps du commissariat et de les empiler au loin, de nettoyer les lieux en profondeur, de désinfecter massivement et de remettre l’endroit en état. Il y a tant à faire, mais nous sommes enfin chez nous.

Je ne peux pas vous parler plus longtemps cette nuit. Je ne veux pas prendre le risque d’être découverte. Personne ne me soupçonne, et c’est très bien ainsi. Comme vous pouvez le constater, nous sommes bien occupées ici et nous ne représentons absolument pas un danger pour la phallocratie makotane… Sinon, comment se porte Lise ? Je ne l’ai pas entendue dans votre dernière communication. Est-ce qu’elle va bien ? Je remplis ma part du marché, vous devez remplir la vôtre.

FIN DE TRANSMISSION
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