Création de pays : Jōdo no Kuni
Généralités :
Nom courant : Jōdo no Kuni - Archipel de la Grâce [Par les étrangers]
Gentilé : Jōdoseijin [Terre-Purien(ne) pour les documents officiels] - Amitābhayen(ne) [Gentilé national et le plus populaire] - Montojin [Gentilé cérémoniel et politique, désigne la communauté historique des fidèles]
Inspirations culturelles : Syncrétisme nippo-coréen, bouddhisme de la Terre pure, révoltes Ikkō-ikki
Situation géographique :
Langue(s) officielle(s) : Le Jōdogo [語] ou Jōdobun [文], syncrétisme nippo-coréen et langue construite standardisée sur le principe de la koinè
Autre(s) langue(s) reconnue(s) : Langues régionales et quelques langues étrangères (principalement pour le commerce ou les relations internationales)
Drapeau :

Devise officielle : "Par la grâce seule, l'égalité naît" [恵みによってのみ、平等が生まれる / 오직 은혜로만 평등이 생겨난다]
Hymne officiel :
Capitale : Minashibatsu
Population : 25 493 756 millions d'habitants
Aperçu du pays :
Présentation du pays :
Jōdo no Kuni est né de la révolte des Ikkō-shū et d'une alliance entre paysans, moines-guerriers (sōhei), artisans et rōnin en rupture, sous la bannière du Jōdo Shinshū, lors de la « Grande Pacification par la Foi » qui s'est déroulée tout au long des XVIe et XVIIe siècles. Il s'agit d'une « théodémocratie consultative », dans laquelle le chef spirituel de l'école du Jōdo Shinshū (résidant à Minashibatsu, le Shūshō) fait office d'autorité morale et spirituelle. Le pouvoir exécutif est exercé par le Conseil des Garants (Yuisho-kai), composé de moines-ministres élus par les communautés locales. L'organe constituant et législatif est le Dai-Monto Kaigi (Grande Assemblée des Fidèles), composée de 300 délégués. L'ensemble des décisions est pris à l'issue de consultations populaires au sein de multiples assemblées à travers le pays. Jōdo no Kuni est une thalassocratie religieuse tournée vers le commerce, fondée sur un idéal d'égalité radicale et de dévotion communautaire. C'est la première et la seule « utopie bouddhiste » à avoir été réellement concrétisée. Cet État bouddhiste, résilient avec le temps, est néanmoins traversé par de nombreuses contradictions internes, entre le maintien de la pureté de son système et la volonté d'y apporter des changements sans en altérer la nature profonde. Bien qu'il se revendique égalitaire, un élitisme méritocratique basé sur les compétences et le respect de ses pairs menace de consolider une nouvelle aristocratie. D'autres soulignent les difficultés de faire du Jōdo Shinshū une doctrine universelle tout en cultivant une identité nationale propre, distincte, voire supérieure à celle de ses voisins.
Mentalité de la population :
La société amitābhayenne combine à la fois des concepts égalitaires et méritocratiques. Les rigidités héritées de la société féodale et de ses classes ont été abolies au nom de l'égalité absolue devant la grâce d'Amida. L'ancienne caste guerrière a ainsi été entièrement dissoute au profit d'un système de milices populaires, dans lequel le rang dépend du mérite et de la ferveur au combat plutôt que de la naissance. Les métiers du commerce, de l'artisanat, de la navigation et de l'agriculture sont hautement valorisés. Pour l'ensemble de la communauté des croyants (Monto), l'individu seul et isolé est perçu comme vulnérable et hors du temps. Sa véritable réalisation par la grâce dépend de la communauté des croyants. Participer aux assemblées locales, œuvrer pour le bien commun et défendre la Terre Pure n'est pas perçu comme un simple devoir civique, mais comme l'expression naturelle de la béatitude et de la gratitude envers Amida. Comme toutes et tous sont égaux en dignité fondamentale, le statut social se mesure à travers les compétences, la sagesse pratique ou encore la générosité manifeste. La mobilité sociale est valorisée et bien réelle ; elle se manifeste à travers l'éducation, le mérite au travail, dans les combats ou lors de succès commerciaux honnêtes. Le ciment social et politique est religieux, sanctifié par la participation aux assemblées ainsi qu'aux nombreuses fêtes communautaires. Le service obligatoire au sein de la milice populaire, qui dure cinq ans, est le plus grand élément niveleur. Fils et filles de toutes les catégories sociales du pays (fils de marchand ou de pêcheur) y forgent un sentiment national et de fierté commune. Toute la méritocratie communautaire ritualisée permet à chacun de s'y retrouver. Les hiérarchies existent, mais elles sont fluides, justifiées par les actes de chacun envers la communauté et constamment remises en question par le principe égalitaire fondateur.
