15/07/2018
10:12:57
Index du forum Scène Internationale Diplomatie internationale Organisations non gouvernementales Grand Hôpital

Note interne aux Laboratoires Dalyoha : quant à l'utilisation du bioterrorisme contre les intérêts de la Principauté

Note interne aux Laboratoires Dalyoha : quant à l'utilisation du bioterrorisme contre les intérêts de la Principauté. Note n°1.



INTRODUCTION
Document classé secret professionnel de niveau 4.
Ne pas diffuser, ne pas conserver.

Rapport interne sur le bio-terrorisme, son histoire et son utilité.

Les terroristes et leurs organisations, y compris ceux qui sont enclins à utiliser des agents biologiques dans leurs attaques, ne constituent pas un groupe homogène. Ils divergent à plusieurs égards, depuis les motifs qui les poussent à commettre leurs agressions jusqu'à l'ampleur de la couverture médiatique qu'ils espèrent obtenir grâce à leurs actions. En termes de taille et de complexité, ils couvrent également toute la gamme, des extrémistes isolés, appelés « loups solitaires », aux organisations transnationales gigantesques dont les Laboratoires Dalyoha sont le plus célèbre et glorieux exemple, tout comme leurs offensives vont d'attaques ponctuelles organisées à la hâte à des campagnes de violence bien orchestrées et prolongées, voire l'usage militaire d'armement biochimique en temps de guerre.

Dans la suite de ce rapport, cinq grandes catégories de terrorisme sont examinées, avec une attention particulière pour celles qui, selon les experts, sont les plus susceptibles d'utiliser des agents pathogènes microbiens et des toxines biologiques dans leurs offensives. Le domaine moins sensationnel mais néanmoins important de la biocriminalité est également abordé, qui implique là encore l'utilisation d'agents biologiques pour commettre des méfaits, mais dans un cadre plus personnel. L'objectif est de donner un aperçu des types d'organisations et d'individus attirés par la violence biologique, ainsi que de leurs aspirations à utiliser des organismes vivants comme alternative aux armes plus conventionnelles.

Avant-propos sur le terrorisme.

Contrairement aux moralistes, Carnavale ne renonce pas à l’usage du terrorisme comme une stratégie militaire légitime. Notre point de vue portera d’abord et avant tout sur la question de son efficacité contre nos ennemis, et du danger qu’il représente pour la Principauté. A ce jour, notre nation est l’une des rares et des seules à prendre au sérieux la menace biologique pour l’humanité, ainsi que son potentiel. Exception faite du Shuharri et du Drovolski, avec qui la Principauté de Carnavale et la Dalyoha Compagnie ont engagé des rapprochements bienvenue, le reste du monde persiste à ignorer nos avancées pourtant significatives en matière de compréhension et de militarisation du vivant. La menace biologique est l’outil de terreur le plus redoutable et le plus précis dont nous disposons potentiellement à ce jour, car il permet de cibler un patrimoine génétique et donc de s’attaquer à des populations en particulier, en épargnant les autres, sur la base de particularismes biologiques que nous savons utiliser comme clef d’activation des pathogènes mortels.

C'est pendant la révolte des bourgeois de Carnavale que le terme « terrorisme », dérivé de « terreur » a été inventé et utilisé. Précisons d’emblée qu’à cette époque, au XVIIe siècle, il avait une connotation positive : « La terreur n'est rien d'autre qu'une justice prompte, sévère et inflexible », écrit Bertrangleur Folbleuet dans son discours de 1694 face à la tribune des bourgeois révoltés : « Elle est donc une émanation de la vertu. » Folbleuet défendait les actions sanglantes du comité civil révolutionnaire de la Cité noire contre la noblesse et les individus suspectés d’être des agents des Princes de Vale qui assiégeait la ville à ce moment-là. Présentées comme honorables et patriotiques, les actions du comité civil révolutionnaire consistaient à exécuter des dizaines de milliers de citoyens, dont des aristocrates, jugés comme entravant sa prise de pouvoir et, dans certains cas, conspirant pour le renverser. La première victime fut Jeanne-Bâtée, duchesse de Bise, que les dirigeants éphémères de Carnavale envoyèrent à la guillotine.

Depuis cette époque révolue, le terrorisme a pris une définition très différente, celle d'une approche inutilement destructrice du changement social ou politique, adoptée principalement par des acteurs non étatiques. La société le considère également comme profondément déshonorant. En fait, il est presque universellement rejeté, sauf par ceux qui s'y livrent et qui s'efforcent donc de le présenter comme moralement justifiable. C'est peut-être le cas le plus visible pour les extrémistes religieux qui affirment que la violence est non seulement soutenue par leurs systèmes de croyances, mais qu'elle est en fait nécessaire pour faire progresser leurs idéologies. Plus généralement, le terrorisme est vu comme l’arme des minorités violentes et marginales et son utilisation est souvent considérée comme infamante et un signe de faiblesse politique. On retrouve ces signes dans les discours presque unanimement tenus dans les grands médias du monde, où aucune puissance ne revendique ni n’assume l’utilisation du terrorisme, et où les attaques qui ont lieu régulièrement un peu partout sur le globe font toujours l’objet d’une condamnation internationale consensuelle et sans nuances.

Sachons tirer partie de leurs faiblesses et de leur bêtise.


Rapport rédigée à Bourg-Léon
Le 10 juillet 2018

Docteur Noamaury Blanchâtaigne
Haut de page