25/11/2018
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[Brocelynwood-Westalia] Vers une amitié consolidée ?

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Négociations d’accords Brocelynwood / Westalia

Lieu : Wynterhall (capitale)
Dates : jeudi 7 et vendredi 8 septembre 2018
Déroulé : Communiqué préalable (relayé par la presse internationale)

Devant le bâtiment historique du Secrétariat Royal à la Politique Etrangère et aux Armées du Royaume de Brocelynwood, la délégation officielle brocélienne attend la délégation westalienne.
Dans l’ordre protocolaire, outre les conseillers, elle est composée de :
_Aldric ROWANSTONE, Premier Secrétaire Spécial du Roi
_Stephen PHILIPPS, Secrétaire Royal à la Politique Étrangère et aux Armées
_Melvin MCBRIDE, Secrétaire Royal au Culte
Le Secrétaire Royal à l’Economie, Joe Berryn, aurait dû être le troisième homme, dans la même configuration que lors du déplacement à Duve. Cependant, Westalia a accepté de donner à cette rencontre une tonalité fortement religieuse en annonçant le déplacement de plusieurs hauts représentants du culte protestant de Westalia, dans le contexte de la création de l’Organisation Internationale pour le Protestantisme (OIP). La Grande République a devancé sur ce point les attentes du Royaume ; il était donc indispensable de saisir l’occasion - et de respecter leur interlocuteur - en intégrant celui pouvant être considéré comme le numéro 4 de l’Etat et numéro 1 du Protestantisme brocélien, le Pasteur Melvin McBride.

Il n’est pas certain que les accords actuels nécessitent des remaniements si profonds - les échanges le détermineront - cependant l’essentiel réside certainement dans la valeur symbolique de la rencontre, et pour cela le Royaume a fait le maximum pour donner la meilleure visibilité possible.
Au-delà de l’enjeu du Protestantisme et de la création de l’OIP, le Royaume souhaite s’appuyer sur ce type de partenariats bilatéraux solides pour assurer sa place sur le continent aleucien, sans volonté hégémonique mais comme puissance régionale respectée. Il est nécessaire d’éviter d’être supplanté par des instances supranationales comme l’OND ou la CCP, ou des régimes de type communistes, anarchistes, ou nativistes.

Des dizaines de journalistes (brocéliens, westaliens, et quelques internationaux) sont en place. L’apparition des trois hommes amène les journalistes à multiplier les questions, auxquelles les représentants, détendus, répondent en répétant les mêmes objectifs et propos convenus.

Seule ombre au tableau ; le temps gris et pluvieux. Alors que les intempéries s’accélèrent et que des dizaines de parapluie s’ouvrent à la chaine, les forces royales s’écartent pour laisser approcher les motos puis la voiture de la délégation westalienne.
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La Grande République de Westalia et le Royaume de Brocelynwood partagent des racines profondément liées, toutes deux d'anciennes colonies du Royaume d'Austaria, devenues indépendantes à cause de la guerre de l'effondrement, avant de se forger une prospérité largement supérieure à celle de l'ancienne métropole, dans un continent aleucien qu'elles ont retiré des mains de ses derniers, sans une effusion de sang, mais par le fait accomplie d'une chose : le Royaume n'avait déjà plus aucun moyen de récupérer ses colonies occidentales. Brocelynwood avait fait le choix de développer une nouvelle forme de monarchie austarienne, accordant une place centrale aux cultes protestants, poursuivant l'épopée landorienne sous la vision nouvelle de la maison de Brocelyn. Westalia, à l'inverse, avait chassé son nouveau Roi autoproclamé, Edward Ier, seulement quelques années après l'indépendance, pour prendre le nom qu'on lui connaît aujourd'hui. Malgré tout, les racines culturelles austariennes ont fait que ces deux nations, l'une à l'Est et l'autre à l'Ouest, partagent encore de nombreuses similitude, que cela soit le respect accordé à la tradition, l'unité de la nation ou encore un certain rejet des populations indigènes encore présentent sur leurs terres. Sur ce plan, on associe encore beaucoup Westalia à ses politiques discriminatoires, que cela soit sous la dictature ou jusqu'aux années 70, période ayant vu la ségrégation prendre fin, comme pour les politiques hardenboriennes anti-hamajak et autoritaires de la fin du XXème siècle jusqu'à 2015, un exemple parfait de politique "austarian style", permettant de diriger un pays d'une main de fer.

Depuis leur indépendance, Westalia et Brocelynwood ne sont pas restés sans contact bien longtemps, à la suite de cet épisode fondateur commun. Avec le rapprochement diplomatique du Roi Johnlyn III, au crépuscule de la Ier République, les deux peuples austariens d'Aleucie purent reprendre la construction de nouveaux liens. S'influençant mutuellement, que cela soit par la répression commune des communautés natives, tout particulièrement grâce aux influences horvanxiennes ayant influencé plus d'un dirigeant à cette époque, tout comme par des mouvements de populations réguliers entre les deux territoires, avec un accent tout particulier au cours de la Grande ruée vers l'or en Westalia, au cours des années 1870. Cette proximité de plus d'un siècle et demi permet de poser sans contexte les bases solides de ces liens qui unissent ces deux peuples, des frères austariens, à l'histoire encore plus ancienne qu'avec la Lermandie, principal allié de la Grande République, démontrant l'appréciation des westaliens vis-à-vis des brocéliens, qui n'ont rien d'un peuple étranger à leurs yeux, bien au contraire.

Photographie prise par un journaliste westalien d'Henry Takajiwa, Ministre fédéral aux affaires étrangères de la Grande République, saluant le parterre de journalistes avant de rejoindre ses hôtes, à Wynterhall, Royaume de Brocelynwood, le 7 septembre 2018.
Photographie prise par un journaliste westalien d'Henry Takajiwa, Ministre fédéral aux affaires étrangères de la Grande République, saluant le parterre de journalistes avant de rejoindre ses hôtes, à Wynterhall, Royaume de Brocelynwood, le 7 septembre 2018.

Il n'y avait pas eu de rencontre officielle de cette ampleur depuis de nombreuses années entre les deux nations. Les bonnes relations avec le Brocelynwood sont considérées comme une constante réciproque pour chaque acteur de cette scène, depuis aussi longtemps qu'ils entretiennent des relations diplomatiques. Les changements de régimes et de gouvernements n'ont jamais mis en échec cet état de fait, ce qui pouvait être interprété comme une preuve sérieuse de la solidité de leurs liens, mais à la fois une certaine stagnation dans les relations westalo-brocéliennes. C'est le Royaume qui est à l'initiative de cette réunion diplomatique de premier rang, dans un contexte diplomatique de recomposition des blocs en Aleucie, dans un contexte où de très nombreux yeux sont rivés vers la Grande République de Westalia, première puissance du continent, sur sa stratégie à venir et tout particulièrement en prévision de 2019 et d'un retour prophétisé de la droite au pouvoir, laissant transparaître un changement beaucoup plus radical de position en Aleucie, pour le moment discret et très pragmatique, voir confus par les luttes politiques internes, le blocage d'une adhésion à l'OND étant un parfait exemple de cette situation.

Dans un gouvernement de compromis avec la gauche, la droite a toute de même réussi à prendre le contrôle des affaires étrangères, en plaçant stratégiquement une figure majeure des conservateurs à ce poste : Henry Takajiwa. Théoricien du Kaiko-bu, cette doctrine diplomatique favorisant l'ouverture sur le monde, ayant connu un certain succès à l'international chez certains gouvernements étrangers, Takajiwa est surtout connu comme étant l'un des principaux visages de la Grande République à l'international, ayant déjà occupé ce poste entre 2003 et 2015, avant de le récupérer en 2017. Diplomate internationalement reconnu, il est derrière la signature de nombreux traités majeurs dans lesquels Westalia a pris part, que cela soit celui pour la fondation de l'ASEA, le renouveau de la coopération avec la Lermandie ou encore pour l'ouverture de nombreux marchés Eurysien aux entreprises westaliennes, depuis 2013. Aujourd'hui, il applique sa nouvelle doctrine du "Bear's Awakening", qui consiste à donner un nouvel élan diplomatique et d'influence à Westalia, se centrant sur la protection du continent contre les menaces communistes, indigénistes ou encore stérusiennes. Une application encore freinée par le Président fédéral, beaucoup plus réticent, mais qui ne pourra pas durer éternellement, tout particulièrement quand Henry Takajiwa est l'une des figures les plus importantes du nouveau gouvernement fédéral formé fin 2017.

C'est donc une personnalité westalienne importante qui s'est fait le leader de cette délégation venu renforcer les relations avec le Brocelynwood, démonstration de l'importance que souhaite donner Westalia au Royaume pour les années à venir et celle d'Henry Takajiwa de rassembler un peu plus de nations aleuciennes westalo-compatibles aux côtés de la Grande République. Cette rencontre est donc avant tout un message envoyé aux brocéliens, mais également au monde, que les westaliens souhaitent accorder une place plus importante au Brocelynwood dans leur stratégie continentale, une rencontre très symbolique invitant à emboîter le pas pour les prochaines réunions entre les deux pays. Accompagné par le ministre fédéral, des conseillers, des représentants d'entreprises westaliennes et tout particulièrement des leaders protestants ayant fait le déplacement au sein de la délégation officielle. Un premier mouvement stratégique visant à démontrer par un acte concret du soutien westalien au Brocelynwood, en légitimant et renforçant l'initiative du Roi Johnlyn IV à la création de l’Organisation Internationale pour le Protestantisme. C'est avec la figure centrale qu'est le pasteur Marcus Besken, également membre du Council of Religious Affairs, une institution publique indépendante regroupant tous les représentants des religions en Westalia, qu'Henry Takajiwa joue sa première carte, en faisant marcher le protestant juste à côté de lui lors de son approche vers les hauts dignitaires brocéliens.

