22/12/2018
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(Crime organisé) Suivi des activités du CRAV (Comité contre le racisme anti-velsnien) pour les joueurs

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Activités du CRAV

Le petit monde des "Hommes d'honneur"


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En 2014, peu après la fin de la guerre civile velsnienne, un évènement en apparence bien plus anodin s'est déroulé aux abors d'une petite station balnéaire teylaise: la création du CRAV: le Comité contre le racisme anti-velsnien. Ce qui paraît être une initiative citoyenne de membres de la diaspora velsnienne à l'étranger revêtait en réalité d'une tout autre importance dans un monde qui ne tenait pas à ce que l'on évoque son existence: le crime organisé. Si la mafia velsnienne, que l'on connait parfois sous le nom de "Société des corragiosi" est connue, ce fut la première fois en 2014 que la majeure partie de ces clans dispersés aux quatre coins du monde, adoptèrent un organe "centralisé", sous les apparences d'une simple association, dont le but était la régulation des litiges internes, et la fin des conflits entre clans qui au XXème siècle avaient fait de nombreuses victimes. Le CRAV était né. Prenant la forme d'une commission où siègent les représentants des cinq plus importantes "familles", le CRAV fait autorité auprès d'une dizaine d'autres clans mineurs.

Les prérogatives de la commission du CRAV sont les suivantes:
  • Droit d'arbitrage de litiges territoriaux et commerciaux.
  • Droit de justice et de sanction (peut aller de l'amende à l'élimination d'un individu).

Ce topic est fait pour permettre aux joueurs de suivre de manière relativement aisée les dynamiques et évolutions de ce petit monde parallèle, et centralise des posts relatifs au CRAV qui la plupart du temps, finissent par se perdre dans les AE d'autres pays. Enjoy.


Liste des membres de la Commission du CRAV



Culture et société: le crime organisé velsnien

Drapeau


[quote=Richard Torino, animateur de l'office de tourisme de Velsna]22 Mai 2013

La société des coraggiosi: la pieuvre velsnienne





La société velsnienne, à toutes les époques, a été caractérisée par plusieurs facteurs : la faiblesse et le manque d’autorité d’un Etat central qui ne veut pas assumer d’en être un, avec le modèle de la cité. En second lieu, le haut degré de stratification sociale des cités velsniennes, qui favorise une certaine violence sociale et politique. Et si ce n’était que cela… quantité d’autres éléments viennent alimenter le phénomène dont nous allons parler aujourd’hui : la préséance du droit coutumier, le concept de justice privée, le sentiment d’appartenance à un système de clientèle et à des cités plutôt qu’à une patrie… Tout ceci se retrouve et vient se condenser pour nourrir ce que les velsniens appellent « les coraggiosi » : le crime organisé.


Origines :

A la base de tout, et en vertu de notre introduction, cette situation de faiblesse d’autorité chronique des institutions a depuis la fin de la période médiévale été à l’origine du brigandage et du banditisme de grand chemin. La première mention de ces criminels, les coraggiosi (dont le mot peut être traduit par « Brave »), peut être retracée au XVIIème siècle. La politique velsnienne de l’époque moderne nécessitait l’emploi par les riches sénateurs de jeunes gens, qui pouvaient former de véritables bandes armées destinées à enlever des opposants politiques contre rançon, ou pour exercer des pressions sur leurs familles. Outre cette activité, ces derniers survivaient grâce au rackett de commerces, qui finalement s’est avérée avec le temps devenir une source de revenus plus stable que le kidnapping. Cependant, on ne peut pas véritablement parler jusqu’au XIXème siècle de crime organisé, mais davantage de phénomène « proto-coraggioso ».

Le facteur déterminant du passage d’un simple phénomène de criminalité à une véritable société organisée intervient lors de la Révolution industrielle. En effet, cette période est marquée par une volonté de la Grande République de se revêtir par un certain nombre d’aspect, des compétences d’un véritable Etat moderne et centralisé. Face à la perte de pouvoir politique (toute relative) de leurs cités libres, certains citoyens, contestèrent de plus en plus ouvertement cette confiscation du monopole de la violence légitime par Velsna. Cette privation de leur pouvoir de justice privée poussa les propriétaires terriens à engager des coraggiosi en plus grand nombre, lesquels commencèrent à former des sociétés beaucoup plus organisées et hiérarchisées que les phénomènes qui les précédèrent. C’est ainsi que naissent, sous la houlette de ces propriétaires qui deviendront les premiers grands barons criminels, la « société des coraggiosi ».

La faiblesse de l’Etat central a favorisé la substitution de cette autorité, malgré tous les efforts déployés, par la loi des coraggiosi, arpentant les campagnes et constituant des réseaux de fidélité, organisant la « protections » des autres propriétaires par extorsion. Progressivement, les coraggiosi vont dans certaines régions, en particulier les plus reculées de la République, constituer un véritable Etat parallèle en infiltrant les administrations, en usant de la corruption des sénats locaux, avec une organisation territoriale et une organisation interne digne d’une entreprise. Le vol de bétail et l’extorsion sont encore les deux principales sources de revenu de ces criminels, mais cela ne va pas durer longtemps avant que la mondialisation fasse son office…

C’est à cette époque que l’on suppose que la société des coraggiosi adopte son organisation interne définitive. La société se structure de manière très hiérarchisée avec à son sommet une commission, appelée « Il Senato », comme une manière de rappeler la volonté de légitimation du pouvoir. Elle est composée de chefs des Commissions locales. Une commission locale est à son tour composée de chefs de secteur, les capo. Lesquels sont dirigés par plusieurs familles (des gens) avec à sa tête un chef de secteur.


Diversification et développement du réseau à l’échelle mondiale (XXème siècle à aujourd’hui):

Le XXème siècle correspond avec une véritable explosion du phénomène des corragiosi, tant sur le plan numérique, géographique et économique. En effet, à la faveur des mouvements migratoires sortant, à destination des pays voisins de Velsna, ou d’Aleucie pour les plus aventureux, les corragiosi se développent dans le sillage de la diaspora velsnienne installée à l’étranger. Il s’agit d’un grand vivier de recrutement, souvent pauvre et porteur d’importants marqueurs identitaires dans leurs pays d’adoption. L’intégration de ces populations à l’étranger facilite la prise de contacts et la conquête de nouveaux marchés pour les corragiosi restés au pays.

Cette emprise territoriale dépassant le simple cadre national permet dans les années 1920, de diversifier grandement les sources de revenus des corragiosi. Rapidement, le traditionnel racket, vol de bétail ou protection rapprochée laissent place au trafic d’alcool dans les pays où cette denrée subit des restrictions importantes. En Zélandia et à Teyla, les corragiosi ayant élu domicile dans ces états découvrent très rapidement le degré de rentabilité supérieur que peut revêtir la prostitution et le trafic d’opium. Mais la plus grande transformation de cette période concerne le trafic de cocaïne à partir des années 1950, qui permet un développement mondial des sociétés de corragiosi. Depuis la Zélandia, qui devint une plaque tournante du trafic mondial, les velsniens innondent le marché eurysien avec des importations paltoterranes, fruit d’une collaboration de plus en plus étroite avec des acteurs criminels étrangers, à l’image de la mafia youslève.

