Lieu: Palais présidentiel, Bradis, République de Lermandie
Date: 15/03/2018
En ce jour du 15 mars 2018, le président Duval s’apprête à accueillir les représentants de la République fédérale kartienne, nouveau nom de l’ancienne République impériale de Karty, elle‑même héritière du Saint‑Empire de Karty.
Par moments, le président Duval se demande si les Kartiens ne sont pas indécis quant à l’identité même de leur nation. Mais il espère qu’enfin, Karty deviendra un État stable digne de ce nom. Sans cela, les investisseurs lermandiens hésiteront à s’y engager, ce qui priverait l’État lermandien de revenus importants issus des dividendes.
Au‑delà de ses inquiétudes concernant la stabilité du nouveau régime, le président Duval souhaite surtout connaître les nouvelles orientations diplomatiques du gouvernement kartien et mettre à jour plusieurs accords signés avec l’ancien régime.
Il faudra également aborder la question de la base militaire d’Artaville. Depuis la chute de la Fédération de Sterus et l’attitude apparemment plus calme de l’Union et Empire des Cités d’Akaltie en apparence, il devient nécessaire de redéfinir la présence kartienne en Lermandie, notamment pour rassurer les alliés historiques westaliens.
Ce n’est pas que le président Duval se soucie particulièrement des pressions politiques, mais si le coût dépasse les bénéfices stratégiques, alors une renégociation s’impose. Et si cela permet de garder les Kartiens dans la poche, afin de faciliter la projection militaire lermandienne lors de futures opérations à l’autre bout du monde…
La voiture diplomatique transportant la délégation kartienne s’arrêta devant le perron du palais présidentiel. Lorsque le chauffeur ouvrit la portière, le président Duval s’avança pour saluer ses invités.
Michel Duval: Madame, Monsieur, je vous remercie de votre venue. J’espère que votre voyage s’est bien déroulé.
Après avoir écouté les premières paroles de la délégation, le président invita ses hôtes à entrer dans sa résidence officielle.
[Lermandie–Karty] Une rencontre après la guerre civile kartienne ?
Posté le : 21 déc. 2025 à 18:35:11
Modifié le : 21 déc. 2025 à 18:37:08
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Posté le : 22 déc. 2025 à 21:09:02
Modifié le : 22 déc. 2025 à 21:10:20
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AlinéaUne voiture noire s'enfonçait dans les entrailles de Bradis, son moteur vrombissait au rythme de son allure. Une Alkavel 2T-2013 blindée, manufacture Lermandienne, qui accompagnait ces deux Kartiennes. A son arrière, deux silhouettes bien silencieuses pour deux visages bien distinctifs: La Gouverneure Orlovski ainsi que la Commissaire Strakhova. Le paysage urbain défilait sous les phares de l'appareil diplomatique, sous les coups de volant de son conducteur. La route accueillait mélodieusement le cortège, les prémices d'un ballet bilatéral aux enjeux multiples, pour la plupart majeurs. Les roues de la voiture se mirent à ralentir, sous le regard aiguisé du conducteur qui ne manqua pas d'informer courtoisement l'arrivée à ses hôtes. Un lourd portail de fer se dressa, les grilles du palais présidentiel de Bradis. Finalement ouvertes grandement, les portes se refermèrent au passage du véhicule, tandis que les étendards ondulaient par la brise du vent. Des drapeaux soigneusement entretenus, fidèlement dressés, l'image d'un lieu propre et ordonné. La parure diplomatique était bien respectée des Lermandiens, le signe d'un Etat sûr de lui, tout du moins qui paraissait l'être.
D'une part, Angèle Orlovski. Anciennement Chancelière sous la République Impériale de Karty, ancienne autrice des relations Lermando-Kartiennes, sa présence n'était aucunement due au hasard. Elle était désormais membre du nouvel exécutif, Gouverneure au sein d'un pays fédéral, représentante de Valverde et de la Présidence Fédérale. Angèle observait le lieu d'un calme mesuré, un lieu qu'elle connaissait dores et déjà. Elle connaissait les murs de ce palais, elle connaissait cette capitale, elle connaissait Michel Duval, mais surtout elle connaissait cette histoire qui liait sa patrie à la Lermandie, elle en était l'écrivaine. Du bout de sa plume, elle avait réussi à concrétiser un pont entre l'Aleucie et l'Eurysie, un pont entre deux pays pourtant opposés en nombres domaines. Malgré la chute de l'ancien régime où elle avait trôné, ses actions ont chaudement maintenu sa popularité: Angèle Orlovski était aimée des Kartiens, plus exactement des citoyens de l'état de Valverde. Aujourd'hui elle n'était plus Chancelière, les chaînes du Tsar ne l'entravaient plus, elle se devait simplement de porter la voix de son peuple, une qualité qu'elle avait par maintes illustrée. Angèle n'ignorait guère le poids et le symbole de sa présence en ces lieux, elle représentait pour les Lermandiens la figure d'une continuité, l'espoir de voir si Karty était toujours Karty, la tête du gouvernement qu'ils jugeaient légitimes: Peut-être même la voiyaient-ils comme une personne de confiance sur laquelle se reposer. Toutefois ce serait oublier à qui était sa véritable allégeance, à son peuple, et son peuple seulement.
D'autre part, Taliska Strakhova, à ses côtés. Elle était défi et inconnu pour les Lermandiens, la toute nouvelle proue de l'armée Kartienne. Or la puissance Kartienne, qu'elle émane d'une République Impériale ou Fédérale, résidait en sa force militaire. Pis encore, Taliska était toute nouvelle sur l'échiquier, certains disaient qu'elle était fille d'ouvrière, une femme issue de la plèbe prolétaire donc. Cependant, aucune source ne le confirmait, les seules réelles apparitions demeurant quelques affiches des grandes métropoles, "l'héroïne contre la lutte royaliste" disait-on. La militaire ne regardait ni les drapeaux ni la bâtisse, le regard visiblement acéré et durci par seulement quelques années de service. Au sein du nouveau Tricommandement, le fils de l'Armée Impériale d'antan, les hauts gradés n'étaient plus drapés de mille et une orfèvreries, médailles ou ornements. Taliska était vêtue assez simplement, le réel signe de son autorité demeurant la grande étoile centrée sur son képi. Sans quoi, cette large banderole rouge qui la traversait en diagonal, signe également de son grade. Elle ne ressentait ni hostilité, ni émoi ni amitié pour la Lermandie, elle ne qualifiait point cette entrevue de diplomatie ou d'image, simplement d'un enjeu stratégique: Cette base d'Artaville. Un complexe militaire Kartien partiellement déserté depuis l'éclatement de la guerre en Eurysie centrale et la guerre civile Kartienne, sujette aux pressions Westaliennes et peut-être même désormais Lermandiennes. La Commissaire détestait par dessus tout le comportement délusoire de ces quelques nations, en ce cas la Westalie: Une piètre puissance tierce qui faisait pression sans jamais trop s'exposer pour éviter les crocs acérés Kartiens. Mais cette puissance militaire n'était en aucun cas le seul atout de la République Fédérale, et elle en avait parfaitement conscience: Militarisme et diplomatie; Taliska et Angèle.
La portière s'ouvrit, droite vers le Président Lermandien. Dame Orlovski en parut la première, son sourire à mi-chaleureux à mi-diplomatique maîtrisé, l'espace entre courtoisie et sincérité rassurante. C'était là la voix diplomatique Kartienne, comme pourrait l'être la Gouverneure Tosca Shimanskaya pour d'autres occasions. Taliska n'afficha point un sourire, c'était là toute sa révérence: La posture, l'allure et la fierté d'une militaire. Elle se contenta de se couvrir de son képi, d'incliner légèrement la tête en guise de salut. Deux femmes, deux fonctions, et pourtant un pays, et surtout un peuple. Tandis qu'Angèle s'occupait de répondre aux premières courtoisies nécessairement de la diplomatie, les délégations se rendirent enfin au lieu effectif de l'entrevue. Installées, les deux Kartiennes étaient assises côte à côte face à Michel Duval, ce fut Angèle qui ouvrit le bal.
Gouverneure Angèle Orlovski-"Excellence, vos écrits ont particulièrement retenus mon attention, les échos à une demande d'initiative Kartienne. Si ce geste nous est propre, il est surtout une nécessité, je ne qualifierais aucun réel responsable à cette entrevue par conséquent, relevant de fait de la nécessité et non d'une demande faite unilatérale. Sachez que la 'jeune République Fédérale de Karty', est une évolution et non un sacrifice. L'appareil d'Etat a été réformé, il n'a pas disparu. Pouvons-nous reprocher à un pays de donner la voix à son peuple, cette phase de transition est achevée. Monsieur Duval, la Présidence Fédérale est en parfaite mesure de répondre à vos interrogations ou de ratifier quelconque accord... Toutefois ces interrogations, quelles sont-elles ?"