Place de la religion dans l'État et la société :
Bien que religion d'État, le Jōdo Shinshū a évolué au fil des siècles pour devenir une doctrine davantage centrée sur la communauté et l'entraide, comme ciment d'une société parfaite. Cette transformation doctrinale radicale a fait de cette école bouddhiste centrée sur la dévotion personnelle une sorte de religion civile hautement structurante et organisée, parfois appelée « Kokka Shin-gaku » (Théologie Shin d'État). Le Vœu original d'Amida n'est plus seulement une promesse de salut après la mort, mais un modèle divin pour l'organisation sociale terrestre : si Amida accueille tous les êtres sans distinction, alors la société doit faire de même. La « Grâce » devient le premier et principal acte constitutionnel. La foi devient une vertu civique ; comme elle n'est plus une affaire privée, elle devient un lien de confiance mutuelle et communautaire. Réciter « Namu Amida Butsu » n'est donc plus une simple prière, mais un acte d'affirmation d'égalité au sein de la communauté des croyants. Ainsi, le Jōdo Shinshū d'Amitābhaya peut être perçu comme une forme de « théologie politique de la libération par la grâce », réinterprétant et fondant son syncrétisme sur le bouddhisme shin, le confucianisme débarrassé de ses oripeaux féodaux, le taoïsme pour sa portée harmonieuse, et diverses autres croyances populaires.
Politique et institutions :
- Pouvoir spirituel (Shūshō) :
Gardien de l'unité spirituelle de la nation et de la pérennité des textes fondateurs. Son autorité est purement morale, symbolique et arbitrale, et jamais exécutive.
Il peut servir de médiateur en cas de conflit institutionnel entre le Yuisho-kai et la Dai-Monto Kaigi. Il dispose d'un « droit de remontrance spirituelle » s'il estime qu'une décision du Yuisho-kai ou une loi votée par la Dai-Monto Kaigi va à l'encontre des principes régissant le pays.
- Pouvoir législatif (la Grande Assemblée des Fidèles - Dai-Monto Kaigi) :
300 délégués élus localement, dont 75 désignés par les corps constitués de la nation et 25 juges désignés par le pouvoir judiciaire. Deux sessions annuelles de 40 jours ont lieu généralement en mars et en septembre. Le vote des lois se fait à la majorité simple. Il contrôle le pouvoir exécutif.
- Le pouvoir exécutif (le Conseil des Garants - Yuisho-kai) :
12 garants (ministres-moines) nommés par la Dai-Monto Kaigi et consacrés par le Shūshō.
Le fonctionnement est collégial, avec une présidence tournante mensuelle. Les décisions sont prises par consensus ou à la majorité des deux tiers.
- Pouvoir judiciaire (Tribunal de l'Éthique - Rinri Shinpan-sho) :
Collège de neuf grands juges nommés à vie par le Yuisho-kai sur proposition du Dai-Monto Kaigi et avec l'approbation symbolique du Shūshō.
Il ne fonctionne pas selon le système pénal occidental, mais selon un système axé sur la rédemption. Il sert de contrôle de constitutionnalité et possède le pouvoir d'invalider des lois.
- Le pouvoir militaire (Milice populaire de la Terre pure - Jōdo Mingun) :
Fonctionne sur le principe d'un service universel et obligatoire, durant lequel chaque citoyen et chaque citoyenne effectuent un service actif de cinq ans entre 18 et 23 ans. Chacun et chacune est donc considéré comme un « soldat-citoyen ». Une fois leur service actif accompli, ils rejoignent les milices de réserve jusqu'à l'âge de 50 ans, ponctuées de périodes de rappel courtes (deux mois tous les trois ans).
- Pouvoir populaire (Assemblées locales des fidèles - Chihō Monto-gumi) :
Il ne s'agit pas de simples administrations locales, mais de l'incarnation matérielle du principe même de souveraineté populaire par la communauté des croyants. C'est aux échelles les plus basses que se réalise la grâce d'Amida, par la délibération, l'écoute et l'entraide mutuelle.
Principaux personnages :
- Genjō : actuel Shūshō, âgé de 65 ans. Moderniste pragmatique, il est décrié par les plus traditionalistes.
- Kannon : cheffe du courant opposé à Genjō, âgée de 47 ans. Elle est connue pour ses discours sur le « déclin moral et spirituel » du pays.
- Enjin : figure du courant modernisateur, moine de 38 ans. Il cherche à réformer les institutions et jouit d'une certaine popularité auprès de la jeunesse.
- Jitsujo : moine-juriste légendaire âgé de 81 ans. Gardien du statu quo institutionnel, il est inflexible sur l'orthodoxie constitutionnelle.
- Kouno Nakasada : figure centrale des principales guildes du pays, âgé de 68 ans. Il est l'homme le plus riche du pays et incarne le développement du « capitalisme communautaire » dans le pays.
- Ah Sung-Ho : ancien ouvrier de la mer, âgé de 51 ans. Meneur syndicaliste reconnu et respecté dans tout le pays, il est redouté des guildes.
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Politique internationale :
Neutralité et pacifisme actif. La diplomatie et le commerce sont les outils principaux qui doivent permettre la sécurité du pays. S'engage a défendre toutes les communautés bouddhistes qui seraient attaquées injustement, dans le cadre d'une guerre juste et sacrée.