25/11/2018
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Faire passer les navires par la terre, c'est cher. [Rencontre Velsno-Aykhanide]

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RENCONTRE VELSNO-AYKHANIDE

Ces mots se répètent sans cesse depuis bien plusieurs années dans la langue de chaque citoyen libre du Kyrkuzaï; “La menace rouge ne fait que grandir.”

On ne parles pas de menace parce que leur idéologie est fondamentalement contraire aux principes des droits de l’Homme et des libertés individuelles. Mais bien parce que leur politique est radicalement hostile envers ces principes et tous les peuples qui les suivent. Ils ne sont pas simplement “des gens différents venant d’ailleurs”, ce n’est absolument pas le sujet d'inquiétude. Ce sont “des gens venant d’ailleurs qui veulent qu’on soit comme eux”. Et cela change tout. Lorsque le Grand Beylicat Aykhanide dit combattre le communisme, il ne combat donc pas des peuples démunis d’armes en tout genre ne demandant rien à personne. Il combat des nations et des groupes armés qui menacent la paix et la stabilité au sein même du territoire national Aykhanide. Cela n’est pas un conflit ordinaire sur une dispute territoriale ou une divergence d’opinion. Mais une mesure de défense et d’offensive contre plusieurs entités menaçant l’intégralité de la population, de ses traditions à ses valeurs, de leur biens personnels jusqu’au bien commun qu’est leur nation. C’est donc tout à fait légitimement que le Sublime Palais se bat contre la Confédération Socialiste. Confédération qui, de manière illégitime, sans raison fondée que sa soif d’expansion vienne militariser des territoires qui ne lui appartiennent pas afin de faire tomber des gouvernements qui contrairement à eux ont été élus démocratiquement par leur peuple. Si jusque-là tout à été mis en œuvre par le Sublime Palais pour régler cette situation pacifiquement, toutes les parties du conflit savent que la guerre sera inévitable pour y mettre fin et pour enfin instaurer la paix. Otukhan se prépare depuis plusieurs mois à une politique de défense contre une déclaration de guerre de la confédération qui peut survenir à tout moment. Il va jusqu’à s’endetter pour remilitariser ses frontières et approvisionner son armée afin de la rendre effective contre la menace de guerre qui approche chaque jour de plus en plus. C’est dans de telles circonstances qu’en ce jour du 20 juin 2018 le Grand Beylicat a invité la République de Velsna suite à un échange au préalable avec le Marquis de Mésolvarde concernant les actions qui surviendront sur le détroit. Grande République et Grand Beylicat se réunissent ainsi aujourd’hui dans le but de sécuriser.


La délégation Velsnienne est reçu a Kibres par une foule de population tenant des drapeaux près de l'aéroport et presque tout au long de la route menant à la forteresse portuaire de Bozdeniz, quartier général de la Marine yözid. La Sénatrice et Maîtresse de l'Arsenal de la Grande République Sofia di Gratis et ses fidèles agents y sont accueillis par le ministre des armées, le Haut Bey du beylicat de Tchorum, Murad Tchorum Bey. Avant d'entrer dans la forteresse, une cérémonie d'accueil est faite par la marine nationale aykhanide dirigée par le Kaptan-I Derya, Grand Amiral des Forces Maritimes Yözid qui vient serrer la main de la Maîtresse de l'Arsenal et du Ministre aykhanide avant de les inviter à entrer dans une salle aménagée pour l'évènement. Alors que tous s'assoient d'un côté de la salle, des loukoums sont offerts à la délégation Velsnienne. Dès lors que tous avaient leur loukoums en main, le ministre se leva pour commencer la séance de rencontre.

"Très chère Maîtresse de l'Arsenal, fidèles agents missionnées de la Grand République de Velsna, vous êtes la bienvenue au sein du quartier général de la Marine Aykhanide. Je vous présente également les deux représentants du Sublime Conseil de la Maison Aykhanide qui vont assister à la réunion au nom de toutes les nations de la Sublime Maison Aykhanide.