Posté le : 23 déc. 2025 à 00:05:18
Modifié le : 23 déc. 2025 à 00:22:10
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Pendant que le président Duval accompagne ses invitées vers son bureau, il ne peut s’empêcher de s’interroger sur cette Taliska Strakhova, héroïne de la courte guerre civile kartienne, une guerre jamais officiellement déclarée. Dès qu’il l’a aperçue, il a senti que ce n’était pas le genre de militaire à apprécier les discussions interminables des politiciens.
Était‑ce une manœuvre diplomatique destinée à mettre la pression sur sa personne, et par extension sur la République de Lermandie ? Il ne pourrait le savoir qu’après les premières minutes d’échange.
C’est d’ailleurs pour cette raison que lui et ses invitées sont entrés presque précipitamment dans sa résidence de fonction, afin d’éviter que les journalistes ne posent trop de questions.
Au moins, l’ancienne chancelière de la République impériale de Karty était présente… Peut‑être jouaient‑elles le rôle du « gentil et du méchant flic ».
Une chose était certaine : si cette militaire tentait de lui manquer de respect, il ferait ressortir son passé de soldat et lui demanderait poliment d’attendre à l’extérieur. Il ne tolérerait pas le chantage diplomatique sur son propre sol, même s’il reconnaissait que la diplomatie kartienne renouait fortement avec le militarisme hérité de l’ancien Saint‑Empire de Karty.
Après avoir invité ses hôtes à s’asseoir sur l’un des deux canapés de son bureau et leur avoir proposé du café ou de l’eau, le président Duval prit place en face d’elles.
Michel Duval: "Avant toute chose, je tiens à vous féliciter d’avoir su mettre un terme aux insurgés qui auraient pu compromettre les relations diplomatiques entre nos deux grandes nations. Après tout, dans une démocratie, chacun a ses opinions, et il est important de respecter la liberté d’expression politique tant qu’elle ne nuit pas au bien commun."
Le président fit une courte pause, prit une gorgée de café, puis reprit en regardant l’ancienne chancelière.
Michel Duval: "Il est vrai que moi‑même, ainsi que beaucoup de citoyens en Lermandie, avons des questions sur ce qu’est devenue votre grande nation. Je pourrais bien sûr évoquer mes interrogations sur la courte existence de la République impériale de Karty, sur l’avenir des entreprises étrangères privées sur votre territoire, ou les raison pour l'aquel votre ancien gouvernement n'avait pas déclarer l'état de guerre civile.
Mais surtout, je souhaite connaître les intentions de la nouvelle République fédérale kartienne en Eurysie centrale et sur la scène internationale. Une instabilité politique prolongée crée des incertitudes pour les investisseurs étrangers, ainsi que pour la pérennité et la stabilité des accords passés."
Quand le chef de l'Etat lermandien parlait d'étrangers, il parlais surtout des lermandiens, d'autant plus que la Lermandie fut un grand partenaire économique pour la République de Karty.
Le chef de l’État lermandien se tourna ensuite vers la militaire kartienne.
Michel Duval: "Madame Strakhova, bien que je sois honoré de votre présence, vous, la nouvelle figure de proue de la lutte contre la tyrannie et le fascisme en Karty et en Eurysie centrale, si je puis dire, je souhaiterais comprendre vos motivations quant à votre venue en République de Lermandie.
D’ailleurs, Madame Strakhova, je n’ai pas saisi votre grade au sein de l’armée kartienne. Pourriez‑vous m’éclairer, s’il vous plaît ?"
Était‑ce une manœuvre diplomatique destinée à mettre la pression sur sa personne, et par extension sur la République de Lermandie ? Il ne pourrait le savoir qu’après les premières minutes d’échange.
C’est d’ailleurs pour cette raison que lui et ses invitées sont entrés presque précipitamment dans sa résidence de fonction, afin d’éviter que les journalistes ne posent trop de questions.
Au moins, l’ancienne chancelière de la République impériale de Karty était présente… Peut‑être jouaient‑elles le rôle du « gentil et du méchant flic ».
Une chose était certaine : si cette militaire tentait de lui manquer de respect, il ferait ressortir son passé de soldat et lui demanderait poliment d’attendre à l’extérieur. Il ne tolérerait pas le chantage diplomatique sur son propre sol, même s’il reconnaissait que la diplomatie kartienne renouait fortement avec le militarisme hérité de l’ancien Saint‑Empire de Karty.
Après avoir invité ses hôtes à s’asseoir sur l’un des deux canapés de son bureau et leur avoir proposé du café ou de l’eau, le président Duval prit place en face d’elles.
Michel Duval: "Avant toute chose, je tiens à vous féliciter d’avoir su mettre un terme aux insurgés qui auraient pu compromettre les relations diplomatiques entre nos deux grandes nations. Après tout, dans une démocratie, chacun a ses opinions, et il est important de respecter la liberté d’expression politique tant qu’elle ne nuit pas au bien commun."
Le président fit une courte pause, prit une gorgée de café, puis reprit en regardant l’ancienne chancelière.
Michel Duval: "Il est vrai que moi‑même, ainsi que beaucoup de citoyens en Lermandie, avons des questions sur ce qu’est devenue votre grande nation. Je pourrais bien sûr évoquer mes interrogations sur la courte existence de la République impériale de Karty, sur l’avenir des entreprises étrangères privées sur votre territoire, ou les raison pour l'aquel votre ancien gouvernement n'avait pas déclarer l'état de guerre civile.
Mais surtout, je souhaite connaître les intentions de la nouvelle République fédérale kartienne en Eurysie centrale et sur la scène internationale. Une instabilité politique prolongée crée des incertitudes pour les investisseurs étrangers, ainsi que pour la pérennité et la stabilité des accords passés."
Quand le chef de l'Etat lermandien parlait d'étrangers, il parlais surtout des lermandiens, d'autant plus que la Lermandie fut un grand partenaire économique pour la République de Karty.
Le chef de l’État lermandien se tourna ensuite vers la militaire kartienne.
Michel Duval: "Madame Strakhova, bien que je sois honoré de votre présence, vous, la nouvelle figure de proue de la lutte contre la tyrannie et le fascisme en Karty et en Eurysie centrale, si je puis dire, je souhaiterais comprendre vos motivations quant à votre venue en République de Lermandie.
D’ailleurs, Madame Strakhova, je n’ai pas saisi votre grade au sein de l’armée kartienne. Pourriez‑vous m’éclairer, s’il vous plaît ?"
Posté le : 23 déc. 2025 à 01:28:53
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Gouverneure Angèle Orlovski-"La République Impériale de Karty demeurait un régime bien imparfait sous l'égide d'un Tsar. Voyez-vous depuis des centaines d'années, la patrie Kartienne a connu un processus de démocratisation exponentielle et accélérée. D'abord monarchie absolue de droit divin, puis la phase des trois empires, Angèle faisait ici référence à l'enchaînement de l'Empire, du Saint Empire et de la République Impériale, pour finalement atteindre la République Fédérale Kartienne. Le point commun de tous ces régimes ? Chronologiquement, chacun fut plus court que l'ancien. Notre patrie ne se définit ni par âge ni par reconnaissance, mais bien par sa capacité à gouverner. L'effervescence populaire, ce que vous appelez jeunesse, je le nomme clarification. Toujours est il que cette démocratisation ne fut guère sans coup, une démocratisation mise à marche forcée par le Royaume de Teyla. Si nous défendons au plus cher l'héritage démocratique, la nation Teylaise a essayé, en vain fort heureusement, de saccager nos terres. Retenez assez simplement ces mots, 'une nation d'un passé monarchique ne peut passer du jour au lendemain démocratie', c'est là la raison de la courte existence de la République Impériale, vous paraphrasant.
Comme je l'ai exposé, la République Fédérale Kartienne demeure un pays stable, les ingérences royalistes ont largement été contrôlés, réprimés et supprimés. La politique Kartienne est d'un nouvel ordre, l'économie en est un exemple. Voyez-vous la nouvelle marche est encore en cours, la plupart des domaines stratégiques seront nationalisés. Toutefois, pour ce qui est de vos entreprises sur notre sol, leur continuité est assurée. Mis à part quelques changements mineurs, faisant référence au potentiel contrôle plus assidu sur les secteurs sensibles notamment, rien ne devrait entraver votre prospérité économique. En bref, ce qui était acceptable par le passé devient valable, tant que l'intérêt national n'est guère compromis: Prospérité n'empêche point l'autorité de l'Etat, réciproquement.
