25/11/2018
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Histoire générale du Saint-Empire de Wardonie.

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Principales phases chronologiques du Saint Empire Wardonien.

Antiquité :

Au commencement de l’histoire wardonienne, les forêts étaient peuplées d’êtres primitifs souvent en conflits entre eux et s’opposant régumièrement aux légions de la Rhême impérial. C’est à dire un coin sauvage peuplé de barbares plus ou moins évolués qui se permettaient de pratiquer des incursions chez les rhmiens mais sans réels États ne dépassant pas le stade de chefferies ou de tribus aux institutions assez primitives. Un territoire assez inexploré où les affrontements entre chefs sont réguliers même si la peur de l’envahisseur rhêmien est prédominante et peut en partie expliquer l’union temporaire des tribus pour écraser Sancte lorsqu’elle tente de trop s’avancer en Wardonie. Parfois, contraire, les barbares se soumettaient, payaient tribu et devenaient une sorte d’État tampon, client de Sancte tout en étant plutot autonome et un partenaire commercial apprécié pour ses armes de grandes qualités et ses auxiliaires particulièrement performants contre les Barbares du Sud de l’Empire ;

Ensuite avec les invasions des peuples des steppes (les Huns, notamment, ainsi que les Goths et toutcounti…) on peut commencer à envisager une vaste migration qui perfore les Limes et qui aura des conséquences démographiques assez sévères à Teyla et qui verra le pouvoir central, décadent, obligé de céder des terres aux Barbares germains en échange de leurs fidélités donnant ainsi naissance aux premières principautés germaniques qui apparaîtraient à l’est de Teyla (comme ce fut le cas pour les Burgondes)et qui continueraient à se faire la guerre. Et qui, petit à petit, grignoteraient le territoire impérial et fonderaient un grand nombres de royaumes et de principautés barbares un peu partout, notamment à l’Ouest (les Vandales en Qabalie/les Wisigoths dans le Sud de l’Antérinie et du Faustinans).

Plusieurs peuples Wardons seraient donc à l’origine de la chute de Rhême tandis que pour la première fois des États plus ou moins vastes et plus ou moins centralisés s’établissent donnant naissance à une série de Royaumes en constante rivalité et guerres perpétuelles. La chute de Sancte, pour ces princes lointains des provinces latines passe relativement inaperçu et ne fait qu’abolir un système de tribut mort depuis plusieurs siècles, tandis que sur le corps fumant de l’Empire certains barbares romanisés et mêmes christianisés, assez tôt (?), s’étendent rapidement et forment de nouveaux ensembles particulièrement vastes, même en Wardonie. Inaugurant le début du Moyen-Âge (Ve-VIe siècle).


Période Médiévale :

Après l’émergence des premiers États et l’apparition d’ensembles compacts, relativement centralisés et très vastes (notamment en Wardonie, sur le modèle des Alamans) avant de finalement êtres absorbés par un Royaume bien plus fort. De là naît une puissance continentale ayant probablement dominé une grande partie de l’Eurysie de l’est ; Gallouèse, Teyla, Loduarie, Antares, St-Alban… et s’étant étendu sur les aires germaniques, et donc sur la Wardonie. L’amenant probablement à entrer en confrontation avec un géant Kaulthe en formation entre le VIIe et IXe siècle. Tandis qu’au niveau religieux, les efforts de christianisation s’intensifiaient chez les païens (sur le modèle des persécutions carolingiennes).

Néanmoins, à la suite de l’effondrement de l’Empire Franciscain le territoire est partagée en une multitude de princes au sein des principaux royaumes composant la Couronne ; à l’ouest ce sera Teyla que les princes Aciminides hériteront tandis qu’à l’est, l’un des héritiers du fondateur (Edwidge?) de l’Empire Francien héritera des possessions germaniques. Par ailleurs, les Rex Tayae pouvaient aussi êtres vus comme des continuateurs de la tradition rhémienne des Empires Franciens amenant ainsi les Edwidgiens, pour se différencier des Teylais et réaffirmer leur indépendance vis à vis des Monarques francophones, à se parer du titre de Saint Empereur Wardonien autour du Xe et XIe siècle tandis que les invasions extérieures et une dévaluation permanente de la monnaie à cause du manque de métaux précieux affaiblissent considérablement le pouvoir central, obligé de déléguer la protection des populations et l’administration de fiefs importants aux seigneurs locaux ; qui acquérirent au fil des décennies et du désagrégement du domaine royal une très forte influence tant dans la distribution des terres (la plupart des grands domaines appartenaient aux grandes Maisons dynastiques) mais aussi des charges (Clergé et Noblesse)…

