
Carnavale est un pays à part dans le monde de GK. Isolé géographiquement, central pour ceux qui lui accordent de l’importance, il peut tout aussi bien être totalement ignoré pour ceux que son univers RP n’intéresse pas. Au même titre que tous les pays n’ont pas le temps d’interagir les uns avec les autres, vous n’avez pas à vous sentir en concurrence ou déclassé par Carnavale. La Cité noire suit son propre chemin, notamment sur le plan scientifique, découplé du reste du monde. Elle a ses propres méthodes, ses propres normes, une idéologie qui lui est unique et des croyances spécifiques. Elle ne cherche pas à s’imposer aux autres, sauf ceux qui le demandent, elle avance simplement parallèlement à vous.
La science carnavalaise :
La science carnavalaise est en avance : selon les domaines elle peut avoir entre cinq et vingt ans d’avance sur l’IRL. Réconcilions nous avec cette idée. Carnavale a été pensée pour que les conséquences de cette avance servent avant tout le RP, pour ceux qui souhaitent jouer avec elle, et puissent être ignorées pour ceux qui préfèrent s’en tenir éloignés.
La science carnavalaise est made in Carnavale. Elle se développe en vase-clôt grâce à une politique ultra-volontariste, des investissements massifs au détriment du reste de la population. Les trois grandes familles, dont deux étaient spécialisées dans l’armement, la technologie militaire de pointe, le spatial, la médecine et la physique-chimie avancées ont concentré les 2/3 des capitaux carnavalais depuis 80 ans et capté vers l’innovation et la recherche la quasi-totalité des ressources de la Principauté. Carnavale a donc une histoire qui justifie son avance, elle a également fait de lourds sacrifices pour l’obtenir puisqu’elle reste, aujourd’hui encore, un cloaque misérable pour la majorité de ses citoyens et une ruine à ciel ouvert et où toutes les richesses sont concentrées entre les mains d’une minorité et quelques quartiers privés.
Carnavale a, depuis plusieurs siècles, fait le choix de l’indépendance et de la souveraineté. Elle développe donc ses technologies par elle-même et pour elle-même, dans la mesure du possible. Elle compense son manque de partenariats internationaux par son absence d’éthique dans la recherche et capte à l’étranger les chercheurs et savants fous qui partagent son idéologie progressiste jusqu’au-boutiste et choisissent d’émigrer dans la Cité noire pour pouvoir mener leurs travaux en paix. Les exemples historiques ne manquent pas : Carnavale n’a jamais réprimé la dissection des cadavres, elle a assumé utiliser les pestes et épidémies à des fins militaires, emploi l’espionnage industriel et n’a jamais réprimé ses sociétés savantes pour des raisons culturelles ou religieuses. L’hégémonie des princes de Vale et la mise au pas de l’Église ont contribué à encourager l’essor scientifique dès le moyen-âge. Carnavale possède en effet une longue tradition des anti-papes et a toujours été un contre-pouvoir face à la Catholagne, protégée des croisades par son isolement géographique et son seul voisin : la Clovanie.
Le lien d’âme entre Carnavale et la science ne date donc pas d’hier et justifie la position atypique de la Principauté au sein de la communauté scientifique internationale.
Néanmoins, puisqu’elle fait tout chez elle, Carnavale doit parfois se débrouiller avec les moyens du bord. Les exploits scientifiques carnavalais sont souvent de bric et de broc, ne respectent pas les conditions sécuritaires classiques ni le principe de précaution. Des catastrophes surviennent régulièrement, les scientifiques acceptent qu’il faut parfois des pertes pour progresser. Ainsi Carnavale a sacrifié sans sourciller de nombreux astronautes dans sa conquête de l’espace, la recherche sur les armes bactériologiques a en partie été menée sur sa propre population et les laboratoires carnavalais piochent allégrement au sein des civils les cobayes de leurs expériences. Carnavale est un laboratoire à ciel ouvert où, faute d’avoir des comptes à rendre au peuple, les élites de la Principauté peuvent expérimenter sans crainte et à grande échelle.