Quant aux intentions de la République Fédérale, elles seront à la fois continuité et rupture. Le principe de non-intégration vis-à-vis des organisations internationales, la politique militariste ou encore la volonté diplomatique, seront perpétués. Il en va de même pour notre rôle en Eurysie centrale, nous sommes en faveur de la paix pour cette région. Toutefois, le regard porté sur nos institutions diplomatiques vous est limité dans le cadre du principe de souveraineté, mais notre bonne volonté demeure, ne serait-ce que notre présence en ces lieux devrait vous convaincre. En effet, en me tenant devant vous, je ne fais qu'affirmer la volonté de dialogue de ma nation. Quoiqu'il en soit, la République Fédérale Kartienne assume ses choix et leurs conséquences, il me semble avoir été suffisamment claire."
AlinéaTandis que Dame Orlovski avait élégamment répondu, et ce d'une traite, à l'ensemble des interrogations de Duval, Taliska méditait. Après avoir refusé l'offre des boissons Lermandiennes, la militaire s'était tenue droitement: Boire demeurait un relâchement. Angèle et Taliska se complétaient toutes deux, d'un côté l'oratrice et de l'autre l'épée: N'intervenant que par la non-écoute. La militaire jugeait d'un côté le Président Lermandien pour une certaine forme d'intelligence, de l'autre elle y voyait encore le mépris, le vague, l'ambiguïté et l'hésitation sulfureuse et pompeuse des politiciens. Elle avait vu des civils armés, des soldats hésiter, elle détestait par dessus tout cette zone de flou voulue par la plupart des diplomates, elle voyait par ailleurs en Angèle l'une de ces rares à ne pas dissimuler ses intentions, là où Duval le faisait par la couverture économique.
Citoyenne Taliska Strakhova-"Ma présence relève de ma fonction, Commissaire à la Défense, autrement dit ministre des armées. Tant que le domaine militaire ne sera pas abordé, ma voix n'a pas à être entendue."
Posté le : 23 déc. 2025 à 10:58:42
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Le président Duval écouta attentivement ses deux invitées kartiennes.
D’abord, il fut frappé par l’évolution rapide du régime politique kartien. En effet, pour un Lermandien tel que le président Duval, la République de Lermandie n’a pas connu de changement de régime politique depuis… son indépendance du Royaume de Teyla. Bien sûr, il existe la Grande République de Westalia : ce pays, aujourd’hui le plus puissant et le plus fiable des alliés de la Lermandie, a connu la royauté, la dictature, puis la démocratie. Il subsiste néanmoins des traces de la dictature au sein du régime actuel, que ce soit dans les institutions ou dans le paysage politique westalien. D’ailleurs, c’est au XIXᵉ siècle que les tensions entre la Lermandie et la Westalia furent les plus fortes, en raison de la nature autoritaire du régime westalien de l’époque.
En clair, la République de Lermandie est reconnue comme une nation dotée d’institutions stables et durables, où un changement de constitution n’a jamais été nécessaire, même si des réformes constitutionnelles peuvent être mises en œuvre, comme la décentralisation de l’État.
Ensuite, une autre partie des propos tenus par la gouverneure fit pincer les lèvres du président Duval. Pour le chef de l’État lermandien, accuser devant lui une ingérence, voire une co-belligérance, du Royaume de Teyla est extrêmement grave. Certes, la République de Lermandie est désormais habituée à la propagande teylaise visant à discréditer son gouvernement via divers relais concernant la guerre en Eurysie centrale, mais la République connaît parfaitement les mécanismes de la propagande de guerre.
La position économique du nouveau régime kartien rassura toutefois quelque peu le chef de l’État. En effet, bien que la République de Lermandie ait connu des politiques de nationalisation d’une partie des moyennes et grandes entreprises durant le XXᵉ siècle, le secteur privé n’a jamais été interdit. Paradoxalement, le fait que l’État garantisse la stabilité et la viabilité économique de ces entreprises nationalisées a encouragé le secteur privé à utiliser leurs services, ce qui rapporte des devises importantes à l’État. Ce nouveau régime kartien cherchera-t-il à imiter la doctrine économique lermandienne, ou nationalisera-t-il l’intégralité de son économie, à l’image des dictatures communistes ?
Enfin, d’après les dires de la gouverneure, ce nouveau régime conserverait la même politique internationale que ses prédécesseurs, ce qui rassura le président.
Avant de questionner la gouverneure, il répondit à Madame Strakhova :
Michel Duval: "Il est vrai que nous allons sans aucun doute évoquer l’aspect militaire liant nos deux nations. J’ai d’ailleurs prévu de discuter de l’avenir de la base militaire d’Artvaille, en raison des évolutions géopolitiques en Aleucie."
Le président Duval se tourna ensuite vers la gouverneure Orlovski.
Michel Duval: "Je suis ravi que votre nouveau régime ait pour objectif une meilleure représentation de votre peuple ; telle est la voie de la démocratie.
Mais un point me rend particulièrement sceptique. Nos services de renseignement n’ont connaissance que de la participation de l’État garmflüßensteinois aux côtés des insurgés durant votre guerre civile, et sans aucun doute les avez-vous remis à leur place. En revanche, concernant le Royaume de Teyla, vos accusations sont extrêmement graves. Dans le cadre de la guerre en Eurysie centrale, le Royaume de Teyla utilise sa propagande de guerre pour motiver sa population, et la République de Lermandie n’a pas été étrangère à ce type de politique durant ses propres conflits. D’ailleurs, nous avons nous-mêmes été la cible de campagnes visant à discréditer mon gouvernement. Après tout, je doute qu’un État en guerre apprécie d’être défait.
Mais le fait que vous évoquiez que le Royaume de Teyla ait orchestré des opérations de nuisance sur votre territoire est d’une gravité extrême. Disposez-vous de documents officiels démontrant les activités du gouvernement teylai ? Ce que vous avancez pourrait aggraver les tensions entre la République de Lermandie et le Royaume de Teyla plus que nécessaire.
Ensuite, je souhaiterais que vous m’expliquiez en détail la future doctrine économique que la République fédérale kartienne entend mettre en œuvre. S’agira-t-il d’une politique de nationalisation totale ou partielle ?"
Cette question d’ordre économique est évidemment un test visant à comprendre la véritable nature du nouveau régime politique. En effet, de nombreux régimes autoritaires nationalisent l’intégralité de leur secteur privé dans un objectif de contrôle. Une politique économique de contrôle total risquerait de décourager les entreprises d’investir en Karty, même si le commerce pourrait malgré tout être maintenu.
Michel Duval: "Enfin, une dernière question, liée à ce que j’ai évoqué avec Madame Strakhova : quelle est la position de votre pays vis-à-vis de l’Empire d’Everia, régulièrement agressé par l’Union des Cités d’Akaltie, désormais associée au Condominium Natif ?"
D’abord, il fut frappé par l’évolution rapide du régime politique kartien. En effet, pour un Lermandien tel que le président Duval, la République de Lermandie n’a pas connu de changement de régime politique depuis… son indépendance du Royaume de Teyla. Bien sûr, il existe la Grande République de Westalia : ce pays, aujourd’hui le plus puissant et le plus fiable des alliés de la Lermandie, a connu la royauté, la dictature, puis la démocratie. Il subsiste néanmoins des traces de la dictature au sein du régime actuel, que ce soit dans les institutions ou dans le paysage politique westalien. D’ailleurs, c’est au XIXᵉ siècle que les tensions entre la Lermandie et la Westalia furent les plus fortes, en raison de la nature autoritaire du régime westalien de l’époque.
En clair, la République de Lermandie est reconnue comme une nation dotée d’institutions stables et durables, où un changement de constitution n’a jamais été nécessaire, même si des réformes constitutionnelles peuvent être mises en œuvre, comme la décentralisation de l’État.
Ensuite, une autre partie des propos tenus par la gouverneure fit pincer les lèvres du président Duval. Pour le chef de l’État lermandien, accuser devant lui une ingérence, voire une co-belligérance, du Royaume de Teyla est extrêmement grave. Certes, la République de Lermandie est désormais habituée à la propagande teylaise visant à discréditer son gouvernement via divers relais concernant la guerre en Eurysie centrale, mais la République connaît parfaitement les mécanismes de la propagande de guerre.
La position économique du nouveau régime kartien rassura toutefois quelque peu le chef de l’État. En effet, bien que la République de Lermandie ait connu des politiques de nationalisation d’une partie des moyennes et grandes entreprises durant le XXᵉ siècle, le secteur privé n’a jamais été interdit. Paradoxalement, le fait que l’État garantisse la stabilité et la viabilité économique de ces entreprises nationalisées a encouragé le secteur privé à utiliser leurs services, ce qui rapporte des devises importantes à l’État. Ce nouveau régime kartien cherchera-t-il à imiter la doctrine économique lermandienne, ou nationalisera-t-il l’intégralité de son économie, à l’image des dictatures communistes ?
