25/11/2018
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Un appel est en cours... [Khardaz-Jaguar Paltoterran]

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Monsieur Tchëkeli avait composé le numéro du bureau de Monsieur Sebastián De Bosdavàs, le président du Jaguar Paltoterran. Il entendait la sonnerie de son téléphone retentir dans l'entièreté de son bureau et faisait les 400 pas dans ce même bureau. Il s'agissait là d'un appel d'une haute importance, il fallait se mettre d'accord sur les demandes supplémentaires émises par le Jaguar Paltoterran et bien plus encore.
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Dans un bureau au siège social du Jaguar Paltoterran basé à Santialche (Pontarbello).

L'innocent appel retentit dans le siège social de la société paramilitaire, un numéro non répertorié qui franchit plusieurs standards et relais visant à le filtrer, jusqu'à parvenir au bureau d'une des assistantes de direction du maitre des lieux : le Président Directeur Général Sebastián De Bosdavàs. Dans un bureau aux boiseries que beaucoup qualifieraient de raffinées, arborant un mobilier des plus soigneusement choisis, Catalina vit s'allumer le standard où un appel du poste de garde était en cours de transfert. La secrétaire, la plus ancienne du service, demeurait assise derrière le bureau de réception depuis lequel elle manipulait son ordinateur, ses blocs notes et bientôt le combiné doublé d'une musique intarissable. Malgré l'absence du PDG, la posture se voulait droite, aux gestes pesés et mesurés. Son regard se posa rapidement sur l'écran de son standard, avisant le numéro du poste de garde s'affichant.

Secrétariat de la présidence générale (Catalina) : Bonjour Miguel. Que puis-je?

Poste de garde (Miguel) : Bonjour Catalina, j'ai un appel entrant pour le boss. Un oligarque khardazien, depuis le Khardaz. L'appel a été tracé, il nous appelle bien depuis l'endroit où il dit être. Il veut s'entretenir personnellement avec Monsieur De Bosdavàs. Je sais qu'il n'est pas là et avoir dit ne pas vouloir être dérangé sauf exception. Peux-tu prendre le relais?

Secrétariat de la présidence générale (Catalina) : Sois exaucé. Mais rien de plus pour aujourd'hui, après quatorze heures, si je dois transférer l'appel à Monsieur De Bosdavàs il risque d'être injoignable. Transferts moi l'appel, merci.

Sur le combiné de Catalina, aucun nom seulement une suite de chiffres, dont les manipulations dont elle avait le secret lui permirent de découvrir que c'était un contact déjà connu du dirigeant pontarbellois, lorsqu'il installait ses affaires au Khardaz.

Secrétariat de la présidence générale (Catalina) : Bureau de la présidence du Jaguar Paltoterran j'écoute.

Au bout de la ligne, un interlocuteur khardazien comme escompté, permettant à la jeune femme de ne dévoiler aucun sentiment de surprise. Dans son quotidien, l'exception était régulière et les dispositifs intermédiaires que sont le poste de garde ou le secrétariat de Catalina et ses collègues. Ses doigts avaient effleuré les touches mettant parfois en attente l'interlocuteur pour qu'elle puisse entreprendre des recherches complexes. Les rôles étaient établi et Catalina n'intervint pas au-delà, finissant par transférer l'appel au boss des murs, sur son lieu de villégiature dans les Burbujas Verdes où il profitait du soleil dans une villa sécurisée, au nez et à la barbe de ces rares états l'ayant placé sous "mandat d'arrêt international".

Pendant un bref instant, qui put sembler une éternité à un interlocuteur pressé, Catalina scrutait les indicateurs à l'extrémité de son standard, s'assurant par la même occasion d'une certaine stabilité de la ligne, l'absence d'anomalies d'ordre technique qui soient susceptibles d'interférer dans un nouveau transfert d'appel. Ces points désormais sous contrôle, la secrétaire enclencha le transfert d'appel vers le poste du bureau de la présidence générale, ouvrant un canal interne sécurisé et lui même rebasculé vers le téléphone portable de M. De Bosdavàs. Effectivement, il n'y avait personne dans le bureau de la présidence ce jour-là, ni les précédents et possiblement ceux qui suivront. L'information était connue de son secrétariat sans toutefois être consignée, craignant désormais qu'une opération de police dirigée par une organisation ou un service du renseignement étranger, n'attente à la liberté de l'homme d'affaires.

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Sebastián De Bosdavàs : Bah alors Catalina, on trouve le temps trop long?

Secrétariat de la présidence générale (Catalina) : Une éternité serait peu à dire Monsieur De Bosdavàs mais quelqu'un semble le trouve plus long encore, j'ai Monsieur Tchëkeli en ligne pour vous. L'appelant et l'appel ont été confirmés.

Sebastián De Bosdavàs : Olala le Khardaz... Je perds déjà 5 degrés à décrocher... Passez le moi.

