09/04/2019
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[Brocelynwood-Empire du Nord] Commémoration & Négociations

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Rencontre Royaume de Brocelynwod / Empire du Nord
16 & 17 octobre 2018

Le 16 octobre 2018 est une date qui devrait marquer la relation entre les deux grands Etats voisins de l’Aleucie de l’Est, l’Empire du Nord et le Royaume de Brocelynwood.
Cette journée est marquée par une cérémonie officielle. La suivante donnera lieu à des échanges diplomatiques en vue de la signature d'un Traité, jugé de la plus haute importance par le Royaume.

Nous sommes au cœur de Wynterhall, la capitale du Royaume de Brocelynwood.
C’est devant la toute nouvelle Ambassade de l’Empire du Nord à Brocelynwood que va se dérouler l’inauguration solennelle du Mémorial de la Tragédie d’Estham.
Ce dernier a été proposé par le Royaume de Brocelynwood lors des correspondances récentes. Le Royaume avait conscience que l’Empire du Nord pouvait lui tenir rigueur de ne pas avoir été encore plus actif dans la réaction faisant suite au génocide. Par ailleurs, le Royaume fait le choix de ne pas rejoindre des organisations multilatérales comme l’Organisation des Nations Démocratiques (OND) qui a mené la riposte face à Carnavale. La coopération autour de l’ouverture de ce Mémorial est donc une manière de sortir par le haut et par un renforcement consistant des relations.

Un dispositif de grande ampleur est mis en place à l’extérieur, devant l’Ambassade et le Mémorial : au centre une estrade, protégée étant donnée la saison, sur laquelle vont se succéder les interventions avec en fond, les deux immenses drapeaux de deux nations.

Pour le Royaume, se tiennent dans l'assistance la totalité des Secrétaires Royaux du Royaume :
  • Aldric ROWANSTONE, Premier Secrétaire Spécial du Roi
  • Stephen PHILIPPS, Secrétaire Royal à la Politique Etrangère et aux Armées
  • Melvin McBRIDE, Secrétaire Royal au Culte et plus haut représentant du protestantisme à Brocelynwood
  • Mais aussi : les Secrétaires Royaux à l’Ordre Public, à l’Economie, à l’Education, à la Famille, aux Affaires Sociales.

Fait rare, le Monarque en personne fait lui-même irruption sur l'estrade, vêtu de sa longue robe royale, la couronne majestueuse sur la tête.
Il va procéder à la première intervention, afin de donner la plus haute valeur symbolique possible à ce moment et accueillir la délégation de l'Empire du Nord avec une considération sans égale.

Sa Majesté Johnlyn IV débute son discours.
L'ambiance est lourde, le ton est grave. Volontairement, le Roi parle lentement. L'ingénierie du son amène une résonance supplémentaire.


“Mesdames, Messieurs,

Une nouvelle ère de l’amitié liant l’Empire du Nord et le Royaume de Brocelynwood s’ouvre aujourd’hui.

Cette amitié, nous allons la construire.
Demain, les délégations négocieront chaque détail. Mais nous savons déjà qu’elles aboutiront.
Elles aboutiront car, avant de procéder aux discussions sur les détails matériels, nous bâtissons les fondations les plus solides qui soient.
Ces fondations, nous les scellons à cet instant même.
Oui, c’est en nous recueillant à la mémoire du génocide que fut la Tragédie d’Estham que nos liens trouvent leurs sources.
Notre partenariat n’est pas une simple opportunité. Il vise la défense de valeurs, à commencer par la plus élémentaire et la plus fondamentale de toute : la vie humaine.
Nous ne devrions pas avoir besoin de l’évoquer. Et pourtant.

Depuis ce jour de 2016, ce qui aurait dû être à jamais une évidence est demeuré pour toujours un combat à mener.
Ce jour de 2016, nul ne pourra l’oublier. Il restera dans les mémoires de chacun, et perdurera dans les générations futures.
Cette réalité est et sera celle de l’Empire du Nord, celle du Royaume de Brocelynwood, celle de l’Aleucie, celle de l’Humanité tout entière.
Notre foi nous conduit à penser que cette réalité sera aussi celle des populations au nom desquelles un tel crime a été commis.

Ce jour de 2016, deux millions de vies innocentes ont été fauchées.
Deux millions d’êtres humains dont la valeur a été réduite à néant pour de bas objectifs.
Deux millions.
Deux millions est un nombre que nous pouvons nous représenter lorsque l’on parle de la population d’une ville. Lorsque l’on parle de la vie.
Mais deux millions est un nombre dont nous ne pouvons pas prendre la dimension lorsque l’on parle des victimes du plus abject des crimes.
La moindre des commémorations serait d’énumérer ces deux millions de noms, ou de respecter deux millions de minutes de silence.
Malheureusement, chacun a conscience de cette impossibilité.
Parce que le plus criminel, le plus abject, le plus inhumain dans ce crime, c’est aussi ça : par son ampleur infinie, il ôte aux victimes, aux survivants, à la société toute entière la possibilité même de parvenir à le commémorer pleinement.

Mais nous allons tous y contribuer, à chaque instant de nos vies. C’est le sens de notre place sur Terre, c’est ainsi que Dieu nous a créés. Jamais nous ne céderons à la tentation de l’oubli, jamais nous n’offrirons cette victoire aux criminels.
Le Mémorial de la Tragédie d’Estham sera une des pierres à cet édifice.

Ce mémorial inédit a un statut hybride : il n’est ni pleinement sur le territoire de l’Empire du Nord, ni pleinement sur le territoire du Royaume de Brocelynwood. Il sera géré à la fois par l’Empire du Nord et le Royaume de Brocelynwood. Car tout en ce lieu doit traverser les frontières, rappeler que rien n’est au-dessus de la vie humaine.
8 000 mètres carrés qui, pendant des décennies, feront savoir ce qu’il s’est passé, permettront de se recueillir.
Ce lieu est intégralement financé par nos deux nations car il doit accueillir tout le monde sans conditions, sans billetterie. Il doit accueillir des millions de personnes, brocéliens, ressortissants de l’Empire du Nord et d’autres Etats, avec un titre de séjour ou simplement de passage.

8 000 mètres carrés à visée éducative, de recueillement, de mémoire.
Le génocide est appréhendé et dénoncé non pas par la théorie, mais avec des noms, des visages, des textes, des témoignages, des vidéos.
Chacun doit aussi être amené à comprendre que l'événement ne peut être compris que par lui-même : qu’il y a un avant, qu’il y a aussi un après.

Un après lors duquel plus rien, absolument plus rien, ne sera jamais comme avant.

Mesdames, Messieurs. Avant toute chose, je vous demande maintenant de respecter cinq minutes de silence absolu en mémoire des victimes de la Tragédie d’Estham.”

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Sa Majesté Maximilien II

Wynterhall, 16 octobre 2018


<< Majesté,
Monsieur le Premier Secrétaire,
Mesdames, Messieurs les Secrétaires Royaux,
Mesdames, Messieurs,

En ce lieu, en cette heure, au cœur de Wynterhall, ce n'est pas seulement l'Empire du Nord qui vous répond, c'est une nation en deuil qui parle. C'est un peuple meurtri, mais debout, peut-être plus fort que jamais. Et c'est une voix qui ne tremble pas, en dépit de la douleur et des larmes précédentes. Il est des moments dans l'histoire où les mots sont trop faibles et aucun terme encore inventé par l'Homme ne suffit pour décrire ce que l'on a vécu. Où le silence lui-même paraît insuffisant. Où la dignité seule peut porter ce que la douleur interdit d'exprimer.