Le Ministre fédéral se rapproche de ces derniers, suivi de sa délégation escortée par des gardes du corps, pour certains les protégeant de l'averse avec un parapluie, avant de tendre sa main pour débuter les échanges diplomatiques, à quelques dizaines de mètres de la nuée de flashes des photographes venus immortaliser la scène, celle d'une première poignée de mains tendue.

Henry Takajiwa : Chers amis brocéliens, c'est un honneur de pouvoir vous rendre visite à Wynterhall, la Grande République vous remercie une fois de plus pour votre chaleureuse invitation, avec la confiance que nous ressortirions de cette rencontre encore plus proche et plus prospère qu'avant. Monsieur le Président fédéral Simeon Belagri souhaite également partager ses hommages à tous les brocéliens, ainsi qu'à Sa Majesté Johnlyn IV, avec une confiance tout aussi identique et inébranlable que nos échanges seront constructifs et très productif.

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La délégation brocélienne apprécie que la délégation soit menée en premier lieu par M. Takajiwa. Sa vision conservatrice devrait faciliter les échanges, quand bien même il fait partie d’un gouvernement de compromis. Pendant que le Ministre des Affaires Étrangères énonce ses premiers mots, écoutés attentivement, les serrages de main se multiplient entre les nombreux hommes composant les deux délégations. Donner une tonalité confiante, sérieuse et à la fois détendue à la rencontre est particulièrement important devant le crépitement des flash des journalistes et des photographes.

M. Aldric ROWANSTONE répond immédiatement :

“Monsieur Takajiwa, Messieurs, vos mots nous vont droit au coeur. C’est un immense honneur de vous accueillir dans notre belle capitale pour cette visite officielle de deux jours, dont j’espère tout le monde mesurera prochainement la portée. Sachez que notre Monarque Sa Majesté Johnlyn IV a tenu également à faire part de sa profonde considération à l’égard de la Grande République de Westalia et particulièrement à Monsieur le Président Fédéral. Je ne doute d’ailleurs pas un seul instant de l’organisation d’une rencontre officielle entre nos Chefs d’Etat dans les prochaines années. Mais sa réalité et sa portée dépendra bien sûr de notre production dès ce jour. Ainsi, je vous propose de suivre de ce pas le maître des lieux afin de nous mettre au travail.”

Le Secrétaire Royal à la Politique Étrangère et aux Armées, M. Stephen PHILIPPS, marche en tête et franchit l’entrée de son bâtiment. Les délégations traversent le traditionnel hall immense du Secrétariat Royal, transformé en allée par l’alignement de quelques dizaines de gardes royaux. L’avancée est lente, chacun prenant le temps d’échanger quelques mots et d’observer les détails historiques et architecturaux, un style qui n’est évidemment pas méconnu par les Westaliens.
Quelques dizaines de mètres plus loin, les hommes s’avancent au sein de la longue Salle des Conférences, lieu de rencontres et de négociations, à l’abri des caméras, dont le plan de table a été préparé avec soin.


Lorsque chacun a pris place, M. Stephen PHILIPPS prononce quelques mots d’usage en guise d’accueil, et donne quelques indications relatives à l’essence du bâtiment en lien avec l’Histoire du Royaume.

Aldric ROWANSTONE, en sa qualité du Premier Secrétaire Spécial du Roi, remercie Stephen PHILIPPS, et reprend la parole pour l’ouverture officielle des discussions :

“Messieurs, sauf erreur de ma part, il semble qu’une longue journée de travail nous attend tant nous avons de thèmes à aborder. Pour rappel, l’enjeu convenu lors des correspondances initiales est d’afficher et renforcer la solidité des liens unissant le Royaume de Brocelynwood et la Grande République de Westalia, ce qui doit évidemment reposer sur des coopérations réelles et renouvelées. Je souhaite profondément me présenter avec M. Takajiwa devant les journalistes demain après-midi, avec un nouveau Traité quasi-finalisé et contentant l’ensemble des parties. La fluidité et l'approfondissement de notre partenariat est une condition importante de notre crédibilité sur le continent aleucien, alors que les défis sont multiples. Nous avons identifié les enjeux autour de trois grands axes de discussion :
- La coopération culturelle et religieuse, à laquelle nous relions également la question des migrations entre nos pays
- La coopération économique et commerciale
- La coopération militaire et sécuritaire
Sur le plan diplomatique, je pense que nous ne pouvons que constater la qualité des canaux actuels, et je vous confirme que le budget de l’Ambassade de Brocelynwood à Westalia sera légèrement augmenté, facilitant le lien du Royaume avec ses ressortissants mais aussi et notamment avec les dirigeants de la Grande République, au plus près d’eux.
Avant de laisser la parole à M. Takajiwa, et que vous puissiez donner votre point de vue sur les objectifs visés et l’ordre du jour dont je viens de dessiner les contours, je vous propose d’écouter le Pasteur M. Melvin McBRIDE, Secrétaire Royal au Culte, qui souhaitait également partager quelques mots introductifs.”

Melvin McBRIDE, Haut personnage de l’Etat mais peu habitué à ces rencontres diplomatiques, se lève et s’exprime, dans un style correct mais plus direct :

“Messieurs, je tiens à faire part de mon, devrais-je dire de notre, étonnement. Un étonnement sincère, mais évidemment tout à fait positif. Il est extrêmement rare, voire inexistant, que des nations viennent à notre rencontre en la présence de leurs représentants religieux, qui plus est de confession protestant. Dans notre Royaume, la religion protestante est partie intégrante de l’Etat, et j’en suis le plus éminent représentant. J’ai tout à fait conscience que votre modèle est différent, parce que républicain, parce que composé de croyances majoritaires qui diffèrent ; ainsi le fait de partager une réunion de ce type avec autant de représentants de l’Eglise Protestante de Westalia, en la présence du Pasteur Marcus Besken, témoigne des liens profonds et uniques qui nous unissent. Cela témoigne aussi de la portée de notre démarche, annoncée par notre Monarque, de créer cette Organisation Internationale pour le Protestantisme, et qui trouve donc sens aux yeux de votre représentation religieuse, avec une bienveillance sans égal de votre représentation politique. Pasteur Besken, vous serez tout particulièrement bienvenu au sein de cette OIP.
La place et le rôle du protestantisme et des protestants dans le Monde seront donc l’objet de l’OIP dès son lancement officiel en décembre, bien davantage que de la réunion d’aujourd’hui. Cependant, les protestants attendent beaucoup du Royaume de Brocelynwood, et nous assumons cette responsabilité qui n’est autre qu’un don de Dieu. Ainsi, nous vous proposons d’apporter directement le financement nécessaire à l'ouverture d’un nouveau grand temple protestant d’un coût de 2 500 Ui, au coeur d’une de vos grandes villes, en y associant une école privée à destination d’enfants d’âge primaire qui auront l’immense joie de vivre la rencontre avec Dieu”.
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A la suite des salutations formelles entre les différents membres de chaque délégation, non sans être immortalisées par les journalistes photographiant la scène, l'ensemble des acteurs de cette rencontre entamèrent leur marche à l'intérieur du bâtiment officiel, à travers les couloirs richement décorés du Secrétariat Royal, avant d'atteindre la Salle des Conférences, lieu où vont se tenir les échanges entre les deux gouvernements. La délégation westalienne s'installe du côté de la table lui ayant été attribué, avec en son centre le Ministre fédéral aux affaires étrangères de la Grande République, Henry Takajiwa. Il ne fallut pas attendre longtemps pour se lancer dans la première discussion, avec la prise de parole introductive du Premier Secrétaire Spécial du Roi, Aldric Rowanstone, qui pose la ligne à suivre au cours des échanges à venir. Pour le chef de la diplomatie westalienne, la Grande République doit se lancer dans la reconstruction de ses relations avec les nations d'origines austariennes, tout particulièrement lorsque la majorité d'entre elles se trouvent en Aleucie. Sur le continent, Westalia a toujours entretenu de bonnes relations avec ces dernières, que cela soit avec le Brocelynwood ou le Navasota, entretenant des accords avantageux avec ces deux nations. Pour autant, Henry Takajiwa souhaite capitaliser sur cette proximité existante pour faire évoluer les relations en conséquence des ambitions diplomatiques de son pays à l'international. Cette visite au Brocelynwood, la première d'une longue série, est le premier pas vers cette nouvelle stratégie westalienne de renforcer ses partenariats existant et d'en transformer certains, au possible, en alliances solides pour l'avenir.