La secrétaire Catalina lui "cascada" la ligne rendue prioritaire, entrainant une dernière attente de quelques instants à peine, pour permettre l'établissement d'une liaison satellitaire permettant de connecter deux hommes littéralement situés aux extrémités du monde. L'appel fut transféré et Catalina sembla par la même occasion avoir fait son office.

Sebastián De Bosdavàs : Très cher Akavki, que me vaut l'intarissable privilège de votre appel?
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— Ah, Monsieur De Bosdavàs, il fallait que je vous parle. C'est très important. Voyez vous, nous avons eu quelques problèmes avec votre présence qui nous empêche un développement de nos armées. Nous ne pouvons acheter des armes au Wanmiri pour votre présence. Des armes à des prix imbattables. Et même au delà de ses armes, les relations avec ces pays sont ruinées. De plus, nous disposons maintenant d'une protection militaire, bien supérieure à la vôtre. Alors si je vous appelle, c'est pour discuter d'un retrait du Jaguar Paltoterran.
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Sebastián De Bosdavàs : Akavki, si je vous comprends bien, vous êtes en train de m'appeler parce que vous voulez acheter les daubes wanmiriennes au meilleur prix disponible sur le marché. C'est bien ça? Je ne savais pas que l'industrie navale wanmirienne et plus largement l'industrie de l'armement wanmirienne était en position de force sur les marchés, surtout quand il vous faut positionner bien des navires, soit dit en passant de piètre qualité, pour effaroucher les armées de la CSN.

Je ne suis pas votre conseiller économique ni militaire Akavki, je suis un associé. Un égal. Et l'égal que je suis vous concède bien volontiers qu'une tôle wanmirienne trouée coûtera toujours moins cher qu'un navire de guerre. Néanmoins dans le contexte géopolitique nazumi actuel, je ne pense pas que brader la qualité de vos armements auprès du Wanmiri soit un choix judicieux de long terme quand il vous permettra à peine de présenter autant de navires que vos rivaux régionaux. Quand nous avons convenu de notre arrangement, je ne crois pas qu'une clause relative à la question du Wanmiri ait été stipulée. J'ai rempli ma part du contrat, j'attends raisonnablement de votre gouvernement qu'il tienne la sienne.

Les intérêts de mon organisation pour les affaires que VOUS m'avez proposées sont au stade de l'investissement, investissement à hauteur rappelons-le de trente-mille unités monétaires internationales. Je n'ai vu à ce stade aucune plus-value, ni même aucun retour de ces investissements. Ces investissements ne se feront pas à perte. Pas quand nous avons la possibilité d'interférer dans vos prochaines commandes d'armements alguarenas, pas quand notre retrait du Khardaz peut se solder par un franchissement de la frontière à la faveur d'un autre acteur régional, pas quand nous avons la possibilité de porter un coup critique à cette même armée et économie wanmirienne que vous voulez faire garante de la souveraineté de votre état.

Le retrait du Jaguar Paltoterran n'est pas viable économiquement, s'il est proposé pour racoler les industriels de l'armement wanmirien, il n'apparait pas non plus comme un choix valablement raisonnable, considérant le poids minimisé du Wanmiri dans les réseaux d'approvisionnement d'armements internationaux connus.
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Tchëkeli voyait que son intervention n'avait apparemment pas plu à Monsieur de Bosdavàs. Il est vrai que la violente entrée (en trombe) de sa personne pouvait choquer. Pourtant il fallait que Tchëkeli réveille un coup ce bon vieux président. Lorsqu'il avait répondu à son appel, on pouvait entendre en fond des musiques espagnoles et de l'alcool en train d'être servi dans des verres. De Bosdavàs semblait plus être dans une boite de nuit que dans un bureau. Il est cependant vrai que le départ du Jaguar Paltoterran était une option que le Khardaz avait possiblement envisagée, mais cette piste n'était pas la plus privilégiée par le gouvernement. De plus, au vu de la manière dont le président avait réagi, la piste l'est encore moins. Monsieur Tchëkeli se lança joyeusement, tentant même de glisser un mot d'espagnol qu'il avait appris via son ami José, un bourgeois alcoolique avec quelque problème de colère.

— Enfin du calme, cabron ! Il fallait bien que je trouve un moyen pour que vous puissiez être concentré sur le sujet. En vous appelant, j'ai cru avoir appelé une boite de nuit. En réalité, je vous appelle pour discuter de la dernière missive que vous nous avez envoyée avec un certain nombre de demandes. Commençons par la première, voulez-vous. Vous nous demandez un point d'approvisionnement en drogues dures et douces, dont des drogues de synthèse. Cependant, les seules drogues autorisées au Khardaz sont celles dites comme "naturelles" et qui n'ont subi aucune transformation chimique lourde. Les drogues de synthèse sont illégales au Khardaz.
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Sebastián De Bosdavàs : Akavki, foutue galinha... Si je veux une surprise ou entendre quelque chose d'inspirant, je prends un fortune cookie, je ne décroche pas ce foutu téléphone sur mon temps de plaisance. Drogues dures, drogues douces, drogues naturelles, drogues de synthèse, on parlerait farine d'épeautre ou de blé que ça me ferait le même effet. Je vous parle de business, vous me sortez un manuel de cuisine et le tableau périodique des éléments.