Ses excellences le Marquis de Mésolvarde nous à avertis de son indisponibilité et de son indisposition quant à pouvoir venir à notre rencontre, cependant, nous avons eu de sa part la confirmation dont nous avions besoin. Nous ne voulons pas vous faire perdre de votre précieux temps à servir votre peuple, ainsi nous allons directement aborder ce pourquoi nous vous avons invités. Le sujet de cette rencontre porte sur la nécessité de remettre sur la table et éventuellement d'élargir la coopération Aykhanido-Velsnien sur le plan militaire. Vous n'êtes pas sans savoir que la menace rouge ne cesse de s'agrandir au Nord de nos frontières et au sud des vôtres. Le Grand Beylicat Aykhanide fait tout son possible pour maintenir sa politique de Sulh (paix). Cependant, nous nous devons de nous préparer au pire, de nous préparer à la guerre. Nos renseignements nous confirmes qu'une militarisation constante se profile au delà des montagnes du Nord. Que les communistes passent des contrats de défenses, qu'ils engagent des coopérations militaires et des achats de haute importance. Ajouté à cela la militarisation de leurs frontières, cela devient une menace auquel nous ne pouvons plus fermer les yeux. Nous attendons deux grandes choses de cette rencontre ; la confirmation du soutien de Velsna au future sommet que nous allons organiser sur la question de la démilitarisation des industries et des frontières de la Confédération. Et contre la menace d'une attaque, dans une éventuelle guerre, la disposition de Tercera et de son îles aux forces maritimes Aykhanide comme base d'opération, d'approvisionnement et de replie pour nos navires. "

Rencontre Velsna - Aykhanides
Hymne de la Marine Aykhanide joué pendant la cérémonie
Le Sublime Palais



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L'aurore se lève sur Otukhan, et on vit poindre à l'horizon un navire. Un petit navire, léger, civil de toute évidence, sans armes. Bien que le navire arborait le pavillon diplomatique velsnien, ses rambardes étaient faites d'un bois fin provenant de l'île de Saint Marquise, en Aleucie du Nord. sa coque était faite d'un acier qui provenait du grand nord velsnien, ramené, manufacturé et sculpté avec talent dans les chantiers navals de l'Arsenal de la République. Ses cordages étaient faits de matériaux d'Achosie du Nord. Ce navire était donc velsnien, mais fabriqué de par les mondes, dans des contrées qui prises ensemble n'avaient de communes qu'elles avaient un jour appartenu au réseau commercial de la cité sur l'eau. La femme à son bord en revanche, était elle tout à fait velsnienne. Sofia Di Saltis, maîtresse de l'Arsenal, aurait tout à fait pu prendre l'avion, mais il fut décidé en dernier lieu que cette introduction devait se faire ce par quoi cette personne avait brillé au début de sa carrière: par la mer, en tant qu'Amirraglia qu'elle avait été, précisément affectée dans les eaux du Détroit mésolvardien.

La délégation correspondait, dans sa composition, à la représentation classique que l'on pouvait se faire d'une personne de son rang, en tant que membre du Gouvernement communal: une femme menue, dans des atours fins mais dignes, accompagnée d'une petite troupe de gardes wanmiriens, conformément à la réputation de l'armée velsnienne d'intégrer des éléments étrangers et/ou mercenaires dans ses rangs (il est considéré comme une marque de prestige pour une personne du rang de sénateur de posséder sa propre garde de mercenaires étrangers). Aux côtés de cette troupe, un greffier sénatorial suivait la femme partout, prenait constamment note de ce qu'elle disait et de ce qu'elle faisait, jusqu'à décrire dans des croquis les étals de marché de la capitale du Beylicat, jusqu'à décrire les parfums et odeurs qui inondaient ses rues, jusqu'à décrire cette foule qui s'était pressée pour les accueillir. Conformément au protocole diplomatique en vigueur, et sous condition de l'autorisation des autorités locales, les gardes wanmiriens eurent l'autorisation d'effectuer un "jeter de florius": une distribution d'argent à la foule, avant de rejoindre la Forteresse de Bozdeniz sous l'escorte des "turciques", l'appellation commune que les velsniens attribuaient non seulement aux aykhanides, mais à la majorité des pays et gouvernements de la région du Nazum occidental.