La décentralisation progressive des institutions amena à la formation de Duchés extrêmement influents et parfois bien plus que l’Empereur, ce dernier sera par ailleurs défait par un prétendant soutenus par les principales Maisons aristocratique mécontentées par l’irascibilité du prince et sa mauvaise manie à s’attirer les foudres des Grands… Par ailleurs, lors de la Bataille dite de la Montagne Grise (1225) les Grands ont solennellement élu Ludwig I comme Saint-Empereur de Wardonie, amenant un précédent que les Dynasties princières sauront exploiter avec intelligence en décidant que le S.E.W deviendra une Monarchie élective.

Durant les trois prochains siècles, la Couronne sera partagée entre la dynastie impériale kaulthe, la Famille royale teylaise et les nobles des différentes Familles monarchiques eurysiennes ; la corruption des électeurs étant le seul moyen d’espérer obtenir la Couronne. Par ailleurs, l’Empereur est avant tout un rôle symbolique, ses fiefs restent assez épars en Wardonie et n’a qu’une autorité limitée sur les Princes, prompts à appeler à l’aide des alliés étrangers si la Couronne tente de se montrer trop intrusive. Évidemment, les conflits territoriaux sont nombreux et l’Empereur doit aussi résoudre les querelles entre Princes… En revanche, l’Empire est un point stratégique reliant deux puissances continentales émergentes ; Teyla et la Kaulthie tout en étant un point de passage obligé entre l’Eurysie de l’est et celle de l’ouest, faisant de cette région un point commercial stratégique pour les grands empires eurysiens.

Ainsi tout au long du Moyen-Âge le Saint Empire est fragmentée et relativement indépendant, divisé en de multiples principautés ; duchés et comtés voire même en épiscopats rivaux n’obéissant que de manière relative à l’Empereur tandis que les principales puissances locales ; le Duché de Gavière, le Comté de Falkenberg et le Comté de Loonburg ainsi que plusieurs épiscopats (une partie de Saint Alban?) étaient les Electeurs, ceux qu’Empereur et Rois tâchaient d’acheter à tout prix pour obtenir une certaine souveraineté sur un territoire si prestigieux et si stratégique.

Renaissance :

Saint Empire Wardonien au début du siècle. Couleurs intuitives et les petits losanges représentent la dignité électorale.

Si le Moyen-Âge est souvent considéré comme l’âge d’or de ce microcosme s’étendant entre deux sphères culturelles (le monde français et le monde germanique), c’est aussi le début du déclin de l’Empire ; les principaux électeurs gagnaient en puissance et devenaient par la force des choses ce qui comblait le vide d’autorité qu’il y avait au sein de l’Empire, les empereurs successifs n’ayant réussi à donner vie à de véritables institutions centralisées et performante, comme ce fut le cas à Teyla, mais aussi, dans une moindre mesure, en Kaulthie. C’est d’ailleurs à cette époque que les Antranias-Weilsbrecht étendent leurs réseaux dynastiques à la Kaulthie (prise de possession de plusieurs Trônes sur les côtes raskenoises, harmonisé avec URAKAN) ainsi qu’au sud de l’Eurysie (l’Antérinie et les Marches deviennent une des innombrables Couronnes des Weilsbrecht) mais aussi au sein du Saint-Empire (en effet ils héritent de la Couronne du Duché de Marcheburg) où ils deviennent d’influents électeurs… Permettant l’élection d’un Antrania au Trône Impérial en 1460. Ce dernier, ayant conscience que le pouvoir des Antranias sur l’Empire ne sera que temporaire, s’acharnera à le décentraliser encore plus pour durcir la tâche à ses successeurs et rivaux de Manticore et de Warenburg.

