25/11/2018
06:54:03
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[Althalj] Déclaration à la Khaïma

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Les invités étaient nombreux et avaient été installés dans la grande tente, là où les annonces officielles de la Maktaba s'effectuaient.
La Khaïma était certes unique. Rassemblement de tentes Althaljirs formant différentes salles pour différentes utilités, diplomatiques principalement. Cette agglomération, de ce qui a d'ordinaire d'éphémère, ressemblait à une immense tente de tissus épais, aux motifs traditionnels, soutenus et suspendus.
Le blanc et le bleu, couleurs des Tamurt n Althalj, rappelaient sans aucun doute que la Khaïma était Althaljir.
Perchée sur les falaises bordant l'océan, la Khaïma avait une vue imprenable sur la capitale, Icemlet, en contrebas, où d'innombrables minarets et constructions en petites briques jalonnaient cet espace entre la mer d'Emeraude à l'Est et les montagnes de l'Altilal Almujamada, presque constamment plongées dans de lourds nuages gris.

Et il serinait en ce jour où les délégations diplomatiques avaient été appelées à rejoindre la grande tente et s'installer sur les chaises en bois presque à même le sol. Les invités faisaient face à un simple pupitre finement décoré et détaillé de nacre qui permettrait autrefois de déposer le Coran Ilahmique et aujourd'hui reconverti.

Les nations invitées étaient membres du Pacte Afaréen de Sécurité.
Le Royaume du Finejouri était au centre des invités avec à ses côtés l'Azur et l'ancienne Antegrad, Antérie de son nom actuel.

Des diplomates avaient été invités en tant qu'observateurs comme l'Althalj avait pour habitude de le faire.
La Sérénissime République de Fortuna, la République du Banairah, et sa représentation du Forum de Coopération de l'Afarée du Nord, étaient mis à l'honneur parmi les observateurs avec des places de choix.
La Cramoisie faisait elle aussi partie de la délégation d'observateurs.


Des rafraichissements, cafés et thés furent servis par le personnel de la Maktaba, toujours habillé de blanc et presque exclusivement masculin. Le ballet d'anciens plateaux en bois et de théières argentées était calibré. L'hospitalité Althaljir était toujours étrange à certains yeux aux prismes outre-Afarée, s'attendant à un service de la gente féminine, néanmoins la culture Althaljir avait traversé les océans depuis son ouverture au monde et le mythe d'une société matriarcale dans le monde de l'Islam élargie se révélait une réalité ancrée depuis des siècles, que certaines considéraient comme avant gardiste.

L'entrée de trois femmes habillées de tenues traditionnelles firent leur entrée à tour de rôle.

La qari Baya n Ifilku, représentante de la Maktaba au FCAN, mais aussi aux affaires Afaréennes, fit un signe complice aux invités Fortunéens et du Banairah, des collègues de travail de longue date, puis aux invités du Pacte Afaréen de Sécurité de manière officielle. Celle-ci s'installa au pupitre et posa quelques notes sur celui-ci tandis que la deuxième personne fit son entrée.

Vêtue des couleurs de sa région d'origine, les motifs ocres d'Asefsaf, elle était la seule à porter un voile laissant toutefois paraître ses cheveux et ses oreilles et bijoux en or.
Son nom ne fut pas divulgué. Elle était la représentante de la Sororité, instance dirigeante en binôme avec la Maktaba... enfin il était très compliqué d'expliquer et de connaître les interactions institutionnelles officielles entre les deux. La présence de cette représentante était une sorte de rupture d'un protocole longtemps maintenu avec une Maktaba connue et affichée pour les communications publiques et officielles et la Sororité masquée et plongée dans le dur labeur de diriger la nation.

La dernière personne était la Qari Ijja Shenna. Elle se faisait de plus en plus vieille et son entrée dans la tente, marquée par le respect de sa contribution et de son statut, était tout aussi symbolique que celle de la Sororité. Elle s'assit à l'arrière du pupitre dans un fauteuil qu'elle appréciait tout particulièrement pour ses accoudoirs en bois de pin, lisses et anciens.

L'introduction de la qari Baya n Ifilku donna le ton.
L'ordre du jour était celui de la Cramoisie et de l'ultimatum du PAS.
La qari précisa que les Tamurt n Althalj prenaient très sérieusement une situation qui n'avait eu de précédents en Afarée et nécessitait l'attention de toutes et tous.


... Le FCAN a immédiatement discuté des étapes à suivre, de la voie à prendre face à la multiplication d'évènements hors normes, odieux et inadmissibles pour l'Afarée du Nord Ouest et ses peuples.
Vient alors le dialogue entrepris entre Icemlet et la Cramoisie et notamment le dirigeant Bartholoméon de Petipont. Les échanges ne furent pas simples.

Plusieurs points nécessitent compréhension,
Quelle direction ce nouveau gouvernement prendra ? Dans les mêmes lignes destructrices du prédécesseur Printempérie ?
Quelle est la place du peuple Kabalien survivant à la catastrophe et l'ignominie Carnavalaise ?
Quelle est la place de la responsabilité des dirigeants dans l'impensable des premiers instants de cette amputation et déformation de l'Afarée du Nord ?
Quelle est la place de la Cramoisie dans le futur de l'Afarée du Nord ?


La Qari Ijja Shenna n'aura pas trouvé entièrement satisfaction sur les points listés, toutefois les étapes sont importantes.

Avant même de rentrer dans cette recherche de réponse, il est important de mettre à plat le contexte actuel.

Une direction Carnavalaise a créée, à travers des actes impensables, et que nous avons condamné fermement, un havre antinomique à la Bienveillance Althaljir.
Cette direction a été évincée et remplacée par une nouvelle direction sous la coupe de Batholoméon de Petipont. Suite à un évènement tragique, une nouvelle direction est actuellement en cours de discussion au sein de la Cramoisie. Les Tamurt n Althalj pèseront autant que praticable dans cette décision.
Un afflux d'immigration en provenance de Carnavale, d'Eurysie, amplifié par la guerre, sans précédents ces derniers siècles, est à prendre en considération. Les estimations dépassent largement ce qui aurait été possible sur tout autre continent. Nous ne pouvons ignorer une immigration sous contrainte.
Le Pacte Afaréen de Sécurité nouvellement créé lance un ultimatum à la Cramoisie.