Henry Takajiwa : Je vous remercie pour cette introduction, Monsieur Rowanstone. En toute transparence, la Grande République de Westalia considère avec beaucoup d'amitié et d'intérêt les rapports qu'elle entretient avec le Royaume de Brocelynwood. Depuis plus d'un siècle et demi, nous avons toujours su trouver le meilleur de chacun pour nous aider à nous développer communément grâce à ces précédents accords qui nous unissent. Ainsi, vous l'avez très bien soulevé avec ces trois axes de discussions que vous proposez, Monsieur le Premier Secrétaire Spécial du Roi, nous avons tout à gagner à développer une coopération bien plus avancée sur ces différents domaines : la culture, la religion, l'immigration, la défense, la diplomatie, l'économie... Le contexte géopolitique aleucien évolue très rapidement depuis moins d'une dizaine d'années, avec l'émergence de nouvelles puissances et d'opportunités à travers tout le continent, avec ses crises et ses nouvelles richesses à saisir. La Grande République a su tirer profit de ces opportunités, défaire les menaces sur son chemin et se construire une réputation diplomatique et commerciale majeure dans le monde. Aujourd'hui, nous souhaitons faire profiter de ces acquis et de cette ascension à nos amis brocéliens, qui ont toute la légitimité et les capacités d'atteindre les sommets de cette nouvelle ère, à nos côtés. Cette rencontre, je l'espère très profondément, est la première pierre d'une coopération majeure entre nous, avec des objectifs qui ne manqueront pas d'être ambitieux et profitables à chacun.

Le cadre était posé, celui d'une main chaleureusement tendue vers le Brocelynwood. Il n'était pas inconnue des chancelleries aleuciennes que le Ministre fédéral, Henry Takajiwa, avait entamé depuis son retour à son poste, fin 2017, un renouveau des relations westaliennes à travers le continent, notamment en négociant un traité avantageux seulement quelques jours après son retour, avec la Fédération maximiliane, dont son intervention personnelle aurait permis d'influencer les autorités maximillianes de faire fermer la base slavis sur leurs terres, quelques semaines après la rencontre. Dans cette nouvelle configuration diplomatique, celle du "Bear's Awakening", Henry Takajiwa pose les bases d'une Westalia protectrice du continent, qui se veut rassembleuse des peuples, à minima de ceux qu'il juge comme compatible avec son pays. L'ère de l'Alliance pour la Sécurité Economique Aleucienne (ASEA), cette organisation dont fait partie la Grande République et diverses puissances notables en Aleucie, est sur le point de se terminer, par son effondrement prévisible dans les deux à trois ans à venir. Préventif d'un tel événement, il prépare déjà "l'après" de cette chute, une chute qui devra être profitable à la Grande République, faute de pouvoir l'éviter, et le Royaume de Brocelynwood a déjà une place toute particulière dans cet "après", dans le futur des relations westaliennes à l'international.

La délégation a également écouté attentivement la prise de parole du Pasteur Melvin McBride, un personnalité d'importance dans le Royaume, de par son rôle majeur dans les affaires religieuses, ce qui en fait, en plus des dirigeants politiques, un homme important pour le maintien et l'amélioration des relations avec Westalia, un allié de l'intérieur, pour lequel Henry Takajiwa a déjà ramené le parfait interlocuteur : le Pasteur Marcus Besken. Le dialogue religieux est une corde diplomatique stratégique pour la bonne entente avec le Brocelynwood, un dialogue pour lequel le représentant religieux westalien ne se manquera pas de prendre part, notamment en réponse à celui de son homologue brocélien.

Marcus Besken : Pasteur McBride, Messieurs les Représentants royaux, c'est bien évidemment avec honneur et beaucoup de respect que la communauté protestante a accueilli l'initiative de Sa Majesté Johnlyn IV. Durant plusieurs siècles, nos croyances nous ont value le mépris et le rejet dans de nombreux pays, avant de voir une évolution des mentalités. Dans ce "nouveau monde" qu'est l'Aleucie, la coexistence a pu naître, que cela soit avec l'établissement du Brocelynwood, principale nation protestante du continent, ou la bonne entente religieuse en Westalia, depuis la fondation de la Ier République. Avec la création de l'Organisation Internationale pour le Protestantisme, votre pays ouvre la voie à un nouveau chapitre pour les cultes protestants, qui vont pouvoir s'exprimer à plus grande échelle dans le monde et développer des coopérations culturelles et religieuses qui ne permettront que de mieux renforcer notre foi envers le Seigneur. La Protestant Federation of Westalia, que je représente à cette table, va bien évidemment soutenir cette initiative en adhérant officiellement à cette dernière, lors de sa création prévue en décembre. J'accueille très favorablement votre proposition de financer la construction d'un nouveau temple et d'une école privée en Westalia, s'il me faut la validation des membres du conseil du PFW pour accepter une telle offre, je sais déjà qu'ils seront favorables à votre proposition, peut-être pourrait elle-même être appliquée à la suite de l'inauguration de l'OIP, pour symboliser d'entrée le caractère international de cette dernière.

Désormais, l'attention se retourne vers les dirigeants politiques, pour débuter le dialogue diplomatique sur les nombreux sujets à aborder, avec une ouverture d'Henry Takajiwa en direction de ses homologues :

Henry Takajiwa : L'axe de nos discussions étant validé par tous, je vous propose de nous lancer maintenant dans ces dernières. Peut-être souhaitez-vous commencer par un thème en particulier ? Tous seront abordés, bien évidemment, mais en tant qu'hôte de cette rencontre, nous souhaitons vous laisser le choix du premier sujet sur lequel échanger.

C'est un mouvement assez classique chez Henry Takajiwa, au cours des nombreuses rencontres qu'il a mené par le passé : celui de laisser son interlocuteur prendre le choix du premier thème à aborder. Si cette volonté semble donner l'impression d'une politesse et d'un respect à leur égard, de prime abord, c'est en réalité une stratégie de ce dernier pour mieux cerner les priorités de la délégation d'en face et d'orienter les positions westaliennes en conséquences pour s'assurer du dialogue le plus fluide et de la meilleure route pour arriver à ses objectifs. Ce n'est pas un mouvement systématique dans ses rencontres, mais particulièrement pratique et simple à appliquer pour mieux comprendre ses interlocuteurs et leur façon de penser.
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A la suite des premières interventions des représentants Westaliens, Aldric ROWANSTONE reprend la parole, continuant à se positionner en leader des négociations. Les propos introductifs sont de bonne augure. Mais si la proposition de donation visait bien sûr à favoriser l'influence protestante de Brocelynwood à Westalia, il y avait également la volonté de se positionner du côté du “bienfaiteur” dès l’entrée en discussion, d’être du côté de la nation qui apporte à l’autre. La main tendue a bien été saisie, mais précédée de l’intervention d’Henry Takajiwa, donnant une autre lecture à la rencontre : la Grande République viendrait apporter aujourd’hui le fruit de sa puissance acquise sur le continent aleucien. Ce déséquilibre Westalia / Brocelynwood est effectivement une réalité en 2018, mais un des enjeux de ces journées sera de le laisser paraître le moins possible. L’intérêt sera contraire pour la délégation Westalienne, mais il s’agit du “jeu” normal et habituel des subtilités de la diplomatie, d’autant que les bonnes relations et les intérêts communs sont aussi des réalités, et elles prendront le dessus à n’en pas douter.

“Vous l’avez dit, Monsieur Takajiwa, ‘des objectifs ambitieux et profitables à chacun’, je n’aurais su mieux définir l’objet de ces journées. Nous serons deux partenaires exigeants, non pas par pur égoïsme, mais parce que nous avons de grandes attentes vis-à-vis du développement prospère du continent. Pour cela, il est aujourd’hui temps de franchir une nouvelle étape.
Je vous propose de traiter les différents points dans l’ordre où je les ai énoncés tout à l’heure. Il n’y a nulle priorisation à avoir car je suis convaincu que les thèmes ne peuvent être traités indépendamment les uns et des autres, ce qui nécessitera peut-être quelques allers-retours.
Mais effectivement, il est tout à fait cohérent d’entamer les négociations par l’angle culturel, religieux et migratoire car c’est ce qui fait la singularité de notre relation. C’est sur ces bases là que nous devons bâtir les autres dimensions de la relation. Nous nous battons en effet derrière l’idée que le développement économique prend tout son sens pour assurer le bien-être d’une société consciente de ses valeurs, et non l’inverse. Je suppose que ce ne sont pas les Pasteurs ici présents M. McBride et M. Besken qui me contrediront, ou j’en serais très étonné, si vous me permettez Messieurs l’impolitesse de m’exprimer en vos noms. Mais notre vision est peut-être désuète dans un monde où la moralité est sans cesse à géométrie variable, devant s’adapter aux besoins commerciaux.
Cela peut paraître être une digression mais nous serions très heureux que nos accords bilatéraux, de même que la future OIP, reflètent cette représentation du monde et de l’Humanité.
Cela étant posé, je laisse M. McBride poursuivre sur le premier sujet.”

En tant que Secrétaire Royal au Culte, Melvin McBRIDE n’a habituellement pas la charge de l’ensemble du premier point à l’ordre du jour tel que défini aujourd’hui, puisque la question des migrations notamment relève du Premier Secrétaire Spécial du Roi ou du Secrétariat Royal à la Politique Etrangère. C’est cependant la répartition qui a été choisie en amont, permettant d’équilibrer la place de chaque membre de la délégation et de donner une place plus centrale au représentant le plus éminent du Culte Protestant brocélien. Cela permettra au chef de la délégation Aldric Rowanstone de négocier les détails de la dimension économique et commerciale, en l’absence du Secrétaire Royal à l’Economie, puis à Stephen Philipps, Secrétaire Royal à la Politique Etrangère et aux Armées, d’être évidemment au coeur des discussions militaires et sécuritaires.

