07/11/2018
02:48:15
Index du forum Continents Aleucie Brocelynwood

[Presse] Politique & à la Une

Voir fiche pays Voir sur la carte
1668

Actualités majeures dans les médias brocéliens


Sont recensées ici les actualités, analyses, tribunes parues dans la presse du pays, ayant une dimension politique et/ou un impact important dans le pays

Récapitulatif


- Grave accident de train entre Wynterhall et Tintellin Cove, Facts from Brocelynwood agency, 20 mai 2018
- Derrière la catastrophe, quels enseignements tirer ?, The Brocelynwood ledger, 24 mai 2018
- La Diplomatie brocélienne : moins pragmatique, plus politique, Le progrès, 14 juin 2018
- Entretien exclusif : Jake Tongue, étoile montante du business brocélien, The Brocelynwood ledger, 20 juin 2018
- Adoption de la loi sur les investissements internationaux, Agence Générale de Presse, 25 juin 2018
- Les Républicains critiquent le manque d'ambition à l’international, L'Opinion de Brocelynwood, 30 juin 2018
- Brocelynwood refuse d'entrer dans la CCP, Agence Générale de Presse, 8 juillet 2018 2018
- Le Roi de Brocelynwood crée l'Organisation Internationale pour le Protestantisme, Agence Générale de Presse, 11 juillet 2018
- Création de l'O.I.P : la classe politique très critique, The Brocelynwood ledger, 20 juillet 2018
- Les brocéliens soutiennent l'initiative internationale de Johnlyn IV, Chroniques du Royaume, 23 juillet 2018
- Epidémie d'Escapula : "la confiance est rompue", Chroniques du Royaume, 13 août 2018
- Les besoins énergétiques urgents du Royaume, L'Opinion de Brocelynwood, 30 août 2018
- Rencontre Westalia / Brocelynwood, Agence Générale de Presse, 4 septembre 2018
- Tribune exclusive : "Brocelynwood n'est pas une démocratie, ses institutions sont verrouillées, The Brocelynwood Ledger, 3 octobre 2018
- Tribune exclusive à Brocelynwood, Agence Générale de Presse, 9 octobre 2018
- Stérus annonce une nouvelle politique d’ouverture vis-à-vis des populations indigènes : des réactions et interrogations à Brocelynwood, The Brocelynwood Ledger, 16 octobre 2018
- Élections 2019 : vers un accord Libéraux / Républicains ?, Le Progrès, 1er novembre 2018
3468
Dans : Facts from Brocelynwood agency
Cette agence de référence rapporte les principales informations, a priori fidèlement et sans parti pris idéologique majeur

Grave accident de train entre Wynterhall et Tintellin Cove
20 mai 2018

Train accidenté

C'est à cinquante kilomètres de la destination, cet après-midi, dimanche 20 mai 2018, que le drame a eu lieu.
Le train CRF-T18-46843 poursuivait son chemin à plus de 200 kilomètres/heure au cœur des contrées boisées. À 15h17m38s précisèment, l'appareil a brusquement déraillé, pour une raison qui reste inconnue au moment où nous écrivons ces lignes.

"Un cauchemar"

Georgia, 42 ans, les yeux plus que jamais emplis de larmes, raconte ce qu'elle a vécu alors qu’elle est prise en charge par les secours pour des blessures légères : “Je suis avec ma fille de 6 ans. On allait chez sa tante…On faisait un jeu. Et puis. Ca s’est passé tellement vite. On était secoués dans tous les sens. Ca semble irréel. C’était l’enfer. Ca criait. Je sentais ma fille s’accrocher à moi. Ca tapait partout contre le train et puis on s’est trouvés renversés, les uns contre les autres. J’ai vu des vitres se casser. Quelqu’un a atterri très fort contre ma cuisse, j’ai rien senti sur le coup. Maintenant j’ai très mal. Dieu merci, ma fille va bien. Après il n’y avait presque plus de bruit, j’ai vu du sang. Je ne savais plus où j’étais, c’est comme si mon esprit n’était plus là. Puis les secours sont arrivés, on les a écoutés. On a fait ce qu’ils ont dit. C’est un cauchemar, je n’ai jamais vécu un truc pareil.” A peine son témoignage terminée, elle éclate en sanglots, fixée par son enfant qui se trouve à ses côtés, le regard fermé et un visage marqué de plusieurs griffures.

Vue du ciel, la scène ne laisse aucun doute quant à la violence extrême de l’accident. On peine à identifier les douze wagons qui constituaient l’appareil, tant il a été démembré et les différentes parties sont méconnaissables et éparpillées jusqu’à plusieurs centaines de mètres après les rails. Trois wagons sont encore debouts, les autres sont couchés ici et là, voire surélevés et appuyés contre les arbres.
Selon les enregistrements de la Compagnie Royale Ferroviaire, le train contenait 788 passagers. Leur identité est connue du fait des informations transmises lors de l’achat des billets. La CRF fait une estimation d’une dizaine de passagers supplémentaires qui seraient montés à bord sans titre de transport.

Bilan provisoire : 125 morts, des centaines de blessés

Devant l’ampleur et l’urgence de la situation, cinquante secouristes sont arrivés sur place en moins d’un quart d’heure. Ce sont au total 400 secouristes supplémentaires qui sont en cours de mobilisation, ainsi qu’une vingtaine d’enquêteurs chargés d’inspecter chaque détail matériel pour comprendre la chaine de causalité et les éventuels manquements. Des tentes de fortune sont en cours de montage, des dizaines de personnes passent sur des brancards, les va-et-vient des hélicoptères sont incessants afin d’emmener les victimes à l’Hôpital de Tintellin Cove.

Le Premier Secrétaire Spécial du Roi Aldric Rowanstone a tenu une conférence presse à proximité des lieux de l’accident, entouré de Joe Berryn (Secrétaire Royal à l’Economie) et Eric Payne (Secrétaire Royal aux Affaires Sociales) :
Nous venons exprimer, avec M. Berryn et M. Payne, notre plus grande solidarité auprès des victimes de ce terrible accident. Nous pensons à tous les proches et toutes les familles. Le Roi et le Secrétariat Royal resteront toujours à vos côtés et toute la nation prie pour vous.
Donnant très peu d’informations sur les circonstances et les causes de l’accident, Aldric Rowanstone a enfin détaillé les conséquences humaines :
Nous sommes maintenant en capacité de fournir un premier bilan humain, qui est malheureusement lourd :
125 passagers sont décédées
127 personnes sont blessées gravement dont 47 en état d’urgence absolu
201 passagers ont été blessés légèrement
335 passagers sont sans dommage physique, mais également accompagnés au niveau psychologique
Notre Majesté le Roi Johnly IV a décrété que demain, le 21 mai 2018 sera une journée de deuil national.

HRPLe nombre et types de victimes ont été en partie déterminés par le hasard
7728
Dans : The Brocelynwood Ledger
Ce journal est très "pro-business" et proche des idées du Parti Libéral

Derrière la catastrophe, quels enseignements tirer ?
24 mai 2018

Le terrible accident de train de la ligne Wynterhall / Tintellin Cove ce 20 mai vient de livrer son bilan définitif. Il s’avère être le drame des transports le plus dévastateur de l’histoire de notre Royaume : 140 morts et 360 blessés dont 159 graves. Mais les victimes se comptent même par milliers, lorsque ce décompte macabre ne s’arrête pas à la face immergée de l’iceberg. Des dizaines de passagers aux premières loges, dont des enfants, subiront ce traumatisme toute leur vie. Les familles des victimes devront continuer à essayer de vivre malgré l’insoutenable douleur de la perte soudaine d’un proche. Les prières de notre Journal se portent aux côtés de chacun d’entre eux.
Pour éviter qu’un tel événement puisse se reproduire, la compréhension des causes immédiates est indispensable et c’est l’objet des enquêtes policières et administratives en cours, qui commencent à livrer leurs premières éléments, et dont chaque brocélien compte sur la plus grande indépendance. Mais ce travail-ci ne conduira pas nécessairement à une prise en compte des causes structurelles. C’est ce travail d’analyse, cette vision long-termiste, que The Brocelynwood Ledger souhaite aujourd’hui commencer à esquisser.