En parallèle à cette activité, il faut noter à partir de cette période un grand nombre d’investissements permettant un blanchiment d’argent important dans les secteurs de la construction, de l’immobilier, de l’hôtellerie ou des jeux légaux. Les corragiosi se dotent ainsi d’une façade légale qui leur évite les pertes financières consécutives à la surveillance policière de plus en plus contraignante relative au trafic de cocaïne en Euurysie.
En 2013, il est difficile d’estimer avec précision le nombre exact de corragiosi ni le chiffre d’affaires total relatif à l’activité de cette mafia. Toutefois, des déductions estiment des gains de l’ordre de 20 milliards de florius par an, ce qui représenterait plus de 5% du PIB velsnien. Le nombre de membres confirmés est également de l’ordre de la spéculation tant ce type d’organisation peut être volatil, mais 30 000 individus ayant au moins des liens avec les corragiosi constituerait une estimation raisonnable.



Rîtes et traditions :


La société corragiosi est fondamentalement conservatrice et liée à un certain nombre de pratiques remontant pour certaines à l’époque moderne, voire avant.
Il est ainsi commun que l’admission au sein de la société se fait uniquement après que la recrue a commis un acte illégal, comme un homicide.
La société à la réputation d’effectuer ses besognes de manière discrète afin de ne pas éveiller l’attention des autorités. Cela induit un certain renfermement au niveau du recrutement. Pour en devenir membre, il faut être né d’une famille velsnienne ayant de préférence eu des liens préétablis avec la société. Les enfants des corragiosi sont appelés dès leur naissance, « Jeune d’honneur ». Par un rituel initiatique où le chef de clan coupe les ongles du nouveau-né, on place une clé et un poignard de chaque côté de l’enfant. S’il touche le couteau en premier, cela signifie qu’il sera un corragioso. En revanche si l’enfant touche la clé, il deviendra un magistrat, ou un homme politique corrompu. Le couteau est placé de préférence plus près que la clé. Tout au long de son enfance, le futur membre sera testé dans son caractère et par des sous-entendus destinés à le jauger.

Le rituel d’initiation d’entrée dans la société est peu clair au vu du manque de témoignages, mais il peut varier selon les clans. Ce dernier a de préférence lieu dans le foyer du plus vieux membre du clan. L’index de l’initié est piqué afin de lui faire verser une goutte de sang sur une image de San Stefano, patron protecteur de Velsna. L'image est placée dans la main de l'initié et liée par le feu. Le futur membre se doit de résister à la douleur du feu jusqu'à ce que l'image soit consommée par le feu.

Les membres obéissent à une loi du silence, laquelle se traduit par la parole mais aussi par l’écrit. En effet, il est strictement interdit de laisser une trace écrite des activités de l’organisation. La compromission de cette règle entraîne la plupart du temps la condamnation à mort.


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Crime organisé: La réunion de la Comission





Teyla. Qu'est-ce qu'on allait bien faire à Teyla, c'est bien moi qui vous le dit. Je me souviens de ce jour là, où le vieux Sal Alvarino, notre boss, nous a tendu des billets de ferry pour se rendre quelques jours plus tard de l'autre côté de la baie, dans la petite ville portuaire de Sainte-de-Tour. Pour y faire quoi ? Même en étant l'un de ses soldato, il avait refusé de me le dire. Tout ce qu'on nous demandait était de nous taire, de veiller à la sécurité de Sal comme son ombre, et de la boucler sur tout ce qui allait se passer là-bas. D'ordinaire, le genre de boulot qui débute comme ça, je sais comment ils vont finir...mais cela m'étonnait tout de même que l'on m'envoie enterrer des cadavres en territoire teylais, où les flics étaient pas dans notre poche alors que je pouvais le faire plus facilement au pays. Mais rapidement, j'ai compris que ce job là n'avait rien d'ordinaire. Déjà, on m'a demandé de me mettre dans mes plus beaux atours: je devais me faire plus beau qu'au mariage de ma frangine, ordre express du patron. C'est pas ordinaire comme instructions ça... Alors j'ai vite fait le raisonnement: de la représentation dans un endroit cossu, et avec des gens beaucoup plus importants que moi. Pas manqué, parce que sans le savoir, j'ai sans doute assister à l'un des évènements les plus importants de l'Histoire de la mafia des corragiosi velsniens, quelque chose qui ne se reproduirait plus avant des décennies.

A Sainte-la-Dune, ce n'était pas seulement notre bande, avec le vieux Sal à notre tête qui s'est réunie, mais il y avait convoqué de manière exceptionnelle les plus grandes pointures du milieu, amis comme ennemis, dans un hôtel-casino flambant neuf qu'il avait entièrement fait privatisé, sous un prête nom bien entendu. Les don s'étaient réservés une salle de conférence, une vingtaine de marioles réunis autour d'une jolie table: d'ordinaire on avait plus l'habitude de se tirer dessus dans les ruelles de Velsna. Les corragiosi, c'est un petit milieu, et tout le monde se connait. La partie la plus pénible de mon travail consistait à rester poli et respectueux avec des don qui jusque là avaient été en guerre avec notre clan.

Ces noms là, on les croisait tellement que je les retenait comme si ils étaient de ma famille, surnoms inclus: Il y avait Antonio Stamos, dit "le gros lard" et Franckie "beau" Carbone, qui étaient à la tête de la bande de corragiosi d'Achosie du Nord, ensuite, en face de lui mon, boss Sal Alvarino et moi, on s'était assis en plus milieu, parce que mon vieux don à sa fierté et qu'il pense être plus puissant que tous les autres, et notre territoire comprenait une partie de la capitale. A côté on retrouvait Freddo "le fortunéen", qui dominait les affaires en Leucytalée, et parce que son accent laissait paraître à des kilomètres l'endroit d'où il venait. Il était accompagné se don homme de main, Salvatore, dit "la bête", un type comme rarement j'en ai vu des aussi grands et avec des mains aussi larges. Et en bout de table on avait les corragiosi qui s'étaient installés à Sylva, avec Francese Spoletto et Pietro Genovese, alias "joli cœur". Genovese, on peut dire que c'était un sacré: c'est lui qui a fondé le comité anti-raciste velsnien, très actif auprès des diasporas velsniennes à l'étranger qui nous servent de relais, et qui lui sert de couverture pour ses activités chez les paltoterrans. Bref, vous voyez le dessin: ici, tout le monde se connait, et personne n'est avare quand ils s'agit de raconter ses exploits une fois la première bouteille de vin vidée, ce qui vaut la plupart de ces sobriquets.

Mais il y a un problème: on est comme qui dirait, une famille dysfonctionnelle. On se tire dans les pattes, et il suffit souvent qu'un don ayant un eu trop le sang chaud en ait marre pour finir par se tirer dessus. Depuis la nuit des temps, les corragiosi, les hommes d'honneur, paraissaient incapables de se s'empêcher de s'entretuer pour tel ou tel territoire. Chaque point de deal est une source de revenus, et le moindre troquet le plus minable à racketter est une excuse pour une nouvelle guerre intestine. La vérité, c'est qu'aucun d'entre nous est capable de tenir en place, et le problème avec la guerre, c'est qu'elle est mauvaise pour les affaires. Mais disons que mon boss, Sal, a le génie pour sentir le coup venir. Il m'avait dit quelques semaines avant cette rencontre que quelque chose se préparait et qui allait tout changer pour nous, comme quoi nous serions devenus tellement riches d'ici la fin de l'année que nous pourrions bientôt oublier toutes nos querelles inutiles. Pas crédule pour un sou, je lui avais juste répondu que ce jour arriverait quand les poules auraient des dents. Mais preuve en est que j'avais encore une fois sous-estimé le bonhomme.

