05/11/2018
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[Presse] Actualité sportive

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Le sport dans les médias brocéliens


Sont recensées ici les actualités sportives parues dans la presse du pays

Récapitulatif



Tennis
- Ivan Brother : bientôt symbole du sport brocélien à l'international ?, Sports in Brocelynwood, 15 mai 2018
- Ivan Brother défait par l'outsider Josef Bakeman, Sports in Brocelynwood, 18 juin 2018
Brève - Ivan Brother rayonne en amical international, Sports in Brocelynwood, 31 août 2018


Football
- Tensions autour de la "Loi Football" : ce que ça dit des antagonismes sociaux, Le Progrès, 27 mai 2018
- Agitations dans le monde du football, Sports in Brocelynwood, 3 juin 2018
- Championnat brocélien de football : début de la saison samedi, Sports in Brocelynwood, 1er août 2018
- Lornbridge / Tintellin Cove : une situation explosive à une semaine de la rencontre, Le Progrès, 9 septembre 2018

Multisports
- Sports : le Royaume remet de l'ordre, Sports in Brocelynwood, 21 septembre 2018
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Dans : Sports in Brocelynwood
Principal quotidien sportif de Brocelynwood. Ligne éditoriale favorable au pouvoir royal

Ivan Brother : bientôt symbole du sport brocélien à l’international ?
15 mai 2018

Tennis

Grand, blond, les yeux bleus perçants, des bras aux muscles saillants : à 20 ans, Ivan Brother est déjà le grand espoir du tennis brocélien à l’international.

Champion national chaque année dans les catégories jeunes et junior depuis ses 12 ans en 2010, il a émergé auprès du grand public en remportant le Championnat National Brocélien en 2017. Il est le grandissime favori de l’édition 2018 qui se déroulera le mois prochain dans la capitale Wynterhall, dans lequel ses chances de victoire sont à ce jour estimées à 85 % selon les meilleurs spécialistes de la discipline. Seul Jonas Winter pourrait lui ravir le trophée pour son dernier tournoi avant la retraite, à moins d’une immense surprise d’un outsider.

"Un régal !"

Jamais Brocelynwood n’avait vu joueur aussi complet et aussi précoce dans le premier sport du pays, qui est tout près de dépasser le million de licenciés. Au service, Brother réussit l’exploit d’un premier service à la fois extrêmement puissant et slicé, le tout à un taux de réussite indécent. “ Habituellement, ce type de tentative est une prise de risque énorme qui amène les joueurs à la faute 4 fois sur 5 chez les meilleurs. Chez Ivan, vous pouvez inverser le rapport : il est à 30 % d’échec dans les mauvais jours. Pour le breaker, il faut se lever de bonne heure. L’avantage qu’il prend dans le point est immense, tant il pousse d’entrée son adversaire vers l’extérieur. Il peut dès lors enchainer à l’opposée ou le prendre à contre-pied. C’est un régal !” s’enthousiasme Al Gory le Président de la Fédération Brocélienne de Tennis. Brother a un coup droit tout aussi puissant et parfaitement maitrisé sur plan technique et un revers extrêmement efficace, avec une régularité constante qui l’amène à faire très peu de fautes directes.
Les détracteurs disent regretter le manque de diversité dans le jeu, très porté sur le combat endurant de fond de court et des tentatives d’amortie plutôt rares. Mais comme l’a reconnu son principal adversaire et triple champion national Jonas Winter, non sans une pointe d’ironie : “ si j’avais dû faire face toute ma carrière à des joueurs aussi incomplets qu’Ivan Brother, pas certain que j’en serais au même palmarès”. Façon de dire qu’en sport, ce n’est pas l’originalité perçue par le grand public qui compte au final, et que le faible nombre d’amorties ne porte aucunement préjudice au jeune espoir.

Déjà égérie de tout un peuple à Brocelynwood, les espoirs se portent maintenant sur des victoires continentales et internationales. La concurrence sera féroce et Brother a évidemment de nouveaux paliers à franchir, comme tout jeune se frottant soudainement aux tous meilleurs de sa discipline. Montrant parfois des signes d’agacement, il devra se forger un mental d’acier, ce qui nécessitera encore un travail sur lui, loin d’être hors de sa portée.

Brother : "Je suis protestant dans et hors du terrain"

Mais c’est aujourd’hui toute une nation qui veut le porter. Car Ivan Brother n’est pas seulement un sportif extrêmement talentueux. Il peut être le porte voix d’une nation qui cherche à lutter contre la perte de repères, parfois dans la jeunesse ou certaines franges de la société. Fervent protestant, il assume sa foi et la lie directement à son engagement sportif. “La croyance et les rites religieux structurent ma vie. Lorsque je suis sur le terrain, je continue à vivre ma religion, je suis protestant dans et hors du terrain”.
Étonnant par sa maturité, il en tire même des leçons sociétales : “Au tennis, tu es seul face à ton destin. Tu portes la responsabilité individuelle de réussir, tu ne peux pas te défiler. Ce n'est pas pour rien que c'est le sport national ici, dans un des plus grands pays protestant au monde”. A l'heure où certains se plaisent à questionner les structures fondatrices de la société brocélienne, le jeune champion répète qu'il ambitionne de remporter des trophées “pour Dieu et pour le Roi”.

C'est donc pour l'ensemble de son œuvre et pour le message qu'il porte qu'Ivan Brother a le soutien officiel du Royaume, au-delà de la famille royale elle-même.
Aldric Rowanstone, Premier Secrétaire Spécial du Roi, a annoncé cette semaine un investissement de 50 000 Woodies Crowns visant à soutenir le succès international du tennisman dans les cinq ans à venir, qui vont contribuer à renforcer son staff et les infrastructures d'entraînement. En ligne de mire : le Grand Open de Tennis de 1921.