Estham. Ce nom, désormais, appartient à l'humanité toute entière.

À Estham, ce ne fut pas seulement notre capitale que l'on frappa. Ce ne fut pas seulement une ville que l'on anéantit. Ce ne fut pas seulement des vies massacrées. Ce fut une tentative de briser une volonté, des principes, un idéal. Ce fut la prétention monstrueuse d'effacer un peuple et ses valeurs de la carte et des mémoires.

Ce sont eux, les dirigeants carnavalais. Cette aristocratie ayant perdu la raison et l'humanité, qui est responsable d'une des pires offenses faite à l'humanité. Il est crucial et je mets un point d'honneur à cela, de ne jamais confondre les élites carnavalaises et leur peuple qui est l'un des premiers à souffrir. Ces élites ont cru que la cendre ferait taire la vérité. Elles ont cru que le feu effacerait la justice. Elles ont cru que la peur soumettrait les consciences. Je tiens à rappeler qu'avant cet Holocauste, ce qui a servi de prétexte à l'injustifiable, c'est l'action qu'a mené l'Empire aux côtés du Duché de Sylva, pour mettre un terme au génocide ayant cours en Kabalie. Je veux du plus profond de mon cœur rappeler à la Kabalie que nos deux pays et nos deux peuples sont frères, comme tous les pays libres, comme celui du Brocelynwood, dans cette lutte contre la barbarie. Nous sommes morts pour vous défendre et défendre notre humanité, kabaliens, nos frères, et nous en sommes honorés.

Carnavale s'est trompée une fois de plus. Car l'Empire du Nord n'a pas cédé. Car l'Organisation des Nations Démocratiques n'a pas reculé. Car la communauté internationale n'a pas fléchi. Et parce que des nations libres ont décidé que la vie humaine ne se négocie pas.

Majesté, votre Royaume aurait pu choisir la distance. Il aurait pu choisir la prudence froide des équilibres diplomatiques. Il aurait pu considérer que ce drame n'était pas le sien. Il aurait pu choisir le silence confortable dans lequel de nombreuses nations, les premières à donner des leçons de morales, se sont terrées.

Vous avez choisi l'honneur. Vous avez choisi la mémoire comme rempart. Vous avez choisi l'amitié et la fraternité. Ce mémorial n'est pas un geste protocolaire, ni une concession. Il est à mes yeux et aux yeux de mon peuple un acte dépassant la politique et un acte profondément humain au sens le plus noble du terme : celui qui consiste à affirmer qu'au-dessus des calculs se tient la conscience.

Et je veux le dire ici, clairement : l'Empire du Nord n'oublie pas ceux qui se tiennent à ses côtés dans l'épreuve.

Car deux millions. Deux millions de vies. Deux millions d'histoires interrompues. Deux millions d'avenirs volés. Il ne nous est pas possible d'énoncer chaque nom. Mais il nous est possible de vivre de manière à les rendre présents. De gouverner de manière à les honorer. De décider de manière à empêcher que l'irréparable ne se reproduise. La guerre que nous menons aujourd'hui, avec nos partenaires et alliés onédiens, n'est pas une guerre de conquête. Elle n'est pas une guerre d'orgueil. Elle est née d'un crime. Elle est née d'un mensonge. Elle est née d'un régime qui brûle ses propres villes pour en accuser les autres, qui massacre puis accuse, qui détruit puis se prétend victime, qui utilise sa population comme d'un bouclier pour sa survie. Cette guerre souhaite la dignité pour tous les peuples à commencer par le peuple carnavalais. Cette coalition ne baissera pas les armes tant que la menace des armes de destruction massive ne sera définitivement enterrée et que Carnavale ne disposera plus des moyens de commettre de nouveaux attentats contre l'humanité.

L'histoire jugera. Mais d'ici là, nous agissons et nous continuerons d'agir. Jamais l'immobilité, encore moins face aux grands périls de notre temps. Nous agissons pour que la vérité ne soit pas ensevelie sous la propagande qui agit tel un poison, nous agissons pour que les enfants d'Aleucie et d'Afarée puissent grandir sans apprendre à compter les morts avant d'apprendre à lire, nous agissons parce qu'une grande puissance ne se définit pas par le ton de sa voix, mais par la protection qu'elle accorde aux faibles.

L'Empire du Nord est une grande puissance. Il l'est par son économie. Il l'est par son armée. Il l'est par sa diplomatie. Mais s'il ne devait conserver qu'une seule grandeur, ce serait celle-ci : la fidélité à la vie humaine. Car aucune nation n'est une grande puissance sans grandes valeurs.

Majesté, ce mémorial, à la fois brocélien et nordiste, nous dit quelque chose d'essentiel. Il nous dit que les frontières sont nécessaires aux États, mais qu'elles ne doivent jamais enfermer la mémoire. Il nous dit que la souveraineté n'est pas l'isolement. Il nous dit que la dignité nationale peut se conjuguer avec la fraternité des peuples, au-delà de ces frontières. Entre nos deux nations, il y aura des discussions, des négociations, des ajustements. C'est la vie normale des États responsables. Mais il y a désormais quelque chose qui dépasse ces discussions. Une communauté de destin.

Une certitude partagée : jamais nous ne laisserons la barbarie s'installer comme une fatalité. Jamais.

À ceux qui, ailleurs, manipulent les faits, déforment la réalité, et espèrent l'usure du temps, sachez que la patience des nations libres est grande. Mais leur détermination l'est davantage encore.

C'est ainsi que naissent les alliances durables. Par la volonté, par la constance. par l'honneur.

Mesdames, Messieurs, à Estham, tant de lumières furent éteinte. Mais pas celle de notre foi en l'avenir. Aujourd'hui, à Wynterhall, nous en allumons une. Qu'elle éclaire nos peuples. Qu'elle guide nos gouvernements. Qu'elle rappelle aux générations futures qu'au moment où l'obscurité semblait l'emporter, des nations libres ont choisi de se tenir droites. Et qu'elles le sont restées.

Et je forme aujourd'hui le vœu que, de Wynterhall à Estham, de vos rivages aux nôtres, souffle désormais un même esprit : celui de la dignité, de la responsabilité, et de la fraternité entre les nations libres.

Votre Majesté, au nom de mon peuple et du plus profond de notre cœur, merci. >>
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Un ruban aux couleurs du Royaume de Brocelynwood et de l’Empire du Nord scelle l’entrée du Mémorial. Une fois les discours terminés, les Chefs d’Etat descendent de l’estrade et se dirigent vers celui-ci. Attendant que les photographes aient fini de se regrouper, ils procèdent à la coupure du ruban, essayant d’être parfaitement synchronisés. Cela peut sembler être un détail mais un écart de plusieurs secondes d’une nation précédant l’autre aurait frôlé, dans ce cas de figure, l’incident diplomatique, voire l’indécence publique si le Monarque du Royaume de Brocelynwood avait paru se mettre beaucoup trop en avant.

En ce lundi 15 octobre 2018, le Mémorial de la Tragédie d’Estham de Wynterhall est officiellement ouvert.