Enfin, d’après les dires de la gouverneure, ce nouveau régime conserverait la même politique internationale que ses prédécesseurs, ce qui rassura le président.
Avant de questionner la gouverneure, il répondit à Madame Strakhova :
Michel Duval: "Il est vrai que nous allons sans aucun doute évoquer l’aspect militaire liant nos deux nations. J’ai d’ailleurs prévu de discuter de l’avenir de la base militaire d’Artvaille, en raison des évolutions géopolitiques en Aleucie."
Le président Duval se tourna ensuite vers la gouverneure Orlovski.
Michel Duval: "Je suis ravi que votre nouveau régime ait pour objectif une meilleure représentation de votre peuple ; telle est la voie de la démocratie.
Mais un point me rend particulièrement sceptique. Nos services de renseignement n’ont connaissance que de la participation de l’État garmflüßensteinois aux côtés des insurgés durant votre guerre civile, et sans aucun doute les avez-vous remis à leur place. En revanche, concernant le Royaume de Teyla, vos accusations sont extrêmement graves. Dans le cadre de la guerre en Eurysie centrale, le Royaume de Teyla utilise sa propagande de guerre pour motiver sa population, et la République de Lermandie n’a pas été étrangère à ce type de politique durant ses propres conflits. D’ailleurs, nous avons nous-mêmes été la cible de campagnes visant à discréditer mon gouvernement. Après tout, je doute qu’un État en guerre apprécie d’être défait.
Mais le fait que vous évoquiez que le Royaume de Teyla ait orchestré des opérations de nuisance sur votre territoire est d’une gravité extrême. Disposez-vous de documents officiels démontrant les activités du gouvernement teylai ? Ce que vous avancez pourrait aggraver les tensions entre la République de Lermandie et le Royaume de Teyla plus que nécessaire.
Ensuite, je souhaiterais que vous m’expliquiez en détail la future doctrine économique que la République fédérale kartienne entend mettre en œuvre. S’agira-t-il d’une politique de nationalisation totale ou partielle ?"
Cette question d’ordre économique est évidemment un test visant à comprendre la véritable nature du nouveau régime politique. En effet, de nombreux régimes autoritaires nationalisent l’intégralité de leur secteur privé dans un objectif de contrôle. Une politique économique de contrôle total risquerait de décourager les entreprises d’investir en Karty, même si le commerce pourrait malgré tout être maintenu.
Michel Duval: "Enfin, une dernière question, liée à ce que j’ai évoqué avec Madame Strakhova : quelle est la position de votre pays vis-à-vis de l’Empire d’Everia, régulièrement agressé par l’Union des Cités d’Akaltie, désormais associée au Condominium Natif ?"
Posté le : 23 déc. 2025 à 21:19:16
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AlinéaUne chose était sûre, la République Fédérale Kartienne n'avait pas à se justifier, et Angèle était là pour le rappeler. La Gouverneure voyait que son homologue Lermandien cherchait des preuves, des explications, ce qui aurait bien agacé la Commissaire Strakhova. Toutefois, dame Orlovski demeurait une diplomate, elle avait le chic, le savoir-faire et la bienséance qu'il fallait pour ajuster et recentrer cette discussion. De surcroît, Duval sollicitait le point de vue du ministère de la défense sur l'affaire Evero-Akaltienne, une erreur en somme. Taliska avait clairement affirmé que ses fonctions n'étaient que militaires, or la diplomatie n'en a guère partie liée. Aussi Duval n'avait pas manqué d'évoquer, bien que très brièvement, la base d'Artaville, conférant cette légitimité de présence qu'il avait lui-même remis en cause. L'entrevue prenait son cours, mais les enjeux étaient tels que l'attention ne pouvait être relâchée, ne serait-ce qu'un seul petit instant.
Gouverneure Angèle Orlovski-"La guerre en Eurysie centrale ainsi que notre guerre civile possèdent occurrences communes, assurément. D'une part l'intervention Grammatikaise sur notre sol, nous n'avons pas manqué d'entamer les retours adéquats face à cette nation, une affaire strictement Kartienne, et qui doit rester comme tel. D'autre part le Royaume de Teyla, une nation dont ses quelques méfaits vous sont déjà connus. Le gouvernement Teylais a ingéré au sein de Karty, c'est un fait. Toutefois, la divulgation de documents officiels, aussi compromettants de surcroît, ne se prête guère à cette entrevue. Aussi ne vous demande-je guère d'interférer en cette affaire, inutile d'attiser les tensions internationales plus qu'elles ne le sont déjà. De surcroît, ces 'preuves' dont nous parlons sont pour la plupart des échanges épistolaires, or la République Fédérale tient pour principe acquis de ne divulguer en aucun cas ses échanges diplomatiques. Notre patrie n’a pas vocation à porter un procès international, ou bien quémander une reconnaissance de ce qu’elle a déjà su et maîtrisé.
En l'état, je ne peux vous communiquer l'ensemble des principes de la future doctrine économique Kartienne, car encore en construction de fait. Ladite doctrine relève de nos institutions législatives, je suis nonobstant assurée que cette perspective de nationalisation ne sera aucunement totale, sans quoi l'atteinte à la liberté sera claire. En bref, les aspects économiques Kartiens seront encadrés par le plan de quatre ans, lui même légiféré par le Sénat Fédéral, conformément à notre constitution.
Considérons en premier lieu que l'Akaltie n'est point le centre de nos préoccupations, ses sauts querelleux s'étant de plus apaisés ces temps ci. Ce 'condominium natif' est sans donc une énième création brumeuse de l'Akaltie, servant à assouvir ses désirs impérialistes, comme elle l'a toujours fait. L'Empire d'Everia quant à lui était et reste un partenaire économique privilégié, le commerce de l'uranium étant véritablement stratégique pour la patrie Kartienne, le principe de l'Arche Ukara en somme, Angèle fait ici référence à un aspect du plan de quatre ans concernant les ressources énergétiques Kartiennes. A mon sens, l'un des principaux éléments qui nous tient à ce jour relève de notre coopération sécuritaire, évoquée plus tôt me semble-t-il, relevant par nature du champ de compétence de ma collègue."
Posté le : 24 déc. 2025 à 09:41:10
2292
Le président Duval leva un sourcil.
La première partie de l’argumentation, portant sur une supposée ingérence teylaise évoquée par l’ancienne chancelière, lui parut maladroite, d’autant plus qu’aucune preuve n’avait été avancée.
L’affirmation « Si nous défendons au plus cher l’héritage démocratique, la nation teylaise a tenté, en vain fort heureusement, de saccager nos terres » relevait‑elle d’une simple métaphore ? Difficile à dire, tant les relations entre Karty et Teyla sont aujourd’hui profondément compromises.
Au moins, cette déclaration rassurait le chef de l’État sur un point : Karty ne cherchait manifestement pas à l’obliger à intervenir. Et la Lermandie, de son côté, restait déterminée à ne pas imiter le Royaume de Teyla, qui avait choisi de défendre la République d’Hostaline alors même que cette dernière portait une lourde responsabilité dans le conflit actuel en Eurysie centrale.
Le deuxième argument avancé par l’ancienne chancelière, concernant la future doctrine économique kartienne, semblait certes témoigner d’un refus d’entrer dans les détails. Mais pour le président Duval, cela suffisait : il avait obtenu la réponse qu’il souhaitait.
Enfin, le troisième point, selon lequel les intérêts kartiens en Aleucie, notamment vis‑à‑vis de l’Union des Cités d’Akaltie, seraient devenus négligeables, laissa Duval perplexe. Madame Strakhova n’avait apporté aucun éclairage militaire, ni même le moindre élément stratégique en matière de contre‑espionnage.
Cachait‑elle quelque chose susceptible de nuire à la République de Lermandie ? Ou n’avait‑elle réellement aucune opinion sur le sujet ? Un comble, venant d’une représentante de l’armée kartienne.
Michel Duval: "Je vous assure, Madame Orlovski, que je n’ai aucune intention d’intervenir dans vos affaires diplomatiques. Ma réaction s’explique uniquement par les tensions entre votre grande nation et le Royaume de Teyla, tensions qui ne sont pas négligeables. Cela suffit à envisager diverses hypothèses quant à d’éventuelles attaques de votre adversaire.
Concernant vos propos sur la future doctrine économique de votre pays, vous m’avez fourni suffisamment d’éléments pour que je n’aie aucune crainte quant à d’éventuels problèmes juridiques dans nos relations économiques.
Enfin, au sujet des intérêts de la République fédérale de Karty en Aleucie, je suis surpris que vous considériez le Condominium Natif, un regroupement que je pourrais très fortement soupçonner de préparer une forme d’impérialisme visant à déstabiliser le continent, comme négligeable. Et avec la chute récente de la Fédération de Sterus, je suis en droit de m’interroger sur la pertinence de la présence kartienne en Lermandie."