D'entrée de jeu, une fois que tout le monde avait daigné prendre sa place, il a prit la parole le premier, comme un seigneur du haut de sa montagne qui prenait tout le monde de haut, comme si il avait déjà les cartes gagnantes dans sa manche. Il s'est mis à leur parler de l'ouverture du marché caribéno, comme quoi ces types produisaient assez de poudre blanche pour nous rendre riches jusqu'à la fin du siècle, que s'investir dans ce marché et irriguer les consommateurs eurysiens était l'avenir, et que nous ne pouvions pas passer à côté de ça. Car les caribéno étaient certes de grands producteurs de coca, mais leur problème était qu'il fallait bien trouver des intermédiaires pour amener toute cette came sous le nez des consommateurs. C'était là qu'il y avait un créneau, c'était là qu'il fallait frapper avant de se faire doubler par d'autres bandes. Et pour finir, il répété une sorte de mantra, et qui restera gravée dans ma mémoire jusqu'à la fin de ma vie: "Sous l'ombrelle, il y a de la place pour nous tous.". Sous-entendu que toutes les bandes de corragiosi du pays et à l'étranger allaient avoir leur part, qu'aucun d'entre nous ne serait oublié et que c'était la seule et unique raison de notre présence ici, ensemble. Se partager le monde: voilà ce qui était au programme de cette réunion.

D'ordinaire, ce genre de discours aurait été accueilli par la moquerie, ou par l'énervement. D'habitude, aucun don n'accepterait de se voir dicter sa loi par un autre, surtout que mon boss n'avait pas que des amis ici présent. Je me rappelle avoir eu peur l'espace de quelques instants, la main droite posée sur la crosse de mon flingue me démangeait. Mais au contraire, et ma grande surprise, les autres don ont paru intéressés. De l'argent facile, quoi de mieux après tout... mais immédiatement après avoir retenu leur attention, Alvarino enchaîna, et leur dit que la réception d'une telle manne financière nécessitait un degré d'organisation meilleur que tout ce que nous avions connu jusque là. Les sociétés de corragiosi avant cela n'avaient jamais connu de forme quelconque de stabilité: les clans apparaissaient et disparaissaient au gré des chefs et des guerres de rue. Les bandes existaient par dizaines, et la multiplicité des acteurs augmentait mécaniquement ces conflits fratricides. Alors, après avoir achevé de dire ces quatre vérités aux autres don, mon boss se leva de sa chaise, et solennel, leur dit qu'à compter d'aujourd'hui, il proposait que toutes les sociétés de corragiosi s'unissent dans le cadre de cinq grandes familles: une famille par territoire, et qui aurait une place bien précise dans la circulation des flux de drogue paltoterranne qui était sur le point de nous inonder.

Alvarino décrivait ainsi la place de chacun dans la grande organisation à venir, qu'il appela "La commission", et qui devrait se réunir les cinq familles à chaque fois que le besoin s'en ferait ressentir:
- La Famille Genovese, regroupée autour de Pietro Genovese. Eux, c'était le début de la chaîne. On leur avait donné le territoire du Paltoterra, déjà parce qu'ils avaient leurs réseaux là bas avec les velsniens installés à Sylva, une clientèle déjà établie, et qu'ils avaient des amis importants au Kah et chez les Caribeno. Ce serait les seuls qui seraient directement en contact avec nos vendeurs, et leurs relations sur les docks sylvois pourraient permettre de faire passer plus facilement de la marchandise en espace onédien, et de manière plus générale, dans toute l'Eurysie.
- La famille Carbone. Eux, ils se complétaient parfaitement avec les Genovese, étant donné que leurs activités au sein des sociétés écran comme le Groupe Laurenti Alfonso, étaient autant de débouchés clandestins où acheminer la marchandise dans plusieurs pays. Teyla, Tanska, Karty, Manche Silice, Fortuna... autant d'endroits dans lesquels ils sont présents.
- La Famille Di Luca: Les Di Luca étaient chargés d'unifier toutes les bandes de corragiosi au des diasporas des pays eurysiens. Ils étaient les meilleurs dans le domaine du racket de l'extorsion auprès de la diaspora. Naturellement, leurs contacts allaient faire d'eux les principaux distributeurs de la marchandise, et la répartir entre les petits vendeurs locaux.
- La Famille Colombo: Eux c'était un peu nos jokers si jamais la tracé "commercial" ordinaire était compromis ou saturé. Ils avaient beaucoup de relations avec le milieu politique fortunéen, et si besoin, ils avaient les moyens de faire voyager la marchandise sur des cargos de marchandise de Fortuna et de Manche Silice.
- La Famille Alvarino: La nôtre pour finir. Nous, on était en bout de chaîne. Notre boulot était de graisser la patte au milieu politique velsnien pour se les mettre dans la poche. C'est avec nous que la plupart des politiciens étaient en contact, et si un membre d'une des autres familles avait des problèmes, c'est avec nous qu'il fallait voir pour le sortir de la merde. Cette position était confortable: à aucun moment on approchait de près ou de loin la marchandise, tout en touchant des revenus dessus.

Pour finir, on s'est tous mis d'accord sur certaines règles élémentaires. En aucun cas ou aucune circonstance il ne devait être permis à une famille de prendre l'ascendant sur l'autre. Il n'y aurait pas de chef ici, simplement une direction collégiale qui discuterait des litiges possibles entre nous et des redécoupages de territoires. Les nouvelles règles impliquaient aussi le respect de l'autonomie et du territoire de chaque groupe local, la recherche de la collaboration plutôt que de l'affrontement: un mantra qui nous a suivi durant toute la réunion. Désormais, les coups fourrés, c'était fini...du moins en l'absence de l’approbation d'une majorité de la commission. Seule cette organisation avait désormais le droit de vie et de mort sur un corragiosi, et inutile de dire qu'il était malvenu de désobéir aux règles. La commission devait permettre, en dehors de ce trafic de drogue juteux, de « réguler » collégialement les autres activités lucratives de sorte à ne pas se marcher sur les pieds: jeu, trafic, prostitution, racket... tous les tarifs étaient désormais unifiés et systématiquement alignés pour ne pas se faire la guerre, un peu comme pendant ces réunions de groupes industriels qui décidaient d'un "marché de gentlemen". Une autre grande victoire de mon boss fut de décider de la création d'un système de fonds communs destiné à payer des pots-de-vin aux autorités et à financer les investissements spéciaux.

Notre organisation était comme une machine, très sophistiquée, et qui nécessitait de l'entretien constant, et des outils très pointus. On s'était déjà armés d'un véritable arsenal juridique et technique: notre commission nommait des représentants chargés de certains secteur d'activités, comme dans une vraie entreprise légale de chez légale. Nous avions un préposé à la prostitution, un autre pour les jeux d'argent et de hasard, tandis que le consigliere de notre famille avait hérité de la position de "contrôleur des relations publiques", sous entendu celui qui avait la main sur la caisse de pots de vins et qui étaot chargé de graisser la patte des politiciens. Enfin, pour les tâches les moins reluisantes, nous avions mis en place une branche chargée de l'exécution, après délibération des différents boss, des membres du crime organisé coupables de manquements ou considérés comme non fiables.