Par ailleurs, à la même période, les premiers mouvements réformés apparurent, à la fois en Kaulthie, avec l’émergence d’un « Catholicisme impérial » et au sein du Saint-Empire, avec l’émergence des églises réformées dans plusieurs principautés. Aux tensions politiques entre les princes et l’Empereur, s’ajoutèrent des tensions religieuses entre réformés et catholiques, les premiers devenant de plus en plus nombreux au fil du temps, à la fois financés à distance par les Kaluthes et par les provinces sécessionistes à la Couronne des Antranias-Weilsbreht, notamment à Rasken et au sein du Marcheburg… Plusieurs ligues se formèrent tout au long du siècle et opposèrent les princes catholiques et les princes protestants, soutenus à distance par des puissances antagonistes (la Kaukthie et Teyla par exemple) mais aussi par des puissances régionales qui chercheraient à profiter du chaos ambiant pour obtenir quelques concessions territoriales sur les côtes ainsi que quelques privilèges commerciaux auprès des membres de l’Empire…

Au niveau politique, l’influence exercée par les deux grandes puissances régionales ; Teyla et la Kaulthie s’est faite de plus en plus ressentir au sein de l’Empire, ce n’était plus uniquement une question de dignité que de recevoir la Couronne mais aussi d’influence politique ; les Antrania étaient quasiment sortis de la course avec les « troubles » qui éclataient dans ses possessions germaniques, d’abord à Rasken ensuite au Marcheburg tandis que sa rivalité avec Teyla et la Kaulthie l’empêchait de devenir la solution du compromis entre les « Protestants » et les Catholiques. Et plusieurs conflits à demo-ouverts opposèrent l’empereurs et certains de ses princes, le forçant à adopter plusieurs édits de tolérance favorisant les réformés dans certaines provinces ; ainsi naquit l’édit de Marcheburg qui établissait le Cujus Reigni, Cujus Religio pour les princes luthériens.

Évidemment la situation restait extrêmement tendue, jusqu’à la naissance de véritables ligues à visées religieuses qui émergèrent avec le déséquilibrage du Collège des électeurs ; en effet en 1570 le Duché de Marcheburg vit son Duc, Ludwig d’Antrania-Marcine-Weilsbrecht se faire destituer par la Diète locale, amenant ce dernier à négocier plusieurs accords avec le Royaume de Teyla et les électeurs catholiques pour retrouver son Trône ; en échange d’or et de la cession du Comté de Cielazur, sétendant sur quelques provinces aux marches du Royaume de Teyla, et qui empoisonnait les rapports entre la Couronne antérinienne et la Couronne teylaise, une expédition serait montée pour récupérer le Duché de Marcheburg, qui avait nommé à sa tête un empereur kaulthe et qui avait rejoint la Ligue protestante alors garantie par la Kaulthie. Après deux décennies de négociations et de tensions la guerre éclata finalement en 1590 entre les principautés catholiques et protestantes.

Après plusieurs décennies de conflits sanglants, une paix fut trouvée et cette dernière ne faisait que réduire encore plus la souveraineté des princes d’Empire qui tombait pour la plupart dans les sphères d’influence Kaulthe, Teylaises ou Antériniennes tandis que l’Empereur devenait de plus en plus symbolique et n’avait qu’un pouvoir limité par l’influence qu’exerçaient les deux puissantes monarchies voisines. Ainsi la Renaissance marquait avant tout la fin de la relative indépendance des principautés germaniques, qui devenaient pour la plupart des relais d’influence des puissances eurysiennes qu’une désunion profonde avait accentué.

Le Grand Siècle et l’émergence d’un sentiment d’unité nationale.

Après le XVIe siècle, le Saint Empire était plus désunit que jamais ; aux tensions religieuses s’ajoutaient la rivalité entre Electeurs sous fond d’ingérence toujours plus poussées ; les Antranias avaient repris la Couronne du Marcheburg et avaient établi zone d’influence au sein du Saint Empire, la Kaulthie et Teyla avaient eux aussi leurs sphères d’influence à l’est et à l’ouest alors que les ligues marchandes du nord du Saint Empire s’effondraient en entraient dans le giron des différents électeurs. Un difficile jeu d’équilibriste se mettait en place à chaque élection, à la différence près que les Kaulthes ne pouvaient plus avoir accès à la Couronne impériale, à cause de leurs divergences religieuses avec Sancte, mais devaient accorder un soutien à chaque candidat si ce dernier souhaitait accéder à la Dignité Impériale.

