14/08/2019
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ALTAI MANGUDAI [Blog nationaliste]

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Altai Mangudai est un blog fondé le 23 janvier 2014, en l'anniversaire de Mehmet Kesmanzade, honorable commandant du régiment de cavalerie Mangıt, dont il a été le dernier chef après la dissolution de celui-ci par les autorités républicaines. En la mémoire des valeureux Mangudai qui ont créé et étendu la nation azuréenne en Afarée, il adopte une ligne patriote, nationaliste, militariste et républicaine en opposition avec l'idéologie d'Etat de l'islamo-soufisme pseudo-démocratique. C'est également un site d'archives et de mémoire pour la République azuréenne (1922-1978), ses figures historiques, ses armées et sa pensée politique. Le blog publie en altaï (langue turque minoritaire), en arabe, en anglais, en français et en mongol. Les textes de langue altaï sont publiés en caractères latins et en caractères traditionnels beçik . Le blog compte déjà plus de 3000 contributeurs et emploie 24 salariés à temps plein pour faire vivre l'esprit national azuréen et répandre la bonne parole auprès des gens munis d'un VPN pour contourner l'interdiction légale du site. Le directeur du blog est un internaute du nom de Cengiz (pseudonyme).


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« L'ESPRIT ALTAÏ EST UN ESPRIT D'OFFENSIVE » : SOFIA SHAKÛR À LA CONQUÊTE DES NATIONALISTES


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« C'est une guerrière » ; en privé, les commentaires sur Sofia Shakûr, actuelle leader du Parti libéral azuréen au Sérail, déléguée pour la mudharaba des ouvriers et techniciens du secteur gazier, ne sont ni tendres ni timides. « Elle s'est imposée contre la direction précédente », rappelle un élu du parti, qui raconte l'ascension de celle qu'il surnomme comme « la lionne. » « C'est un peu notre Pervenche Obéron à nous », veut croire, prophétique, un militant libéral qui fera campagne pour Sofia Shakûr dans le nord du pays. Fière, « agressive », la cheffe de file du parti historique technosolutionniste, pro-capitalisme, libéral et laïque s'est révélée au grand public par son langage châtié à l'égard des décroissantistes et de l'opposition écosocialiste. Jusqu'à devenir la meneuse d'un Parti libéral en pleine refonte, qui fait désormais cavalier (des steppes ?) seul pour les élections de 2020.

« Sofia Shakûr est une fervente défenseuse du secteur gazier azuréen », estime un observateur à l'oeil bien affûté qui n'aura pas loupé que l'actuelle élue pour la corporation gazière a publiquement soutenu le Plan Gazier de Beylan Pasha en 2015, et vilipendé les écologistes durant l'affrontement politique qui a finalement vu l'abandon des espoirs de renouveau fossile en Azur. « Elle a tenu le pavé pour défendre nos emplois, nos salaires, notre dignité et notre histoire », se réjouit un technicien de PETRAZUR, qui estime que la cause gazière est, au-delà d'une simple question économique ou énergétique, « un enjeu de civilisation. » Certaines régions, notamment au nord du pays, ont en effet fait de la production des hydrocarbures leur spécialisation ― et une manne financière considérable, qui alimente les caisses de l'Etat califal.

« Je ne suis pas là pour faire front commun ni avec les décroissantistes, ni avec les séparatistes », avait cinglé en 2017 l'alors devenue présidente des Libéraux, actant le divorce avec l'ancienne coalition d'opposition. L'Alliance démocratique, qui rassemblait jusqu'alors tous les opposants au régime califal derrière une bannière de laïcité, de parlementarisme et de défense des droits humains, s'était alors brisée en deux : d'un côté, la gauche écologiste et sociale-démocrate, plus ou moins favorable aux orientations des réformateurs islamiques imprégnés d'écologisme et de réchauffisme ; de l'autre, le Parti libéral, avocat historique de l'industrie et du développement technique. Un divorce qui aura signé une nouvelle ère inédite pour l'opposition au régime califal.