Au bout de quelques bouteilles est venu le temps des décisions plus difficiles à faire. Les boss ont très longuement discuté: au sujet du possible refus de certains corragiosi de se joindre à la nouvelle organisation. Sur cette question, les ordres ont été des plus clairs: la valise de billets ou le cercueil, "soit vous êtes avec nous et vous touchez votre part, soit vous êtes morts.". Mais nul doute que sur la question de la drogue, que nous allions avoir de la concurrence et ça, les don y ont pensé. Les wanmiriens étaient déjà sur le coup à Teyla: aussi, il fallait les éliminer le plus rapidement et le plus brutalement possible. L'heure était venue de poser nos sales pattes dans les affaires de tout le monde, et de profiter un peu de cet afflux de poudre...
Réunion de la commission du CRAV: l'affaire Bonnebouille et le business paltoterran

Les délices de la Riviera kah tanaise



Note: le passage suivant est relaté par Michele, personnage déjà vu dans divers posts liés au crime organisé velsnien (voir références en bas de posts)



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Il ne faut pas croire que les gens comme nous n'ont pas de règles: nous ne sommes ni sans foi, ni sans loi, et ceux qui disent l'inverse ne nous connaissent pas. Dans le milieu, il y a des codes, que ce soit des traditions héritées de je sais pas qui, ou des inventions éhontées, ce n'est pas notre problème: il faut les suivre, et ne pas les remettre en question. Et ce sont ceux qui les remettent en question qui sont souvent mis sur la sellette. Mais au delà des codes et des lois souterraines, nous obéissons également à un impératif, peut-être le plus important de tous: nous ne sommes pas une fondation de charité, nous sommes une entreprise. Et une entreprise, cela sert à faire de l'argent. Du moins cela, c'était la vision de mon don, Salvatore Alvarino, dont j'étais désormais un caporegime depuis l'an dernier. Oui, j'ai eu une promotion, après l'affaire de l'infiltration en Hotsaline, puis plein d'autres boulots. Bien que ce boulot chez les slaves a finalement été reporté, on m'a dit que j'avais du mieux que je pouvais, et "Sal" m'a finalement donné une équipe à moi. C'était un moment un peu émouvant, j'ai bossé dur pour en arriver là depuis 2014. Je me rappelle encore de l'époque où j'étais un prêteur sur gage à a sauvette, et où le patron était entré dans ma boutique pour la première fois. Les choses ont beaucoup changé, et les choses changent vite dans le milieu, bien souvent. C'est d'ailleurs ce qui motive la tenue des réunions de la Commission, dont les membres se regroupent qu'en cas de problème. C'est mon histoire du jour: l'histoire d'un problème.

C'est Sal en personne qui est venu me voir il y a trois jours concernant l'affaire à venir, qui était suffisamment importante pour que certains des boss, dont lui-même, aient expressément demandés une réunion en urgence. Ce n'était pas rien: cela signifiait un rassemblement des cinq familles les plus puissantes du milieu, et certains des clans établis à l'étranger qui leur étaient associés. J'en savais pas plus, hormis le fait que le don m'avait donné la tâche de rassembler mon équipe pour assurer son service d'ordre. Toutefois, j'avais des oreilles, et des indices sur les raisons de la panique, j'en avais quelques uns. Je savais déjà que le "robinet paltoterran" était coupé depuis la perte de nos contacts avec les cartels caribenos, et qu'il nous fallait d'autres fournisseurs. On m'a donné des billets pour le Grand Kah, et je n'ai pas posé questions. Je ne suis pas devenu capo en posant des questions.

Au moins, on pouvait dire que le CRAV savait comment instaurer un cadre agréable. Chan-Chimu était un endroit paradisiaque sous les tropiques. On y crevait de chaud, mais c'est là que beaucoup d'affaires se déroulaient. Des casinos sur la jetée, des stars sortant de limousines et déboulant sur des tapis rouges. Tout puait le fric ici, et j'ai le nez pour renifler ces choses là. Quelque chose me disait aussi, qu'on m'avait donné la charge de responsable de la sécurité pour cette affaire que j'avais faite pour des politicards de Velsna, et cette "ministre" kah tanaise que j'avais conduit. A tel point que certains m'avaient donné un surnom: Michele "le chauffeur". Je détestais: un surnom, c'est avant tout du capital social dans le milieu, et il fait jamais être bon qualifié de pour le restant de sa vie, mais dans ce contexte là, il fallait croire que ça avait été positif: juste parce que j'avais escorté une commissaire kah tanaise, certains croyaient que je parlais le syncrétique. Du moment que ça me donnai des vacances gratuite sur la Riviera du Paltoterra, cela me dérangeait pas, j'imagine...

Les petits plats dans les grands, les petits canapés et les tapis de velours, le CRAV avait mis son habituelle touche de classe en se réservant pour elle même la salle de réception d'un hôtel chicos: "le Jaguar dressé". C'était la seconde réunion de la Comission à laquelle j'assistais, mais j'avais toujours cette sensation bizarre: on devait se faire la bise et se serrer dans les bras, tout en gardant à l'esprit qu'on était parfois des concurrents, et que la commission elle-même n'existait que pour nous empêcher de nous sauter à la gorge. Il y avait bien entendu des représentants de toutes les familles, et de presque tous les clans: tous, sauf un, bizarrement. Le Clan Burna de Messalie n'avait personne pour le représenter. Cela signifiait deux choses: soit il était indisposé à venir, soit c'était nous qui étions indisposés à les recevoir. Dans le deux cas, c'était mauvais pour eux: on allait devoir discuter de Don Burna ce soir, c'était du tout cuit. L'endroit choisi pour la réunion était pas anodin: on savait tous ce que cela signifiait sur la suite des discussions. Et Don Alvarino le confirma dés son discours d'introduction:

"Mes amis. Mes frères. Voilà trois ans que nous nous étions pas réunis. Pas depuis la formation de cette Commission, qui a déjà permis d'éviter entre nous un certain nombre de conflits. En bien des points, cette organisation est pour le moment une réussite sans pareille. D'entrée de jeu, je tiens à saluer les deux absents du jours, que sont Don Farnese, et Don Carbone, qui sont actuellement en détention, que je n'hésiterais pas à qualifier de profondément injuste. Même si la Famille Carbone et la Famille Di Luca nous gratifient de la présence de leurs subalternes pour assurer leurs interêts en leurs noms, nous ne pouvons que souhaiter leur libération prochaine, et tout notre soutien vers eux en ces temps difficiles. Salude."


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Don "Toto" Alvarino

Tous les convives levèrent leurs verres, et emboîtèrent le pas de Don Alvarino:

"Salude !"


"Sur ce. Commençons. Nous ne sommes pas là que pour des retrouvailles, certes bienvenues. Nous sommes ici pour assurer nos fonctions, c'est à dire celles d'hommes d'affaires soucieux de la continuité du business. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que depuis 2017, nous sommes pour ainsi dire sur la corde raide. Vous le savez tous: le trafic de stupéfiants depuis le Paltoterra a été jusqu'ici la principale source de nos revenus. Nous avions un schéma bien huilé: nous contactions les producteurs en Caribena, nous chargions le tout à Sylva, et les clans de l'organisation écoulaient la marchandise dans nos pays respectifs, en donnant au passage une commission aux cinq familles. Comme vous avez pu le remarquer: il n'y a plus de cartel caribeno pour nous fournir, et il nous faut assurer notre train de vie. Nous sommes peut-être régis par une grande solidarité en tant qu'hommes d'honneurs, mais nous sommes tout autant des hommes d'affaires qui sommes contrains par les lois du marché, au même titre que toutes les entreprises honnêtes. Nous avons des impératifs économiques, tout autant que nous sommes contraints par l'honneur...


Je commençais à voir où le Don Alvarino voulait en venir, et je pense que la moitié de la salle avait compris lorsque je voyais les chefs des autres familles jeter des coups d’œil au siège vide du clan Burna...

"...Outre notre business paltoterran qui est à réparer, c'est aussi une affaire d'honneur qu'il convient de régler ce soir. Mais je propose que nous fassions les choses dans l'ordre... Don Genovese. Je vous laisse la parole."