Au niveau intellectuel, la croissance de l’imprimerie et cette « guerre civile germanique » particulièrement brutale diffusa une idée simple au sein des milieux intellectuels de l’époque ; les Wardoniens avaient tout en commun ; la langue, la culture, la religion chrétienne et si ces derniers avaient si brutalement subit cette guerre de 40 ans c’est uniquement à cause de la profonde désunion politique du pays, qui a été ravagé par des bandes de mercenaires velsniens, teylais, antériniens ou kaulthes. Pour plusieurs philosophes, si Teyla, l’Antérinie ou la Kaulthie n’avaient pas été touché si sévèrement par ces multiples conflits, c’est uniquement car un pouvoir fort et centralisé permettait de lever massivement des armées mercenaires pour défendre la Couronne et ses intérêts, au contraire, si la Wardonie a subi de telles horreurs, c’est avant tout car aucun prince n’avait les moyens de financer de grandes compagnies. Si le concept d’unité nationale n’était pas encore né, celui d’unité politique l’était. Et dans les principales cours de l’Empire, l’idée de voir un empereur jouir d’un pouvoir de plus en plus centralisé était devenue banale et même chaudement soutenue par les princes, qui espéraient, comme toujours, tourner ça à leur avantage.

Du point de vue politique, en effet, plusieurs grands ensembles se formaient, malgré l’influence des princes étrangers, au centre le Marchebourg, sous l’avisée gestion de son Chancelier, Edmund von Graff, il put s’agrandir (par les armes et la diplomatie) des provinces entre les différentes seigneuries du Helmsburg tandis que d’importants travaux visant à rendre prospère le Duché furent entrepris alors que l’autorité des princes antériniens s’estompait petit à petit, secouée par plusieurs révoltes protestantes dans les provinces du Nord.

Finalement, une nouvelle révolte populaire couplée à une révolution de palais mettra un terme à l’autorité des princes antériniens sur le Marcheburg, déjà fragilisés par la perte de leurs domaines héréditaires en Kaulthie et à Rasken, réduisant l’influence antérinienne et enfonçant de nouvelles portes pour les Monarchies kaulthes et teylaises, tâchant d’accroître leur influence en s’attachant les faveurs du Duché du Marcheburg, en proie à de violentes agitations internes ; à la rivalité religieuse entre protestants et catholiques s’y ajoute une opposition politique entre les factions pro-Antériniennes, en minorité, pro-Teylaises et pro-Kaulthes tandis que la Gavière tâchait elle aussi de placer l’un de ses princes sur le Trône du Duché, les von Ziegler auraient par ailleurs mobilisés leurs troupes pour placer un de leur parent sur le Trône, et espérer s’assurer une voix décisive pour le Trône Impérial. La situation est explosive d’autant plus que le Chancelier von Graff, assurant de fait le pouvoir, ne réussit pas à nommer un souverain qui puisse assurer le consensus au sein de la Cour, amenant, de fil en aiguille à une véritable crise de succession qui menaçait de précipiter le Saint Empire dans un nouveau conflit intérieur de grande ampleur.

Finalement, la « Crise de Succession Marchebourgeoise » fut résolue par la diplomatie plus que par les armes ; les princes d’Empire sentaient la faiblesse de la Kaulthie, déjà prise dans des révoltes internes, notamment dans les colonies. Et si un conflit de grande ampleur devait éclater, beaucoup craignaient que ce dernier ne se termine à l’avantage des Teylais, et les Princes, sachant qu’il fallait un contrepoids encore solide l’influence teylaise se montrèrent bien plus réservés avant de déclarer la guerre et de mobiliser leurs troupes. Un accord sera trouvé lors de la Conférence d’Antrania (en 1653) et évite une guerre générale, au grand désespoir des monarques teylais qui firent tout leur possible pour déclencher une guerre avec le Marcheburg et l’Antérinie. Ce traité de paix qui met fin à une guerre fantôme place le frère cadet du Roi d’Antérinie sur le Trône du Marcheburg tout en le forçant à renoncer à se présenter pour être élu Roi d’Antérinie ainsi qu’à toutes ses prétentions sur le Trône de Marcine pour lui et ses descendants. Du point de vue politique, c’est un premier pas vers l’unité de la Wardonie, les Princes d’Empire se jurant assistance mutuelle et paix perpétuelle en leurs frontières. Tandis qu’au niveau diplomatique, une nouvelle manière de résoudre les conflits au sein du Saint-Empire est apparue, un mode de résolution basée avant tout sur des négociations dans la douceur dans antichambres ouatées et non par les batailles ; l’émergence d’une diplomatie de banquets ne souffrant plus du sang et des batailles, seulement d’un rapport de force hypothétique et d’une volonté commune de maintenir la paix. Mais aussi et surtout, cette année 1653 est considérée comme le début de l’Unification politique par « l’état de paix perpétuel » qui règne alors au sein du Saint-Empire, et ce malgré les ingérences et les interférences des grandes puissances, frontalières ainsi que lointaines, à titre d’exemple l’ombre antérinienne planant toujours sur le Marcheburg.

