La nuit ou le brasier s’alluma 3/X
Comme l’avait annoncé Nina Korzh, à une heure et dix minutes du matin le talkie-walkie s’alluma et de celui-ci le son d’une voix en sortit, ou plutôt le son de plusieurs voix les unes après les autres, apportant tantôt de bonnes nouvelles, tantôt de mauvaises.
Unité de vie numéro 1 – Ici unité de vie numéro 1 au rapport, situation stabilisée de notre côté, résistance des gardiens neutralisée, 1600 prisonniers libérés, en attente d’instructions officier Korzh.
Unité de vie numéro 2 – Ici unité de vie numéro 2, situation favorable mais pas encore sous contrôle, les gardiens se sont retranchés dans leur salle de repos et tentent tant bien que mal de rentrer, on devrait maîtriser la situation d’ici une dizaine de minutes.
Unité de vie numéro 4 – Ici unité de vie numéro 4 …. situation critique …. avons réussi …. reprendre l’armurerie …. épuisement …. munitions …. envoyez renforts.
Unité de vie numéro 5 – ………….
Nina Korzh – Unité de vie numéro 5 faites votre rapport.
Unité de vie numéro 5 – ………….
Nina Korzh – Putain ils ont dû se faire avoir … merde !!!
En disant cela, Nina Korzh frappa de toutes ses forces sur la table, elle savait que tout ne se déroulerait pas comme prévu, en un sens, elle s’était préparée à ce que des équipes entières se fassent avoir, mais l’imaginer et en avoir la confirmation sont deux choses différentes. Mais dans cette situation, elle ne pouvait rester inactive, elle ne pouvait pas se lamenter sur la situation, Nina était l’officier en charge des opérations dans la section 1, c’était à elle de donner les ordres.
Nina Korzh – Bon ça sert à rien de réfléchir à l’unité de vie 5, s’ils se sont fait avoir on peut plus rien pour eux, dans l’immédiat, le plus important c’est de sécuriser les unités de vie où on est en difficulté.
Leontij Velychko – Tu es sûr ? Si les gars de l’unité de vie 5 se sont fait avoir, les gardiens pourraient avoir accès à nos communications, ce serait peut-être bien de prioriser cette zone.
Nina Korzh – Non parce qu’on a fait en sorte qu’ils fassent entrer la bonne fréquence à chaque fois que tu rallumes le talkie et de toute façon, même s’ils peuvent nous entendre, ils ne peuvent rien faire, on contrôle tous les sas, donc ils ne pourront pas bouger.
Leontij Velychko – Je vois.
Nina Korzh – Bien, 1 vous allez immédiatement à 4, 2 quand vous avez fini vous rejoignez 1, nous on se charge de la 5.
Leontij Velychko – Je croyais que tu avais dit qu’elle n’était pas prioritaire.
Nina Korzh – C’est le cas, la priorité c’est 4, c’est pour ça qu’on envoie 1 et 2 là-bas, mais c’est pas parce qu’ils ne sont pas prioritaires qu’on ne doit pas les considérer, ils sont des nôtres et on n’abandonne personne.
Bien, 1 et 2, quand vous en avez fini avec 4, vous nous rejoignez immédiatement à 5, c’est compris ?
Unité de vie numéro 1, 2 et 4 – Compris !!
De la même manière que les ordres venaient de tomber, le talkie-walkie retomba violemment sur la table ou plutôt Nina le reposa violemment, durant la seconde qui suivit le fracas provoqué par cela, le silence régna, un règne cependant partagé par le grésillement persistant du talkie. Mais même si durant cette seconde aucun mot ne fut échangé, ce silence fut pour les hommes et les femmes présents un signe, le signe qu’une course contre la montre venait de débuter. Ce n’était plus une simple évasion, ils devaient maintenant se dépêcher pour stabiliser la situation, renforcer les positions critiques et au final garantir la prise de contrôle de Bełków.
Nina Korzh – Bon vous m’avez entendus, on laisse 1 et 2 se charger de 4 et nous on va se charger de 5. Comme vous avez pu le constater, 5 ne donne plus de signe de vie, donc on part du principe qu’ils sont soit morts, soit capturés, ce qui veut aussi dire qu’on part du principe que les gardiens ont repris le contrôle de l’armurerie, attendez-vous donc à rencontrer une forte résistance. Des questions ?
À cela, un silence s’installa, un silence faisant office de réponse, l’objectif était compris, les difficultés potentielles également, il ne restait plus qu’à donner le feu vert. Autour de la table, les derniers prisonniers terminaient de s’équiper, finissant de sangler leur gilet pare-balles et de faire le plein de munitions.
Nina Korzh – Tout le monde est prêt ?
XXXX – Oui !!!
Leontij Velychko – On est combien en tout ?
Nina Korzh – On est 32 en tout, toi et moi compris.
Leontij Velychko – Il ne faudrait pas amener tous les rachistes avec nous ? Ça serait plus sûr.
Nina Korzh – Si on amène tout le monde, on ne dépassera pas les 45, si on enlève Yevhen et Lidiya qui gardent l’armurerie ça ferait 11 personnes en plus, mais je préfère qu’elles restent ici à surveiller les autres prisonniers. Si on les laisse sans surveillance ils vont se battre entre eux ou attaquer les gardiens et j’aimerais éviter ça.
Leontij Velychko – Pas faux.
Nina Korzh – Bon allez on y va.
À la prononciation de ces mots, l’ensemble des prisonniers présents se mirent en rang devant Nina et Leontij, maintenant, ils n’étaient plus de simples prisonniers mais de véritables soldats d’un groupe paramilitaire. Sortant de l’unité de vie numéro 3, une émotion particulière émana des prisonniers, non pas car ils sortaient enfin de l’unité de vie, ça ils le faisaient tous les jours pour aller manger, mais parce que c’était la première fois depuis leur arrivée dans cette prison qu’ils en sortaient sans entraves, sans surveillance, sans gardiens pour les frapper à la moindre occasion. Mais au fur et à mesure qu’ils progressaient vers l’unité de vie numéro 5, un autre sentiment prit place, celui d’une prise de conscience, ce qu’ils étaient en train de vivre était loin d’être terminé, bien au contraire, cela ne faisait que commencer. L’éclairage lui ne faisant que renforcer ce sentiment, car celui-ci était alors toujours hors service, les couloirs n’étant plus qu’éclairés par les lampes d’urgence diffusant leur faible lueur et plongeant les couloirs dans une pâle lumière rougeâtre, donnant l’impression que c’était la fin du monde. En un sens, ils n’avaient pas complètement tort, aujourd’hui était la fin d’un monde mais il fallait maintenant savoir si c’était le monde des prisonniers ou le monde boravien qui viendrait à un terme aujourd’hui. Pour savoir cela, il fallait maintenant avancer, avancer pour faire pencher la balance vers la deuxième possibilité, car aucun d’entre eux ne souhaitait ... mourir cela était une évidence mais surtout retourner en prison, car c’était un sort pire que la mort.
Cette réflexion, les prisonniers présents décidèrent sans s’être concertés de la mettre en suspens, car il y avait plus important et qu’il fallait se concentrer sur l’action à venir à mesure que la troupe se rapprochait de son objectif. En tête du peloton se trouvait Nina, fusil à la main, suivie de près par Leontij, alors maintenant frère d’armes, derrière eux, le groupe suivait de près dans une formation compacte. Progressant rapidement, le groupe atteignit l’entrée de l’unité de vie numéro 5 en quelques minutes, mais en s’approchant de la porte un détail inquiétant confirma ce qu’ils pensaient, au sol gisaient 4 corps, deux gardiens, que Nina identifia comme des infiltrés et deux prisonniers tous gisant au sol abattus par balles. À la vue de ces corps, le groupe ralentit immédiatement, se mettant également en position pour défendre la zone en cas d’attaque.
