24/06/2018
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La Guerre des Ombres / Vöynÿa n Kÿyerneyta

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La Guerre des Ombres
♠ Vöynÿa n Kÿyerneyta ♠


"Les dés sont lancés. Le conflit débute. C'est le début d'une periode sinistre pour le pays."
"Reks keyäas. Vonönÿa plörë. Nÿ ployöre në yankäsonä fantäķÿyn pön änto."

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[♠] Eÿto Nön, nä alkuperä
Kapöli 1: Vlamystëlä


"Il est possible que nous ayons trouvé une solution à votre problème."

Ces mots résonnaient plus fort que d'habitude cette nuit là, non seulement à cause du silence qui pesait comme pierre lourde dans la salle, mais aussi pour l'impossibilité qu'était celle de l'entendre. Cette nuit là.

Il y a seulement quelques heures. C'était un désastre. L'opération la plus humiliante qui ait jamais vu le jour. mais aujourd'hui, l'espoir frappait à la porte. Une solution, c'est bien ce qu'on leur offrait. Et, peut être aussi, une chance. Une chance d'aboutir à ce qui avait été originellement prévu. Cet engoument bien trouvé pour un retournement de situation, un abus satanique de la confiance qui a été remise en ces mains. Cette confiance, celle qui perdait d'un coup de l'élan, et qui en retrouvait ce soir. Après tout, qui a besoin de confiance lorsqu'on peut forcer son propre passage.

Cette phrase, ou plutôt ce son, effleura les oreilles des représentants. La salle était sombre, l'atmosphère de même. Et leurs expressions ? Impassibles, comme d'habitude. Seule Electre souriait sous son masque, mais cela, on le savait déjà. Les autres attendaient encore les explications. Tous réunis, tous unis, tous les individus les plus dangereux de la nation au même endroit.

Cette réunion n'était certainement pas habituelle. Elle était à vrai dire exceptionelle. On avait déjà perdu espoir. On pensait déjà devoir rendre les armes. On attendait le procès, les barreaux froids et secs de la cellule où leurs vies allait s'arrêter. Le plus stressé d'entre eux à cette idée, c'était certainement Wiff. Toute sa vie, il l'avait passé sous couverture pour cacher sa position à sa femme et son enfant en bas âge, et il frôlait de voir cette structure se décomposer d'une seule frappe. De l'autre coté, Cassandra s'était promise de tuer le plus possible avant d'être arrêtée. Après tout, elle allait déjà devoir faire face à la perpétuité. Et encore et toujours, Electre souriait. Mais nous y reviendrons plus tard, le pourquoi nous choquerait désormais.

L'avenir d'une nation, peut être d'un continent aussi, tenait simplement à cettre phrase. Ce mot. La solution. Quelle solution ? On avait tout essayé. Tout vu. Tout entendu. On avait tué, torturé, menacé, rien n'avait marché. Dans ses opérations journalières, le groupe réussissait sans cesse avec un brio absolu. Et désormais, lorsqu'il fut temps de s'indépendentiser, tout l'espoir et la compétence se diluait dans de l'eau froide. C'était une nouvelle fois humiliant.

L'Escoffier se tenait face à ces titans sans visage, sans expressions, des dents de sabre cachés sous les mains, son projet en tête. Une solution, c'est ce qu'il était venu apporter. Quelquechose qui allait changer la donne. Son niveau de stress était comprehensible. Mais il n'allaît pas flancher devant ses pairs.

"Vous avez ouï juste. Une solution, c'est ce que je vous apporte. Elle était si simple à trouver, je dois dire..."

L'humour ne marchait pas dans ces circonstances, et certainement pas avec ce public. Ils n'étaient pas là pour rire. Pour eux, il était question de survie. Ils n'allaient pas se laisser distraire par des expressions ou tournures de phrase colloquiales. Il le savait très bien. Ainsi, l'Escoffier reprit son discours.

"Vous rappelez vous, par le plus grand des hasards, de la jeune Chloé ?"

