
- Bonjour bonjour !
Six fusils mitrailleurs sont pointés sur lui. Albernest Brulot, pistolet à la main, se lève de sa chaise.
- Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous fichez ici ?
- Pardon je ne me suis pas présenté : agent spécial Colin Caramel, nous avons rendez-vous.
Un des miliciens vérifie dans son agendas électronique.
- Heu, oui c’est vrai, rendez-vous dans une demi-heure Albernest.
Ce dernier lève un sourcil.
- Agent spécial Caramel, pouvez-vous nous dire comment êtes-vous arrivé ici ? Parce que pour nous, c’est une faille de sécurité majeure… vous n’êtes pas du tout censé avoir accès à ce bunker. D’ailleurs qu’est-ce qui est arrivé au garde devant la porte ? Valenteigne tu peux aller regarder et sécuriser le périmètre ?
Le milicien contourne Colin Caramel avec un regard suspicieux et disparait dans le couloir. Ce-dernier observe l’intérieur du QG super-secret avec curiosité.
- Ah oui ? Grand Dieu, ne vous inquiétez pas du tout Albernest, c’est comme tout à Carnavale, il y a des passages secrets.
- Souffrez, monsieur Caramel, que je les connaisse, vous comprenez qu’une brèche dans notre dispositif, en tant que chef des armées de Carnavale, je dois la connaitre.
- Évidement, évidement, suivez-moi.
Ils sortent de la pièce, croisent l’officier Valenteigne qui tente de ranimer son collègue devant la porte. Albernest fronce les sourcils.
- Vous l’avez assommé monsieur Caramel ?
- Moi ? nooon. Il dormait juste devant la porte quand je suis arrivé.
- Si c’est vrai je vais devoir le renvoyer pour faute grave.
- Alors c’est moi qui l’ai assommé, ce n’est pas du tout de sa faute. Voilà le passage secret.
Ils s’arrêtent devant un placard électrique comme il y en a tant. Colin Caramel déplace plusieurs fils dans un ordre précis et quelque chose se déclenche de l’autre côté. Soudain, le fond du placard s’entrouvre, dévoilant une porte.
Albernest Brulot se tourne vers ses soldats.
- Barthélémimosa, pourquoi on ne l’a pas découvert avant ?
Celui-ci plisse les yeux en observant le passage.
- C’est creusé dans la roche et le fond a l'air d'être épais et fabriqué avec plusieurs couche de revêtement isolant. Nos détecteurs radars et écholocalisation sont passés à côtés.
Un milicien lève le doigt :
- Et puis il y avait marqué « danger de mort » sur la porte, la plupart des gens n’ont pas dû oser ouvrir le panneau…
Albernest Brulot semble contrarié.
- C’est ennuyant, il va falloir déplacer le QG…
- Vous savez, monsieur Brulot, déplacez-vous ailleurs et il y en aura d’autres, des passages du même genre. Si vous voulez mon avis, épargnez vous un déménagement, d'ailleurs votre bunker est super. Peut-être qu’il vaut mieux simplement accepter que nous ne connaissons pas toutes les entrées et les sorties de Carnavale ? Et nous réjouir que le secret soit entre de bonnes mains.
- Entre de bonnes mains… je ne vous connais qu’à peine, agent Caramel, et vous avez assommé mon garde. D’ailleurs pourquoi vous avez fait ça si nous avions rendez-vous ?
- Démonstration de force.
- Pardon ?
- Démonstration de force. Améthyste Castelage travaille à affirmer son autorité sur la ville, nous sommes dans un moment crucial et nous avons besoin de la fidélité de tout le monde. Et puisque moi je suis son homme, alors j’envoie des messages.
- Et si je vous faisais fusiller et que j’envoyais votre tête à Améthyste ça serait une démonstration de force ?
- Mon Dieu mais ce serait horrible.
- Vous direz à Améthyste que je n’aime pas ses manières…
- Ne lui reprochez rien, c’est de ma pure initiative.
- Vous aimez bien prendre pour les autres ?
- J’ai le syndrome du sauveur.
- Bon entrez, mais vous présenterez vos excuses à mon garde quand il se réveillera.