Melvin McBRIDE
“Pasteur Besken, je ne peux que constater que vous avez tout à fait saisi le sens et l’Histoire dans lequel s’inscrit la création de cette Organisation Internationale pour le Protestantisme, et je n’en suis point étonné puisque nous sommes reliés par cette même foi indissociable de notre existence elle-même. Les protestants sauront désormais qu’au-delà de la communauté de croyants dont ils sont membres, il existe une institution internationale qui reconnaît leur légitimité et veille à les protéger. Vous avez tout à fait raison Pasteur, cela s’inscrit bien dans la continuité de ce que nous avons construit sur le continent aleucien en quelques siècles, en rupture avec la persécution initiale. Nous vous accueillerons bien sûr à bras ouverts au sein de l’OIP, également déjà rejointe par la Republik Bachmeyer, et nous pourrons ainsi bâtir ce grand projet dès la fin de cette année.
Vous émettez l’idée que l’offre que nous venons de soumettre s’inscrive dans les premières réalisations de l’OIP ; sous contrôle de l’accord de M. Rowanstone, je souscris pleinement à cette proposition. Nos services respectifs peuvent déjà engager les signatures des formalités, indépendamment de l’issue des autres points à négocier, afin que le projet aboutisse et soit inauguré début 2019, dans les suites immédiates de la mise sur pied de l’OIP. Je crois que nous pouvons désormais considérer que tout ce qui concerne directement la coopération relative au culte protestant sera traité directement dans le cadre de l’OIP. Mais vous aurez compris qu’ici se situe le socle des valeurs, ainsi comme l’a rappelé Monsieur le Premier Secrétaire Spécial du Roi, les autres sujets évoqués n’en seront évidemment pas déconnectés pour autant.

Monsieur Takajiwa, Messieurs, cela est d’autant plus vrai que je vais désormais évoquer la coopération culturelle, avec quelques propositions. Certaines de ces dimensions seront peut-être un jour amenées à être élargies à d’autres Etats, si chacun de nous présent ici estime que cela fait sens et que ces nations sont suffisamment proches des nôtres. Mais avant de penser à ces “heureux élus”, si je puis me permettre, chaque chose en son temps. Il s’agit déjà de lier les deux piliers que sont le Royaume de Brocelynwood et la Grande République de Westalia par des fondations toujours plus solides.
Bon. Avant de détailler, je vais mettre un peu les pieds dans le plat ; nous sommes un Royaume, fiers de l’être, amenés à le rester. En allant plus loin dans la coopération culturelle, il ne s’agit effectivement pas de promouvoir la République en soi, qui tente une partie de notre population. Excusez-moi, je suis peut-être trop honnête mais je vais en venir aux faits. Je souhaite simplement expliquer qu’au-delà cette différence assez fondamentale, inutile de s’en cacher, ce qui nous rassemble est suffisamment essentiel pour que cela soit un rempart contre les agitateurs et perturbateurs, les mouvements socialistes, nativistes, parfois anarchistes, antireligieux, ou que sais-je. Et c’est en cela que le rapprochement culturel prend tout son sens, et qu’il est à relier avec la discussion précédente.
Nous avons travaillé dur avec mes conseillers et voici ce à quoi nous avons abouti, au-delà du lien avec la PFW via l’OIP et ses projets.
Premier point : durant sa scolarité, chaque enfant westalien devrait avoir effectué un voyage scolaire de 7 jours à Brocelynwood et, symétriquement, chaque enfant brocélien devrait avoir effectué un voyage scolaire de 7 jours à Westalia.
Deuxième point : mise en place d’une coordination entre historiens des deux pays, pour que les programmes d’Histoire enseignés dans nos écoles respectives, du plus jeune âge jusqu’à l’Université, soient pleinement cohérents et dans l’intérêt commun de nos deux nations.
Troisième point : mise en valeur de sports prestigieux et respectables, un peu trop tombés en désuétude, comme le Tir à l’Arc et l’Equitation, avec l’organisation de tournois inter-universitaires Westalia / Brocelynwood diffusés sur nos chaines publiques. Cela doit évidemment entrer en résonance avec la réalité des disciplines pratiquées à Westalia, donc nous serons évidemment à l’écoute de vos retours.
Quatrième point : échange de 50 oeuvres d’arts, permettant à 50 oeuvres historiques brocéliennes d’être exposées dans les musées westaliens, et de même pour 50 oeuvres brocéliennes.
Cinquième point : il est aussi économique puisqu’il concerne le tourisme mais c’est la dimension culturelle que je vais viser. Nous souhaitons que nos vacanciers respectifs privilégient nos nations, ce qui évitera les mésaventures expérimentées dans certaines contrées comme récemment à Escapula. Nous proposons un mécanisme original selon lequel des lieux d’hébergement (hôtels, campings, chambres d’hôte, gîtes) seront formés puis labellisés pour proposer un accueil personnalisé et adapté aux touristes en provenance de Westalia ; pour ces lieux, les westaliens seront exemptés de TVA, ce qui les incitera à privilégier Brocelynwood et ce réseau. Evidemment, l’idée serait là aussi que vous puissiez adopter un mécanisme similaire.
Sixième point : se tenir à un objectif que 5% des oeuvres diffusées dans les cinémas et 5% des albums de musiques proposés à la vente soient le fruit d’un artiste du pays partenaire.
Voilà pour ce qui concernait la dimension culturelle.

Je me permets d’enchainer sur la question migratoire, ce qui vous permettra de réagir sur l’ensemble.
Je rappelle la doctrine de Brocelynwood en la matière : nos frontières sont fermées par principe à l’entrée légale sur le territoire. Nous accueillons cependant les travailleurs en leur délivrant un titre de séjour de cinq ans, renouvelable, aux conditions suivantes : automaticité si la personne est de confession protestante, ce que nous vérifions strictement par divers moyens ; ou pour les non-protestants, lorsqu’il y a un accord bilatéral avec le pays d’origine, avec une limite d’accueil d’immigrés généralement fixée par quotas.
Concernant les ressortissants westaliens accueillis, nous retrouvons ces deux cas de figure : personnes protestantes, ou bien westaliens de diverses confessions dans les limites fixées par nos accords précédents.
Nous pensons que nous pouvons à la fois aller beaucoup plus loin, mais tout en sécurisant le cadre. Je m’explique. Un principe de libre circulation des travailleurs serait tout à fait envisageable, il nous semble, entre Westalia et Brocelynwood. Cela signifierait des procédures simplifiées, en l’absence de quotas à tenir sur l’année et de vérification de la confession. Cela est aujourd’hui potentiellement rendu possible du fait des coopérations renforcés dans les domaines religieux et culturels.
Mais il reste un point épineux. Nous ne souhaitons en aucun cas, vous le comprendrez, que cela donne lieu à une émigration massive de votre communauté native vers Brocelynwood, d’autant que cette dernière est assez importante à Westalia. Nous ne voyons pas d’obstacle juridique à notre niveau pour exclure les Alderii de cette libre circulation. Mais nous ne savons pas comment votre nation envisage cette dimension et ce que sont les contraintes qui s’imposent à vous.

J’en finis ici avec mon monologue et nous sommes pleinement à l’écoute de vos réactions.”


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La délégation westalienne écouta avec attention les propositions présentées par le Pasteur Melvin McBride. Henry Takajiwa alterne son regard entre le brocéliens s'exprimant devant sa délégation et des feuilles blanches en face de lui, dont il semble griffonner à plusieurs reprises des notes relatives à la prise de parole à laquelle il assiste. Contrairement à la délégation brocélienne qui se répartit la prise de parole et les sujets à traiter, le cœur de la représentation westalienne est bel et bien son Ministre fédéral aux affaires étrangères, caractéristique de l'homme puissant qu'il est aussi bien au pays, comme en Aleucie, pour avoir façonné de nombreux rapports diplomatiques sur le continent et sur la transformation de la doctrine diplomatique de la Grande République. Si Melvin McBride possède une force politique importante en Brocelynwood, ce n'est pas autant le cas du Pasteur Marcus Besken en Westalia, un homme qui a certes son mot à dire, mais dont la présence a surtout pour objectif de bâtir un pont amical avec l'intérêt premier du Royaume : la cause protestante. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard que cette rencontre soit introduit par la mise en place de l'Organisation Internationale pour le Protestantisme et sa relation vis-à-vis de Westalia, dans une note positive visant à lancer les échanges diplomatiques sereinement et avec confiance.

Dans un choix brocélien, les premiers sujets d'échanges de cette rencontre sont celui de la culture, de la religion et surtout de l'immigration, un dernier point assez important dans les liens qui unissent les deux pays. Cependant, l'introduction de cette première partie eu de quoi déconcerter légèrement la délégation westalienne. Pour être précis, il est de connaissance commune que des mouvances républicaines sont d'actualités sur la scène politique brocélienne, depuis un bon moment déjà, et que le pouvoir en place voit d'un très mauvais œil ce genre d'idéologie visant à faire chuter la monarchie pour instaurer une nouvelle République, à sa place. Là où République et Monarchie semble être des oppositions majeures en Brocelynwood, c'est une culture qui n'est pas présente au sein de la Grande République, probablement par les raisons de l'établissement d'une République en Westalia en premier lieu. Au début du XIXème siècle, les pères fondateurs n'avaient pas renversé le Roi Edward Ier par haine pour la Royauté en tant que tel, mais plus par une volonté de reprendre le pouvoir que s'étaient appropriés les exilés austariens quelques années auparavant. Pour dire, des sources de l'époque tracent des échanges, à plusieurs reprises, de remettre en place une monarchie avec à sa tête le Général Arthur Lerant, qui deviendra le premier Président de Westalia, mais qui refusera à chaque fois l'idée de se faire couronner Roi. En Brocelynwood, on est probablement plus proche d'une une opposition qui ressemble à celle présente en Austaria au début du XXème siècle, avec une mouvance républicaine très forte ayant amené à la guerre civile austarienne entre 1926 et 1931, entre les monarchistes et les révolutionnaires républicains. Ainsi, la réponse d'Henry Takajiwa se veut rassurante sur ce point.

