09/04/2019
20:25:09
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Rencontre sur l'avenir du nord Ouest Afaréen (Finejouri-Althalj)

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La capitale Fastinaï s’était transformée en écrin diplomatique pour accueillir la délégation Althalj.

Les rues principales, bordées des Drapeaux du Finejouri et de l' Althalj étaient en place, les rues avaient été méticuleusement décorées, des guirlandes lumineuses subtiles illuminaient les façades, tandis que des tapis rouges s’étendaient jusqu’au palais, guidant les visiteurs avec élégance. Les préparatifs avaient mobilisé l’ensemble des services de protocole et de sécurité, patrouilles discrètes, barrières modulables, véhicules blindés stationnés à des points stratégiques, tout était pensé pour assurer un passage fluide et sûr de la délégation. Des tentes d’accueil aux tons sobres avaient été installées pour les journalistes et les observateurs, tandis que des fonctionnaires du protocole coordonnaient chaque minute de l’arrivée officielle, du cortège aux salutations. L’air vibrait d’une tension maîtrisée et d’une anticipation palpable, citoyens et diplomates, alliés ou curieux, se pressaient le long des avenues, témoins d’un événement qui pourrait re définir le futur de notre région.

Sur le porche du palais se trouvaient Sa Majesté Louis II et la conseillère Linehart chargée des relations extérieures qui attendaient avec impatience la délégation envoyée par l'Althalj
Un classique qui fascine toujours la presse ne dérogea pas à la règle de la modernité diplomatique.
L'arrivée de l'avion Althaljir se fit à l'aéroport international de Fastinaï, le terminal privé ayant été organisé, comme à l'accoutumée, afin d'accueillir le protocole sécurité et presse adapté.

L'avion de ligne Althaljir était du même modèle que les avions de dernières générations d'AlthaljAir.
Le profil de l'avion ressemblait plus à celui d'un phoque immergé à pleine vitesse plutôt qu'au classique cigare volant. Les aérodynamismes Althaljirs et insistances de cette nation à trouver des alternatifs aux énergies fossiles pouvait faire sourire, mais aussi, dans une certaine mesure, inspirer.
La descente, de l'avion aux couleurs blanc et bleu, se fit rapidement, bien que la Qari Ijja Shenna, accrochée à une canne finement travaillée, prit son temps dans la rampe aménagée.
Habillées de leurs tenues traditionnelles, la Qari portait le blanc tandis que la qari Sofines Berek portait le bleu des Tamurt n Althalj d'Asefsaf. Les vêtements couvraient les membres jusqu'aux poignées et chevilles et chaque mouvement de la qari laissait entrevoir aux extrémités une peau bleue teintée de l'al lazward, pigment bleu outremer utilisé depuis des générations au sein du Sahra. Le visage d'ordinaire voilé laissait aussi quelques traces bleues, redessinant indirectement la culture et la tradition.

Le passage dans des voitures de l'ambassade Althaljir les menèrent en convoi à travers la capitale où les drapeaux des Tamurt n Althalj s'affichaient aux côtés du drapeau royal, certainement un honneur qu'il n'était pas anodin de prendre en considération dans le contexte de cette rencontre attendue.

La Qari Ijja Shenna rencontrait une fois de plus le Roi du Finejouri, alors qu'une crise d'Afarée du Nord Ouest atteignait un nouveau sommet.
Icemlet avait été transparente sur ses inquiétudes et le Royaume à travers les annonces royales et la rencontre à la Khaïma avait clarifié sa position, de dialogue et de fermeté.
Lorsque les convois aérien avait été repéré en partance de l'Azur, l'Euyn avait entamé avec le concours de la Force Matriarcale Ilahmique d'en comprendre la signification et le contenu. Les rapports n'étaient toujours pas effectués afin de conclure, toutefois les inquiétudes augmentaient tandis que les convois militaires avaient été nombreux et réguliers, facilement détectables par la mise en place de la surveillance constante et accrue des Territoires Sahrannes Libres.


Les voitures s'arrêtèrent en face du palais, la qari Sofines Berek expira et précisa à la Qari, représentante ultime de l'unification des Althaljirs et de leur sagesse,



"L’optimisme vient d'Ilâhat, le pessimisme est né dans le cerveau de l’homme.”


Droite malgré la canne, la Qari paraissait plus chétive ces dernières années, le poids des cycles de lune et des tumultes rattrapant une femme agrandie d'ordinaire par son statut et son passé.
Empruntes des convictions culturelles Althaljirs et de la tempérance du FCAN, la Maktaba portait une lourde charge sur les épaules.