La première partie de l’argumentation, portant sur une supposée ingérence teylaise évoquée par l’ancienne chancelière, lui parut maladroite, d’autant plus qu’aucune preuve n’avait été avancée.
L’affirmation « Si nous défendons au plus cher l’héritage démocratique, la nation teylaise a tenté, en vain fort heureusement, de saccager nos terres » relevait‑elle d’une simple métaphore ? Difficile à dire, tant les relations entre Karty et Teyla sont aujourd’hui profondément compromises.
Au moins, cette déclaration rassurait le chef de l’État sur un point : Karty ne cherchait manifestement pas à l’obliger à intervenir. Et la Lermandie, de son côté, restait déterminée à ne pas imiter le Royaume de Teyla, qui avait choisi de défendre la République d’Hostaline alors même que cette dernière portait une lourde responsabilité dans le conflit actuel en Eurysie centrale.
Le deuxième argument avancé par l’ancienne chancelière, concernant la future doctrine économique kartienne, semblait certes témoigner d’un refus d’entrer dans les détails. Mais pour le président Duval, cela suffisait : il avait obtenu la réponse qu’il souhaitait.
Enfin, le troisième point, selon lequel les intérêts kartiens en Aleucie, notamment vis‑à‑vis de l’Union des Cités d’Akaltie, seraient devenus négligeables, laissa Duval perplexe. Madame Strakhova n’avait apporté aucun éclairage militaire, ni même le moindre élément stratégique en matière de contre‑espionnage.
Cachait‑elle quelque chose susceptible de nuire à la République de Lermandie ? Ou n’avait‑elle réellement aucune opinion sur le sujet ? Un comble, venant d’une représentante de l’armée kartienne.
Michel Duval: "Je vous assure, Madame Orlovski, que je n’ai aucune intention d’intervenir dans vos affaires diplomatiques. Ma réaction s’explique uniquement par les tensions entre votre grande nation et le Royaume de Teyla, tensions qui ne sont pas négligeables. Cela suffit à envisager diverses hypothèses quant à d’éventuelles attaques de votre adversaire.
Concernant vos propos sur la future doctrine économique de votre pays, vous m’avez fourni suffisamment d’éléments pour que je n’aie aucune crainte quant à d’éventuels problèmes juridiques dans nos relations économiques.
Enfin, au sujet des intérêts de la République fédérale de Karty en Aleucie, je suis surpris que vous considériez le Condominium Natif, un regroupement que je pourrais très fortement soupçonner de préparer une forme d’impérialisme visant à déstabiliser le continent, comme négligeable. Et avec la chute récente de la Fédération de Sterus, je suis en droit de m’interroger sur la pertinence de la présence kartienne en Lermandie."
Posté le : 24 déc. 2025 à 11:39:21
Modifié le : 24 déc. 2025 à 12:48:55
2164

AlinéaJusque là muette, Taliska allait devoir intervenir. Duval remettait en cause la présence militaire Kartienne, cela ne l'irritait pas, mais ne l'enchantait guère pour autant. Réellement, cela confirmait ses sentiments quant aux chefs d'Etats étrangers, des personnages voilés des belles paroles pompeuses à l'humeur fluctuante, un accord ratifié ne peut tout simplement pas être retiré sur un coup de tête ou l'envie soudaine du gouvernement Lermandien. En bref, la Commissaire Strakhova restait impassible, une dame de fer, le regard dur et la voix porteuse. Elle énonça.
Citoyenne Taliska Strakhova-"Excellence Duval. Dissipons assez nettement ce malentendu, si nous qualifions un élément de secondaire nous n'en nions pas le fond. Le rôle de notre état-major n'est pas d'imaginer des guerres mais de les préparer lorsqu'elles le nécessitent. Vous savez, cela relève d'une arche structurelle d'importance, rien de plus. Nous hiérarchisons. Que de lucidité stratégique relève de ne pas voir menace à tout horizon, le condominium natif est bien secondaire sur notre échiquier. Peut-être est-il d'une importance capitale pour vous autres, vous comprendrez que le plan de quatre ans ou la guerre en Eurysie centrale requièrent grandement plus notre attention. Tant que l'Akaltie demeurera à son étage de brume institutionnelle et d'existence par le discours, le levier militaire que nous présentons n'a pas à être activé. Croyez bien que si l'Akaltie s'avise de vous agresser d'une quelconque manière, votre inquiétude à son sujet à l'appui, notre armée engagera l'ensemble de ses moyens pour réduire à néant l'éventuelle menace. La raison de notre présence relève de votre sécurité, c'est avant tout lorsqu'elle n'est pas démontrée que la dissuasion fonctionne: L'absence indicative d'incident est le meilleur indicateur de légitimité et de stabilité. L'armée Kartienne siège parmi les plus puissantes du globe, je doute sincèrement que l'Akaltie daigne vous menacer d'une quelconque manière sachant cela. Peut-être même l'Akaltie s'est-elle déjà ravisée connaissant le risque que Karty représente pour elle, n'omettez pas le facteur dissuasif. Enfin, cette base d'Artaville repose sur des accords ratifiés, des finances Kartiennes, d'intérêts sécuritaires, d'une lecture commune de la vision régionale. Mon rôle n'est pas de vous convaincre, tout au plus d'exécuter des décisions déjà prises."
Posté le : 24 déc. 2025 à 12:35:56
1876
Le président Duval soupira enfin. Il disposait désormais des éléments nécessaires concernant la stratégie kartienne en Aleucie ainsi que sur la base militaire d’Artaville. Ces informations confirmaient la poursuite de la doctrine de dissuasion visant l’Union et Empire des Cités d’Akaltie, et par extension le Condominium Natif. Et ceux malgré la disparition de la Fédération de Sterus.
Cependant, un problème demeurait : le Condominium Natif ne menait pas une politique militariste comparable à celle de la Fédération de Sterus, mais plutôt une politique de nuisance fondée sur l’influence médiatique et l’espionnage Et la République de Lermandie n'est pas préparer à une guerre d'espionnage/contre-espionnage de ce type.
Michel Duval: "Madame Strakhova, je suis ravi que vous confirmiez la volonté de votre nation d’adopter une politique de dissuasion vis‑à‑vis des acteurs agressifs. Le seul souci est que le Condominium Natif ne semble pas mener d’actions militaires directes, contrairement à la Fédération de Sterus, mais privilégie des méthodes de nuisance par médias interposés ainsi que de possibles infiltrations d’agents clandestins.
Par conséquent, il ne s’agit pas de demander à vos forces de quitter la base d’Artaville, mais de permettre à l’Armée de l’Air lermandienne d’utiliser certaines zones inoccupées de l’aérodrome, devenues disponibles à la suite du redéploiement de vos troupes vers votre territoire en raison de l’émergence d’insurgés au sein de votre nation.
De plus, il s’agit également de renforcer, à nos frais, le dispositif de protection destiné à sécuriser la Zone 23, qui sera prochainement renommée Centre spatial d’Artaville, un complexe actuellement en construction et qui devrait être opérationnel dans quelques mois.
Enfin, j’avais précédemment évoqué les méthodes de nuisance susceptibles de porter atteinte à l’intégrité de la République de Lermandie. Je souhaiterais donc savoir si vous disposez de moyens de contre‑espionnage permettant d’empêcher des acteurs étatiques hostiles de déstabiliser le continent aleucien. Je m’appuie notamment sur le fait que l’Empire d’Everia semble subir une forte pression médiatique akaltienne sur son propre sol."
Cependant, un problème demeurait : le Condominium Natif ne menait pas une politique militariste comparable à celle de la Fédération de Sterus, mais plutôt une politique de nuisance fondée sur l’influence médiatique et l’espionnage Et la République de Lermandie n'est pas préparer à une guerre d'espionnage/contre-espionnage de ce type.
Michel Duval: "Madame Strakhova, je suis ravi que vous confirmiez la volonté de votre nation d’adopter une politique de dissuasion vis‑à‑vis des acteurs agressifs. Le seul souci est que le Condominium Natif ne semble pas mener d’actions militaires directes, contrairement à la Fédération de Sterus, mais privilégie des méthodes de nuisance par médias interposés ainsi que de possibles infiltrations d’agents clandestins.
Par conséquent, il ne s’agit pas de demander à vos forces de quitter la base d’Artaville, mais de permettre à l’Armée de l’Air lermandienne d’utiliser certaines zones inoccupées de l’aérodrome, devenues disponibles à la suite du redéploiement de vos troupes vers votre territoire en raison de l’émergence d’insurgés au sein de votre nation.
De plus, il s’agit également de renforcer, à nos frais, le dispositif de protection destiné à sécuriser la Zone 23, qui sera prochainement renommée Centre spatial d’Artaville, un complexe actuellement en construction et qui devrait être opérationnel dans quelques mois.