Le Roi Johnlyn IV et l’Empereur Maximilien II se serrent la main devant les photographes, les fixant l’air grave.
Ce moment déterminant restera dans l’Histoire des deux pays et dans le nécessaire et long travail de Mémoire et de reconstruction suivant le génocide de 2016.

Le protocole de la rencontre diplomatique se poursuit. Le Roi a proposé à l’Empereur une première entrevue, avant la rencontre des délégations diplomatiques des deux nations le lendemain, au sein du bâtiment du Secrétariat Royal à la Politique Étrangère et aux Armées. La volonté est que les deux plus hauts représentants tracent les grandes lignes, avant que les différents aspects des négociations soient discutés et affinés le lendemain.

Jonhlyn IV et Maximilien II se rendent dans une salle attenante à l’Ambassade et au Mémorial.
Il s’agit d’une forme de petit salon chaleureux, avec au centre deux magnifiques fauteuils en cuir datant du XVIIème siècle. Les deux hommes sont seuls, accompagnés de seulement un conseiller chacun, assistant à la scène en retrait. Cette configuration est très minimaliste mais un passage parfois nécessaire permettant éventuellement une autre approche, plus directe et personnelle.

Johnlyn IV

Le Roi Johnlyn IV engage l’échange :

Votre Majesté Impériale, il était important pour moi de nous permettre d’avoir le dialogue le plus franc possible, loin des mondanités du jeu diplomatique, avec le minimum de témoins si je puis me permettre. Vous êtes bien plus jeune que moi mais je pense que vous en avez déjà l’habitude, ce n’est bien sûr pas un piège.
Il est de notre rôle de s’accorder sur les bases, de fixer un cadre, un cap. Je ne sais pas comment vous considérez votre rôle, mais le mien est sans aucun doute d’être au-delà des détails des négociations.

Nos responsables aux affaires étrangères ont déjà beaucoup œuvré, mais revenons au commencement.
L’Empire du Nord est à la fois la plus grande puissance de l’Aleucie et notre plus proche voisin. Nous sommes un Royaume stable, prospère, et je crois en notre potentiel pour être une puissance continentale en devenir. Et je suis convaincu que si cela aboutit ainsi, ce sera en partie grâce à vous. Nous avons beaucoup à nous apporter mutuellement, à constituer une forme de complémentarité.
D’autant que vous êtes un Empire, nous sommes un Royaume. Ce symbole est fort. J’ai parlé de puissance car c’est un critère d’indépendance, c’est un état de fait, mais nous ne cherchons ni la domination continentale, ni le commerce comme fin en soi. Le symbole que représenterait notre coopération serait un rempart contre la contagion d’idées : je parle de celles voulant renverser l’ordre établi, délégitimer notre belle Histoire, défendre une forme de relativisme culturel.

Voilà pour le fond. Si nous nous accordons sur ce fond, ou si du moins nos objectifs ne sont pas incompatibles, nous pouvons avancer sur les formes de coopération, autour de grandes idées, d’une vision. Et ce, malgré sûrement des différences nous démarquant.

Je vais me permettre de prendre chaque point puis vous pourrez y répondre ou ajouter des éléments, ainsi que sur tout ce que j’ai développé précédemment.

Premièrement, nous avons effectivement tout intérêt à développer une relation commerciale grandement facilitée. Cela doit simplement s’inscrire dans le cadre que nous avons fixé dans notre loi par rapport aux investissements étrangers. Comme toute nation, il y a des biens que nous sommes en capacité d’exporter, d’autres que nous avons besoin d’importer, tout cela fera l’objet d’échanges de qualité demain j’en suis certain. Mais nous reconnaissons que nous avons une faiblesse au niveau des nouvelles technologies et des technologies à haute valeur ajoutée. Si en cela, vous pouvez contribuer à ce que nous rattrapions notre retard, nous serons particulièrement reconnaissants.

Deuxièmement, j’en viens à la circulation des travailleurs. Nous avons une politique par défaut assez stricte sur l’immigration. Mais l’ouverture est possible avec certains pays, lorsque les conditions préalables sont réunies, dans le cadre d’accords bilatéraux. Il me semble que vous êtes typiquement une nation avec laquelle nous pouvons imaginer construire une coopération de ce type, en posant bien évidemment les gardes-fous nécessaires pour assurer notre sécurité réciproque.

Enfin, j’en viens à l’enjeu de la coopération sécuritaire. Il faut que ce soit le cœur battant de notre partenariat , je le dis franchement. J’aurais dû l’évoquer en premier. Alors évidemment, il faut éviter toute dépendance, poser des garanties, et nous n’en sommes pas à un stade où nous pourrions aller vers un pacte de défense mutuelle systématisé. Pour autant, cela ne doit pas être un aspect résiduel de notre coopération. Récemment, nous avons signé des accords avec les Républiques de Duve et de Sovélie dont le commerce était l’objectif central. Un accord est en cours d’aboutissement avec la Grande République de Westalia, qui va laisser une place particulière à l’aspect culturel. Bien sûr, nous avons à chaque fois abordé plusieurs thèmes, et ce sera le cas aussi avec vous. Mais je pense que le Traité qui unira, je l’espère, l’Empire du Nord et le Royaume de Brocelynwood doit mettre en avant et en premier la coopération sécuritaire et militaire : du fait de notre proximité géographique, de notre importance sur le continent et sur la côte Est dont nous sommes une porte d’entrée majeure, ce qui constitue tout autant une force qu’un grand danger.
Sans oublier que le fondement de ce renouveau est la tragédie d’Estham donc bien un enjeu de défense.
Il faudra des mesures fortes, une vision à plusieurs années, des engagements réciproques, une planification précise.
Alors on ne pourra pas approfondir chaque point pour tout recommencer dans quelques mois avec la République de Duve lors de la rencontre tripartite. Pour autant, je suis convaincu qu’il ne faut pas tout renvoyer à 2019, et que des premiers éléments doivent être validés dès ce Traité, sans dépendre des négociations à venir. Nous pouvons avoir un leadership et cela ne sera que bénéfique au moment d’inviter la République de Duve à la table des négociations.

Pardonnez-moi pour cette longue prise de parole. Je vais vous écouter avec autant de respect et d’attention que vous venez de le faire, votre Majesté Impériale."
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Sa Majesté Maximilien II

Wynterhall, 16 octobre 2018


<< Votre Majesté, je vous remercie pour la franchise de vos propos. Elle vous honore et elle honore le moment que nous venons de vivre ensemble. Ce lieu, ce Mémorial, n'est pas une simple pierre levée vers le ciel ; c'est un éclat moral. Et toute coopération qui naît ici ne peut être ni superficielle ni opportuniste. Vous avez raison sur un point essentiel : les Souverains ne doivent pas s'enliser dans les détails techniques. Nous traçons l'horizon. Nous fixons la ligne rouge. Nous incarnons la continuité. Nos ministres, eux, bâtissent les ponts et posent les pierres. Si nous ne sommes pas clairs aujourd'hui, ils travailleront dans l'incertitude demain.