L'Althalj face à l'océan de sable Sahranne et la crise battant son plein.
Drapé dans les couleurs royales, silhouette droite et regard assuré, il descendit les marches sans précipitation. Son geste d’accueil fut sobre mais franc, respectueux sans être effacé celui d’un souverain recevant un autre pilier du continent.

« Qari Ijja Shenna, qari Sofines Berek, soyez les bienvenues à Fastinaï. Le Royaume de Finejouri vous reçoit avec considération et gravité, à la mesure des enjeux qui nous réunissent. »

Il inclina légèrement la tête, non comme une concession, mais comme une reconnaissance d’égal à égal.

Le cortège pénétra ensuite dans le palais. Les grandes portes sculptées se refermèrent dans un silence feutré, coupant la rumeur extérieure. Les couloirs, éclairés par de hautes verrières, laissaient entrer une lumière dorée qui se reflétait sur les marbres clairs et les tapis aux motifs royaux. Ils furent conduits vers la grande salle de réception.

L’espace était vaste, aux couleurs profondes de Finejouri, rouges chauds, ors discrets, bois sombre poli affirmant sans ostentation l’identité du Royaume. Pourtant, à y regarder de plus près, des éléments avaient été intégrés en hommage aux invités.
Les tables présentaient des mets finejouris, mais également des spécialités inspirées des traditions althaljires.

Le Roi s’avança vers le centre de la salle.

« Nos discussions se tiendront ici. Cet espace a été préparé afin que nos échanges puissent se dérouler avec liberté et sérénité. »

Il désigna d’un geste mesuré les sièges disposés autour d’une grande table centrale, puis les buffets.

« Nous sommes libres, au cours de nos échanges, de nous lever, de partager un repas, de nous accorder un moment de respiration si nécessaire. Les sujets que nous abordons exigent lucidité et endurance ; l’esprit se nourrit mieux lorsque le corps n’est pas contraint. »

Son regard se posa successivement sur la Qari et sa délégation.

« Cette salle porte les couleurs de Finejouri, car vous êtes ici chez nous. Mais elle porte également des échos de votre culture, car un dialogue sincère ne peut s’établir sans reconnaissance mutuelle. »


Sa Majesté s’assaillant sur un fauteuil et d'un soupir entame les discussions.


« Très estimés,

Ma politique se veut franche, respectueuse et sans détour, car je pense que nos peuples n’attendent pas seulement des paroles, mais surtout des réponses et des actes. Et si nous sommes réunis ici, c’est justement pour apporter des réponses et poser des actes.

Avant tout, j’aimerais, avant d’aborder le vif des sujets, faire un point sur notre région. Nous avons vu émerger des États, puis certains s’engloutir dans le chaos. Nous avons connu des crises, mais aussi des exploits. Mais aujourd’hui, voici l’état des lieux.

Nous avons tout d’abord la Bharavie, nouvel État sur la scène internationale, qui doit encore faire ses preuves et définir sa trajectoire politique et diplomatique. Nous avons ensuite le Bajusid, un État discret. Nous avons aussi certains territoires de grandes puissances que je nommerai colonies. Ensuite, nous avons l’Arkavie, lui aussi nouvel État, qui doit encore se positionner sur divers points. Enfin, nous avons la République de Kabalie, la Kabalie rouge, bien évidemment l’Althalj et le Royaume de Finejouri.

Sans esprit de pur égoïsme, à l’heure d’aujourd’hui et face à ces nations, les seules nations que je nommerais « cadre » seraient vous et notre royaume. Si je me permets de dire cela, ce n’est ni par orgueil ni par jugement économique ou militaire, mais bien par les convictions assumées des uns et des autres. Car en effet, nous avons une nation que je qualifierai de belliqueuse et je définirai pourquoi je la nomme ainsi et une autre nation qui veut légitimement affirmer son indépendance, son histoire et son territoire en excluant, en premier lieu, des discussions. Enfin, nous avons nos deux États qui essaient, tant bien que mal, de maintenir un cadre de paix et de dialogue dans notre région, mais aussi sur notre continent. Vous comprendrez mieux maintenant pourquoi nous avons souhaité une rencontre uniquement bilatérale entre vous et moi.

Après cet état des lieux, passons au cœur de notre rencontre, la Kabalie rouge, ex-Cramoisi.