Pourquoi 76 % de Brocéliens continuent de faire confiance



Au départ, il y a donc ce chiffre étonnant : malgré la catastrophe, “l’Institut Brocélien des Statistiques” a révélé ce sondage dans lequel 76 % des brocéliens continuent de faire confiance à la Compagnie Royale Ferroviaire, et même 56 % “totalement”. Depuis, ce chiffre a été brandi régulièrement par le Secrétaire Royal à l'Économie Joe Berryn, qui s’est dit fier d’une population dont “la souffrance n’empêche pas la vision stratégique”, qui n’est pas prête à tout jeter en raison d’un “gravissime dysfonctionnement exceptionnel”. Il a aussi souligné à quel point cette entreprise du Royaume constitue le socle du quotidien d’une partie non négligeable de la population, proposant effectivement des “services d’une grande qualité et donc reconnus”. Tout en ne souhaitant pas montrer une quelconque minimisation de l’évènement, Joe Berryn tient mordicus à ce que la CFR ne soit pas emportée avec l’eau du bain.

Si une large partie de la population continue à défendre la compagnie d’Etat, il faut pour autant se permettre de mettre en perspective cet avis populaire.

Tout d’abord, le Royaume use d’une force de frappe sans commune mesure en termes de communication. En comparaison, aucune entreprise privée ne peut avoir le monopole d’un secteur dans une économie de marché concurrentielle, lever des fonds sans effort spécifique - comme le fait un État avec les taxes - et encore moins s’exprimer au nom d’une légitimité supérieure, spirituelle, au-dessus de la société. Dans un tel contexte, toutes les techniques de valorisation du système de transports, de son efficacité, de son confort, finissent par convaincre nombre d’habitants et usagers, et les discours contraires font difficilement le poids.

Ensuite, notre culture protestante tend à placer le “destin” comme principale grille de lecture de tout évènement. Si cela correspond bien évidemment à une réalité ancrée au plus profond de chaque brocélien, et qu'il ne s’agit pas ici de contester, il demeure que cela s’ajoute à une absence de culture du grand entrepreneuriat privé. L’ensemble mène à une absence de sens de l’évaluation. C’est ainsi que devant un tel drame, les brocéliens subissent tout le poids du tragique destin, retiennent la dimension “accidentelle”, plutôt que s’interroger sur les actions correctives à élaborer dans une démarche d’amélioration continue de la qualité et donc de la sécurité. Quand bien même dans le monde matériel tout le monde soit en attente de connaître les causes immédiates, le sentiment largement partagé est celui du caractère inévitable d’un événement de ce type. La population continue par conséquent à faire confiance à la compagnie publique, et peut-être même encore davantage qu’avant - aussi paradoxal que cela puisse paraître - car elle n’est pas positionnée comme actrice mais bien victime de l’arbitraire de la vie.


Accepter la réalité des dysfonctionnements

Enfin, sans rien enlever aux développements précédents, il est nécessaire de se demander si réellement la CFR rencontre des problématiques structurelles auxquelles elle devrait faire face, y compris en explorant la voie de la privatisation. Car quand bien même sa communication est par définition déloyale et l’ensemble de la société peu capable de penser l’évaluation de son service, la thèse du “dysfonctionnement ponctuel” - pour reprendre les termes du Secrétaire Royal - demeure dans l’ordre des possibles.

Nous avons donc enquêté et cherché à comprendre la réalité de la CFR, ce qui nous a conduits à des conclusions effectivement édifiantes.
Un conducteur de train, couvert par l’anonymat, nous a expliqués : “On dit que le problème là de l’accident, ça viendrait d’un problème des rails. Ça m'étonne même pas. Les techniciens qui travaillent là-dessus, ils doivent tester quelques kilomètres de voies chaque jour, souvent ils en font que la moitié. Ils sont dans les champs, y’a personne pour les surveiller. Ils doivent être attentifs mais surtout ils discutent entre eux. Nous [les conducteurs], ça nous met hors de nous ça. Parce que nous on peut pas faire semblant. Et en plus ils nous mettent en danger.”.

Tous les employés décrivent des hiérarchies manquant d’une capacité à manager et globalement assez peu compétentes dans de la gestion basique : “Alors y’a des collègues s’ils ne viennent pas bosser un jour sans bonne raison, ça ne gène pas grand monde, enfin pour les chefs quoi vous voyez ce que je veux dire. Et des fois, on a des plannings pas logiques du tout. On reçoit le papier, on enchaîne des jours, des nuits, tout le monde voit que ça va pas, on va pas conduire des trains sans dormir. Alors ils corrigent un peu mais ça colle plus de l’autre côté, on annule un trajet. Mais j’ai entendu, dans d’autres pays, ils utilisent des logiciels, des choses ; nous on se demande parfois s’ils en sont à l’informatique même ”.


Un réseau plus clientéliste que tourné vers l'efficacité

Lorsque l’on se rapproche du sommet de la pyramide au sein de la Compagnie, nos informations montrent que c’est la logique de “cour” qui prédomine. L’ombre du Roi n’est jamais bien loin, chacun a intérêt à mettre “la poussière sous le tapis”, montrer que tout est sous contrôle afin de se dégager de toute responsabilité et a tout intérêt à flatter son supérieur. Cela existe aussi dans le monde privé, sauf que cela finirait par avoir un coût direct impactant bénéfices globaux et rémunérations individuelles, nécessitant absolument une remise en cause collective.

A la CFR, il semble que choisir de ne pas voir reste une possibilité : toute hausse des coûts est aisément compensée par une hausse des impôts ; il ́n'existe pas d’indicateur permettant d’évaluer les retards, les annulations, le confort ; les événements indésirables sont oubliés dès que possible ; et une intense propagande vise à valoriser constamment son image sans la moindre mis en concurrence. Par ailleurs, il est évident pour certains cadres dirigeants de la CFR que les choix de développement des lignes ne sont pas guidés par les besoins économiques et la cohérence territoriale. La création, le renforcement ou le maintien de certains trajets résultent de diverses demandes de la population, parfois peu partagées. Mais y répondre favorablement, dans de nombreuses campagnes, permet aux Maires ou aux représentants locaux du Roi de favoriser leur réélection ou simplement leur popularité. Cette forme de clientélisme, peut-être même inconsciente, est davantage encouragée que combattue car l’obtention de satisfactions immédiates dans tout le Royaume légitime le maintien de l’ordre établi.

Pour autant, le réseau est sous optimisé voire sous utilisé, et souvent incohérent, défavorisant l’ensemble du système économique et in fine la population. Un exemple connu est celui de l’inexistence d’une ligne relativement directe entre Tintellin Cove et Brume Forest, respectivement 2ème et 6ème ville du pays, puisqu’il faut compter pas moins de 15 arrêts pour se rendre à destination, parfois dans des zones quasi désertiques. Cet itinéraire n’est donc pas conçu pour les déplacements réguliers professionnels, d’autant qu’il n’est pas non plus adapté au fret. La correspondance par Wynterhall n’est pas non plus à ce jour une alternative satisfaisante, avec une durée globale demeurant relativement longue et trop complexe du fait des nombreux retards, d’un nombre insuffisant d’horaires, et par conséquent des temps d’attente que cela occasionne dans la capitale.

Les grandes compagnies royales de Brocelynwood sont de telles mastodontes qu’il est difficile d’interroger leurs pratiques et politiques internes. Mais cet accident mortel montre à quel point c’est vital, au sens premier du terme, et les citoyens sont en droit de savoir s’ils ont raison de continuer à faire une telle confiance aux acteurs de leur quotidien.

HRPLe nombre et types de victimes ont été en partie déterminés par le hasard
0
Dans : Le Progrès
Journal généraliste classé à gauche, proposant des analyses sociales et politiques. Assez peu lu.