Les salutations solennelles adressées au Grand Amiral Derya furent l'occasion pour Di Saltis d'adresser aux aykhanides un premier cadeau: le navire luxueux dans lequel elle était venue, avec sa délégation. A l'heure de la rencontre, d'autres salutations solennelles et courbettes diplomatiques furent de circonstance sur tout le chemin menant aux places assignées au velsniens. Di Saltis prit place, à ses côtés son greffier sénatorial, qui ne lâchait pas ses notes, et les gardes wanmiriens furent poliment congédiés à l'extérieur de la Forteresse, afin de montrer que les velsniens ne venaient pas en missionnaires armés, et que la démonstration de force n'était pas à l'ordre du jour, simplement une démonstration de richesse et de prestige davantage que celle des armes auprès d'un pays estimé comme partenaire jusqu'à présent. Un second cadeau fut adressé, cette fois-ci au Ministre: un coffret à bijoux sculpté par les artisans joaillers de la cité sur l'eau, fait main: une démonstration du savoir faire des "gens de la République".

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Sofia Di Saltis

Murad Bey fut écouté avec attention, et sans jamais qu'il ne fut coupé par quelque commentaire: simplement par le bruit des notes prises par le greffier velsnien, à qui la Maîtresse de l'Arsenal jetait parfois un regard, non sur lui, mais sur ce qu'il écrivait. Au terme du tableau des inquiétudes dressé par Murad Bey, la quarantenaire fit sa réponse en deux temps, non sans prendre un temps de réflexion de quelques instants, assorti de quelque murmure adressé au greffier:

" Excellence Ministre. Tout d'abord, nous tenons à vous remercier de nous accueillir en ce lieu: malgré le resserrement de nos relations, c'est la première fois que l'une de nos délégations est présente dans le Beylicat, aussi, nous tâcherons de rendre cela aussi utile qu'agréable pour nos hôtes. De toute évidence, nous reconnaissons la priorité accordée au militaire dans le cadre de cette rencontre, raison de ma présence ici. Si vous nous permettez, laissez nous donner le point de vue velsnien sur la situation militaire du Nazum occidental avant de vous adresser toute décision.

De toute évidence, la cité velsnienne constate l'existence de deux blocs politiques antagonistes qui se sont formés ces dernières années: le réseau protectoral de la Sublime Porte, constitué de membres dont nous entretenons pour certains partenariats et amitiés. En face duquel se trouve la Confédération Socialiste: un ensemble de républiques socialistes avec lesquels la cité velsnienne n'est pour l'instant pas entrée en contact, mais dont nous avons eu quelques démêlés par le passé avec l'un de ses membres: la République du Morzanov, dont la nouvelle de l'effondrement nous a apporté une joie immense. Du reste, sur les autres plans, Velsna n'entretient guère de rapports antagonistes avec ses autres composantes pour le moment, et nous nous plaçons dans une posture de neutralité prudente.

Partant de là, quel constat notre cité peut faire de la dynamique que le Beylicat observe concernant une éventuelle montée en puissance de la Confédération. Sur ce point, notre constat est plus partagé que le vôtre: certes la Confédération connait pour certains de ses membres une croissance économique, qui s'accompagne d'un renforcement des armées, mais de l'autre, celle-ci connait un certain reflux depuis la disparition de sa République la plus belliqueuse: le Morzanov. A ce titre, nous pensions qu'avec cette disparition, le Beylicat aurait moins de raisons de s'inquiéter de la Confédération: de toute évidence ce n'est pas le cas, si nous suivons votre exposé. Certes, nous avons cru comprendre que la défection des quatre vallées de la Sublime Porte au profit de la Confédération constituait un autre grief que vous entreteniez à l'égard de la Confédération. Voici donc notre tableau, reste à vous présenter la position velsnienne que vous demandez de nous.

