Posté le : 31 déc. 2025 à 15:57:52
Modifié le : 31 déc. 2025 à 17:10:45
7112
Le gouvernement Aykhanide est relativement récent. Rares sont les membres qui ont participé à la scène politique de l’ancien régime absolutiste, puis ce que la plupart de ceux qui ont pris partie pour le monarque ont été ou exilés ou exécutés. Sa Majesté le Grand Bey Orkhan Ier ne faisait pas exception à cela. Au début du 20ème siècle, après la période d’unification donc durant la période Sélimienne, une loi fut créée par le Grand Bey Selim Ier notamment pour assurer la succession héréditaire et son accent sur la primogéniture. Cette loi s'appelle la “Selimiye-i Kanunname-i Şahane-i Ayhaniyye” ou encore “Selimiye Kanunnamesi”, ce qui peut être traduit par la “Sublime loi Aykhanide Selimienne” ou encore la “Loi Selimienne”. Cette “loi” ou plutôt compilation de loi avait pour but de centraliser le pouvoir dans les mains du Grand Bey. Elle avait par exemple rendu possible le fait que les membres de la dynastie Aykhanide puissent passer par une visite médicale pour déterminer l'aptitude à être éligible de régner. Ainsi, les princes non-éligibles pouvaient être écartés de la ligne de succession. La vérité est que cela permettait au fils aîné et héritier d'éliminer des potentiels menaces de frères qui aspireront illégitimement au pouvoir. La loi fut abrogée sous le nouveau gouvernement, accusé d’avoir causé après la période selimienne, la tyrannie et l’absolutisme illégitime des autres grands beys. Le Grand Bey Orkhan Ier était concerné par ces dispositions, il n’était nullement censé monter sur le trône ni sous l’ancien régime, ni réellement sous le nouveau. Toute sa vie, il fut enfermé au palais beylical, loin de la politique et privé d’un réel enseignement. Certains ont tendance à raconter de lui, pour les rares personnes l’ayant connu lorsqu’il était prince, du fait qu’il vivait dans une grande prison dynastique, que dans cette prison, on lui imposait une vie bien loin de la réalité. Orkhan Ier était le 9ème enfant de son défunt père et son second fils. Dans les rares biographies disponibles sur lui, son règne ne venant que de commencer, et dans les rares témoignages de ceux qui l’ont connus, le prince qu’il était était un jeune timide et réservé. Depuis l’enfance, il n’aimait point les jeux d’enfants et préférer passer son temps à lire, sans autorisation bien sur, les livres qu’il pouvait trouver dans la bibliothèque de l’a cour extérieure. Selon un discours du Grand Bey en personne, c’est son professeur qui lui apportait ses livres avant que celui-ci ne soit congédié et qu’il soit privé d’éducation. Ceux qui l’ont connus en attestent alors, “le jeune prince passait son temps à s’intéresser aux questions existentielles”. Les parlementaires s’étaient accordés à accuser l’entourage de l’ancien grand bey d’avoir délibérément empêché le prince d’avoir une bonne éducation de peur qu’un il ne devienne dangereux pour le trône. Leur but était de légitimer au maximum le fils aîné et grand frère d’Orkhan. Son ancien professeur avait avoué lui-même devant le parlement et la cour révolutionnaire d’avoir proposé au père du prince la fin de son éducation en accusant celui-ci d’être trop rêveur pour pouvoir suivre des cours aussi poussés. Durant cette période sombre de la Yözidie, les bourgeois et familles entourant les beys suivaient de meilleures éducation que les princes de la dynastie Aykhanide. Parmi ces familles, certaines étaient nouvelles et d’origine plus populaire, ce sont elles qui ont créé les premiers journaux indépendants clandestins, les premières écoles supérieures publiques avec des fonds pour les jeunes talentueux qui manquaient de moyens. En bref, ce sont eux qui ont permis de donner vie au mouvement des jeunes yözids qui ont renversé le pouvoir en 2012. Tout cela pour dire, que le Grand Bey Orkhan Ier et sont gouvernement ont en réalité tout apprit sur le tas. Mais une chose était claire pour le prince lorsqu'il était au moment de monter sur le trône ; garantir à l'entièreté de son peuple une bonne éducation, faire prospérer l'économie endormis de la Yözidie, protéger chacun de ses citoyens de la corruption et de l'instabilité, accorder à tous l'accès à la justice pour enfin vaincre l'insécurité juridique. Il savait que pour faire cela, la paix interne mais également externe était essentiel. Aujourd'hui, cette paix est menacée. La confédération cherche à armer des groupes communistes au quatre coin du continent pour faire renverser les régimes en place qui pourtant cherchent depuis la dernière décennie que la stabilité. Le Grand Bey Orkhan Ier voit les pays voisins qu'il essayait comme son pays de stabiliser et de développer se faire menacer par des dirigeants illégitimes qui disent agir pour le peuple sans même donner à celui-ci l'occasion de s'exprimer démocratiquement. Tout ceci est chose nouvelle pour le Sublime Palais, et c'est ce qui fait l'importance de la coopération avec le Jashuria pour les Aykhanides.
