Bien qu'on puisse supposer que la vision sociale extrêmement conservatrice des Götterlandais ait prévenu une quelconque forme de multiculturalisme et que le pays puisse donc être relativement homogène quant à sa population, la vérité est que le Götterland a un passé qui reste avant tout impérial, ses frontières regroupaient dès la période médiévale des peuples très différents et chevauchait régulièrement les sphères culturelles latine et germanique. Bien que le pouvoir soit resté tout au long de l'Histoire entre les mains de la majorité götterlandaise, population d'origine germanique, et d'élites aristocratiques et économiques qui l'étaient tout autant, certaines minorités ethniques ont réussis à s'installer au gré des événements historiques qui ont parcourus le Saint Empire, tantôt pour des raisons d'assujetissement, notamment durant l'ère coloniale, que pour des raisons économiques en fonction des ethnies. On estime aujourd'hui que les minorités ethniques du Götterland représentent en 2018 environ 14% de la population totale du pays, soit environ 1,4 millions d'habitants. En plus d'être minoritaires par rapport à l'écrasante majorité götterlandaise, la disposition territoriale de ces minorités est également très éclatée et inégale en fonction de l'ethnie dont on parle, certains peuples ne sont présents que dans certaines régions bien spécifiques du Götterland, que ce soit dans ses territoires d'outre-mer ou sur le Götterland continental, il n'existe par ailleurs aucune véritable cohésion entre ces différentes minorités ethniques, pourtant historiquement discriminées depuis des siècles par les Götterlandais et encore aujourd'hui largement mis à l'écart par le reste de la société götterlandaise, démonstration assez flagrante que malgré une situation sociale et économique souvent similaire, ces minorités n'ont jamais su trouver d'intérêts communs à leurs luttes particularistes du fait de leur éloignement géographique récurrent. Enfin, bien qu'on puisse là encore supposer qu'une minorité aussi infime qu'à peine un dixième de la population ne soit qu'une information parmi tant d'autres, il ne faut pas s'y tromper : certains mouvements, qu'ils soient conservateurs ou même progressistes, gardent une place privilégiée de choix au sort des ethnies minoritaires au Götterland, certains souhaitant coopérer avec elles, d'autres maintenir le statu quo de discrimination qui a toujours prévalu au Götterland et d'autres souhaitent se débarrasser du problème par des moyens plus...radicaux. La question des minorités s'ajoute donc à la très longue liste des griefs qui ont causés cette guerre civile et sachant que plusieurs mouvements basent leur soutien ou leur antagonisation sur ces peuplades, il est nécessaire non seulement de les présenter mais d'aller au-delà de leur simple histoire et de dresser pour chacun un portrait socio-économique et politique. Voici la disposition en pourcentages et en chiffres absolus (données de 2018) des minorités ethniques présentes au Götterland :
L'implantation des Anglikaners au Götterland trouve ses racines dans les bouleversements religieux du XVIe siècle. Contrairement à d'autres minorités du Saint-Empire qui ont étés incluses au Götterland par la force des conquêtes militaires et de la colonisation, les Anglikaners sont une des rares minorités ethniques dont la présence est le produit de migrations volontaires successives par différentes vagues, principalement motivée par des motifs religieux et économiques. La première vague migratoire significative débute dans les années 1570, alors que le Götterland est empêtré dans les Guerres des Ligues. Des communautés catholiques anglophones, fuyant les persécutions insularistes à Caratrad, trouveront refuge directement à Waltereich, bastion du catholicisme dans un Saint-Empire alors en proie aux conflits militaires omniprésents entre l'Empereur catholique et ses vassaux protestants. Ces premiers migrants, environ 3000 à 5000 personnes selon les sources, principalement des artisans qualifiés, des marchands et des théologiens s'installent alors principalement dans les villes portuaires de la côte götterlandaise à Turmhain et Ankersdadt principalement. Ces premiers Anglikaners (ce nom leur avait été attribué dès cette époque) bénéficient initialement de chartes d'accueil relativement généreuses, l'empereur voyant à l'époque ces réfugiés comme des alliés naturels et des contributeurs économiques précieux, leur accordant le droit de pratiquer leur culte en privé, de créer leurs propres guildes artisanales et de commerce librement dans l'Empire en échange de la paie d'une taxe spéciale, la Fremdenzoll (littéralement la "taxe sur les étrangers") qui représentait un quinzième des revenus annuels des sujets anglophones, soit le double de ce que payait les sujets götterlandais en temps normal. Les Anglikaners développent très tôt une organisation communautaire solide car dès 1575, ils fondent la première Anglikanerkirch (église anglikaner), la St.Andrew Church, qui, malgré son nom trompeur, était loin d'être juste une église, c'étaient de véritables centres communautaires avant l'heure qui servaient d'écoles pour les enfants qui y apprenaient la langue anglaise, de tribunaux internes pour régler les litiges entre Anglikaners et de lieux de préservation de la culture anglikaner. Dans les faits, ces premiers Anglikaners étaient farouchement attachés à leur identité, parlant anglais, donnant des noms anglais à leurs enfants, conservant leurs traditions culinaires (porridge, pudding, bière blonde (à l'inverse des bières brunes götterlandaises)) ; pour autant, la plupart apprennent aussi le götterlandais par nécessité commerciale, créant une situation de bilinguisme où le götterlandais devenait la langue du commerce et des interactions avec les autorités. La deuxième vague, plus massive (25 000 à 35 000 personnes selon les sources)survient dans les années 1640-1680, coïncidant avec les Guerres Océaniques menées par Caratrad et avec l'expansion maritime grandissante du Götterland qui se lançait alors à la course aux colonies. Cette période voit l'arrivée de populations plus diversifiées : petits propriétaires terriens ruinés par les lourds impôts de la Couronne, marins déserteurs, ouvriers spécialisés dans la construction navale (en quête d'opportunités économiques face à la croissance alors exponentielle de la construction maritime götterlandaise) mais aussi des intellectuels et des membres de la petite noblesse déchue. Le Saint-Empire, alors en pleine reconstruction après les Guerres des Ligues, accueille ces migrants avec un certain pragmatisme : leurs compétences maritimes et commerciales sont perçues alors comme un atout dans la course coloniale. Cette période voit l'apparition des premiers quartiers spécifiquement anglikaners dans les villes de Turmhain, d'Ankersdadt et de Waltereich. A Waltereich, le quartier Klein-Westland devient une véritable enclave anglophone au milieu de la capitale avec des enseignes de boutiques bilingues, une architecture proche de celles des villes caratradaises avec des maisons en brique rouge à pignons qui contrastent avec les constructions götterlandaises de l'époque en colombage traditionnel et avec leur propre économie parallèle : les boulangeries anglikaners produisaient du pain blanc contrairement aux boulangeries götterlandaises qui vendaient surtout du pain de seigle, les tavernes servaient de la bière blonde et du cidre et c'était dans les marchés de ce quartier qu'on retrouvait des produits importés de la Grande Ile Celtique. Les Anglikaners de cette deuxième vague s'intègrent beaucoup mieux économiquement que la première, les marchands anglikaners servant d'intermédiaires naturels entre le Götterland et les puissances anglophones, ce qui facilite les échanges commerciaux malgré les rivalités politiques entre puissances coloniales. Certaines familles anglikaners deviennent extrêmement prospères : les von Ashton (anciennement Ashton, anoblis en 1702 pour services rendus à la marine impériale, les Pembroke (grands armateurs), les Whitfield (banquiers spécialisés dans le financement du commerce coloniale) ou encore les Blackwood (propriétaires des chantiers navals de Waltereich à l'époque). Cependant, malgré cette réussite économique, de premiers signes de ressentiments éclatent dès cette époque : dès les années 1670, des émeutes anti-anglikaners éclatent sporadiquement à Turmhain et Ankersdadt, les artisans götterlandais se plaignant de la concurrence déloyale des guildes anglikaners ; en 1683, à Turmhain, une émeute particulièrement violente fera 47 morts dans le quartier anglikaner après qu'une rumeur (qui s'est révélée fausse) avait accusé les Anglikaners d'avoir empoisonné les puits pour provoquer une épidémie de dysenterie. Enfin, une troisième vague, plus modeste, arrive au XVIIIe siècle, s'agissant davantage de migrants économiques anglophones issus de plusieurs pays anglo-saxons différents attirés par l'essor commercial et colonial en pleine ascension du Götterland à l'époque. Certains de ces Anglikaners participent activement aux entreprises coloniales les plus sombres de l'Empire, des familles anglikaners possédaient à l'époque des parts dans les grandes compagnies négrières du Götterland, armant des navires négriers ou devenant eux-mêmes propriétaires de plantations dans les colonies aleuciennes. La famille Merchant, par exemple, possédait au milieu du XVIIIe siècle trois plantations de sucre en Neu-Götterland, employant plus de 800 esclaves afaréens. Les Windsoring étaient propriétaires d'une flotte de sept navires qui effectuaient le commerce d'esclaves entre le Götterland, les comptoirs afaréens et les colonies aleuciennes de l'Empire. Cette implication dans l'esclavage et le colonialisme va crée des divisions au sein même de la communauté anglikaner, certains prêtres anglikaners, influencés par les premiers mouvements abolitionnistes qui émergeaient à l'époque dans plusieurs pays eurysiens, dénonçaient en chaire la participation anglikaner à la traite négrière. En 1772, le curé Jonathan Edwards prononcera un sermon incendiaire intitulé "Le péché de Caïn sur nos mains" où il accusait les armateurs anglikaners d'avoir souillé l'honneur de la communauté anglikaner par le sang des Afaréens innocents. Le sermon provoque un scandale, Edwards est chassé de sa paroisse par les notables anglikaners et l'église se divise entre une faction abolitionniste, très minoritaire, et une faction favorable à l'esclavage colonial qui se révèle majoritaire et soutenue par les élites économiques anglikaners et götterlandaises.