Nina Korzh – Bon c’est confirmé, ils ont repris la main, on s’y attendait, mais ça fait quand même pas plaisir.
Leontij Velychko – On fait quoi ? On force la porte ?
Nina Korzh – Mauvaise idée, ils ont sûrement barricadé l’entrée et les unités de vie sont faites de telle sorte à offrir un long couloir bien droit, idéal pour les défenseurs. Cette prison a vraiment été pensée pour pouvoir résister à n’importe quel assaut venant de l’extérieur.
Leontij Velychko – On fait quoi du coup ?
Durant quelques instants, Nina Korzh se mura dans le silence, observant tantôt les corps, tantôt la porte fermée de l’unité de vie, puis après un certain temps, elle prit la parole.
Nina Korzh – Si on passe par l’entrée principale on va se faire décimer et même si on finit par réussir, j’ai pas envie de voir mourir des dizaines des nôtres. On va la jouer malin, une dizaine d’entre vous vont rester ici et fixer l’ennemi sur cette position, vous n’avancez pas, vous restez planqués derrière la porte, je ne veux pas de pertes inutiles, Leontij, je veux que tu t’en charges. Pendant ce temps, le reste vous me suivez, on va les contourner.
Leontij Velychko – Contourner ? Tu as cru que c’était un village ? On parle de la plus grande prison du monde là.
Nina Korzh – Oui ce n’est pas un village, mais comme toute prison, Bełków dispose de galeries techniques. Chaque unité de vie est reliée à un réseau de maintenance sous-jacent, ventilation, câbles, réseau d’eau, réseau incendie, tout y passe, Bełków est une prison c’est vrai, mais une prison aux dimensions d’une ville.
Leontij Velychko – Comment vous savez tout ça ?
Nina Korzh – Deux ans à faire semblant de protéger cet endroit, ça aide à en découvrir le moindre recoin.
Après cela, ce fut au tour de Leontij de se murer dans le silence, fixant Nina et essayant de savoir si celle-ci bluffait ou était sérieuse quant au passage de maintenance, Nina elle était impassible, arborant le même sérieux que depuis le début. À un moment, Leontij cessa de fixer Nina, son regard glissant vers les quatre cadavres de ses alliés gisant au sol, c’est à ce moment-là qu’il comprit, ils n’avaient pas vraiment le choix, soit ce passage existait, soit ils allaient tous finir comme eux en essayant de rentrer. Ainsi, ce fut avec un soupir que le silence fut brisé, un soupir d’acceptation.
Leontij Velychko – Bon je te fais confiance sur ce coup-là, je reste ici avec une dizaine d’hommes pour garder l’entrée et fixer l’attention des gardiens.
Nina Korzh – C’est ça, je ne veux pas d’action héroïque, vous devez seulement faire croire aux gardiens que l’assaut principal va venir d’ici.
Leontij Velychko – Et si toi et ton groupe vous vous faites avoir dans les galeries ?
Nina Korzh – Alors vous attendez que nos gars de l’unité de vie 1, 2 et 4 rappliquent ici, comme c’est vous qui avez le moins de chances de mourir je te donne mon talkie.
Leontij Velychko – Tu es sûre de toi ? Je veux dire c’est toi la commandante pas moi.
Nina Korzh – Oui, mais comme je te l’ai dit, vous avez plus de chances de survivre que nous, alors c’est mieux que ce soit toi qui gardes notre moyen de communication.
Leontij Velychko – Ça marche, mais va pas faire exprès de crever, je veux que tu reviennes en vie.
Nina Korzh – Si j’étais suicidaire, je ne me serais jamais engagée dans cette opération.
Le plan établi, Leontij choisit rapidement la dizaine de soldats restant avec lui, prenant soin de laisser les meilleurs éléments à Nina pour augmenter ses chances de succès, mais même en faisant cela, on pouvait constater des différences parmi la troupe. Certains, bien qu’équipés correctement, avaient encore l’air de prisonniers déguisés en soldats, d’autres ne laissaient transparaître aucune différence avec de véritables paramilitaires. Viktor Potapenko faisait partie de cette deuxième catégorie, criminel notoire du Nazum du Nord, personne ne sait véritablement de quel pays il vient, mais de ce qu’il avait pu dire, il avait participé à des insurrections et des guerres d’indépendance. Personne ne sait si c’était vrai ou pas, mais il suffisait de le regarder pour comprendre qu’il avait bel et bien baigné dans ce genre de milieu, l’arme tenue correctement, les épaules basses, le regard froid, en somme, il n’avait plus rien à voir avec le prisonnier fatigué fixant le mur en béton de sa cellule. Cette posture, même si c’est chez lui qu’elle était la plus prononcée, il n’était pas le seul à l’avoir, autour de lui, la majorité des membres de l’escouade de Nina affichaient la même. Bełków avait beau être un monstre les ayant enfermés, humiliés, même parfois affamés, elle n’avait pas réussi à effacer ce qu’ils étaient vraiment, ce qu’ils étaient avant la prison.
Marchant un certain temps, la vingtaine d’hommes, Nina en tête, arriva à proximité d’une porte, une porte tout ce qu’il y a de plus normale, à peine éclairée par la lueur rougeâtre des lumières d’urgence, tellement normale que beaucoup seraient passés à côté sans la remarquer.
Nina Korzh – On est arrivé.
Viktor Potapenko – Cette porte ? Vous êtes sûrs ? Comme Leontij vous fait confiance je vous fais confiance, mais on dirait quand même un simple placard à balais.
Nina Korzh – J’en suis certaine.
Viktor Potapenko – Et comment on fait pour l’ouvrir ? Je veux dire, toute la prison est contrôlée via badge de sécurité, code et compagnie.
Nina Korzh – Comme je l’ai dit tout à l’heure, ce système de défense si perfectionné ne répond plus aux gardiens, c’est nous qui avons la main, les accès de toutes les personnes ne faisant pas partie de l’opération ont été révoqués. De plus, n’oubliez pas que ça fait 2 ans qu’on infiltre cette prison et n’oublie pas qu’avant le début de l’opération, j’occupais un poste relativement haut placé.
Se retournant vers Viktor, Nina arbora un large sourire, montrant par la même occasion son badge de sécurité, la seconde d’après, elle le présenta au lecteur de badge. Le lecteur resta muet une fraction de seconde, puis un bip se fit entendre, bip suivi du déclic du verrou de la porte. Maintenant déverrouillée, Nina posa sa main sur la porte et la poussa doucement pour l’ouvrir, laissant apercevoir un court escalier menant aux galeries techniques de l’étage, laissant par la même occasion sortir une odeur d’humidité, de poussière chaude et de métal rouillé. Les galeries techniques étant faites pour la maintenance, elles n’étaient pas pourvues de lumière d’urgence, ainsi, passé quelques dizaines de cm, l’escalier disparut dans la pénombre.
Viktor Potapenko – Ok je retire ce que j’ai dit, c’est bien une galerie technique, par contre on n’y voit que dalle
Nina Korzh – Ces galeries sont utilisées pour la maintenance des réseaux d’eau et d’aération et généralement tu ne le fais pas quand il y a une panne de courant, n’empêche je suis d’accord qu’on n’y voit rien.
Viktor Potapenko – Ça sera pas un problème, on a des lampes tactiques sur nos fusils, ça pourrait même nous avantager en couvrant notre approche sur la fin.
Nina Korzh – Bon allez on y va, gardez vos distances et surtout pas de bruit inutile, dans un endroit clos comme celui-là, le son porte loin, surtout quand les parois c’est du béton qui réfléchit bien.
Viktor Potapenko – Et si on tombe sur des gardes en bas ?
Nina Korzh – On les neutralise fissa et on continue.