Les Lumières, une ère politique agitée et une philosophie en pleine ébullition.

Alors que le XVIIe siècle marque le début de la timide émergence de l’Unité nationale wardonienne, le XVIIIe sera à la fois celui du faste ostentatoire des grands princes mais aussi le début des révolutions qui agitèrent l’Eurysie tout au long de la seconde partie du siècle. D’un autre côté, ce monde agité fut particulièrement propice à la réflexion philosophique ; de grandes figures de cette discipline naquirent en Wardonie ; Si certains étaient des révolutionnaires acharnés qui admirèrent les pires révolutions du siècle au nom de l’égalité, de la liberté et de la fraternité qu’elles entendaient imposer aux sociétés, d’autres devinrent de fervents admirateurs des figures contre-révolutionnaires ; les philosophes Antériniens et Cartaradais demeurant des modèles pour le monde intellectuel wardonien. A titre d’exemple, Müller s’extasiera devant les « Libertés antériniennes » qui firent l’éloge des particularités régionales et politiques de chaque institutions et s’inquiétera de la « profonde décrépitude des nouvelles institutions » et ce dernier y opposera les « Libertés wardoniennes » s’opposant à la formation d’un État central et universel qu’il voit comme une « machine législative despotique et impersonnelle » qui ne souffre d’aucune différence et s’impose à tous en écrasant les particularités. Au contraire, d’autres feront l’éloge des grands principes universalistes et tâcheront tant bien que mal de démontrer qu’égalité et libertés sont compatibles et que l’État universel, transcendant cultures et nations s’avérerait positif.Tandis que la Wardonie change progressivement ; au niveau politique les auteurs conservateurs prirent l’avantage sur leurs rivaux et influencèrent la plupart des institutions que les princes mettront en place à partir de la second moitié du XIXe siècle.

Par ailleurs, un sentiment national émerge aussi grâce à ces doctrines qui mettent en avant une identité wardonienne ; catholique (pour la plupart des auteurs) et germanique qui place, nous l’avons vu plus tôt les particularités régionales comme représentative des libertés des Wardoniens. C’est dans cette mesure qu’il faut comprendre ces « Libertés wardoniennes » que l’on oppose aux autres « Libertés » ; tantôt trop centralisatrices, tantôt trop libérale… Ces fameuses libertés wardoniennes farouchement défendues par de nombreuses principautés sont la base intellectuel des mouvements wardonistes qui essaimèrent après la révolution antérinienne et celles qui suivirent en Eurysie.

Néanmoins, au niveau politique le rapport de force entre les principales puissances eurysienne commençait à très clairement basculer en faveur du Royaume de Teyla ; la Kaulthie montrait des signes évidents d’épuisement, qui s’étaient terriblement aggravés depuis la Conférence d’Antrania en 1653, tandis que les Couronnes d’Antérinie perdaient progressivement de l’influence au Marcheburg à cause du désintérêt du Royaume pour l’Electorat tandis que la faction protestante (et par nature anti-antérinienne) gagnait en influence. À l’ouest, Teyla renforçait sa mainmise sur le Brandtinois et le Falkenberg bousculant ainsi l’équilibre qui existait entre Electeurs et inquiétant la plupart des princes d’Empire, qui craignait de devenir un jour ou l’autre les valets des Monarques teylais. Cette crainte poussa les princes à signer secrètement le Protocole de Chourpzeul unissant les Princes protestants, par nature hostiles aux régimes catholiques, et certains Princes catholiques dans une ligue militaire secrète visant à intervenir directement contre Teyla en cas d’agressions contre l’un de ses membres par la Couronne teylaise, la Ligue de Chourpzeul vit très vite l’Antérinie, la Kaulhie ainsi que plusieurs puissances régionales s’y greffer pour contrer une puissance teylaise montante ; comme la Gallouèse, première puissance mondiale de l’époque, inquiétée elle aussi par son voisin, allié de Zélandia.