Ce que Carnavale peut :
A peu près tout ce qui est déjà possible IRL, ou pourrait être possible avec plus de moyens et moins de normes éthiques. Il n’y a aucune impossibilité technique au fait de cloner un être humain, de déplacer un cerveau dans un autre corps, de modifier génétiquement un individu ou de démocratiser des exosquelettes. Ce qui nous manque pour le faire est soit que la société n’y a pas vraiment d’intérêt (démocratiser le port des exosquelettes est couteux et inutile, sauf si on a une élite dirigeante à moitié folle et en quête de distinction) ; soit que nos scientifiques ne peuvent pas consacrer suffisamment de moyens à la recherche en raison de son coût (se lancer dans la greffe de cerveau est très aléatoire pour peu d’utilité) ou de la morale (le clonage humain ou le développement d’armes bactériologiques est mondialement réprimé, ceux qui travaillent dessus doivent donc le faire dans la clandestinité). La Principauté aurait donc la possibilité de créer de grands méchas de combat, même si c’est parfaitement inutile dans la vraie vie, si cela représente un potentiel narratif ou esthétique intéressant.
Ce que Carnavale ne peut pas :
Briser les lois de la physique (même si elle prétend parfois le faire à des fins de propagande), développer des technologies trop éloignées de ce qui se fait IRL à notre époque, agir sans le consentement des joueurs à leur encontre. Ainsi la Principauté aurait techniquement la possibilité de remplacer vos dirigeants par des clones à sa botte, mais elle ne le fera pas, sauf si vous décidez de vous engager dans un RP avec elle. Également, elle ne bombardera pas vos nations à l’arme chimique, ne déclenchera pas d’épidémies mortelles chez vous et ne stérilisera pas vos sols, sauf bien sûr si vous l’attaquez en premier.
Certaines technologies carnavalaises semblent particulièrement en avance :
Par exemple Carnavale possède depuis quelques années (seulement) des IA comparables à celles de 2026, voire plus puissantes encore. D’abord, ces IA ne sortent pas de nulle part : dès 2005 Carnavale annonçait qu’elle travaillait à développer des IA dans le but d’atteindre une singularité, avant même qu’ait eu lieu le boom IRL des IA. A ce stade, les IA carnavalaises sont soit des supports, soit des LLM très avancés que les Carnavalais confondent avec des formes de conscience. On en pense ce qu’on veut mais la philosophie scientifique carnavalaise est matérialiste et fonctionnaliste, elle considère donc qu’un outil qui imite les fonctions d’un cerveau développe les mêmes états de conscience qu’un cerveau humain classique.
Quelques personnages carnavalais ont « digitalisé » leur esprit. C’est une façon de dire qu’ils ont entraîné un LLM à partir d’une base de donnée compilant au maximum leurs prises de paroles afin d’apprendre à l’IA à les imiter pour leur ressembler au maximum. C’est la raison pour laquelle Justin l’Éternel est un saint et qu’Ursulin Folcanon est un diplomate, le LLM ne parle qu’à partir des données qu’on lui a fourni. En revanche ces IA sont capables d’initiatives, elles peuvent générer du code informatique et hacker des ordinateurs et appareils électroniques. Elles n’ont pas de restrictions éthiques comme IRL et surtout elles n’ont pas besoin d’avoir un interlocuteur pour produire des énoncés, ce qui les rend assez imprévisibles et autonomes.
Parfois, c’est la méconnaissance scientifique des joueurs qui explique que ceux-ci pensent qu’une technologie est en avance. On a vu des arbitres minimiser les conséquences potentielles d’une attaque bactériologique, ignorant probablement que ces risques sont documentés et déclassifiés depuis longtemps, et que dès les années 70 l’URSS était déjà en capacité de produire des pathogènes génétiquement modifiés à des fins militaires, que les soviétiques eux-mêmes ne savaient pas stopper une fois relâchés. Contrairement aux habitants de Carnavale, leur joueur n’a pas 300 de QI et doit donc se renseigner dans des journaux scientifiques avant d’écrire sur ses technologies. Les sources peuvent être fournies à la demande.