La Diplomatie brocélienne : moins pragmatique, plus politique
14 juin 2018

Sports


L'information aura mis quelques jours pour parvenir jusqu'à nous dans le détail.
Il s'agit d'une correspondance diplomatique qui s'est tenue courant mai entre le Secrétariat diplomatique révolutionnaire d'Altrecht et le Secrétariat Royal à la Politique Étrangère et aux Armées du Royaume de Brocelynwood. L’initiative est venue d’Altrecht qui a courtoisement ouvert la possibilité de relations commerciales entre les deux nations, à travers notamment le transport maritime. Brocelynwood se voyait également offrir l’opportunité d’un accès aux ports Altrechtois en Manche Blanche, représentant dès lors une occasion de faciliter et diversifier le commerce avec les pays d’Eurysie.


Le refus brocélien

Dans son premier courrier, le représentant altrechtois a été honnête sur ses intentions de fond : la demande était motivée par le besoin d’une voie de passage permettant de commercer avec le Makota. Dans sa réponse, Stephen Philipps aurait amené l’idée qu’il ne fermait “pas la porte à tout accord économique” et souhaitait “conserver une relation pacifiée”. D’après les éléments dont nous disposons, il n’est pourtant pas évident de parvenir à cette conclusion-ci. L’Etat de Brocelynwood a globalement répondu par la négative aux requêtes d’Altrecht, jugeant impossible toute implantation d’ambassade mutuelle. Il a également été assumé avec peu de retenue que le commerce entre Altrecht et le Makota n’était pas une priorité pour le Royaume, faisant mine de ne pas y voir un intérêt au moins indirect pour Brocelynwood. Ce retour a fortement déplu au Secrétariat diplomatique révolutionnaire d’Altrecht. La politique étrangère brocélienne a donc fait le choix d’envenimer les relations avec un Etat ne représentant nulle menace à ce jour. Pourquoi cette stratégie ?


Un Roi en lutte idéologique

Il faut d’abord évacuer l’idée d’une simple gaffe diplomatique. La lettre du Secrétaire Royal a fait l’objet d’une consultation préalable du Roi lui-même, de l’aveu même de Stephen Philipps. Si la détérioration des relations avec un autre État était fondée sur une initiative personnelle et ce mensonge, nul doute que le Secrétaire Royal ne serait plus à son poste à ce jour.
Pourtant, le Royaume définit depuis des décennies sa politique étrangère comme pragmatique, mue par une logique principalement commerciale ; c’est dans cette logique que William II a refusé de s’engager dans les guerres contre le communisme en Aleucie dans la seconde moitié du XXème siècle. Nous ne découvrons certes pas ce jour que les choix du Royaume sont définis par d’autres dimensions que le seul développement économique et le Roi priorise bien évidemment les nations avec lesquelles il commerce. Cependant, cette fin de non recevoir “express” à l’encontre d’Altrech semble être la démonstration d’une forme de durcissement à cet égard.
L’analyste James Potter l’explique : “Depuis le début du siècle, la Monarchie est affaiblie et les idées républicaines sont en passe de devenir majoritaires, défendues - bien que très différemment - par les conservateurs, le camp patronal et la gauche. Les anti-monarchies ne sont donc pas unis mais ils peuvent agréger une multitude de brocéliens aux intérêts divers. La Monarchie adopte donc un réflexe de survie, elle n’est plus au-dessus des débats, elle est en plein dans la bataille politique même si elle ne l’admettra pas. En conséquence - et le Roi ne s’en cache pas - il y a la volonté de ne pas légitimer des idéologies remettant en cause tout ce qui structure une monarchie protestante comme Brocelynwood, et d’éviter tout contact qui pourrait renforcer leur influence dans le pays ou sur le continent. Sans compter que la banalisation d’idées de gauche voire communistes recentre et banalise complétement les autres défenseurs du passage à la République ”.

Il faut donc comprendre la réaction du Royaume davantage au regard de la politique intérieure de Brocelynwood que vis-à-vis d’une réelle menace belliqueuse qui viendrait de l’étranger.

7321
Dans : The Brocelynwood Ledger
Ce journal est très "pro-business" et proche des idées du Parti Libéral

ENTRETIEN EXCLUSIF : Jake Tongue, étoile montante du business brocélien
"Libérons enfin les investissements"
20 juin 2018

Illustration port industriel

Jake Tongue, PDG de “Alderash Fisheries Company”, a fait l'honneur de répondre aux questions de notre Journal. À seulement 32 ans, il est parmi les hommes d'affaires de Brocelynwood dont les revenus sont les plus exponentiels. Il nous parle de son activité économique mais aussi du contexte politique, alors que la loi sur les investissements internationaux est en passe d'être votée.

Journaliste : Jake Tongue, bonjour, Merci de nous accorder cet interview. Pour commencer, pouvez-nous présenter en quelques mots l’entreprise que vous dirigez, l’Alderash Fisheries Company ? D’où est-elle partie ?
Jake Tongue : Bonjour, Madame. Permettez-moi, je vais commencer par faire plaisir à certains détracteurs (rires). Ils sont peu nombreux mais ils se plaisent à dire que j’ai hérité de l’entreprise de mon père, que je ne suis pas le vrai “self made man” que je prétends être. Et en effet, je ne viens pas de nulle part, je remercie Dieu chaque jour pour ça. Donc oui mon père Mark Tongue a créé l’Alderash Fisheries Company en 1984, et a développé une activité de pèche conséquente pour l’époque, en employant jusqu’à 78 personnes. Il a pris une retraite bien méritée en 2011 et j’en suis devenu le patron. Les fondations étaient tellement solides qu’on a fait certains choix de développement assez nouveau pour Brocelynwood.

Oui, vous parliez de 78 salariés à l’époque de votre père. Aujourd’hui vous en avez 568 d’après votre dernier rapport d’activité. Que s’est-il passé ? Comment fait-on grandir une activité de pêche à ce point ?
Ce que j’ai fait avec mon équipe, c’est de tout de suite faire évoluer le concept. Vous savez, dans la vie économique, on se fait étouffer sans dynamisme. L’objectif, et aujourd’hui on y est, c’était que l’Alderash Fisheries Company s’occupe du poisson depuis la mer jusqu’à l’assiette du consommateur, qu’il soit brocélien ou d’un autre pays. Il y a donc l’activité de pêche, l’usine de transformation et mise en condition, le transport à l’intérieur, mais aussi l’exportation vers l’étranger avec la logistique portuaire qui va avec. C’est donc une assurance pour le consommateur d’avoir un interlocuteur qui est responsable de toute la chaine.

Vous dites “jusqu’à l’assiette” ; jusqu’au supermarché du moins ?
(Rires). je reconnais bien là l’impertinence bienveillante de votre quotidien ! Vous pensiez peut-être me piéger. Il se trouve que nous faisons de la vente directe à Alderash, et que nous commençons à en développer “dans les terres” comme on dit. Nous avons déjà un site qui vient d’ouvrir à Wynterhall et nous en prévoyons cinq autres, y compris dans des zones rurales. Et à terme, on a le projet d’une filiale qui détiendrait une chaîne de restaurants. Je ne peux pas faire plus près de l’assiette, mais toute idée est bonne à prendre !

M. Tongue, vous décrivez une progression fulgurante. Comment en arrive-t-on à prendre autant de risques ?
Vous savez, j’ai toujours baigné dans la culture de l’entreprise. J’ai toujours compris qu’il n’y a pas de réussite sans se mettre en mouvement. C’est ce que je répète à mes équipes, et elles me le rendent bien. Ce que je vous dis là, c’est sincère mais assez convenu, j’en conviens. En réalité, j’en parle assez peu, mais il y a aussi eu un événement très traumatisant dans ma vie, dans notre famille. Mon frère est mort dans un accident de voiture, j’avais 9 ans, lui 19… (très ému). Je ne pourrai pas être plus long. Je peux juste vous dire qu’après un tel drame, ce ne sont pas les risques économiques et financiers qui vous font peur.