« Avec Sofia, rien ne semble perdu d'avance » ; malgré la domination politique et électorale du Parti de la Renaissance Islamique, la Nahda, et la popularité historique du Grand Vizir Afaghani Pasha, l'opposante iconoclaste ne veut « rien lâcher. » Dernière offensive en date : une offensive sur le plan symbolique. Ainsi, Sofia Shakûr a représenté une délégation azuréenne à Khydan, au Talaristan, pour la fête nationale d'une « nation soeur » ; une première depuis 1978 de la part d'un parti qui n'a jamais réussi à se sortir d'une relation lourde et ambiguë au passé dictatorial de l'Azur. Contrairement aux Jeunes-Altaïs, qui affirment une certaine sympathie à l'égard de la période républicaine (1922 à 1978), les Libéraux tentent de formuler un nouveau projet politique basé sur le libéralisme politique et institutionnel, appuyé sur la coalition Alliance démocratique. Enfin, tentaient ; par des déclarations très amicales à l'égard de l'histoire altaïe, et de la nature « steppique » et « turcique » de la nation azuréenne, Sofia Shakûr, qui n'est pourtant pas de langue altaïe et qui fait partie d'une génération moins préoccupée par les questions ethnoculturelles, revendique un attachement à un enjeu symbolique fort pour le peuple national azuréen.

« L'Azur devrait reconstruire son économie et son armée », estime le Parti libéral à travers ses représentants rassemblés en meeting à Mysore, au Mirobansar. « Cela suffit, la doctrine de stricte défense et de passivité ! » Pour le parti à l'emblème de barrage, symbole hérité de la grande période des développements d'infrastructures hydroélectriques sous la République, le gouvernement califal « détricote notre histoire glorieuse » et veut « mettre fin à des millions d'emplois à travers le pays. » Néanmoins, Sofia Shakûr juge que « l'action à l'égard de la Cramoisie est satisfaisante », même si elle reste « minimaliste » : « si nous avions une armée de terre digne de ce nom, nous pourrions déjà occuper le terrain. La politique du missile arrive à ses limites », une critique historique portée par les Jeunes-Altaïs, sur les platebandes desquels le Parti libéral vient désormais jouer.

« Industrie, armée, patriotisme » : telle semble être la ligne que veut incarner Sofia Shakûr pour les élections de 2020, qui verront le renouvellement des conseils de collectivités territoriales à travers le pays, ainsi que celui d'une majeure partie des sièges au Sérail, pour la partie des délégués élus ― les sièges occupés par des délégués permanents venus des mudharabas et des organisations confessionnelles, eux, resteront occupés par leurs titulaires après l'élection. « Le Parti libéral est en train de quitter l'orbite démocratique et humaniste », a regretté un élu social-démocrate peu de temps après le divorce d'avec l'Alliance démocratique. Pour les écologistes, c'est en revanche un « soulagement » de ne plus faire équipe avec des « productivistes déments » : le Plan Gazier a été le moment d'une fracture interne profonde, remarque un toutologue toujours pas kidnappé (mais que fait la police ?). « Entre les pro-hydrocarbures et les pro-décarbonation, il y a un fossé qui se creuse » alors que le Grand Vizir, Afaghani Pasha, semble faire de la question environnementale un cheval de bataille pour recomposer l'économie azuréenne en panne de diversification.

« Nous sommes favorables à l'abolition des spécificités religieuses », clame Sofia Shakûr, dans un registre étonnamment éloigné de la position traditionnelle visant à privilégier une laïcité dans l'Etat favorable à l'inclusion de toutes les communautés ; au contraire, pour Shakûr, « la Constitution califale garantit des privilèges à certains groupes minoritaires » au détriment du reste de la population. Qui est visé ? « Les hindouistes du Mirobansar », réplique immédiatement un participant au meeting, interrogé en marge du rassemblement à Mysore. Pour lui, « sous couvert de tolérance vis-à-vis des prétendus "Gens du Livre", on a donné une surreprésentation et des avantages à certaines communautés », dont la plus importante, devant les Juifs et juste derrière les Chrétiens, est celle des Hindous, qui forment la majorité de la population au Mirobansar. « Nous nous opposerons systématiquement aux tentatives de démembrer notre grande nation turcique », a conclu la leader libérale sous les applaudissements, en plein coeur de la province sud ; à travers cette promesse, c'est un engagement à faire obstacle aux tentatives répétées du Nand Sangh, le « Parti de la Joie » mirobansari, autonomiste, particulariste et confessionnaliste pro-hindou, d'obtenir un statut particulier et, pourquoi pas, l'indépendance.

