25/11/2018
06:31:30
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Rencontre Finejouri - Ghetto Kamiste (cité du désert)

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À l’aube, alors que le soleil commence à peine à frapper les pierres claires du palais, Alméa quitte les appartements royaux dans un silence presque cérémoniel. Le message de Sa Majesté est déjà scellé, rangé dans un étui sobre, porté non comme un symbole de pouvoir mais comme une responsabilité. Dans la cour intérieure, l’hélicoptère diplomatique attend, rotors immobiles, entouré d’un dispositif de sécurité resserré mais volontairement discret. Les agents échangent des regards sobres, conscients de la portée de cette mission , ce déplacement n’est pas une démonstration, c’est une prise de risque assumée. L’embarquement se fait sans faste. Alméa salue brièvement le chef de la sécurité, reçoit un dernier point de situation, météo stable, trajectoire sécurisée, zone d’atterrissage confirmée à la lisière du ghetto Kamiste puis prend place à bord. Lorsque les rotors s’éveillent, le grondement couvre les derniers murmures au sol, et l’appareil s’élève lentement au-dessus du royaume. À travers les hublots, les paysages familiers défilent, laissant progressivement place aux étendues arides de la Cité du Désert. Le vol est calme, presque solennel. À l’intérieur, peu de mots sont échangés, chacun sait que le silence est parfois plus lourd que les discours.

À mesure que l’hélicoptère approchede son lieu d'arrivé, le décor change brutalement. Les lignes régulières disparaissent, remplacées par un enchevêtrement de constructions serrées, de toits inégaux, de ruelles poussiéreuses. La sécurité ajuste ses positions, vérifie une dernière fois les communications. Le pilote annonce l’approche finale, l’atterrissage se fera au plus près du ghetto, sur une zone dégagée identifiée à la frontière du quartier, choix délibéré pour éviter toute coupure artificielle entre la délégation et la population. Lorsque l’appareil amorce sa descente, les rotors soulèvent des nuages de sable qui viennent frapper les façades alentours. Des silhouettes apparaissent, d’abord hésitantes, puis de plus en plus nombreuses, attirées par le bruit et la présence inhabituelle. L’hélicoptère se pose finalement dans un souffle puissant, stable, maîtrisé. La porte s’ouvre. Alméa descend lentement, le regard déjà tourné vers le ghetto kamiste, tandis que la sécurité se déploie autour d’elle sans rigidité excessive. Il n’y a ni barrière, ni distance ostentatoire, seulement une ligne humaine, prête à protéger sans provoquer.

À cet instant précis, la visite commence réellement. Le désert est silencieux, lourd, et le Ghetto Kamiste n’est plus une abstraction lointaine, il est là, à quelques mètres, vivant, observant, attendant. Alméa marque un bref arrêt, inspire profondément, puis avance, consciente que chaque pas posé à partir de cet atterrissage portera le poids du regard de la Couronne et des espoirs longtemps contenus.

Alméa avança pour se présenter aux autorités présente:

« Bien le Bonjour je me présente Alméa d’Estrasie proche conseillère au prêt de Sa Majesté le Roi Louis II pour le représenter lors de cette visite»


Photo portrait AlméaAlméa
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Le seigneur Mohammed Ben Saltyp

Le seigneur du Ghetto Kamiste, le monarque Mohammed Ben Saltyp, s'avança vers le groupe qui descendait de l'appareil :

C'est un véritable honneur pour mon humble quartier de la Cité du Désert que d'accueillir une délégation finejourille. Un si petit lieu attirant l'intérêt d'un si grand pays, ce n'est pas courant. Et c'est pour cela que nous vous accueillons avec tous les honneurs qu'il nous est possible de démontrer, vous qui avez traversé la moitié d'un continent pour venir nous voir.
Et si les nouvelles que nous avons eu, pendant les dernières années, du glorieux Finejouri ne tarissaient pas d'éloges, notamment suite à votre victoire écrasante contre les derniers colons eurysiens qui sévissaient sur notre beau continent, elles ne représentaient qu'une infime part de la réalité. Votre intérêt pour la cause souveraine des habitants de la Cité du Désert, face à une puissance nazumie qui souhaite nous annexer, montre une fois de plus votre fidélité envers la cause afaréenne, et votre sympathie envers les peuples qui n'ont pas les formidables moyens militaires du vôtre pour défendre leurs intérêts.
Bienvenue à vous, dame Alméa d’Estrasie ! Vous serez traitée ainsi qu'une habitante du quartier aussi longtemps que vous y resterez.
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Alméa écoute sans l’interrompre. À mesure que les mots de Mohammed Ben Saltyp s’élèvent dans l’air chaud du désert, elle en perçoit chaque nuance, chaque inflexion. Derrière les formules de respect et l’accueil solennel, elle entend autre chose, le poids d’années d’isolement, la fierté d’un quartier qui refuse de se voir comme insignifiant, et surtout une attente immense, presque dangereuse si elle venait à être déçue. Lorsqu’il évoque Finejouri comme un grand pays et le Ghetto Kamiste comme un lieu humble, Alméa sent une tension intérieure. Elle refuse cette hiérarchie implicite. Ce n’est pas la taille d’un territoire qui donne sa valeur à un peuple, mais sa capacité à tenir debout malgré la pression, malgré l’oubli. Et le Ghetto Kamiste, à cet instant, lui paraît tout sauf petit.