Aujourd’hui, vous êtes la seule nation ayant des relations plus convenables, de notre point de vue, avec la Kabalie rouge. À maintes reprises, nos services diplomatiques ont essayé de prendre contact avec elle, mais ils se sont heurtés à un mur. Un mur qui se veut innovateur par rapport à ses prédécesseurs, mais qui ne montre pour l’instant aucune innovation, à part le changement de nom et de drapeau de son État. À l’heure d’aujourd’hui, le P.A.S., regroupant une majorité d’États afaréens, s’est exprimé sur toutes les controverses de l’ex-Cramoisi, nouvellement appelée la Kabalie rouge, comme vous le savez. Des votes ont eu lieu, des choix ont été faits. Tout d’abord le Plan M, qui, à la suite d’un vote, a évolué vers le Plan R. Ce plan a suscité de nombreuses interrogations concernant ses points d’action militaire. Mais nous voulons vous dire aujourd’hui que ces points ne seraient appliqués que si la Kabalie rouge refuse nos exigences en matière de vérification des actes et de signature de certains accords qui, aujourd’hui, n’ont toujours pas été conclus. Là aussi, nous avons essayé de dialoguer, mais comme je vous l’ai dit, nous faisons face à un mur. Un mur qui, outre le fait de ne pas chercher de compromis ni d’issue pour la paix, modifie comme bon lui semble la réalité des faits et des actes, en se victimisant et en se pensant supérieur.

Aujourd’hui, Finejouri, mon royaume, est inquiet. Inquiet de cet État belliqueux qui ne cherche aucun compromis, aucune solution de paix, et qui se cache derrière une vérité altérée. Un État qui se veut innovant par la rupture avec un passé. Actuellement, rien de cela n’est réellement accompli et la peur est toujours présente. On peut par exemple citer cet événement qui, encore une fois, montre une ingérence pouvant s’avérer fatidique.

Face à cette menace avérée, mais pour l’instant passive, Finejouri a pris des dispositions, comme vous le savez sans doute, dont l’appel à nos alliés pour assurer la sécurité de notre territoire par des moyens de riposte, mais aussi de surveillance et de détection. Car à l’heure d’aujourd’hui, la peur doit changer de côté. Nous avons dialogué, nous avons proposé des actes pour maintenir la paix et un dialogue, mais rien n’a été saisi par la Kabalie rouge. Et face à ce vide, nous devons agir.

Encore une fois, face à vous, je veux m’exprimer sans mensonge, mais avec franchise, à l’heure d’aujourd’hui, si aucune action militaire n’a eu lieu, c’est en partie parce que vous soutenez cet État et parce que je freine moi-même cette action militaire. Car pour qu’une action militaire se fasse, l’ensemble des membres du P.A.S. doit voter pour. Et en ces temps troubles, seule notre nation assume pleinement le fait de voter contre. Mais cela pourrait changer si rien n’est fait. Face à vous, je vous demande votre point de vue. Je vous demande de nous rassurer, car comme dit précédemment, vous êtes la seule nation qui aujourd’hui sur le continent,voie encore une lueur d’espoirs dans ce chaos car aujourd'hui nous ne la percevons plus.

Face à cet État qui refuse tout dialogue, qui se veut belliqueux, qui se montre instable, que proposez-vous ? Quelle est votre analyse de la situation ? »
Le respect et l'élégance avaient été mises en avant et ainsi les détails étaient appréciés.
La Qari les voyait, car avec l'âge vient l'importance des attentions, de la symbolique et gestuelle. Tandis que la jeunesse use d'un prisme de lecture simple, par le ton choisi, l'émotion utilisée et le contenu des paroles, la vieillesse et la sagesse peuvent lire d'ors et déjà le message contextuel ou sous jacent.
Le Roi appréciait les Tamurt n Althalj, sûrement du fait de ces nombreuses années et générations de rapprochement, de prospérités régionales où l'échange et le développement prenaient priorité sur les velléités bien trop communes en Afarée et outre-Afarée d'étendre un territoire, de saisir les richesses ou s'octroyer une place ostentatoire sur la scène internationale.
Le Royaume du Finejouri était discret et, en cela, Icemlet y voyait une force tranquille, avec une insistance sur le terme "force".

La Qari Ijja Shenna et la Qari Sofines Berek écoutèrent attentivement.
Les mots et le ton, comme mentionnés précédemment, étaient observés et notés tout comme le langage corporel et les dispositions feutrées.

L'urgence et la gravité transpiraient en Afarée du Nord Ouest, l'Althalj le savait que trop bien.