Nous comprenons tout à fait la position du PAS quant à la nécessité d'une recherche de justice, de faire ce qui est droit, pour l'instant présent et le futur de l'Afarée.
Icemlet saisit la fermeté de l'acte et en partie le fond qui rejoint ce que le coeur crie face à l'horreur de la création de la Cramoisie.
Les Tamurt n Althalj souhaitent à présent se focaliser sur la raison et la forme.


Icemlet souhaite néanmoins éviter plus amples désastres et il est ainsi primodial de chercher une solution raisonnable et humaine.
L'ultimatum ne donne aucune chance de succès.
La mention de prodiges spatiaux ne peut que conclure de l'inévitable dessein d'un conflit armé avec la Cramoisie, dés lors que la raison n'y trouve son compte.
Que ferez-vous des 4 millions de nouveaux Afaréens ?

Icemlet est très préoccupée par la direction du PAS et souhaite obtenir à travers cet échange une clarification des points ci-dessus.
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Sur la convocation des hautes autorités du Tamurt N'Althaj, l'Azur avait envoyé une délégation menée par l'ambassadrice Zineb Erdahan, nommée il y a quelques années par la Porte, et qui était en poste pour assurer le lien continu entre les deux pays. Sous les voûtes ondulantes des toiles immenses, les représentants des autres pays du P.A.S étaient eux aussi invités à répondre aux préoccupations exprimées avec une force inédite. Si la Maktaba avait été périodiquement l'interlocutrice des services azuréens, la Sororité demeurait un mystère, quelque chose d'insondable, d'hérétique auraient jugé les oulémas moins soucieux de diplomatie que de rigueur théologique ; de trouble, aussi, peut-être. Ce que l'on ignore fait toujours un peu peur.

Son Altesse Sémillante le Khalife Kubilay, et avec lui le Diwan de la nation azuréenne, vous portent le salut, chères Excellences althajires. Que la Paix, la Miséricorde et la Bénédiction d'Allâh soient sur vous.

Je sais l'économie de votre temps et de vos paroles, et je tenterai de m'y tenir. Par cette prise de parole, je ne porte rien de moins que la voix de mon pays, que j'inscris entièrement dans l'ensemble des résolutions adoptées par le Conseil afaréen de sécurité, auquel s'adressent vos doléances d'explicitations. Aussi, je ne saurai me détourner de la parole commune afaréenne, car l'Azur insiste sur l'importance du Pacte, aussi large qu'il peut l'être, grand ouvert à être un jour rejoint par l'Althaj et par les autres nations du continent, comme espace de dialogue central pour les affaires qui nous concernent tous. S'il est bien un point que je souhaite souligner, c'est celui de l'intérêt du Pacte pour préserver la paix et la voie diplomatique de toutes nos forces entre les pays afaréens. Nous ne voulons plus de guerre fratricide, nous ne voulons plus de discorde, nous voulons avancer et faire fièrement face au siècle qui est devant nous. Telle est la motivation du Diwan pour avoir été l'une des nations fondatrices du Pacte, et ce serait trahir la haute importance qu'a ce collectif aux yeux du Grand Vizir, que de m'adonner à des commentaires déviant de la ligne adoptée à l'unanimité par les treize Etats membres. Cependant, je ne suis pas la porte-parole de notre organisation, je ne suis que celle de l'Azur ; j'inviterai éventuellement nos collègues à suppléer à mes remarques.

L'espace de discussion que vos Excellences ont ouvert ici est inédit. Le Diwan espère qu'il ne se soustraira pas à des relations plus poussées et plus fraternelles entre l'Althaj et ses partenaires afaréens ; je souhaite ici renouveler ma proposition aux peuples althajirs de rejoindre ce collectif, pour l'unité et la souveraineté de notre continent face à toutes les menaces.

Je vous remercie, Excellences, d'avoir brièvement rappelé le contexte récent depuis l'installation de la République Actionnariale de Cramoisie. Votre proximité géographique avec la R.A.C. vous donne un aperçu considérablement plus précis ; le point de vue azuréen sur cette entité demeure brouillé par le cuisant souvenir du génocide et de la colonisation.

Le 7 octobre 2016 est la date que des capitalistes de Carnavale ont délibérément choisie pour anéantir non seulement des centaines de milliers de personnes, mais aussi leurs animaux, leurs villages, leurs sources, leurs champs, leurs paysage, leur monde. L'Azur s'est immédiatement associé à la douleur du peuple qabalien victime d'une agression innommable. Il héberge des survivants et mène, avec ses partenaires du Pacte afaréen de sécurité formé consécutivement à ce traumatisme, la lutte diplomatique pour relever l'Afarée.

Quelle est la place de la Cramoisie dans le futur de l'Afarée du Nord ? Telle est votre question, Excellences, et elle touche le problème en son coeur. Quelle est la place d'un individu qui, s'étant introduit dans votre immeuble en défonçant les portes, les murs et les escaliers, vient égorger votre voisin et ses enfants, jette leurs corps par la fenêtre, prétend qu'ils n'ont jamais existé, ou bien qu'ils sont heureux d'avoir été trucidé, et repeint son appartement en rouge, en hurlant qu'il vous est supérieur, qu'il reconfigurera tout l'immeuble, et que vous le remercierez pour cela ?