Et nous comprenons bien votre émotion et votre douleur. Nous avons parlé de votre entreprise, votre ambition. Mais si on élargit un peu la focale, quel regard portez-vous sur l’économie brocélienne ?
Une grande ambiguïté. Il y a des potentialités énormes dans notre pays, c’est indéniable : un peuple dévoué, travailleur, attaché à son pays, des ressources de qualité, des petites entreprises florissantes. Mais je vois aussi des vrais points de blocage. Clairement, on a du mal à passer le cap de nombreuses économies modernes. On voit le poids écrasant du secteur public dans certains domaines ; je crois que c’est un frein à l’innovation et la concurrence. Et une culture qui ne voit pas d’un très bon oeil les très grandes entreprises. Alors que, vous voyez, je ne pense pas que ça s’oppose à la logique familiale, proche des ouvriers, et la Alderash Fisheries Company en est le parfait exemple. Elle n’a pas abandonné d’un iota ses valeurs en grandissant ; et pourtant, on a aujourd’hui un système, des lois, qui limitent les possibilités de croitre davantage.

Vous faites référence ici, me semble-t-il, aux monopoles publics sur certains secteurs, ou encore aux lois anti-concentration. Mais l’actualité, c’est bien sûr le projet de loi du secrétaire royal à l’économie par rapport à l’investissement vers et depuis l’étranger. Elle fixe des règles. Est-ce qu’elles sont bonnes ?
Clairement pas. Excusez moi de ne pas tourner autour du pot. Mais on ne peut pas se replier sur nous comme ça, ce n’est pas comme ça que marche l’économie mondiale. Alors j’ai entendu ici ou là dire “la loi fixe des plafonds mais elle ouvre de nouveaux possibles”. C'est vrai que les investissements internationaux étaient rares. Mais c'est justement parce qu'ils étaient en train de se banaliser que le Royaume veut fixer ces plafonds très bas. Alors arrêtons de croire qu'on va garder​ notre petit pré carré en mettant des barrières partout, et libérons enfin les investissements.

Alors je vais me faire l'avocat du diable. Éviter la fuite des capitaux et limiter l'influence des autres nations, ce n'est pas un combat juste ?
Évidemment que sur le papier, c'est très bien. Excellent même. Qui voudrait le contraire ? Si c'était aussi simple, tout le monde fonctionnerait comme ça. Si ça marchait, je serai le premier défenseur de cette loi, croyez-moi. Mais dans le vrai monde si je puis dire, c'est exactement l'inverse. On va empêcher des investisseurs de venir créer de l'activité économique à Brocelynwood. On va empêcher des investisseurs brocéliens de faire grandir leur groupe, puis de réinvestir leurs bénéfices ici même. Quant à l'influence, je ne comprends pas bien. On parle d'acteurs privés, nous ne sommes pas là pour influer sur quoique ce soit. Bref, on a un Royaume qui veut garder la main sur tout, et y compris vis-à-vis des patrons d'entreprises brocéliens qui investissent à Brocelynwood. Alors qu'on pourrait tellement avoir une meilleure croissance. Ce n'est pas pour moi que c'est du gâchis.

Actuellement, le Royaume serait sur le point de signer des contrats commerciaux et un accord de libre-échange dans votre domaine, la pêche, avec le Royaume de Duve. Qu’est-ce que vous en dites ?
Si ça aboutit, et je reste très prudent, je ne peux qu’applaudir ! Oui, cette décision va dans le bon sens. Mais j’ajoute : laissez nous grandir, ne nous matraquez pas de taxe, sinon nous aurons des impacts négatifs du libre échange. Et les “afficionados” du protectionnisme viendront nous dire que ça ne marche pas. Alors que nous avons toutes les cartes en main pour nous imposer dans la compétition économique mondiale. Mais jouons la partie.

Monsieur Tongue, vous avez une parole forte, affirmée, construite. Est-ce que vous n’auriez pas votre place dans l’engagement politique ?
Je suis déjà un homme public, j’échange avec les politiques, je m’exprime auprès de nos concitoyens comme aujourd’hui. Donc je suis déjà engagé en quelque sorte. Mais je veux assumer mon parti pris jusqu’au bout car je suis persuadé qu’il est le bon. Donc j’en ai parlé avec Victor Arkwright et je suis maintenant officiellement adhérent du Parti Libéral. Je ne sais pas encore la place que je vais prendre précisément, et il faut que j’ai le temps pour tout, mais je soutiendrai le parti pour la prochaine campagne législative. La dynamique est très bonne, je parie qu’il y aura une surprise.

Dernière question, sur un sujet plus léger : le nouveau championnat de football commence dans quelques semaines. On vous retrouvera dans les tribunes derrière le Alderash FC ?
Question piège (rires). Je ne vais pas me faire que des amis, mais on se chambre déjà avec mes collaborateurs à ce sujet ! Mon père était un grand fan du Alderash FC mais j’avais un peu l’esprit de contradiction. Nous avions des amis dans la capitale et je m’étais pris de passion pour City, et ça reste encore mon club de cœur. Cela dit, je n’aime pas l’admettre, mais j’ai bien sûr un attachement particulier à Alderash FC. Donc oui, vous me verrez de temps en temps dans les tribunes, mais je ne saurai pas faire semblant d’être le premier supporter du club ! Vivement l’affrontement entre les deux en tout cas.
0
AGP

Pays concerné : Royaume de Brocelynwood
Date : 25/06/2018
Localisation : Wynterhall

Dépêche AGP :
L'Assemblée Unique du Royaume de Brocelynwood vient d'adopter à une très large majorité la loi relative à “la régulation des investissements internationaux” (53 voix “pour”, 7 “contre”, 1 abstention). Celle-ci permet les investissements vers et depuis l’étranger mais fixe des plafonds, alors que les règles n'étaient jusque-là pas explicites et faisaient l'objet de débats juridiques. Portée par le Secrétaire Royal à l'économie, M. Joe Berryn, et soutenue par les Partis Royaliste et Républicain, la loi vise à limiter l'influence des autres nations à Brocelynwood et d'éviter toute fuite de capitaux. Parmi les principales mesures, les investisseurs étrangers d'une même nationalité ne peuvent détenir plus de 5000 Ui d'actifs à Brocelynwood, et un investisseur brocélien ne peut détenir plus de 3000 Ui d'actifs à l'étranger. Ces flux de capitaux seront aussi étroitement surveillés et pourront être annulés administrativement, dans certains cas, dans un délai de 15 jours après leur déclaration. Ce texte a été fortement contesté par le Parti Libéral, avec la prise de position notable du chef d'entreprise Jake Tongue lors d'une entrevue avec le journal pro-business The Brocelynwood Ledger.

Sources :
0
Dans : L’Opinion de Brocelynwood
Il s’agit d’un quotidien d'abord conservateur, regulièrement critique envers la Monarchie, proche des idées du Parti Républicain

Les Républicains critiquent le manque d’ambition à l’international
30 juin 2018

Relations internationales

Le Parti Républicain, c’est le parti Royaliste sans Roi” : ce propos provocateur a été tenu par Viktor Arkwright, leader du Parti Libéral, en 2016. Depuis, cette petite musique revient régulièrement et ne cesse pas d’agacer l’état-major du Parti Républicain jusqu’à Leonard Raymond lui-même. Il a notamment refait surface à l’occasion du vote de l’Assemblée Unique sur la loi relative aux investissements internationaux, approuvée par 75 % des membres du Parti Républicain et à laquelle les libéraux étaient farouchement opposés.

Au-delà de l’opposition de fond autour de la question institutionnelle, le Parti Républicain a des points d’accord ponctuels avec les textes voté par les royalistes : “nous nous différencions des autres partis en ne nous opposant pas à tout par principe”, rappelle un cadre du parti. Cela n’empêche pas l'existence de fractures de fond sur de nombreux enjeux. C’est notamment sur la question internationale que se sont portés le feu des critiques ces derniers jours à l’encontre de la politique du Royaume. Leonard Raymond est très circonspect vis-à-vis de l’accord signé avec la République de Duve par Aldric Rowanstone et qui entre en vigueur dès ce mois de juillet.