Dans tous les cas, nul doute que tout est réuni pour que cela porte ses fruits.
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Dans : Le Progrès
Journal généraliste classé à gauche, proposant des analyses sociales et assez peu lu

Tensions autour de la “Loi Football” : ce que ça dit des antagonismes sociaux
27 mai 2018

Sports


La proposition de loi du Parti Libéral déposée ce 20 mai à l’Assemblée Unique fait l’objet de nombreux débats et même de vives oppositions, aussi bien parmi les élites politiques qu’au sein de la société. C’est le cas car les enjeux dépassent largement l’objet du texte lui-même.

Les libéraux comptant 3 membres à l’Assemblée Unique, le texte n’a aucune chance d’aboutir en l’état. Mais cela vaut la peine de comprendre ce qu’il contient. L’objectif est de reconnaître et subventionner la Fédération Brocélienne Football, aujourd’hui simple association, en tant que future instance officielle. Elle serait dès lors chargée de missions d’intérêt public et d’organiser le championnat semi-professionnel de Brocelynwood. L’idée sous-jacente est aussi de développer un nouveau secteur économique et d’utiliser un sport comme outil d’influence à l’international. Mais cette fois-ci - c’est une exception - une lecture purement pro-business du positionnement du Parti Libéral serait une erreur.


La sociologie du sport brocélien et son évolution

Pour tout comprendre, il faut s’intéresser de plus près à la sociologie et l’histoire des pratiques sportives. Dans notre pays comme dans beaucoup d’autres, le football dans sa version “soccer” est le principal sport populaire pratiqué et suivi par les travailleurs des villes. Il a toujours été perçu avec mépris par le Royaume, qui a alterné entre des périodes de semi-interdiction, de tentatives d’ignorance et, bien plus rarement, de relatif “laisser faire”. Le football est le sport des “masses laborieuses” qui sont, c’est bien connu, les “masses dangereuses”. Les élites religieuses et royales s’inquiètent régulièrement de ces foules d’ouvriers enthousiastes et engagés derrière leurs équipes. Tout débordement, parfois réel, est monté en épingle et signe du nécessaire besoin de “rétablissement de l’ordre public”. Par ce loisir hors de son contrôle, le Royaume craint aussi l’essor de lieux de socialisation permettant le développement d’idéaux républicains à tendance potentiellement socialistes.

Dans sa perception, le football se démarque donc clairement de sports “nobles”, individuels, qui dominent les villes et les campagnes de Brocelynwood. Bien sûr, nous parlons ici respectivement du tennis et du tir à l’arc. Mais le football est également dissocié du rugby, sport pourtant populaire et rugueux. Or il se trouve que le rugby est le sport des campagnes, lieu de classes populaires beaucoup plus favorables au pouvoir royal. Sans faire de généralités, celles-ci privilégient davantage l’ordre établi que l’organisation collective pour y faire face. De plus, les liens officieux de nombreuses ligues régionales avec la famille royale et son entourage sont bien connus de tous. Le rugby est donc renvoyé à une image méliorative, conquérante, faisant parfois référence aux Protestants austariens du XVIIème siècle combattant à la fois leurs oppresseurs et investissant les territoires aleuciens.

Alors comment expliquer le soutien du Parti Libéral à l’officialisation du Football dans le pays, au point de s’en montrer parmi les fers de lance ? En réalité, la pratique du “soccer” et son supportérisme ont muté au XXIème siècle. Au coeur des villes, des classes moyennes jusqu’aux nouvelles élites économiques, le football s’est diffusé à travers plusieurs milieux sociaux. Le plus surprenant est que cette inconsciente “récupération” n’a pas eu d’impact négatif sur la notoriété de ce sport au sein des milieux populaires. Il en résulte donc aujourd’hui une forme de ligne de fracture entre d’un côté les populations urbaines, propriétaires comme ouvrières, et de l’autre côté le pouvoir royal bien aidé ici par les divers conservatismes.
Une occasion de rassembler les classes antagonistes du capitalisme autour du rectangle vert ? Pas vraiment. Ce n’est pas l’angle que nous développerons ici mais nous notons que les pratiques et les clubs se structurent avec de vraies identités ouvrières ou élitistes, faisant émerger fortes rivalités et oppositions de style. Cela est d’ailleurs une des marques de fabrique des grands pays de football, ce que Brocelynwood est encore loin d’être devenu.


La stratégie bien pensée des royalistes

Pour en revenir à la problématique initiale, faut-il simplement retenir que les royalistes vont rejeter le texte et qu’il n'en restera rien ?
C’est plus complexe.
En premier lieu, même sans cette loi, le football ne cessera pas d’exister, d’être pratiqué, suivi, d’être un fait social significatif. Le Championnat semi-professionnel continuera à se structurer et à susciter un intérêt grandissant, c’est inévitable. En 2018, on ne peut imaginer le Roi faire directement la guerre à la pratique d’un simple sport, quand bien même il y a des craintes plus fondamentales en arrière-plan.