L'Azur n'a pas outrepassé son rôle ; ce n'est pas au Diwan de se déclarer juge d'une affaire qui le dépasse et qui intéresse, sinon toute l'Humanité, du moins tout le continent afaréen. Nous n'avons aucun rôle spécifique dans cette histoire. Nous ne sommes que l'un des Etats parmi l'Antérie, le Finejouri, le Faravan, le Kéran, la cité de Qadishapolis, le Myènè, l'Ouwanlinda, l'Ëdango, l'île d'Anna, le Churaynn, le Gondo, l'Etat de Byb-Razad, mais aussi la Gallouëse, les Quatre-Vallées, Velsna, Visonza, Baskonia, Sylva, les moines de Bergrun, l'Antérinie et son Marcine, Rasken, le Mandrarika, Teyla, la Qabalie occidentale, et le prétendu Royaume de Jésus sur Terre lui-même (vos amis listoniens sont pleins de surprises) ! Tous ces Etats ont manifesté leur attachement à une position claire : celle de la Déclaration mondiale sur la Cramoisie.

Bien d'autres Etats, tels que le Banairah, Caratrad ou encore Messalie se tiennent prêts à apporter leur soutien à ce texte. Nous estimons qu'encore bien des pays pourraient nous rejoindre, tels que le Negara Strana, le Wanmiri, et nous ne désespérons absolument pas d'être rejoints par encore bien des puissances du monde sur cette position.

La Déclaration est une position commune explicite. Elle résume la réponse que nous apportons à votre question. Quelle est la place de la Cramoisie en Afarée ? Nous ne pouvons dire qu'une chose : celle-ci est une triple menace. La Déclaration statue, dans des termes très clairs, concrets et indiscutables vu les faits qui se sont déroulés et qui se présentent devant nous, que la R.A.C. est une menace humanitaire, sécuritaire et politique pour le continent afaréen - et pour l'Humanité toute entière.




Que ferez-vous des quatre millions de nouveaux Afaréens ? Votre seconde question est formulée d'une manière qui évoque cette « bienveillance althajire » dont est capable votre peuple, inspiré qu'il est par une foi inébranlable. Les Azuréens, et leurs partenaires, respectent cette « bienveillance » même pour des créatures aussi monstrueuses que les agents conscients d'un génocide, d'un écocide, d'un biocide généralisé s'il faut en croire l'effet assumé du poison qu'ils répandent dans l'atmosphère, et qui menace la viabilité de notre planète. Au moins leurs capitalistes auront-ils du fric à se faire à travers le chaos qu'ils répandent sur la Terre.

Pour des raisons religieuses rappelées par Son Excellence le Grand Vizir Afaghani Pasha, l'Azur défend pourtant, malgré tout le choc que je tente d'exprimer par des mots fragiles, toute l'aversion que représente pour nous la réalité de cette R.A.C. qui nous est imposée, une attitude basée sur la noblesse et la dignité de l'Islam. Celle-ci nous a invité à convenir, de manière unanime avec les treize Etats membres du Pacte afaréen de sécurité, d'un Plan de résolution de la crise dont la première phase serait la recherche acharnée d'un dialogue avec l'entité, sur la base d'un principe simple : nous les aideront à trouver le paradis qu'ils veulent terraformer, ailleurs, loin de notre planète, sur un territoire qui n'a jamais eu d'habitants, et qui donc ne sera jamais hanté par le traumatisme du génocide et de la colonisation. Nous les aideront à partir, et nous leur pardonneront leurs crimes ; nous oublierions nos griefs, nous leur donnerions l'amnistie. Ce pacte, aussi insensé que peut l'être l'optimisme dans un monde de sceptiques, est celui d'une paix désirable et souhaitable, satisfaisant les aspirations profondes des deux parties ; pour l'Afarée, de retrouver son unité, de panser ses plaies, de refermer notamment la blessure coloniale et génocidaire qu'on lui a imposée ; pour les colons de la R.A.C., la poursuite de leurs rêves cauchemardesques dans un espace qui ne le leur reprochera jamais. Cet esprit de dépassement par le haut, par les aspirations nobles, est celui qui préside au « Plan M », M comme magnanime.

L'Azur ne se cache pas d'avoir été un défenseur du Plan M. Le Grand Vizir assume parfaitement d'envisager la possibilité d'une résolution négociée de la crise, y compris par des méthodes qui peuvent paraître hallucinantes. Nous n'ignorons pas que Mars est une destination bien exotique pour un quarteron d'exterminateurs. Nous avons confiance en la « supériorité » de leur esprit dolichocéphale pour subvenir à toutes les difficultés que la planète rouge leur présenterait. Ils seraient d'ailleurs les pionniers qu'ils meurent de ne pas être.

Nous n'ignorons pas non plus les critiques adressées à ce plan, dont beaucoup sont rationnelles, et dont une bonne part est solidement fondée. Pour cela, le Plan de résolution prévoit quelque chose de très simple : « Après expiration du délai raisonnable de réponse, ou en cas de décision des Etats membres suite à une réponse, les Etats membres mettent en oeuvre le Plan R comme Réaliste. » Nous en sommes à ce point. Le Conseil afaréen de sécurité va bientôt se prononcer sur la situation dans laquelle nous nous trouvons. Rendue confuse par l'assassinat de l'Archevêque de la R.A.C., comme vous l'avez rappelé, nous assistons désormais à un dépassement du délai donné, et à la poursuite par l'entité de développements contraires à l'esprit de la proposition. Nous trancherons sur l'opportunité de conserver le Plan M, ou de passer au Plan R, qui est je crois au coeur de votre convocation de ce jour. J'y viens enfin. Je sais que vous l'attendiez.