Sachez le: nous considérons avec grand respect le Beylicat et son point de vue, de même que nous considérons la CSN avec une grande méfiance, mais si vous le permettez, nous voudrions vous proposer une approche différente du problème, qui serait à notre sens plis pertinente dans la conservation de la paix, de ce que vous appelez "Suhl". Nous serions disposés à fournir au Beylicat et autres autres composantes de la Sublime Maison une assistance militaire, qui comprendrais entre autre un droit de mouillage temporaire aux flottes du Beylicat, en accord avec la cité libre de Tercera, de même que nous serions disposés à mettre à disposition de vos forces notre logistique, nos lignes d'approvisionnement, et même le concours de notre flotte. Mais cette aide ne serait conditionnée que dans le cas d'une attaque effective de la CSN à votre égard. Nous n'avons pas d’intérêt à attaquer de manière préventive un État qui pour le moment, n'a intenté aucune manoeuvre offensive contre nos territoires. En revanche, que la Confédération tente quelque chose contre la Sublime Maison, et nous prendrons votre défense inconditionnelle, quitte à mobiliser une armée et toute l'étendue de nos moyens, car vous êtes un peuple-ami, et traité comme des frères. Cela, c'est acquis pour vous, de même que la collaboration de la puissance mésolvardienne.

En revanche, c'est sur le volet démilitarisation que entretenons des réserves à l'égard de votre plan. Nous ne pensons pas que contraindre une nation à se désarmer ne soit garante de bonnes relations, de stabilité, ou même d'un début d'entente et de cohabitation pacifique entre la Sublime Maison et la Confédération. La seule chose que de telles exigences risquent de provoquer serait un nouveau grief qui conduirait à un durcissement des points de vue, et donc à la guerre. Si une paix doit advenir, elle ne peut être que si vos deux blocs traitent d'égal à égal, et que la CSN ne soit pas réduite à ne devenir qu'une vulgaire marche démilitarisée. Nous sommes donc disposés à faire intervenir un sommet commun visant à nous assurer qu'en cas de guerre, la Sublime Maison en sorte victorieuse dans tous les cas de figure, mais concernant une démilitarisation de la CSN, vous devrez faire cavalier seul. La République n'interviendra pas si vous entendez imposer cette condition par vous-mêmes, mais nous vous déconseillons de procéder ainsi, au risque de provoquer un embrasement de la région toute entière.

Cela, c'est notre point de vue: une assistance inconditionnelle aux aykhanides en cas de guerre défensive subie par le Beylicat, mais un refus catégorique de manœuvres offensives de notre part. CEPENDANT, et c'est notre dernier point: étant donné que la perte de votre influence aux Quatre vallées vous a laissé floué de fait, nous sommes disposés à vous soutenir concernant une demande de réparation adressée à la CSN sur ce sujet spécifique. En échange du changement d'allégeance des Quatre vallées, la CSN pourrait vous accorder réparation, que ce soit par le versement d'un tribut annuel, ou par la cession d'armes, ou bien par des concessions commerciales. Ce n'est encore là une idée que nous vous soumettons, libre à vous de la balayer d'un revers de main. Nonobstant, nous ne régirons pas si votre gouvernement entend effectuer des actions souterraines visant à ramener les Quatre vallées dans votre giron. Dans tous les cas, l'objectif de Velsna sera de nous assurer d'une cohabitation pacifiée entre vos deux blocs, tout en prenant attention que le Beylicat sorte systématiquement en position de force.

En échange de ce soutien, nous n’exigeons rien, en qualité de peuple-frère...sauf une petite faveur que vous pourriez vous accorder vis à vis de l'un de vos tributaires: le Tsarat du Khardaz. En effet, ceux-ci tardent à accepter un contrat d'armement de de vente de 10 000 fusils par an que nous leur avons adressé. Aussi, nous nécessiterions de notre côté votre concours pour les encourager à accepter ce marché."