"Majesté, commença la qari Sofines Berek, nous vous remercions de votre accueil et de partager avec fulguration le contexte qui nous a mené à nous rejoindre en ces lieux aujourd'hui.

Majesté, c'est avec raison que vous approchez cette situation. Nous ferons preuve de candeur et espérons que Vous trouverez les réponses qui incombent lors de crises de cette ampleur.
Nous faisons face à des évènements qui n'ont pas de précédents et qui pourraient changer de nombreuses dynamiques régionales et continentales. Les superlatifs et lyrismes ont été employés maintes fois et l'Althalj tâchera de clarifier sa position avec autant de simplicité que praticable.

L'Histoire donne un contexte important quant à l'approche singulière des Tamurt n Althalj.
Longtemps décrié, le Matriarcat jalonnait une défiance importante dans la région lors des siècles précédents. Contraintes par la culture et les ambitions, les Althaljirs ont façonné la Bienveillance contigu de leur Amour pour Ilâh. Toute chose, personne et être se devaient et se doivent d'être protégés. Est ce que nos destins sont liés à Ilâhat, l'opposant au libre arbitre de la Femme... ou de l'Homme ? Qu'importe les approches philosophiques ou religieuses, les Tamurt n Althalj n'acceptent aucunement plus amples effusions de sang.

Face à l'horreur et l'insupportable, partagé par les nations d'Afarée, et des suites d'une consultation au FCAN, la Maktaba s'opposa à une Bienveillance de l'action.
Comment éviter que le sang coule encore et encore en Afarée ? Fallait-il agir, comme nous le faisons depuis une décennie en Territoire Libre Sahranne face au banditisme et mercenariat opportuniste ?

Nous avons dés lors rencontré le dirigeant précédent de la Cramoisie, aujourd'hui Kabalie Rouge, et nous avons cherché des réponses.
Il était indéniable que celles-ci ne seraient pas celles escomptées dans un contexte culturel, d'émotions, mais aussi d'une rationalité digne du dilemme d'Ibn Khaldoun.

Bartholoméon Petipont et la Maktaba ont convenu qu'à travers les différences d'approche, un élément essentiel se distinguait : celui de stabiliser et protéger celles et ceux qui peuvent encore l'être.
Le PDG Protecteur Balsilek Ishak semble suivre cette voie et ainsi la trajectoire Althaljir suit celle tracée des suites de la rencontre avec Bartholoméon Petipont.

Y aura-t-il une Justice pour les victimes des évènements de la création de la Cramoisie ?
Est ce que les dirigeants actuels sont bienveillants vis à vis des citoyennes de cette nouvelle nation ?

Voici les deux points cruciaux à la compréhension et la décision ultime d'Icemlet.

Des suites de la rencontre initiale avec la Cramoisie, Icemlet a obtenu une participation mineure au conseil des actionnaires, cercle décisionnel de l'Etat.
Avec la permission du PDG Protecteur Balsilek Ishak, nous envoyons actuellement des délégations afin d'observer et comprendre l'approche de la Kabalie Rouge.

Disposons-nous de réponses claires aux deux points mentionnés précédemment ? La Justice doit commencé par l'arrestation et l'obtention d'un procès par les Kabaliens Rouges. Printempérie s'est échappé, nous a confirmé les autorités ; nous étions présentes lors de ces... circonstances.
La Kabalie Rouge est exsangue et les efforts de la gouvernance actuelle afin de nourrir, et faire prospérer les populations innombrables immigrées en conjonction avec les survivants Kabaliens, sont d'après nos rapports très importants.

J'apporte une précision quant à la vision Luciférienne qui régit grandement l'approche de la Kabalie Rouge.
La fatalité se mêle à un humanisme de survie qui regarde vers l'avant. Le choc de la création de la Cramoisie, et donc de la Kabalie Rouge, aura focalisé les Kabaliens vers ce qui sera et non vers ce qui fut. La Kabalie Rouge ne sera jamais plus telle qu'elle fut et c'est en cela que les priorités Kabaliennes se dessinent.

Acculée, la Kabalie Rouge se bat pour sa survie, sa raison d'être. Lorsque les tentatives d'arraisonner vers les fondements du passé et des évènements tragiques de sa création se multiplient, la Kabalie Rouge se braque et y voit un danger, un obstacle face au labeur d'une survivance.

Soyez certains, Majesté, que les tribulations Althaljirs sont nombreuses lorsque l'Afarée est et fut heurtée par la destruction et le massacre.
Les solutions que nous, nations Afaréennes, cherchons face à l'incommensurable... et voilà encore les superlatifs que nous redoutions... face à l'incommensurable est aussi une forme personnelle de soulager une conscience qui souhaite le Juste, le Droit et le Bien.