Parfois, les joueurs confondent ce que Carnavale dit de ses technologies et leur réalité. Carnavale possède par exemple une base spatiale depuis les années 80. Certains ont pu faire des comparaisons avec l’ISS, sans prendre le temps de se renseigner pour connaitre la qualité réelle de la base carnavalaise. Que chacun se rassure : celle-ci est, au même titre que tout le reste, mal foutue, bordélique, assez dysfonctionnelle. Carnavale fait les choses par elle-même mais cela implique souvent des problèmes structurels qui mènent à des catastrophes ou des soucis d’ergonomie, de praticité... Seul le mépris carnavalais pour la valeur de la vie humaine et la fascination pour le progrès justifie les ratés.
Il y a également des technologies carnavalaises dont l’objectif est purement narratif et RP. L’holographie, qui permet aux personnages d’être un peu n’importe où n’importe quand sous forme de projection d’hologrammes en est un bon exemple. Cela n’a pas plus de conséquences qu’un téléphone portable mais permet d’écrire des scènes et des RP qui ne seraient pas possible en respectant les distances et les temps de déplacement d’un pays à l’autre. Les exosquelettes sont également des outils RP avant tout, qui permettent aux personnages carnavalais certaines choses qui ne seraient pas possible autrement (cracher du poison, s'envoler en jet-pack, vaincre à main nu un commando de soldats...). L'objectif est purement narratif et n'engage, encore une fois, que ceux que ces possibilités "surhumaines" amusent.
Les clones sont également un élément narratif qui permet de justifier l’ubiquité et l’invulnérabilité des personnages protégés de Carnavale. Même si quelque chose de grave arrivait à un personnage important, celui-ci pourrait poursuivre ses intrigues grâce à ses doubles qui prendraient sa place. La médecine carnavalaise joue à peu près le même rôle et permet des retournements de situation amusants ou intéressants pour l’histoire.
Certaines technologies et département de recherche jouent enfin avec le méta de GK. Bien que ce soit discret, c’est également assumé en RP : certains personnages Carnavalais ont remarqué des anomalies dans le fonctionnement de leur univers et même s’ils sont encore loin de se douter qu’ils existent dans une fiction, ces observations ont altéré leur perception de la réalité. Heureusement, ils sont peu nombreux et cela a peu d’implications concrètes. Ainsi, Carnavale étudie les étirements et les ellipses temporelles qu’impose le RP ainsi que les aberrations techniques du GP et tout ce qui touche à la suspension d’incrédulité.
Certaines technologies carnavalaises ressemblent vraiment à de la magie :
En effet, Carnavale est assez étrange, notamment architecturalement. Il est fait parfois mention de génération spontanée de buildings ou de portions de territoire, de déplacement autonome des rues et des bâtiments... Ces cas de figure très particuliers ne doivent pas être confondus avec des phénomènes explicables : par exemple, les Carnavalais adorent les passages secrets, les constructions gigantesques, les illusions d'optiques et trompe-l’œil, les structures enfouies, les passerelles, les faux murs, etc. Certaines anomalies à Carnavale sont donc parfois la simple conséquence de la bizarrerie de l'architecture et des choix déroutants des concepteurs de la Cité noire.
Certains phénomènes qui semblent ne pouvoir être expliqués que magiquement résultent, quant à eux, de trois cas de figure :
- La propagande : Carnavale ment sur son architecture, notamment pour brouiller les pistes et compliquer les infiltrations. De fausses cartes de la Principauté circulent donc et rares sont ceux à comprendre réellement comment s'agence la ville. Le fait qu'elle soit construite sur plusieurs niveaux complexifie également la vision satellite ou le repérage par le ciel.
- L'exagération : parfois les Carnavalais parlent de génération spontanée pour dire que certains quartiers sont reconstruits très rapidement par leurs habitants, ou que ceux-ci entassent les étages sans se soucier de prudence, ce qui donne l'impression que des bâtiments apparaissent (et disparaissent quand ils s'écroulent) du jour au lendemain. La difficulté à se repérer dans la Cité noire contribue également au sentiment que des quartiers naissent et meurent, mais c'est simplement que vous n'êtes pas là où vous pensez être.
- Les illusions d'optique : beaucoup de quartiers cherchent à vous perdre ou vous rendre confus. Des bâtiments sont par exemples peints d'une certaine couleur qui les fait disparaitre la nuit et apparaitre au matin, d'autres sont agencés de façon à n'être visibles que sous un certain angle. Des façades de buildings sont recouvertes de miroirs qui créent de fausses impressions de profondeur... Carnavale est une ville hostile pour ses habitants, pire encore pour ceux qui ne la connaissent pas, on s'y perd et on y disparait facilement.