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Forteresse de Bozdeniz, Kibres - 20 juin 2018

Si le Grand Beylicat est dans un rapprochement plus accéléré les nations du monde ces dernières années, c’est naturellement pour en profiter et créer dans la région plus d’opportunités pour tous. Cela ne sera pas possible dans une région semée de chaos et d’instabilité. Le Sublime Palais le sait très bien, et il compte bien déployer tout ce qui est en son pouvoir, non pas pour obliger la confédération à changer leur idéaux ou leur régime, mais l’empêcher d’influer sur les autres ou de les menacer. En 1876, les beylicats yözids se sont unis pour une chose précise, empêcher l’influence croissante des entités et nations étrangères qui essaient de profiter de leur faiblesse pour les assouvir à leurs désirs. Si l’alliance n’a pas tenue, qu’elle ait résulté en une guerre des beylicats, c’était la preuve que les yözids, en s’alliant, ne cherchaient toujours pas à tourner leurs exigences et leurs avidités sur ce qui ne leur revenait pas de droit, que leur ambition ne dépassait pas ce qui était dans la limite de ce qui était morale et raisonnable. En 1912, la guerre c’est résulté en une victoire du beylicat Aykhanide, le Haut-Bey Sélim s’est alors proclamé Grand Bey, il a décidé, non pas de détruire le patrimoine des autres haut-beylicats et de leurs beylicats, de les assimiler aux coutumes et idéaux aykhanides, mais bien d’unifier le tout pour former une nation Yözid qui saurait se défendre, étendre son économie et partager sa culture sans se soucier que d’autres Etats ne viennent menacer tout ceci. Aujourd’hui, nous avons une confédération d’Etats qui ne sont même pas capables de se stabiliser intérieurement, la preuve étant le Morzanov. Des Etats qui ne se soucient pas de la voie de leur peuple, qui au détriment de remplir leurs fonctions préfèrent mener des politiques hostiles. On a là des Etats qui déclarent la guerre à d’autres pays en prétextant vouloir y installer la paix tout en voulant “simplement y infuser leurs idées”, la Retsvinie est un bon exemple. On a des nations qui se disent prêt à soutenir des groupuscules armés à leur frontières pour faire tomber leurs gouvernements au nom de leur camaraderie. Cela est tout à fait naturel, justifié, légitime que des nations stables et qui ne veulent dans leur frontières que la même paix et stabilité qu’à l’intérieur de celles-ci, se sentent menacées par toutes ces hostilités, ces barbaries, ces sauvageries venant de ce genre d'États.

Au fur et à mesure que la Maîtresse de l’Arsenal Sofia di Saltis parle, les agents du ministère s’agitent. Au fond de la salle, de la porte ouverte, elle pouvait apercevoir des kattüb (greffiers) et des diplomates sortir et revenir dans la chambre avec à chaque fois de nouveaux documents en mains. Derrière les murs, l’on pouvait entendre des murmures qui ne passaient point inaperçus mais dont le contenu ne pourrait pas non plus être entendu. Des feuilles, des dossiers et des bout de papiers ne faisaient que passer dans les mains du Kaptan-I Derya(grade) Vahap(prénom) Karyaeli(nom) Reis(titre sociale) et du ministre, tous deux veillant à seulement les survoler avant de les repasser aux agents. Le Grand Amiral prend la parole cette fois-ci ;