La délégation d'Otukhan suit avec courtoisie et sympathie le protocole du palais. Chacun prend la place qu'il doit prendre afin de laisser au Grand Bey et au Premier Ministre le soin de commencer les discussions. Alors, sans tarder, c'est ce que fait Orkhan Ier;
"Monsieur Nantripat Sistrati, cela me réjouit de vous voir apprécier les délices du Palais. Je ne puis m'empêcher, au nom de tout mes fidèles agents ici présent, de vous remercier pour votre hospitalité, mais surtout, de remercier votre nation pour le soutien qu'elle a toujours veillé à apporter aux nôtres."
Le Grand Bey marque une pose, il joue avec l'embout de sa cane, en souriant, visiblement pour réfléchir à ce qu'il allait dire ensuite.
"Depuis 2012 où le peuple Aykhanide a choisit de nous donner la mission de diriger la Sublime Nation, la République du Jashuria a fait partie de ceux qui nous ont accompagnés pour y parvenir. Notre jeune gouvernement et son régime, à l'image de mon aïeul Selim Ier, a tout mis en œuvre pour donner à son peuple ce qu'elle méritait ; un pays stable, libre, où l'accès à une bonne éducation et à la justice est garantit, où à chaque coin de rue des opportunités et du travaille se trouve à entreprendre et pourvoir, où personne ne subit d'enrôlement forcé à une quelconque idéologie. Nous sommes pourtant encore qu'à mi chemin de toutes ces choses que nous devons accomplir. D'une Yözidie où l'on trouverait des mektebs (écoles supérieurs) dans les moindres recoins du pays pour que tous nos enfants s'y épanouissent. Une Yözidie d'équité et de fraternité, d'un peuple pouvant entièrement accéder à la santé. J'aimerais des jeunes qui travaillent en toute légalité pour gagner leur pain. J'aimerais des usines qui brillent de productivité, et surtout, que le système que les dirigeants sans plus une once d'humanité ont installé cesse enfin d'influer sur mon pays.
Or nous sommes de ceux qui avons compris. Compris que pour accomplir toutes ces choses, un continent stable et une lutte collectif pour la paix était nécessaire avec nos voisins. C'est la raison pour laquelle nous vous rencontrons, et nous espérons que c'est la même pour laquelle vous nous accueillez."
Estimant pouvoir désormais aborder le premier sujet, le Grand Bey frappe avec douceur sa cane contre le sol, comme pour lancer le jeu.
"Nous nous sommes jusque là mutuellement observés, plus que ça, nous avons échangés nos points de vues, nos inquiétudes, nos projets. Cher Premier Ministre, nous sommes menacés par l'attitude belliqueux et expansionniste de la Confédération Socialiste. Vous l'êtes par l'attitude immesurée et agressif du Ninchi. Notre continent tout entier est attaquée par des groupuscules armées qui prennent peu à peu, si ils ne l'ont pas déjà fait, la tête de nations et de peuples dans leur globalité. En médiateurs de nos régions et acteurs actifs de notre continent, il est devenu essentielle, en réaction naturelle à ces troubles, que nos deux nations se retrouvent et se reconnaissent mutuellement pour ce qu'elles sont. Nous devons ensemble entreprendre ce qui doit être entrepris et montrer que ce continent qui a été bâtis sur la paix et par la paix des peuples continuera à grandir et prospérer de cette manière. Nous devons empêcher les déchets d'ailleurs qui ne partagent pas cette vision de fracturer notre foyer et d'en faire un lieu de belligérance. Monsieur, parmi toutes les choses que nous devons évoquer ici, la coopération défensive et militaire dans la lutte pour la paix me semble la plus importante à évoquer."