Si le Parti Républiain reconnaît l’importance de développer des coopérations sur le continent en général et la République de Duve en particulier, il considère le contenu final du Traité comme la démonstration d’un amateurisme du Royaume. “Bocelynwood et ses dirigeants ne savent pas s’imposer sur la scène internationale car ils n’ont pas de vision, pas d’ambition et surtout très peu d’expérience diplomatique. Il a existé depuis longtemps la tentation du repli sur soi d’un Royaume fier de lui-même alors qu’une politique extérieure intelligente est le socle d’une grande nation. Johnlyn IV et ses Secrétaires Royaux agissent dans ce domaine au gré des opportunités, et encore… en mauvais gestionnaires”, tacle sans filtre Leonard Raymond.

Les critiques précisément argumentées du parti sur le Traité Duve / Brocelynwood ne manquent pas.
L’accord sur la sécurisation du commerce le long de la côte Est est qualifié de “vaste plaisanterie”. Les moyens déployés sont jugés dérisoires et inutiles, puisqu’un seul navire de chacune des deux nations a été mis au service de cet objectif, quand bien même le texte évoque une réévaluation annuelle des besoins. Par ailleurs, la navigation des patrouilleurs doit se faire à une distance suffisamment élevée des côtes, pour éviter toute levier de boucliers, et démontre dans le même temps que cette sécurisation n’a pas été concertée avec les Etats concernés du continent aleucien : de “l’improvisation’ selon le Parti Républicain.
Le parti s’inquiète régulièrement de l’état actuel de l’armée brocélienne. Ce n’est pas le prêt accordé par la République de Duve pourtant destiné au développement militaire qui l'amène à soutenir le contraire ; d’un montant limité à 6 000 Ui, il devra être remboursé avec près de 17 % d’intérêts malgré l’échéance à court-terme (1 an) : “confiscatoire et incompréhensible” pour Leonard Raymond.
Les détails des quotas de marchandises non soumises à droits de douane sont aussi dans le viseur. Les quantités de bois transformés exportées par le Royaume de Brocelynwood et exonérées de ces tarifs douaniers sont 33 % plus faibles que les quantités de métaux transformés qui seront importées par Brocelynwood et exonérées selon les mêmes modalités. Cette asymétrie ne reposerait là encore sur aucune justification et légitimité, selon les républicains.

Le Parti Républicain compte bien faire de la politique étrangère un élément majeur de sa campagne pour les prochaines élections législatives de 2019, avec une approche plus interventionniste et structurée, et donc une volonté de rompre avec la tradition du Royaume. Mais une fois n’est pas coutume, la mise en application nécessiterait au préalable une remise en cause complète du cadre institutionnel puisque la politique étrangère et militaire relève actuellement du domaine réservé du Roi. Le bout du chemin est donc loin d’apparaître à l’horizon.
0
AGP

Pays concerné : Royaume de Brocelynwood
Date : 08/07/2018
Localisation : Wynterhall

Dépêche AGP :
Après plusieurs mois de flou, c’est par la voie d’une déclaration officielle que le Secrétariat Royal à la Politique Etrangère et aux Armées a annoncé que le Royaume de Brocelynwood n’adhérera pas à la Communauté Continentale Paltoleucienne (CCP).
Sans fermer la porte à une révision ultérieure de sa position, et soulignant l’intérêt de certains projets évoqués dans le cadre de cette CCP, le Royaume estime que “rejoindre une communauté” n’est “pas un pré-requis pour dialoguer avec d’autres nations” et “construire des coopérations”. L’Etat dirigé par Johnlyn IV craint surtout que le cadre aujourd’hui “relativement consensuel” de l’institution paltoleucienne mute en communauté politique nécessitant de développer une vision partagée notamment diplomatique, ce qui conduirait inévitablement le Royaume à y “abandonner sa souveraineté”. La déclaration souligne par ailleurs qu’elle ne partage justement pas les valeurs de plusieurs membres actuels de cette l'institution.


Source :
0
AGP

Pays concerné : Royaume de Brocelynwood
Date : 11/07/2018
Localisation : Wynterhall

Dépêche AGP :
Par une allocution télévisée très solennelle du Roi Jonhlyn IV, le Royaume de Brocelynwood a annoncé qu’il initiait la création d’une Organisation Internationale pour le Protestantisme, gérée dans un premier temps par les Secrétaires Royaux de la Politique Étrangère et du Culte brocéliens.
Le Monarque a immédiatement invité des Etats, Églises ou encore associations à vocation cultuelle de tous types à rejoindre l’Organisation en vue d’une Assemblée Générale constitutive qui se tiendra à Hollowford en décembre.
Selon le Roi, cette démarche s’inscrit dans l’Histoire du Royaume, dont le protestantisme est la religion officielle, largement majoritaire, et au cœur des “valeurs”.
Il donne comme objectifs à l’organisation la défense des minorités protestantes, le soutien diplomatique aux protestantisme, mais aussi la “diffusion de valeurs” de cette religion. Le Roi a aussi mis au cœur de son initiative l’opposition frontale à la remise en cause des “institutions pluriséculaires” par les sociétés modernes, donnant une tonalité conservatrice à son allocution.
Wynterhall n’a pas donné d'indications sur les éventuels premiers membres de la nouvelle organisation internationale.


Source :
3263
Dans : The Brocelynwood Ledger
Ce journal est très "pro-business" et proche des idées du Parti Libéral

Création de l'O.I.P : la classe politique très critique
20 juillet 2018

Eglise protestante

Lors de son allocution télévisée du 11 juillet, la première en 2018, le Roi a fait un appel à l'international pour construire avec lui une “Organisation Internationale pour le Protestantisme”. L'initiative semble faire l'unanimité au sein du Parti Royaliste, mais elle rassemble largement contre elle au niveau du reste de la classe politique.

Sans surprise, le Parti Communiste ne soutient pas la démarche, même s’il semble cependant y être relativement indifférent et ne pas en faire un combat prioritaire. La formation politique résume, avec ses habituels mots clefs : “ça fait parler un peu tout le monde, ça fait diversion, ils espèrent détourner les travailleurs de la vraie lutte contre la classe parasite, mais il n’y a pas de doute que les ouvriers savent bien où est leur combat”.

A l’extrême gauche aussi, le Parti du Peuple est beaucoup plus véhément contre le Roi. Le parti qui pousse depuis sa création les positions les plus radicales du pays vis-à-vis de la religion protestante fustige “le mélange total des genres entre la religion et toute la politique, y compris internationale”. Le leader Jared Fenlow va jusqu’à parler de “fuite en avant” : “cette fois, le Roi est parti en Croisade ! Il essaie parfois de nous vendre que c’est une simple Amicale de Protestants, mais il a eu un message très clair l’autre soir. Il veut s’attaquer à toute idée de progrès et exporter sa religion un peu partout. Ce qui nous rassure, c’est qu’il n’aura sûrement pas les moyens de ses ambitions. Mais ça n’enlève rien à l’intention”.

Victor Arkwright (Parti Libéral) est surpris qu’un Etat “décide seul de se faire le représentant d’une religion, surtout quand cette religion s’est construite contre le modèle hiérarchique du catholicisme. Je ne pense pas que ce soit bien notre rôle de chercher à être à l’épicentre d’une religion pratiquée par des millions de fidèles dans le monde. J’aimerais plutôt que le Roi et les Secrétaires Royaux s’occupent de signer beaucoup plus d’accords de libre-échange avec les autres pays.. Les libéraux y voient également une contradiction avec les récentes décisions limitant la circulation des capitaux, alors que “la liberté d’entreprendre est au cœur de la foi protestante”. Lorsque l’on analyse plus attentivement l’allocution du Roi, on constate effectivement beaucoup de références aux valeurs conservatrices, davantage qu’à la libération de l’individu en tant que tel.