Henry Takajiwa : Je peux vous rassurer immédiatement, la Grande République de Westalia ne se positionne pas comme une entité antimonarchique ou promouvant des idées visant à mettre fin à une quelconque forme de royauté à l'international. Cela n'a jamais été dans notre ADN de soutenir ce genre d'idée, puisque nous savons parfaitement que chaque peuple à son propre modèle pour faire fonctionner leur société et qu'il n'appartient qu'à eux de le faire évoluer à leur besoin. Notre pays a ainsi des contacts avec des formes de gouvernement aussi diverses que variées, pour lesquelles nous acceptons nos différences, dans lesquelles nous ne voyons pas de frein pour le développement de nos relations. Bien évidemment, cette vision concerne principalement nos partenaires, il serait hypocrite de ma part de ne pas mentionner l'existence de certains régimes profondément dangereux pour leur population, tout comme pour la communauté internationale, à l'image du communisme, peu importe sa forme, contre lequel nous luttons depuis plusieurs décennies. Ainsi, ces accords se font bien évidemment avec le respect de votre culture et de vos traditions, dans un sens réciproque, puisqu'il serait contre productif de signer des traités pouvant déstabiliser un de nos plus proches partenaires, bien au contraire, notre doctrine se trouve dans la position d'une Grande République qui aide au développement de ses amis. Un entourage à la croissance importante et à la stabilité assurée permet tout naturellement des partenariats particulièrement rentables.

Concernant le cœur des propositions faites à la suite, les idées sont bonnes, avec des points qui seront particulièrement intéressants pour le développement des relations diplomatiques, mais aussi le rapprochement culturel entre les deux peuples, déjà très proches en l'état. Cependant, il reste quelques corrections à apporter pour que ces propositions puissent être compatibles avec le système westalien et surtout la validation du Président fédéral, qui n'a pas nécessairement la même opinion sur certains de ces sujets qu'Henry Takajiwa peut avoir. Ainsi, le Ministre fédéral commence à reprendre chaque point pour s'assurer de présenter correctement la vision westalienne, qui ne consiste finalement qu'à la correction de certains détails et à la proposition d'alternatives, dans certains cas.

Henry Takajiwa : Monsieur McBride, vous nous avez présenté de nombreuses propositions très intéressantes et pour lesquelles nous sommes très globalement favorables à leur mise en place entre nos deux pays. Cependant, pour des raisons légales ou constitutionnelles, je me dois de vous partager quelques évolutions à apporter dans ces dernières, pour permettre leur application. En effet, nous souhaiterions revoir les notions de quotas qui pourraient s'avérer trop restrictives sur le long terme, afin d'avoir un traité beaucoup plus adaptable sur le long terme, permettez-moi de m'exprimer proposition par proposition :

  • Pour le premier point : Nous sommes entièrement favorables à la mise en place de voyages scolaires, nous le faisons déjà avec de nombreux pays et Westalia dispose d'un système d'accueil expérimenté pour ce genre d'échange. Cependant, il serait contre-productif de donner des indications directes concernant le programme ou la durée des voyages. En effet, nous optons plutôt pour l'incitation concernant le choix des établissements pour ce genre de voyage. Dans notre cas, je pense qu'il serait plus intéressant de proposer des aides supplémentaires dans ce genre de programmes internationaux, afin d'inciter les écoles westaliennes à favoriser le Brocelynwood comme destination, et réciproquement votre gouvernement pourrait faire de même en incitant vos institutions scolaires à favoriser Westalia comme destination.
  • Pour le deuxième point : Je suis persuadé que c'est tout à fait possible de mettre cela en place, en mettant en relation, comme vous le proposez, nos historiens et spécialistes en charge de rédiger le programme portant sur l'Histoire de nos pays, à tout les niveaux de scolarité de nos étudiants.
  • Pour le troisième point : Notre Ministère fédéral à l'éducation dispose d'un dispositif visant à favoriser les relations universitaires à l'international et il est tout à fait possible d'utiliser ce dispositif pour mettre en place ce genre d'initiative sportive entre nous. Le tir à l’Arc et l’Équitation ne sont peut-être pas des sports de premier plan, bien que le premier semble retrouver une certaine popularité, à ma connaissance personnelle, ils restent encore pratiqués dans nos universités.
  • Pour le quatrième point : Nous sommes également favorables à l'échange d’œuvres d'art, les musées westaliens possédant les réserves les plus importantes d'Aleucie, avec des œuvres issues de toute la planète, dont plusieurs possèdent une valeur historique majeure. Cependant, je pense qu'il est préférable de ne pas s'imposer un quota et de se concentrer pour mettre en place un système de prêts temporaires d’œuvres entre nos musées, qui pourront être pilotés par nos institutions culturelles officielles respectives, dans le cas de Westalia, cela serait avec notre Ministère fédéral à la culture.
  • Pour le cinquième point : Votre idée est très intéressante, la mise en place de ce label proposé à nos acteurs nationaux du tourisme, afin d'adapter leurs services à l'accueil de touristes brocéliens ou westaliens, est une très bonne chose pour laquelle nous sommes favorables. Le secteur du tourisme en Westalia est très important et nous ne pouvons qu'approuver votre initiative.
  • Pour le sixième point : Malheureusement, une obligation concernant la diffusion d’œuvre sur la base de leur origine n'est pas une disposition pouvant être légale en Westalia. Comme indiqué précédemment, nous pouvons cependant opter pour des moyens incitatifs afin de tendre vers une telle volonté. La seconde option, peut-être plus intéressante, serait la constitution d'un organisme westalo-brocélien qui aurait pour objectif de faciliter la diffusion de ces œuvres de nos deux pays, que cela soit par l'organisation de festivals, notamment pour la musique, ou la création d'une chaîne de télévision détenue par nos deux gouvernements, notamment pour ce qui touche au domaine du cinéma. L'avantage de cet organisme sera que la barrière de la langue ne posera pas de problème, contrairement à d'autres peuples. Les brocéliens et les westaliens ont cet avantage de parler la même langue, un point commun non-négligeable.

Plusieurs de ces modifications, comme on peut s'en douter, viennent du fait que les fondements de la Grande République se posent sur une grande liberté d'entreprendre, caractérisée par une intervention minium de l’État et des contraintes limités à ce qui est jugé comme nécessaire. Le gouvernement fédéral, à l'exception de certaines parenthèses sociales-démocrates, a toujours eu ce genre d'approche, puisque telle est la vision de Stanislas Asfort lorsqu'il a rédigé la constitution qui donna naissance à la Grande République. Le gouvernement évite de trop imposer à ses acteurs et cherchent plutôt à inciter ces derniers à s'orienter vers ce que ce dernier souhaite, par d'autres biais moins coercitifs. C'est pour cette raison que la notion de quotas n'est pas forcément bien accueillie dans tous les sujets en Westalia, bien que possible suivant de quoi on souhaite parler.

Dans le sujet qui suit, celui de l'immigration, la contrainte ne se trouve pas dans cette doctrine précédemment décrite, bien au contraire, mais dans les lois de la Grande République sur certains points énoncés par la représentation royale. Pouvoir décider de qui doit rentrer sur l'unique base de son appartenance à une communauté est quelque chose qui rentre en conflit avec les accords de Columbia de 1979, ayant eu pour volonté de mettre fin à la ségrégation appliquée aux populations hamajaks, notamment sur la discrimination dont ils ont été victimes. Bien évidemment, en tant que conservateur, quand bien même modéré, Henry Takajiwa n'est pas un partisan de cette défense des droits hamajaks et il serait tout à fait favorable à une discrimination telle que proposé par les brocéliens, mais ce ne serait pas le cas du Président fédéral, Simeon Belagri, voir même de la justice fédérale, qui pourrait faire condamner l’État et faire annuler ce point du traité. Cependant, comme pour beaucoup de choses en Westalia, il y a toujours moyen de contourner légalement ce genre de limite, tout particulièrement sur un sujet comme l'immigration. Après tout, si les accords de 1979 auraient complétement éradiqué les discriminations contre les hamajaks, la question de leurs droits ne serait pas encore un sujet d'actualité en 2018... Pour ce faire, le Royaume a de la chance d'avoir Henry Takajiwa face à lui pour l'aider dans cet objectif, sans détour.