“Honorable Dame Di Saltis, veuillez me pardonner mon importunité à cette discussion, mais je pense qu’il y a certaines choses qui ont été mal comprises dans ce que Murad Bey a fait porté à votre connaissance. Permettez-moi d’abord de vous remercier ici avec sincérité et sans qu’il n’y est de caméras, pour les présents que vous nous avez fait, pour votre fraternité et pour vos paroles franches. Laissez-nous vous rassurer sur une chose, le Grand Beylicat Aykhanide ne compte en aucun cas mener une quelconque action militaire envers la Confédération Socialiste. Ce que nous vous demandons est justement dans la situation ou nous serions attaquées par elle. J’aimerais aussi, sans aucune offense, clarifier quelque chose ; nous ne demandons pas de votre part un soutien matériel dans cette guerre si elle advient. Uniquement, dans le but de préserver notre intégrité territoriale et notre supériorité maritime si nous sommes attaqués, un accès à vos chantiers navals et ports d’approvisionnement afin d’y faire parvenir dès maintenant en prévention à une quelconque attaque une partie de notre matériel. Nous vous assurons que notre but n’est pas de vous faire entrer dans une guerre qui n’est pas la vôtre, et si vous refusiez cet accès militaire nous ne vous en tiendrons point rigueur.

En revanche, votre soutien pendant ce sommet est pour nous crucial. Nous n'exigeons pas de cette confédération de démilitariser leur pays, cela serait absurde et contre-productif pour notre objectif du maintien de la sécurité. Nous ne voulons pas non plus de réparations pour une nation qui préfère corrompre ses fonctions et que nous voulions simplement aider. Tout ce que nous exigeons est une démilitarisation des frontières et une interdiction pour la Confédération d’acheter du matériel naval et aérien à l’étranger, avec bien entendu la possibilité d’acheter du matériel de défense pour leur intégrité territoriale et leur sécurité. Je vous demande, avec tout le respect que je vous dois à vous et l’admiration que j’éprouve envers vos forces maritimes, de comprendre qu’une Confédération d’une si grande envergure, qui même en n’étant pas en moyen de le faire déclare des guerres à des pays qui ne sont même pas proche de leurs frontières, deviendra une menace pour nous tous si nous ne la maintenons pas. L’objectif du Grand Beylicat n’est pas de contraindre la population de ce pays à un chaos permanent, ni de pousser son gouvernement à un changement de régime. Tout ce que nous exigeons est légitime dans la finalité de paix et de sécurité que nous voulons pour notre région. Nous ne souhaitons pas que notre région devienne un champ de bataille international, et c’est ce qui arrivera si nous laissons la Confédération continuer ce chemin belliqueux qu’elle à pris. Avec ces demandes, nous exigeons l’installation d’une organisation régionale pour la paix avec des membres de chaque Etat qui progressivement va être habile à atteindre notre finalité qui est de maintenir la paix. Dès lors que la menace ne sera plus et que la paix pourra être maintenue et assurée, les restrictions temporaires envers la Confédération pourront être diminuées. En échange de ce soutien, le Grand Beylicat s’engage à soutenir la Grande République dans ses entreprises financiers au sein de notre région, de jouer le rôle de garant dans la sécurité commerciale de la région tout autant que vous et de faire tout son possible, grâce à l’organisation à venir, de faire débuter et maintenir les échanges entre toutes les nations du Kyrkuzaï. Tout cela ne sera rien d’autre que bénéfique et profitable pour vous et pour nous tous. Notre position est déjà soutenue par la majeure partie des nations de la région et actuellement mis en accord avec le Jashuria. Nous demandons votre soutien pour que l’embrasement ne puisse avoir lieu, bien que ce ne sera déja pas le cas. Nous avons confiance en nos projets et vous demandons de nous faire confiance. Par ailleurs, et si nous parvenons à un accord, afin d'assurer notre sécurité et le renforcement de notre marine, nous aimerions procéder à l'achat d'un porte-hélicoptère Velsnien.”