Après seulement quelques mètres, le groupe déboucha sur la galerie technique, suffisamment large pour que personne progresse côte à côte mais trop basse pour se tenir debout pour les plus grands. Observant le couloir grâce à la lumière de leurs lampes tactiques, ils purent voir des tuyaux longeant les murs, tantôt froids, tantôt encore tièdes malgré la coupure de courant durant maintenant depuis plusieurs heures. Nina se trouvait en tête accompagnée à sa droite de Viktor, derrière eux, le groupe suivait, silencieux, la troupe marcha un temps avant de se retrouver devant une intersection, levant le poing, le mouvement s’arrêta.
Viktor Potapenko – Et maintenant ? J’espère que tu as mémorisé le chemin, parce que vu la taille de la prison, si on se perd, on ne ressort pas.
Nina Korzh – T’inquiète pas, on prend à gauche puis on prend la troisième échelle, elle nous fait remonter derrière la salle logistique de l’unité de vie numéro 5.
Viktor Potapenko – Mais une fois qu’on est en haut on fait quoi, c’est quoi le plan ?
Nina Korzh – Comme je l’ai dit, on va partir du pire scénario, donc on part du principe qu’ils ont récupéré l’armurerie et que la totalité des nôtres a été neutralisée, donc actuellement, l’attention des gardes doit être concentrée vers l’entrée pour la défendre. De plus, avec Leontij, cela va encore s’accentuer et toute leur attention sera concentrée sur ce unique point.
Au même moment du côté de l’entrée principale où était resté Leontij avec une dizaine d’hommes, l’heure était à la préparation ou plutôt à la fin des préparations, les hommes étaient en place et il ne restait plus qu’à capter l’attention des gardes de l’autre côté de la porte. Tendant l’oreille, l’un des prisonniers entendit vaguement parler les gardes de l’autre côté de la lourde porte blindée, en se concentrant, il entendit des voix, des bruits de pas et même un ordre crié si vite qu’il ne put le comprendre. Quoi qu’il en soit, ils étaient maintenant fixés, les gardiens étaient bien de l’autre côté de la porte, au vu du ton employé, ils étaient nerveux et pire encore, au vu du bruit, ils étaient nombreux.
Leontij Velychko – Ok tout le monde à couvert, je ne veux personne dans l’axe de la porte, ça ne va pas tarder à chauffer.
Prisonnier – Ça y est, on entre ?
Leontij Velychko – Surtout pas, ce n’est pas notre mission, notre objectif c’est de leur faire croire qu’on va rentrer.
Prisonnier – Et comment on fait ça ?
Leontij Velychko – Comme ça, fermez les yeux !!!
Ouvrant violemment la porte, Leontij lança immédiatement une grenade flash en direction des gardiens ou plutôt de leur position présumée, durant une seconde, rien ne se passa, puis de nulle part, le déluge arriva, un déluge de balles tirées par l’interstice créé par l’ouverture de la porte. Mais pour que la diversion fonctionne, il ne fallait pas s’arrêter là, il fallait maintenir l’illusion, ainsi Leontij ordonna à deux de ses hommes positionnés près de la porte de tirer quelques rafales en direction des gardiens tout en restant au maximum à couvert. Le but n’était en rien de tuer les gardiens en face et ils n’avaient pas un stock infini de munitions alors il fallait se rationner et ne tirer que le strict minimum pour maintenir l’illusion que l’assaut principal se déroulait ici.
Leontij Velychko – Nickel, maintenant ils nous regardent et ça doit continuer jusqu’à la fin.
Dans la galerie technique, le groupe de Nina attendait patiemment au niveau de l’échelle, attendant le signal, au bout d’un certain temps, le signal leur parvint bien qu’atténué par les mètres de béton, le son distinct de la fusillade qui venait de prendre place leur parvint. Le feu vert était là, c’était maintenant à eux d’agir, Nina en tête, le groupe commença à remonter par l’échelle, s’arrêtant juste en dessous de la trappe, elle la souleva le plus doucement possible pour faire le moins de bruit. Regardant par l’interstice, elle put apercevoir 2 gardiens, visiblement dans un état de panique se dépêchant d’enfiler leur gilet pare-balles, se retournant vers ses hommes elle commença à parler à voix basse.
Nina Korzh – La diversion semble fonctionner, ils se ruent tous vers l’entrée principale, on attend que les deux que j’ai en visu dégagent et on entre, c’est compris ?
Viktor Potapenko – Compris.
Nina Korzh – Allez c’est parti.
Le dernier gardien parti, Nina ouvrit entièrement la trappe, et de celle-ci, la vingtaine de prisonniers désormais paramilitaires fit son apparition, la vingtaine d’hommes, fusil à la main, était maintenant derrière les lignes ennemies, prête à faire basculer l’issue de la bataille. Mais même s’ils avaient maintenant l’effet de surprise, cela ne voulait pas pour autant dire qu’ils pouvaient agir n’importe comment, il fallait rester groupés et agir intelligemment. Jetant un regard discret par-dessus la porte de la salle, Nina put voir 4 gardiens en armes postés non loin de la salle.
Nina Korzh – Quatre gardiens à gauche, fusils d’assaut et gilets pare-balles présents.
Viktor Potapenko – Mais qu’est-ce qu’ils font ? C’est à droite l’entrée principale, là ils regardent dans la direction des prisonniers.
Nina Korzh – À mon avis, même s’ils ont maté la révolte, ils ont quand même peur que les prisonniers ne profitent de l’attaque de Leontij pour refaire une tentative, du coup ils ont posté des gardiens ici pour éviter de se faire prendre en tenaille.
Viktor Potapenko – Pas de chance, c’est exactement ce qui va leur arriver.
Nina Korzh – Oui, mais ils n’avaient pas prévu que ce soit nous.
Viktor Potapenko – Bon, on fait quoi d’eux ? On les descend ?
Nina Korzh – Non, on va éviter de donner l’alerte aux gardiens de l’entrée trop rapidement. Toi, grenade flash.
À la prononciation de l’ordre de Nina, un prisonnier s’avança et sortit une grenade flash de sa veste, la dégoupilla et attendit le signal, Nina leva alors trois doigts, puis deux, puis un et alors enfin, la grenade fut lancée en direction des gardiens. Se retournant pour ne pas être aveuglés par leur propre action, le groupe de Nina ne vit pas la grenade atterrir aux pieds du groupe de gardiens générant quelques instants plus tard une lumière si puissante qu’elle déchira l’obscurité du couloir aveuglant par la même occasion les gardiens. Profitant de cela Nina sortit au pas de course de la salle, suivie de près par Viktor et des autres prisonniers se ruant en direction des gardiens incapables, se tordant de douleur au sol, les mains sur les yeux. Les quatre gêneurs neutralisés, il ne restait plus qu’à passer à la phase finale du plan, à savoir écraser la poche de résistance de l’entrée, mais avant cela, il fallait s’occuper des quatre gardiens pour s’assurer qu’ils ne compromettent pas la suite de l’opération.
Viktor Potapenko – Certains de vouloir les garder vivants ?
Nina Korzh – Si possible oui.
Viktor Potapenko – Mais pourquoi ? C’est des poids morts, on doit les surveiller, ça fait moins d’hommes pour aller se battre, je ne sais vraiment pas ce que pense ce Kushnir, mais c’est une perte de temps et de ressources.
Nina Korzh – Premièrement, c’est grâce à ce Kushnir que vous êtes libres, car c’est lui qui a rassemblé les ressources et mis sur pied ce plan, deuxièmement, les gardiens vont nous servir actuellement, ils peuvent nous donner des informations. Mais je te rejoins tout de même sur le fait que je pense qu’il serait mieux de les éliminer une fois ce merdier terminé. Quoi qu’il en soit, pour l’instant, on suit le plan, actuellement la priorité ce n’est pas de savoir ce qu’on va faire d’eux, c’est de prendre le contrôle de cette prison alors au boulot.