Le vieux Don reprit sa place, au profit du chef de la famille des Genovese. A première vue, il était difficile de croire que ce gars, court sur pattes, doté un embonpoint qui le faisait paraitre comme un acteur comique aux allures de petit bonhomme, était le dirigeant de la Famille ayant le plus d’influence dans le Palto. Ce n'était pas pour rien que Vito Genovese l'ouvrait en premier: tous les clans au sud de l'Alguarena étaient affiliés à sa famille. C'était eux avant toute chose, qui étaient nos traditionnels premiers contacts auprès des producteurs d'heroine et de cocaïne. Court sur pattes il l'était, mais il ne fallait pas se fier aux apparences: il menait sa barque d'une main de fer, et on avait jamais vu les clans affiliés à sa famille moufter en quo que ce soit. Ce type était un tueur au sang froid, et ses subalternes au Palto le savaient.

"Merci Sal. Comme tu l'as dit très justement, cela fait quelques temps que nous avons du mal à trouver des fournisseurs, ce qui est d'autant plus frustrant lorsque la demande est là, sous notre nez, et que nous ne pouvons la satisfaire. C'est pourquoi je voulais profiter de cette occasion pour vous exposer l'esquisse d'un nouveau plan. Si nous ne pouvons trouver des fournisseurs convenables, pourquoi ne pas nous lancer nous-même dans les activités de production. Mon cousin ici présent, Pietro, dispose des réseaux qu'il faut. Mais encore faudrait-il subventionner un tel investissement, que nous ne pouvons assumer seuls. Il y au Kah et à Sylva des vides juridiques que nous pourrions exploiter afin de de reprendre l'exportation d'heroine vers l'Eurysie. C'est ce qui rapporte le plus en ce moment. Nous avons un schéma déjà bien établi, et un seule faiblesse: jusqu'à présent, nous produisons en externe la drogue qui nous rapporte le plus. Cela dit changer au plus vite. Seriez vous d'accord pour me soutenir dans cette tache ? Qui serait prêt parmi vous à fournir une contribution financière ?"

Le vote a été on ne peut plus court: la quasi totalité des chefs de famille et des chefs de clans ont levé la mimine, certains avec plus d'enthousiasme que d'autres. Mais fatalement, le premier problème évoqué nous emmena au second, sur lequel Don Genovese bifurqua dans la foulée:

"Messieurs. Inutile de dire que si nous avons besoin de producteurs et de passeurs tels que nous, nous avons également besoin de points de chute où écouler les stocks de la part de nos frères restés en Eurysie. Cela demande des contacts fiables, des clans bien dirigés, organisés, et surtout, discrets. Or, nous avons ouie dire que certaines querelles d'honneur ayant lieu dans certaines familles...entravaient cette tache. Je pense qu'il nous faut fatalement parler du cas Bonnebouille, et des risques que prend en ce moment Don Burna dans la direction de son clan, en Messalie. La Messalie est le point de chute idéal pour nos affaires, mais Don Burna parait davantage intéressé à l'idée de faire le plus de bruit possible, et de rendre la vie de Pascal Bonnebouille impossible. Aussi, je voudrais demander à vous autres, et en particulier à toi, Farnese, ce que tu penses de tout ça, et si il ne serait pas judicieux de dire à tes protégés de Messalie de reporter leur attention sur autre chose qu'un journaliste de bas-étage."

Sur le coup, Farnese mis du temps à répondre. C'était comme si on lui reprochait personnellement les actions d'un clan affilié à sa famille. Je voyais dans son regard qu'il paraissait insulté. "La bête", et ce n'était pas son surnom pour rien, avait l'air furieux, furieux et blessé:

" Qu'on se le dise. Burna est redevable de la Famille Di Luca. Certes. Mais ce n'est pas moi qui l'ait convaincu de s'engager dans sa croisade contre Pascal Bonnebouille. Si vous voulez mon avis en revanche, je pense que Bonnebouille le mérite. On ne peut pas nous insulter de la sorte sans qu'il y ait des conséquences en face. Comptez sur moi pour lui demander de se montrer un peu plus discret, mais hors de question de lâcher la grappe d'une personne qui nous a manquer de respect. Vittorio Burna a le droit de défendre son honneur sur cette affaire, c'est mon avis, et c'est l'avis de nos coutumes également."

C'était le premier accroc de la réunion: un désaccord entre deux don pouvait aller très loin et très rapidement, mais heureusement, Alvarino était là pour calmer le jeu entre les deux hommes:

"Allons Salvatore, je suis certain que notre ami ne voulait pas te manquer de respect. Évidemment, Pascal Bonnebouille mérite son sort, mais tuer un homme, ou même le faire enlever, cela a un prix. Que Don Burna soit attaché à sa dignité cela va de soi, mais nous n'avons pas non plus envie de perdre un contact utile, surtout dans le cadre de notre projet de rivalisation du trafic d'héroine depuis le Palto, et dont la Messalie pourrait être une des meilleures portes d'entrée du marché eurysien. Pour ma part je suis pour lui laisser une chance de régler cette affaire lui-même, mais si jamais il se fait prendre, nous pourrions te demander de reprendre la main là-bas si il met en danger nos opérations, étant donné que son clan t'est redevable. Qu'il ait une chance de le faire, d'accord, mais il n'en aura pas deux. Qu'en pensez vous, vous tous ?"


Les hésitations furent plus nombreuses que pour le premier vote, mas l'argent est toujours roi, et le compromis proposé par Don Alvarino fut considéré comme acceptable par "la bête", qui fit le choix judicieux de descendre de ses chevaux. "Toto" Alvarino fit signe aux deux hommes de se serrer la main, et de s'étreindre en signe d'accord, ce qu'ils firent non sans garder leurs réserves. Après tout, meme si Vittorio Burna devait perdre la face, on avait promis aux Di Luca qu'ils garderaient le contrôle du clan messaliote dans tous les cas. Encore une fois le bain de sang était évité, mais pour combien de temps ? Est-ce que la manne financière de l'heroine paltoterrane n'allait pas avoir notre peau ? A l'époque, je ne le savais pas encore...


Note: le personnage de Michele a déjà été vu lors d'ne rencontre Velsna-Grand Kah, et lors d'une série d'AE en Hotsaline. Il est également possible de suivre sa genèse et son entrée dans le milieu via ce post.

Pour davantage de posts liés au crime organisé velsnien, aller ici.

Le plus beau jour de ma vie

POV: Michele


a


"Surprise !"


Il faisait froid ce jour là. Cela peut sembler très bizarre de se souvenir que de ça, ou presque pour un jour aussi important. Il avait commencé par un SMS de Luca Gorino, le type pour qui j'avais fait ce travail en Hotsaline, inachevé. Il était l'un des hommes les plus proches du vieux Don Alvarino, et quand on recevait un message ou un appel de sa part, c'est qu'l fallait venir.

"Enfile tes plus beaux habits, et rendez vous au café Bellagion. Demande l'arrière salle."

Au début je croyais à une blague, mais je me suis souvenu que Luca ne plaisante jamais. Je me suis ensuite figurer que c'était pour un boulot, rien de plus normal, mais depuis quand on me demande de bien me fringuer pour un boulot. Finalement, j'ai une cette petite appréhension, celle que l'on finit tous par ressentir dans le milieu, à un moment ou un autre: la peur. Pourtant, j'avais rien fait de mal, pas vrai ? Pas vrai ? Comment savoir finalement ? La question ma retourné le crane quelques heures, toute la matinée qui a précédé la rencontre, et puis, je me suis souvenu que j'étais toujours meilleur quand j'arrêtais de réfléchir. Aolors j'ai retenu mon souffle...tout ça pour une fête organisée en mon honneur par le Don en personne, et ce putain de Luca. Il a été le premier à se foutre de ma gueule quand tout le monde a gueulé dans l'arrière salle de la boutique.