Néanmoins, aucun conflit d’ampleur n’éclatera, Teyla, jusqu’au déclenchement de la Guerre de Neuf ans, cherchera à renforcer sa main-mise sur ses vassaux de l’est ; épuration des aristocrates trop opposés à son influence, mise sous dépendance de certains secteurs économiques, renforcement des liens diplomatiques entre Teyla et les Duchés, ect… Jusqu’au déclenchement des opérations militaires, de fortes tensions éclataient régulièrement aux frontières ; la Ligue attendant impatiemment la moindre action agressive de Teyla pour intervenir contre elle. Et le déclenchement des hostilités entre Velsna et Zélandia donnera l’opportunité aux ligués d’agir contre le Royaume de Teyla qui venait de déclarer la guerre à Velsna et à ses alliés, dont l’Antérinie, la Kaulthie et la Gallouèse, membres de la Ligue. Si initialement tous les Princes étaient persuadés que ce conflit ne durerait pas longtemps ; après tout que peut le Royaume de Teyla contre deux puissances régionales et plusieurs marines ultra-modernes sur deux fronts à la fois ? Le manque d’organisation, de flexibilité et de communication entre les différentes armées coalisées mirent en déroute les armées kaulthes tandis que les gallouèsans piétinaient devant le réseau de fortification teylaises. Alors que les princes se préparaient pour mettre en place le siège de Manticore au début du conflit, ils déchantèrent assez vite et durent consentir à des efforts budgétaires particulièrement lourds pour tenter de repousser les teylais, soutenus par un corps expéditionnaire antérinien composé de 30.000 hommes expérimentés, supportés par des mercenaires velsniens à la réputation sulfureuse…

Après plusieurs victoires et tout autant de défaites la situation était intenable pour les deux camps ; la famine guettait tandis que l’épuisement des troupes et des finances était palpable. Dès un compromis mutuellement acceptable dut être trouvé ; il plaçait l’Antérinie comme un contrepoids efficace face à Teyla tandis que cette dernière renforçait sa position à ses frontières malgré une économie grevée par les dettes. Au niveau local, l’équilibre des puissances basculait ; si le Marcheburg et Brandt furent les principaux acteurs du conflit et les premiers défenseurs de la Couronne wardonienne ; ils en ressortaient épuisés tandis que les principaux sous influence kaulthe commençaient lentement mais sûrement à se défaire de la tutelle de l’Empire déclinant. Dorénavant, le Saint-Empire était presque mûr pour l’unité. Il fallait seulement attendre que l’Antérinie et Teyla se retirent. Même si l’influence du premier dépendait surtout de son pied à terre en Manche-Blanche, le Duché de Saint-Florent, constamment révolté par des agitateurs pilotés depuis Zélandia tandis qu’à Antrania, l’état des finances était catastrophique alors que les Parlementaires se montraient de moins en moins coopératifs avec le pouvoir monarchique ; annonçant les troubles révolutionnaires qu’il y aurait par la suite.

Néanmoins, ce difficile équilibre entre électeurs et puissances étrangères, une constante dans l’histoire wardonienne, marque aussi l’impossibilité pour Teyla de s’emparer du pouvoir ; si après avoir éjecté les Antrania-Weilsbrecht du Trône Impérial les Courvoisier purent s’y installer, il fallait encore amadouer les Princes ; la Gavière, montrait certaines réticence malgré son retrait de la Ligue, le Marcheburg et le Brandt se montrèrent assez vite hostile à l’influence teylaise. En clair rien n’était joué, l’influence grandissante se heurtait aux intérêts antériniens et les puissances locales, même affaiblies refusaient de voir l’hégémonie teylaise s’imposer sur l’Eurysie centrale. Ainsi, le XVIIIe serait le point de départ de l’unité intellectuelle de la Wardonie alors que les conditions nécessaires à son unité politique se rassemblaient lentement ; avant tout marquées par la chute de la Kaulthie et de l’Antérinie comme puissances régionales ainsi qu’un sourd rejet de l’hégémonie politique teylaise.


Le Siècle des révolutions et l’Unité nationale contrariée.(XIXe—XXe siècle).


La Wardonie aujourd'hui.