Henry Takajiwa : Concernant la question migratoire, notre pays est favorable à renforcer les échanges humains entre nos deux nations, des échanges déjà importants de par l'historique que nous entretenons depuis plusieurs décennies à ce sujet. La Grande République de Westalia dispose également d'un titre de séjour pour travailler valable sur une période de quatre années, renouvelable sans limite, du moment que les demandeurs passent par nos services en charge de l'immigration. Nos quotas sont revus à la hausse depuis environ quatre ans, dans une volonté d'attirer de nouveaux travailleurs venus de l'étranger, afin de répondre à notre forte demande en main d’œuvre pour nos entreprises en plein essor, principalement de la main d’œuvre qualifiée et des spécialistes.

Comme vous le soulignez bien, Monsieur McBride, notre ouverture et nos objectifs ne signifient pas que nous souhaitons faire entrer sur notre territoire tout et n'importe quoi. De votre prise de parole, j'en comprends que cette vision est également partagée en Brocelynwood. Malheureusement, en raison de certaines de nos lois, nous n'avons pas l'autorisation de traiter différemment un citoyen westalien en raison de son origine, sauf avec raison justifiable qui nous éviterait des problèmes avec notre justice fédérale. Cependant, nous pouvons mettre en place des moyens... alternatifs... pour obtenir un résultat similaire. Les citoyens westaliens disposent d'une carte d'identité où figure leur croyance précise, mais aussi leur appartenance ethnique, qu'ils soient austariens, madrerians, nipozams ou hamajaks. Dans le cas des hamajaks, vous pourriez mettre en place un tri à partir de cette information, pour limiter les entrées sur le territoire de ces natifs qui nous posent également problème dans nos affaires intérieures. Quelque chose qui ne serait pas officielle, pour les raisons évoquées précédemment, mais parfaitement légale puisque le Brocelynwood est entièrement maître de ses frontières, chose que la justice fédérale ne pourra rien faire contre. Ainsi, dans les procédures d'immigration, vous n'aurez plus qu'à demander ce papier d'identification pour trier à votre guise les hamajaks des westaliens que vous autoriserez à venir s'installer sur votre territoire.


Le contournement est viable, bien que des organisations hamajaks n'hésiteront sûrement pas à le dénoncer à force de voir des refus brocéliens remonter. Cependant, le Royaume n'a pas vraiment à s'inquiéter de ceci, d'une part parce que ces organisations n'ont aucun poids en dehors de Westalia, et d'une autre part parce que le gouvernement fédéral soutiendra cette décision en coulisse pour s'assurer qu'elle se poursuive sans encombre. Ce n'est pas la première fois qu'un tel contournement est mis en place avec la complicité de l'exécutif, officiellement ou non, qui a l'habitude de ce genre de méthode. L'objectif principal est, dans ce cas, d'aider les brocéliens à pouvoir faire le tri entre les westaliens d'ethnie hamajak et les westaliens d'autres communautés, afin d'éviter que les premiers ne décident de venir s'installer en trop grand nombre au Brocelynwood. Il reste à savoir si cette solution est une alternative acceptable pour le Royaume...
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Les différentes réponses d’Henry Takajiwa allaient globalement dans une direction positive. L’ensemble des propositions formulées par Melvin McBride avaient reçu un accueil positif, mais généralement avec le même type de bémol. Plutôt que des règles chiffrées et strictes, la Grande République de Westalia préférait favoriser la libre adaptation des règles par la société civile et le marché. Il est vrai que du côté du Royaume de Brocelynwood, la liberté d’entreprendre est certes une valeur fondamentale, mais il y a beaucoup moins de gêne de la part de la Monarchie à dicter un certain nombre de règles et consignes de manière bien plus centralisée. Il ne devrait cependant pas être extrêmement difficile de bâtir des compromis sur ces bases, mais la délégation brocélienne va rester attentive à ce que cette liberté ne risque pas de réduire la portée des accords.

Aldric ROWANSTONE va reprendre la parole. Si Melvin MCBRIDE pouvait être la bonne personne pour dérouler les propositions, il n’en est pas de même lorsqu’il s’agit d’affiner chaque détail. De plus, le Secrétaire Royal au Culte n’a pas été très “fin” dans sa manière d’évoquer l’enjeu du régime Westalien (la République) et la crainte de son influence à Brocelynwood. Heureusement, la délégation Westalienne a choisi de se montrer extrêmement ouverte, mais cela aurait pu les froisser et coûter davantage. A ce stade, Henry Takajiwa demeure l’interlocuteur idéal, comme l’a montré sa dernière prise de position vis-à-vis de l’enjeu migratoire.
C’est notamment sur ce point qu’Aldric ROWANSTONE souhaite s’empresser de réagir. Là aussi, des solutions semblent à portée de main, d’autant que la délégation brocélienne s’est peut-être un peu trop avancée en premier lieu en annonçant que le mécanisme initialement proposé ne rencontrerait pas d’obstacle juridique. Il est vrai que la Constitution distingue les communautés au lieu de reconnaître une seule communauté nationale, mais celles-ci sont supposées bénéficier d’une égalité de droits.


Aldric ROWANSTONE
“Nous vous remercions de toute votre compréhension relative aux enjeux migratoires. Nous comprenons vos contraintes, et nous ne sommes finalement pas si éloignés, tant dans les objectifs que dans les obstacles pouvant potentiellement les entraver.
Nous vous proposons l’alternative suivante : plutôt qu’acter une libre circulation des personnes entre nos deux nations, ce qui aurait été symboliquement très fort mais posant quelques risques, nous pouvons prévoir un quota très élevé, par exemple 1 million d’immigrés en provenance du pays partenaire dans l’année. En quoi cela résoud-il notre problème, me direz-vous ? Si on considère que tout le monde peut rentrer jusqu’à épuisement du quota, par exemple le 8 novembre pour prendre une date au hasard, effectivement cela n’aurait quasiment aucun impact, d’autant que le quota est prévu pour ne pas être épuisé. Mais selon moi, la notion de “quota” signifie “légitimité à sélectionner”. Même si les critères doivent être souples, cela permet de prendre en compte la communauté d’origine, par des biais détournés. Bien sûr, cela ne doit pas exclure toute migration de personnes Hamajaks et Alderii, ce qui serait beaucoup trop visible, contesté et assez inutile, mais d’avoir un outil qui permette d’en limiter la portée si nécessaire. Ce même mécanisme serait applicable dans les deux sens car, je vous rassure, la communauté d’appartenance est également visible sur les papiers d’identité brocéliens. C’est indispensable puisque lors des élections nationales, les Alderii élisent un représentant spécifique à l’Assemblée Unique.

Le Premier Secrétaire Spécial du Roi se permet d’ajouter une petite précision, afin de renforcer la connivence avec Henry Takajiwa dont il connait également les positions politiques à ce sujet. :

1,35% de la population qui élit 1,80 % des membres élus de l’Assemblée, voilà comme notre nation discrimine apparemment si terriblement sa communauté native.

Il poursuit :
Bon, pardonnez-moi pour cette parenthèse. J’espère que nous avons abouti sur la question migratoire, vous nous le direz bien évidemment. Je vous propose de reprendre chacun des points précédents relatif à la coopération culturelle.
Nous vous remercions chaleureusement de vos retours positifs et de la manière dont vous avez enrichi chacune des propositions du Royaume. J’ai la sensation que nous ne sommes plus qu’à quelques centimètres d’une coopération culturelle qui serait parmi ce qui se fait le mieux au monde à ce jour.
Il semble que nous sommes parfaitement en phase pour les points deux - rédaction conjointe des programmes d’Histoire -, trois - tournois inter-universitaires Westalia / Brocelynwood de sports prestigieux, cinq - labels réciproques et ajustement du taux de TVA pour favoriser le tourisme entre nos nations. Nous sommes persuadés que ce dernier point notamment est une belle innovation.
Concernant les voyages scolaires, j’entends votre souhait de ne pas être rigide sur les modalités. Il nous semble cependant important d’atteindre l’objectif que chaque enfant brocélien ait réalisé au moins un voyage scolaire vers Westalia dans sa scolarité et réciproquement - mettons de côté la notion de durée. Le principe d’aides ciblées pour les destinations à favoriser est une idée pertinente, à condition que nos gouvernements y soient contraints dans le futur Traité. En effet, nous imaginons bien que le budget des établissements n’est pas illimité et que cela devrait être suffisamment incitatif. Nous souhaitons cependant que cela soit assorti d’un mécanisme de suivi annuel, nous permettant de nous assurer que l’objectif que je viens de mentionner sera atteint, ou a minima à plus de 90 %. Notre volonté serait que l’absence d’obligation stricte soit un moyen différent d’arriver à une même fin.
Concernant les œuvres d’art, nous devons admettre que votre ajustement propose un cadre plus riche sur le long-terme. De notre côté, ce dispositif serait copiloté par M. McBride qui a la charge de la politique culturelle, au sein du Secrétariat Royal au Culte. Le suivi annuel du Traité devra également inclure cette dimension afin de nous assurer mutuellement que cette disposition ne soit pas une coquille vide dans les faits. Nous vous proposons qu’à titre symbolique et afin de marquer le lancement officiel de ce partenariat, la Grande République de Westalia et le Royaume de Brocelynwood procèdent au don respectif d’une œuvre d’art majeure de leur nation.
Concernant les échanges culturels musicaux et cinématographiques, le lancement d’une chaîne de télévision commune serait effectivement un signal fort, grandement facilité par la langue partagée. Notre Secrétariat Royal à l’Education serait en charge de ce partenariat, qui inclurait également l’organisation de deux festivals de musique westalo-brocéliens, un dans chaque pays. Il serait souhaitable que ces projets aboutissent au cours de l’année 2020, même s’il faudra probablement plusieurs années pour qu’ils prennent l’ampleur escomptée. Nous pouvons donc mettre de côté les objectifs chiffrés de diffusion d'œuvres cinématographiques et musicales, et travailler aux succès de ces projets. De leur réussite dépendra la capacité à faire circuler réellement la connaissance de ces oeuvres au sein de nos deux pays.
Je vous remercie de votre écoute, j’espère avoir été raisonnable dans la prise en compte de vos excellentes idées, Monsieur Takajiwa.
Peut-être avez-vous encore des points à affiner sur la dimension culturelle, ou je vous laisse également l’opportunité d’amorcer vos propositions sur la question économique et commerciale, si ous le souhaitez.”

