En ce jour se tient une première mondiale ; si ce jour est si spécial, c’est parce que c’est la première fois de l’histoire que des nations se rassemblent non pas pour assurer leurs intérêts économiques de manière générale, mais leurs intérêts relatifs à une seule ressource, à savoir les hydrocarbures. À ce sommet, un grand nombre de nations y a répondu présent, dont l’Empire raskenois, présence qui peut sembler bizarre si on la regarde d’un point de vue historique. En effet, durant la quasi-totalité de son histoire pétrolière, le pays ne fut qu’un producteur moyen, avec des exportations proches de zéro et dont un premier pic de production fut atteint en 2005 avec près de 620 000 barils par jour. Et pourtant, les récents événements ont permis de complètement occulter ce passé, passant de producteur moyen subvenant à peine à ses besoins à producteur de classe mondiale exportant 5,9 millions de barils par jour. Si ce revirement fut possible, c’est grâce à la découverte, courant 2011, d’immenses réserves qui ne furent pas découvertes avant à cause de la non-praticité de leur emplacement. Mais soit, si durant longtemps Rasken ne fut pas connu pour son pétrole, les 7 dernières années ont complètement renversé la vision que le monde avait sur l’industrie pétrolière raskenoise ; aujourd’hui, le pays est un producteur majeur et est le principal fournisseur des nations de la Manche blanche.
Cependant, le monde dans lequel évoluent les nations est rude, avec beaucoup d’instabilité pouvant mettre à mal le commerce mondial. Ainsi, lorsque le gouvernement raskenois reçut la missive d’invitation au sommet de Maracaillbosse, celui-ci prit très peu de temps à peser le pour et le contre, car si les pays producteurs, indépendamment les uns des autres, peuvent se révéler vulnérables, il en est autrement s’ils peuvent se rassembler derrière une même bannière. Ainsi, à 14 h 30 heure locale, la délégation raskenoise entra dans la salle où allait se tenir le sommet ; à côté d’elle, les autres délégations prirent également place. Prenant la parole, le président San Youtien commença à exprimer sa vision de la future organisation, suivi peu après du représentant de la République native d’Uuqtinut.
Après avoir écouté les organisateurs et certains des représentants des nations invitées s’exprimer, ce fut au tour de la délégation raskenoise de prendre la parole ; ce fut donc le ministre de l’Énergie raskenois Jörn Wahle qui prit la parole.
Jörn Wahle – Mesdames, messieurs les représentants des nations présentes à ce sommet, messieurs les organisateurs Umiaktorvik et Guerreirio, c’est pour moi un honneur de représenter la nation raskenoise à ce sommet qui, s’il aboutit, aurait le potentiel de rebattre les cartes du paysage énergétique mondial. Mais au-delà du paysage énergétique mondial, c’est le paysage mondial tout court qui en serait impacté ; en effet, vous n’êtes pas sans savoir que l’énergie est la base de tout, permettant aux économies du monde entier de fonctionner, or qu’on le veuille ou non, les énergies les plus consommées à l’heure actuelle restent les énergies fossiles. Lorsque nous sommes seuls, nous pouvons nous retrouver à la merci d’États plus puissants ; il en est autrement si nous nous rassemblons pour faire peser d’une même voix nos intérêts.
Ceci étant dit, je vais passer au cœur de ce sommet, à savoir la charte fondatrice de la future organisation que nous espérons voir le jour lorsque nous sortirons de cette salle. Telle qu’elle était présentée au début, la charte disposait de nombreux défauts ; cependant, une bonne partie d’entre eux furent solutionnés par nos semblables des autres nations présentes. Parmi les défauts écartés se trouvaient le nom de l’organisation initialement proposé, le champ d’action de celle-ci, les informations relatives au président de l’organisation et bien d’autres. Cependant, malgré les défauts écartés, il en reste bien d’autres.
Premièrement, le défaut le plus marquant qui nous apparaît est que, dans cette charte, il est mentionné que toute nation produisant des hydrocarbures et ayant plus de 55 % de sa production nationalisée est éligible à intégrer l’OMH. Or, pour moi, c’est une faille majeure, car si l’on respecte la charte telle qu’elle est proposée actuellement, une nation importatrice produisant par exemple 10 000 barils par jour aurait sa place dans l’organisation et aurait donc la capacité d’orienter de potentiels votes. Selon moi, cela est un défaut majeur, car presque toutes les nations de la planète sont productrices mais bien moins exportatrices ; prendre en compte uniquement la production provoquerait pour nous une dilution des capacités de l’organisation. Ainsi, nous préconisons de modifier l’article 1.3 comme suit :
ARTICLES 1.3) Toute nation exportatrice nette d’hydrocarbures et étant souveraine de sa production en possédant au minimum 55 % des capacités de production est éligible en tant que membre de l’OMH.
Bien entendu, ce pourcentage pourra être négocié comme l’a proposé la délégation illâji.
Un deuxième défaut majeur relevé par ma délégation est que cette charte traite de la question des hydrocarbures comme un bloc homogène, or il n’en est rien : un mètre cube de gaz n’est pas un baril de pétrole. Certaines des nations présentes à ce sommet sont par exemple exportatrices nettes de pétrole et, dans le même temps, importatrices de gaz ; c’est par exemple le cas de mon pays. Ainsi, selon moi, il serait judicieux de séparer le gaz du pétrole en créant, cependant, créer deux instances pourrait créer des difficultés inutiles ; pour remédier à cela, nous pourrions conserver une seule assemblée générale rassemblant les exportateurs de pétrole et de gaz. Cette assemblée traiterait dans un premier temps du pétrole puis du gaz et, bien entendu, seuls les pays concernés par la ressource auraient la possibilité de s’exprimer et de voter.
Concernant maintenant les volumes et prix des exportations, nous sommes en partie d’accord avec les représentants de l’Azur : si nous sommes en faveur d’un contrôle des volumes d’exportation, nous sommes en revanche opposés à un contrôle strict des prix. Si nous sommes opposés à cela, c’est pour une raison simple : réduire les volumes disponibles augmentera mécaniquement les prix ; de plus, cela sera mieux pour l’image de l’organisation. Si l’OMH contrôle les prix à l’exportation, elle sera immédiatement cataloguée comme un cartel ; en revanche, si nous ne contrôlons que les volumes à l’exportation, cette catégorisation sera moins systémique.
J’aimerais maintenant parler de la proposition de la délégation illâji. Depuis que ce sommet a débuté, les nations s’étant exprimées ont toutes parlé de maintenir leur souveraineté ; la notion de souveraineté est également présente dans la charte. Pourtant, vous souhaitez que les futures nations membres de l’OMH utilisent une monnaie commune, qui plus est votre monnaie ; non seulement cela bafouera la souveraineté des États membres, mais cela vous avantagera. Cela vous avantagera sur de nombreux points : vous contrôlerez la monnaie d’exportation des États membres et cela renforcera la crédibilité de votre monnaie. Je vais le dire clairement : si la charte de l’OMH impose la monnaie d’un État membre pour les exportations, cela remettrait sérieusement en question notre participation. Le plus simple serait que chaque pays utilise sa monnaie pour ses exportations.
Même s’il reste des questions à aborder, je considère avoir monopolisé la parole durant déjà beaucoup de temps ; je passe donc la parole aux autres délégations ne s’étant pas encore exprimées.