Les traités de Wastenfalen de 1658 jouent un rôle crucial dans le statut des Anglikaners. Bien que principalement conçus pour résoudre les conflits religieux internes du Saint-Empire entre les catholiques et les protestants, ces traités établissent le principe fondamental de "cuius regio, eius regio" et de tolérance confessionnele qui permet aux communautés anglikaners catholiques et protestants de pratiquer leur culte. L'article 47 des Traités stipule explicitement que "les sujets de confession étrangère mais chrétienne ont le droit de célébrer leur culte selon leur conscience". Cependant, cette tolérance religieuse ne signifie absolument pas égalité civique : tout au long de la période impériale, les Anglikaners sont sous un régime juridique spécial qui les maintient dans un statut d'étrangers résidents permanents. Plusieurs édits impériaux successifs codifient leur infériorité juridique : l'Edit de 1665 sur les sujets étrangers qui établit que les Anglikaners, bien que résidents permanents, ne sont pas des sujets impériaux de plein droit ("Vollbürger des Reiches") mais comme des "Schutzbefohlene" (des protégés littéralement), un statut juridique assez ambigu qui leur accorde des droits économiques mais les exclut totalement de la vie politique, ne pouvant ni voter aux assemblées municipales, ni occuper des postes dans la fonction publique et encore moins posséder des terres agricoles ; l'Edit de 1702 sur les charges publiques ferme explicitement l'accès aux Anglikaners à toute fonction publique impériale, l'édit se justifiant par la nécessité de préserver la pureté de la langue administrative et de l'unité culturelle impériale mais dans la pratique, ça voulait surtout dire qu'aucun Anglikaner ne pouvait devenir juge, fonctionnaire, fiscaliste ou même greffier et cette interdiction s'étendra jusqu'aux universités götterlandaises qui excluront jusqu'en 1820 les Anglikaners des facultés de droit et de théologie (considérés comme des formations aux charges publiques) ; l'Edit militaire de 1738 réglemente strictement la participation des Anglikaners à l'armée impériale, pouvant servir comme soldats et sous-officiers mais l'accès aux grades d'officier leur était fermé, le commandement des armées de Sa Majesté Impériale n'était confiée qu'à des hommes de sang germanique et de langue maternelle götterlandaise, ce fut d'ailleurs une restriction jugée frustrante par la plupart des Anglikaners à l'époque puisque ces derniers contribuaient beaucoup à la marine impériale (en 1750, on estime qu'environ 30% des équipages de la flotte marchande götterlandaise étaient anglikaners et les Anglikaners étaient aussi très présents dans les navires de guerre) ; enfin, les lois foncières de 1755-1782 restreignent sévèrement le droit de propriété foncière aux Anglikaners, déjà forts limités, ils pouvaient acheter des maisons et des entrepôts dans les villes portuaires de l'Empre mais l'accès à la propriété terrienne leur était explicitement interdite. Durant toute la période impériale, les Anglikaners occupent donc une position juridiquement et socialement ambiguë dans la hiérarchie sociale götterlandaise. D'un côté, leur statut d'Eurysiens blancs et chrétiens les place indéniablement au-dessus des peuples colonisés, des esclaves afaréens ou même des Juifs (qui subissent des restrictions encore plus sévères), ils peuvent circuler librementr dans l'Empire, commercer, s'enrichir, pratique leur culte et même porter les armes mais de l'autre côté, leur langue, leurs coutumes et leur origine étrangère les excluent juridiquement de toute participation au pouvoir politique. Cependant, malgré ces restrictions juridiques considérables, les Anglikaners prospéraient dans des niches économiques spécifiques où leurs compétences, leurs réseaux internationaux et leur bilinguisme représentaient des avantages indéniables. On peut citer les secteurs suivants :
Le commerce maritime et l'armement naval : c'est le secteur dominant de l'économie anglikaner. Au milieu du XVIIIe siècle, les Anglikaners contrôlent environ 40% du commerce maritime götterlandais, possédant d'importantes flottes marchandes. Les grandes maisons de commerce anglikaners (Pembroke & Sons, Whitfield Trading Company, Blackwood Merchants, Harrison Brothers) dominent les routes commerciales entre le Götterland, les autres pays eurysiens, les colonies aleuciennes et les comptoirs afaréens et même jusqu'aux comptoirs au Nazum, ces compagnies employaient des milliers de personnes. La famille Pembroke possédait en 1780 une flotte de 34 navires et 6 navires corsaires armés.
La construction navale : les chantiers navals anglikaners sont réputés dans tout l'Empire pour leur savoir-faire technique ; à Waltereich, le grand chantier Blackwood emploie en 1770 plus de 800 ouvriers qualifiés dont 70% sont anglikaners ; ces chantiers construisent aussi bien des navires marchands que des vaisseaux de guerre pour la marine impériale, introduisant des techniques de construction navale innovantes dans l'empire comme les méthodes de calfatage ou de nouveaux designs de voilure pour améliorer la vitesse des navires.
Le courtage international et la banque de commerce : les Anglikaners, grâce à leur bilinguisme et leurs liens commerciaux et familiaux, deviennent des intermédiaires naturels dans le commerce international, les maisons de courtage anglikaners facilitent les transactions entre marchands götterlandais et anglophones, gérant les changes monétaires, l'assurance maritime et le crédit commercial ; des banques comme la Whitfield Bank, fondée en 1698, devient une des principales banques de commerce du Götterland au XVIIIe siècle en se spécialisant dans le financement des expéditions coloniales.
L'industrie textile : Particulièrement dans la laine et le lin, les Anglikaners importent des techniques de filage et de tissage et fondent l'industrie textile avancée au Götterland, créant des manufactures textiles dans les grandes villes de l'Empire comme celle de Harrison à Waltereich, établie en 1705.
La traduction, l'interprétariat et l'enseignement des langues : les Anglikaners monopolisaient naturellement les activités de traduction entre l'anglais et le götterlandais, les grandes maisons de commerce götterlandaises employaient systématiquement des clercs anglikaners pour leur correspondance internationale et même l'administration impériale, malgré l'exclusion des Anglikaners des fonctions publiques, avait régulièrement recours aux traducteurs anglikaners pour ses relations diplomatiques, certains anglikaners éduqués ouvraient parfois des écoles privées où les fils de la noblesse et de la bourgeoisie götterlandaise venaient apprendre l'anglais.
L'imprimerie et l'édition : plusieurs imprimeries anglikaners s'établissent à Waltereich et Turmhain au XVIIIe siècle, publiant des journaux bilingues, des livres de commerce, des manuels de navigation et même des traductions en anglais d'ouvrages götterlandais.
Cette spécialisation économique crée une classe moyenne et haute anglikaner relativement prospère mais également profondément dépendante du commerce international et de la stabilité du régime impérial. En 1800, on estime qu'environ 60% des familles anglikaners appartenaient à la bourgeoisie commerçante ou artisanale, là où seulement 20% des familles götterlandaises en moyenne l'étaient.
Le XIXe siècle marque un tournant dans les relations entre Anglikaners et Götterlandais. Plusieurs facteurs convergent pour créer une intense période de tensions. Tout d'abord, on assiste à la montée du nationalisme götterlandais à partir des années 1820-1830, influencé par les courants romantiques et nationalistes qui traversent toute l'Eurysie. Ce nationalisme, d'abord culturel et linguistique, insiste de plus en plus sur la pureté de la nation götterlandaise, définie par sa langue germanique, son essence prétendument germanique et son héritage purement germanique. Les Anglikaners, bien qu'eurysiens et blancs, sont de plus en plus perçus comme des corps étrangers dans la nation. Des intellectuels völkisch götterlandais commenceront à développer des théories pseudo-scientifiques sur la hiérarchie des peuples germaniques, estimant que les Götterlandais étaient racialement supérieurs aux Anglo-Saxons, dont les Anglikaners. Le philosophe Hermann Volkmann publiera en 1842 son influent "Essai sur le génie du peuple götterlandais" où il affirme que la langue anglaise est corrompue par les influences latines et le commerce mercantile, produisant un peuple anglikaner dépourvu de l'honneur guerrier et de la profondeur spirituelle qui caractérisent le vrai germain de souche. Ensuite, paradoxlamenet, alors même que le Götterland s'industrialise rapidement au milieu du XIXe siècle, les Anglikaners voient leur position économique décliner, la spécialisation dans le commerce maritime et la construction navale devient moins avantageuse avec l'émergence des nouvelles industries largement dominées par la bourgeoisie capitaliste götterlandaise. Entre 1850 et 1900, la part anglikaner dans le commerce maritime de l'Empire passe de 40% à environ 22%. Enfin, à partir des années 1870, sous la pression nationaliste, le gouvernement impérial commence des politiques d'assimilation culturelle forcée en promulguant en 1873l'Edit sur l'enseignement obligatoire qui impose le götterlandais comme seule langue d'instruction dans tout l'Empire, y compris les écoles privées. Les parents anglikaners sont obligés d'inscrire leurs enfants dans des écoles clandestines pour leur apprendre l'anglais. En 1899, une loi interdit l'usage de langues étrangères dans toute correspondance commerciale officielle et dans les documents juridiques, obligeant les Anglikaners à germaniser leurs pratiques commerciales. Ces mesures provoquent des résistances au sein de la communauté anglikaner. Certaines familles continuent clandestinement à enseigner l'anglais à leurs enfants et des associations culturelles anglikaners organisent des cours du soir et des cercles de lecture pour maintenir en vie la langue anglais mais progressivement, la jeune génération née après 1880 apprend le götterlandais.