" Regardez le, il est blanc comme un linge ! Il a cru qu'on l'avait fait venir pour le descendre !"


J'ai ravalé ma langue, et j'ai fait semblant de me marrer. Il y avait que du gratin dans une si petite pièces: en plus de "Toto" Alvarino, une dizaine de capos étaient au rendez vous, dont un ou deux que je ne connaissais que de nom. D'ordinaire, on travaillait toujours avec les mêmes personnes, et on était chacun dans notre coin, à s’occuper de nos affaires et payer notre petite contribution à Toto. Lui-même entrait rarement en contact direct avec la plupart d'entre nous: il était comme un padre distant, qui s'occupe de nous tout en prenant soin de ne pas être mêlé aux services qu'on lui rendait. Il y avait un goût d'inhabituel dans toute cette mise en scène, et c'était désagréable. J'ai mon train train quotidien, et en général, quand quelque chose change dans ma vie, c'est toujours mauvais signe. Mais pas aujourd'hui. "Toto" Alvarino vient lui même me saluer avec un étreinte bien serrée, et une tape sur la joue gauche.

"Le voilà. Regardez moi le. Félicitations pour le travail que tu as fait en Hotsaline petit, je suis fier de toi. Le job a été annulé au final, mais tu m'as crée du réseau là bas, et tu m'as prouvé que tu pouvais diriger une équipe. C'était du bon boulot, et tout bon travail mérite une récompense. Luca: apporte donc du vin landrin pour tout le monde, et toi Michele, suis nous."

Dans le fond de la pièce, les gars avaient dressé une table sur laquelle ils avaient posé une nappe de velours, quelques bougies, et l'image de San Stefano dans une coupole en argent. La dernière fois que j'en avais vu une, c'était durant ma cérémonie d'intronisation en tant que soldato. On laissa passer Toto, qui prit sa place derrière la table,et les capos en firent de même, et se rassemblèrent autour de lui. Le Don me fit signe se m'avancer face à lui: entre nous deux, l'image du Saint. Luca prit la parole en premier, même si il avait jamais été du genre théâtral, bien davantage le genre beauf:

" Tu sais pourquoi tu es là Michele ? L'honneur que nous allons te proposer, personne ne t'oblige à dire oui, sache que tu peux refuser à tout instant, et personne ne t'en tiendra rigueur. Mais une fois que tu acceptes ce que le Don te confie, il n'y aura plus de retour en arrière. Compris ?"

" Compris Luca."

C'était sorti comme un réflexe, sans que j’eus à contrôler quoi que ce soit; Comme tout le reste de cette journée, ce moment m'avait paru comme un rêve fiévreux où je ne contrôlais pas grand chose. La parlotte de Luca, elle n'existait que sur le papier.

" Tu sais comment ça se passe, Michele. La famille passe avant tout le monde: avant ta femme, ta famille, tes enfants, et mêmes tes parents. Nous sommes des gens liés par l'honneur, et que dieu te garde de ne jamais enfreindre son serment. Sur ce, le Don ici présent, a acté le fait que tu étais l'un des soldati les plus méritants de l'organisation, ce dont je me suis porté pour garant. Tu remplis les boulots que l'on te donne sans jamais poser de questions, et tu les fais bien. Ce n'est pas simplement un honneur que j'ai de travailler avec toi, c'est nous qui sommes honorés de t'avoir dans la Famille. Et ce dévouement nécessite une récompense, tout comme la Famille a besoin de talents que sont les tiens. C'est pourquoi le Don a tenu à te proposer de devenir Caporegime. Alors ? T'en penses quoi ?"


Sur le moment, j'ai pensais au jour où Alvarino s'était pointé il y a quatre ans de ça, dans ma boutique de prêt sur gages miteuse du quartier San Ciro. Avec ma fiancée, on était sur la paille, on avait plus un sou en poche et j'étais sur le point de plier les gaules pour rentrer en Achosie du Nord. Et Toto Alvarino était entré dans mon local comme une fleur, avec une offre qui m'a définitivement fait raccrocher son wagon. Le vieux m'a sorti d'une merde noire, et sur le moment, c'est ce qui m'a fait dire que jamais je ne pourrais me permettre de trahir sa confiance. J'ai accepté.

"Ce que j'en pense ? Évidemment que j'accepte Luca ! Toto, c'est un honneur que tu me fais: je te rendrai fier."


Je fais le tour des étreintes, des tapes dans le dos et des félicitions des capos, avant que Luca me reprenne par le bras.

" C'est pas tant nous rendre fier qui est important Michele, mais de nous rendre riches. En tant que capo, le don te confiera un secteur avec une équipe à gérer; ça peut être le coin de la rue comme ça peut être le bout du monde. Tu seras notre Homme de confiance dans des endroits où il faudra que tu te débrouilles, et que tu représentes l'organisation. Tu seras les yeux et les oreilles du don, tu ne rendras des comptes à qu'à lui, et tu verseras tes redevances directement à sa personne. Ta crédibilité sera la sienne. Si tu merdes, ce sera pour ta pomme. Si tu gagnes de l'oseille, ce sera ton honneur de garder une part du butin pour toi. Du reste, tu seras autonome dans la plupart des domaines. Maintenant, prends cette image dans les mains s'il te plait."

Bizarrement, si ne j'ai aucun souvenir ou presque de mon intronisation en tant que soldato, cette journée reste plus profondément ancrée. Pourtant, ma vie était déjà jouée à de moment là, elle avait déjà un programme et une destination. Ce n'était pas comme si j'avais vraiment le choix à ce stade. Mais je sais pas...peut-être que c'est ce jour que j'ai réalisé les conséquences de toutes mes actions jusqu'à ce point précis. J'avais déjà dépassé depuis bien longtemps l'horizon au dejà duquel on pouvait encore reculer, mais c'était comme si je m'étais retourné, et que j'avais réalisé que c'était fini, que ces gens qui étaient autour de moi détermineraient bien davantage ce que j'allais devenir, et étaient le reflet, quelque part, de la vie que j'avais choisi. La sensation que ma vie était terminée, alors que je n'avais pas encore trente ans. J'ai pris l’icône dans les mains, et je me souviens d'une croyance sincère chez ces gens, qui à défaut de trouver une justification dans leurs actes, se fabriquaient des traditions et une morale. Luca pris un briquet et alluma l’icône à même la paume de ma main droite.

"Répète après moi. Que je brûle en enfer..."

"Que je brûle en enfer..."

"...Si je trahis mon serment vis à vis de la Famille..."

"...Si je trahis mon serment vis vis de la Famille..."


Les applaudissements des capos et de Toto Alvarino bourdonnaient dans mes oreilles, et on a passé la nuit qui a suivi à boire. Mais pas sans me donner, au détour d'un verre, la raison pour laquelle on avait eu besoin que je devienne caporégime. Un marché immense attendait la Famille Alvarino, mais dont le manège se déroulait pour le moment sans lui, au Paltoterra.C'était de notoriété commune que l'affaire du moment, le contrôle du trafic de la cocaine, nécessitait celui des grandes routes d'approvisionnement, et des centres de production situés là bas. Pendant que notre famille se retrouvait encore dans des affaires moins aventureuses au pays, mais également moins lucratives, les autres familles de la Commission, en particulier les Genovese déjà bien établis au Palto, déployaient leurs pions dans le but de toujours surpasser ses rivales. C'est dans ce cadre que la Famille, sur autorisation de la Commission du CRAV, a approuvé ma venur en Paltoterra, dans le but trouver un compromis permettant une meilleure répartissions des gains du trafic de poudre, en échange bien entendu, des nombreux appuis politiques que la Famille Avarino pourrait fournir.