Viktor Potapenko – Oui madame.
Nina Korzh – Mais avant de se jeter dans la mêlée, j’ai 2/3 questions à poser à nos amis ici présents.
Se retournant vers les gardiens, ceux-ci, même s’ils n’avaient pas encore totalement retrouvé la vue, comprirent immédiatement qu’ils allaient passer un mauvais moment, l’un d’eux se vit saisir brutalement par Nina, lui tirant deux claques au passage pour démarrer la discussion. Passées quelques secondes, Nina parla enfin.
Nina Korzh – Combien ?
Gardiens – Comment ça ?
Nina Korzh – Combien vous êtes bordel ?! Je n’ai pas le temps de jouer, donc si tu tiens à la vie réponds à ma question !
Gardiens – Je … je ne sais pas, tout s’est déroulé rapidement, je n’ai pas pris le temps de compter
Nina Korzh – La prochaine chose que tu diras sera la dernière alors réfléchis bien.
Gardiens – … une quarantaine, on doit être une quarantaine !
Nina Korzh – Eh bien voilà quand tu veux, tu viens de te sauver la vie, ainsi que celle de tes trois camarades, bon vous avez entendu, vous savez à quoi vous attendre.
Nina avait maintenant toutes les cartes en main pour mener à bien sa mission, le gros des gardiens était fixé devant la porte principale grâce à la diversion de Leontij et ils avaient maintenant leur nombre approximatif, ne restait plus qu’à passer à l’action. Regroupant ses hommes, elle se prépara à prendre à revers les gardiens postés à l’entrée, mais avant cela, elle posta 5 de ses hommes à la position des gardiens précédemment neutralisés, ne manquant pas de provoquer l’incompréhension de sa troupe et notamment de Viktor.
Viktor Potapenko – Pourquoi avoir laissé cinq de nos hommes là-bas, déjà qu’on est en infériorité numérique si en plus on se sépare d’une partie de notre effectif, ça réduit nos chances de victoire.
Nina Korzh – J’ai jugé qu’il serait plus sécurisé pour nous de les laisser derrière et de garder la zone.
Viktor Potapenko – Tu les penses pas assez compétents avoue-le.
Nina Korzh – Loin de là, ils sont tout autant compétents que toi ou les autres, si les gardiens ont posté quatre d’entre eux à cet endroit ce n’est pas pour rien, c’est pour garder les prisonniers à distance de la zone de combat pour éviter d’être pris entre deux feux.
Viktor Potapenko – Oui et en quoi ça nous concerne ?
Nina Korzh – Si les prisonniers s’aperçoivent qu’il n’y a plus personne pour les empêcher de passer, ils vont sans doute réessayer de prendre l’armurerie, sauf qu’à ce moment-là, on sera en train d’affronter le gros des gardiens. Comment tu penses que les prisonniers vont réagir, quand ils vont voir une trentaine de personnes en gilet pare-balles, cagoule et fusil d’assaut à la main ? Tu penses qu’ils vont se dire "ah des camarades prisonniers sont venus nous aider" ou "putain il y a d’autres gardiens faut les tabasser" ?
Viktor Potapenko – Maintenant que tu le dis, ce n’est pas faux.
Nina Korzh – Bon trêve de discussion, on a du boulot sur les bras alors concentration.
En effet, du boulot, ils en avaient, à mesure que le groupe de Nina approchait la tension se rapprochait de son point culminant, même si les gardiens étaient actuellement focalisés sur l’entrée principale et qu’ils bénéficieraient de l’effet de surprise, il ne fallait pas les sous-estimer. À l’entrée principale, les hommes de Leontij continuaient d’attirer l’attention des gardes, mais quelque chose avait changé dans la manière d’agir des gardiens, les tirs devenaient plus précis mais surtout moins nombreux, comme si, comme s’ils avaient compris que l’attaque ne viendrait pas vraiment de l’entrée principale. Mais malgré cette prise de conscience ceux-ci n’osaient pas quitter leur position, du moins pour l’instant, mais cela ne saurait tarder.
Leontij Velychko – Chargeur !
Prisonniers – Voilà
Leontij Velychko – Allez les gars, on continue de les occuper, je ne veux pas de héros, je veux des tirs précis, mais restez à couvert, plus que les neutraliser, je ne veux qu’aucun de vous ne passe l’arme à gauche.
Prisonniers – Ils vont finir par comprendre qu’on ne fait qu’attirer leur attention.
Leontij Velychko – À mon avis, ils ont déjà compris, mais ont peur de quitter leur position car on pourrait lancer un assaut. Ça fait combien de temps que Nina est partie ?
Prisonniers – Huit minutes je dirais.
Leontij Velychko – Putain qu’est-ce qu’elle fait bordel ! Niveau munitions on en est où ?
Prisonniers – À ce rythme on a de quoi tenir une quinzaine de minutes.
Leontij Velychko – Ok, si d’ici 5 minutes Nina n’a pas donné de signe de vie, je veux que quatre d’entre vous rejoignent l’unité de vie numéro 3 pour faire le plein de munitions avant de revenir ici, c’est compris ?
Prisonniers – Oui !
Un minuteur venait de prendre place dans l’esprit de l’équipe de Leontij, de même qu’une pensée, celle disant que l’autre équipe avait peut-être échoué et que Nina et son groupe étaient morts, mais comme si un dieu avait écouté la conversation, ce fut à ce moment exact qu’une détonation se fit entendre de derrière la position des gardiens. Cette détonation, c’était celle du premier coup de feu tiré par l’équipe de Nina, détonation suivie presque immédiatement par d’autres. Pour les gardiens, ce fut un choc, un choc si terrible que certains ne comprirent pas immédiatement ce qu’il venait de se passer. Ils avaient compris depuis un moment que la troupe de Leontij n’était là que pour les fixer sur une position et les épuiser, mais ceux-ci pensaient qu’il le faisait pour permettre à des renforts d’arriver et d’enfin lancer un assaut, à aucun moment ceux-ci ne s’étaient préparés à être attaqués dans le dos.
Leontij Velychko – Pile à l’heure, allez c’est le moment on entre, pensez à baisser la tête !!
Aussitôt dit aussitôt fait, à peine l’ordre donné que la dizaine d’hommes dans l’équipe de Leontij entra par la porte, profitant de la désorganisation des gardiens provoquée par l’arrivée de Nina dans leur dos. Cependant, contrairement à ce que pensaient les gardiens, pensant se faire exterminer, les coups de feu s’arrêtèrent le temps d’une seconde, ce blanc, Nina l’occupa en s’adressant directement aux gardiens.
Nina Korzh – Vous êtes encerclés, déposez vos armes et vous serez épargnés, gardez-les et vous serez abattus sans sommation !
À ce moment-là un gardien déposa son arme presque instantanément, un peu comme un mécanisme de survie primaire, mais d’autres n’en firent pas de même, un autre gardien tenta de lever son arme en direction du groupe de Nina, mais fut abattu avant même d’avoir pu la mettre dans son viseur. Cette vision fut un choc pour bon nombre de gardiens qui jetèrent immédiatement leurs armes au sol se recroquevillant sur eux, au total, 12 gardiens déposèrent leurs armes en quelques secondes. 12 peut sembler beaucoup, mais cela voulait également dire que 28 autres avaient toujours envie de se battre et cela se vit rapidement quand l’un d’eux somma aux autres de se retrancher en vitesse dans l’armurerie non loin. Le temps d’entrer, quatre autres gardiens furent abattus, mais le mal était fait, 24 gardiens étaient maintenant retranchés dans l’armurerie résolus à combattre jusqu’au bout ou du moins de ne pas laisser les prisonniers mettre la main sur les armes entreposées. Le silence avait alors fait son retour, n’étant brisé que par le son de meubles étant poussés pour bloquer la porte de l’armurerie de l’intérieur, le sol lui était jonché de sang, de cinq cadavres de gardiens ainsi que d’un grand nombre de douilles ayant été tirées durant la dizaine de minutes qui venait de s’écouler. Nina traversa alors le couloir pour rejoindre Leontij, donnant sur le passage l’ordre à ses hommes de sécuriser les gardiens s’étant rendus.