La forte croissance que nous avons connu ces dix dernières années et nos politiques ambitieuses en termes de défense nous ont conféré, je le crois une puissance qui n'est pas une tentation chez nous ; elle est une responsabilité. Notre géographie, tant naturelle que politique et stratégique, morale même, nous impose d'être forts après une telle épreuve. Et je le pense, notre Histoire nous oblige à être justes. La tragédie d'Estham a rappelé à mon peuple que la faiblesse attire les prédateurs. Mais elle nous a aussi rappelé que l'isolement est une illusion dangereuse et que l'Homme, en dépit de sa magnificence, est capable des pires horreurs, que l'Humanité est mortelle.

Vous avez évoqué la contagion d'idées visant à délégitimer nos héritages. Je partage votre inquiétude. Les attaques contemporaines ne sont pas seulement militaires ; elles sont culturelles, informationnelles, psychologiques. Elles s'attaquent à la mémoire, aux symboles, aux racines. Un Empire et un Royaume qui coopèrent ne défendent pas seulement des frontières, à mon sens, ils défendent une certaine conception de la civilisation et du pouvoir.

Sur le commerce, nous sommes disposés à avancer rapidement. Vous avez identifié votre vulnérabilité dans les technologies à haute valeur ajoutée. L'Empire peut accompagner un transfert encadré de compétences, des partenariats industriels, des programmes conjoints de recherche. Mais je souhaite être clair : il ne s'agira pas d'une relation de dépendance technologique. Nous privilégions les coentreprises, la formation d'ingénieurs brocelyniens dans nos instituts et l'installation d'unités de production sur votre sol. La prospérité partagée stabilise davantage qu'une simple relation fournisseur-client. La haute technologie impériale progresse rapidement alors que nous accusions un retard considérable. Je crois que nos efforts peuvent être coordonnés par des investissements conjoints.

Concernant la circulation des travailleurs, nous respectons votre prudence. L'Empire est lui-même vigilant sur ce point. Je propose un dispositif progressif : quotas sectoriels, reconnaissance mutuelle des qualifications, mécanismes de contrôle conjoints, protection des travailleurs. Nous pouvons commencer par les secteurs stratégiques liés aux projets communs que nous lancerons dans la technologie, mais aussi dans les infrastructures qui peuvent relier notre pays et dans le secteur agricole. Une mobilité ciblée plutôt qu'une ouverture indistincte qui créerait une hémorragie de migration travailleuse nous paraît bien plus sage en effet.

Enfin, la sécurité. Vous avez raison, elle doit être le cœur battant de notre partenariat. La proximité géographique n'est pas qu'un fait divers cartographique ; elle crée un destin stratégique commun et des affinités naturelles pour coopérer. La côte Est est un axe vital. Si elle vacille, c'est l'équilibre de l'Aleucie entière qui tremble et nos commerces qui sombrent. Je peux émettre l'idée d'un pacte de défense mutuelle en cas d'agression à définir selon nos dispositions conjointes. Je peux également vous proposer trois engagements immédiats :

- Premièrement, la création d'un bureau stratégique bilatéral permanent, réunissant nos chefs d'état-major et nos services de renseignement, avec des sessions semestrielles visant à encadrer des partages de renseignements et d'expertise et les bilans de nos actions communes.
- Deuxièmement, la planification d'exercices militaires conjoints dès l'année prochaine, axés sur la défense côtière, la lutte anti-terroriste et la gestion de crises hybrides. Exercices bilatéraux qui se verront bientôt, je l'espère, renforcés par d'autres exercices tripartites avec la République de Duve que nous rencontrerons prochainement à vos côtés.
- Troisièmement, une clause de consultation automatique en cas de menace majeure affectant l'un de nos deux territoires. En effet, la confiance et l'amitié qui nous lient peuvent se traduire en actions, et prévenir l'autre en cas de danger est une action décisive.

Cela ouvre ainsi progressivement la voie vers une alliance militaire formelle de manière graduelle. Mais cela crée une interdépendance stratégique de fait. Et lorsque viendra le moment d'inviter la République de Duve à la table, nous ne serons pas dans l'improvisation, nous aurons déjà une architecture solide et éprouvée qui sera un exemple sur lequel se baser.

Vous avez également parlé de leadership. À notre sens, le leadership ne consiste pas à attendre que tous soient prêts, il consiste à avancer avec ceux qui le sont, en laissant la porte ouverte aux autres. Votre Majesté, si nous inscrivons notre Traité dans cette logique, prospérité technologique partagée, mobilité encadrée, socle sécuritaire prioritaire, alors le Mémorial de Wynterhall ne sera pas seulement un lieu de recueillement, il deviendra le symbole d'une dynamique d'équilibre continental saine.

Je suis prêt à donner mandat à mes équipes dès demain pour traduire ces orientations en dispositions précises. Mais avant cela, je souhaite vous entendre sur le degré d'ambition que vous êtes prêt à assumer pour notre relation stratégique. >>
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Roi Johnlyn IV :

Vous me posez la question de l’ambition pour notre relation stratégique. Plutôt que me contenter d’une déclaration d’intention, je vais mettre en avant des faits.

Lors des premiers échanges entre nos deux nations, il y a de ça quelques mois, la coopération sécuritaire a été rapidement évoquée, notamment au niveau maritime, et vous nous avez informés de l’état de vos forces marines. Ce jour, je peux vous confirmer que nous sommes actuellement en train de fortement développer nos forces à ce niveau, et nous l’avons notamment pensé dans la perspective de notre partenariat. Nous aurons prochainement notre premier sous-marin d’attaque de niveau 5 produit, nous disposons également dès maintenant ou à court-terme de trois patrouilleurs (niveau 5), deux corvettes, un destroyeur, une frégate.
Il serait effectivement prématuré de constituer une défense mutuelle systématique. Mais je pense qu’il est primordial de protéger de manière extrêmement dissuasive le commerce, et de prévoir, comme vous le proposez, une consultation systématique en cas de pressions ou d’attaque.

Sans être automatique, la défense mutuelle sera dès lors une possibilité si nos intérêts se rejoignent.
Nous souhaitons aller vers une autonomie stratégique ; cela passe par une alliance qui soit dissuasive, reposant en partie sur une ambiguïté stratégique. Les nations mal intentionnées craindront de s’en prendre à l’Empire du Nord ou au Royaume de Brocelynwood, car elles sauront que nous sommes suffisamment coordonnés pour être prêts à tout moment à nous défendre ou contre-attaquer si nous le décidons.

Je pense que vous conviendrez comme moi que nous ne sommes pas à un stade où nous pourrions avoir une politique étrangère et militaire complètement commune. Mais notre coopération peut aller loin, et je pense avoir démontré que nous sommes prêts à l'assumer. Si nous en arrivons à ce que je viens de décrire, ce sera déjà un aboutissement. Pour cela, nous devons être tout autant réaliste qu’ambitieux dans nos objectifs comme dans les moyens pour les atteindre.
C’est pourquoi je vous suis l’ensemble de votre démonstration et de vos propositions. Nous sommes particulièrement en phase avec votre vision concernant l’appui au développement technologique, qui se doit être structurel et partagé.

A mon niveau, je considère qu’à ce stade nous avons pu établir un cap clair et les grandes lignes directrices. Je suis à votre écoute si vous avez besoin de poursuivre ce dialogue."
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Sa Majesté Maximilien II

Wynterhall, 16 octobre 2018



<< Votre réponse apporte les éléments concrets que j'espérais entendre. Le développement de vos forces navales démontre que le Royaume de Brocelynwood envisage réellement sa sécurité dans une perspective régionale et non strictement nationale, ce qui ne peut qu'être positif pour l'ensemble de vos partenaires dont l'Empire. Cette évolution crée les conditions d'une coopération crédible.