Icemlet ne peut pas encore assurer que Justice sera faîte à la hauteur des attentes qui sont nôtres.
Icemlet ne peut pas encore assurer que les dérives Carnavalaises ne seront pas appliquées à la population Kabalienne.
Toutefois nous aspirons et abondons à pouvoir aider la Kabalie Rouge dans le sens qui est nôtre sur ces sujets et éviter... plus amples effusions de sang.

Vous connaissez nos positions sur les plans imposés par le PAS à la Kabalie Rouge.
L'inévitable d'un conflit armé se précise, à l'heure où nous échangeons, pris au piège de la politique qui faillit.
Les Tamurt n Althalj espèrent faire le bon choix, tout comme Vous cherchez à le faire.


La Qari Ijja Shenna avait laissé Sofines Berek prendre la parole. Le Roi avait sûrement pu déceler un affaiblissement du physique de la Qari, sûrement le poids des responsabilités mêlé à son âge, dorénavant avancé.
Très estimées Qari,

Je vous remercie pour vos paroles. Je vous remercie pour leur hauteur, pour leur sagesse, pour leur honnêteté.
Je reconnais dans votre discours la constance des Tamurt n Althalj. Je reconnais cette ligne que vous tracez depuis des générations : celle de la bienveillance, de la protection, du refus des effusions de sang. Et je ne peux que respecter une nation qui demeure fidèle à son essence, même lorsque les vents du continent se font contraires.

Vous avez raison sur un point essentiel, nous faisons face à des événements sans précédent. Et lorsqu’une région entière vacille, ce ne sont pas seulement des frontières qui tremblent, ce sont des équilibres, des mémoires, des traumatismes encore vifs. Je ne sous-estime pas l’état d’exsanguité de la Kabalie Rouge. Je ne sous-estime pas le poids d’une création dans la douleur. Je ne sous-estime pas non plus la nécessité de nourrir, de stabiliser, de reconstruire.

Mais permettez-moi d’exprimer ce qui distingue peut-être nos approches.

Vous avez parlé de Bienveillance comme d’un socle, d’un prolongement de l’Amour pour Ilâh, d’une responsabilité presque sacrée de protéger la vie sous toutes ses formes. Vous avez rappelé que le sang versé ne peut jamais être un outil banal de résolution. Vous avez dit que la guerre est l’échec d’une politique qui n’a pas su retenir le fil avant qu’il ne se rompe. Sur cela, nous ne divergeons pas.
Mais permettez-moi d’ajouter une nuance, non pour contredire, mais pour approfondir.

La Bienveillance protège.
La Justice structure.
Et la Responsabilité limite.

Si l’une manque, les deux autres vacillent.

Vous décrivez une Kabalie Rouge acculée, exsangue, tournée vers l’avenir comme un survivant qui refuse de regarder derrière lui. Je comprends cette posture. Lorsqu’un peuple naît dans la douleur, il aspire à la survie avant tout. Mais toute naissance comporte une double exigence, vivre, certes, mais aussi répondre de ce qui a précédé cette naissance.

Vous avez eu l’honnêteté de dire que vous ne pouviez garantir que Justice serait faite à la hauteur des attentes. Vous avez reconnu que les dérives ne pouvaient être exclues. Cette franchise vous honore. C’est précisément là que réside le nœud de notre inquiétude. Car l’incertitude morale, lorsqu’elle s’installe dans un État fragile, ne reste jamais contenue. Elle s’étend comme une onde invisible. Elle traverse les frontières. Elle nourrit les suspicions. Elle alimente les discours les plus durs.

Nous ne souhaitons pas l’inévitable d’un conflit armé. Nous le redoutons. Car un conflit en Afarée ne resterait jamais contenu. Il s’étendrait, il fracturerait, il marquerait des générations. Mais permettez-moi d’être tout aussi candide que vous l’avez été. Si la Kabalie Rouge continue de considérer toute demande de clarification comme une agression, si elle refuse toute transparence au nom de sa survivance, alors ce ne sont pas nos plans qui créeront la tension ce sera son refus de dialogue structuré. Lorsque vous dites que la Kabalie se braque face aux rappels du passé, j’y vois un signal d’alarme. Un État sûr de sa transformation n’a pas peur de la lumière. L’inévitable n’est pas la guerre. L’inévitable est le résultat d’un enchaînement d’inactions, de malentendus, de méfiances non traitées. Finejouri n’est pas une nation de précipitation. Nous ne cherchons ni expansion, ni posture, ni éclat. Nous cherchons l’équilibre. Mais l’équilibre n’est pas l’immobilisme.