Une partie des royalistes ayant compris qu’il ne faudrait pas nécessairement tout rejeter d’un bloc, une forme “d’entourloupe” va être tentée à l’Assemblée, sans garantie de succès.
Des membres du Parti Royaliste ont ainsi déposé deux amendements changeant assez radicalement la proposition des Libéraux, même si elle ne suffira pas à satisfaire tout le monde dans le camp royaliste.
Le premier amendement vise à intégrer l’actuelle Fédération Brocélienne de Football directement au patrimoine du Royaume. Cela signifie qu’elle deviendrait directement une forme d’administration dirigée par un Secrétaire Royal, et non plus une association de droit privée. L’objectif est d’assurer la mainmise du Royaume sur l’organisation de ce sport et l’on peut craindre que ce ne soit pas dans un objectif d’intérêt public.
Cette supposition est confirmée par le deuxième amendement. Si on pouvait, pour cette fois, reconnaître aux Libéraux le fait de vouloir engager des dépenses publiques dans un objectif d’intérêt général (le développement de la pratique sportive pour tous, c’est du moins ce qui était affiché), le Parti Royaliste se dirige dans une toute autre direction. Les soutiens du Pouvoir associent directement l’objet de la Fédération à un objectif “d’ordre public” et “d’éducation” des enfants, trahissant sans gêne leur vision très négative et instrumentale du football. Le championnat serait bien organisé à compter de la saison prochaine, mais à quel prix ?

Récupérer et contrôler le football national plutôt que le laisser structurer à sa façon, voilà le choix que s’apprêterait à faire Johnlyn IV et son Secrétariat Royal. Si cette version de la loi est adoptée, cela provoquera de nombreux remous parmi tous les fervents soutiens de ce sport.
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Agitations dans le monde du football
3 juin 2018


Agitation foot

Cela faisait bien des années que le “soccer” n'avait pas été à la Une de l’actualité politique comme ces dernières semaines. Tout est parti de la volonté de créer un nouveau championnat national semi-professionnel, initiative élaborée dans l’ombre par des dirigeants de clubs depuis le début de l’année civile. La perspective a été relayée par le Parti Libéral à l’Assemblée mi-mai, souhaitant que ce championnat soit officialisé et porté par une “Fédération Brocélienne de Football” reconnue par le Royaume. Cette “Fédération” serait restée de droit privé mais subventionnée pour des missions “d’intérêt public”.


De l’échec de la proposition de loi au Décret

Cette version a fait l’unanimité contre elle du côté du Parti Républicain et du Parti Royaliste. Mais la stratégie à adopter a divisé au sein de chaque groupe. Certains membres de l’Assemblée étaient opposés à toute loi pouvant contribuer à la promotion du football par la représentation nationale, tandis que d’autres ont accepté l’idée d’un championnat officiel mais à réguler beaucoup plus étroitement par le Royaume. “On ne peut pas laisser vivre de lui-même un sport qui participe à la corruption de la jeunesse et est régulièrement source de violences bien connues”, assumait-on dans les rangs royalistes.
Les amendements ont été adoptés avec une avance suffisante. Mais les votes se sont davantage resserés au moment de l’adoption du texte final, à tel point que les nombreuses abstentions ont été complétées par une égalité parfaite de “pour” et “contre”, fait rarissime. Sans majorité relative, le texte est donc rejeté.

Le Président de la “Fédération Brocélienne de Football” a immédiatement réagi en se félicitant d’avoir évité de justesse la reprise en main de son association comme administration du Royaume “Notre rôle n’est pas officialisé et reconnu, nous n’aurons pas de financements assurés. Mais nous sommes soulagés de garder notre autonomie et nous organiserons ce championnat dès le mois d’août ! Nous continuerons aussi à tout faire pour permettre l’accès au football à tous les enfants, même si autour du Roi, on veut surtout nous mettre les bâtons dans les roues.

Le Secrétaire Royal à l’Ordre Public Cornelius Osborne a jugé cette vision “ifausse et naïve”. Devant la presse, il a annoncé le contenu du décret publié au même moment : “La “Fédération Brocélienne de Football” est renommée “association” afin d’éviter toute confusion avec les fédérations officiellement établies dans notre Royaume ; je pense ici notamment à la Fédération Brocélienne de Tennis et la Fédération Brocélienne de Tir à l’Arc, disciplines connues pour la qualité des valeurs inculquées à la jeunesse, en adéquation avec celles de la nation. Cette association privée peut organiser des matchs si elle le souhaite, mais nous posons aujourd’hui un cadre : aucun financement public, et des déplacements de supporters limités à cinquante personnes pour les matchs à l’extérieur, afin d’éviter les débordements et affrontements.”.


De vives réactions

Depuis les rebondissements des derniers jours, notamment suite à ces annonces, le monde du “ballon rond” s’est ému. Quasi tous les clubs ont souhaité montrer à leurs supporters leur volonté de défendre ce sport en s’opposant au Décret, hormi Hollowford dont le communiqué “salue la recherche de compromis du Secrétariat Royal pour la bonne tenue des matchs de foot”. D’autres clubs ont parlé de “regrets y compris” et même de “mépris”, ont accusé l’Etat brocélien de “venir troubler la fête par une vision purement négative d’un sport parmi d’autres’, selon leurs propres termes.

Si la majorité des clubs se sont résignés à accepter une prise de décision légitime, au-delà de leurs désaccords, l’usage de stratégies bien plus virulentes demeure une réalité autour de certaines formations. En l’absence de consensus visant à porter en commun plus haut et plus fort la voix de la contestation, les clubs de supporters de Wynterhall Ironworks FC, Tintellin Cove United et Alderash FC ont décidé de faire cause commune. Mettant en avant la défense de l’intérêt public, ils admettent craindre avant tout la difficulté à concurrencer les autres clubs en l’absence de tout financement public, y compris à l’échelon local. En partie proches des milieu communistes, ces groupes ont usé des habituelles méthodes connues des forces de l’ordre : manifestations non déclarées à proximité des camps d’entrainement, attaques personnelles contre le Roi et ses représentants, et même à l’égard des équipes adverses. On a ainsi pu entendre ce matin à Alderash des chants insultants à l’égard du club de Dunsfeld, surnommé “Dumb-sfeld Town”.