Concernant la sécurité maritime, je vous propose que nos états-majors élaborent dès maintenant un premier cadre opérationnel commun. L'objectif serait d'organiser un exercice naval bilatéral au second semestre 2019 le long des côtes est aleuciennes et potentiellement plus au nord dans le détroit de Port-Hafen. Cet exercice pourrait reposer sur trois scénarios : sécurisation d'une route commerciale majeure, réponse coordonnée à une attaque asymétrique contre un port stratégique, et opération de contrôle maritime contre une flotte hostile simulée. Il permettrait à nos marines de tester leurs procédures de communication, leurs chaînes de commandement et leurs capacités de coordination.

Dans le prolongement de cet exercice, nos marines pourraient également mettre en place un mécanisme de patrouilles coordonnées dans certaines zones sensibles de la côte orientale comme nous avions pu l'évoquer, patrouilles qui seraient, dans l'idéal, menées avec Duve et qui viendraient remplacer l'accord préexistant pour le renforcer. Il ne s'agirait pas d'une force conjointe permanente, mais d'une synchronisation de nos déploiements afin d'assurer une présence dissuasive régulière et une interopérabilité bienvenue.

S'agissant du bureau stratégique bilatéral que vous avez proposé, je suggère qu'il soit structuré autour de trois sections permanentes : une cellule de renseignement, une cellule de coopération militaire et une cellule d'analyse des menaces hybrides. Les réunions semestrielles que vous avez évoquées pourraient être complétées par des échanges techniques réguliers entre officiers de liaison. L'Empire est prêt à détacher un premier groupe d'officiers auprès de votre état-major afin d'accélérer cette coordination. Nous sommes donc en total aaccord avec cette proposition.

Sur la clause de consultation automatique, à titre de base de travail, je pense qu'elle devrait prévoir une communication immédiate entre nos gouvernements en cas d'incident majeur, suivie d'une réunion conjointe de nos autorités militaires dans un délai maximal de quarante-huit heures. Cela garantirait que toute crise régionale soit analysée conjointement avant qu'elle ne dégénère et permettait de renforcer la confiance entre nos deux pays.

Concernant la coopération technologique, je propose que nos ministres identifient rapidement deux ou trois projets industriels concrets. L'un pourrait concerner les technologies navales et la modernisation de certains systèmes embarqués. Un second pourrait porter sur les infrastructures logistiques et portuaires nécessaires à la sécurisation du commerce maritime. Enfin, un troisième projet pourrait concerner les technologies agricoles avancées, domaine où l'Empire possède des instituts de recherche susceptibles de travailler avec vos universités. À cela s'ajoutera inévitablement, il me semble, la modernisation des lignes de chemin de fer et les lignes routières entre nos pays. Ces projets serviraient également de base au programme de mobilité professionnelle que nous avons évoqué. Les quotas de travailleurs pourraient être définis précisément autour de ces secteurs afin d'éviter toute dérive migratoire tout en permettant la réalisation de nos projets communs.

Enfin, vous avez évoqué l'autonomie stratégique et l'ambiguïté dissuasive. Sur ce point, je pense que la meilleure approche consiste à inscrire dans le traité un principe simple : nos deux États reconnaissent que toute menace grave contre la sécurité de l'un constitue une préoccupation stratégique pour l'autre et fera l'objet d'une consultation immédiate. Cette formulation maintient la liberté de décision de chacun tout en créant un signal politique suffisamment clair et constitue un moyen de dissuasion passif.

Si vous en êtes d'accord, nos délégations pourront dès demain structurer le futur traité autour de quatre chapitres : coopération stratégique et sécuritaire, coordination maritime, partenariat technologique et industriel, et mobilité professionnelle encadrée. Ce cadre donnerait une direction claire aux négociations sans enfermer nos gouvernements dans des engagements prématurés. Et si ces principes vous conviennent, nous pourrons considérer que notre entretien a rempli son objectif : fixer une architecture suffisamment solide pour que nos équipes diplomatiques puissent travailler efficacement dès demain. >>
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Cet échange privé, presque “intime”, qu’il avait dessiné dès le départ comme devant tracer les grandes lignes de la coopération entre les deux voisins de l’Est Aleucien prend une tournure relativement précise et technique, montrant toute l’étendue de la connaissance stratégique de l’Empereur Maximien II. Il faut savoir que le Royaume de Brocelynwood vient de relancer sa politique militaire et stratégique, et que son niveau d’expertise en la matière n’est pas encore comparable à celui de l’Empire du Nord, y compris au plus haut sommet de l’Etat. Malheureusement, le pays voisin n’a pas pu en tirer profit puisque deux millions de vies se sont envolées lors de la tragédie d’Estham.
Même s’il ne l’admettra pas et ne le fera paraître sous aucun prétexte, il est donc factuel que le Roi ne tiendrait pas sur une longue durée des négociations autour de chacun des points évoqué par l’Empereur. Mais il est tout à fait à sa portée et à son habitude de pouvoir formuler une réponse globale pour en venir à la conclusion de cet échange, comme l’y invite d’ailleurs son interlocuteur, tout en espérant également reprendre une forme de “leadership” dans la discussion.


Roi Johnlyn IV :

Je vous écoute très attentivement et je dois bien admettre que vous avez une vision précise des stratégies à adopter. J’ai presque l’impression que vous anticipez les échanges des délégations de demain, mais c’est peut-être moi qui fais fausse route je suis prêt à le concéder.

Dans tous les cas, cela confirme qu’il est rassurant pour le Royaume de Brocelynwood de pouvoir s’appuyer sur un partenaire comme l’Empire du Nord pour asseoir son développement militaire et sa sécurité. Ainsi, le principe que vous proposez d’acter dans le Traité à des fins d’ambiguïté stratégique est une très bonne formulation, dans la droite lignée de ma proposition précédente.
Je vous confirme également ma volonté d’articuler le futur Traité autour des 4 axes que vous suggérez, qui ont le grand avantage de ne pas être une liste sujets / domaines, mais d’intégrer directement des objectifs concrets que sont effectivement la coopération stratégique et sécuritaire, la coopération maritime, le partenariat technologique, la mobilité professionnelle. Les deux premiers points seront étroitement liés, mais il faudra effectivement commencer par acter les grands principes avant d’entrer dans les modalités de cette coopération et notamment le domaine maritime, en effet.
Pour être tout à fait honnête, j’ai assez peu à compléter sur l’architecture que vous esquissez quant aux grandes modalités de coopération sécuritaire, afin de permettre une bonne circulation de l’information stratégique et de renseignements entre nos deux nations, la protection des routes maritimes commerciales et l’anticipation d’éventuelles grandes menaces géostratégiques.