Comme je vous l'ai dit plus tôt, l'Azur ne s'exprimera pas ici en-dehors de ce qui a été décidé par le Conseil afaréen. Ce qui n'est pas décidé ne saurait donc être explicité. En cas d'adoption prochaine du Plan R, qui est une hypothèse réaliste vu l'état d'esprit de mes collègues et le manque d'avancées concrètes sur la première phase, le Plan de résolution précise explicitement son déroulement : « Le Conseil afaréen de sécurité est l'enceinte de coordination pour mettre en oeuvre les dispositions de court-terme et de moyen-terme. Les dispositions militaires seront confiées aux Etats membres de la coalition militaire, incluant tout Etat volontaire, qu'il soit ou non membre du Pacte. »

Les Etats membres du Pacte ne sont pas les brutes que d'aucuns pensent qu'ils sont. Nous sommes des gens organisés, méthodiques, et soucieux de l'efficacité de chacun de nos gestes. Nous n'écrivons pas des textes communs pour le plaisir. La parole d'un Azuréen est plus limpide que le cristal. Il en va ainsi de tous nos partenaires. Contrairement à bien des hégémons qui avancent, dissimulés et acrimonieux, leurs intérêts pervers, nous, les Afaréens, n'avons qu'une seule parole.

J'en viens enfin au coeur de votre question, qui porte aux tactiques qui seraient utilisées dans l'hypothèse du déclenchement du Plan R et de son volet militaire. D'abord, je dois rappeler que le volet militaire ne vise qu'à instaurer les solutions préconisées par la Déclaration mondiale sur la Cramoisie, qui est soutenue par 26 Etats à ce jour, et bien d'autres viendront s'y ajouter ; ces solutions sont transparentes, logiques, raisonnables et remarquablement mesurées ; elles visent à (1) mettre en sécurité tous les Qabaliens pourchassés dans la R.A.C. ; (2) interrompre le développement militaire de l'entité et neutraliser ses stocks d'armes chimiques ; (3) juger les responsables de crimes de masse et du crime de génocide, selon un mécanisme universel et un droit international à ce sujet. Vous n'y trouverez aucun appel à exterminer les colons cramoisiens : ce n'est pas l'objectif que se sont fixés les Etats afaréens. Par ailleurs, le Plan R propose de conserver un lien diplomatique ouvert avec la R.A.C., même dans le contexte d'opérations militaires ; un dialogue doit toujours être possible, sur les bases de la Déclaration ; nous n'envisagerons aucune paix honteuse. La négociation, c'est le Plan M ; en cas de passage au Plan R, nous ne prévoyons pas de revenir sur les termes explicites de la Déclaration ; en tous cas, le Conseil afaréen de sécurité n'a en aucun cas manifesté une telle intention, et l'Azur reste strictement aligné sur les décisions collectives en la matière.

En matière de techniques militaires appliquées par l'éventuelle coalition, je ne peux aucunement apporter de réponse à votre question. L'activation du Plan R n'est pas actée à ce jour de mai 2018 où je m'exprime ; en cas d'activation prochaine cependant, la définition des tactiques et de la stratégie appartiendrait naturellement à la coalition militaire, c'est aussi marqué dans le Plan de résolution : « Il lui appartiendra entièrement d'agir selon les renseignements dont elle dispose, via un protocole spécial à convenir à sa création. » Peut-être que l'Althaj, nation pacifique mais puissamment armée, dotée d'institutions clairvoyantes et d'une vision reconnue de la dignité humaine, pourrait, en rejoignant le Pacte, la Déclaration et la coalition, être le garant d'une guerre propre.







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Le cortège du Royaume de Finejouri atteignit l’esplanade de la Khaïma dans un silence maîtrisé. Deux berlines blindées, aux lignes sobres et officielles, encadraient la voiture diplomatique principale. Aucun excès, aucune démonstration : une sécurité pensée pour protéger la parole, non pour l’imposer.

À l’arrêt, les agents se déployèrent avec discrétion. La portière s’ouvrit.
La conseillère Linehart descendit, posture droite, regard calme, gestes mesurés. Elle ne chercha ni l’effet ni l’attention. Elle salua selon le protocole, puis s’avança vers la tente, donnant l’image d’un État sûr de sa place, habitué aux enceintes où se décident les équilibres.

chers homologues
Excellences althaljires,
Qari Baya n Ifilku,
vénérable Qari Ijja Shenna,
représentante de la Sororité


Je vous remercie pour la clarté de vos préoccupations, mais aussi de nous avoir invitée pour en discuter tous ensemble. Au noms de Sa Majesté Louis II nous vous remercions pour cela. Vos préoccupations touchent au cœur même des responsabilités du Pacte Afaréen de Sécurité et méritent des réponses précises. Ici je ne vais que soutenir la parole de l'Azur et ou la compléter voir la répéter. Vous souhaitez éviter de nouveaux désastres. C’est précisément l’objectif du PAS. Le Pacte n’a pas été conçu pour produire de l’instabilité, mais pour empêcher que des situations exceptionnelles ne dégénèrent en crises irréversibles. La recherche d’une solution raisonnable et humaine n’est pas en opposition avec la fermeté, elle en est la condition.

Vous estimez que l’ultimatum ne laisse aucune chance de succès. L’ultimatum n’est pas une fin en soi. Il est un outil de clarification. Il vise à établir un cadre lisible, des responsabilités identifiables et un calendrier compréhensible par tous les acteurs. Sans ce cadre, il n’y a ni négociation crédible ni issue durable. Nous considérons qu’une absence totale de lignes rouges serait, en elle-même, une prise de risque majeure.

Vous exprimez votre inquiétude face aux références à des prodiges spatiaux et à l’idée d’un conflit armé inévitable.
Le Pacte partage une approche rigoureuse. Les options évoquées dans ses travaux sont conditionnelles, encadrées et graduées. Elles ne constituent ni une annonce ni une prédestination. Comme l’a rappelé l’Azur, le PAS privilégie d’abord un cadre politique structuré. Les scénarios évoqués n’existent que pour éviter l’improvisation, jamais pour la provoquer.

Enfin, vous posez la question essentielle des quatre millions de nouveaux Afaréens. Permettez-moi d’insister sur ce point précis, que vous avez légitimement soulevé.