Leontij Velychko – Tu en as mis du temps pour intervenir.
Nina Korzh – Tu t’inquiétais pour moi ? Que c’est mignon.
Leontij Velychko – Ça va, arrête de dire n’importe quoi, ça m’aurait juste embêté d’avoir envoyé mes meilleurs éléments dans ton équipe si c’était juste pour les envoyer à la mort. Bref, vous avez des pertes de votre côté ?
Nina Korzh – Aucune, l’effet de surprise a bien fonctionné et de votre côté ?
Leontij Velychko – On a un blessé, il a trop voulu faire le héros, du coup il s’est exposé plus que nécessaire et ça, les gardiens ne lui ont pas pardonné, il s’est pris une balle dans l’épaule, elle est en vrac mais il est vivant.
Nina Korzh – Bon tant mieux, tant qu’on n’aura pas à minima pris le contrôle de deux blocs carcéraux, on considère qu’on est en infériorité numérique, donc on doit économiser nos forces au maximum.
Leontij Velychko – C’est ce que je me disais aussi, bon sinon, sur un autre sujet, on fait quoi des gardiens restants ? Ils se sont retranchés dans l’armurerie, ça va être compliqué de les faire sortir sans qu’on ait des pertes de notre côté.
Nina Korzh – J’ai un plan, amenez-moi le plus gradé, j’aurai deux mots à lui dire.
Observant les gardiens qui s’étaient rendus précédemment, un fut rapidement identifié, semblable aux autres mais portant une décoration supplémentaire. Saisi de force, il fut amené devant Nina et Leontij par 2 prisonniers, cette scène fut pour le gardien un véritable choc, car pour lui c’était la réalisation que les rôles venaient de s’inverser, c’était maintenant les prisonniers qui dictaient les règles et non plus les gardiens, du moins dans cette unité de vie.
Nina Korzh – Comment tu t’appelles ?
Gardiens – Va te faire foutre traîtresse.
Nina Korzh – N’allons pas jusque-là, je n’ai jamais vraiment été gardienne de prison, c’était juste… disons une très longue infiltration. Par contre, tu vas me dire qui tu es et tout de suite, sinon on va te refaire la plastique à coups de crosse, c’est clair ?
Gardiens – Je m’appelle Mykyta Yakymchuk.
Nina Korzh – Bien, enchantée Mykyta, tu vas parler à tes petits camarades qui se sont retranchés dans l’armurerie et tu vas leur demander de se rendre.
Mykyta Yakymchuk – Tu peux toujours courir ma jolie.
Nina Korzh – Vous croyez toujours que vous êtes dans une situation où vous pouvez vous permettre de refuser ce qu’on vous demande ? Votre unité de vie est tombée, votre système de communication est mort et vous ne pouvez même plus verrouiller les portes parce que c’est nous qui avons la main dessus. Réfléchissez 2 minutes, vous-même vous avez posté quatre gardiens au niveau du couloir qui mène aux prisonniers parce que vous aviez peur qu’ils refassent une tentative, si aucun prisonnier ne s’est encore manifesté c’est parce que j’ai moi aussi décidé de poster quelques-uns de mes hommes. Mais que se passerait-il si on se retirait et qu’on laissait les prisonniers venir ? Vous tiendrez peut-être 10 minutes, mais vous finirez fatalement par vous faire submerger par la masse de prisonniers. Si vous voulez survivre et sauver la vie de vos camarades, vous allez faire ce que je dis, vous nous êtes plus utiles vivants que morts actuellement.
Mykyta Yakymchuk – Je …
À ce moment-là, alors que la tension était à son comble, un événement imprévu se produisit, le talkie-walkie de Nina, alors en possession de Leontij, s’alluma et de celui-ci, une voix familière en sortit. C’était la voix du commandant en charge de l’unité de vie numéro un avec qui ils avaient discuté il y a maintenant presque 30 minutes.
Unité de vie 1 – Ici unité de vie 1 au rapport, unité de vie 4 sécurisée, l’unité de vie 2 nous a rejoints il y a peu, on converge vers votre position avec 96 hommes parés au combat.
À ce moment-là, en entendant ces mots, un sourire commença à se dessiner sur le visage de Nina, ils avaient gagné, ou du moins cette section était maintenant presque sécurisée, cela voulait dire qu’ils allaient pouvoir commencer le vrai travail, c’est-à-dire faire tomber Bełków dans son ensemble.
Nina Korzh – Vous avez entendu ça Mykyta ? Votre section est tombée et dans moins de 5 minutes cette unité de vie verra près de 100 ex-prisonniers armés jusqu’aux dents débouler. Donc vous avez le choix soit ça se passe bien et vous êtes tous vivants dans les 10 minutes, soit vous êtes tous morts. Quel est votre choix ?
Mykyta Yakymchuk – Vous avez dit qu’on vous était plus utiles vivants que morts, vous pouvez pas nous tuer !
Nina Korzh – C’est vrai, j’ai dit ça, mais utile ne veut pas dire indispensable, c’est mieux si vous êtes vivants, mais si vous êtes morts, ça ne changera pas grand-chose.
Mykyta Yakymchuk – …
Nina Korzh – Alors votre choix Mykyta ?
Mykyta Yakymchuk – Je … je vais le faire.
Nina Korzh – Bien, sage décision.
Avançant à reculons, Mykyta s’approcha de la porte barricadé de l’armurerie, il tenta une première fois de parler, mais aucun son ne sorti de sa bouche, il tenta une deuxième fois mais le résultat fut de même, derrière lui, Nina et Leontij commençait à s’impatienter. Alors, il avala difficilement sa salive fit un pas supplémentaire vers la porte et commença à parler, cette fois-ci pour de bon.
Mykyta Yakymchuk – Les gars ? Vous etes la ? C’est Mykyta, vous m’entendez ?
Gardiens – Mykyta ? Qu’est ce qu’il se passe de l’autre coté, comment ça se fait que tu sois encore en vie ?
Mykyta Yakymchuk – Je … c’est pas le sujet la, je suis désolé, mais on a perdu, rendez vous s’il vous plaît, c’est votre seul chance de survie.
Gardiens – Quoi ?! Mais tu t’entend bordelle, ils ont tué plusieurs de nos camarade et tu veux qu’on se rendent ? Tu est avec eux c’est ça.
Mykyta Yakymchuk – Mais regarde autour de toi putain !!! Oui ils ont tué nos camarades et j’ai pas envie de voir encore plus des miens mourir, j’ai entendu l’une de leur conversation au talkie, l’unité de vie 1 2 et 4 de notre section est tombé, on est la dernière et en se moment même, une centaine d’entre eux sont en chemin pour les assister.
Gardiens – Que l’on soit la dernière ne change rien, on tiendra jusqu’à ce que les secours arrivent.
Mykyta Yakymchuk – Mais il y a pas de secours, il y a plus de courant, on a plus de communication et nos accès ont été révoqué, cette situation, elle se passe pas uniquement dans notre section, c’est tout Bełków qui est dans cette merde !
Durant prêt de cinq seconde, pas un mot ne fut échangé, cinq seconde est un temps court, mais dans cette situation précise, c’était une éternité, la tension été déjà à son maximum alors, qu’il ne se passe rien, c’était tout bonnement insupportable pour les personnes présente, avec en priorité les gardiens et Mykyta. Puis finalement un mot fut prononcé, un mot d’espoir pour Mykyta, mais un espoir de courte durée.
Gardiens 1 – Je vais sortir.
Gardiens 2 – Mais tu est fou ?!