Lorsque vous dites que la Kabalie se braque, je m’interroge, est-ce le signe d’une blessure en cours de cicatrisation… ou celui d’une responsabilité que l’on redoute d’assumer ? Lorsqu’un État refuse la lumière, est-ce par vulnérabilité… ou par crainte de ce qu’elle révélerait ?

Je ne pose pas ces questions pour accuser. Je les pose parce que gouverner, c’est douter lucidement. Vous connaissez notre position au sein du PAS. Vous savez que nous freinons. Vous savez que nous contenons. Vous savez que nous assumons le poids politique d’un vote qui pourrait basculer. Mais comprenez également ceci, si Finejouri freine aujourd’hui, ce n’est pas par faiblesse. C’est par responsabilité. Et cette responsabilité a une limite temporelle. Car chaque jour où l’incertitude demeure, la pression interne augmente.

Nos alliés observent.
Nos populations questionnent.
Nos militaires se préparent.

Et plus le flou persiste, plus les voix radicales trouvent un terrain fertile.

Vous souhaitez éviter l’effusion de sang. Nous aussi. Mais éviter le sang ne signifie pas ignorer les signaux. Cela signifie agir suffisamment tôt pour que personne n’ait à lever l’épée.

Je vous pose donc une question simple, mais déterminante :

L’Althalj est-il prêt à transformer sa bienveillance en exigence structurée ?
Est-il prêt à dire à la Kabalie Rouge que la survie ne dispense pas de la transparence ?
Est-il prêt à lier son accompagnement à des conditions précises, mesurables, vérifiables ?

Car si votre influence peut obtenir cela, alors vous deviendrez non seulement médiateurs, mais architectes d’une stabilité durable.

Finejouri ne demande pas un alignement.
Finejouri demande une convergence.

Nous ne cherchons pas un bloc contre la Kabalie Rouge.
Nous cherchons un cadre au sein duquel elle ne pourra plus dériver.

Si la Kabalie prouve sa mutation, nous serons les premiers à reconnaître son évolution.
Si elle démontre sa capacité à rendre justice, nous serons les premiers à soutenir sa stabilisation.
Mais si elle refuse toute clarification, alors le continent ne pourra rester suspendu indéfiniment à une espérance.

Vous avez parlé du Juste, du Droit et du Bien.

Le Juste exige des actes.
Le Droit exige des structures.
Le Bien exige du courage y compris celui de poser des limites.

Très estimées Qari, notre entrevue n’est pas celle d’adversaires. Elle est celle de deux nations conscientes que l’Histoire observe.
Faisons en sorte que, lorsque l’on relira ces instants dans quelques décennies, on puisse dire que l’Afarée a choisi la lucidité avant la tragédie.

Je demeure à votre écoute. Je demeure prêt à agir avec vous, si vous acceptez que la bienveillance devienne aussi exigence.

Mais permettez-moi de conclure par une question qui dépasse nos deux royaumes et qui engage l’avenir d’Afarée :

La Bienveillance peut-elle encore suffire lorsque la Justice demeure incertaine, ou devons-nous ensemble transformer cette Bienveillance en exigence contraignante afin que la paix soit non pas espérée, mais assurée ?
La qari Sofines Berek et la Qari Ijja Shenna écoutèrent avec attention les propos du Roi.

Si les deux nations avaient été voisines en bâtissant une stabilité locale et régionale probante, cela venait assurément d'une vision conjointe de prospérité.
Les Tamurt n Althalj avaient déjà une réponse, non toute faite, mais qui répondait aux actions en cours d'Icemlet.
Les permissions naturelles du PDG Protecteur devaient apporter les clarifications nécessaires à rassurer.
La qari Sofines Berek l'explicita au Roi dans ces termes...


... l'opiniâtreté Althaljir est une expression qui fait sourire d'ordinaire. Notre persévérance vis à vis de la trajectoire de la Bienveillance se dévoile toutefois sous plusieurs formes. La Maktaba peut être ferme, exigeante pour reprendre Vos termes, tout en prodiguant un dialogue ouvert et patient.


Le Roi observa sûrement la main de la Qari qui se leva légèrement donnant l'autorisation à la qari Sofines Berek de continuer sur sa lancée.