L'effondrement du Saint-Empire en 1908 marque le début d'une période sombre pour l'histoire anglikaner au Götterland. la proclamation de la Première République par l'armée impériale, loin de créer un Etat plus démocratique, instaure une véritable junte militaire dominée par l'aristocratie militaire götterlandaise et animée par un nationalisme völkisch très radical. La Première République développe une idéologie dite de "régénération nationale" en postulant que l'effondrement de l'Empire est liée à la contamination de la société par les éléments étrangers. Les Anglikaners, les Calmüsers, les Juifs et d'autres minorités sont désignés comme des boucs émissaires de la défaite. Le général Adalbert von Kriegstein, premier président de la République, déclare en janvier 1909 qu'il fera naître une République pure, débarrassée des parasites qui lui sucent le sang. La première vague de persécutions débute en mars 1910 avec l'Edit sur la pureté linguistique qui interdit formellement l'usage de toute langue étrangère dans l'espace public de la République, même parler anglais dans la rue, dans un magasin ou autre devient un délit passible d'amende, des patrouilles de police et des miliciens nationalistes sillonnent les quartiers anglikaners pour faire respecter la loi. La loi sur la germanisation des noms en août 1910 impose à tous les citoyens portant des noms et prénoms étrangers de les changer pour des équivalents germaniques dans un délai de six mois, ceux qui refusaient se voyaient refuser leurs papiers d'identité, ce qui les empêchait de travailler légalement, de voyager ou d'effectuer une quelconque démarche administrative. Cette loi provoque une véritable humiliation pour les Anglikaners car pour beaucoup d'entre eux, leur nom familial est l'héritier de plusieurs siècles d'histoire qui les liaient à leurs terres d'origine, le changer de force représentait une violence symbolique intense. En octobre 1910, la réforme de l'éducation nationale ferme tous les écoles privées anglikaners et impose la scolarisation obligatoire exclusivement dans les écoles publiques götterlandaises où le curriculum incluait des cours de culture nationale götterlandaise qui glorifiaient l'histoire götterlandaise et dépeignaient les autres peuples comme culturellement inférieurs, les enfants anglikaners sont punis s'ils parlaient anglais. Enfin, en décembre 1910, la célébration des cultes dans une autre langue que le götterlandais fut interdite, les églises anglikaners devaient adopter la langue götterlandaise, soit fermer. Les pasteurs et les curés sont expulsés s'ils sont nés à l'étranger.
Entre 1915 et 1918, alors que le Götterland est engagé dans plusieurs conflits coloniaux, la paranoïa anti-anglikaner s'empare du régime républicain. En février 1915, un navire militaire götterlandais, au large des côtes afaréennes, coule sans explications. Rapidement, la presse nationaliste pointe du doigt le fait que le navire a été conçu dans des chantiers navals détenus par des Anglikaners et qu'il a été volontairement saboté par les ouvriers anglikaners, dénonçant la cinquième colonne anglikaner de trahison. En mars 1915, en réaction, le gouvernement décrète la mise en place de camps d'éducation germanique où les Anglikaners suspects sont internés pour être interrogés avec des critères de suspicion extrêmement larges : avoir de la famille dans un pays anglophone, avoir voyagé à l'étranger, posséder des livres en anglais, avoir été entendu parler anglais, avoir des contacts commerciaux avec des firmes anglophones, etc. Entre 1915 et 1918, environ 18 000 Anglikaners sont internés, hommes, femmes et même enfants. Les conditions dans ces camps sont très brutales : les internés dorment dans des baraquements surpeuplés, mal chauffés l'hiver, la nourriture est insuffisante, les interrogatoires sont violents (coups, privation de sommeil, humiliations), les internés sont forcés de prouver leur loyauté en dénonçant d'autres Anglikaners, en répudiant publiquement leur héritage culturel et en signant des déclarations où ils affirment que la langue anglaise est une langue dégénérée. Environ 1200 personnes meurent dans ces camps entre 1915 et 1918, principalement de maladies comme le typhus, la pneumonie ou la dysenterie. Entre 1916 et 1917, on assiste à la confiscation sans compensation à des entreprises appartenant à des Anglikaners par l'Etat. Des centaines d'entreprises anglikaners sont saisies : compagnies maritimes, chantiers navals, banques, manufactures textiles. La Whitfield Bank, vieille de deux siècles, est nationalisée et ses actionnaires anglikaners sont dépossédés. Les grandes maisons de commerce de Pembroke & Sons et Harrison Brothers sont liquidés, leurs actifs vendus à vil prix à des entrepreneurs götterlandais proches du régime. Puis enfin, entre 1917 et 1918, plusieurs centaines d'Anglikaners sont purement et simplement abattus sommairement pour trahison. Les procès, quand il y en a, sont des parodies. En juillet 1917, 37 marins anglikaners sont fusillés en public pour l'exemple après avoir été accusés, sans preuves, de sabotage des navires militaires. En décembre 1917, toute la direction de la communauté anglikaner de Turmhain (pasteurs, notables, enseignants) sont arrêtés et fusillés pour complot séditieux contre l'Etat. Les corps sont exposés publiquement pour l'exemple.
Et si la période 1915-1918 est marquée par la répression étatique systématique, la période entre 1920 et 1925 voit quant à elle l'explosion des violences populaires contre les Anglikaners dans le climat de la crise économique des années 20's, le pays étant ruiné par les guerres coloniales, l'hyperinflation et le chômage de masse. La junte militaire et les nationalistes utilisent cyniquement la rhétorique anti-anglikaner pour détourner la colère populaire avec des affiches de propagande placardées dans toutes les villes montrant des caricatures d'obèses Anglikaners portant des sacs d'argent, piétinant des ouvriers götterlandais affamés. Le 12 août 1920, une manifestation de chômeurs à Ankersdadt dégénère, les orateurs nationalistes haranguent la foule en désignant le quartier anglikaner de la ville comme responsable de la misère. Ce qui suit est un massacre d'une violence inouïe qui dura trois jours. Les maisons furent pillées et incendiées, les commerces détruits, les hommes anglikaners battus à mort, les femmes violées et les enfants lynchés. La police de la ville n'interviendra que 36 heures plus tard mollement. Bilan officiel : 387 morts, plus de 1500 blessés et 15 000 personnes déplacées. Le bilan réel est inconnu mais certainement plus élevé. Par la suite, les massacres s'enchaînent : Turmhain en septembre 1920, Waldenau en novembre 1920, Waltereich en mars 1921, Falkenberg en juin 1922. Au total, entre 1920 et 1923, on estime qu'entre 2000 à 5000 Anglikaners sont tués dans ces violences et des dizaines de milliers sont blessés. Puis dans la nuit du 9 novembre 1923,des milices nationalistes se coordonnent pour attaquer simultanément les églises anglikaners dans tout le pays. Sur les 127 églises anglikaners qui existaient à l'époque, 89 sont incendiées dans ce qu'on a appelé la "Nuit des Feux". Plusieurs brûlent avec des familles à l'intérieur. A Waltereich, la très historique église St.Andrew Church, construite en 1575, est brûlée entièrement, les pompiers recevant l'ordre de ne pas intervenir.
Face à ces persécutions systématiques, la communauté anglikaner se divise sur la stratégie. Une partie émigre, on estime qu'environ 40% de la population anglikaner quitte le pays entre 1910 et 1930, soit à l'époque environ 180 000 personnes. Cette émigration est cependant hautement sélective : ce sont principalement les familles les plus aisées et les plus éduquées qui partent, les Anglikaners plus pauvres comme les ouvriers et les petits artisans n'ont souvent pas les moyens de fuir et restent donc piégés dans le pays. Parmi ceux qui restent, beaucoup adoptent une assimilation culturelle défensive pour survivre, abandonnant la langue anglaise pour adopter des comportements plus germaniques. Certains changent même volontairement de religion pour mieux se fondre dans le catholicisme intégraliste des Götterlandais. Les mariages mixtes avec des Götterlandais augmentent par ailleurs, on estime qu'en 1930, environ 35% des mariages anglikaners sont mixtes, contre seulement 8% en 1900. C'est durant cette période sombre d'ailleurs que les Anglikaners commencent à migrer à l'intérieur des terres, moins prompts à la violence populaire, principalement dans la ville de Kaiserhaln qui devient petit à petit l'épicentre de la communauté anglikaner jusqu'à aujourd'hui.
En 1929, la Seconde République est proclamée par les premières élections libres au suffrage universel masculin du pays. Le nouveau gouvernement libéral-conservateur, bien qu'il reste profondément nationaliste, abroge les lois les plus ouvertement racistes de la Première République et établit une loi de réhabilitation civique en 1930 qui établit pour la première fois de l'histoire l'égalité juridique formelle des Anglikaners en tant que citoyens de plein droit de la République, pouvant désormais voter (pour les hommes), se présenter aux élections, pouvant accéder à la fonction publique (du moins en théorie et pouvant posséder des biens sans restrictions, l'usage de la langue anglaise est dépénalisée. Cependant, la normalisation de 1929-1930 ne mène à aucune réparation des injustices ni à la fin de la discrimination dans le pays : les biens confisqués entre 1916 et 1929 ne sont jamais restitués à leurs propriétaires anglikaners légitimes, les grandes compagnies et les banques acquises durant les confiscations restent aux mains de l'Etat et aucune compensation n'est accordée ; de même, aucun responsable des massacres et des exécutions sommaires durant cette période n'est poursuivi en justice, l'Etat se refuse même à reconnaître officiellement qu'il y a eu des crimes commis, parlant pudiquement de simples excès regrettables ; de plus, malgré, l'égalité juridique formelle, la discrimination persiste dans la fonction publique où les Anglikaners sont écartés des postes importants, un plafond de verre s'impose dans les entreprises et les université simposent des quotas qui limitent l'admission des étudiants anglikaners.