Les références à la victoire contre les colons eurysiens résonnent différemment en elle. Elle y perçoit de l’admiration, certes, mais aussi une projection, l’espoir que Finejouri soit un bouclier, peut-être même un sauveur. Cette attente la met mal à l’aise. Elle sait que l’aide ne doit jamais se transformer en dépendance, ni en illusion de protection absolue. Elle se promet intérieurement de mesurer chaque mot, chaque engagement. Quand Mohammed parle de la menace nazumie et de la fidélité de Finejouri à la cause afaréenne, Alméa sent le terrain se politiser sous ses pieds. Ce n’est plus seulement une visite humanitaire ou fraternelle ; c’est une ligne de fracture régionale qui affleure. Elle comprend que le Ghetto Kamiste cherche des garanties, des signaux clairs, mais elle sait aussi que trop promettre serait une faute. Et pourtant, lorsqu’il conclut en l’accueillant non comme une étrangère, mais comme une habitante du quartier, quelque chose se resserre en elle. Ce n’est pas un honneur qu’elle ressent, mais une responsabilité presque écrasante.
Alméa se dit alors qu’elle ne pourra pas se contenter d’écouter poliment. Que cette visite exigera plus que des mots justes. Qu’en posant le pied à sur ce térritoire, Finejouri vient d’entrer dans un espace où l’erreur ne sera pas pardonnée, mais où la sincérité, elle, sera reconnue. Et tandis que Mohammed termine son accueil, Alméa sait déjà une chose,quoi qu’elle dise ensuite, elle devra parler vrai, ou ne pas parler du tout.




« Seigneur Mohammed Ben Saltyp, habitants du Ghetto Kamiste, frères et sœurs ,

Si je suis ici aujourd’hui, c’est parce que Finejouri n’abandonne pas un peuple afaréen. Jamais. Où qu’il se trouve, quelles que soient les pressions qu’il subisse, nous considérons les peuples afaréens comme nos frères, et nous serons toujours présents à leurs côtés lorsque leur dignité, leur sécurité ou leur avenir sont menacés. Ma venue n’est ni symbolique ni protocolaire. Je suis ici pour écouter, pour voir, pour comprendre. Cette visite a pour objectif d’aborder sans détour les questions de sécurité qui pèsent sur votre quotidien, le respect et la protection de vos pratiques religieuses, mais aussi l’accès aux ressources vitales comme l’eau, la nourriture, la culture, tout ce qui permet à un peuple de vivre et non simplement de survivre.»

Alméa suivit Mohammed Ben Saltyp dans le Ghetto Kamiste jusqu’à un lieu ou ils pourraient discuter d'affaire concrète.



« Je veux donc vous poser des questions simples, directes, sans filtre.

Comment vivez-vous la sécurité au quotidien dans le Ghetto Kamiste ? Où se situent aujourd’hui vos principales craintes, dans la violence, dans l’abandon, ou dans la peur de perdre votre identité ?

Je souhaite aussi comprendre comment votre foi et vos traditions sont vécues ici. Vos lieux de culte sont-ils respectés et protégés ? Vous sentez-vous libres de transmettre votre religion et votre culture à vos enfants, ou vivez-vous avec la crainte qu’elles disparaissent sous la pression extérieure ?

Je veux également savoir comment vous accédez à l’eau, à la nourriture et aux ressources essentielles. L’eau est-elle suffisante, potable, accessible à tous ? Vos familles mangent-elles à leur faim ? Quelles sont aujourd’hui les urgences les plus vitales auxquelles vous êtes confrontés ?

Si Finejouri a fait le choix de se déplacer jusqu’à vous, c’est aussi pour mieux appréhender les défis auxquels vous faites face et pour affirmer une ligne claire, la Cité du Désert n’a pas vocation à être gérée ou annexée par une puissance étrangère. La stabilité ne peut pas être imposée de l’extérieur, et encore moins au détriment de la souveraineté d’un peuple. Je veux aussi vous dire que Finejouri sera la quand vous en aurait besoin, nous sommes prêt à aider.

Je tiens également à être très claire envers vous face aux rumeurs qui circulent. Finejouri s’oppose fermement aux discours prétendant que la Poëtoscovie chercherait à profiter d’une annexion pacifique pour exploiter les terres et les ressources de notre continent. Nous rejetons toute paix qui masquerait une domination ou un pillage déguisé.

À l’issue de cette visite, je souhaiterai et je vous le dis sans détour m’entretenir avec la princesse de la Cité du Désert. Je veux lui proposer une aide pleinement afaréenne, conçue sans ingérence extérieure, sans condition cachée, et pensée pour répondre aux besoins réels des populations dont le votre principalement.

Je ne suis pas venue parler à votre place. Je suis venue vous écouter, vous regarder en face, et vous dire que Finejouri vous entend, vous respecte et restera présent aussi longtemps que vous en aurez besoin. »
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