Elle nous inquiète autant que vous , et ici je parle tout d'abord au noms du Royaume de Finejouri. Et si je l’exprime avec sobriété, c’est parce que nos deux États partagent une réalité que d’autres observent à distance. La géographie ne se négocie pas. Lorsqu’un déséquilibre humain majeur se produit dans notre voisinage immédiat, ce sont d’abord les États riverains qui en portent les conséquences, qu’elles soient sociales, sécuritaires ou humanitaires. Le Pacte Afaréen de Sécurité ne considère pas ces mouvements de population comme une donnée abstraite. Ils sont intégrés aux analyses et aux décisions précisément parce qu’ils concernent directement des nations comme l’Althalj et le Finejouri, liées par leur positionnement géographique et par la stabilité de leur environnement commun. C’est également pour cette raison que le PAS privilégie une approche collective et structurée. Une gestion fragmentée, improvisée ou purement nationale de flux d’une telle ampleur ne ferait qu’aggraver les tensions régionales. À l’inverse, un cadre commun permet d’anticiper, de répartir les efforts et d’éviter que la pression humaine ne se transforme en facteur d’effondrement.

Je tiens donc à le dire clairement, la préoccupation exprimée ici, à Icemlet, est pleinement partagée. Elle renforce, et non l’inverse, la nécessité pour le PAS d’agir avec méthode, responsabilité et lisibilité, afin que les conséquences humaines de la crise ne deviennent pas une crise supplémentaire pour l’Afarée du Nord.

Le Royaume de Finejouri, en tant que présidence du Pacte, veille à ce que cette ligne demeure constante, maîtrisé, lisible et cohérente. C’est dans cet esprit que nous entendons les préoccupations d’Althalj et que nous poursuivons le travail collectif engagé.

Je vous remercie de votre attention.
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L'écoute fut attentive.
Les visages impassibles ne montraient aucunement les intentions.

Les réponses diligentes, quant à la mise en place d'un cadre et d'une rationalité par étape, donnent quelques éléments de contexte et de clarification.
Les Tamurt n Althalj n'ont pas signé la Déclaration internationale du fait de sa volonté de dialoguer en amont avec la Cramoisie et du fait de l'utilisation de quelques termes ambigus.
Les retours officiels d'un raccord majeur sur les velléités acrimonieuses anti-coloniales, historiques de certaines nations, a, par ailleurs, formulé un doute quant aux intentions pacifiques réelles et un regard unidirectionnel de la situation actuelle de l'Afarée.

La qari Baya n Ifilku reprit la parole en remerciant les intervenants.



"Les Tamurt n Althalj disposent de plus d'éléments de compréhension, en cela, nous vous remercions.

Quelle a été la réponse de la Cramoisie quant au Plan M, s'il vous plaît ?
Le Pacte Afaréen de Sécurité a précisé à de multiples reprises l'importance du cadre, de la méthode, de la mise en commun d'une volonté imparable, rationnelle et juste en obtenant une légitimité internationale dans l'oeuvre de résolution de cette crise sans précédent.
Cette démarche est louable."


La qari fit une pause. Le souffle de la Qari et de la Sororité à ses côtés.


"Le Plan M ne masque que trop peu le fallacieux afin d'accéder à l'étape suivante, le Plan R.
Est ce que le Pacte Afaréen de Sécurité pensait réellement que la Cramoisie accéderait aux exigences du Plan dit Magnanime ?
Dans l'optique où ce fut le cas, nous reviendrons sur l'importance de lire le Plan M sous le prisme de ce qui est réaliste, réalisable. Icemlet ne peut pas accepter que les membres du Pacte Afaréen de Sécurité aient pensé que ce plan soit raisonnable.
Dans l'optique où ce ne fut pas le cas, la méthode est dés lors au service de la solution militaire et non plus diplomatique. Et c'est en cela que nous nous inquiétons.

Il n'y a pas eu de réponses claires quant à la suite.
Icemlet ne cachera pas les limites qui furent atteintes de la retenue Althaljir face à la Cramoisie.
Elle choisit néanmoins une voie autre que le conflit, sans disposer de satisfaction sur l'ensemble des points évoqués précédemment.

En imposant l'impossible, le PAS impose par la même occasion la direction d'un conflit armé ; voici notre lecture de la démarche actuelle.

Dés lors notre première question sur la position et réponse de la Cramoisie est peut être plus claire et établie.
Quelle a été la réponse de la Cramoisie quant au Plan M ?
Sommes-nous à l'orée d'une guerre ?
Quels sont vos intentions vis à vis des Eurysiens qui ont atteint l'Afarée sous la contrainte ou par convictions réelles ou issues de la propagande Carnavalaise ?"


La qari était consciente de la position des Tamurt n Althalj, se faisant non pas l'avocat du diable, mais se mettait en porte à faux de ses paires Afaréennes.
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La conseillère Linehart ne répondit pas immédiatement.
Un court silence s’installa, non comme une hésitation, mais comme une marque de considération. Puis elle releva légèrement la tête.

Qari Baya n Ifilku,
je vous remercie pour la franchise de vos propos. Ils témoignent d’une vigilance que le Pacte Afaréen de Sécurité ne considère ni comme un obstacle ni comme une défiance, mais comme une contribution exigeante au débat collectif. Vous avez posé une question claire, et je vais y répondre avec la même clarté.

La réponse de la Cramoisie au Plan M n’a pas été une acceptation. Elle n’a pas non plus pris la forme d’un refus explicite accompagné d’une contre-proposition structurée. Elle s’est exprimée par des positions partielles, parfois ambiguës, qui n’ont pas permis d’établir les garanties minimales attendues par le Pacte pour enclencher une désescalade vérifiable.
Le Plan Magnanime n’a jamais été conçu comme un artifice destiné à masquer une trajectoire prédéfinie. Il a été élaboré comme une proposition exigeante mais crédible, précisément pour mesurer l’existence , ou l’absence d’une volonté politique réelle. À ce titre, il a rempli une part essentielle de sa fonction qui est de clarifier les positions. Vous interrogez ensuite la sincérité de la méthode et le risque d’un basculement vers une logique militaire. Je souhaite être très explicite, le PAS n’a jamais présumé de l’échec du Plan M, mais il n’a pas non plus fondé sa stratégie sur l’hypothèse d’une acceptation automatique. La méthode suivie vise à éviter deux écueils également dangereux qui est l’illusion diplomatique d’un côté, la précipitation irréversible de l’autre.