« Sofia Shakûr prétend ne pas agresser l'électorat musulman dans ses convictions », juge un ouléma conservateur, « même si elle défend toujours l'avortement et l'abolition de la morale islamique » ; certains autres membres d'associations conservatrices ont une opinion mitigée de la nouvelle orientation libérale. « Elle a beau dire défendre l'unité territoriale de l'Azur et vouloir renforcer sa puissance, elle reste une jeune femme de grande ville », peu au fait des problématiques rurales, paysannes, auxquelles le Grand Vizir tente de répondre à travers une politique axée sur la protection des ressources naturelles. « Nous avons un problème de pollution et de diversification économique », dit un économiste de la Nahda, qui juge que le Parti libéral « est plutôt archaïque que moderne » sur les questions technologiques et industrielles. Une critique rejointe par les Verts : « avec Sofia Shakûr, c'est la crise assurée, l'eau empoisonnée, le dérèglement climatique. »

Les Jeunes-Altaïs ont accueilli favorablement les déclarations de Sofia Shakûr sur la « grande nation altaï. » Çerkes Haslan, ténor du parti d'extrême-droite nationaliste, a même fait part de son « optimisme » : « la décadence afaghanienne prendra fin un jour ou l'autre », prophétise-t-il ; « nos idées se répandent dans la société. »

« Je ne suis là ni pour vous caresser ni pour vous endormir », a asséné l'ambitieuse représentante libérale à ses partisans à Mysore. « Vous n'êtes ni des imbéciles ni des enfants. Vous n'avez pas besoin qu'on vous parle avec une petite voix douce en vous berçant dans un landau. Je ne suis pas là pour vous faire plaisir. Je suis là pour vous dire qu'il existe un moyen de prendre le pouvoir. Ce moyen, c'est la voie que je choisi et que je mène. Cette voie, c'est celle qu'ont toujours emporté nos ancêtres les Altaïs ; c'est celle de l'audace, et de l'offensive. Laissez la lâcheté et la pleutrerie aux sédentaires. L'esprit altaï est un esprit d'offensive. »


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« TÄNGRI » : LE ROCK ALTAÏ QUI RENOUE AVEC LA STEPPE

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« Juste quatre potes de l'Asarbeylik » : le groupe vit bien. Fondé il y a deux ans à Gökkurtabad, une localité en banlieue de Beylersaray dans le nord de l'Azur, « TÄNGRI » se propulse cette année sur le devant de la scène mondiale en devenant l'un des premiers groupes azuréens à se produire pour le Festival international de la Chanson. « Le Nazum, c'est nos racines », rappelle Oybeg, bassiste au sein du groupe. « Forcément, à Heon Kuang, on y sera », rajoute son collègue Abdolkerim spécialiste de la batterie.

Avec Zafar et Cengisz, ces enfants des « 90s heureuses » ont grandi sur un territoire et dans une culture marquée par l'héritage de la steppe. « Nous sommes tous des Altaïs », dit le meneur du groupe, qui évoque une « transcendance historique » dépassant les frontières du temps et de l'espace. « Ces souvenirs sont présents dans nos chansons », explique-t-il en présentant le moriin khuur, sorte de violoncelle à une seule corde, d'où il tire une plainte déchirante. Cet instrument, dont la sonorité évoque caractéristiquement les plaines étendues du Nazum du Nord, se retrouve dans de nombreuses culture de ce continent éloigné ― Quatre-Vallées, Beylicat aykhanide, et Talaristan notamment. Le chant khöömi, dont les ondes graves rappellent les thyroïdes carencées en iode des nomades du coeur du continent, appartient ainsi également au folklore de cette province septentrionale de l'Azur dont on a décidément pas fini d'entendre parler.