Durant la période 1930-1970, sous le gouvernement conservateur, la communauté anglikaner tente de se reconstruite mais elle doit faire à une perte linguistique irréversible avec seulement 15-20% des Anglikaners qui parlent encore couramment anglais en 1950. Les anciennes structures communautaires ont été détruites et ne sont jamais vraiment reconstruites et bien que quelques églises sont reconstruites dans les années 30 et 40, elles célèbrent leurs offices en götterlandais et ont perdus leur fonction de centre communautaire. Il faut vraiment attendre l'élection du Parti du Progrès en 1979 et la période néo-libérale pour voir des améliorations de la nouvelle génération d'Anglikaners. La politique d'ouverture aux investissements étrangers et au libre-échange du Parti du Progrès favorise ceux qui ont des compétences linguistiques en anglais et des réseaux internationaux. Certains Anglikaners ayant maintenus leur usage de l'anglais ou qui se forcent à réapprendre la langue, voient leur position valorisée comme un capital culturel utile économiquement. Dans les années 80 et 90, une nouvelle bourgeoisie anglikaner émerge dans les secteurs de la finance internationale, du conseil aux entreprises, des nouvelles technologies et du commerce internationale. La Bourse de Waltereich, ouverte en 1982, attire des Anglikaners qui deviennent traders, analystes financiers ou gestionnaires de fonds. Cependant, la réussite économique des Anglikaners ne s'accompagne pas d'une acceptation sociale des Anglikaners qui sont vus avec méfiance par une partie de la population götterlandaise avec des stéréotypes (souvent empruntés aux récits antisémites par ailleurs) sur les Anglikaners ressurgissent, dénonçant le fait que les Anglikaners vendent le pays aux étrangers, que ce sont des cosmopolites sans racines et qu'ils s'enrichissent sur le dos des honnêtres travailleurs götterlandais. A partir de 2010, alors que l'Etat est massivement endetté et se force à mettre en place une politique d'austérité budgétaire, les vieux réflexes xénophobes reviennent : les néo-nazis et le Parti d'Identité Nationale ciblent les Anglikaners comme des mondialistes apatrides et des parasites à exterminer. Plusieurs incidents violents se déclenchent, des Anglikaners sont agressés par des militants néo-nazis, les rares églises anglikaners sont taguées de croix gammées.
En 2018, lorsque la guerre civile éclate, les Anglikaners se regroupent autour de la ville de Kaiserhaln sous l'Union de Défense Indépendantiste (Independantist Defense Union / IDU), principalement dirigés par des éléments fortement conservateurs, favorables à l'indépendance pure et simple d'une enclave anglikaner autour de la ville de Kaiserhaln et par réaction à la xénophobie götterlandaise, sont devenus eux-mêmes xénophobes à la fois des Götterlandais mais également de la plupart des autres peuples, y compris les autres minorités ethniques qui peuplent le Götterlandais. Bien qu'ils ne soient pas formellement suprémacistes, ils s'en rapprochent chaque jour qui passe.
Démographie :
Les Anglikaners sont principalement regroupés autour de la ville de Kaiserhaln, bien qu'il existe d'infimes minorités anglikaners dans les territoires d'outre-mer dans les zones urbaines. Les Anglikaners sont principalement une population urbaine et comme la plupart des populations urbaines éduquées, ils ont un taux de natalité relativement bas (environ 1,4 enfant par femme). Bien que depuis le début du XXe siècle, la communauté anglikaner subit une émigration continue motivée par les opportunités économiques et le désir d'échapper à la discrimination persistante, certains Anglikaners qui avaient complètement abandonnés leur identité se ré-identifient depuis quelques années à leurs racines anglikaners en reprenant leurs noms originaux et en apprenant l'anglais. Bien que le mouvement est encore marginal et se limite à quelques milliers de personnes, il devient de plus en plus important chaque jour qui passe.
Profil socio-économique :
La structure socio-économique de la population anglikaner en 2017, à la veille de la guerre civile, se compose d'environ 15% de la population appartenant aux classes supérieures issues de l'ère néo-libérale, principalement cantonnés dans la finance internationale (banquiers d'investissement, traders, gestionnaires de fonds, analystes financiers), le conseil aux entreprises (les grands cabinets de conseil international implantés au Götterland recrutent préférentiellement des Anglikaners bilingues), les start-ups (où ils sont pour le coup sur-représentés) et les professions libérales internationales (avocats en droit international ou commercial, consultants, architectes, etc.). 45% des Anglikaners appartiennent davantage à la classe moyenne supérieure, ce sont principalement des cadres et des managers (dans le commerce international ou la logistique généralement), des enseignants et universitaires, des médecins ou des fonctionnaires du secteur public. Derrière, on trouve 30% qui appartiennent à la classe moyenne inférieure, principalement des employés de bureau, des petits commerçants ou des enseignants du primaire. Enfin, 10% des Anglikaners appartiennent aux classes populaires, principalement employés dans des secteurs tertiaires comme le commerce de détail, la restauration ou le nettoyage. On notera que parmi ces 10% appartenant aux classes populaires, la très grande majorité d'entre eux sont très pauvres et précarisés, on y compte notamment des familles d'Anglikaners spoliés au début du XXe siècle qui ne se sont jamais relever économiquement.
Les Calmüsers tirent leur nom de la région de Calmüsen (ou Calmuise en français / HRP : pour l'anecdote, le nom de Calmüsers vient d'un nom péjoratif que donnait les Allemands aux Français durant la Grande Guerre, comme quand nous, on dit les "Boches"), une ancienne nation francophone située à l'est de l'actuel Götterland et qui a disparu durant les conquêtes impériales götterlandaises entre le XIIIe et le XVe siècle. Avant la conquête götterlandaise, la Calmuise était une région prospère composée de plusieurs comtés et duchés francophones, culturellement et linguistiquement liés aux grandes monarchies francophones d'Eurysie occidentale, vivant principalement de l'agriculture (céréales, vignobles, élevage bovin surtout), de l'artisanat textile et du commerce sur les routes reliant l'Eurysie occidentale. La population y était majoritairement catholique, avec une noblesse locale francophone ancienne, des traditions juridiques inspirées du droit rhémien et une culture profondément ancrée dans la francophonie eurysienne.
La première vague de conquêtes (1287-1312) débute sous le règne de l'empereur Gottfried III. Les armées impériales götterlandaises, à cette époque la force terrestre la plus redoutable d'Eurysie occiendale, se lancent dans une série de campagnes militaires dévastatrices contre la Calmuise. La conquête est d'une extrême brutalité, caractéristique du militarisme götterlandais de l'époque : les villages sont rasés, les populations civiles sont passées au fil de l'épée pour l'exemple et la noblesse locale qui résiste est systématiquement massacrée et ses terres redistribuées entre les nobles götterlandais victorieux. La Calmuise perd la moitié de son territoire durant ces conquêtes, les chroniques de l'époque décrivent, aussi bien du côté götterlandais que calmuisien, de véritables scènes d'horreur : en 1294, par exemple, la ville de Saint-Laurent est assiégée pendant six mois et sur les 8000 habitants de la ville, seuls 2000 y survivent. En 1301, après la victoire des troupes götterlandaises à la bataille de Valmont, l'empereur Gottfried III fait exécuter publiquement une centaine de nobles calmuisiens et leurs familles, leurs textes sont exposées sur de longues piques jusqu'au retour triomphal des troupes götterlandais à Waltereich. De 1350 à 1401, les empereurs successifs poursuivent leur expansion dans la région, annexant le reste de la Calmuise qui est définitivement incorporée en 1401 dans la "Reichsprovinz Calmüsen" (littéralement la Province Impériale de Calmüsen). La conquête götterlandaise transforme radicalement la structure sociale de la région. La noblesse francophone locale, quand elle n'était pas purement et simplement exterminée, fut forcée soit à l'exil, soit déchue de tout titre. Une nouvelle aristocratie germanique s'implante dans la région, recevant d'immenses domaines fonciers et un contrôle politique et militaire total sur la région.
Durant le XVe et XVIe siècles, la région calmüser est gouvernée selon le modèle féodal götterlandais classique, caractérisée par une domination ethnolinguistique brutale. Les terres calmüsers étaient organisées en grands domaines féodaux contrôlés par la noblesse götterlandaise. Ces seigneurs imposaient un régime d'exploitation féodale particulièrement dur avec des corvées excessives (quatre à cinq jours par semaine pour certains paysans), des tailles très arbitraires, des nombreuses banalités et un mépris total de la noblesse pour la population francophone locale. La langue française était interdite dans toute interaction avec l'administration seigneuriale, les paysans devant s'adresser à leurs maîtres en götterlandais via des interprètes. De même, contrairement aux autres régions eurysiennes conquises par le Götterland où le servage y était modéré au XVe siècle, la Calmuise subit au contraire un servage très oppressif avec 40% de la population paysanne qui y était réduite au servage, attachée à la terre, ne pouvant se marier que sous l'autorisation du seigneur et soumis à des punitions corporelles régulières. Pire encore, environ un quart de la population était tout simplement réduite en esclavage pur et simple, un sort réservé souvent aux paysans séditieux après des révoltes paysannes, les familles des rebelles et leurs proches étaient systématiquement asservies, leurs enfants vendus ou cédés à l'empereur pour effectuer des travaux publics. Bien entendu, les révoltes paysannes étaient fréquentes mais elles furent toutes écrasées dans le sang. On peut citer les révoltes de 1358 ou de 1432, la première faisant plus de 3000 morts chez les paysans et réduisant des milliers d'autres à l'esclavage, la seconde provoquée par un certain Jean le Rouge, un soldat calmüser qui avait déserté pour rassembler une armée paysanne. Jean le Rouge sera finalement vaincu, écartelé publiquement à Falkenberg et la totalité de ses compagnons seront massacrés. Enfin, en 1514, la plus importante des rébellions se déclenche en Calmuise, réclamant l'abolition du servage, la réduction des corvées et le droit d'utiliser le français comme langue administrative. Des zones entières sont libérées, des assemblées villageoises autogérées s'organisent spontanément. Les paysans calmüsers résistent pendant trois ans aux armées impériales avant d'être finalement vaincus en 1517, l'armée impériale utilisant systématiquement l'artillerie contre les villages fortifiés, exécutant massivement des milliers de paysans, la révolte de 1514 provoquera à elle seule la mort de 18 000 calmüsers. Par la suite, entre 1518 et 1525, l'empereur va décider d'infliger la même sanction aux Calmüsers qu'aux esclaves révoltés en castrant publiquement 4000 meneurs présumés et leurs fils afin de pacifier la population. Il est à noter que c'est à cette période que débute aussi des déportations de masse dans le territoire calmusien, beaucoup de Calmusiens sont déportés dans le Haut-Götterland pour y être exploités en masse.