Enfin, j’avais précédemment évoqué les méthodes de nuisance susceptibles de porter atteinte à l’intégrité de la République de Lermandie. Je souhaiterais donc savoir si vous disposez de moyens de contre‑espionnage permettant d’empêcher des acteurs étatiques hostiles de déstabiliser le continent aleucien. Je m’appuie notamment sur le fait que l’Empire d’Everia semble subir une forte pression médiatique akaltienne sur son propre sol."
Posté le : 24 déc. 2025 à 14:09:50
1665

AlinéaLa Commissaire redressa légèrement la tête, notant intérieurement les quelques points à rétorquer. Aucun geste superflu, la réponse sera claire, sans négociation implicite. Elle reprit.
Citoyenne Taliska Strakhova-"Soit, le Condominium natif ne représente guère un acteur frontal. C'est précisément pourquoi il n'est pas traité comme un un facteur stratégiquement prioritaire. D'autre part, cette menace n'est précisément pas frontale du fait de notre présence à Artaville, l'Akaltie ne peut se permettre d'entamer ce terrain. Vous évoquez maintes fois cette capacité de nuisance Akaltienne, qui pourrait affecter directement la République de Lermandie. J'en prends note. Néanmoins je m'interroge, cette menace n'en est pas une pour notre patrie. Si vous êtes menacé, permettez-moi de vous dire que nous n'en voyons factuellement guère la raison. Si vous souhaiteriez solliciter l'assistance de nos services, un accord supplémentaire non étudié, encore faudrait-il qu'ils aient conscience de la propre menace. Disposons-nous de services de renseignements capables de contrer telle menace, oui. Ces services sont-ils à vocation autre que nationale, non. Le renseignement n'est efficace que dans la seule mesure de l'étanchéité. De ces faits, la République Fédérale Kartienne n'est pas en mesure de vous prêter main forte comme elle le fait militairement par le biais de la base d'Artaville, en somme il nous faut connaître ladite menace pour vous dire si le service de renseignements adapté serait enclin à la coopération. Pour ce qui relève de ce complexe militaire, y ajouter des effectifs Lermandiens relève de votre souveraineté. Vis-à-vis de l'ancienne réduction des effectifs, cette dernière s'indique d'un retour en arrière, ainsi deux redéploiements s'effectueront, communément vers le haut."
Posté le : 26 déc. 2025 à 08:53:59
2251
Le Président Duval commença à penser qu’il n’aimait pas du tout cette femme. Certes, en matière de renseignement, sa demande de détails précis sur la menace était légitime, tout comme celle du chef de l’État kartien. Mais concernant la base militaire, il semblait évident qu’elle n’avait pas compris que la menace armée représentée par la Fédération de Sterus n’existait plus. Quant aux armées du Condominium natif, elles ne constituaient pas une menace directe. C’est dans ce contexte que s’inscrivait la réévaluation de la présence kartienne en Lermandie.
D’ailleurs, au sujet des politiques de nuisance de l’Union des Cités d’Akaltie, plusieurs documents, regroupant divers articles de presse akaltiens, étaient rangés dans une pochette cartonnée sur son bureau. Mais avant de les présenter, le chef de l’État décida d’adopter un ton ferme envers cette militaire.
Michel Duval: "Avant que je ne développe davantage la politique de nuisance orchestrée par le gouvernement akaltien, documents qui sont soigneusement rangés sur mon bureau, au fond de la pièce, je crois qu’il serait pertinent d’être un peu plus clair au sujet de la base d’Artaville.
Depuis la fin de la plus grande menace armée, représentée par la Fédération de Sterus, vous devez avoir conscience que nos forces armées sont désormais pleinement capables de gérer l’Union et Empire des Cités d’Akaltie, et par extension le Condominium natif, avec l’appui de la grande République de Westalia. Votre présence n’avait pas seulement pour objectif de dissuader la Fédération de Sterus, mais également de contenir l’Union et Empire des Cités d’Akaltie, qui pourrait chercher à nuire à la souveraineté de l’Empire d’Everia. Or, la menace du régime de Pandoro, la plus importante, n’existe plus.
C’est pourquoi, puisque votre précédent gouvernement, représenté ici même par l’ancienne chancelière, a pris des mesures de redéploiement des forces d’Artaville sans consulter notre avis sur le sujet, hormis une simple notification, mon gouvernement va combler le vide que vous avez laissé dans cette base. Cela ne signifie pas que le reste de vos forces encore présentes devra partir ; il s’agit simplement de ne pas augmenter davantage votre présence militaire en Lermandie.
Je suis certain que vous pouvez comprendre les évolutions du dynamisme géopolitique sur le continent d’Aleucie, tout comme votre pays a dû en subir les conséquences lors du déclenchement de la guerre en Eurysie centrale. C’est pourquoi je pense que vous comprenez la nécessité de faire évoluer votre présence sur notre territoire en conséquence. Après tout, vous-même avez admis que le continent d’Aleucie n’est plus votre priorité."
D’ailleurs, au sujet des politiques de nuisance de l’Union des Cités d’Akaltie, plusieurs documents, regroupant divers articles de presse akaltiens, étaient rangés dans une pochette cartonnée sur son bureau. Mais avant de les présenter, le chef de l’État décida d’adopter un ton ferme envers cette militaire.
Michel Duval: "Avant que je ne développe davantage la politique de nuisance orchestrée par le gouvernement akaltien, documents qui sont soigneusement rangés sur mon bureau, au fond de la pièce, je crois qu’il serait pertinent d’être un peu plus clair au sujet de la base d’Artaville.
Depuis la fin de la plus grande menace armée, représentée par la Fédération de Sterus, vous devez avoir conscience que nos forces armées sont désormais pleinement capables de gérer l’Union et Empire des Cités d’Akaltie, et par extension le Condominium natif, avec l’appui de la grande République de Westalia. Votre présence n’avait pas seulement pour objectif de dissuader la Fédération de Sterus, mais également de contenir l’Union et Empire des Cités d’Akaltie, qui pourrait chercher à nuire à la souveraineté de l’Empire d’Everia. Or, la menace du régime de Pandoro, la plus importante, n’existe plus.
C’est pourquoi, puisque votre précédent gouvernement, représenté ici même par l’ancienne chancelière, a pris des mesures de redéploiement des forces d’Artaville sans consulter notre avis sur le sujet, hormis une simple notification, mon gouvernement va combler le vide que vous avez laissé dans cette base. Cela ne signifie pas que le reste de vos forces encore présentes devra partir ; il s’agit simplement de ne pas augmenter davantage votre présence militaire en Lermandie.
Je suis certain que vous pouvez comprendre les évolutions du dynamisme géopolitique sur le continent d’Aleucie, tout comme votre pays a dû en subir les conséquences lors du déclenchement de la guerre en Eurysie centrale. C’est pourquoi je pense que vous comprenez la nécessité de faire évoluer votre présence sur notre territoire en conséquence. Après tout, vous-même avez admis que le continent d’Aleucie n’est plus votre priorité."
Posté le : 02 jan. 2026 à 23:18:33
1961

Alinéa"Une vraie salope sans conviction ce Duval", Taliska haussa un sourcil tout en se faisant intérieurement ces quelques réflexions. Duval lui demandait d'accepter la décision Lermandienne de plafonner les effectifs Kartien, une concession donc, tout en lui demandant gentiment de coopérer pour combler ses lacunes face à la menace Akaltienne ? "Dans quel univers suis-je ?" Que de questions auxquelles Taliska n'essaye pas de répondre, il fallait resserrer l'échange et bien faire comprendre que la nouvelle Karty ne sera pas maniable.
Citoyenne Taliska Strakhova-"Vous qui confondez la dissuasion à la présence factuelle de menace, semblez omettre un point véritablement clé, l'absence de guerre ne prouve en aucun cas un caractère obsolète à cette base mais bien sa pleine efficacité. Artaville n'a jamais été monothématique, Sterus quant à lui était un facteur et non la raison, une telle infrastructure n'a pas à être démontée au rythme de l'effondrement de vos voisins. Aussi voilez-vous bien le caractère temporaire du retrait d'une partie des effectifs de cette base, ne transformez pas ce retrait motivé par une guerre régionale dont vous avez vous même critiqué les bas-fonds en un argument politique. Vous mentionnez le caractère unilatéral de cette décision, au même titre que vous évoquez que la puissance Westalienne suffit désormais à vous protéger, soit, tel est votre discours. N'est-ce pas ce même allié Westalien qui par le passé entama des pressions sur notre patrie, lorsque vous étiez pourtant favorables à la présence de nos soldats. Dans le mesure où l'ensemble de ces facteurs relève de votre territoire, de votre souveraineté et votre juridiction, limiter nos effectifs demeure tout autant une décision unilatérale sans aucune forme de consultation, quelle qu'elle soit. Sachez pour votre gouverne que les forces armées Kartiennes ne sont point un pion que vous placez sur un échiquier, elle ne se quémande pas au gré des humeurs du moment. Dans le cas du refus pourtant légitime de ces effectifs, ce refus trouvera échos à votre demande de soutien vis-à-vis de nos renseignements quant à la nation Akaltienne."