La délégation brocélienne avait précisé que la dimension culturelle était la fondation de tout accord, car elle détermine les valeurs. Pour autant, entre deux Etats qui partagent tant, le détail n’est pas forcément le plus clivant et complexe à négocier. Concéder un certain nombre de points techniques permet de réellement améliorer l’accord, mais aussi d’entrer dans de bonnes dispositions sur des points potentiellement plus épineux, relatifs à l’économie ou au militaire et pour lesquels les intérêts de chacun sont parfois bloquants.
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Il était assez surprenant que les Alderii puissent disposer d'un droit aussi particulier que de pouvoir détenir un certain nombre d'élus dédiés à leur communauté. En Westalia, pourtant composé de quatre grandes communautés ethniques, ce principe de répartition "par communauté", n'a jamais été envisagé par les différents exécutifs, bien que cela n'empêche pas l'idée d'exister et d'être plutôt ancienne. En effet, si la Grande République est née de la fin du régime horvanxien, elle en a repris de nombreuses bases, telles que le concept idéologique de "l'Union Nationale", qui considère que les communautés westaliennes reconnaissent leurs différences ethniques, mais s'associent comme un seul peuple : les westaliens. Ainsi, accorder des exceptions institutionnelles à une communauté n'est pas seulement anticonstitutionnel, c'est impensable dans l'esprit d'une large majorité des dirigeants passés et présents. Cependant, cela n'a pas empêché la Grande République de voir émerger des mouvements politiques ethniques, bien que leur impact sur le pays diverge grandement. Que cela soit avec une présence presque infime, comme le Partito Autonomista Madreriano, qui défend une indépendance de Terracristo pour les madrerians, mais dont le peu de popularité et d'influence qu'ils possèdent sont en chute libre, ou encore avec une influence modérée, mais sans revendication autonomiste, le Parti de la Croissance Nipozam, qui souhaite juste le développement des régions à majorité nipozam, contrôlant actuellement l’État-Républicain de Lerant, en coalition avec la droite westalienne et dans une alliance de longue durée avec le Parti de l'Union Républicaine. Beaucoup plus récemment, c'est la création du Mouvement Social Hamajak, en 2013, qui voient pour la première fois de l'histoire du pays un parti politique hamajak arriver au Sénat, avec une popularité toujours grandissante et défendant une plus grande autonomie des hamajaks (l'indépendantisme hamajak étant considéré comme illégale depuis 2003).

Pour Henry Takajiwa, la remarque du Premier Secrétaire Spécial du Roi est donc parfaitement justifiée. Si le contexte était le même avec les hamajaks en Westalia, il aurait probablement eu la même opinion sur le sujet. Cependant, par déontologie diplomatique, ce dernier ne peut pas se permettre de trop marquer ses opinions sur le sujet, faute de provoquer de nouvelles tensions au sein du gouvernement fédéral, voir avec le Président fédéral. En effet, si le Ministre fédéral aux affaires étrangères dispose d'une influence particulièrement importante sur la diplomatie du pays, notamment par le fait qu'il est l'architecte moderne de cette dernière, Simeon Belagri a posé des limites claires lors des négociations pour la formation d'un gouvernement de compromis, fin 2017, pour éviter que la droite westalienne ne puisse appliquer de façon radicale son programme, mais tout en leur accordant certaines concessions, la maîtrise des sujets extérieurs à la Grande République étant la plus grande d'entre elles.

Le chef de la délégation westalienne répond donc en premier sur le sujet concernant l'immigration, dont les négociations sur ce thème ne sont pas complexes au vu de la compréhension mutuelle de la position des deux partis. Il n'existe donc plus qu'une question de détail et d'enrichissement à réaliser :

Henry Takajiwa : Nous n'avons aucun problème à accepter des quotas pour l'immigration. Sur cette partie-là, nous pouvons être beaucoup plus flexibles et le chiffre d'un million d'immigrés me semble être parfaitement légitime et justement trouvé. Afin de prévoir l'augmentation des échanges entre nos deux nations, je pense qu'il sera important, dans le futur traité que nous sommes en train de construire, d'accorder une place particulière aux titres de séjours ayant pour objet le tourisme, qui devraient pour moi ne pas avoir de limite, puisque nous avons tout intérêt à voir des touristes westaliens et brocéliens alimenter respectivement l'économie de chacun.

Nous parlons des entrées, mais il est également important de parler des sorties de nos citoyens. En ouvrant de plus en plus nos frontières, il est important que nous puissions disposer d'accords spécifiques concernant l'expulsion et l'extradition de nos citoyens. Dans des accords similaires que nous partageons avec d'autres pays, nous optons généralement pour une confiance mutuelle se composant d'accords permettant des expulsions facilités par des demandes administratives rapides et simples, tout comme un respect des demandes d'extradition, pour un de nos citoyens ou non, recherché par notre justice, et dont les demandes d'extradition puissent passer par un canal dédié, visant à une application rapide et positive. Des mesures réciproques et, à l'écoute de vos positions, qui pourraient largement vous intéresser.


La question migratoire approchant de sa fin, il est également temps de clore le volet des accords culturels, très complets et se trouvant globalement sur la même longueur d'onde entre les deux délégations.

Henry Takajiwa : Pour les voyages scolaires, je pense qu'il n'y a pas d'obstacle à se fixer un objectif, du moment qu'il n'est pas contraignant. Au contraire, je pense que c'est un indicateur qui devrait servir nos services respectifs à réévaluer les moyens mise en œuvre pour tendre vers ce taux de 90% que vous proposez. Cela pourrait s'accompagner par une rencontre annuelle entre nos institutions dirigeantes de l'éducation de nos enfants et de nos étudiants, afin que ces dernières puissent poser le bilan de l'année passée et des propositions à émettre pour améliorer le travail accompli. Il sera difficile d'atteindre cet objectif au cours des premières années de cet accord, mais je suis persuadé que cela sera possible d'ici une dizaine d'années, où la prochaine génération pourra s'assurer d'avoir visité au moins une fois nos pays respectifs.

Pour ce qui est du prêt d’œuvres d'art, je suis d'accord pour qu'un suivi annuel soit mis en place, avec une participation active de nos institutions culturelles pour faciliter l'organisation d'expositions sur nos territoires, afin de faire vivre l'art et partager nos cultures réciproquement à nos populations. Le premier échange que vous proposez pouvant être un bon départ dans ce sens.

Pour le reste, nous avons fait part de notre avis favorable et suivant les évolutions sur lesquels nous avons échangés jusqu'à présent, qui, je le pense, permettent donc de clôturer nos échanges sur ce sujet majeur qu'est la culture.


Avec la proposition de débuter sur les questions économiques et commerciales, la rencontre entre dans le domaine de prédilection de la Grande République, celui de l'élargissement de son réseau commercial, le plus important du continent. Dans les faits, Westalia et le Brocelynwood sont déjà des partenaires commerciaux, mais les accords actuels, comme dans beaucoup d'autres domaines, ne sont plus à la portée des besoins actuels et de l'évolution de la Grande République en tant que première puissance économique et commerciale du continent. Le gouvernement fédéral a un objectif assez clair concernant cette rencontre, faire entrer le Brocelynwood dans son grand réseau commercial "de bénéfices mutuels", qui cherche à renforcer la puissance économique globale du continent. Pour ce faire, il n'est pas rare que Westalia pousse ses acteurs économiques à prendre une part active dans ce projet, avec des investissements parfois très importants dans l'économie des partenaires aleuciens pour les aider dans leur développement. Dans ce cas-là, la question risque d'être beaucoup plus épineuse avec le Brocelynwood, qui a adopté des mesures assez restrictives concernant les investissements en provenance de l'étranger. La nature assez protectionniste du pays, un aspect beaucoup moins présent chez un pays partisan du libre-échange tel que Westalia, pourrait également être un frein dans les négociations concernant l'abaissement des droits de douane ou taxes en place pour les échanges commerciaux. Pour autant, ce sujet est majeur pour les westaliens, avec une pression très importantes des Dynastic Families dans ce type de négociations, démontrant que le commerce en Westalia n'est pas seulement une pièce stratégique dans son échiquier continental, c'est tout simplement vital pour sa croissance. Sur ce point, Henry Takajiwa opte pour une stratégie d'allure simple, mais particulièrement brute, qui va principalement chercher à prendre la température de ce qui va être possible de faire ou non, exposant tel un commercial à son client les offres de l'entreprise qu'il représente :

Henry Takajiwa : Monsieur Rowanstone, c'est avec plaisir que nous allons vous partager nos propositions sur le volet économique et commercial. Comme vous le savez, le commerce est le cœur battant de l'économie westalienne, mais également aleucienne, pour laquelle nous représentont la plus grande part depuis plus d'une décennie. Les tensions diplomatiques récentes, les agressions, les crises et les risques de guerre n'ont pas affaibli notre santé sur ces aspects-là, où nous avons débuté très récemment un élargissement de nos partenaires économiques, en les intégrants dans le Grand Réseau Commercial Westalien, bien que dans le cas du Brocelynwood, nous serions plutôt dans une réactualisation de nos accords actuels. Le principe de ce concept commercial, en Aleucie, est de permettre à nos partenaires de bénéficier du dynamisme commercial de notre pays pour aider à la croissance de leur économie. Par notre biais, vos acteurs économiques peuvent avoir l'occasion de saisir de nouvelles opportunités, mais également de profiter de notre réseau de contacts à l'international et pas seulement en Aleucie. Cela s'ancre dans notre doctrine diplomatique commerciale : celle d'aider à la construction de partenaires économiques puissants, un investissement sur le long terme qui permet à chacun d'y trouver de nombreux bénéfices, je peux vous l'assurer sans hésitation.