En 1502, face à l'état de délabrement de son empire, miné par les révoltes, Ansbert IV va proclamer la Imperiale Autonomieblase, une bulle impériale qui accorde une large autonomie aux duchés non-germanophones, dont théoriquement la Calmuise. Mais pour les Calmüsers, cette autonomie était largement illusoire et c'est ce qui déclenchera d'ailleurs la révolte de 1514 ultérieurement. La Calmuise devenait certes un duché avec une certaine autonomie administrative mais le duc de Calmüsen restait un germanophone, assisté d'un conseil ducal certes comportant quelques notables francophones locaux mais largement surveillés et limités à certaines affaires locales comme la gestion des routes et des marchés ou la justice civile mineure. La bulle impériale ne change rien non plus à la structure foncière de la région. En 1750, on estime que 85% des terres agricoles de la Calmuise appartenaient à des nobles götterlandais et seulement 8% à la petite bourgeoisie calmüser (notaires, médecins, marchands principalement) et le reste à des petits propriétaires paysans calmüsers. Les paysans calmüsers, jusqu'au XVIIIe siècle, restent majoritairement métayers, fermiers ou journaliers agricoles en travaillant sur les terres de leurs maîtres germains. Pour gouverner efficacement, le pouvoir impérial a tout de même coopter au fur à mesure une petite élite calmüser parmi les anciennes familles nobles déchues après la conquête ainsi que de nouvelles familles bourgeoises qui se sont enrichies et qui ont reçus des titres mineurs et des privilèges fiscaux en échange de leur loyauté à l'Empire. Cette noblesse collaboratrice jouait le rôle d'intermédiaire entre le pouvoir impérial et la masse paysanne francophone. Cette collaboration crée une fracture profonde au sein de la société calmüser entre d'un côté, une petite élite francophone qui s'est vendue à l'ennemi et de l'autre une masse paysanne qui la méprise pour sa trahison mais lui devant tout de même obéissance. Pour la majorité paysanne, l'autonomie change peu. La vie reste celle d'une paysannerie pauvre, exploitée, vivant dans des zones rurales isolées, parlant exclusivement français, pratiquant un catholicisme fervent mâtiné de superstitions locales, cultivant du blé et du vin. Les communautés villageoises restent soudées, organisées autour de leur paroisse catholique (le curé étant souvent la seule personne éduquée du village) avec des traditions d'entraide mutuelle et de solidarité face à l'exploitation seigneuriale. La langue française se maintient intégralement dans ces communautés rurales car contrairement aux Anglikaners, majoritairement urbains et exposés constamment à la langue götterlandaise, les paysans calmüsers vivent dans un univers quasi-exclusivement francophone. Seuls une faible partie de la population qui est en contact avec l'administration ou qui vendent dans les marchés apprennent un götterlandais rudimentaire.
Le XIXe siècle voit cependant monter deux forces contradictoires : le nationalisme götterlandais visant à assimiler les minorités et le nationalisme francophone calmüser qui cherche à résister à cette assimilation. Au XIXe siècle, des nations francophones comme Teyla connaissent une forme d'essor du nationalisme culturel et linguistique qui se propage jusqu'en Calmuise via les livres, les journaux clandestins et les étudiants calmüsers ayant étudié dans les universités teylaises. Un mouvement culturel calmüser émerge, porté par des intellectuells, notamment des prêtres, qui commencent à théoriser une identité nationale calmüser, la Calmuise serait une terre francophone injustement arrachée par l'impérialisme götterlandais. Des sociétés secrètes culturelles se créent, publiant des revues en français et imprimées clandestinement, collectant la poésie orale calmüser, écrivant des histoires de roman national de la Calmuise avant la conquête götterlandaise. Ce nationalisme reste cependant minoritaire, limité à une petite élite urbaine et intellectuelle. La masse paysanne reste largement apolitique, définie plus par son catholicisme et son attachement au village que par un nationalisme abstrait. Face à cette résistance culturelle, l'Empire adopte des politiques d'assimilation progressives. En 1873, les réformes sur l'éducation nationale impose le götterlandais comme la seule langue d'instruction dans toutes les écoles. Des écoles publiques sont ouvertes dans les campagnes calmüsers avec des instituteurs götterlandais envoyés "civiliser" les paysans. Cette politique rencontre de nombreux obstacles : tout d'abord, étant donné que beaucoup de familles paysannes gardent leurs enfants pour travailler aux champs, le taux de scolarisation reste faible ; ensuite, même scolarisés en götterlandais, les enfants retournent dans leurs villages exclusivement francophones, donc l'assimilation échoue quand même. Il faut aussi noter la réaction très conservatrice du clergé calmüser qui reste le bastion principal de la résistance culturelle. Les curés prêchent en français, maintiennent les traditions locales et développent un discours très conservateur : défense de la foi catholique, défense de l'ordre social traditionnel et hiérarchique et de la famille patriarcale et défense de la langue française.
C'est sous le prisme de cette idéologie que la Calmuise se révolte en grande partie lorsque l'Empire se délite au début du XXe siècle. Tandis que la Calmuise obtient son indépendance face au Götterland comme beaucoup d'autres nations, il reste encore les Calmüsers habitant dans le Haut-Götterland, abandonnés par leurs pairs. La Première République ne sera pas tendre avec eux car comme les Anglikaners, les Calmüsers sont visés par des politiques de germanisation forcée avec la germanisation des noms et l'interdiction du français dans l'espace public. Cependant, la géographie rurale du sud du Haut-Götterland joue en faveur des Calmüsers qui en profitent pour maintenir l'usage du français dans la sphère privée clandestinement. Les patrouilles de la police sont rares dans ces villages. Contrairement aux Anglikaners qui subissent dans cette période des massacres réguliers, les Calmüsers échappent largement aux violences de masse. Il n'y a pas de quartiers calmüsers dans les villes. Cependant, des violences sporadiques éclatent quand même. En 1921, dans la ville de Nieuwfort (alors à l'époque une petite ville), des milices nationalistes s'attaquent au marché de la ville tenus par des calmüsers, faisant 23 morts. Néanmoins, la communauté calmüser n'en sort pas indemne : la crise économique des années 20's frappe durement la paysannerie, les prix agricoles s'effondrent, beaucoup de propriétaires font faillite et c'est à cette période que les paysans calmüsers commencent à migrer vers la ville de Nieuwfort.
Avec la démocratisation en 1929, les persécutions les plus brutales cessent. Les Calmüsers retrouvent le droit de parler français et de participer en théorie à la vie politique. Néanmoins, ils restent profondément marginalisés. A partir des années 1930, le Haut-Götterland connaît un déclin démographique constant. La modernisation agricole, la mécanisation des procédés agricoles et la crise de la viticulture provoquent un exode rural massif. Entre 1930 et 2017, la population rurale calmüser diminue de moitié. Les jeunes partent travailler à Nieuwfort tandis que les villages se vident. Dans les campagnes en elles-mêmes, la société reste profondément conservatrice. La structure sociale y est toujours la même : les grandes propriétés agricoles sont dominées par des descendants de la noblesse götterlandaise ou par des familles calmüsers puissantes et collaboratrices tandis que le reste est détenu par des métayers et des fermiers, le clergé conserve une importance sociale écrasante et l'autorité patriarcale dans les familles y est très forte. L'arrivée au pouvoir des néo-libéraux aggrave la situation des Calmüsers ruraux, la libéralisation de l'agriculture et la concurrence internationale détruisent rapidement l'agriculture traditionnelle calmüser. La viticulture, autrefois fierté des Calmüsers, périclite face à la concurrence étrangère. Le chômage rural explose, les services publics ferment dans les zones rurales et les zones rurales du Haut-Götterland deviennent des zones économiques sinistrées, oubliées et peuplées de vieux paysans appauvris et de jeunes chômeurs sans avenir. Dans ce contexte de déclin, un profond ressentiment se développe dans la population calmüser rurale avec un ressentiment contre les élites libérales de Waltereich qui abandonne la ruralité, contre les élites cosmopolites qui détruisent le mode de vie calmüser, contre les immigrés qui profitent des emplois en ville pendant que les Calmüsers crèvent de faim et contre la modernité libérale qui détruit les traditions. Ce ressentiement va nourrir un virage politique radical, incarné par l'Organisation de Libération Francophone.
Démographie :
Contrairement aux Anglikaners, les Calmüsers parlent encore globalement français pour 90% d'entre eux comme leur langue maternelle ou langue d'usage quotidien, ce qui s'explique par la concentration géographique rurale, la transmission familiale de la langue, l'isolement relatif des communautés et la fierté identitaire des Calmüsers qui est liée au langage. Cependant, pratiquement tous les Calmüsers aujourd'hui sont bilingues français-götterlandais, la langue götterlandaise étant nécessaire pour toute interaction avec l'administration, l'éducation ou le travail. Les Calmüsers sont concentrés dans une zone géographique compacte au sud du Haut-Götterland, dans les régions rurales au sud de la ville de Falkenberg et autour de Nieuwfort. Nieuwfort est la ville avec le plus de Calmüsers proportionnellement avec environ 25% de la population qui fait partie de cette minorité ethnique. la majorité des Calmüsers urbains sont des migrants ruraux venus chercher du travail (souvent des ouvriers ou des employés de service) et des étudiants, bien qu'on compte aussi une petite bourgeoisie calmüser dans le tas, composée de commerçants et d'autres professions libérales.