Cornelius Osborne a rappelé qu'il tenait à ce que le sport se déroule dans de bonnes conditions à Brocelynwood, à l’image de ce qui se passe par exemple dans le tennis, alors que nous sommes à quelques jours du Championnat National Brocélien. Mais “ tout extrêmisme sera sanctionné, à la fois à l’encontre des fauteurs de troubles mais aussi de leur club.



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Tennis : Ivan Brother défait par l’outsider Josef Bakeman
18 juin 2018

Illustration tennis

L’édition 2018 du Tournoi National Brocélien vient de s’achever à Wynterhall. La Semaine a tenu toutes ses promesses et réservé de nombreux inattendus, jusqu’à la Victoire finale elle-même.

Le quasi-récital des favoris pour commencer

Avant les demi-finales, le tournoi s’est déroulé sans encombre, ou presque, pour les deux principales figures de la compétition scrutées par tous les observateurs.
Le grandissime favori Ivan Brother a passé un premier tour aux allures d'entraînement, quoique trop court (50 minutes de jeu) et une victoire sans encombre 6-0 6-0 en ne lâchant que 15 points à son adversaire sur la totalité de la rencontre. Après un second tour tout aussi maîtrisé bien qu’un peu moins expéditif, le joueur de 20 ans a commencé à se frotter à la concurrence à partir des quarts de finale. Lors d’un premier set disputé, il perd ses nerfs au moment du tie break donnant l’avantage à son adversaire. Passé ce moment difficile, il déroule et inflige un 6-1 6-2 lui permettant de s’ouvrir les portes du dernier carré, un deuxième trophée national consécutif chez les séniors en ligne de mire.
C’est alors que les ennuis commencent.


Des demies-finales historiques

L’entame de la demi-finale est à l’avantage d’Ivan, tout en maîtrise sous le regard enthousiaste du couple Royal qui a fait le déplacement pour l’occasion. Après un premier set remporté 6-4, et alors qu’il a un break d’avance dans le deuxième (3-1), le public retient son souffle lorsque la cheville de Brother vrille et qu’il s’écroule. Il se relève, boitillant, perd les trois suivants sans réagir avant de profiter du changement de côté pour demander des soins. Il revient en marchant plus normalement, court parfois, mais il n’est pendant 20 minutes que l’ombre de lui-même et s’incline finalement 3-6. Alors que tout semble perdu, Ivan parvient à récupérer, se ressaisit, reprend de la confiance, et est porté par un public qui devient minute après minute toujours plus bouillonnant. Le troisième set se conclut par une victoire 6-4 sur un ace lors de la balle de match dont lui seul a le secret. Le stade explose et Ivan Brother peut savourer sa qualification pour une deuxième finale à Wynterhall. L’inquiétude sur son état physique domine mais les nouvelles du staff sont rapidement rassurantes : le tennisman est remis, plus de peur que de mal, et il sera de retour à presque 100 % pour la finale. Tout le monde se dit alors qu’un Ivan Brother à 90 % devrait suffire pour l’emporter contre l'inattendu Josef Bakeman.

Car Bakeman vient de créer la surprise en éliminant en demies la tête de série numéro 2 Jonas Winter. Et ce n’est manquer de respect à quelconque participant que de dire que tout le monde - des amateurs de tennis les plus fervents et passionnés aux curieux occasionnels - était convaincu et espérait une finale Winter / Brother : le futur retraité contre la jeune relève, l’ancien champion national contre l’étoile montante du tennis mondial, et ce quand bien même l’ancienne star en tournée des adieux ne semble pas forcément en capacité de faire le poids contre la jeune “rockstar” du tennis brocélien, nouveau grand favori. Mais l’Histoire de notre sport national s’est écrite sous nos yeux et le “Duel” n’aura pas lieu. Malgré un excellent début de tournoi, Jonas Winter est sorti en demies-finales par un étonnant Bakeman qui a surperformé de la première à la dernière balle (6-4 7-5). En larmes, Jonas Winter salue et ne cesse de remercier tout un stade qui lui offre une standing ovation de près de dix minutes, pour l'ensemble de son œuvre (retrouvez le résumé et l’analyse de sa carrière dans les colonnes de ce numéro p.12-13).


La sensation Bakeman

En finale, Bakeman est dans la position de celui qui n’a rien à perdre ; il joue relâché, sans pression, et malgré ses limites techniques, “tout passe”. A 27 ans, Bakeman est un habitué des circuits nationaux, mais n’a jamais rien démontré de majeur. Ce dimanche, à l’image de sa demi-finale, Josef semble touché par la grâce ; chaque balle flirte avec les lignes sans les franchir, le taux de première balle est impressionnant et les fautes directes sont rares. Chez Brother c’est tout l’inverse ; la pression qui pèse sur ses épaules est immense et quasi-palpable, chaque geste est tendu, les temps de réaction sont bien trop lents lors des démarrages de course. Un an plus tôt, Ivan était dans la peau de l’outsider ; la finale de cette édition 2018 a révélé toute la complexité d’être dans celle du favori, pour qui ce tournoi national devrait presque être une formalité, le début du chemin vers la gloire Internationale. Cette dimension mentale a coûté cher. Pourtant, après avoir mal débuté, Brother commence à relever la tête en débreakant à deux reprises consécutives. La suite semble toute tracée, mais c’est alors que le 4ème point du 11ème jeu marque un tournant. A 5-5, Ivan Brother mène 30-15 sur son jeu de service. Tout en confiance, il réussit son premier service, puissant et slicé, mais Bakeman excentré la remet dans un trou de souris court croisé. Ivan contre par un amorti croisé, Bakeman s’arrache pour réaliser un contre-amorti. Gardant l’avantage dans l’échange, Brother lobe son adversaire, ce que Bakeman a rapidement anticipé. Ca aurait dû ne pas suffire, mais dans une réussite indécente, Bakeman frappe la balle en se retournant in extremis et réalise un passing puissant long de ligne qui surprend complètement Ivan. Le stade est admiratif, et c’est à ce moment que le tennisman de 20 ans commence à faiblir psychologiquement, s’incline en fin de première manche avant de sombrer dans le deuxième set (7-5, 6-2).