Nous partagerons ainsi le contenu de nos derniers échanges avec le PDG Protecteur.

Balsilek Ishak a confirmé que les "crimes et réparations" ne seront pas oubliés, face à une Justice qui sera issue seule de la Kabalie Rouge. Il est important de noter que le PDG Protecteur s'interroge régulièrement sur la légitimité de certains membres du PAS à exiger dés lors que le sang n'a pas encore été rincé des ruelles de leur propre médina.

Les mots employés par le dirigeant de la Kabalie Rouge vont dans le sens qui sied et dés lors vous comprendrez que l'Althalj n'ait pas dévié du sentier.

"Les lucifériens", majoritaires et au pouvoir, "ont [_] adopté une posture radicalement humaniste et égalitaire".
"Pour l'heure, notre destin est clair : paix avec nos voisins, égalité entre les hommes, reconstruction écologique."

Le PDG Protecteur précise que tout "être humain qui a l'humanité en amour et la paix pour objectif" est bienvenu en Kabalie Rouge et que les délégations et observatrices Althaljirs obtiendront sororité et transparence sur le court, moyen et long terme.

Le dernier point converge vers votre demande en partie et je me permets de le citer dans son intégralité.
"Si l'Althalj se faisait à la fois médiatrice et garante des négociations entre nos deux nations, nous pourrions je pense nous donner les gages de confiance et de respect mutuels, nécessaires pour clarifier et apaiser la situation."

L'Althalj a obtenu des bras ouverts, sûrement du fait de son entrevue avec le dirigeant Bartholoméon Petipont et ce malgré des mots initiaux, durs et fondés. Nous ne sommes pas dupes de calculs politiques, toutefois le pragmatisme à la façon des Tamurt n Althalj et la compréhension au fur et à mesure de ce qu'est dorénavant cette région et cette nation, auront catalysé des relations cordiales et respectueuses. Les Lucifériens, bien que le nom entretienne un antagonisme et une antiparticule, ont fait montre de bonne foi.
Ils arborent néanmoins la démarche du PAS qui, et nous sommes bien conscientes du raisonnable et de la mansuétude de Sa Majesté, donna une impression "d'agressivité". La rencontre à la Khaïma ne rassura aucunement la Kabalie Rouge quant aux intentions du PAS. Nous en prenons en partie la responsabilité, n'ayant réussi à rassembler plutôt qu'à instaurer plus ample scission.

L'Euyn et nos expertes scientifiques, nos services de renseignement de la Sororité, participeront ouvertement à l'invitation de Balsilek Ishak et nous apporteront les réponses et conclusions. Nous espérons de même répondre à vos interrogations précédentes.


La Qari Ijja Shenna prit naturellement la suite. Sa voix était presque familière, maintes fois entendue à la radio ou diffusée sur les téléviseurs des épiciers. Elle avait toujours ce ton serein d'une certitude réfléchie. Elle leva une main burinée par les nombreuses saisons.


Les Tamurt n Althalj prendront la posture de médiatrice si cela permet d'officialiser les observations nécessaires à la compréhension de la situation et de la suite.
Icemlet et la Kabalie Rouge souhaitent se tenir par la main. Actuellement la douceur s'accompagne de cette étreinte.
Nous foulerons le désert écarlate et chimique afin de nous assurer du bien-fondé de la Kabalie Rouge.
L'Althalj portera néanmoins cette charge sans pression extérieure et le fera dans l'égoïsme de la recherche de sa paix intérieure.
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Une fois que la Qari eut terminé ses propos, Sa Majesté laissa échapper un soupir. Non pas un soupir d’énervement ni un soupir mesquin, mais un soupir de gêne, presque de malaise, comme lorsque le poids d’une responsabilité devient trop évident pour être ignoré.

«Nous avons écouté vos paroles avec attention. Nous avons entendu la sagesse, la prudence, la volonté d’équilibre, et nous la respectons profondément. Mais la paix ne peut pas vivre seulement dans les intentions. Elle ne peut pas reposer uniquement sur des mots, aussi beaux soient-ils. Permettez-moi, avant que nous ne nous accordions une pause, d’être encore une fois franc. Franc non pour imposer, mais franc par respect.