Gardiens 3 – Moi aussi je vais sortir.
A mesure que la discussion progressé dans le temps, de plus en plus de gardiens se positionnaient en faveur de la réditions, mais arrivé à la fin, un refusé encore de se rendre et la situation escalada très rapidement.
Gardiens 2 – Vous avez tous perdu la tête ma parole, vous voulez vraiment vous rendre bande de traîtres ?
Gardiens – On … on a tous une famille qui nous attend … on veut juste survivre, c’est différent.
Gardiens 2 – Et le pays, vous y avez pensé ?
Gardiens – Désolés…
Gardiens 2 – Je me rendrai pas.
Gardiens – Qu’est-ce que tu fais ?!!
À ce moment, de l’autre côté de la porte, Nina, Leontij et leurs hommes attendaient, ils attendaient que la porte s’ouvre, mais c’est alors qu’une détonation fut entendue, une détonation bien connue, celle d’une arme à feu. Immédiatement, les prisonniers pointèrent leur fusil en direction de la porte, prêts à faire feu si nécessaire, cependant, rien ne se passa, la porte resta fermée, c’est alors que Mykyta parla à nouveau.
Mykyta Yakymchuk – Il s’est passé quoi ?!
Gardiens – Putain…
Ce fut le seul mot qui sortit de l’armurerie, peu après, des bruits de meubles commencèrent à se faire entendre, le genre de bruit qui se produit lorsqu’on fait glisser un meuble lourd sur le sol, après quelques minutes, la porte s’entrouvrit mais se referma instantanément.
Gardiens – Mykyta, je veux parler au chef des prisonniers ou du moins à la personne qui les coordonne avant de sortir.
Mykyta Yakymchuk – Tu es sûr ?
Gardiens – Certain.
Mykyta Yakymchuk – Madame, ils veulent vous parler avant de sortir.
Nina Korzh – Soit.
Répondant positivement à la demande des gardiens, Nina s’approcha de la porte, cependant, elle ne resta pas devant, car elle savait que cela pouvait très bien être un piège, demander qu’elle s’approche pour l’éliminer en tant que dernier acte de résistance. Alors, plutôt que de rester devant la porte, elle se positionna à côté d’elle, dos au mur

Nina Korzh – Je suis là, qu’est-ce que vous voulez me dire ?
Gardiens – Même si on a accepté de se rendre, on ne vous fait pas confiance pour autant alors voilà comment ça va se passer, on va sortir un par un, les autres vont rester en retrait, arme à la main, prêts à faire feu, si vous nous la mettez à l’envers.
Nina Korzh – Et si je refuse vos conditions ?
Gardiens – Alors on reste retranchés dans l’armurerie et on vous fait perdre un maximum de temps.
Nina Korzh – Je vois, j’accepte vos conditions, mais j’impose aussi les miennes, si ne serait-ce qu’un seul d’entre vous fait le con, on vous transforme tous en viande hachée à coups de grenade. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?
Gardiens – C’est compris.
Nina Korzh – Alors on a un accord, vous pouvez sortir, de toute façon on vous traitera mieux que vous ne traitiez les prisonniers.
Après cela, le temps s’écoula à nouveau, mais que cela ne fût que quelques secondes, cela parut une éternité, après seulement 3 secondes, 3 petites secondes mais qui semblèrent une éternité, la porte s’ouvrit. Un gardien s’avança, fusil tenu d’une main, canon pointé vers le haut, derrière lui, on pouvait apercevoir le reste des gardiens qui comme annoncé étaient fusil à la main, pointé vers la sortie si Nina ne respectait pas l’accord passé.
Nina Korzh – Bien avance doucement, pas de geste brusque et tout le monde reste en vie.
Le prisonnier hocha la tête en signe d’approbation, continuant d’avancer lentement vers la sortie, une fois la porte dépassée, il se baissa lentement, déposant son fusil sur le sol, continuant d’avancer, il fut pris en charge par deux prisonniers. Ceux-ci le plaquèrent alors contre le mur devant la porte pour le fouiller, bien que cela fût dangereux car dans la ligne de tir, c’était fait ainsi pour montrer aux gardiens qu’ils ne faisaient que fouiller, qu’ils ne les brutaliseraient pas. Le premier gardien sécurisé, Nina prit la parole.
Nina Korzh – Bien, jusque-là, ça se passe bien, continuez comme cela, vous pouvez envoyer le prochain.
Aussitôt dit, aussitôt fait, un deuxième gardien s’avança, puis un troisième, puis un quatrième, entre-temps, comme annoncé, les renforts de l’unité de vie 1, 2 et 4 arrivèrent sur place, minant un peu plus le moral des gardiens, les confortant au passage dans leur choix de se rendre. Puis, le temps du dernier gardien arriva, mais tout ne se passa pas comme prévu, celui-ci s’avança vers la porte, mais plutôt que de baisser son arme, elle resta pointée vers les prisonniers. Presque immédiatement, l’ensemble des prisonniers pointèrent alors leur fusil en direction de l’homme, mais avant que toute action ne soit entreprise, Nina prit la parole.
Nina Korzh – Si tu voulais jouer au con, tu ne pouvais pas faire mieux je dois le reconnaître, baisse ton arme si tu ne veux pas mourir.
Gardiens – Je ne vous fais pas confiance, je garde mon arme tant que je ne suis pas sûr.
Viktor Potapenko – Mauvaise idée, pose ton arme, ça vaut mieux.
Nina fit alors un geste de la main adressé à Viktor, un geste signifiant : je m’en occupe. Elle s’avança alors vers le prisonnier, à la stupéfaction de ses hommes mais aussi des gardiens, arrivant au niveau du gardien récalcitrant, le silence s’imposa. Nina n’était pas quelqu’un qu’on pouvait qualifier d’impressionnante, elle mesurait 1m60 à tout casser et pourtant, elle imposa malgré tout le silence.
Nina Korzh – Comment tu t’appelles ?
Gardiens – Pavlo Panchenko, je m’appelle Pavlo Panchenko
Nina Korzh – Bien, Pavlo, pose ton arme, ça vaut mieux, je ne sais pas si tu as vu, mais depuis que vous avez commencé à sortir de l’armurerie, d’autres prisonniers nous ont rejoints, tous armés, on doit être dans les 120 maintenant. Donc vas-y, tue-moi, et tu es mort dans la seconde, mais ça ne s’arrêtera pas là.
Pavlo Panchenko – Comment ça ?
Nina Korzh – Tu as déjà oublié ? Pourtant je me souviens bien avoir dit clairement que si ne serait-ce qu’un seul d’entre vous fait le con, on transformera les autres en viande hachée à coup de grenade. Donc vas-y, tue-moi, mais sache que ton action condamne tes camarades qui se sont rendus ou alors tu fais ce que je te dis et tu poses ce fusil, quel est ton choix ?
Pavlo Panchenko – Je … je pose mon arme.
Résigné, le dénommé Pavlo posa le plus doucement possible son arme sur le sol et presque immédiatement après, il fut pris en charge par 2 prisonniers, comme pour ses camarades, il fut plaqué contre le mur avant d’être fouillé puis conduit au même endroit où étaient assis ses collègues. Cela fut une libération pour les gardiens s’étant déjà rendus, ils n’allaient pas mourir à cause de la volonté d’un de leurs collègues, mais ce sentiment, d’autres n’eurent pas le même, car loin de là, dans la salle de contrôle, Dimitri, Petro et Larysa observaient la scène, le visage exprimant une émotion de terreur. Personne ne parlait, la salle était silencieuse, puis finalement, le silence fut brisé par Petro.
Petro Vashchenko – C’est fini, on est tous morts, faut qu’on se casse d’ici au plus vite, Dimitri c’est ta faute si on meurt.
Dimitri Moroz – Comment ça ?