À ce titre, permettez-moi d’apporter une clarification essentielle concernant le Plan R.

Le Plan R prévoit la possibilité d’une intervention militaire, mais uniquement comme une option conditionnelle, strictement encadrée. Il ne s’active ni mécaniquement ni par principe. Il dépend exclusivement des réponses apportées et des choix effectués.
Je tiens donc à être parfaitement claire, si la Cramoisie accepte les points de dialogue, de coopération et les mécanismes de vérification prévus, alors aucune menace militaire ne serait à envisager. Dans ce cas, le Plan R ne constituerait pas un instrument de contrainte armée, mais un cadre de stabilisation renforcé. Le PAS n’a pas conçu ce plan pour rendre le conflit inévitable, mais pour éviter qu’un vide stratégique, une ambiguïté prolongée ou un refus persistant de toute coopération ne conduisent, par défaut, à une escalade non maîtrisée. La trajectoire n’est pas imposée elle est conditionnée.

Ensuite sommes-nous à l’orée d’une guerre ? À ce stade, non. Le Pacte ne considère pas la confrontation armée comme une finalité. Mais il serait tout aussi irresponsable de nier que l’absence de réponses claires et vérifiables accroît mécaniquement les tensions. C’est précisément pour contenir ce risque que le PAS agit par étapes, dans un cadre collectif, lisible et assumé.

Vous avez enfin évoqué la question des Eurysiens présents en Afarée. La position du Pacte est sans ambiguïté, il n’y aura ni amalgame ni traitement indifférencié. Le PAS distingue les populations déplacées sous la contrainte, les individus exposés à des récits de propagande, et les acteurs engagés de manière idéologique ou opérationnelle. Cette distinction n’est pas une concession politique, elle est un principe fondamental.

Je souhaite conclure sur un point essentiel.
Le Pacte Afaréen de Sécurité ne cherche ni à imposer l’impossible ni à fermer la voie du dialogue. Il cherche à éviter que l’absence de cadre n’impose, à terme, le pire.

La conseillère inclina légèrement la tête.

Je vous remercie.
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Zineb Erdahan tressaillit lorsque la Qari prononça le mot « fallacieux. » L'ambassadrice échangea des regards et quelques murmures avec ses conseillers. Fallait-il en rester là et mettre fin au dialogue ? Si la diplomatie supposait de supporter des paroles incisives ou tout simplement maladroites, l'orgueil azuréen élémentaire commandait de couper court. Mais tout dépendait du dosage. « T'as tendance à vouloir fermer ta bouche quand tu connais la vraie puissance des mots », disait un rappeur de Fondoqi, un quartier d'Agatharchidès construit comme un champignon sur un ancien marais à oiseaux et à nénuphars. Entre les barres de béton cuites par le soleil des années soixante-dix venaient parfois aux habitants, dont la moitié était au chômage, des formules divines. L'ambassadrice chassa le rappeur de ses pensées et songea qu'à ce moment-là de la conversation, le Diwan n'aurait de toutes façons que peu de réprimande à lui adresser : la ministre sortante, Madame Ben-el-Teldja, venait de démissionner, et son remplacement n'avait toujours pas été annoncé. La tonalité de la conversation n'était donc supervisée par aucun N+1. Quand le chat n'est pas là, les souris dansent, quand le ministre se fait attendre, les ambassadeurs ont licence pour être créatifs. Par chance, Zineb Erdahan avait été nommée sous Afaghani Pasha, le gentil vizir qui croyait à la diplomatie. Elle avait donc, comme lui, le souci d'ignorer les irritants mineurs pour aller plus vite au cœur du problème. En écoutant la représentante du Finejouri, elle se surprit elle-même à acquiescer devant la douceur avec laquelle le point de vue afaréen était évoqué. Il n'y aurait pas eu grand-chose à ajouter ; toutes les réponses aux questions de la Qari se trouvaient dans le discours de la délégation finejourienne. En revanche, aucune des questions adressées à l'Althaj n'avaient trouvé leur réponse. Zineb Erdahan reprit le bâton de parole sous les applaudissements en coucous de sa délégation.


Excellences,

Je remercie nos amis du Finejouri qui ont expliqué avec clarté et franchise la situation dans laquelle nous nous trouvons. Cette situation est l'entière responsabilité de la R.A.C., qui a elle-même façonné les conditions de l'échec du Plan M. Permettez-moi, vénérable Qari, de rétablir le sens de vos propos. Jamais l'Azur n'aurait apprécié de perdre son temps en connaissance de cause, en proposant au Pacte afaréen de sécurité d'une part, et à la R.A.C. d'autre part une fois que le collectif l'eût admis, un plan aussi original que le Plan M. Il était prévisible que ce Plan M serait critiqué, vu son objectif inédit au regard de la moyenne de nos contemporains. Coloniser Mars, vaste projet !

Je ne souhaite pas faire de cette réunion le tribunal de l'Afarée, pour que celle-ci se justifie d'avoir osé envisager des solutions originales afin de résoudre cette crise qui nous pend au nez. Quelles autres alternatives avions-nous ? A l'issue d'un génocide et d'une colonisation outrancière, que pouvions-nous décemment proposer à la fois à l'entité cramoisiste et à nos populations ? Si ce n'est, évidemment, un transfert de la R.A.C. loin de nous, là où elle ne serait plus ni une menace, ni une offense à notre dignité. Il aurait été absurde que ce transfert soit proposé vers un autre continent ; l'Afarée a déjà été considérée comme le dépotoir du projet Cramoisie, initialement prévu en Aleucie, si j'en crois les informations de mes renseignements ; il ne restait plus qu'à trouver une terre disponible, suffisamment éloignée, et dépourvue d'habitants ou de revendications territoriales, pour que l'exfiltration de la R.A.C. puisse parvenir à son objectif principal : résoudre la crise diplomatique.