Comme attendu, cette ligne argumentative n’est pas celle du Parti Républicain, qui partage de nombreuses positions politiques défendues par les royalistes. Cela n’empêche pas l’organisation d’adopter une posture très critique sur cette initiative, par la voix de son leader Leonard Raymond : “le Roi se prend pour le Pape des Protestants ! Cela n’a aucun sens. Oui, on voit que certaines franges de notre population commencent à trop se détourner de la foi, et ça fragilise les fondations de notre société. Mais gérons ça chez nous, pas ailleurs. Nous, nous défendons une politique étrangère réaliste, ambitieuse, qui assure notre prospérité. Est-ce que désormais Brocelynwood va choisir ses partenariats en fonction uniquement du critère religieux ? Notre politique étrangère ne peut pas se résumer à ça, alors que nous devons être bien plus fins et intelligents face à des vrais dangers comme le communisme. Nous devons devenir une vraie puissance, on en a les atouts. Mais tout ça va tourner au ridicule si l’appel du Roi reste simplement lettre morte”.

À terme, la réception par la population brocélienne et par la communauté internationale seront déterminantes pour le Monarque et ses soutiens, afin d'éviter que le lancement en grande pompes de “l'OIP” devienne la cible systématique des oppositions.
4361
Dans : Chroniques du Royaume
Ce journal développe une ligne éditoriale très proche du camp royaliste. Il peut s’apparenter à un organe de propagande du pouvoir.l

Les brocéliens soutiennent l’initiative internationale de Johnlyn IV
23 juillet 2018

Communauté protestants

L’enquête de l’Institut Brocélien des Statistiques (IBS) va faire grincer des dents du côté des oppositions. Ces derniers jours, celles-ci n’ont pas manqué de mots pour critiquer les positions internationales du Royaume annoncées coup sur coup le 8 juillet puis le 11 juillet lors de l’allocution télévisée du Roi. Pourtant, les sondages qui viennent d’être publiés par l’IBS montrent un net décalage entre les positions radicales de ces élites politiques et l’avis de la population.


L’avis des brocéliens n’est pas celui des oppositions

La question de l’adhésion à la Communauté Continentale Paltoleucienne est un sujet qui passionne peu les brocéliens, avec un avis très partagé, à quasi-égalité entre partisans de l'adhésion et de son refus. Cela n’est d’ailleurs pas très éloigné des réflexions ayant eu cours autour du Roi et des Secrétaires Royaux pendant plusieurs mois, auquel le communiqué officiel du 8 juillet fait lui-même référence. La position finalement adoptée est le résultat d’une analyse approfondie du contenu, fonctionnement et des risques liés à la CCP, qui n’a pas toujours été une évidence.

Mais c’est à propos du lancement de l’Organisation Internationale pour le Protestantisme (OIP) que les brocéliens sont, sans ambiguïté, le plus favorablement convaincus. En effet, 57% de la population soutient l’initiative du Roi contre seulement 34% qui s’y opposent. Ceci démontre une fois de plus, à dix mois des élections, que la composition de l’actuelle Assemblée Unique est particulièrement en phase avec le positionnement politique des brocéliens.

Dans le même temps, certains partis pèsent de tout leur poids pour éjecter la religion de la vie politique, ne reconnaissant pas son caractère structurant dans les fondations du pays et de toutes ses institutions. A ce titre, le Parti du Peuple annonce clairement ses intentions, tandis que le Parti Libéral avance beaucoup plus masqué. Au-delà, l’ambiguïté est réelle dans le camp du Parti Républicain, qui rappelle autant qu’il peut à la fois son attachement au protestantisme et la volonté d’une politique internationale ambitieuse. Cela n’empêche pas Leonard Raymond d’attaquer sans restriction un projet international autour du protestantisme, certainement par nécessité de se démarquer plus que jamais.


Comment expliquer l’intérêt pour l’O.I.P ?

L’avis des brocéliens reflète davantage leur intérêt direct, puisqu’il n’est pas motivé par la volonté de nuire à quelques mois des prochaines élections.
Les propos du Roi le 11 juillet au soir ont inscrit sa décision dans l’Histoire longue du pays, ses valeurs, au cœur de l’identité et de la foi de chacun. C’est certainement cela qui a parlé à une bonne partie de la population, voyant dans la parole officielle du Royaume la traduction en actes de ce qui constitue chaque jour leur for intérieur. Nous étions ce jour-là bien loin des débats stériles et positions de principe qui rythment trop souvent les prises de parole au sein de l'Assemblée Unique. Les brocéliens ont bien saisi le sens de la démarche, ne visant pas à répandre par la force leur propre religion tout autour du globe ou de faire du Roi de Brocelynwood le chef du protestantisme mondial, comme cela a pu être dit. Au contraire, le Roi a traduit ce que chaque croyant s’impose naturellement à lui-même, le fait d’être investi d’une mission le menant à défendre sa communauté et, au-delà, l’essence même de l’Humanité aujourd’hui menacée. L’OIP initiée par le Royaume de Brocelynwood amène tout un chacun à vivre non seulement sa fierté d’être brocélien mais aussi, par-delà les frontières, à trouver sa place dans le monde, en cohérence avec la foi vécue au plus profond de soi.


Ne pas surestimer l’importance des réactions internationales

Si l’appel était plébiscité par les brocéliens mais restait lettre morte à l’international, les opposants pourraient se targuer d’un échec diplomatique majeur. Mais d’ores et déjà, ce n’est pas ce scénario qui se dessine. Depuis l’Eurysie, le Ministre des Affaires Etrangères de la Republik Bachmeyer, Rudolf Breit, a adressé un courrier à Stephen Philipps et Melvin McBride pour leur faire part de la volonté de son pays de rejoindre la nouvelle OIP. Cette nation germaniste protestante a immédiatement compris le sens et l’intérêt d’un tel rapprochement. Il semblerait par ailleurs que d’autres pistes de candidats soient à l’étude sur notre continent.

Il est par ailleurs utile de préciser qu’une telle ouverture aux Etats et à la société civile internationale est d’abord une proposition du Roi de Brocelynwood. Elle démontre le souci de notre Royaume pour le sort des Protestants du monde entier et de leurs Églises. Ce qui en fait toute la valeur n’est pas le nombre d’adhérents, mais le sens que la société brocélienne y donne, et comment cela continuera à constituer dans tous les cas une ligne directrice de la politique de Johnlyn IV, notamment internationale.

0
Dans : Chroniques du Royaume
Ce journal développe une ligne éditoriale très proche du camp royaliste. Il peut s’apparenter à un organe de propagande du pouvoir.l

Épidémie d’Escapula : “la confiance est rompue”
13 août 2018

Quarantaine

Après l’éruption de l’épidémie à Escapula début juillet, qui a amené les responsables brocéliens à prendre des mesures préventives, le manque d’information des autorités locales ont créé de lourdes difficultés.


De la destination exotique à la quarantaine

Nous sommes allés à la rencontre de John et Margareth, qui vivent à Lornbridge. Au moment de planifier leurs vacances estivales, ils avaient réellement envie de faire le choix de l’originalité : non seulement aller vers le Sud, en Paltoterra, mais aussi choisir une destination aux coutumes très différentes des nôtres. “Pour nous, c’est important d’aller à la rencontre de l’autre, de ne pas juste profiter des plages, sinon on a tout ce qu’il nous faut à Brocelynwood !”, nous explique John. Leurs amis leur ont parlé d’Escapula, pour un “dépaysement” à tous les niveaux. Le couple n’avait pas d’a priori positifs ou négatifs, simplement l’envie de découvrir. Arrivés fin juin sur place, leur séjour ne s’est pas déroulé aussi bien qu’espéré. L’ouverture d’esprit des deux brocéliens n’a semble-t-il pas trouvé sa réciproque du côté des locaux : “nous cherchions vraiment à nous intéresser à leur mode de vie, même si c’était parfois étonnant, mais si nous avions le malheur de dire que nous étions de Brocelynwood, la plupart nous plaignaient et critiquaient notre Roi, notre religion, sans respect pour les chrétiens et les protestants”. C’est du moins ce qu’ils ont pu décrypter de leurs tentatives de dialogue.
Escapula est notamment connu pour être une tentative de modèle anarchiste. D’après les deux touristes, ce n’est pas une invention. Ils font état d’une grande désorganisation d’un monde assez peu civilisé. “Et si vous êtes mal accueilli quelque part, n’allez pas demander de parler au responsable, apparemment ça n’existe pas ; on dirait que chacun fait ce qu’il veut”.