« L'Asarbeylik est le foyer de la culture altaï », explique Jahangir Putrapashda, historien et animateur d'une radio locale de langue altaïe à Mysore, au Mirobansar. Pour cet « éternel nomade » qui retrace la présence des Altaïs en Afarée à l'orée de l'an mil, « la nation azuréenne a partie liée avec l'histoire de la steppe talare. » Les Altaïs, qui ont régné sur l'Azur jusqu'en 1800 et qui constituent encore un groupe culturel important et vivace, revendiquent en effet une origine nazumie, importée à l'époque des grandes invasions impériales de l'Algh Khan. « De ce fait, nous sommes les cousins de beaucoup de peuples dans la région », une cousinade qui se reconnaît aux sonorités languissantes de ses instruments traditionnels ; et désormais, aux éclats furieux de son rock metal.

« Nous honorons la culture de notre peuple », estime le groupe, qui a choisi comme nom de scène l'inéquivoque emblème du Dieu-Ciel, TÄNGRI, vénéré par les hordes préislamisées et éloignées. Une référence qui n'est pas sans créer des accusations et des controverses, notamment parmi certains critiques musicaux, qui rejettent « les airs nationalistes » d'un groupe qui assume son origine altaïque. « Les Altaïs ont été manipulés par la République », argue l'historien, qui reconnaît que « le nationalisme ethnique athée » du régime qui a duré entre 1922 et 1978 en Azur a « occasionné un contrecoup culturel. » Pendant des décennies, le Califat et la société azuréenne ont ainsi préféré amoindrir les références à l'apanage turco-mongol, par égards pour l'unicité d'un pays qui demeure une mosaïque culturelle. Parfois ciblé pour son « ethnofolklorisme », le groupe se défend de toute prise de position idéologique : « nous sommes juste des patriotes azuréens », et « être Altai, c'est avant tout une question de mindset. » L'attaché de presse des musiciens, qui se préparent à participer au Festival international de la musique, a ainsi souligné « la mise en valeur d'une musique ancrée dans les rythmes populaires de l'Azur » et d'une « vision heureuse et universelle de la culture altaï. »

Une culture mise en avant par le Diwan ? « Le choix de TÄNGRI pour le Festival de 2019 a été fait par une commission indépendante », rejette le porte-parolat du gouvernement. Certains observateurs confirment que les autorités azuréennes auraient préféré le choix de musiciens moins « politiquement connotés » que TÄNGRI, alors que le groupe est désormais assuré de représenter l'Azur. Cependant, la majorité du public approuve la désignation des quatre « petits gars d'Asarbeylik », qui ont ainsi pu se produire dans l'émission du soir de Gharda Aljaïni, sur Agathar TV. « Que l'on soit ou non de langue altaï, on se reconnaît dans cette culture », démontre un sociologue spécialiste de la consommation culturelle. « L'idéologie républicaine, qui est encore aujourd'hui portée par certains partis politiques, a infusé dans l'esprit collectif. »

Pour autant, les organisateurs de la délégation azuréenne au Festival International de la Chanson démentent toute intention « identitaire » derrière le choix du morceau sélectionné, « SHIGI HUKHTU », qui mêle mélodie et éloge d'un personnage médiéval éminent de la Horde altaïe, et percussions modernes assorties de vibrations électroniques. « La musique est un facteur d'ouverture, de mélange, de métissage et de découvertes » ; « c'est l'espace nomadique par excellence. » Dans cette « horizontalité », TÄNGRI confirme vouloir chanter « quelque chose qui parle au coeur des gens. » « Shigi Hukhtu parle du courage, de l'intelligence, de l'honneur », nous explique un traducteur : « c'est un éloge aux facultés créatives et à l'ipséité. » La praxéologie n'a qu'à bien se tenir nous aussi on sait faire des gros mots. « Nos titres sont repris dans des toktoks », s'étonne Cengisz, joueur de morrin khuur et de guitare électrique, qui y voit le symbole que « la nouvelle génération s'approprie sa culture », une culture de « fierté, de générosité et de fureur. » Avec TÄNGRI, le monde entier pourra donner tout son cours à de saintes colères musicales.

Le groupe a annoncé, dans la foulée de son passage à Heon Kuang, plusieurs dates au Nazum. Une tournée au Talaristan est notamment très attendue par les fans, qui promettent de faire le déplacement jusqu'à Khydan pour entendre « la musique des jeunes » dans « le pays des pères. »
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