Probablement qu’Ivan Brother s’en relèvera, peut-être même endurci, après une fin de tournoi marquée par la souffrance physique et mentale.
Bakeman quant à lui a réussi le double coup de sa carrière. Même s’il se revélait incapable de reproduire pareilles performances, il pourra continuer à savourer le “Trophée de [sa] vie”, pour reprendre ses propres termes, pendant encore des décennies.
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Championnat brocélien de football : début de la saison samedi
1er août 2018

Soccer

Alors que la coupe du monde de football bat son plein, le Championnat Brocélien semi-professionnel de football démarre ce week-end pour sa première saison. Celui-ci a fait l’objet de vastes polémiques il y a deux mois autour d’un texte de loi proposé par le Parti Libéral finalement abandonné. La compétition aura lieu mais son caractère officiel n’est pas reconnu et aucun club ne pourra faire l’objet de financements publics. Par ailleurs, afin d’éviter les habituels débordements propres à la discipline, les déplacements de supporters sont strictement encadrés. Notre journal couvrira les résultats, mais gardera également une veille critique sur le contexte et les événements en dehors du terrain et respectera le cadre légal. A trois jours des premiers affrontements - sur le terrain, cette fois - nous faisons un état des lieux des forces en présence et de ce qui sera à surveiller.


Où sont les favoris ?

Nous ne cacherons pas que nous manquons de repères, en l'absence de précédentes saisons comme référentiels. C’est en même temps ce contexte qui va pimenter la compétition pour les quelques fans les plus fervents.

Les trois grands favoris au titre sont sans aucun doute Wynterhall City, Tintellin Cove et Lornbridge. La hiérarchie se resserre entre les trois clubs, Tintellin Cove étant le principal grand club impacté par la loi sur l'interdiction des financements publics. Du côté de City, les rumeurs qui circulent ces derniers jours sur un possible investissement massif du riche Jake Tongue apportent enthousiasme mais aussi leur lot d'incertitudes. Il se pourrait qu'un éventuel apport de fonds dans le football de l'homme d'affaires bénéficie finalement au club d'Alderash, ville au cœur de son entreprise, plutôt qu'à son club d'enfance.
Un peu derrière ce Big Three, le deuxième club de la capitale Wynterhall Ironworks FC va tenter de tirer son épingle du jeu. Le début de championnat va être déterminant avec un déplacement à Brumeforest, dont un résultat correct n'est pas exclu malgré la blessure de leur meilleur joueur, suivi du grand derby contre le rival City. Le club enchaînera ensuite contre des équipes de milieux de tableau et n'aura donc pas le droit de multiplier les erreurs.


Qui pour la relégation ?

A côté de la lutte pour le Titre, les petites équipes vont avoir la lourde tâche sur les épaules d'éviter la dernière place, synonyme d'exclusion de la compétition pour la saison prochaine.
Là encore, trois clubs sont considérés comme particulièrement mal en point : le club de la communauté Alderii, Oakspire, ainsi que Alderash, à moins d'imaginer un retournement tel qu'un rachat de ce club ouvrier par le PDG Tongue comme évoqué précédemment. Dès la première journée, l'affrontement entre l'Alderii Soccer Club et Oakspire Rovers s'annonce très serré et déjà déterminant, tandis qu'Alderash va très probablement souffrir contre Tintellin Cove, et c'est un euphémisme.

Enfin, de nombreuses équipes sont attendues au milieu de classement, avec l'espoir d'être une surprise pour les premiers rôles. C'est ce qu'on attend notamment de Dunsfeld, Highbrook et Hollowford. Mais pour certaines, basculer du mauvais côté du tableau n'est pas à exclure, ce qu'on peut notamment craindre pour Lakebury.

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Brève - Ivan Brother rayonne en amical international
31 août 2018

Tennis

L’été s’y prête généralement bien. Les sportifs vont tester leurs performances et préparer leur saison en affrontant des adversaires, si possible à leur taille.
Le grand espoir brocélien Ivan Brother n’a pas fait exception à la règle, en allant se frotter en Paltoterra au public du San Youté, une nation bien connue pour ses sportifs et équipes de haut-niveau. Là-bas, tous les regards étaient bien sûr tournés vers la Coupe du monde masculine de football, perdue en finale face à la Youslévie organisatrice.
Les plus passionnés et spécialistes de la balle jaune n’ont cependant pas raté le test d’Una Lichy, expérimenté et bien installé dans le top 10 national depuis plusieurs années, face au jeune Ivan. Plutôt favori, la pression était sur les épaules du numéro 1 brocélien, deux mois seulement après que son deuxième Titre national de rang lui ait échappé.