Profil socio-économique :
La structure socio-économique calmüser est caractérisée par la pauvreté rurale, le déclin économique et une structure de classes très archaïque. Environ 70% de la population calmüser fait partie des classes populaires rurales qui sont la catégorie la plus massive et dominante, composées principalement de petits agriculteurs (propriétaires de petites exploitations avec un faible revenu, complétés par les aides sociales agricoles), des ouvriers agricoles et métayers (qui travaillent sur les grandes exploitations des descendants de la vielle noblesse götterlandaise dans des conditions de travail très dures et des logements vétustes, souvent d'anciennes dépendances de fermes), des ouvriers peu qualifiés (principalement dans les bourgs en tant qu'ouvriers du bâtiment ou employés de commerce, souvent au chômage pour un tiers d'entre eux) et de retraités agricoles. Ensuite, on retrouve les classes moyennes rurales qui représentent 20% des Calmüsers qui se composent d'agriculteurs moyens (petite élite agricole locale, orientés vers la culture commerciale ou l'élevage intensif), d'artisans, de commerçants, de fonctionnaires et de professions intermédiaires. Environ 8% de la population calmüser fait partie de la petite bourgeoisie locale, composée principalement de professions libérales (médecins et notaires principalement), grands agriculteurs et petits patrons. Enfin, 2% de la population font vraiment partie de la classe supérieure, généralement de grands propriétaires fonciers.
Positionnement politique :
Dans les années 2000-2010 émerge dans la communauté calmüser un courant idéologique spécifique que l'on nomme généralement le calmüsisme ou le Morisme (du nom de son idéologue principal, Jean-Baptiste Moreau) qui combine un nationalisme francophone et calmüser réactionnaire (le sud du Haut-Götterland est considérée comme la Nouvelle-Calmuise et vue comme une terre francophone par essence et dernier bastion des francophones au Götterland, ils rejettent le multiculturalisme, le cosmopolitisme et la mondialisation perçus comme des phénomènes destructeurs de l'identité calmüser), catholicisme intégriste (retour à un catholicisme ultra-traditionnel nostalgique de la chrétienté médiévale en revenant aux fondements de l'ordre social et politique, rejet radical de la laïcité, de l'athéisme et du sécularisme moderne), autoritarisme et culte de la hiérarchie (à travers le rejet de la démocratie libérale vue comme décadente et chaotique pour privilégier le retour d'un ordre autoritaire fort en valorisant l'obéissance et la discipline tout en méprisant le parlementarisme, les partis et les élections), corporatisme économique (en rejetant le capitalisme libéral qui est accusé de détruire la paysannerie traditionnelle ainsi que le communisme vu comme athée et égalitariste et privilégiant une vision corporatiste où chaque corps social serait organisé en corporations, hiérarchisé et collaborant harmonieusement sous l'autorité étatique) anti-germanisme primaire (haine viscérale des Götterlandais mais paradoxalement très admiratifs de l'ordre et de la discipline germanique), racisme et xénophobie (racisme anti-immigrés viscéral, antisémitisme virulent et mépris des élites cosmopolites apatrides), misogynie et patriarcat radical (subordination de la femme au rôle de mère et d'épouse, rejet du féminisme et de l'égalité hommes-femmes au profit de la famille traditionnelle et évidemment une hostilité absolue aux LGBT).
Les résultats électoraux de 2010 à 2017 montrent cette radicalisation absolue chez les Calmüsers. Les élections législatives de 2015 ont montrés qu'environ 58% des Calmüsers ont votés pour le Parti d'Identité Nationale (qui sont nationalistes et conservateurs) mais qu'également 22% ont votés pour le Front National-Calmüser, un parti moriste local (qui n'a cependant jamais eu assez de votes pour obtenir un seul siège au Landtag et qui rest essentiellement local). Donc on a tout de même 70% des Calmüsers qui avaient votés pour des partis de droite conservatrice, pour ne pas dire carrément fascistes, avant la guerre civile, les 30% restants étant surtout majoritairement abstentionnistes, seuls 6% de la population calmüser avait voté pour le Parti du Progrès ou d'autres partis plus à gauche en 2015.
Le Front National-Calmüser, fondé en 2008, est un parti ouvertement fasciste et moriste avec pour programme l'autonomie totale des territoires calmüsers au sein d'un Götterland fédéralisé, la reconnaissance du français comme langue officielle, un retour aux valeurs traditionnelles chrétiennes, l'expulsion de tous les immigrés non-eurysiens, la fermeture des frontières, la restauration d'un ordre corporatiste et enfin la préférence nationale et régionale dans l'emploi et les aides sociales. Le FNC comptait également une organisation paramilitaire, fondée en 2015, nommée les Chemises Brunes et qui vont, entre 2015 et 2017, participer à la montée des violences politiques dans le pays en agressant des militants de gauche et des personnes perçues comme immigrées. C'est le FNC qui sera le fer de lance de la mise en place de l'Organisation de Libération Francophone qui se soulèvera en janvier 2018 lors du déclenchement de la guerre civile et l'éclatement du pays.
L'histoire des Océano-Afaréens commence dans l'horreur absolue de la traite négrière dans l'Océan d'Espérance et l'Océan du Deltacruzando organisée par le Saint-Empire du Götterland à partir de la fin du XVIIe siècle lorsque celui-ci se lance définitivement dans la course coloniale. Après avoir établi des comptoirs commerciaux en Afarée et en Aleucie dès les années 1680, le Saint-Empire du Götterland établit ses premières colonies de peuplement en Aleucie au début du XVIIIe siècle. En Aleucie, de ce qui reste des anciennes possessions coloniales götterlandaises, on peut citer Schawuental sur la côte orientale aleucienne, une zone marécageuse qui sera surtout connu pour sa culture du tabac et du coton à partir de 1705 ; Klein-Wustadt, également connu pour le coton et le tabac et colonisé à partir de 1712 et enfin Bedorf (du nom du capitaine Friedrich von Bede qui prend le contrôle de la région en 1748) et qui sera utilisée pour la culture de la canne à sucre, du tabac et de l'indigo principalement. Dès le départ, le colonialisme götterlandais dans ces territoires adopte un modèle économique qui domine alors les deux continents aleucien et paltoterran : l'économie de plantation fondée sur l'esclavage de masse de populations afaréennes déportées. Le raisonnement économique est à la fois simple et brutal : les cultures tropicales ont besoin d'une forte intensité de main d'oeuvre pour des travaux extrêmement pénibles sous un climat souvent éprouvant et comble de l'ironie, les Götterlandais ont massacrés la plupart des autochtones présents avant la colonisation, que ce soit par la maladie mais plus généralement par les massacres provoqués par la conquête coloniale et l'exploitation des autochtones jusqu'à la mort. Les colons götterlandais, eux, sont trop peu nombreux pour accomplir cette tâche et refusent un travail manuel aussi difficile. La solution est donc toute trouvée : importer en masse des esclaves afaréens.
Entre 1710 et l'abolition officielle de la traite en 1840 (sous la pression internationale, le Götterland persiste dans la pratique de l'esclavage jusqu'en 1863), le Saint-Empire du Götterland organise une traite négrière massive depuis les côtes afaréennes. Des compagnies commerciales götterlandaises (dont des compagnies dirigées par des Anglikaners, comme on l'a vu) arment massivement des navires négriers qui partent des ports götterlandais et pratiquent le commerce triangulaire. Du Götterland, ils arrivent dans les comptoirs et colonies götterlandaises avec des cargaisons d'armes à feu, d'alcool, de tissus et de verroterie qu'ils échangent contre des esclaves avec les pouvoirs locaux (les Götterlandais n'effectuaient pas eux-mêmes des razzias en Afarée, autant par méconnaissance de l'intérieur des terres que par le coût logistique d'une telle entreprise, sans oublier les maladies tropicales dont les Eurysiens n'étaient guère immunisés) ; une fois les esclaves amenés en Aleucie ou en Paltoterra, les négriers rapportaient des colonies la production de produits coloniaux issus de ces mêmes colonies, souvent du sucre, du café, du tabac ou du coton. Les conditions de transport des esclaves étaient d'une cruauté absolue, même selon les standards déjà très bas de l'époque. Les navires négriers götterlandais entassaient les capitifs dans des cales exiguës, enchaînés, sans aucune mesure hygiénique et avec un approvisionnement en eau et en nourriture souvent très insuffisant. La densité était calculée pour maximiser le profit. On estime qu'un navire négrier götterlandais typique d'environ 300 tonneaux pouvait transporter 400 à 500 esclaves dans des conditions où ils pouvaient à peine se retourner durant une traversée qui pouvait durer jusqu'à deux mois et demi en fonction des conditions météorologiques. La mortalité durant la traversée, on s'en doute, était très élevée avec en moyenne 25% des captifs qui mouraient durant le voyage, souvent de maladie, de déshydratation, de dysenterie ou qui se suicidaient purement et simplement. Les corps étaient ensuite jetés par-dessus bord. Il existe des cas documentés, au sein des archives de la Compagnie Götterlandaise des Colonies Occidentales qui décrivent avec une froideur bureaucratique terrifiante, où la mortalité atteignait exceptionnellement les 50% de la cargaison.