D'ailleurs pourquoi on parle drogue? Suis-je un narcotrafiquant? No no no... YE SOUIS un homme d'affaires cherchant à me faire le fournisseur de plusieurs industriels pharmaceutiques alguarenos et pontarbellois pour alimenter les traitements associés à la prise en charge de la douleur. Yé souis ça moi, le meilleur ami des médecins. Pas un trafiquant de drogues. Si vous me proposez de cultiver des opiacés et non des opioïdes, je leur vendrais des opiacés. Un concessionnaire automobile, un commercial, qu'il vende une premium velsnienne ou un tape-cul mandrarikan il s'en fout.

Mais bon... j'entends ce que vous me dites. Que du "naturel" au Khardaz. Pas de drogues de synthèse. Amen.
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— Parfait ! J'aimerais maintenant abordez avec vous un point que nous jugeons important que nous n'avons pas encore eu le temps de questionner. Le contrat vous donne le droit à une base militaire sur notre sol. Nous aimerions donc connaître les effectifs et équipements présents sur place. Nous vous demandons aussi de prévenir le ministère des Affaires étrangères pour toute modification dans les effectifs et équipements militaires présents.
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Sebastián De Bosdavàs : C'est compliqué. Le Nord-Nazum, c'est pas simple...

Il y a ces tensions à l'extérieur aux frontières avec la CSN où l'on sent que chacun restera chez soi que s'il a plus de raisons à ne pas le faire que le grizzly n'a de poils. Sur le plan intérieur, il y a des tensions en société qui laissent à penser que les troubles générés par la dernière révolution peuvent garder quelques soubresauts. Le paysage politique khardazien est factieux et malgré toute la sympathie et le respect donné au Tsar, force est de constater que mes hommes sur place ont besoin d'appuis solides pouvant présentement manquer à l'appel. N'oublions qu'à côté de ça, mes gars ont des missions et leur déploiement affecte la sécurité générale du dispositif.

C'est pourquoi notre présence sur zone doit s'entendre sur le maintien d'une force opérationnelle d'à minima un millier de mercenaire, de sorte à pouvoir défendre les infrastructures présentes décisionnelles, opérationnelles et économiques sur place, voire même un périmètre défensif élargi à la ville où nos infrastructures seront présentes. Notez que la projection de nos forces, si elle ne saurait être permise depuis des infrastructures portuaires, doit à minima jouir d'un aérodrome.

Si un inventaire devait s'improviser, parlons :
  • de deux mille (2000) à deux mille cinq cents (2500) unités combattantes (indépendantes des équipes supports en charge des maintenances et approvisionnements de sites ou appareils),
  • des équipements et armements d'infanterie dont je vous fais grâce, bien incapable de compter le nombre de roquettes et rangées de balles prévues au dispositif sécuritaire et maintien opérationnel du site,
  • une quarantaine (40) de pièces d'artillerie pour accompagner le dispositif défensif de la zone frontalière dévolue à notre implantation,
  • une cinquantaine (50) de canons automoteur convertible en canons de char, pour selon nos besoins organiser des unités d'artillerie ou de cavalerie blindés dans la défense du territoire (hrp : dans le style de canon automoteur blindés, construits sur un châssis de char et pouvant opérer des tirs directs et indirects au canon : M-1989 Koksan, 2S3 Akatsiya, 2S5 Giatsint-S, ect...),
  • une vingtaine (20) de lance-missiles antiaériens mobiles pour opérer des actions de défense antiaérienne, contre-tirs face à une menace balistique, exercer une menace balistique eux-mêmes en deuxième instance après invasion, par l'exercice d'une menace ultra mobile. Dans ce dernier cas, convenons du stock d'armements balistiques permis sur place,
  • quatre-vingts (80) à cent (100) véhicules de combat, toutes catégories confondues,
  • une trentaine (30) de véhicules tournée vers les transmissions et détection longue portée pour aider au maillage territoire et à la réactivité de nos forces,
  • une centaine (100) d'éléments motorisés non blindés, pour la logistique, la construction et l'appui au sol,
  • deux escadrilles d'hélicoptères de combat (8) et un escadrille d'hélicoptères de transport (4),
  • un (1) avion de détection radar de longue portée,
  • un (1) avion de guerre électronique,
  • deux escadrilles (6) de drones de reconnaissance,
  • deux (2) avions de transport tactiques et deux (2) avions ravitailleurs nécessaires à la conduite d'opérations régionales,
  • une escadrille (4) de chasseurs-bombardiers.

J'espère, si ce n'est vous apporter un contenu exhaustif, à minima un certain panorama du dispositif souhaité pour la sécurité et l'opérationnalité de nos infrastructures khardaziennes...
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