Mais Ivan Brother n’a pas tremblé et a largement dominé son adversaire Una Lichy sur ses propres terres. En 48 minutes, il l’a emporté 3-1 dans ce mini-format chère à la fédération san youtienne. Ivan Brother a su allier une diversité de techniques mettant en difficulté son adversaire, à commencer par les services, mais aussi défendre lorsqu’il le fallait. Le tout a été exécuté avec une bonne régularité tandis qu’Una Lichy a multiplié les mauvaises passes malgré quelques instants de ressaisissement.

Devant un public déçu par la prestation de son joueur, le brocélien a fait la démonstration qu’il était bien une étoile montante du tennis international pouvant acquérir prochainement une nouvelle dimension. Le San Youté est certainement en train de tirer la conclusion inverse pour Lichy et privilégiera d’autres valeurs plus sûres à l’avenir.
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Lornbridge / Tintellin Cove : une situation explosive à une semaine de la rencontre
9 septembre 2018

Sports

C’est ce qu’on appelle un match à 6 points.
D’un côté, Tintellin Cove : le club des ouvriers de la ville portuaire et industrielle. Trois victoires en trois matchs, 12 buts marqués, 1 seul encaissé. Le calendrier a joué à la faveur du club, avec des adversaires d’un faible niveau jusque-là, et deux rencontres jouées à domicile.
En face, le rival Lornbridge : le club des élites économiques de la 3ème ville du pays. Là aussi, de larges victoires contre les adversaires à sa portée (Alderash et le club Alderii), après un premier match où ils auraient pu espérer mieux qu’un nul en déplacement à Highbrook.
La tension entre les deux institutions ne date pas d’hier, mais elle refait surface au moment de leur première rencontre dans ce nouveau championnat semi-professionnel. Deux des trois grands favoris actuels du championnat (avec Wynterhall City) se rencontrent donc dès la 4ème journée, dans un match qui s’annonce à la fois très serré et déterminant. Lornbridge pourrait en effet devenir leader de la compétition avec une victoire hautement symbolique devant son propre public, mais court aussi le risque d’une défaite en forme de quasi-humiliation qui verrait Tintellin Cove prendre cinq longueurs d'avance.


Les supporters de Tintellin Cove déterminés à suivre leur équipe

C’est dans ce contexte que les tensions politiques et sociales cristallisées au cœur du football refont surface. Le rejet de la loi football du Parti Libéral puis le décret de l’exécutif royaliste ont créé des remous au coeur de l’été, qui se sont finalement soldés par un retour au calme. Mais les clubs dits “rouges” n’ont pas oublié ces décisions politiques qui continuent à plomber leurs finances et les empêcher de vivre pleinement leur passion un week-end sur deux. A l’approche de ce choc qui fait vibrer les supporters, la colère refait surface publiquement vis-à-vis de la limitation drastique des déplacements à 50 supporters. Keith Furrow, Président du premier club de supporter de Tintellin Cove, réagit : “Là-haut, ils ont cru qu’on les avait oubliés. Mais on ne peut pas laisser passer ça. De quel droit on interdit à des travailleurs de suivre leur équipe de cœur dans une autre ville ? Pour les encourager dans le stade, devant le stade, partager la victoire avec eux. Ils n’ont pas tous les droits sous prétexte qu’ils mettent une signature sous un décret. Donc oui, je vous le dis, bien sûr qu’on ira à Lornbridge à plus de 50, et tout va bien se passer.”.

Dans l’ambiance plus fleutrée de Lornbridge, on temporise et on tente de ménager la chèvre et le chou. Pour le Président du club, “il y a évidemment un grand respect pour l’adversaire et nous comprenons la passion que nous partageons ; nous avons tous intérêt à un championnat vivant et engagé, mais il faut aussi comprendre que les décrets du Royaume s’imposent à tous, et nous-mêmes tentons de dialoguer avec le Secrétariat Royal à l’Ordre Public pour les saisons futures. Donc j’espère qu’on fera la preuve que tout se passe bien dans le foot et qu’il n’y aura pas de débordements”.

Apparemment peu enclins à écouter les conseils plein de bonne volonté du Président du rival historique, les Covistes organisent déjà leur déplacement sans particulièrement s’en cacher. Les sources concordent sur un chiffre de 500 supporters déterminés à se rendre à Lornbridge.
A quelques jours de la rencontre, plusieurs “délégations”, parfois regroupées au sein de camionnettes, ou empruntant le réseau ferroviaire, ont déjà tenté de se frayer un chemin. Mais les forces de police se sont particulièrement préparées et organisées, paraissant bien renseignées. La répression a été immédiate, émaillée à plusieurs endroits d’incidents, affrontements et déjà 34 arrestations.


Osborne interdit tout déplacement à Lornbridge dimanche prochain

En réponse à cette situation, la réaction de Cornelius Osborne s’est peu écartée de ses habitudes, le Secrétaire Royal à l’Ordre Public préférant la fermeté et la surenchère plutôt que d’ouvrir une fenêtre de négociation :
Les retours des forces de l’ordre font état d’agitateurs dangereux s’identifiant comme supporters de ce club, rendant la situation difficile à maîtriser sur le terrain. Les conditions ne sont pas réunies pour organiser un déplacement, y compris de 50 supporters, dans des conditions sécurisées ; nous allons donc prendre la décision d’interdire tout déplacement pour le match de ce dimanche. J’en profite pour mettre en garde l’Association Brocélienne de Football sur le fait qu’il est de son rôle de tenir son championnat, dans le cas contraire nous continuerons à envisager des mesures adaptées. Nous serons contraints de revenir sur les facilités permises pour l’organisation de cette compétition dans un sport à l’historique pour le moins contestable

Les propos autoritaires, menaçants et méprisants d’Osborne sont encore trop récents pour constater l’étendue des réactions des acteurs du “soccer”.
Mais il est peu probable que cela se concrétise en réponse concertée et unifiée, tant les divisions sont au coeur ce sport, dont - vous l'aurez compris - la lutte des classes.
Lors d’un rassemblement calme des fans de Tintellin Cove devant leur stade, on a ainsi pu capter cette déclaration “les Gros feront tout pour s’attaquer au club le plus populaire, ils ne veulent pas qu’on gagne parce qu’on n’est pas un club de riches, nous !”.