Posté le : 10 jan. 2026 à 21:41:26
3037
Le président Duval sentit une irritation froide lui monter. L’attitude de son interlocutrice lui paraissait d’une arrogance insupportable. De quel droit cette femme prétendait‑elle imposer la présence de ses forces en Lermandie? Certes, la Fédération de Sterus avait représenté une menace réelle justifiant la présence kartienne. Certes, les attaques informationnelles et les opérations d’influence menées par certaines autorités akaltiennes contre l’Empire d’Everia avaient également légitimé une coopération militaire.
Mais cette héroïne autoproclamée refusait manifestement de comprendre que les autorités akaltiennes ne pouvaient être contenues par la seule force armée. Leur nuisance passait par la désinformation, l’infiltration, la manipulation; et non par des divisions blindées ou des canons tonitruants.
Et plus Duval l’observait, plus il avait l’impression d’avoir devant lui non une simple représentante militaire, mais une sorte de dirigeante officieuse de cette prétendue République fédérale de Karty, peut‑être même une autocrate en devenir.
Un instant, il songea qu’il lui faudrait peut‑être appliquer la doctrine westalienne du Bear’s Awakening si elle persistait dans cette posture, ce qui va redefinir completement la diplomatie lermandienne. Une chose était certaine : la coopération lermando‑kartienne était en train de se fissurer dangereusement.
Michel Duval: "Madame Strakhova, permettez‑moi d’être parfaitement clair.
Les autorités westaliennes ont certes exprimé des réserves quant à la présence eurysienne, que représentait alors la République impériale de Karty, sur le sol lermandien. Mais jamais elles ne nous ont demandé, ni même suggéré, de désavouer votre présence.
Ensuite, sauf erreur de ma part, vous n’étiez pas présente lors de la rencontre entre mon homologue westalien et l’ancienne chancelière kartienne, la gouverneure Angèle Orlovski, ici même. Et pour cause : cette dernière ne m’a jamais affirmé que la présence westalienne avait été un succès pour elle. C’est la guerre civile dans votre pays qui l’a conduite à revoir sa position, du moins, c’est ce qu’indiquait sa missive.
Je vous rappelle également que l’objet de cette réunion est de définir les nouvelles relations entre la République de Lermandie et la République Fédérale de Karty, et donc d’examiner la pertinence de votre présence militaire sur notre territoire.
Or, compte tenu du renforcement considérable de nos forces armées et de celles de nos alliés, vous ne m’avez fourni aucun argument convaincant justifiant le maintien d’un contingent kartien aussi important en Lermandie. À moins que vous ne considériez le chantage comme un argument diplomatique valable. Je vous rappelle que la présence kartienne en Lermandie, en effectifs équivalents et avec coopération de renseignement, avait été convenue avec l’ancienne chancelière, lors d’un entretien auquel vous n’étiez pas présente, durant l’été 2017.
Et je souligne un point essentiel : la République de Lermandie a signé des accords avec la République impériale de Karty, non avec la République fédérale de Karty. Ce sont deux États différents, et vous le savez.
Si vous refusez cette position, Madame Strakhova, alors les accords signés entre la République impériale de Karty et la République de Lermandie deviendront caducs. Et je vous rappelle que la Lermandie a soutenu votre ancienne République impériale face au Royaume de Teyla, ce que peu de nations ont accepté de faire.
Si vous estimez pouvoir gérer seule vos relations diplomatiques avec le Royaume de Teyla, libre à vous."
Mais cette héroïne autoproclamée refusait manifestement de comprendre que les autorités akaltiennes ne pouvaient être contenues par la seule force armée. Leur nuisance passait par la désinformation, l’infiltration, la manipulation; et non par des divisions blindées ou des canons tonitruants.
Et plus Duval l’observait, plus il avait l’impression d’avoir devant lui non une simple représentante militaire, mais une sorte de dirigeante officieuse de cette prétendue République fédérale de Karty, peut‑être même une autocrate en devenir.
Un instant, il songea qu’il lui faudrait peut‑être appliquer la doctrine westalienne du Bear’s Awakening si elle persistait dans cette posture, ce qui va redefinir completement la diplomatie lermandienne. Une chose était certaine : la coopération lermando‑kartienne était en train de se fissurer dangereusement.
Michel Duval: "Madame Strakhova, permettez‑moi d’être parfaitement clair.
Les autorités westaliennes ont certes exprimé des réserves quant à la présence eurysienne, que représentait alors la République impériale de Karty, sur le sol lermandien. Mais jamais elles ne nous ont demandé, ni même suggéré, de désavouer votre présence.
Ensuite, sauf erreur de ma part, vous n’étiez pas présente lors de la rencontre entre mon homologue westalien et l’ancienne chancelière kartienne, la gouverneure Angèle Orlovski, ici même. Et pour cause : cette dernière ne m’a jamais affirmé que la présence westalienne avait été un succès pour elle. C’est la guerre civile dans votre pays qui l’a conduite à revoir sa position, du moins, c’est ce qu’indiquait sa missive.
Je vous rappelle également que l’objet de cette réunion est de définir les nouvelles relations entre la République de Lermandie et la République Fédérale de Karty, et donc d’examiner la pertinence de votre présence militaire sur notre territoire.
Or, compte tenu du renforcement considérable de nos forces armées et de celles de nos alliés, vous ne m’avez fourni aucun argument convaincant justifiant le maintien d’un contingent kartien aussi important en Lermandie. À moins que vous ne considériez le chantage comme un argument diplomatique valable. Je vous rappelle que la présence kartienne en Lermandie, en effectifs équivalents et avec coopération de renseignement, avait été convenue avec l’ancienne chancelière, lors d’un entretien auquel vous n’étiez pas présente, durant l’été 2017.
Et je souligne un point essentiel : la République de Lermandie a signé des accords avec la République impériale de Karty, non avec la République fédérale de Karty. Ce sont deux États différents, et vous le savez.
Si vous refusez cette position, Madame Strakhova, alors les accords signés entre la République impériale de Karty et la République de Lermandie deviendront caducs. Et je vous rappelle que la Lermandie a soutenu votre ancienne République impériale face au Royaume de Teyla, ce que peu de nations ont accepté de faire.
Si vous estimez pouvoir gérer seule vos relations diplomatiques avec le Royaume de Teyla, libre à vous."
Posté le : 10 jan. 2026 à 22:45:50
4853

AlinéaPour la première fois dans l'histoire des relations diplomatiques Lermando-Kartiennes, la situation s'envenimait. La Commissaire Strakhova en était passablement agacée, tout de ce "Duval" lui déplaisait, tant ses manières redondantes que ses paroles dissimulées sous un maigre voile, un vernis diplomatique des plus curieux. Taliska n'était pas diplomate, non elle était militaire, elle en avait assez. Une réaction imperceptible pour la plupart, hormis quelques unes de ses rares connaissances. A vrai dire, la Commissaire avait appris à camoufler ses émotions durant ses années de service, elle se perfectionnait encore. Cette attitude froide était devenue quasiment parfaite, hormis pour ses proches qui arrivaient encore à discerner chez elle les lueurs de la joie, de la tristesse, de l'énervement, lorsque cela arrivait. C'était le cas d'Angèle, les deux femmes se côtoient énormément, dit-on même d'elles des sœurs sans en être réellement. Ainsi, Taliska crispa sa mâchoire d'un mouvement imperceptible, de même que ses doigts se refermaient lentement sur l'accoudoir. Dame Orlovski le remarqua bien, et elle entreprit naturellement, d'une normalité déconcertante pour la situation que tout diplomate n'y aurait même pas prêtée son attention, un doux geste de sa paume. L'information passa pour Taliska, ce sera à la Gouverneure de répondre, ce n'était guère un ordre non, une des plus banales évidences silencieuses entre elles.
Gouverneure Angèle Orlovski-"Monsieur Duval, permettez-moi le luxe de la reprise. Permettez-moi de vous parler, non en tant qu'ancienne Chancelière ou actuelle Gouverneure de cette patrie qui m'est chère, mais bel et bien comme celle ayant assistée au triomphe d'un chemin partagé voilà plus d'une année. J'ai souvenir du courage Lermandien de siéger aux côtés de la nation Kartienne, lorsque beaucoup daignaient prêter attention. Cette relation diplomatique, au contraire d'un grand nombre du globe, ne fut point bâtie sur une seule convergence d'intérêts, mais plutôt sur une forme de confiance réciproque, certains oseraient même parlé d'amitié.