Il me semble par ailleurs utile de revenir plus précisément sur vos propositions relatives à la coopération technologique et industrielle.
Concernant les infrastructures logistiques et portuaires, si vous ne faites pas référence spécifiquement à la dimension technologique, il me semble important de préciser qu’il s’agit d’un secteur sur lequel nous sommes particulièrement avancés et pour lequel la coopération serait à mon humble avis à développer réciproquement.
Concernant les technologies navales et la modernisation des systèmes embarqués, votre expertise sera tout à fait bienvenue.
Par ailleurs, nous sommes une nation agricole donc la capacité à se moderniser technologiquement dans ce domaine n’est pas à exclure. Mais il me semble important de préciser à cet endroit que nous devons rester prudents, car notre modèle agricole repose énormément sur la qualité et des petites unités de production. Notre population est très attachée à cette économie, à juste titre, donc nous resterons attentifs à ne pas la fragiliser à n’importe quel prix, quand bien même je reconnais le besoin d’augmenter la production en vue d’être davantage exportateurs.
Pour la modernisation mutuelle des lignes de chemins de fer et routes, vous avez évidemment tout à fait raison. Là encore, il faudra avancer intelligemment afin que cela ne se fasse pas au détriment de l’entretien des plus petites lignes. Notre Royaume est particulièrement apprécié pour sa capacité à tenir compte de ces besoins dans nos campagnes donc je le dis pour notre intérêt mutuel et, si je puis dire, la “popularité” de nos accords bilatéraux. Il sera essentiel de bénéficier à ce qu'ils bénéficient à toute notre population, et qu'ils n'aient justement pas l'effet inverse.

Sur ce, je constate que nos délégations ont désormais toute la matière nécessaire, et au-delà, pour bien travailler demain. J’en suis certain, nous allons produire un Traité tout à fait historique pour notre coopération, également préfigurateur de l’approfondissement de l’enjeu sécuritaire qui inclura la République de Duve début 2019. En tant qu’hôte, les Secrétaires Royaux du Royaume de Brocelynwood présents arriveront à la table des négociations avec une proposition déjà détaillée et avancée, à débattre et amender. Avec la qualité et la précision des échanges que nous venons d’avoir, il serait dommage de repartir de zéro.
Votre Majesté, je vous adresse mes sincères remerciements et vous souhaite le meilleur retour possible à Haguevieil si telle est votre destination."


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HRP
Quelques petits passages sont bien entre balises (Ignore) car reprennent simplement des propositions déjà formulées.



Journée 2 : Négociations entre les délégations diplomatiques
Wynterhall - 17 octobre 2018 - Secrétariat Royal à la Politique Étrangère et aux Armées


Lors des récentes rencontres diplomatiques, le Royaume de Brocelynwood avait pour habitude de se présenter à trois hauts responsables. Aldric ROWANSTONE, Premier Secrétaire Spécial du Roi, et Stephen PHILIPPS, Secrétaire Royal à la Politique Étrangère et aux Armées, étaient accompagnées de Joe BERRYN (Secrétaire Royal à l'Économie) lors du déplacement à Duve en juillet, ou de Melvin McBRIDE lors de l’accueil de la Grande République de Westalia en septembre. Cette fois-ci, compte tenu de de la tonalité hautement symbolique et sécuritaire du partenariat envisagé ainsi que des perspectives déjà largement amorcées la veille, le duo ROWANSTONE / PHILIPPS se présente seul pour accueillir la délégation de l’Empire du Nord. Compte tenu du lieu et de l’enjeu sécuritaire placé en tête des priorités, c’est M. PHILIPPS qui introduit la rencontre.


Stephen Philipps

Stephen PHILIPPS

Messieurs, tout en vous souhaitant la bienvenue au sein du Secrétariat Royal à la Politique Étrangère et aux Armées du Royaume de Brocelynwood, je souhaite revenir en premier lieu sur la journée d’hier.
En effet, il est impensable pour moi d’aller de l’avant comme si tout était déjà oublié. Je dis ceci en pensant en premier lieu à toutes les victimes de la Tragédie d’Estham, dont nous aurons indéfiniment le devoir de commémorer la mémoire, ce qu’ont bien rappelé l’Empereur Maximilien II et le Roi Johnlyn IV, dans le cadre justement de l’inauguration de ce mémorial.
Mais je tiens aussi à ce que nous nous rappelions que là aura été le fondement de cette nouvelle ère de partenariat entre le Royaume de Brocelynwood et l’Empire du Nord, et que nous continuions à nous en rappeler y compris le jour où, peut-être, les relations seront fragilisées par quelconque contexte.

Comme vous le savez, cette cérémonie publique et internationalement observée, a été suivie d’un entretien privé entre nos Chefs d’Etat respectifs, dont eux seuls auront vécu la teneur précise. Cela étant dit, nous soupçonnons sans trop nous y risquer, un dialogue d’une grande qualité. J’en tiens pour preuve une série d’éléments à la fois cadres et très précis qui nous ont été transmis à l’issue de ces échanges. Les plus proches conseillers de notre Roi ont travaillé d’arrache pied toute la nuit en coordination avec vos équipes pour aboutir à cette synthèse que je vais projeter dans quelques instants. Afin d’entrer tout de suite encore un peu plus dans le vif du sujet, nous l’avons enrichi des commentaires et propositions issues de nos Secrétariats Royaux, à M. Rowanstone et moi-même, en lien notamment avec M. Berryn, Secrétaire Royal à l'Économie.

Quatre chapitres ont été identifiés, et je vous propose de les balayer dans leur intégralité car ils ont été construits en cohérence les uns avec les autres, dans une forme de transversalité pour le Traité que nous appelons tous de nos vœux.

Nous pensons que le Préambule du Traité devrait directement faire mention du Mémorial de la Tragédie d’Estham. Quand bien même les statuts sont déjà effectifs, permettent son existence juridique et son statut “ad hoc” impliquant directement nos deux nations, l’Accord-Cadre doit partir de là.
Le Préambule devrait aussi rappeler le sens de la coopération entre le Royaume de Brocelynwood et de l’Empire du Nord : à la fois son inscription dans le temps long du passé, dans des racines, des traditions, des héritages et, dans le même temps, dans le temps long du futur, c’est-à-dire la volonté de constituer un ancrage force de stabilité sur le continent.

La coopération stratégique et sécuritaire occuperait donc la place de Premier Chapitre.
  • Le Monarque et l’Empereur ont convenu d’une formulation, qui constitue selon eux de la clef de voûte de l’ensemble de l’Accord et vis-à-vis de laquelle il n’est donc pas question de déroger. La voici : ”nos deux États reconnaissent que toute menace grave contre la sécurité de l'un constitue une préoccupation stratégique pour l'autre et fera l'objet d'une consultation immédiate”. Il s’agit de montrer une capacité et une intention à se défendre mutuellement, sans s’obliger dans un quelconque mécanisme de défense mutuel automatique.
  • Dans la même idée, en cas d’incident majeur affectant l’une ou l’autre nation, les gouvernements auraient pour obligation de se consulter et de tenir une réunion entre les autorités militaires dans les 48 heures. Nous souhaitons ajouter une mention supplémentaire : il serait nécessaire que ce devoir de consultation dépasse la notion “d’incident majeur”, mais intègre aussi, par exemple, les cas de “détérioration significative des relations avec d’autres nations ou organisations”. Évidemment, dans ces cas précis, les délais seraient différents car les enjeux ne sont pas du même type. Il s’agit davantage de la nécessité de se préparer à une nouvelle menace.
  • Création d’un bureau stratégique bilatéral, structuré autour de 3 sections permanentes : une cellule de renseignement, une cellule de coopération militaire et une cellule d'analyse des menaces hybrides, chacun faisant l’objet a minima d’une rencontre officielle semestrielle, complétée par des échanges techniques.
  • Nous ajoutons à cet endroit la volonté de notre Royaume d’étoffer notre Armée, dans le cas où du matériel militaire ou des armes de l’Empire du Nord seraient à vendre à des tarifs préférentiels, et/ou dont nous pourrions prévoir un échelonnement des paiements. Cela s’inscrirait dans un intérêt commun de voir votre voisin se renforcer et ainsi augmenter son caractère dissuasif vis-à-vis de menaces extérieures pouvant toucher la côte Est aleucienne.