C’est dans cette logique que Tintellin Cove a reçu le soutien officiel des clubs d’Oakspire et Alderash, qui ont également une identité très populaire bien que davantage en queue de peloton sportivement parlant.
Petite exception à la règle : Wynterhall Iron s’est montré beaucoup plus discret, aussi bien au niveau de sa direction que des supporters. L’explication la plus plausible est assez simple ; Iron est un concurrent direct de Tintellin Cove en haut du classement. La solidarité entre travailleurs est une réalité indéniable, mais en matière de football, la concurrence sportive finit aussi dans une certaine mesure par reprendre ses droits.
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Dans Sports in Brocelynwood
Principal quotidien sportif de Brocelynwood. Ligne éditoriale favorable au pouvoir royal

Sports : le Royaume remet de l’ordre
21 septembre 2018

Tennis

Le sport, amateur comme de haut niveau, est un miroir de la société. Il peut représenter le dépassement de soi, la puissance, le respect. Mais il peut aussi être le prétexte au désordre, à la violence, à la remise en cause de tout ce qui constitue les fondements d’une société digne, organisée et pieuse comme souhaité par une grande majorité de la population brocélienne.

A ce titre, la première moitié du mois de septembre a été à son échelle le symbole de la confrontation entre ces différentes visions et dimensions. L’exécutif royaliste et ses représentants n’ont pas manqué d’efforts pour faire triompher les valeurs positives de la pratique sportive. Il est maintenant permis d’espérer que le Royaume de Brocelynwood en sorte grandi pour ses habitants comme sur la scène internationale.


Le football, encore prétexte au désordre

Tout en mettant en garde, le Secrétaire Royal à l’Ordre Public, Cornelius Osborne, a permis le déroulement de la première saison du premier championnat semi-professionnel de football. La jauge du nombre de supporters admis pour les déplacements a simplement été limitée cinquante. Cela a provoqué plusieurs jours d’agitations et protestations au début de l’été, qui se sont fort heureusement calmées rapidement.

Mais lorsque le match Lornbridge / Tintellin Cove s’est profilé, avec un enjeu sportif indéniable, ce même prétexte a été soulevé par les supporters covistes. Une partie d’entre eux a fait le choix de la provocation en tentant de multiples déplacements plusieurs jours avant la rencontre et les représentants des groupes de supporters l’ont même annoncé fièrement. Ils visaient la présence de plusieurs centaines de membres de Tintellin Cove à Lornbridge pour le week-end de la rencontre, malgré l’impossibilité d’accéder au stade et les risques évidents pour la sécurité.

Cette irresponsabilité généralisée a conduit M. Osborne a interdire tout déplacement pour ce match en lieu et place de la jauge décrétée cet été qui s’applique habituellement aux rencontres. La régulation promise par l’Association Brocélienne de Football n’étant visiblement pas une réalité, le Royaume s’est battu avec ses armes. Quelques centaines de forces de l’ordre ont été mobilisées sur les multiples axes routiers permettant de sortir de Tintellin Cove, ainsi qu’au niveau de la gare ferroviaire. Cette détermination de la police a conduit à déjouer les plans des fauteurs de troubles, finalement découragés au prix de plusieurs dizaines d’arrestations. Le calme est revenu plusieurs jours avant la rencontre, couronnant de succès la décision et la stratégie du Secrétariat Royal à l’Ordre Public, pourtant jugées risquées dans un premier temps.

Dimanche dernier, la grande affiche du week-end s’est finalement déroulée dans d’excellentes conditions et l’absence de supporters en déplacement n’a rien enlevé au spectacle. Bien que l’on puisse reprocher à Tintellin Cove un jeu particulièrement rugueux, laissant transparaître toute la tension engagée par procuration par le mouvement ouvrier local, le match de haut-niveau a été au rendez-vous. Les deux équipes se sont neutralisées sur un score de 2-2, dans un match à rebondissements, et ont montré qu’il faudrait compter sur elles pour le reste de la saison. Il faudra cependant compter sur la discipline retrouvée des fans de Tintellin Cove, à condition qu’elle soit encouragée par les joueurs et le club lui-même ou le “hors terrain” finira par leur porter profondément préjudice.


Une loi pour faire grandir le sport brocélien

Dans le même temps, prouvant bien que l’objectif est de s’attaquer aux débordements et non au sport dans son ensemble, bien au contraire, le Premier Secrétaire Spécial du Roi a déposé le 9 septembre une proposition de loi à l’Assemblée Unique visant “le rayonnement sportif du Royaume de Brocelynwood à l’international”.
Aldric Rowanstone a explicité son projet en ces termes : “Nous sommes une nation de grands sportifs qui nous sommes un peu sous-estimés par le passé. Nous sommes aujourd’hui déterminés à le montrer à l’international, et c’est pour cela qu’il faut nous engager dans les grandes compétitions et soutenir le haut-niveau brocélien, c’est le sens de notre proposition de loi. Nous n’avons pas de doute quant au fait que cela fera consensus”.