Bien évidemment, nous avons conscience des particularités du Brocelynwood en la matière, notamment quand il est question d'investissements en provenance de l'étranger, qui est plafonné. Pour autant, le Royaume dispose de nombreux atouts majeurs qui pourraient inciter nos acteurs économiques à investir grandement dans votre économie : notre langue commune, notre relation historique, votre stabilité, et même votre dynamisme économique récent. Ce n'est qu'une proposition, sur laquelle vous pourrez nous proposer vos ajustements, mais je pense que votre gouvernement pourrait trouver de nombreux bénéfices à augmenter le plafond des investissements en provenance de Westalia et à favoriser ces derniers. Cela pourrait se traduire par des investissements financiers dans vos acteurs économiques, voir l'implantation de filiales westaliennes en Brocelynwood, dans le respect de vos lois, tout particulièrement si vous avez des secteurs en tête dont vous pensez qu'un soutien vous serez profitable.

Cette présence westalienne, d'actualité chez plusieurs de nos partenaires, ouvre de nombreuses opportunités pour vos acteurs économiques, notamment l'accès au marché westalien et ses plus de 65 millions de consommateurs, voir de ses sociétés toujours à la recherche de nouveaux fournisseurs ou de prestataires à l'étranger, soutenu par des accords commerciaux favorisant la prise de ce genre de décision. Ainsi, nous avons pour habitude, avec cette inclusion dans ce Grand Réseau Commercial Westalien, de proposer un abaissement des droits de douane à 30%, à partir du 1er janvier 2019, avec une baisse annuelle de ce taux par tranche de 10%, dont l'objectif à l'horizon 2022 serait d'atteindre le plafond de 5%. Ces chiffres sont bien évidemment ajustables suivant votre besoin et des exceptions peuvent être mises en place pour des secteurs stratégiques brocéliens qui nécessiteraient une adaptation plus lente sur le long terme, avec par exemple une baisse annuelle moins élevée et un plafond final plus grand. Ce que nous souhaitons, avec cette baisse progressive des droits de douane, c'est de pouvoir faciliter les échanges entre les marchés westaliens et brocéliens, sans changements brutaux, pour que nous puissions nous soutenir économiquement en nous favorisant naturellement pour notre développement, dans une relation bénéfique et profitable à chacun.

La Grande République est une partisane majeure du libre-échange commercial en Aleucie, mais cela ne veut pas dire que nous souhaitons l'imposer à tout un chacun. La confiance de nos partenaires sur ce genre de sujet est primordiale et nous restons ouverts aux négociations, voir aux ajouts que vous souhaiteriez nous proposer concernant ce volet majeur de nos échanges.


L'essentielle de la diplomatie westalienne est basée sur ses relations commerciales. Pour les acteurs économiques de la Grande République, voir de façon plus générale les Dynastic Families, la diplomatie est devenue un relais majeur pour la croissance économique du pays et des entreprises de ces dernières. Westalia est donc naturellement toujours dans une posture à vouloir étendre son réseau commercial, à le renforcer et à faire toujours plus de profit à l'étranger. Pour beaucoup d'experts, c'est cette stratégie qui a permis à la Grande République dormante du début des années de 2000 de redevenir la première puissance du continent au cours des années 2010, celle d'une nation commerçante et profondément capitaliste.
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Aldric ROWANSTONE :

Monsieur Takajiwa, nous partageons tout à fait vos ultimes précisions concernant les enjeux migratoires et culturels. Effectivement, la notion de quota permettant une sélectivité des populations entrantes ne concerne que les titres de séjour hors tourisme, qui eux ont tout à fait vocation à ne pas être limités. Le pendant de cette quasi-liberté de circulation est en effet un système d’expulsions / extraditions facilité, nous ne pouvons que vous suivre sur ce point.

J’en viens donc maintenant aux enjeux économiques. Nous vous remercions de cette introduction très complète. Nous sommes convaincus que nous avons tout intérêt à nous appuyer sur votre force et votre dynamisme dans une optique de long-terme, car c’est ainsi que nous envisageons les partenariats commerciaux. Cela est d’autant plus important à l’échelle d’une même région du monde.

En ce qui concerne l’approche du libre-échange et de la liberté de circulation des capitaux, nous avons effectivement des différences d’appréciation. Nous ne considérons pas cela comme un frein majeur à notre coopération, mais notre négociation va être amenée à en tenir compte.
Vous l’avez mentionné : la loi relative à la régulation des investissements internationaux a limité chaque apport de capital venant de l’étranger à 2000 unités internationales (650 millions de dollars) et le total des capitaux en provenance d’une même nationalité à 5000 unités internationales (1,650 milliard de dollars). Nous sommes attachés à cette forme de protection de notre souveraineté, même si nous entendons tout à fait que l’approche diverge dans de nombreuses nations du monde, dont en partie du côté de la Grande République de Westalia.
Dans l’absolu, nous n’aurions pas vu d’obstacle majeur à aller un peu au-delà pour les investissements en provenance de votre nation. Mais il a fallu fixer une limite, un cadre, qui a été fait Loi par notre Secrétaire Royal à l’Economie, Monsieur Berryn, et par le vote de l’Assemblée Unique. Nous n’avons d’autres choix que de nous y soumettre.
Pour être un peu technique : seule une autre Loi ou une Ordonnance royale pourraient défaire une Loi. Il ne nous paraît pas raisonnable en termes de crédibilité de faire voter un nouveau texte quelques semaines après le précédent pour commencer à insérer des exceptions, et cela prendrait le risque de diviser notre propre majorité alors qu’elle a été unanime en juin. Quant à l’Ordonnance royale, l’économie ne fait pas partie des domaines pour lesquels elle serait applicable. S’agissant d’investissements internationaux, cela pourrait être considéré comme relevant de la “politique étrangère” qui appartient en l’occurrence au domaine réservé du Roi. Mais considérant que le texte de Loi portant sur le même objet a bien été reconnu de tous comme étant du champ de compétence de l’Assemblée Unique, cette évolution ne serait pas cohérente. L’Ordonnance risquerait d’être contestée tant juridiquement que politiquement par les oppositions.

Veuillez m’excuser pour ce développement juridique, mais cela me permet d’expliciter les tenants et aboutissants, c’est absolument primordial dans une relation de confiance comme la nôtre.
Sur le fond, il serait donc fortement souhaitable d’atteindre la limite de 1,65 milliard de dollars d’investissements westaliens au sein du Royaume de Brocelynwood. Afin de potentialiser l’impact de ces investissements, même privés, nous serions d’avis de les flécher dans le Traité. Nous vous informons que nous avons besoin d’un appui spécifique au niveau du développement des industries et services basés sur les nouvelles technologies, afin de diversifier et moderniser notre économie.
Dans ce cadre, nous serions tout à fait prêts à procéder à l'achet de brevets afin de faciliter notre capacité à innover et augmenter notre productivité
Je précise par ailleurs que notre législation prévoit de longue date des limitations à la concentration et donc à la taille des entreprises, principe dont nous devrons également tenir compte.

En ce qui concerne les droits de douane, ma réponse devrait être plus simple. Nous appliquons des droits de douane par défaut de 25 % donc nous proposons que le point de départ soit même de 20% en 2019, avec une baisse progressive de 5 points de pourcentage par année, permettant bien d’atteindre les 5% à compter du 1er janvier 2022. Vous l’aurez compris, nous avons quelques réticences au libre-échange et n’avons donc pas pour habitude d’abaisser ces droits de manière généralisée, mais plutôt par secteur. Cela montre bien la confiance et le partenariat privilégié que nous plaçons en la Grande République. Connaissant la puissance des industries westaliennes et notamment à l’export, nous serions cependant demandeurs d’exclure certains secteurs, comme vous l’avez suggéré. En la matière, nous sommes très attentifs à protéger notre industrie du bois au sens large, également l’artisanat issu du bois. A l’inverse, nous pensons qu’une suppression complète des droits de douane peut s’envisager dans le secteur halieutique, comme nous l’avons réalisé avec la République de Duve : sauf erreur de ma part, nous sommes des nations au sein desquelles le secteur de la pêche est dynamique, avec des grands marchés de consommateurs. L’intensification des échanges permettrait d’abord de diversifier l’offre, ce qui pourrait plutôt contribuer à augmenter la demande et conduire à des bénéfices mutuels.

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