« Les graines intellectuelles de l’Unité wardonienne poussaient, tandis que les éléments politiques s’alignaient pour permettre à ce songe de devenir une réalité. Seulement, ce siècle réserve bien des surprises et bien des déconvenues pour la Wardonie. Il balayait tantôt les jeunes pousses, il les affamait parfois et dès fois, il réussissait à les tuer, mais jamais les racines lui cédèrent. » c’est ainsi qu’un auteur nationaliste résumait cette période charnière dans l’Histoire. Et pour cause, c’est au XIXe siècle que l’Unité wardonienne s’impose dans les esprits ; facilité par les révolutions puis par la réaction. En seulement 100 ans, le pouvoir impérial se centralise puis s’effrite, se renforce puis s’effondre quasiment. En clair, ce siècle fut l’un des plus agités au niveau politique ; les premières constitutions wardoniennes voyaient le jour avant d’être impitoyablement violées par des Premiers Ministres ambitieux. Loin des fastes tapageurs des « Rivoli de Wardonie » ce siècle est avant tout celui du triomphe du conservatisme réactionnaire et de la perte de vitesse des combats sociaux. Période politique et intellectuelle agitée, mais pourtant centrale dans l’émergence de la Wardonie comme entité politique unie.

Le début du XIXe siècle se caractérise par la monté en puissance de la bourgeoisie, banquière et industrielle, cette dernière se targuera de représenter le Progrès qui se veut « universel » et commun à tout homme. Un engagement politique qui trahit ses déceptions et ses déconvenues. Le Saint-Empire, à la différence des autres monarchies, ne possédait pas de Parlements capables de faire fronts aux décisions du pouvoir monarchique ; seul le Collège électoral (qui élit l’Empereur) est une « institution » nationale, ou du moins qui concerne toutes les principautés en devenant parfois un Tribunal d’Empire quand il s’agit de traiter les cas de trahison. Seulement, ce Tribunal est une extension du pouvoir monarchique des Princes et le peuple, ou du moins la bourgeoisie, n’avaient aucun moyens d’être politiquement représenter tandis que ses privilèges n’étaient garantis par aucune institution digne de ce nom ; le Clergé avait l’Église, la Noblesse pouvait s’appuyer sur ses terres et ses ressources pour lever des armées et se révolter, la Bourgeoisie n’avait que son or que les autres ordres étaient prompts à prendre. Seulement la révolution antérinienne, appuyée par les idéaux des Lumières, rebat les cartes et fait prendre conscience à la classe bourgeoise que son sang populaire peut être un habile outil pour forcer les Grands à s’incliner devant elle. Expliquant pourquoi les révoltes dans les anciens domaines appartenant aux Antranias se multiplièrent ; à Saint-Florent, devenu indépendant en 1770, ensuite dans le Comté de Cielazur, sous domination teylaise plusieurs révoltes (fiscales sous-tendues de revendications politiques) éclatèrent, plus tard, en 1785, c’est au tour de Marcheburg de voir sa bourgeoisie exciter le peuple pour plus de pain et plus de libertés, alors que le pouvoir royal avait du mal à contenir l’opposition nobiliaire dite « éclairée » qui se joindra à la bourgeoisie révolutionnaire.

Cette révolution, en plus d’être du pain béni pour les Teylais, qui y voyait un excellent moyen de jouer aux défenseurs de la Monarchie absolue de droit divin et d’écarter durablement l’Antérinie de l’une de ses sphères d’influence traditionnelle. Profitant des troubles, les Courvoisier proposèrent de prêter des mercenaires aux Antranias-Marcheburg pour réprimer les troubles en même temps que de corrompre certaines figures de la Cour pour qu’elles se fassent les relais de l’influence teylaise, tandis que la pression ne faisait que monter, insensiblement. Aux révoltes populaires s’ajoutait la dette, que la Bourgeoisie refusait de payer tandis que le pouvoir ducal se ruinait en louant les mercenaires teylais alors que certains de ses rivaux régionaux profitèrent de l’occasion pour financer les révoltes dans les enclaves du Marcheburg ; à l’instar de la communauté de Brandt, l’un des rares États indépendants qui souhaitait évincer son prestigieux rival de la course à la Couronne impériale et s’assurer comme la seule alternative possible à une hégémonie teylaise. Et malgré les efforts faits pour écraser la monarchie marcheburgeoise, cette dernière tenait tant bien que mal ; en quelques mois le Duc dut céder s’il ne voulait pas voir ses terres sombrer dans le chaos, et risquer de perdre sa Couronne. Dès lors, l’élan révolutionnaire, victorieux à Marcheburg, allait se propager plus rapidement que les épidémies ; le Brandtois voyait les Bourgeois contester la suprématie de la noblesse traditionnelle, le Falkenberg voyait des revendications nationales s’y ajouter, notamment le refus de voir l’Electorat devenir une succursale du pouvoir de Manticore, et à l’est la révolution continuait à gagner du terrain ; et avec elle, l’idée d’une unité nationale frayait son chemin.