Petro Vashchenko – Je vous ai proposé qu’on se barre il y a presque une heure, mais toi, toi, tu as dit que les gardiens ne se laisseraient pas faire et qu’ils arriveraient à reprendre le contrôle et je t’ai cru. Mais maintenant je me dis que j’aurais dû vous abandonner et me casser pour survivre.
Dimitri Moroz – Mais tu t’entends au moins ?! C’est notre taf de veiller sur cette prison, on reste à notre poste jusqu’à la fin.
Petro Vashchenko – Tu as une fille non ? Tu ne veux pas la revoir ? Moi si alors je me casse !
Dimitri Moroz – Oui j’ai une fille, oui je veux la revoir, mais c’est précisément pour ça que je veux rester, pour empêcher cette horde de prisonniers de sortir et de faire du mal. Et de toute façon, tu vas faire quoi ? Nos codes ne marchent plus et il n’y a pas de lumière, tu vas faire 50 mètres avant de te perdre ou rencontrer une porte que tu ne pourras pas ouvrir.
Larysa Huk – Les gars, ça sert à rien de se battre de toute façon, comme l’a dit Dimitri, on est coincés alors autant qu’on serve à quelque chose en faisant perdre un max de temps aux prisonniers vous ne pensez pas ?
Résigné, Petro accepta et ceux-ci se mirent alors à l’œuvre pour fortifier et défendre la salle de commande avec les moyens du bord, pendant que cela avait lieu Nina elle agissait également. C’était peut-être terminé pour cette section, mais pour Bełków ce n’est en réalité que le début, regardant la scène dans son ensemble, Nina se retourna alors vers ses hommes et prit la parole.
Nina Korzh – Vous pensez peut-être que c’est terminé mais loin de là, ce n’est que le début alors ne vous réjouissez pas trop rapidement, nous avons gagné une bataille c’est vrai, nous avons pris le contrôle de cette section, soit, Bełków en compte 96. Ce que nous venons d’accomplir est une victoire, mais une guerre ne se gagne pas avec une seule victoire alors ne perdez pas de vue notre objectif et continuez d’aller de l’avant.
Maintenant que cette section est sécurisée, elle nous servira de base pour étendre nos opérations, notamment en portant secours aux autres sections n’ayant pas encore réussi à sécuriser la leur. Mais avant tout mouvement, nous avons encore des choses à faire ici, l’objectif final n’est peut-être qu’une évasion, mais de par la taille de Bełków, nous devons réfléchir comme pour une guerre. Et dans une guerre, il y a deux choses qui sont plus importantes que tout, l’information et la logistique et je sais de quoi je parle, nous en avons fait les frais en Krésetchnie mes frères et moi. Alors je veux que vous retourniez dans vos unités de vie respectives et que vous me fassiez un rapport sur la quantité de munitions dont on dispose, la quantité d’armes, leurs types etc, etc et faites-moi remonter toute information que vous jugerez utile, je veux un rapport dans quinze minutes.
Son discours terminé, Nina resta immobile et silencieuse un instant, scrutant de droite à gauche les hommes se trouvant devant elle, ce qu’elle voyait, ce n’était plus des prisonniers dont la lueur de la vie ne s’apparentait plus qu’à des braises, non, c’était un brasier maintenant. Ils avaient souffert, Bełków avait essayé de les broyer mais ils avaient tenu bon, s’accrochant à l’espoir improbable qu’un jour ils pourraient lui renvoyer l’ascenseur, mais aussi improbable que ce jour soit, il était arrivé, et c’était aujourd’hui. Sans attendre davantage, la troupe devant Nina commença à se disperser, les prisonniers se rassemblant en rang devant leur chef d’unité, sans grande intervention, les hommes et femmes présents ici venaient de recréer une hiérarchie militaire avec un chef donnant les ordres et des soldats les appliquant. Ce n’étaient plus les prisonniers du début avec des déplacements erratiques non, c’était maintenant une troupe organisée ayant émergé du chaos.
Leontij Velychko – Et on fait quoi maintenant nous ?
Nina Korzh – Toi retourne avec la moitié de tes hommes à l’unité de vie numéro 3, moi je vais rester ici pour sécuriser la zone, les rachites affectés à cette section se sont fait massacrer, mais il y a peut-être des survivants qui ont été parqués avec les prisonniers par les gardes. Quoi qu’il en soit, c’est le bordel actuellement, donc je vais remettre un peu d’ordre.
Leontij Velychko – Ça marche, comme convenu, dans quinze minutes je te fais mon rapport.
Comme annoncé, Leontij et dix de ses hommes quittèrent au pas de course l’unité de vie numéro 5 en direction de la 3. Pendant ce temps, Nina et les soldats restés avec elle s’enfoncèrent dans l’unité et finirent par atteindre la zone carcérale où étaient retenus les prisonniers ou du moins c’était le cas avant, car maintenant, ceux-ci se déplaçaient librement marchant tantôt sur le béton, tantôt dans une flaque de sang d’un des leurs, tantôt sur un cadavre. La scène faisait peur à voir, car ici, ce n’était pas une bataille qui avait été menée, mais un véritable massacre. Quand Nina et ses hommes pénétrèrent dans la zone, les prisonniers les accueillirent avec réticence croyant que des gardiens venaient pour finir le travail, d’on ne sait où, une voix s’éleva suivie quelques secondes plus tard d’une tête.
Prisonniers – Vous venez finir le travail ? Vous savez celui que vous avez commencé en massacrant 200 des nôtres ?
Nina Korzh – Loin de là rassure-toi, nous ne sommes d’ailleurs pas des gardiens
Prisonniers – C’est ça oui, c’est pas ce que votre uniforme laisse penser, qu’est-ce que vous voulez ?
Nina Korzh – Je cherche une certaine Anika Lischke, elle faisait partie des gardiens infiltrés devant prendre le contrôle de cette unité de vie, est-ce qu’elle est morte dans les affrontements ?
Prisonniers – Non, les gardiens ont vu que c’est elle qui dirigeait, du coup ils l’ont épargnée pour lui soutirer des informations, mais elle a quand même pris cher.
Nina Korzh – C’est-à-dire ?
Prisonniers – Une balle dans l’épaule droite, la jambe gauche et une qui lui a arraché l’oreille entre autres.
Nina Korzh – Elle a été soignée ?
Prisonniers – Vous vous doutez bien que dans la situation actuelle, les gardes ne l’ont pas amenée à l’infirmerie, ils nous ont juste demandé de nous occuper d’elle, on a fait ce qu’on a pu avec les moyens du bord, mais ça reste très rudimentaire.
Nina Korzh – Vous avez un médecin parmi les prisonniers pour être aussi confiants dans ce que vous affirmez ?
Prisonniers – Un ancien médecin militaire semble-t-il.
Continuant de marcher guidée par le prisonnier, Nina finit par arriver à un bloc de cellules de l’unité de vie transformé en "hôpital" improvisé, dans l’une d’elles, une femme était allongée, épaule en sang, de même que pour sa jambe et l’oreille manquante, c’était ladite Anika Lischke. En s’approchant, elle qui était jusque-là endormie se réveilla, en ouvrant les yeux, elle vit Nina approcher, elle ne savait qui c’était, comment le pouvait-elle, elle ne l’avait jamais vue, mais elle sut immédiatement qu’elle ne faisait pas partie des gardiens.
Anika Lischke – Officier Kononenko ?
Nina Korzh – Non Korzh, Kononenko a été affecté à la section à côté.
Anika Lischke – Bon j’avais une chance sur deux.
Nina Korzh – Qu’est-ce qu’il s’est passé pour que vous vous fassiez à ce point démolir ?
Anika Lischke – L’un des nôtres a paniqué, on a tenu l’armurerie 5 minutes avant qu’une grenade lacrymo soit déclenchée de l’intérieur, on a dû l’abandonner et voilà le résultat…
Anika s’arrêta un instant, comme si elle devait reprendre son souffle ou lutter contre une douleur, Nina le vit, elle s’approcha alors d’elle et posa sa main sur son épaule.