Les colonies götterlandaises développent très rapidement une société de plantation caractérisée par une stratification raciale très rigide avec au sommet les Blancs götterlandais (qui représentaient à peine 5 à 10% de la population en fonction des colonies) qui se composaient généralement de grands planteurs (propriétaires de vastes plantations et de centaines d'esclaves, principalement des nobles götterlandais ou des bourgeois enrichis par les plantations, beaucoup ne résidant d'ailleurs qu'occasionnellement dans leurs domaines), de petits planteurs (colons propriétaires plus modestes avec souvent quelques dizaines d'esclaves ou disposant de leurs propres exploitations agricoles, souvent des götterlandais originellement pauvres en Eurysie qui ont réussis à assurer un train de vie honorable dans les colonies) et tout ce qu'on nommait enfin les "petits Blancs" (qui désigne tous les non-propriétaires comme les artisans, les commerçants, les contremaîtres ou les marins, souvent très pauvres mais farouchement attachés à leur statut racial pour ne pas finir au même niveau que les esclaves). Ensuite, on retrouvait de manière plus rare des gens de couleur libres qui représentaient entre 3 à 5% de la population en fonction des colonies et qui regroupaient tous les affranchis et ce qu'on nommait à l'époque les mulâtres, c'est-à-dire des enfants métis issus d'un parent blanc et d'un parent noir, il était généralement rare qu'un métis soit réduit en esclavage du fait qu'il ait en partie du sang blanc qui coule dans ses veines et il arrivait parfois que les mulâtres réussissent à vivre correctement (vers la fin du XVIIIe siècle, on notera même que certains mulâtres deviendront propriétaires de grandes plantations et pratiqueront à leur tour l'esclavage). En 1723, les gens de couleur libres sont soumis à un Code Noir qui restreint drastiquement leurs droits (interdiction de porter les armes, interdiction de rassemblement en place publique, interdiction de certains métiers, couvre-feu, obligation de déférence aux Blancs) et établit également le principe du partus sequitur ventrem pour les esclaves (en gros, tout enfant né d'une femme esclave devient automatiquement esclave du maître de sa mère, une méthode qui perpétue de facto la population d'esclaves). La masse écrasante restante de ces colonies était cependant à 85-90% des esclaves d'origine afaréenne et juridiquement considérés non comme des personnes mais comme des biens meubles, propriété de leurs maîtres. Les conditions de vie et de travail des esclaves dans les plantations götterlandaises étaient parmi les plus brutales de l'époque. Le travail était particulièrement éprouvant avec des journées de 14 à 18 heures pendant les périodes de récolte (entre le mois de juillet et de décembre) sous un soleil de plomb et avec des tâches très épuisantes (défrichement, plantation, sarclage, coupe pour la canne à sucre (à la machette), transport, broyage dans les moulins (à noter que les moulins à sucre étaient très dangereux, beaucoup d'esclaves y perdent leurs doigts, leurs mains ou voient leurs bras se faire happer par les meules)). L'alimentation reposait sur des rations alimentaires minimalistes au possible (manioc, bananes, un peu de poisson salé) ce qui engendrait de la malnutrition chronique et une espérance de vie très courte (environ 30 ans). Le logement des esclaves était généralement des cases minuscules en bois ou en chaume avec une seule pièce pour la famille, sans meubles et un sol en terre battue où il fallait dormir. Et bien sûr, qu'est que serait l'esclavage sans les punitions quotidiennes infligées aux esclaves issus des contremaîtres (soit des petits Blancs, soient des esclaves promus) qui avaient pour ordre d'utiliser la violence pour maintenir la discipline, souvent par le fouet et surtout la torture. On avait l'habitude de couper les oreilles des fugueurs par exemple (aujourd'hui, certains Océano-Afaréens appellent les Götterlandais métropolitains "Ohren" (littéralement Zoreilles en créole) de manière péjorative), on les marquait au fer rouge, on les exposait au soleil pendant des jours en étant enchaînés, on les privait de nourriture ou ont les emprisonnés tout simplement. Les crimes les plus graves tels que le meurtre d'un Blanc ou la sédition étaient punis par des exécutions, souvent publiques afin de maintenir la terreur : pendaisons, bûchers, supplices de la roue ou plus généralement écartèlement. Les archives judiciaires götterlandaises permettent de retracer avec exactitude les supplices faits aux esclaves, il était généralement d'ordre public de consigner les supplices des condamnés à l'administration coloniale. En 1784, à Schawuental, un esclave nommé Kofi a levé la main sur son maître et a été condamné en conséquence : fouetté 200 fois, mains coupées, pendu publiquement et son corps fut ensuite exposé pendant un mois sur la route ; aujourd'hui, à Schawuental, être un Kofi est devenu une expression locale pour désigner un martyr ou un héros, souvent involontairement.
Bien sûr, malgré cette lourde répression, la résistance des esclaves s'est organisée de bien des façons. La plus ancienne et commune de ces résistances fut ce qu'on nomme le marronnage, les esclaves fuyant les plantations et se réfugiant dans les zones les plus difficiles d'accès des colonies. Ces esclaves fugitifs, que l'on nomme les Brauntönes (ou Marrons, découlant de l'espagnol cimarron qui signifie "sauvage"), formaient ensuite des communautés cachées dans des villages fortifiés dans des zones difficiles d'accès. Ces communautés brauntönes vont développer leurs propres organisations sociales, souvent en recréant sur place des structures inspirées de leurs sociétés afaréennes d'origine et pratiquant l'agriculture de subsistance, élevant du bétail souvent volé aux plantations et lançant des raids pour libérer d'autres esclaves et voler des armes et des provisions. Les autorités coloniales götterlandaises vont évidemment organiser des expéditions punitives pour détruire ces communautés, les milices coloniales locales, souvent mieux équipées et accompagnés par des chiens, traquent les Brauntönes. Pourtant, malgré la répression sauvage infligée par les miliciens coloniaux, le marronnage a persisté durant toute la période esclavagiste et certaines communautés ont même réussis à survivre pendant plusieurs décennies, notamment à Klein-Wustadt où une communauté brauntöne a réussi à résister entre 1734 et 1788, soit durant 54 ans, avant d'être finalement écrasée et massacrée par une expédition de l'armée impériale. Mais ce ne fut pas la seule résistance des esclaves, des révoltes se produisaient aussi occasionnellement. En 1748, à Schawuental, environ 2000 esclaves se soulèvent simultanément, massacrent une trentaine de Blancs, incendient la maison de leurs maîtres et tentent de marcher sur la ville de Schawuental. L'armée götterlandaise intervient et parvient à écraser la révolte en trois semaines. Environ 500 esclaves sont tués au combat, 200 autres seront exécutés publiquement et le reste sévèrement réprimés et remis au travail. En 1791, Klein-Wustadt se révolte à son tour avec 5000 esclaves qui se révoltent, tuent des centaines de Blancs et prennent la moitié des territoires de la colonie. Ils établissent alors un gouvernement révolutionnaire, la République de Ti-Wustadt, proclamant l'abolition de l'esclavage et ils tentent d'organiser une armée organisée. La République va durer trois ans avant que le Saint-Empire finisse par envoyer une force expéditionnaire qui va reprendre la colonie progressivement durant une guerre d'une extrême brutalité : environ 10 000 esclaves sont tués durant les combats ou morts de faim et environ 800 Blancs seront également tués. La répression, elle, sera d'une cruauté inouïe, tous les chefs rebelles sont écartelés publiquement et environ 500 esclaves pris au hasard sont brûlés vifs devant leurs homologues.
Il faut attendre 1840 pour que le Saint-Empire, sous la contrainte internationale et de sociétés secrètes au sein de la bourgeoisie industrielle naissante, décide d'abolir la traite négrière mais l'abolition de la traite ne signifie pas l'abolition de l'esclavage lui-même. Les planteurs continuent d'exploiter les esclaves et leurs descendants, ils se contentent juste d'arrêter d'en importer d'Afarée. Ce n'est qu'en 1863 que l'esclavage est officiellement aboli dans toutes les colonies götterlandaises, davantage pour des raisons économiques cette fois-ci, l'esclavage devenant moins rentable avec la mécanisation partielle et la concurrence du sucre de betterave eurysien. Cependant, l'abolition de l'esclavage ne signifie pas la fin des problèmes pour les nouveaux affranchis. Déjà, aucune indemnisation n'est accordée aux anciens esclaves, seulement aux maîtres en guise de réparation pour la perte de leur propriété. Ensuite, entre 1863 et 1875, la plupart des anciens esclaves sont asservis dans une forme de système de patronage où ils continuent de travailler pour leurs anciens maîtres en échange d'un salaire dérisoire qui leur permet à peine de se nourrir et de payer le logement que leur accorde leurs désormais "patrons", toutes les mesures disciplinaires du temps de l'esclavage persistent également. Ce n'est qu'en 1875 que ce système est à son tour aboli par le gouvernement impérial. Il est aussi à noter que les terres des colonies restent entre les mains des Blancs. Bien que les anciens esclaves soient libres juridiquement, il n'y a aucune redistribution foncière, l'écrasante majorité des affranchis se retrouvent sans terres, sans capital et évidemment sans aucune éducation. Ils n'ont d'autre choix que de continuer à travailler dans des plantations comme ouvriers agricoles dans des conditions de vie misérables ou comme petits agriculteurs sur des terres marginales, voire à émigrer vers les villes. Même après l'abolition, la société coloniale reste profondément racialisée et progressivement après l'abolition de l'esclavage en 1863, des lois ségrégationnistes sont adoptées par les autorités coloniales. En 1878, le Code Colonial est promulgué et établit une ségrégation raciale stricte : écoles séparées, interdiction des mariages interraciaux, ségrégation dans les espaces publics, absence complète de droit de vote, interdiction d'occuper des postes dans la fonction publique ou dans l'armée (à noter que pour les armées, ce sera rapidement assoupli en 1881, des régiments ségrégués seront mis en place) et discrimination systémique dans l'appareil judiciaire (les peines minimales pour les Noirs sont plus élevées que les Blancs pour des chefs d'accusation pourtant identiques).