Nous ne remettons pas en cause votre rôle ni votre sincérité. Nous reconnaissons votre effort de médiation, votre volonté d’apaiser, et surtout votre place de pilier pour notre continent. Cependant, nos peuples, l’Afarée, ne peut se nourrir de promesses diffuses. Il a besoin d’actes. Aujourd’hui, vous voyez une lueur d’espoir, peut-être êtes-vous les seules à la percevoir avec autant de clarté, et c’est précisément pour cela que je vous demande ici un choix, un choix difficile mais nécessaire pour l’avenir de notre région. Ce que je vous présente n’est ni un piège ni une manœuvre visant à vous causer des troubles. Depuis votre arrivée, nos échanges ont été francs et respectueux, et c’est en ce sens que vous trouverez toujours en nous considération pour votre culture et respect pour ce que vous incarnez, humainement comme institutionnellement.

Nous avons parlé avec la Kabalie Rouge. Nous parlons aujourd’hui avec vous. Nous faisons notre part. À présent, nous avons besoin d’un signe concret.

Nous laissons un délai de deux mois. Deux mois pour recevoir une missive diplomatique officielle de la Kabalie Rouge, une missive claire et engageante. Lorsque nous parlons d’engagements, nous ne parlons ni de symboles, ni de changements de noms, ni de déclarations idéologiques. Nous parlons d’accords formels, de garanties précises, de mécanismes écrits assurant la paix, la stabilité et le respect mutuel pour le continent. Si dans deux mois rien ne nous est transmis, nous considérerons que la diplomatie n’a pas su produire ce qu’elle promet. Ce ne sera ni une colère ni une rupture brutale. Ce sera un constat qui entrainera des actes.

Nous comptons sur votre sagesse et sur votre capacité à parler à la Kabalie Rouge avec la même franchise que celle que vous employez ici. Trois voies s’ouvrent à nous sauf si vous en voyez une autre :

Soit vous accompagnez la Kabalie Rouge vers ces engagements concrets.
Soit vous proposez vous-mêmes un traité de médiation.
Soit vous décidez, et cela serait légitime, de ne pas vous impliquer davantage.

Mais il faut le reconnaître avec gravité, aujourd’hui, vous êtes les seules capables de dialoguer avec la Kabalie Rouge comme avec le PAS, les seules capables de désamorcer ce conflit. Ceux qui prétendent le contraire se voilent la face.

Nous voulons un traité impartial, un texte qui ne promeuve ni le PAS ni la Kabalie Rouge, un texte qui dépasse les noms et les appartenances pour ne laisser place qu’à l’équilibre. Un pacte où il ne serait plus question de camps, mais de coexistence. Nous ne demandons pas un alignement, nous demandons une architecture de paix, car la paix n’est pas une posture, c’est une construction, et toute construction sans fondations finit par s’effondrer. Ici, les architectes de cette paix pourriez bien être vous.

Oui, ma méthode évolue au fil de notre entretien. Mais dans le passé, une méthode fondée sur la clarté et les échéances a permis à une colonie de devenir indépendante.
Une date donne un cadre. Un cadre transforme les intentions en actes. Je ne cherche pas à vous placer contre nous ni à vous mettre dans une position délicate. Mais vous êtes aujourd’hui les seules capables de faire dialoguer les deux parties. Nous avons besoin d’une échéance, nous avons besoin d’un cadre, nous avons besoin d’acteurs. Et si vous le souhaitez, vous pouvez être l’acteur principal d’une nouvelle page pour notre continent et écrire ce cadre.

Alors je vous pose cette question, avec respect et gravité.

voulons-nous continuer à parler d’équilibre, ou sommes-nous prêts à le sceller par des actes qui nous lient réellement les uns aux autres ?»
La Qari ne savait pas encore l'escalade des tensions qui était sur le point de prendre place en Afarée du Nord Ouest.
Dans le contexte de cette rencontre, mais aussi lorsque la crise montera d'un cran, les Althaljirs suivront leur trajectoire actuelle.
La réponse se fit presque naturellement.

Les Tamurt n Althalj continueront de parler de stabilité, de paix et de prospérité.
La délégations Althaljir partira ainsi pour la Kabalie Rouge comme convenu.
Nous ferons une demande afin d'inclure le Finejouri dans cette observation et nécessité de clarification de l'évolution de la situation au sein de l'Ecarlate.

Deux mois semble court, toutefois en incluant vos expertes, nous aurons loisir de conclure sur les nombreux sujets à venir.

Majesté, l'Althalj a choisi cette voie dans l'espoir que nous réussirons à trouver à travers la nouvelle direction de la Kabalie Rouge des convergences claires et réelles.
Les mots du PDG Protecteur ne semblent pas dénués de sincérité. Voyons pas nous même et confirmons que les lucifériens se distinguent nettement des horreurs perpétrées des premiers instants.
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