Il était facile de se rendre compte que quelques visages s'étaient allumés parmi les agents. Les plus intelligents avaient déjà tout compris de l'idée de leur équipier, mais pour d'autres, ils attendaient encore d'en venir au fait. Après tout, nous n'étions qu'au début du discours.

"Ce que nous avons trouvé, vous le savez, va au delà de tout ce que nous avions pu espérer. Ce n'est plus une culture, c'est un pays entier. Une civilisation qui vit parmi nous, en Antares."

"Viens en au fait."

VNC n'aimait pas les longs discours. Il ne lisait ni ne regardait de films, non que les autres en consommaient de nombreux, mais il n'aimait tout simplement pas le suspense. C'était puéril à ses yeux. Et on le comprennait, surtout dans cette situation. L'Escoffier s'attendait à cette réaction de sa part, il avait justement prévu d'en venir au fait, comme instruit.

"En bref, nous avons analysé nos chances en essayant de fomenter un mouvement à partir de cette facette du pays. C'est possible."

Electre était sur le bord du fou rire. Intérieurement, elle brûlait de joie, d'excitation, de rage, de rire. Mais aux yeux des autres, elle restait solide comme une statue. Et pourtant, même dans le vide de ses deux yeux scintillants sur son masque, on y voyait son humeur. Elle pensait. Pire, elle rêvait.

"Très bien. On se remet au travail."

Comme si rien ne s'était passé, comme si ils n'avaient pas traversé une période de sueurs glaciales, Jack balaya le discours d'un geste de main approbatif, et se leva. Il ne fallait point passer par quatre chemins avec lui, si quelquechose tenait la route, il fallait commencer à y travailler sans superflus verbaux. Les autres membres suivirent ainsi son exemple et se levèrent tous en silence. Tous se dirigeant vers la sortie, tous sauf Electre qui partait vers les toilettes.

"Tu ne travailles pas, Electre ?"

Mauser était surpris par le comportement de sa collègue, d'habitude si excitée par l'idée de terminer une tâche sans attendre. Et le fait qu'elle ne s'absentait quasiment jamais du groupe.

"Cela fait 37 heures. Et où est passée ta courtoisie ?"

Electre arrivait difficilement a prononcer des mots. Elle voulu rire, rire tellement. Mais elle garda tout de même une voix normale pour parler avec Mauser.

"Mes excuses. Il est vrai que la situation est insolite. Prends le temps nécessaire."

Il s'avera ainsi compréhensif, laissant le temps à Electre pour s'introduire dans les sanitaires, fermer la porte a clef et frappa le lavabo avec ses deux mains, en s'appuyant dessus. Elle savait que cette zone était insonorisée. Son fou rire pouvait ainsi se l'ibérer. D'une traite, d'un cri puissant, toute l'énergie, tout le rire qu'elle contennait, toute l'hystérie se déversa d'un coup, telle une régurgitation sinistre. Pendant de longues minutes, elle ne cessa de rire. Rire encore, rire comme une folle, une demeurée. Elle l'était après tout. Alors que son rire s'effaçait lentement, elle empoigna son masque avec une main et le déchira de son visage. Elle respira à grand coups, continua de rire te temps en temps, puis redressa sa tête pour se regarder dans le mirroir. Son visage était celui d'une tueuse, d'une folle. Ses pupilles étaient minuscules, elle souriait hystériquement, son expression faisait peur. Au milieu de deux accès de rire, elle commença a fredonner quelques paroles. Ces paroles qui débutèrent la guerre. Après tant de minutes, et même quelques pleurs de joie, elle frappa ses mains sur le lavabo à nouveau. Cette fois, elle regardait le mirroir de façon déterminée, mais toujours aussi hystérique.

"S...Sy..."

Elle tremblait. Elle jouissait. Les mots n'arrivaient pas à sortir. Elle était à bout de souffle. Et seulement après une longue inspiration, elle essuya enfin un sourire normal. D'une voix déterminée, heureuse et quelque peu tremblante, elle annonça:

"Syvä ëto... Shön ëmnö."
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