Tandis que le Grand Capitaine des mers termine sa dernière phrase, le ministre reprend tout de suite derrière ;

“Quant au pays et nation sœur du Khardaz, comme avec tous nos autres alliés et vassaux, nous avons toujours encouragé la primauté des échanges avec Velsna. Avec la bonne grâce d’Allah, nous continuerons à le faire tant que cela nous est bon. Nul doute que la Grande République a toujours été bonne, nous espérons qu’elle continuera à l’être et que notre coopération va perdurer dans l’histoire future. Si vous nous dites que vous n'êtes en mesure de faire ceci, nous le comprendrons. L'accès militaire nous fera sentir en sécurité provisoirement en espérant que les tensions s'éteignent d'elles mêmes... Même si ne ne croyons pas que l'effondrement du Morzanov n'ait changé quoi que ce soit dans la politique expansionniste et belliqueuse de la Confédération.”

Fonctionnaires aykhanides
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Il y a avait à Bozdeniz l'expression d'une inquiétude, somme toute légitime en certains points selon la délégation velsnienne, mais moins sur d'autres. Il paraissait y avoir une certaine dissonance entre la perception du danger qu'incarnait la Confédération socialiste, entre le point de vue velsnien et celui de la Sublime Maison, dont le greffier sénatorial de son excellence prit note. Di Saltis le sentit, également, et le moment était peut-être à la récapitulation de chacune des demandes et requêtes formulées jusqu'à présent:

" Nous comprenons la portée de ce qui se joue ici, excellence ministre. Comme nous l'avons rappelé, nous sommes prêts à nous engager sur la sécurité de la Sublime Maison sur la majorité des points que nous avons soulevé jusqu’ici. Nous sommes disposés à la signature d'un pacte de défense commun avec chacune des nations sujettes du Beylicat, tout comme nous sommes disposés à un partage de ressources navales et matérielles dans le cas d'une guerre défensive opposant la Sublime Maison à la Confédération. Nous sommes même prêts à acter la vente d'un porte-hélicoptère, un sujet que nous pouvons aborder dés maintenant. Mais il faut bien comprendre que la demande d'installation d'une zone démilitarisée sur le territoire de la CSN est une toute autre affaire, qui demande une mise sous pression de ses membres, ce qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses. Votre demande pourrait s'apparenter à une forme de diktat qui ne ferait que crisper davantage les relations entre vos deux ensembles. A moins que le Khardaz, qui partage votre seule frontière commune avec la Confédération , soit disposé à des mesures similaires de son côté de la frontière, dans le cadre d'un traité plus équitable que ce que vous proposez actuellement, je crains que ces demandes même appuyées par nous mêmes se heurtent à un refus de leur part, et pour une simple raison.

Une telle demande ne pourrait s'appliquer que dans le cas d'une mise dos au mur de la CSN, or il ne faut pas penser que la Confédération ne dispose pas d'alliés à l'international. La confédération est intégrée dans le système d'alliance du Liberalintern, sans en faire formellement partie. Si de telles demandes sont formulées, qui affectent directement la souveraineté de la Confédération, alors le Kah et l'Estalie viendront en renfort de la CSN, et la région deviendra le "champ de bataille international" que vous décrivez. L'application d'une telle demande ne peut se faire sans l'usage de la force ou d'une pression quelconque, qui confinerait à l’humiliation de la CSN: pas idéal pour assurer la pérennité de la paix à notre humble avis. Or, avons nous réellement envie de déclencher tout notre mécanisme d'alliance contre le Kah et ses alliés sur seule base d'un conflit régional, qui pourrait être réglé d'une manière plus simple et plus perenne ? Non. Si notre cité doit participer à un sommet visant à la sécurisation de la région, nous devrions le faire dans un cadre partagé, d'un sommet où seraient réunis vos nations constituantes de la Sublime maison, et les nations membres de la CSN, et en présence d'un arbitrage international.