Soulagés d’être de retour à Lornbridge, John et Margareth entendent parler de l’épidémie d’Escapula mais n’en tiennent pas particulièrement rigueur dans un premier temps. Ce n’est qu’au moment de la publication du décret d’Aldric Rowanstone, Premier Secrétaire Spécial du Roi, qu’ils comprennent qu’ils sont concernés par les mesures de quarantaine. Ayant déjà repris leur vie professionnelle et leur quotidien avec leur jeune fils de 18 mois, ils n’accueillent évidemment pas la nouvelle avec bonheur mais comprennent que c’est “le plus raisonnable". Ils se signalent donc spontanément aux autorités, qui leur mettent à disposition un appartement 3 pièces, avec passage infirmier quotidien. Ils vivent alors tant bien que mal la situation, devant principalement gérer la frustration de leur enfant si habitué à fréquenter quotidiennement les aires de jeux.
Un soir, ils prennent peur lorsque ce dernier est pris de vomissements : “ça ressemblait en tout point aux signes dont on nous avait parlé par rapport à la maladie d’Escapula, on a de tout de suite été très inquiets”, explique John. Margareth révèle l’issue, plus basique : “apparemment, il avait juste mal digéré le repas ; il faut dire que pour une fois John l’avait préparé, et je me suis sentie très coupable car Dieu n’a pas créé les hommes pour faire ce genre de choses, mais au moins il y avait une explication.”.


Des nouvelles mesures annoncées par Aldric Rowanstone

Les jours passent et la quarantaine se poursuit. La situation devient ubuesque car les informations semblent dire que l’épidémie a été circonscrite. Le jeune couple est en lien régulier avec l’Administration rattachée au Premier Secrétariat Spécial du Roi, qui leur fournit toutes les informations de manière transparentes ; le Royaume de Brocelynwood a contacté Escapula pour avoir tous les détails et s’assurer qu’il n’y avait aucun risque à lever l’ensemble des mesures préventives. Sans réponse de leur part, le risque était trop élevé de se laisser propager une nouvelle maladie à Brocelynwood. Au bout de trente jours, tout risque contagieux est écarté et la quarantaine est levée.

Aldric Rowanstone a pris la parole cette semaine pour dénoncer ce manque de transparence de la part d’Escapula, certainement causée par leur modèle anarchiste et leur manque de structuration. “Quelles qu’en soient les causes, a-t-il dit, cette situation a révélé qu’il n’existait pas de dialogue transparent et clair possible avec Escapula qui permette la pleine sécurité de nos ressortissants. Aujourd’hui, la confiance est rompue. Bien que toutes les informations en notre possession indiquent que le risque épidémique tend à être écarté, nous allons pérenniser certaines mesures prises dans le cadre du Décret 2018-114 du 11 juillet dernier afin de prévenir toute circulation d’individus entre nos deux territoires. M. Stephen Philipps, Secrétaire Royal à la Politique Etrangère et aux Armées, fera paraître un nouveau Décret dans les tous prochains jours en lieu et place du précédent”.

3675
Dans : L’Opinion de Brocelynwood
Il s’agit d’un quotidien conservateur, critique envers la Monarchie, proche des idées du Parti Républicain

Les besoins énergétiques urgents du Royaume
30 août 2018

Pétrole

C’est une donnée que le Royaume tente à tout prix d’ébruiter le moins possible. Mais les sources sérieuses et les analystes sont formels : le Royaume de Brocelynwood a des besoins vitaux en pétrole et gaz pour les prochains mois, et ils ne sont à ce jour pas assurés. Notre journal tient aujourd’hui à décrypter le contexte et les enjeux de cette bombe à retardement.


Les besoins résidentiels assurés

A chaque fois que la question énergétique est abordée dans le débat public du Royaume, le même refrain revient de la part des officiels : “il ne fait aucun doute que tous les foyers brocéliens pourront se chauffer l’hiver prochain”.
Les termes sont choisis avec doigté, puisqu’il ne s’agit en effet pas de la véritable source d’inquiétude à court et moyen terme. Notre mix énergétique présente de bons atouts pour assurer les besoins des ménages.

Il faut distinguer la part électrique hors chauffage, plus modeste et largement assurée par nos deux centrales nucléaires, de ce qu’on appelle les besoins en “chauffage résidentiel”. Ces derniers sont assurés à 30 % par les barrages hydrauliques, aidés par une part de la production nucléaire en période sèche. La majorité de l’énergie de chauffage (65 %) est évidemment assurée par le bois / la biomasse, même si sa part va tendre à diminuer avec la hausse de la consommation globale et une production qui ne suivra pas.

L’ensemble des besoins résidentiels sont donc aujourd’hui quasi-assurés par la production domestique, ce qui est un bon point. Il demeure que la gestion des productions et infrastructures soit aussi sujette à débat, mais ce n’est pas l’objet de la présente analyse. Enfin, 5% des besoins en chauffage des logements nécessite des importations de gaz, ce qui est en soi relativement résiduel.


Les transports et l’industrie en danger

En recentrant le discours sur le chauffage des logements des particuliers, le pouvoir met volontairement de côté ce qui constitue 50 % des besoins énergétiques de la nation. Ceci permet de sauver les apparences, mais nul doute qu’on s’agite constamment dans les couloirs du Palais et des principaux Secrétariats Royaux pour espérer trouver les bonnes solutions à temps.
En effet, Brocelynwood n’a aucune hydrocarbure exploitable sur son sol, or ces énergies sont vitales au fonctionnement des industries, mais aussi des transports (routiers, ferroviaires, maritimes). Or c’est bien sur ces derniers que repose la vie économique, le commerce domestique et extérieur, mais aussi le développement de l’armement.
Par conséquent, le pétrole représente 35 % du mix énergétique globale, soit autant que le bois alors même qu’il va croître, et le gaz (hirs chauffage résidentiel) environ 15 % .
Les flux de volumes d'importation quotidiens via les oléoducs et gazoducs sont donc conséquents. Le Royaume importe ces hydrocarbures sur les marchés au fil de l'eau, en provenance d'une diversité d'origine.

Mais les besoins du pays et mondiaux augmentent, le marché se tend, et la compétition internationale fait rage pour l'accès au gaz et au fameux Or noir.
Aujourd'hui, les besoins sont tout juste couverts. Mais le Royaume est en difficulté pour trouver de nouvelles sources d'approvisionnement, car il n'est aujourd'hui assis sur aucun accord préférentiel d'envergure. Il y a donc un risque substantiel donc que 5 à 10 % de la consommation nationale de gaz et pétrole ne soit pas couverte à compter de début 2019.