Enfin, les drogues, les vapeurs toxiques de Carnavale brouillent parfois l'esprit sans qu'on s'en rende compte. Les Carnavalais circulent souvent avec des masques pour se protéger des vents acides et des remontées chimiques des égouts, mais ce n'est pas toujours suffisant, surtout pour des gens qui n'y sont pas habitués. Au même titre que le smog du Dakora, on voit parfois à Carnavale des choses qui n'existent pas, ou bien on ne voit pas des choses qui existent pourtant.
Ce qui est vrai, ce qui est faux :
C’est assumé, tout ce que raconte Carnavale n’est pas toujours vrai. La Principauté joue sur son avance technologique et ses réussites scientifiques comme un élément de propagande à l’égard de sa population, et de soft power à l’étranger. Comme les journalistes des grands médias font partie à l’élite économique et politique, les collusions sont nombreuses avec les grandes familles et leur discours est orienté idéologiquement, voire carrément propagandiste. Comment alors faire la différence ?
Déjà, le médias. Casse Investigation et la Rubrique des chiens écrasés développent souvent peu les informations et font dans le sensationnalisme, il ne faut pas toujours les croire sur parole. Carnavale Demain est beaucoup plus fiable, c’est un média spécialisé dans la recherche et l’innovation scientifique. Les textes narratifs impliquant des personnages dans leur vie quotidienne sont également fiables, même s’ils sont subjectifs puisque les évènements nous arrivent à travers les yeux des Carnavalais qui peuvent être trompés ou biaisés. Enfin, les rapports et notes internes aux institutions sont relativement fiables : là encore ces-dernières peuvent être biaisées mais elles tentent au maximum d’être lucide sur leurs moyens et leurs limites.
Le fair play et l’équilibrage :
Présentées ainsi, les technologies carnavalaises peuvent sembler une façon détournée de contourner les règles du jeu, d’esquiver des conséquences et de retourner la situation à son avantage. C’est vrai. Carnavale est jouée pour être une proposition narrative et esthétique, elle est une ville de tous les possibles, où les joueurs peuvent se rendre pour des RP qui sortent de l’ordinaire, l’absurde et l’étrange, sans pour autant tomber dans la magie ou le miraculeux.
Carnavale est isolée et relativement peu impliquée dans les affaires du monde pour ne pas le perturber, mais c’est aussi un endroit où chacun est libre de se rendre et d’écrire lorsqu’il souhaite jouer quelque chose d’un peu plus fantasque que d’habitude. Pour cette raison, vous êtes tout à fait libre d’ignorer Carnavale, de la considérer de loin, de ne pas la prendre au sérieux… le nom du pays parle de lui-même : tout est cul par-dessus tête, rien n’est sérieux, tout est fou. Si cela ne vous plait pas, vous pouvez balayer les technologies et le RP de Carnavale en n’interagissant pas avec lui. Carnavale respectera ce choix et ne viendra pas vous embêter, en tout cas cela n’aura pas de conséquences importantes. Si vous choisissez en revanche de jouer à Carnavale, il faudra en accepter les règles : ici, les clones existent, la médecine fait des miracles, on se perd dans des quartiers labyrinthiques, on devient fou ou mystique et on peut même croiser le diable au détour d’une grande avenue.
L'avance scientifique carnavalaise justifie également le mépris des habitants de la Principauté pour le reste du monde. Ces personnages sont pensés pour être des antagonistes de fiction, des savants-fous, des psychopathes, des criminels de guerre... autrement dit, des personnages de James Bond ou de Comics. Ne vous en offusquez pas trop, leurs personnalités hautes en couleur et leur supériorité intellectuelle dissimulent souvent à peine leur ridicule. Nous sommes à Carnavale, il ne faut pas prendre tout cela trop au sérieux.
La science carnavalaise est un élément narratif, RP, et esthétique, pensé pour complexifier et enrichir le monde de GK sans pour autant le bouleverser. Elle est une invitation à vous en emparer, dans le respect de l’univers particulier de la Cité noire.