Le deuxième Chapitre concerne la coordination maritime. Il s’agit en résumé d’une mise en œuvre très concrète du Chapitre Premier, en tant que priorité absolue pour nos deux Etats et certainement au-delà. Nous proposons que soit adossé à ces intentions le principe selon lequel les mesures et dispositions pourront être adaptées, selon l’issue des négociations tripartites avec la République de Duve engagées dès 2019.
  • Second semestre 2019 : exercice naval bilatéral le long des côtes Est aleuciennes et au niveau du détroit de Port-Hafen, impliquant trois scénarios à visée d’anticipation d’une potentielle crise et de mise en place de systèmes préventifs. Il s’agit des scénarios suivants : sécurisation d'une route commerciale majeure, réponse coordonnée à une attaque asymétrique contre un port stratégique, et opération de contrôle maritime contre une flotte hostile simulée.
  • Dès le 1er janvier 2020 au plus tard : mise en place de patrouilles coordonnées entre nos nations le long de la côte Est de l’Aleucie.
  • Mise en place d’une instance de partage réciproque d’informations et de techniques liées aux infrastructures et procédures de sécurité logistiques et portuaires. Malheureusement, les ports sont une grande force économique mais ils sont aussi vulnérables à de multiples menaces et déstabilisations d’ordre économiques, terroristes et militaires. Ainsi, il est indispensable de ne pas faire chacun “chemin seul”. "



Aldric Rowanstone

Aldric ROWANSTONE

Messieurs, je prends le relais de M. PHILIPPS afin d’aborder les chapitres 3 et 4, qui sont liés à des enjeux économiques : le partenariat technologique et industriel, ainsi que la mobilité professionnelle encadrée.

  • Sur cette dernière dimension, nos deux chefs d’Etat s’accordent sur une forme de réticence vis-à-vis de l’immigration incontrôlée. Ils reconnaissent cependant l’intérêt pour deux nations partageant une si longue frontière et des valeurs communes, l’intérêt de favoriser un certain niveau de circulation des travailleurs. Nous proposons de l’encadrer par deux “garde-fous” si vous me permettez l’expression. Un quota : au total, dans un premier temps, pas plus de 40 000 titres de séjour délivrés annuellement pour des ressortissants de l’Empire du Nord, et idem réciproquement. Dans notre cas, cela équivaut à un maximum de 0,36 % de notre population. Le deuxième critère serait que les titres de séjour le soient pour raisons professionnelles et dans les secteurs pour lesquels des coopérations existent entre nos deux nations. Cela permettrait que la mobilité professionnelle soit au service du partage économique, et non pour des motifs de confort. Au niveau opérationnel, charge à nos services d’être coordonnés pour que ce quota se répartisse de manière cohérente dans les secteurs relatifs aux projets communs.
  • Afin de prioriser les échanges globaux entre nos deux Etats, nous proposons d’abaisser les droits de douane des produits en provenance de l’Empire du Nord de 25 % - taux par défaut - à 10 %. Cela sera bien sûr à confirmer selon les propositions que vous formulerez par la suite.
  • Nos deux Etats pourraient s’engager et se coordonner autour de la rénovation et la modernisation de deux grandes routes routières et ferroviaires, favorables à la circulation des marchandises n’empruntant pas la voie maritime : Wynterhall-Brumeforest-Haguevieil-Grovern ainsi que Lornbridge-Wynterhall-Holloword-Warstead
  • Concernant les technologies navales et la modernisation de systèmes embarqués, utiles à la flotte commerciale comme militaire, l’Empire du Nord a certainement un savoir-faire et une production technologique supérieure à celle de notre Royaume, nous sommes forcés de l’admettre. Par conséquent, notre Etat est prêt à l’achat direct de brevets qui seront mis au service de notre Armée et de la Compagnie Royale Maritime, et pouvant être revendus à des acteurs privés brocéliens uniquement, moyennant la reversion d’une redevance auprès du détenteur initial du brevet.
  • Dans le domaine agricole, la mise en place d’un partenariat entre les instituts de recherche de l’Empire du Nord et les Universités du Royaume de Brocelynwood, qui se verraient donner pour objectif de construire les meilleurs voies possibles pour augmenter la productivité tout en garantissant un haut niveau de qualité et d’authenticité des produits. Nous constatons que la recherche de l’agriculture intensive à tout prix, reposant sur des technologies avancées, se fait généralement au détriment du qualitatif et que cela provoque un grand rejet des populations attachées au terroir.

Notre présentation s’arrête ici. Nous sommes à l’écoute de vos analyses, ajouts, ou de vos éventuels points de désaccord. "
Sébastien Saint-Yves, chef de délégation : << Je vous remercie pour la clarté et la rigueur de votre présentation. Elle reflète, il me semble, fidèlement l'esprit de l'échange entre Sa Majesté le Roi Johnlyn IV et Sa Majesté Impériale Maximilien II, et elle constitue une base de travail solide, cohérente, et déjà opérationnelle. Nous allons donc entrer sans détours dans une logique d'avancement concret, en validant ce qui peut l'être immédiatement et en précisant ce qui doit être ajusté.

Sur le Préambule, nous marquons bien entendu notre accord plein et entier. La référence explicite au Mémorial d'Estham n'est pas seulement symbolique à nos yeux, elle donne une légitimité morale au Traité. Nous proposons d'y ajouter une formulation complémentaire précisant que ce partenariat vise explicitement à prévenir toute résurgence de menaces de nature génocidaire, terroriste ou étatique, afin d'inscrire juridiquement la mémoire dans une logique d'anticipation stratégique, dans une vision humaniste plus large.

Concernant le Chapitre I, nous validons la formulation centrale. Elle correspond exactement à la doctrine impériale actuelle. Nous acceptons également l'élargissement de la notion de consultation aux situations de détérioration stratégique progressive. Nous proposons cependant d'introduire une distinction formelle entre trois niveaux : alerte, pré-crise, crise, avec des mécanismes de consultation différenciés qui seraient plus pertinents. Cela permettra d'éviter toute saturation diplomatique tout en garantissant la réactivité. Le bureau stratégique bilatéral est accepté dans son principe et dans sa structure. Nous proposons d'y ajouter une quatrième composante : une cellule de planification opérationnelle conjointe, non permanente, mais activable, chargée de transformer les échanges doctrinaux en scénarios concrets immédiatement mobilisables en cas d'opération conjointe. Cela permettra de passer d'un partage d'analyse à une capacité d'action coordonnée.