Nina Korzh – Prends ton temps, c’est toi qui souffres, pas moi.
Anika Lischke – Au début, le plan a parfaitement fonctionné, les gardiens étaient désorganisés, ils étaient complètement perdus, c’était limite drôle à voir. Mais rapidement, l’un des gardiens a pris la situation en main, il avait senti que quelque chose clochait et il a ordonné de reprendre l’armurerie, même si on avait l’armurerie, on était six alors qu’eux, ils étaient plus de quarante avec des pistolets.
Nina Korzh – Combien de nos hommes sont morts ?
Anika Lischke – Deux de confirmés, un qui s’est suicidé, moi et deux qui ont essayé de s’enfuir mais je ne sais pas s’ils ont survécu
Viktor Potapenko – Ça doit être les deux gars qu’on a vus gisant devant l’entrée.
Anika Lischke – Bon bah quatre morts confirmés du coup.
Nina Korzh – D’accord je vois, maintenant Anika, je veux que tu me répondes franchement, est-ce que vous avez parlé ? Est-ce que vous avez donné les codes de nos communications aux gardiens ?
Anika Lischke – Non, le gars qui a survécu avec moi s’est suicidé pour ne pas parler et moi je me suis évanouie à cause de mes blessures, je n’ai repris connaissance que quand vous avez déclenché les hostilités.
Nina Korzh – Bon c’est ça de pris, repose-toi maintenant.
Se relevant, Nina regarda le corps d’Anika, couvert de blessures et de bouts de tissus s’imbibant lentement de sang, même si actuellement elle semblait stable, elle savait que cela ne durerait pas, alors en sortant, elle alla voir ledit médecin. C’était un homme de petite taille autour de 1m65, il faisait pâle figure à côté des autres prisonniers dépassant allègrement presque tous le mètre 75, mais cela ne l’empêchait pas de donner des ordres car en situation de crise des leaders naturels se forment et le médecin, Sergio de son vrai nom, en fait partie. Médecin militaire dans les troupes velsniennes, il avait participé à la campagne en Achosie du Nord lors des troubles le siècle dernier.
Nina Korzh – Combien de temps elle tient comme ça ?
Sergio Valenzano – Quelques heures tout au plus je dirais, mais si j’ai de quoi travailler décemment elle peut survivre.
Nina Korzh – Et pour les autres blessés c’est comment ?
Sergio Valenzano – Pas beau, pas beau du tout, quand ils ont repris le contrôle de l’armurerie, ils n’ont pas fait de distinction, ils ont tiré dans le tas pour ramener l’ordre, ça me rappelle l’Achosie.
Nina Korzh – Bref, vous avez besoin de quoi ?
Sergio Valenzano – Antiseptiques, morphine, matériel de suture… et surtout, le plus important c’est que j’aie un endroit un minimum propre pour travailler, on ne nage pas dans la merde, mais ça reste une prison.
Nina Korzh – Tu peux t’en charger Viktor ?
Viktor Potapenko – Je devrais m’en sortir.
Nina Korzh – Prends quatre hommes avec toi.
Sans attendre plus que ça, Viktor prit quatre soldats avec lui et quitta la zone carcérale, ne restaient maintenant plus que Nina et 14 soldats avec elle scrutant la zone devant elle, elle vit plusieurs centaines de personnes assises la regardant. Les prisonniers n’étaient pas bêtes, c’étaient peut-être des criminels ayant fait de terribles choses, il n’en restait pas moins doués d’intelligence en cela, ils comprenaient dorénavant ce qu’il se passait et savaient également qu’il ne fallait pas faire de vagues, voire même entrer dans les bonnes grâces des rachites, pourquoi ? Parce que même s’ils ne l’avaient pas encore totalement intégré, ils savaient désormais que cette situation n’était plus une simple évasion et que celle-ci pourrait s’étaler dans le temps. Nina s’approcha alors de la troupe de prisonniers et monta sur une caisse laissée là pour compenser sa petite taille, puis alors que tous les regards étaient désormais rivés sur elle, elle croisa les bras dans son dos puis calmement, elle prit la parole.
Nina Korzh – Je sais que vous avez souffert ici, je sais que vous avez envie de vous barrer, mais ça ne va pas être possible, du moins pas pour l’instant, quand Bełków sera tombée vous serez libres, libres de quitter cet endroit, mais tant que cela ne sera pas chose faite, je vous demande de ne pas faire de vagues. Bełków est un monstre, et pour faire tomber un monstre nous avons besoin de calme et de discipline, s’il commence à y avoir des abrutis qui courent dans tous les sens dans les couloirs, ça ne va pas le faire.
Maintenant que c’est dit, levez la main ceux qui ont une expérience de combat militaire.
Immédiatement, des mains commencèrent à se lever, mais Nina ne pouvait pas prendre n’importe qui, il fallait prendre des gens de confiance, qui n’allaient pas leur tirer dans le dos ou les trahir, c’est pour cela qu’elle choisit naturellement des proches d’Anika, faisant partie d’un gang ou juste proches. Mais pendant que Nina faisait son recrutement, le temps lui ne s’arrêta pas de couler et au bout d’un moment, quinze minutes s’étaient écoulées et c’est à ce moment-là que son talkie-walkie s’alluma.
Unité de vie 1 – Ici unité de vie 1, on a une vingtaine de fusils d’assaut en stock, quatre fusils à pompe et une cinquantaine de pistolets, au niveau des munitions on est large, vu la quantité, ça devait être le seul truc correctement financé dans ce pays de merde.
Unité de vie 2 – Ici unité de vie 2, même constat pour les munitions, par contre on a très peu d’armes, il nous reste 2 fusils d’assaut et une dizaine de pistolets, par contre on a pas mal de grenades en tout genre.
Leontij Velychko – Ici unité de vie 3, il nous reste douze fusils et 7 fusils à pompe, par contre on n’a plus de pistolets, pour les munitions, on est large.
Unité de vie 4 – Ici unité de vie 4, vu que les combats se sont étalés dans le temps de notre côté, notre stock de munitions a été pas mal entamé.
Nina Korzh – Je vois, merci du rapport, rien d’autre à signaler ?
Leontij Velychko – Ouais, on peut mobiliser quatre centaines d’hommes supplémentaires rapidement, enfin si on avait les armes pour, avec ce qu’on a, on peut en équiper une centaine tout au plus, faudra prendre le contrôle de l’armurerie principale du bloc.
Nina Korzh – Bien reçu, voici les ordres maintenant, premièrement, les prisonniers que vous pouvez équiper, vous les équipez, on doit gonfler nos effectifs. Deuxièmement, je veux que chaque unité de vie sélectionne une vingtaine de soldats, ces soldats seront envoyés dans le couloir de la section pour rassemblement.
Leontij Velychko – Tu veux prendre d’assaut l’armurerie principale du bloc ?
Nina Korzh – Non, en réalité l’armurerie c’est secondaire, plus que les armes, ce qu’il faut sécuriser c’est les communications, si on empêche définitivement les gardiens de communiquer entre eux alors on aura gagné.
Leontij Velychko – On prend d’assaut la salle de contrôle si je comprends bien.
Nina Korzh – Exactement, dans une guerre, c’est bien de tuer l’ennemi, mais encore faut-il savoir où il est et réussir à se coordonner, une fois qu’on aura pris possession de la salle de contrôle, on pourra remettre le courant dans le bloc.
Des objections ?
Leontij Velychko – Non, juste, tu ne penses pas que ce soit trop 75 soldats ?
Nina Korzh – La salle de contrôle ça doit être l’endroit le plus défendu, donc je prévois large et en plus, faut pas oublier qu’on a un atout.