Le Grand Vizir Afaghani Pasha s'est expliqué, au long d'un discours public dont je vous ai plus haut redonné la référence, sur les motivations du Plan M. Nous contemplons avec quel appétit les autorités coloniales de la R.A.C. ont transformé l'écosystème et le paysage de la Qabalie, et à quel point ces esthètes du malheur sont déterminés à redécorer le biotope à leur image. Le pourpre sanguin est une couleur qui va à ravir aux Cramoisiens. Partant, comment aurions-nous pu ne pas penser à la planète Mars ? Planète qui est le vrai, le grand désert rouge vierge et colonisable, planète qui brille comme une étoile en été et sur laquelle les hallucinés lucifériens auraient pu continuer leurs lubies extrahumaines. En lieu de cela, faute de moyens, faute de génie, faute d'audace, la R.A.C. a préféré se lancer sur une terre qui lui paraissait suffisamment faible pour être écrasée sans risque.

Mal lui en a pris !

L'Afarée n'est plus le terrain de jeu des colonialistes, cette époque est terminée, et ses reliquats sont voués à l'anéantissement. L'Azur défend, presque aussi chèrement que sa propre existence, l'anéantissement définitif et absolu du système colonial, en préférant unir les peuples du continents autour de leur bien commun : leur terre, leur culture, leur histoire, leurs projets pour l'avenir. La décolonisation est un processus long mais qui a effectivement un terminus. Nous y arriverons tous à bon port, quels que soient les obstacles archaïques et mesquins qui se présentent. Notre arrivée à destination n'est pas une hypothèse, c'est une certitude. Le chemin est ouvert, mais le cap est clair.

Avec tout le respect dû à votre rang et à votre vénérable ancienneté, chères membres de la Maqtaba, de la Sororité, chers Althajirs, je dois prononcer avec gravité, au nom de ma délégation, que vos paroles nous ont abasourdis.

Comme le Finejouri l'a expliqué clairement, les individus installés par la R.A.C. sur des biens fonciers qui ne leur appartiennent pas sont un non-sujet. Nous avons assez souffert du scepticisme des ennemis de Carnavale pour ne pas non plus faire d'eux le centre de nos priorités. Ces gens iront là où ils voudront, là où ils pourront. La question n'est pas là. La question est désormais de mettre fin à la R.A.C., au profit d'un Etat qabalien conforme aux principes de la Déclaration mondiale signée par près de quarante Etats désormais. Quarante. Si notre cause n'était pas juste, si elle n'était pas légitime, si l'opinion mondiale n'était pas de notre côté pour résoudre le génocide et la colonisation, nous n'aurions pas atteint ce nombre de signataires. Je réitère avec empressement ma proposition : l'Althaj peut signer la Déclaration, peut rejoindre le Pacte, peut se situer du côté de son continent, plutôt que de son oppresseur.

Je ne vois aucune raison valable de ne pas signer la Déclaration, qui ne promeut que des changements institutionnels ou tactiques que la R.A.C. peut d'ores et déjà mettre en place, pour l'essentiel ; en matière de jugement du crime de génocide, cela passera par un processus international reconnu, et non par un processus interne auquel nous n'accordons aucun crédit.

Vénérable Qari, vous avez jugé nécessaire d'inviter la R.A.C. à assister à nos débats. Je vous prie d'entendre que si cette délégation venait à s'exprimer, l'Azur quitterait immédiatement la réunion et n'en tiendrait aucun compte - et si quiconque s'en faisait le porte-parole, nous agirions de même. La raison de cette attitude se trouve dans le crime de génocide et la façon dont depuis des années maintenant, les colons de Carnavale se comportent à l'égard de l'Afarée. Nous n'avons rien à écouter de ceux qui n'ont accepté aucune demande de modérer leur attitude, et de partager avec nous leurs intentions militaires ; qui humilient et lobotomisent les survivants du génocide ; qui ont fait périr la solution diplomatique du Plan M, et qui proclament, après l'avoir déjà fait, faire table rase de notre continent et de nos civilisations au profit de leurs chimères dystopiques. Et c'est à nous qu'on demande des comptes ! L'Afarée est bien patiente.

L'Afarée n'a pas besoin d'être tirée vers le haut par les lucifériens de Carnavale, qui feraient bien de retourner d'où ils viennent. Notre continent est fier de lui-même. Il est heureux de ses richesses considérables et de son avenir, promis à de brillantes réalisations. Nous aimons notre désert, profond, beau et souverain ; c'est notre jardin. Nous aimons nos animaux ; leur lait, leur poil, leur endurance nous suffit. Nous aimons nos arbres et leur ombre, nos fleurs et leurs parfums ; nous n'avons cure d'autres plaisirs. Notre continent est notre maison, il n'est qu'à ceux qui l'habitent. Ceux qui veulent le terraformer auraient dû viser ailleurs : leurs œuvres ne sont ici que dégradations et traces de pneus. Il est notoire que l'Afarée, sa grandeur, ses mystères pour l'ignorant, suscitent une forme de sentiment d'attachement possessif auprès des étrangers. Ceux-ci sont les bienvenus, sauf quand ils arrivent pour piller et ravager. Notre continent n'a aucun complexe à avoir vis-à-vis d'aucun colon extérieur, et certainement pas de la part de fous déshérités qui ne connaissent rien en-dehors de leur métropole. L'Afarée est le plus grand de tous les territoires, et sa majesté est la première. Sa dignité blessée par le colonialisme va retrouver son plein éclat. Celui-ci ne sera en aucune manière atténué par la persistance de ce furoncle nauséabond qu'est la R.A.C. Ses insultes ne seront pas ignorées. Nous ferons place nette.