Nous ne pouvons que soutenir l'émergence d'une organisation régionale à même de régler les conflits entre les différentes nations du nord-Nazum, mais encore faut-il que la Sublime Maison et la Confédération consentent toutes deux à traiter sur un pied d'égalité. Imposer des restrictions à l'un sur seule base de relations au plus bas entre vos deux ensembles n'est une base saine pour l'assurance de la paix. Bref, un tel ultimatum aboutirait à une guerre, qui augmenterait de plus le risque de voir une guerre s'embraser à une plus grande échelle entre notre réseau d’alliance et celui de la CSN. Dans le cadre où nous avons déjà tout fait pour éviter que cela arrive il y a peu en Hotsaline, nous ne tenons pas à ouvrir un nouveau terrain de confrontation avec le Liberalintern, et nous invitons le Beylicat à trouver un terrain d'entente d'une autre nature avec la CSN en vue d'éviter toute escalade. Nous sommes disposés à défendre le Beylicat en cas d'attaque contre sa magnificence, mais cette manoeuvre ci nous paraît trop osée, et bien trop agressive pour être assimilée à de la légitime défense. Du reste, nous honorerons le contrat de défense qui nous lie déjà au Tsarat du Khardaz, et si jamais une puissance tiers s'en prendrait à lui, nous riposterions avec toutes nos capacités. Cela, nous en convenons.

Sur un autre sujet, celui de la mise en commun des ressources navales et aériennes et l'île de Tercera, nous sommes également en accord avec cela, mais bien entendu, nous demanderons que cet accord soit de l'ordre de l'assistance réciproque, et que le Sultanat soit disposé à pareille largesse à notre égard sur le littoral du Sud Nazum, à l'égal de celle que nous sommes disposé à lui offrir. "


La Maîtresse de l'Arsenal ayant terminé son exposé, se tourna vers le greffier sénatorial: "Où en sommes nous ?", ce à quoi ce dernier répondit par un récapitulatif des points d'accord et de désaccord:

*raclement de gorge* "Pour le moment, excellence, nous avons les propositions suivantes:
  • Un pacte de défense mutuel en cas d'une attaque de la Confédération sur les nations de la Sublime Maison, qui provoquerait l'entrée en guerre de la cité velsnienne aux côtés du Beylicat.
  • La mise à disposition réciproque d'installations navales et aériennes dans le cadre d'un programme de défense commune. (contrat à renouveler une fois par an)
  • La vente d'un porte hélicoptère de la Marineria à destination des forces navales aykhanides (conditions à préciser).
  • La limitation de la livraison d'armement accordée à la CSN (à préciser).
Je ne crois pas que nous avons abordé le sujet du porte-hélicoptère, excellence, ni des livraisons d'armes."

Une nouvelle fois, Di Saltis posa à nouveau les yeux sur les notes de son greffier, qui lui les tendit l'espace d'un instant:

"Ah. Oui. Pour ce qui est de votre demande, nous pouvons nous séparer d'un Porte-hélicoptère, modèle mk3. Certes, il n'est pas de dernière génération, mais il est disponible à titre immédiat, et pour un prix que nous jugeons largement inférieur au marché: 6 000 crédits internationaux standard, non pas parce que le matériel serait de mauvaise qualité, mais parce que le chantier d'un nouveau Porte hélicoptère de dernière génération est en cours, et que nous n'avons pas besoin d'un deuxième porte-hélicoptère. Je ne pense pas que vous trouverez moins cher où que ce soit.

Enfin, si nous devions mentionner notre dernier point de négociation qui est le sujet des livraisons d'armes accordées à la CSN. En principe, nous pourrions être en accord avec vous, mais une interdiction complète de livraison d'armement est dans les faits difficile à mettre en pratique. Nous aurions deux solutions au choix: contacter un grand nombre de pays afin de leur faire part de votre projet, ou bien opérer un blocus maritime complet sur les littoraux de la confédération, efficace mais qui pourrait nous mettre certains pays à dos. Vous pourriez aussi vous positionner sur le rachat systématique des cargaisons à destination de la CSN, mais c'est là une alternative très couteuse. Sur ce point, je pense que nous pourrions nous engager à convaincre nos autres partenaires de l'ONC de suspendre les livraisons, mais nous n'avons pas le pouvoir d'obliger tous les pays du monde à faire de même. Nous espérons toutefois que ce geste vous convient. "



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