C'en était fini de ma vie à Velsna, et ma vie au Palto débutait. C'était peut-être pas si mal: contrairement à l'Hostaline, je me sentais suffisamment en terrain ami pour déménager avec ma femme et ma fille. Tatiana n'était pas joyeuse de devoir abandonner son boulot et ses amis, mais elle connaissait mon travail, elle savait ce que je faisais. Non que je ne lui ai jamais dit, mais elle était assez intelligente pour comprendre que je n'étais pas commercial pour le Groupe Laurenti Alfonso. Souvent, il n'y a pas besoin de mots ou de confessions foireuses, juste deux personnes qui se connaissent assez pour comprendre dans le regard de l'autre qu'il y a quelque chose. Elle savait. Je me disais simplement: "La pauvre.".

Je suis arrivé au Palto par l’aéroport international d'Axis Mundis: je devais faire un détour de plusieurs jours chez les kah-tanais avant de rejoindre les CUPO par une correspondance. Avant ça, je devais m'installer, Tatiana et la petite, puis je devais rencontrer mon contact avec qui j'avais déjà bossé en Hotsaline, Pietro Bizarini, et avec qui les choses s'étaient bien passées là bas. Il était pro, mais assez déconneur pour me faire oublier la gravité de ce que l'on faisait. Et puis, il bossait bien, il avait le don du contact, et savait toujours qui trouver dans le milieu local pour nous faire des relations. C'est lui, qui avait conseillé au don de m'envoyer faire le taxi pour une ministre kah tanaise à Velsna, l'an passé. Ce boulot m'avait permis de grimper un peu plus les échelons. Depuis, il me tannait sans arrêt, et me surnommait "le taxi du Kah". Bref, un type de confiance qui me servirait de point de repère ici. Son taff, cette-fois ci, serait de me mettre en contact avec les types qu'on doit surveiller avec la bénédiction de la Commission: les membres du Clan de Pietro Genovese, qui font du business à Sylva et au Kah depuis 2014, et qui veulent rouvrir le robinet de la cocaïne. Les cartels caribeno dissous, ils voulaient constituer eux même leurs ateliers de production aux CUPO. Mais la commission était nerveuse à l'idée de confier à un seul clan le monopole de la prod, alors on m'a envoyé tâter le terrain pour que la Famille Alvarino ait également des pions sur le plateau.

Je me souviens encore, de mon arrivée ici, au terminal 4 d'Axis Mundis: Bizarini m'attendait à la sortie avec une bagnole flambant-neuve, il faisait le fier devant:
- Michele !
- Ah gueule pas comme ça abruti. Je t'ai vu. Pas mal la caisse.
- C'est une Courvoisier. Pas mal hein ?
- Je préfère les Steiner: un peu trop tape à l'oeil. J'ai pas envie qu'on soit trop voyants dans la rue. Avec un truc comme ça, même au milieu d'un carnaval on va te voir. Pour les réunions tu devrais prendre autre chose.


Bizarini était un bosseur, mais il aimait bien dépenser son argent, et qu'on le voit dépenser, surtout. Pour lui, à quoi ça servait de gagner beaucoup si on ne pouvait pas se faire plaisir avec. Nos approches étaient différentes, et nos sujets de conversation aussi. Il était obsédé par la thune:
- Toi et moi, on va se faire des couilles en or ici. Les Genovese se sont bien engraissés pendant quatre ans, mais maintenant qu'on a le feu vert de la Commission, on va pouvoir toucher notre part du gâteau. T'as fait venir ta femme et ta gosse ?
- Ils arrivent dans quelques jours, oui. Je nous ai trouvé un appart dans le centre.
- Un appart ? T'es caporégime l'ami, tu devrais te prendre une baraque énorme !
- J'ai pas envie qu'on me tombe dessus trois jours après mon arrivée, Pietro. Ce sera l'appart.
- Je vois. Dommage que tu te sois rangé Michele. Tu verrais les culs qu'il y a sur la promenade de Chian-Chimu... On va bien se plaire ici, crois moi


Bizarini était un bosseur, mais des fois, je me sentais tellement en décalage avec lui. Il y avait peut-être, un mépris quelque part, ou une incompréhension. Il était né dans une bonne famille: il avait de l"argent, il n'avait pas de dettes, il aurait pu être n'importe quoi d'autre que ce que nous sommes. Mais il a choisi une vie pareille. Pourquoi ? J'avais du mal à concevoir le fait que l'ont ait pu se diriger vers nos activités autrement qu'en étant nous mêmes des gamins d'affranchis, ou bien des crèves la faim récupérés dans le caniveau par la Famille. Affranchi, c'est pas une vocation. Ou du moins, ce n'est pas censé l'être. Quand je voyais les gens du coin avoir l'hôpital gratuit, l'école gratuite ou d'autres avantages, je pouvais pas m'empêcher de me poser la question, si j'aurais fait les mêmes choix si j'avais eu accès à toute cette abondance. Je ne le saurais jamais.

En tout cas, Bizarini avait raison sur une chose: Chan-Chimu était un endroit génial, même si j'avais pu en avoir un aperçu lors de la réunion de la Commission, où j'avais accompagné le don. Le premier soir après l'arrivée de Tatiana et de la petite, on a fait une virée sur les hauteurs. Il y avait du monde dans les rues, et des lumières de partout, et Tatiana à côté de moi, mais au fond de mon crane, pourquoi je me sentais aussi seul ? Je faisais semblant de sourire, et je ne suis pas bien fort à ça. Et je pense qu'elle me voyait aussi me faire du soucis. Pour l'instant on avait de l'argent, et j'étais vivant, mais cela allait durer combien de temps ? Elle se met à chantonner dans la voiture, comme pour me rassurer. Elle avait toujours une voix aussi belle:

Che bella cosa e' na jurnata 'e sole
n'aria serena doppo na tempesta !
Pe' ll'aria fresca pare già na festa
Che bella cosa e' na jurnata 'e sole

Ma n'atu sole,
cchiù bello, oje ne'
'O sole mio
sta 'nfronte a te !
'O sole, 'o sole mio
sta 'nfronte a te !
sta 'nfronte a te !


a

On s'arrête, et on se pose sur le capot de la voiture. Même a nuit, l'air est chaud. Elle me demande de prendre une photo d'elle, devant cette foutue ville, dont il émanait tellement de lumière que l'on aurait pu se penser en plein jour. La photo est réussie, comme toutes celles sur lesquelles elle réussi à se mettre. Mais il y a toujours ce petit tic-tac dans la tête, qui raisonne, encore et encore. Les gens comme moi ne vivent pas longtemps: encore combien d'années pour moi ? Les gens comme moi ne devraient pas rencontrer les gens comme elle.


LegislaTV, Journal parlementaire et généraliste de la Grande République a écrit : Vicenzo Patra, 27 aout 2018

Crime organisé: Le Bureau de la Garde et des polices annonce la création des "Carabinieri de Pasqual"



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Son excellence Carlos Pasqual, Maître de la Garde et des polices de la Grande République


" Je ne composerai jamais avec le crime. Je n'accepterai jamais de compromis avec le crime. Je n'engagerai jamais de dialogue avec eux. Je refuserai toujours la défaite de l'état de droit, face à une bande de voyous qui ont infiltré toutes les strates de la société ! Nous n'amnistierons jamais les voyous ! Nous les combattrons, et nous les mettrons hors d'état de nuire !"