Dans sa noblesse et son intelligence, le Pacte afaréen de sécurité a déjà proposé à la R.A.C. une issue qui lui soit entièrement favorable, et celle-ci l'a insulté et l'a faite capoter. Dans sa mesure et son souci de l'universel, les Afaréens ont établi un texte, la Déclaration, dont ils attendent désormais l'application. La force est de notre côté. L'Althaj devrait l'être aussi.

Sommes-nous à l'orée d'une guerre ? Mais enfin, cette guerre a commencé depuis le 7 octobre 2016 !


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La représentation et les invités avaient écouté avec attention les réponses apportées, avec une certitude, une assurance et entrain.
L'Althalj cherchait des réponses face à une situation hors norme, mettant à mal son approche, son positionnement.
Le diable est dans les détails est une expression Eurysienne qui sied à la posture Althaljir face à certaines déclarations de résolution.

La qari regarda un instant vers la délégation du FCAN, qui n'avait pas été consultée quant aux questions et échanges de ce jour. Elle savait la nécessité de rabibocher la relation si celle-ci venait à se détériorer du fait de l'initiative et autonomie Althaljir en ce jour.

Le lyrisme d'Azur semblait aussi puissant que celui de l'Althalj dans ses instants où l'émotion se conjugue à la raison.


Nous vous remercions d'avoir pris le temps de répondre à nos interrogations.

Elle est importante de clarifier notre position, avec le risque d'une répétition ou redondance.

Icemlet ne dispose d'aucuns mots suffisamment puissants afin de désigner, signifier l'horreur qui a été perpétrée en Afarée du Nord Ouest.
La peine de nos soeurs est telle qu'elle mobilisa nos forces intérieures, Ilâhat soit louée, afin de ne pas intervenir dans la précipitation et de causer plus amples dommages.
Elle n'y a pas de raisons d'oublier, de pardonner ou détourner le regard.

Elle semblerait que nous devions expliciter pourquoi les Tamurt n Althalj n'ont pas signé la Déclaration Commune sur le Problème de la Cramoisie et ses Solutions.
L'Afarée a été frappée et le pneumothorax en a nécrosé un poumon. Icemlet s'est tenue prête à signer une telle déclaration, afin de prendre la mesure, de rassurer et de trouver dans une concorde une légitimité de l'accusation et de l'action.
L'effet de masse donne cette assurance d'être droit, de suivre le chemin qui est juste et de ne pas dévier de la trajectoire de la justice canalisée par les valeurs et une morale.
C'est à travers cette légitimité du nombre que se cachent parfois les erreurs, les raccourcis et les propositions sous le prisme de la droiture et de la crédibilité.

Les détails... les détails nous rattrapent toujours.
Les Tamurt n Althalj ont toujours participé à certaines discussions quant à l'Histoire, quant aux concepts de nationalisme pan-afaréen, d'autodétermination et de sororité Afaréenne.
Néanmoins l'Althalj ne perçoit pas les objectifs de décolonisation du PAS comme dénués d'amalgames ou de détails qui se doivent d'être plus amplement compris.

Il n'y avait aucun secret que les Tamurt n Althalj étaient contre la neo colonisation, comme ce fut le cas pour la guerre civile du Gondo , au Kodeda, ou lorsque la Listonie avait tué dans l'oeuf les velléités de plus d'autonomie des comptoirs en Afarée. Ce qui était clair pour les diplomates d'expérience, c'est qu'Icemlet et Fortuna disposaient d'une relation spéciale depuis plusieurs siècles, seule contrée Eurysienne du temps des colonisations à outrance du XVe siècle au XIXe siècle à ne pas avoir tenté de coloniser les Tamurt n Althalj.


Est ce que cela fait des Tamurt n Althalj une nation qui dénigre celles qui cherchent une solution face à l'absurde ? Ce n'est aucunement nos intentions.

Toutefois, elle est de nos responsabilités de resignifier que la légitimité de la masse et l'implémentation d'un cadre de justice et de droiture n'en découle pas naturellement la crédibilité ou une faisabilité.
Les responsables de l'ignominie devront répondre de leurs actes. Les responsables ne pourront diriger ou trouver d'impunité.
Nous entendons les lignes directrices des Plans établis par le Pacte Afaréen de Sécurité. Les détails... certains gestes mettent un animal dos au mur. Icemlet voit actuellement la Cramoisie cherchant un échappatoire à une conditionnalité, à des exigences qui disposent d'une perception altérée de ce qui est possible, de ce qui est faisable.
Vous avez répondu au détail martien. Comprenez que les détails... peuvent décrédibiliser l'ambitieuse et louable initiative du PAS. Quatre clauses sur six du Plan M fabulent sur le voyage spatial alors que les capacités technologiques n'en sont guère à l'orée.

Soyons à présent assurées des intentions du PAS.
"La guerre n'est pas inévitable" et pourtant "la guerre a commencé".

Icemlet cherche, à travers le changement de direction de la Cramoisie, à répondre à la demande viscérale de justice qui nous est commune.
C'est sûrement à travers cette méthode que nous faillirons à obtenir satisfaction. Elle y a néanmoins une possibilité que cette approche puisse identifier clairement les responsables, poser les jalons de ce qui est perçu comme juste et justiciable et enfin à terme, malheureusement droites devant le fait accompli, de l'intégration de celles qui prendront et deviendront... Afaréennes.

Nous vous enjoignons de ne pas poursuivre une voie qui actuellement semble se rétrécir et continuer vers la priorité que vous avez mentionnée : la poursuite du dialogue diplomatique.
Le stigmate sur l'Afarée ne s'effacera pas avant des siècles.
Les arrivées massives d'Eurysiennes ne peuvent être inversées et ignorées.


Le dirigeant de Petipont n'avait pas subi d'accident à la date de cette déclaration.
Les élections n'avaient pas encore eu lieu au sein de la R.A.C.
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