Aussi permettez-moi cette précision, lorsque vous remettez en cause la légitimité de la Commissaire à la défense, que ce soit également la raison de sa présence ou ses compétences, vous vous engagez non pas contre sa personne mais tout autant la mienne, que celle de l'entièreté de l'Etat Kartien. Je vous le dis par ailleurs, je refuse assez nettement cette attaque ad hominem, qui n'a pas lieue d'être entre deux Etats auxquels la diplomatie devrait prévaloir.
J'évoque, tout comme vous pareil, l'Etat Kartien, celui de la République Fédérale Kartienne. Nonobstant, notre vision y diverge, semble-t-il. Vous évoquez rupture entre la République Impériale et la nouvelle Karty, lorsque j'y vois la simple continuité. Pourtant, c'est cette même nouvelle Karty qui est composée du même territoire, du même peuple, seule la nature du pouvoir a évolué: Il n'y a aucune rupture. Je tâcherais par conséquent de poser librement ce questionnement, pouvons-nous reprocher à Karty d'avoir confié sa souveraineté à son peuple et non plus à une élite politique totalement délusoire ? Dans la mesure où la République Fédérale ne serait pas, selon vous, la digne successeure de l'Etat Kartien, alors vous n'auriez pas accepté de traiter, d'accueillir et de dialoguer avec cette nouvelle autorité.
Vous ne pouvez, de plus, évoquer la notion de stabilité puis celle de rupture d'accords dans le même argumentaire, l'un est le contresens de l'autre. Ces accords, certes hérités de la République Impériale, sont toujours en vigueur du fait de la continuité. Un Etat qui présente une valse à des accords pourtant ratifiés ne peut prétendre à la stabilité, il entache même la fiabilité de sa parole. La République Fédérale n'accepte aucunement de traiter par mise sous pression, de même que je vous interroge sur la mention du Royaume de Teyla: Nous assumons pleinement la doctrine diplomatique Kartienne.
En bref, ces points éclairés, si la République de Lermandie choisit de modifier unilatéralement le Traité d'Epsilon, dans l'exemple d'un plafonnement non-prévu des effectifs, alors Karty ajustera de même sa coopération. Nous ne pouvons à la fois donner une concession, puis par la même occasion vous offrir une aide quant à la menace Akaltienne. Les deux éléments sont différents et non-liés, toutefois si la coopération au niveau de l'un tombe, l'autre en fait de même. Nous ne verrouillons point la continuité de nos relations diplomatiques pour autant, simplement ces deux dossiers que sont la base militaire ainsi que le cas Akaltien. Si, en revanche, les accords initiaux sont préservés, la République Fédérale sera pleinement disposée à écouter, examiner et épauler ces préoccupations en matière de renseignements.
Finalement, monsieur Duval, nous n'entreprenons pas un bras de fer, nous respectons votre nation, au même titre que, je l'espère, il en est de même. Cette base militaire est, pour nous, la possibilité d'intervention rapide, une plateforme de renseignements sur place, mais aussi et surtout: Un plafond. Lorsque l'Akaltie peut se permettre telle menace, elle devra toujours réfléchir à la possibilité d'intervention directe, une menace trop directe serait pour elle bien trop dangereuse. Comme l'ayant dit la Commissaire Strakhova, cette base est un outil de dissuasion plus que majeur. Cependant, je ne puis vous répondre à l'exactitude pour le caractère probant de ce complexe face à l'Akaltie dans la mesure où nous ignorons encore ladite menace. Plus directement, comment l'Akaltie vous menace-t-elle, certainement par le biais d'ingérence, toutefois cela reste bien approximatif pour vous répondre précisément."
Posté le : 25 jan. 2026 à 21:40:52
2329
Le Président Duval soupira, non par lassitude, mais pour reprendre un ton plus diplomatique. En effet, il savait parfaitement que la base d’Artaville offrait à Karty un avantage stratégique en matière de projection militaire. Cependant, les besoins de la République de Lermandie avaient évolué, notamment en raison de la forte instabilité, et de la chute presque inévitable, de la Fédération de Stérus.
C'est pourquoi les priorités n’étaient plus militaires, mais centrées sur le renseignement, en particulier face aux activités de l’Union et Empire des Cités d’Akaltie. Ce qui surprenait le Président Duval, c’était que la Gouverneure semblait ignorer que l’objectif même de cette rencontre était de renégocier le traité, afin de privilégier la coopération en matière de renseignement plutôt que la présence militaire.
Michel Duval: "Madame la Gouverneure, permettez-moi de revenir à l’essentiel.
L’objet de cette rencontre est précisément la renégociation du Traité d’Artaville, car les besoins de mon pays ont changé.
Si vous refusez d’entendre et d’examiner notre demande, et que vous répondez par une réduction de votre coopération simplement parce que nous souhaitons ajuster les effectifs — sans même ouvrir la renégociation qui, je vous le rappelle, est la raison même de cette réunion, alors c’est le traité lui-même qui devient caduc.
Permettez-moi également de souligner que, pour l’instant, nous n’avons observé que peu d’actions concrètes de la part de Karty envers la Lermandie, hormis la présence de vos forces sur notre sol, y compris dans le domaine spatial. Je comprends parfaitement que votre pays sort d’une guerre civile, mais cela ne change rien au fait que la Lermandie vous a apporté un soutien total face au Royaume de Teyla.
Par conséquent, si vous refusez d’écouter et de considérer notre demande, je ne pourrai accorder aucun crédit aux assurances de respect et de coopération que vous affirmez défendre.
Cela ne signifie pas que la République de Lermandie refuse de reconnaître la République Fédérale Kartienne comme successeure de la République Impériale de Kartie. Cela signifie simplement que la continuité d’un traité n’a de sens que si ce traité reste adapté à la réalité stratégique actuelle. Or, dans sa forme actuelle, la Lermandie n’en tire que très peu de bénéfices, notamment du point de vue de nos concitoyens.
Enfin, permettez-moi de rappeler que la stabilité des relations internationales n’est pas l’immobilisme. Qui aurait prévu la crise de la Fédération de Stérus ? Qui aurait imaginé que votre nation sombrerait dans une guerre civile ? Qui aurait anticipé que l’Hotsaline bombarderait un autre État au nom d’une idéologie ?
Le monde change, Madame la Gouverneure. Les traités doivent changer avec lui."
C'est pourquoi les priorités n’étaient plus militaires, mais centrées sur le renseignement, en particulier face aux activités de l’Union et Empire des Cités d’Akaltie. Ce qui surprenait le Président Duval, c’était que la Gouverneure semblait ignorer que l’objectif même de cette rencontre était de renégocier le traité, afin de privilégier la coopération en matière de renseignement plutôt que la présence militaire.
Michel Duval: "Madame la Gouverneure, permettez-moi de revenir à l’essentiel.
L’objet de cette rencontre est précisément la renégociation du Traité d’Artaville, car les besoins de mon pays ont changé.
Si vous refusez d’entendre et d’examiner notre demande, et que vous répondez par une réduction de votre coopération simplement parce que nous souhaitons ajuster les effectifs — sans même ouvrir la renégociation qui, je vous le rappelle, est la raison même de cette réunion, alors c’est le traité lui-même qui devient caduc.
Permettez-moi également de souligner que, pour l’instant, nous n’avons observé que peu d’actions concrètes de la part de Karty envers la Lermandie, hormis la présence de vos forces sur notre sol, y compris dans le domaine spatial. Je comprends parfaitement que votre pays sort d’une guerre civile, mais cela ne change rien au fait que la Lermandie vous a apporté un soutien total face au Royaume de Teyla.
Par conséquent, si vous refusez d’écouter et de considérer notre demande, je ne pourrai accorder aucun crédit aux assurances de respect et de coopération que vous affirmez défendre.
Cela ne signifie pas que la République de Lermandie refuse de reconnaître la République Fédérale Kartienne comme successeure de la République Impériale de Kartie. Cela signifie simplement que la continuité d’un traité n’a de sens que si ce traité reste adapté à la réalité stratégique actuelle. Or, dans sa forme actuelle, la Lermandie n’en tire que très peu de bénéfices, notamment du point de vue de nos concitoyens.
Enfin, permettez-moi de rappeler que la stabilité des relations internationales n’est pas l’immobilisme. Qui aurait prévu la crise de la Fédération de Stérus ? Qui aurait imaginé que votre nation sombrerait dans une guerre civile ? Qui aurait anticipé que l’Hotsaline bombarderait un autre État au nom d’une idéologie ?
Le monde change, Madame la Gouverneure. Les traités doivent changer avec lui."