Effectivement, le texte a été adopté le 12 septembre sans aucune voix contre (44 “pour”, 17 “abstentions”). Pour autant, le résultat ne reflète nécessairement le match qui s’est joué à l’Assemblée Unique pendant trois jours. Le Parti Libéral, toujours engagé sur les textes relatifs au sport, a voulu mettre sa patte au texte de loi, ce qui a généré de longues discussions. L’aspect en partie transpartisan du texte a cependant conduit à valider certains amendements des libéraux du fait de positions en partie partagées dans les camps républicains et royalistes.
Ainsi, la taxe sur la billetterie des évènements sportifs et sur les partis sportifs, finançant les nouvelles dépenses, a été finalement ramenée 1% à 0,5%. Il a également été accepté que cette dernière s’applique uniquement sur les disciplines bénéficiant directement du nouveau fonds financier public. En effet, la loi prévoit une liste de sports éligibles aux nouvelles subventions à destination du haut-niveau, qui se limite pour l’instant au Rugby, au Tir à l’Arc, au Tennis, à l’Athlétisme et au Cyclisme. De nouveaux sports pourront être ajoutés par simple Décret. L’enjeu n’est pas négligeable car, au-delà du soutien financier, il s’agit également de la légitimité à représenter officiellement le Royaume lors des compétitions internationales. Ces droits ne sont donc pas accordés au football, ce à quoi le Parti Libéral a également voulu remédier. Des membres de l’Assemblée de tout bord avaient notamment l’espoir de jouer les premiers rôles lors des prochaines grandes compétitions internationales masculines de football. Mais l’amendement a été rejeté, ce qui constitue une décision compréhensible eû égards aux événements des derniers mois et des tout derniers jours en particulier. L’Assemblée Unique a tracé une ligne entre la popularité d’un sport, bien réelle, et sa capacité à engager et représenter le Royaume et ses valeurs sur la scène mondiale.
Par ailleurs, un autre amendement du Parti Libéral a été largement rejeté. Il visait à permettre un sponsoring privé massif du nouveau fonds financier. De l’avis quasi-général, cela a été considéré comme représentant un risque de perte de souveraineté important sur le sport national, à l’opposé de l’esprit du texte.


Des objectifs en ligne de mire

La nouvelle loi s’inscrit dans une politique de plus en plus proactive du Royaume, visant les succès sportifs à l’international dans une série de disciplines clefs. Le plan pour les prochaines années est même de plus en plus précis, en cohérence avec les détails de cette nouvelle législation et les sports les plus développés au sein du pays.

Ainsi, les services du Premier Secrétariat Spécial du Roi ont comme priorité absolue l’Open de tennis qui se tiendra en 2021. Ils comptent évidemment sur la progression, l’expérience acquise et l’épaisseur supplémentaire qu’aura prise Ivan Brother pour aller chercher ce Titre suprême. Brocelynwood aura certainement la capacité d’investir des joueurs supplémentaires capables de réaliser un parcours, parmi le large vivier professionnel formé dans le premier sport du pays. Mais le projet de l’exécutif royaliste est plus grand : ayant conscience de la qualité et de la taille de ses infrastructures, qui permettent chaque année le succès sportif, populaire et organisationnel du Championnat national brocélien, il se battra pour que Brocelynwood soit le pays hôte. Le Royaume sera certainement en bonne position, mais remporter l’appel d’offres nécessitera des investissements supplémentaires et de concurrencer les candidatures potentielles d’autres nations de tennis comme le San Youté.

A plus petite échelle, plusieurs échéances à venir seront des tests intéressants pour le haut-niveau brocélien, en attendant l’impact des nouveaux fonds dédiés pour espérer encore davantage aller tutoyer les sommets.
Avec l’assentiment du Royaume, une équipe de cyclisme sera prochainement au départ du Tour Ouanais. In God’s Name sera évidemment emmenée par Roger Ford, 28 ans, qui pourra compter sur des coéquipiers de qualité dont l’espoir de 19 ans Nathan Yale vers qui les regards se tourneront certainement. Le directeur sportif James Cale juge son équipe “complète et polyvalente, capable de faire autre chose que de la figuration ; peut-être pas favorite pour la victoire du Tour, mais on peut espérer une belle performance et assurer une victoire en étape est un objectif complètement assumé”. Peut-être un premier vers un succès encore plus grand lors de la classique de cyclisme en 2020 ?

C’est également en 2020 que se dérouleront les Olympiades d’été. Le podium sera accessible, et peut-être même sous une forme d’obligation, en équitation et en tir à l’arc. Ces sports sont historiquement attachés à l’identité rurale et royale de Brocelynwood, ainsi éviter à tout prix l’humiliation revêt d’une importance primordiale pour la nation, jusqu’au palais royal lui-même.

Mais c’est dès 2019 que le Royaume présente officiellement une équipe nationale dans son principal sport collectif : le Rugby. Le Roi compte personnellement sur des bons scores à la prochaine coupe du monde pour emporter l’élan populaire et voler la vedette au football qui fait de plus en plus parler de lui, malheureusement parfois en mal. Il est de notoriété publique que le rugby n’est pas le sport de prédilection de notre monarque, mais les royalistes connaissent les valeurs qu’il véhicule, conformes à l’esprit du Royaume. Ce sport est suivi et pratiqué dans un monde rural qui continue à être attaché à la religion et à la Couronne, visant à les faire perdurer plutôt qu’à les fragiliser. Dans ce cadre et à ces conditions, l’engagement populaire autour de passions communes constitue un espoir pour notre société plutôt qu’un danger. Ainsi, le Royaume compte légitimement “surfer” sur la vague, autour d’une équipe nationale soutenue et re-légitimée.

Tout le programme déroulé ici est d’une grande richesse et laisse présager de belles lignes dans nos colonnes pour les mois et années à venir.

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