Avec la victoire des révolutionnaires modérés, les Constitutionnalistes, la Wardonie semblait s’orienter vers un même cap, dorénavant les États membres du Saint-Empire avaient pour la plupart un système politique similaire ; la démocratie dorée, aristocratique et bourgeoise. Par ailleurs, l’émergence d’une faction centralisatrice, ou plutot fédératrice, se manifestait de plus en plus dans ces Assemblées ; l’objectif était clair ; il faut que l’Empereur ait plus de pouvoir et que les Princes s’unissent encore plus pour contrer l’influence teylaise et les reliquats antériniens. En clair, la révolution wardonienne, ou plutot les révolutions, firent perdre aux Teylais une grande partie de leur influence en Wardonie, pire encore pour les Courvoisier, il se voyaient obliger de considérer que le nombre de princes hostiles augmentait, s’aggravait avec le temps ; la Gavière se libérait de la tutelle teylaise, le Falkenberg aussi alors que le Marcheburg devenait le nouveau point de ralliement pour les nationalistes ; la crainte de voir des sentiments similaires passer la frontière devenait palpable à Manticore alors qu’Antrania devait se résoudre à abandonner ses ambitions en Wardonie et laisser la Couronne aux mains des Princes locaux.

Seulement, à partir de la seconde moitié du XIXe, le sentiment anti-teylais s’aggravait et la Monarchie teylaise, affaiblie par des dissensions internes et des querelles intestines voyait l’unité wardonienne se faire à son détriment, les lois centralisatrices et fédératrices de la première moitié commençaient à porter leurs fruits ; la Diète Impériale s’était agrandie d’un Parlement multi-partis et des lois visant à établir une armée nationale furent établies. Dorénavant, l’armée impériale wardonienne alignait 30.000 soldats, tandis que les entités confédérées en alignaient 100.000 faisant de la Confédération une puissance militaire et industrielle de premier plan, qu’il faut ménager. Suite à une spectaculaire montée en puissance de la rivalité teylo-wardonienne ; le Premier Ministre Impérial ; von Bachmark voulait faire naître l’unité nationale autour d’une victoire, ou du moins d’une guerre, contre Teyla. Seulement, les batailles furent un désastre, Teyla avait une armée plus moderne, plus avancée, que les Wardoniens et leurs supplétifs locaux ; les armées marcheburgeoise et confédérales furent écrasés, rebattant encore une fois l’équilibre des puissances et affaiblissant l’autorité central au profit des États confédérés. Victoire politique et militaire pour Teyla qui se débarasse ainsi d’un rival régional vouer à se décentraliser et à devenir une puissance de seconde zone.

Et tout au long des années 1870, peu de changements politiques intervinrent, si ce n’est l’émergence d’un néo-absolutisme moderne ; les élections existent toujours, mais comme le rappelle si brillament un proche du régime Lorenzoïste ; « Ce qui compte n’est pas les vote ; c’est comment on compte les votes » une technique qui fera ses preuves avec des Parlements de plus en plus autoritaires à la botte du Monarque en place et qui réprime impitoyablement les oppositions venues des intellectuels marxistes fraîchement arrivés et progressistes en mettant en avant les « Libertés wardoniennes » et la défense des particularité locale pour conserver la Liberté et l’opposer à une mythique universalité démocratique et aux Droits de l’Homme.

La situation politique restera telle quelle, la Wardonie se renfermant progressivement sur elle-même et ne faisant qu’élire ses Empereurs ; potiches régnant sur un maigre domaine s’étendant sur quelques provinces disséminées au sein de l’Empire, face à une diète effacée qui reste extrêmement frileuse à l’idée de remettre en cause les prérogatives des États membres de la Confédération, les seules lois passant étant celles qui promeuvent la libre-circulation entre États membres et qui autorise le Saint Empire à se positionner sur la saine internationale. Expliquant en partie pourquoi plusieurs membres voient leurs économies reposer sur la Banque et la Finance.
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