Il ne fallait pas davantage de mots pour illustrer la position du Gouvernement communal sur la question, de plus en plus pressante du phénomène du Grand banditisme sur le territoire velsnien, et au delà. La session sénatorial du 27 aout 2018 a été l'occasion d'un règlement de compte entre la majorité sénatorial conservatrice et les oppositions, qui se sont mutuellement renvoyer la balle quant au manque d'entrain supposé du pouvoir communal face à la recrudescence des crimes associés à la grande criminalité. Le sénateur eurycommuniste Marco Pizarro s'est ainsi targué en pleine session, dans le cadre des questions aux gouvernement adressées au Maître de la Garde, d'une "inégalité dans le traitement du crime".

"Le Gouvernement communal trouve plus confortable de persécuter des syndicalistes, et trouve davantage ses aises dans le fait de réprimer de manifestants, plutôt que de s'attaquer aux trafiquants, aux détourneurs de fonds et à...j'ose le dire: la mafia. Car c'est face à quoi nous faisons face, une société parallèle entièrement tournée vers le crime comme moyen d'enrichissement, qui imite la violence de nos codes sociaux, et qui les détournent à leur profit. La mafia, c'est simplement le miroir de la violence à laquelle nous avons nous-même recours dans nos interactions avec le peuple. Le Gouvernement communal est entièrement responsable de la situation actuelle, et pire que tout, il ferme les yeux, car cette organisation ne les dérange pas tant que cela, finalement."

Depuis la fin de la Guerre des Triumvirs, sous pression de la société civile et de l'opposition, les conservateurs sont sommés à la réaction face à l’émergence et la prise de puissance d'un phénomène de grand banditisme d'une ampleur sans précédent depuis plusieurs décennies sur le territoire velsnien. En effet, la tension est à son comble depuis la révélation de plusieurs statistiques préoccupantes par le Bureau de la Garde et des Polices, et qui révèle le pourrissement des affaires liées à ce que l'on nomme "la grande criminalité":
  • Le taux d’homicide par balle dans la cité velsnienne est estimé, en 2018, être le plus élevé de toutes les capitales d'Eurysie de l'est. Il en va de même pour le nombre de crimes possiblement liés à des règlements de compte ou encore du nombre d'armes en circulation dans la capitale velsnienne.
  • Une augmentation alarmante du nombre de saisies de narcotiques en provenance de Paltoterra.
  • Une augmentation des faits de corruption d'agents publics.
  • Une augmentation sans précédent des faits de racket, de chantage, d'extorsion de fonds et d'enlèvements.
En conséquence, le Gouvernement communal a été accusé ces dernières années, de fermer les yeux sur ce phénomène, certains sénateurs de l'opposition allant même jusqu'à insinuer l'existence d'un système de "cohabitation mutuelle" entre le Gouvernement et le monde de la Mafia, la ùmajorité conservatrice "tolérant" l'existence de ce monde parralème. Argument rejeté en bloc et avec vigueur par les sénateurs de la majorité, qui accusent là "une invention d'une bande d'eurycommunistes soucieux de salir les honnêtes gens". malgré ces bravades toutefois, force est de constater que les pressions multiples exercées toutes ces années, ont finalement convaincu le Gouvernement communal de répondre à la question, ou du moins de fournir une esquisse de plan général de lutte contre la grande criminalité, plan d'ensemble qui de l'aveu même de Carlos Pasqual, "manquait cruellement jusque là".

C'est donc par l'intermédiaire du Bureau de la Garde et des Polices, qu'a été proposé au Sénat la création des "Carabinieri de Pasqua", une unité de police chargée exclusivement de la traque et de la résolution des crimes liés à la Grande criminalité. Ce service, tel qu'il a été présenté par le Maître de la Garde, présenterait un certain nombre de particularités qui le distingue de la chaîne de commandement des services de police actuels, parmi ceux-ci:
  • Les Carabinieri seraient une force dite confédérale, qui aurait tout le territoire velsnien pour juridiction. Une situation rare dans un ensemble territorial où chaque cité libre dispose de ses propres forces de police. Cette ambition, bien que compréhensible sur le plan de l'efficacité, risque de heurter l'attachement aux particularismes de chaque cité libre, dont le monopole partiel de la violence pourrait être considéré comme remis en question.
  • Les carabinieri seraient sous les ordres exclusifs du Bureau de la Garde et des Polices, sans le moindre intermédiaire.
  • Un délit "d'association mafieuse" serait spécifiquement crée en complémentarité de la création des carabinieri, et le moindre soupçon permettrait la perquisition de tout domicile u lieu associé à une enquête ouverte pour crime d'association mafieuse.
  • Les carabinieri se dédoubleraient en deux brigades; une brigade d'intervention de terrain, et une brigade financière indépendante des services de police existants.

Si certains sénateurs, majoritairement alliés au gouvernement communal ont noté un "effort considérable", l'opposition eurycommuniste a pointé certaines faiblesses de ce dispositif, en particulier le lien plus qu'étroit entre les carabinieri et l'administration directe de Carlos Pasqual, figure controversée de la politique velsneinne. Volontiers provocateur, l'eurycommuniste Mario Pizarro s'est fendu d'un commentaire:

"Ce n'est pas en appointant un mafieux en chef d'une brigade anti-mafia que l'on va chasser des mafieux."


Au delà des accusations de corruption, de bafouillement des particularismes des cités libres et d'autoritarisme, c'est l'aspect financier de la future organisation policière qui se démarque des anciennes initiatives prises contre le crime organisé. En effet, la résurgence récente du phénomène mafieux à Velsna s'explique en partie par un changement de méthodes de la part de ces groupes occultes, qui ne font plus uniquement usage de lanrue pour s'enrichir, mais agissent directement dans le domaine de la criminalité en col blanc.

Après avoir pendant des décennies nié l'existence de la Mafia, la classe dirigeante velsnienne ne l'a abordée que sous l'angle de la menace à l'ordre public à partir des années 1980. Avec les guerres entre clans semant la mort dans les rues velsniennes, les intimidations et les assinats de journalistes, hommes politiques et magistrats, le "problème" de la mafia menaçait avant tout la solidité des institutions, mais pas la santé de l'économie du pays. Ce n'est que récemment qu'ont débuté les études quant au poids des activités de la mafia dans l'économie de la cité. Et le constat semble implacable.

Le chiffre d’affaires des organisations mafieuses, toutes activités confondues, rien que pour ce qui connu des services financiers de la Grande République, s’élève à 90 milliards de florius velsnien par an, correspondant ainsi à 10% du produit intérieur brut de la cité velsnienne, selon une étude publiée récemment par le Bureau des Balances du Gouvernement communal. Ces activités touchent certains secteurs plus que d'autres, dont certains que l'on qualifierait d'essentiels: transport routier, entreprises de fret naval et aérien, société de ramassage d'ordures, entreprises de travaux publics, industrie du jeu et du pari. Ajouté à cela, des activités certes "traditionnelles", comme le racket, mais qui dans certaines régions ont prit une ampleur inouïe ces dernières années. Ce serait ainsi 60 000 commerçants qui feraient l'objet de chantage et d'extorsion chaque année sur le territoire velsnien. Carlos Pasqual n'a pas été avare de termes au ton dramatique pour qualifier la situation devant le Sénat:

" La mafia parasite l'économie de la cité: chose inacceptable. l’infiltration des organisations criminelles de caractère mafieux dans le tissu économique va en grandissant d'année en année. Si la mafia affaiblit notre cité, alors la mafia doit disparaître."


Ces déclarations pourraient ainsi être le coup d'envoi d'une guerre entre le Gouvernement communal et le grand banditisme velsnien...
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