Le manque d'anticipation ces dernières décennies explique pourquoi le Royaume s'agite depuis quelques semaines pour engager le dialogue avec de multiples nations productrices comme l'Empire du Nord ou l'Everia. La perspective de pénuries représentant jusqu'à 5% des besoins énergétiques du Royaume fait frémir le pouvoir en place, déjà fragile, d'autant plus à quelques mois des élections de l'Assemblée Unique. Une telle situation aurait des conséquences en cascade sur toute l'économie, et une situation de crise de ce type ne fait l'objet d'aucun plan.
Hasard du calendrier, c'est au même moment que les pays producteurs de pétrole tentent d'être plus que jamais en position de force en envisagent la création d'une organisation. Ils se réunissent prochainement à Maracaillebosse.
0
AGP

Pays concerné : Royaume de Brocelynwood
Date : 4/09/2018
Localisation : Wynterhall

Dépêche AGP :
Un communiqué officiel du Secrétariat Royal à la Politique Étrangère et aux Armées du Royaume de Brocelynwood a informé la presse internationale qu’une rencontre allait se tenir avec la Grande République de Westalia ces jeudi 7 et vendredi 8 septembre 2018 à Wynterhall. Les deux nations entretiennent des liens étroits depuis plus de 150 ans du fait de leurs racines communes, issues toutes deux de la colonisation de l’Aleucie par le Royaume d’Austaria (Eurysie). Brocelynwood et Westalia souhaitent approfondir leurs accords déjà en vigueur dans les domaines culturels, migratoires, sécuritaires et commerciaux. Les négociations seront précédées par un accueil public de la délégation westalienne devant le Secrétariat Royal de M. Philipps et suivies d’une conférence de presse. Le communiqué rappelle enfin la solidité à toute épreuve du partenariat et l’ancrage de valeurs chrétiennes communes.
Source confidentielle :
6250
Dans : The Brocelynwood Ledger
Ce journal est très "pro-business" et proche des idées du Parti Libéral

Tribune exclusive : “Brocelynwood n’est pas une démocratie, ses institutions sont verrouillées”
3 octobre 2018

Dans cette tribune inédite publiée à huit mois des élections de l’Assemblée Unique, Leonard Raymond (Partie Républicain) et Victor Arkwright (Parti Libéral) dénoncent le système institutionnel du Royaume de Brocelynwood et appellent le Roi au changement.

Démocratie

Lorsqu’il s’agit de classer le système politique du Royaume de Brocelynwood, peu de monde chez nous comme à l’étranger s’offusque du qualificatif “démocratie”. Il est vrai que nous avons un certain niveau de liberté d’expression, des élections libres au suffrage universel direct masculin et féminin, une assemblée législative, le tout prévu par une Constitution. Nous représentons deux partis appelant à la fin de la Monarchie et l’on pourrait nous opposer que les monarchies constitutionnelles existent ailleurs, et leur caractère démocratique fait parfois peu de doute.

Ces arguments sont valables, mais ils ne disent rien de la réalité du système institutionnel en place à Brocelynwood.
En nous associant ce jour à une même Tribune, malgré les profondes divergences qui nous opposent, nous voulons affirmer et démontrer que le Royaume de Brocelynwood n’est pas une démocratie. Ses institutions sont verrouillées : tout est organisé de façon à non seulement garantir la Monarchie, sans alternative possible, mais aussi et surtout la mainmise du Parti Royaliste sur l’ensemble des politiques publiques qui affectent le quotidien des brocéliens.


Les élections au service du Parti Royaliste

L’Assemblée Unique est composée de 61 membres, ce qui est très peu, et ne permet la vivacité et l’expression de la pluralité propre aux grandes démocraties parlementaires modernes. La durée de mandat, de 7 ans, est également bien trop longue ; elle vise à faire primer la continuité envers et contre tout.

Mais là ne sont pas les points les plus problématiques. En effet, les 12 circonscriptions urbaines représentent 36% de la population et seulement moins de 20% des sièges de l’Assemblée Unique. A l’inverse, 5 membres (8% des membres de l’Assemblée) sont nommés directement par le Roi lui-même (0,00001% de la population) et chargés de faire valoir sa voix, alors que le Roi dispose déjà d’un certain nombre de pouvoirs. Le principe de “représentants du Roi” au sein de l’Assemblée et la bien meilleure représentativité des circonscriptions rurales favorise de manière largement disproportionnée une majorité issue du Parti Royaliste.

Aussi, en l’état actuel de la composition du champ politique, le mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour, et non à deux tours voire proportionnel, donne un avantage infondé au Parti Royaliste. La bonne tenue du débat démocratique voudrait que nos deux partis, et on pourrait aussi parler du Parti du Peuple, puissent vivement affronter leurs idées et programmes, tout en s’unissant derrière le plus petit dénominateur commun en s'opposant aux royalistes. Avec le scrutin en un seul tour, toute pluralité d’oppositions permet au Parti Royaliste de bénéficier de l’éparpillement des voix entre des partis qui ont très peu en commun, si ce n’est leur opposition déterminée au Parti Royaliste.

Tout ce fonctionnement conduit à une conséquence nette : alors que la Monarchie, ou a minima la politique du Parti Royaliste, est contestée par au moins 50 % de la population selon certaines enquêtes, toutes les projections en sièges conduisent généralement à une majorité large des royalistes. Il faudrait désormais reconnaître que nous ne nous battons pas à armes égales et y remédier en profondeur.


Une autre majorité... ne pourrait gouverner

Quand bien même un parti ou une alliance de partis d’opposition remportaient la majorité à l’Assemblée Unique, qu’adviendrait-il ? Contrairement à ce que l’on pourrait naturellement imaginer, bercés par les exemples étrangers d’alternance que nous n’avons jamais connus, il n’est pas du tout certain que cette majorité gouvernerait le pays. Elle aurait effectivement la capacité à proposer des lois et les adopter. Mais dans notre Constitution, les Secrétaires Royaux ne constituent absolument pas un gouvernement classique : rien ne les lie à l’Assemblée Unique, ils ne sont pas issus de la majorité parlementaire, ne sont pas soumis à un vote de confiance ou à une éventuelle censure. Le Roi choisit qui bon lui semble, et absolument rien n’indique qu’il nommerait des Secrétaires Royaux en cohérence avec la composition de l’Assemblée Unique si cela allait à l’encontre de ses intérêts politiques ou personnels. Mais à l’inverse, le Roi a un droit de dissolution annuel de l’Assemblée Unique, ce qui lui donne un pouvoir de pression supplémentaire sur le pouvoir législatif sans aucun équivalent réciproque, bien au contraire.

Les limites à l’expression de la volonté du peuple par ses représentants élus ne s'arrêtent pas là.
L’Assemblée Unique ne peut voter aucun texte relatif à la politique étrangère et militaire ou au culte. Ces domaines réservés au Roi comprennent aussi la “réforme des institutions et de la Constitution”. Cela signifie que toutes les dimensions abordées dans la présente tribune ne peuvent évoluer que selon le bon vouloir du Roi, selon la lettre de la Constitution, puisque celle-ci ne prévoit non plus jamais l’éventualité d’un référendum.
Les domaines partagés entre la Roi et l’Assemblée Unique sont aussi une hérésie : cela signifie qu’en matière de taxes, moeurs, éducation, politique pénale et ordre public, l’Assemblée peut voter des lois et le Roi également prendre toute ordonnance ayant la même portée légale. Outre l’incohérence potentielle, il est donc tout à fait envisageable en théorie que le Roi “casse” toutes les lois contraires à son avis.


La nécessité "d'engager un processus de révision constitutionnelle"

Parler d’institutions verrouillées n’est donc pas un terme galvaudé. Nous n’avons donné qu’un bref aperçu d’exemples concrets démontrant l’impossibilité organisée à contester le pouvoir royaliste.Devenir majoritaire contre le Parti Royaliste est rendu quasi-impossible. Quand bien même cette majorité serait une réalité, le véritable centre névralgique des décisions du pays appartiendrait continuellement au Palais.

Dans ces conditions, il n’est plus possible de faire comme avant.
Les attentes du pays ont évolué vers une demande de démocratie représentative plus forte, du moins réelle.
Les élections de l’Assemblée Unique ne peuvent se tenir dans un tel système, voué à se perpétuer sans la moindre perspective de changement de politique.
Aujourd’hui, le Monarque Sa Majesté Johnlyn IV détient les clefs du système institutionnel. Nous lui demandons solennellement de réunir les représentants des principaux partis, en les chargeant de définir et engager un processus de révision constitutionnelle.
Dans l’intérêt de notre pays, nous demandons aussi aux partenaires internationaux du Royaume d’inclure la question démocratique dans les conditions de base à la signature de nouveaux accords.
Bien sûr, la population brocélienne elle-même doit exprimer, pacifiquement, sa demande pressante de changement, pour enfin simplement avoir le choix.


Victor ARKWRIGHT, Leader du Parti Libéral
Leonard RAYMOND, Leader du Parti Républicain
Haut de page