Sur la question des équipements militaires, l'Empire est disposé à accompagner le renforcement de vos capacités. Nous proposons un mécanisme en trois volets : ventes à tarif préférentiel pour les équipements non stratégiques et le déstockage, je pense par là à l'armée de terre et le matériel logistique, co-production sous licence pour des systèmes intermédiaires, et prix préférentiel moindre pour les équipements stratégiques, en dehors des achats de groupe. En parallèle, un système de financement échelonné pourra être mis en place via une structure conjointe adossée à nos institutions financières, nous n'y voyons aucunes objections.

Sur le Chapitre II, nous validons l'ensemble des propositions. L'exercice naval de 2019 est accepté, avec une suggestion : intégrer dès cette première édition un module de guerre électronique et de perturbation des communications, afin de refléter les réalités contemporaines des conflits hybrides, comme ce fut notamment le cas lors de l'attaque d'un convoi wanmirien à destination de Westalia, pris pour cible par Stérus ainsi que le Jaggar Paltoterran. Les patrouilles coordonnées à partir de 2020 sont également validées, avec une proposition complémentaire : établir des zones de responsabilité alternées pour éviter toute redondance opérationnelle et maximiser la couverture maritime. L'instance de partage sur les infrastructures portuaires nous paraît essentielle. Nous proposons d'y adosser un protocole de sécurité commun minimal applicable à nos ports stratégiques, incluant cybersécurité, contrôle des flux et procédures anti-infiltration.

Sur le Chapitre III, relatif à l'économie et aux technologies, nous sommes à nouveau globalement alignés. L'abaissement des droits de douane à 10 % est accepté comme base de travail, avec une clause de révision à trois ans permettant d'évaluer l'équilibre des flux commerciaux. Concernant les infrastructures, l'Empire est prêt à cofinancer les axes évoqués qui seront grandement bénéfiques à nos économies Sur les transferts technologiques, nous privilégions une approche plus intégrée que le simple rachat de brevets qui restent un outil intéressant. Nous proposons la création de coentreprises implantées sur votre sol, avec participation impériale, permettant à la fois transfert de compétences, production locale et recherche partagée. Le modèle de licence seule pourra bien-sûr aussi être appliqué. Dans le domaine agricole, nous validons pleinement l'orientation proposée qui répond en partie à nos besoins suite à la difficulté de gestion des exploitations agricoles qui furent touchées par l'attaque chimique carnavalaise.

Enfin, sur le Chapitre IV relatif à la mobilité, nous acceptons les quotas et leur niveau initial. Nous proposons néanmoins un mécanisme d'ajustement sectoriel annuel, permettant d'augmenter ou de réduire certaines catégories en fonction des besoins réels des projets communs. Nous insistons également pour que les procédures administratives soient harmonisées et accélérées pour les profils stratégiques.

En synthèse, nous considérons que 80 à 90 % du Traité peut être considéré comme stabilisé à ce stade. Nous proposons que nos équipes juridiques travaillent dès aujourd'hui à une première rédaction consolidée intégrant ces ajustements, avec pour objectif une validation politique rapide. Si nous maintenons ce rythme, nous ne serons pas simplement en train de négocier un traité, mais de structurer un axe stratégique durable sur la côte Est aleucienne. >>
Aldric ROWANSTONE

Monsieur Saint-Yves, je salue votre efficacité. Nous atteignons en effet un niveau de détail très fin, qui n’est pas d’abord une victoire pour nous-mêmes ou nos Chefs d’Etat mais pour nos populations, leur sécurité, leur prospérité.

Je vous remercie également de la proposition de vos services juridiques de procéder à une première rédaction de ces accords, en vue d’une signature et d’une mise en œuvre suffisamment rapide, moyennant les quelques mois de délai d’usage.
Afin que la première version puisse être la plus aboutie possible, je vais revenir sur les points pour lesquels des précisions sont encore à apporter ou qui seraient sources d’interrogation.

Je comprends tout à fait la distinction des mécanismes de consultation en trois niveaux distincts ; il ne s’agit pas d'obliger le Roi et l’Empereur à échanger formellement au moindre différend diplomatique impliquant le Royaume de Brocelynwood ou l’Empire du Nord. Je ne sais pas comment vous les imaginez, mais le niveau d’“alerte” peut correspondre à des situations récurrentes en affaires étrangères qui conduiront les services diplomatiques à échanger, notamment en lien avec les Ambassades mutuelles. Le niveau de “pré-crise” serait en lien avec des situations plus rares et impliquerait formellement le Secrétaire Royal et le Ministre aux Affaires Étrangères, tandis qu’une situation de crise avérée pouvant déboucher sur des conflits plus graves devraient intégrer directement nos chefs d’Etat dans la discussion. Bien évidemment, dans chacun des cas de figure, les niveaux plus opérationnels doivent demeurer en lien étroit et coordonnés dans le même temps. Je parle ici très globalement - n’ayant pas le vocabulaire expert de M. Philipps par exemple - mais je n’ai pas de doute quant au fait que vos services juridiques sauront être particulièrement précis. Et je ne serais pas vexé si ma vision à grands traits nécessitait d’être corrigée.
Pour en revenir à l'objectif initial : ce dispositif de consultation automatique n’est pas systématique dans les Traités et pourrait sembler contraignant. Mais nous sommes d’accord sur le fait qu’il soit rendu nécessaire du fait de notre proximité géographique, de l’Histoire récente, et de l’enjeu sécuritaire de notre côte continentale commune.

Concernant les équipements militaires, nous vous remercions de ces perspectives. Je m’interroge seulement sur le moment auquel nous concrétiserons le matériel concerné, les prix, le calendrier, et donc le niveau de détail devant être notifié directement dans l’accord. Nous sommes à votre écoute sur ce point mais notre vision est la suivante : pour le matériel stratégique maritime, nous avons encore des progrès à réaliser mais avons déjà des possibilités de production de navires militaires qualitatifs. Par ailleurs, nous serons complémentaires à travers la coordination sécuritaire très étroite que nous commençons et allons continuer à développer dans un avenir très proche. C’est davantage dans le secteur aérien que nos besoins sont encore importants pour acquérir une force de frappe défensive complète. Nous pensons aux avions de chasse, mais aussi particulièrement aux bombardiers pouvant contribuer au ralentissement d’une invasion maritime ou terrestre. Et, puisque vous y faites mention, la dimension électronique des conflits nous est encore beaucoup trop étrangère, en termes d’équipements comme de stratégie. Je me permets de le dire tel quel puisque je ne trahis là aucun secret.

Nous validons le principe de co-entreprises avec participation impériale sur notre sol, tant que cela se fait dans une logique de coopération, en respect et cohérence avec notre réglementation plus restrictive que la moyenne relative aux investissements étrangers. Excusez-moi de commencer par les limites, nous sommes évidemment très heureux de cette proposition permettant de contribuer à notre développement technologique. C’est exactement dans cet esprit que nous imaginons l’intérêt des investissements en provenance d’autres États.

M. PHILIPPS et moi-même avons hâte de prendre connaissance de la première proposition formalisée de ce futur Traité bilatéral historique. Celui-ci pourrait, à mon humble avis, entrer en vigueur dans 6 mois, au 1er mai 2019. Je me permets d’anticiper légèrement puisque je n’imagine pas un quelconque point bloquant, étant donnée la teneur de nos négociations et l’issue des échanges entre le Monarque et l’Empereur hier.

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