C'est à cette époque post-esclavagiste que l'on voit apparaître les débuts de ce qu'on nomme aujourd'hui l'identité océano-afaréenne. Le terme "océano-afaréen" est initialement un terme de l'administration coloniale götterlandais qui apparaît dans les années 1870 et qui sera explicitement utilisé pour désigner les populations d'origine afaréenne dans les colonies aleuciennes et paltoterranes en 1878 dans le Code Colonial. Bien que les Océano-Afaréens se désignent eux-mêmes par des termes créoles plus précis au quotidien, ils adopteront progressivement au cours du XXe siècle cette appellation d'origine administrative. C'est aussi à cette époque que la culture océano-afaréenne se développe le plus, notamment avec le développement de la langue océano-afaréenne (bien que parler "d'une" langue soit très simpliste, la langue océano-afaréenne se caractérise par la multiplicité de plusieurs dialectes entre les colonies). Cette langue océano-afaréenne découle à l'origine de la diversité linguistique des esclaves déportés venant de plusieurs dizaines d'ethnies afaréennes différentes parlant des langues mutuellement incompréhensibles, ils avaient donc besoin de communiquer à la fois entre eux et avec leurs maîtres. De là, la langue océano-afaréenne va mélanger un substrat de langues afaréennes (antérien, mandrarikan, swouli, hatti, zouli, tika, peul ainsi que des langues kwa et bantoues), un superstrat de vocabulaire allemand principalement (la langue de leurs maîtres) et un peu de français et d'anglais. Chaque colonie développe son propre créole avec des particularités phonétiques et lexicales, bien qu'on retrouve souvent certaines similitudes (comme une structure grammaticale fortement simplifiée et l'absence de déclinaisons allemandes complexes pour volontairement faciliter l'expression tout en se faisant comprendre par les Blancs). Ces créoles deviennent la langue maternelle de cette population océano-afaréenne et permettent à la fois la communication mais également l'expression culturelle et la transmission orale des histoires, de la culture musicale et des récits romantisés. Bien entendu, ces créoles ne sont nullement reconnus comme tels par l'administration coloniale qui méprise profondément ce qu'il nomme des "jargons dégénérés" ou plus simplement du "mauvais allemand parlé par des sauvages" et donc en conséquent, le götterlandais reste la langue administrative et la seule apprise dans les écoles. Sur le plan religieux, les esclaves étaient tous christianisés de force au catholicisme mais les Océano-Afaréens vont développer plusieurs formes syncrétiques de religion, notamment des religions traditionnelles afaréennes (culte des ancêtres, animisme et pratiques magiques comme la sorcellerie ou la guérison vaudou) mais il est à noter aussi qu'une importante partie de la population va se convertir étrangement à l'islam sunnite et chiite au cours du XXe siècle.
Progressivement, à partir de 1880, on voit apparaître une petite classe moyenne océano-afaréenne qui émerge, notamment des petits agriculteurs, des artisans, des petits commerçants ou encore des instituteurs. Néanmoins, la majorité des Océano-Afaréens restent très pauvres et travaillent dans des plantations ou vivent dans des conditions très précaires dans la bordure des villes coloniales, dans des bidonvilles. Durant les guerres coloniales que le Götterland mène à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, des régiments océano-afaréens ségrégués sont levés, commandés par des officiers blancs et servant généralement aux opérations les plus risquées, les soldats océano-afaréens sont attirés par l'armée impériale via des promesses d'amélioration de leur statut social en échange du service miliraire, des promesses qui pour ainsi dire jamais réellement tenues. En 1908, lorsque le Saint-Empire s'effondre et que la Première République est proclamée, la situation des Océano-Afaréens ne change que peu juridiquement. Cependant, la rhétorique raciale de la Première République se durcissant, les conditions de la ségrégation raciale à l'égard des Océano-Afaréens s'aggravent puisque le régime impose une idéologie pseudo-scientifique qui hiérarchise la "race océano-afaréenne" au plus bas de la hiérarchie en les considérant comme racialement inférieurs et les plus proches de l'animalité. Les lois ségrégationnistes sont alors renforcées et même les métis ne dérogent plus à la règle puisque ces derniers sont classifiés selon leur degré de sang noir entre mulâtres, quarterons et octavons. Durant les années 1920 et 1940, les régimes océano-afaréens sont envoyés pour lutter contre les mouvements indépendantistes qui agitent les colonies götterlandaises en Afarée. Bien que ces guerres soient extrêmement brutales, les soldats océano-afaréens sont exposés aux idées nationalistes et anticoloniales de leurs confrères afaréens et commencent à partir de là à développer leur propre conscience politique, surtout que dans l'immédiat, l'arrivée de la Seconde République en 1929 et sa soi-disante démocratisation ne mène à aucun changement pour les Océano-Afaréens qui restent exclus du droit de vote et continuent de subir les mêmes lois ségrégationnistes.
A partir de 1948, les premiers mouvements indépendantistes émergent dans la communauté océano-afaréenne, notamment le Mouvement de Libération Océano-Afaréen qui émerge d'abord comme un mouvement pacifique, organisant des grèves et des manifestations mais en 1952, une manifestation du MLOA à Schawuental est écrasée dans le sang par la police coloniale qui tire sur les manifestants. Le MLOA se lance alors dans la lutte armée terroriste qui durera jusqu'en 1975. Durant cette lutte armée, l'armée götterlandaise réprime sévèrement le MLOA par tous les moyens possibles : bombardements des villages soupçonnés d'abriter des combattants du MLOA, déplacements forcés de populations, tortures systématiques des suspects, exécutions sommaires, armes chimiques, napalm. On estime que cette insurrection du MLOA fera au total 135 000 morts dans la communauté océano-afaréenne avant que le MLOA soit finalement dissout en 1975. Pour marquer le coup, le gouvernement alors conservateur de la Seconde République organise un référendum sur l'autodétermination des territoires coloniaux aleuciens et paltotterans. Officiellement, les référendums votent de manière écrasante en faveur d'un maintien de la présence götterlandaise mais il s'est avéré plus tard, preuves à l'appui, que le référendum a été sujet à de la fraude massive, que des mesures d'intimidation ont étés émises contre les océano-afaréens pour qu'ils votent pour le Götterland, que l'administration locale a manipulé les résultats et surtout, compte tenu du système électoral très ségrégationniste de l'époque, la minorité blanche (alors 10% de la population) avait un vote complet pour une personne là où le vote océano-afaréen comptait pour le quart d'une personne. Pourtant, encore aujourd'hui, ces référendums de 1975 sont cités par la loi et la jurisprudence götterlandaise comme des références juridiques légitimes pour affirmer la souveraineté götterlandaise sur ces territoires à l'international.
En 1979, le Parti du Progrès arrive au pouvoir et décide d'abolir les lois ségrégationnistes les plus explicites dans les colonies, en abolissant dès 1979 la fin de la ségrégation raciale dans les espaces publics, l'abolition de l'interdiction des mariages interraciaux, un accès formel à tous les emplois pour les Océano-Afaréens et un droit de vote complet. De même, les territoires aleuciens et paltotterannes ne sont plus des colonies mais deviennent des départements d'outre-mer du Götterland, donc théoriquement égaux en droits aux circonscriptions administratives continentales. En 1980, face à l'apaisement proposé par le Parti du Progrès, le Parti Océano-Afaréen pour l’Autonomie (POAA) est créé afin de favoriser l'autonomie des territoires d'outre-mer par la voie légale. Dans la pratique, cependant, les Blancs maintiennent une forte domination économique, contrôlant la grande distribution, l'import-export, l'industrie du tourisme et les terres agricoles les plus productives (qui appartiennent aux descendants des planteurs colons). Le chômage reste plus élevé dans ces départements qu'ailleurs dans le Götterland eurysien (avec en moyenne 28% de taux de chômage), la criminalité y est extrêmement élevée et surtout, le racisme se poursuit malgré l'égalité juridique formelle que ce soit au quotidien dans les interactions des Blancs götterlandais avec les Océano-Afaréens, l'emploi (discriminations à l'embauche, plafond de verre), la justice (peines en moyenne plus lourdes) et dans les médias (où les Götterlandais n'hésitent pas à véhiculer des stérotypes racistes sur les Océano-Afaréens pour justifier les inégalités socio-économiques qu'ils subissent).
Démographie :
Les départements d'outre-mer ont une population structurellement très jeune avec un âge médian de 28 ans et environ 35% de la population totale qui a moins de 18 ans, cette jeunesse résultant d'une forte natalité de 2,6 enfants par femme malgré la pauvreté. La majorité des Océano-Afaréens vivent dans des zones urbaines, généralement dans les capitales départementales de leurs départements respectifs et vivant souvent dans des quartiers pauvres, des bidonvilles ou dans des logements sociaux, les centre-villes étant généralement peuplées par la minorité blanche de ces dits départements. Le reste vivent dans les zones rurales dans des villages ou des hameaux agricoles où ils sont l'écrasante majorité (pour ne pas dire la seule ethnie habitant les zones rurales, rares sont les Blancs à domicilier dans les ruralités des départements d'outre-mer).
Structure socio-économique :
L'écrasante majorité des Océano-Afaréens, environ 85% de la population, fait partie des classes populaires et sont généralement dans des situations très précaires avec une part importante de chômeurs de longue durée, n'ayant pour la plupart jamais travaillé et vivant des aides sociales et de l'économie informelle, situation qui s'aggrave du fait de l'effondrement de l'Etat avec la guerre civile. En dehors des chômeurs, beaucoup sont des travailleurs précaires et des employés non qualifiés dans le tourisme, le commerce de détail ou dans l'économie tertiaire, on trouve aussi des ouvriers (principalement des manutentionnaires, des ouvriers dans le bâtiment ou des dockers) et des petits agriculteurs dans les ruralités. On compte une minorité d'environ 10% de la population totale qui fait partie de la classe moyenne inférieure, principalement des employés qualifiés (secrétaires, comptables, techniciens), artisans, petits commerçants ou fonctionnaires. On trouve environ 5% de la population qui fait partie de la classe moyenne supérieure, composées de cadres moyens, de professions intermédiaires et de petits entrepreneurs. Enfin, on compte une très infime minorité, probablement quelques dizaines de familles tout au plus, qui ont réussis à faire partie de la classe supérieure, souvent issues de professions libérales (médecins, avocats) ou sont parfois de hauts fonctionnaires de leur département respectif, c'est souvent une petite bourgeoisie qui est accusée par les plus pauvres de s'être vendue aux Blancs et de collaborer avec le système colonial et en effet, parmi les plus riches Océano-Afaréens, il arrive que certaines familles connues pour leur collaboration avec l'Etat götterlandais se trouvent aussi être les plus riches.